Blog

  • Anne

L'Iris



Étymologie :

  • IRIS, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. 1re moitié du xiie s. « variété de quartz qui présente les couleurs de l'arc-en-ciel » (Lapidaires anglo-norm., éd. P. Studer et J. Evans, I, 830, p. 62) ; 2. xiiie s. [date du ms.] bot. (Livre des simples medecines, éd. P. Dorveaux, § 561) ; 3. 1478 anat. (Le Guidon en français, trad. par N. Panis, f. 18 ds Sigurs, p. 278) ; 4. 1478 « arc-en-ciel » (ibid., p. 567). Empr., aux sens 1, 2, 4, au lat. iris, iridis (lui-même empr. au gr. ι ̃ ρ ι ς « arc-en-ciel, halo, iris [plante], partie colorée de l'œil »), au sens 3 au gr. directement (cf. la var. yride attestée vers 1370 ds Chauliac, Grande Chirurgie, v. Fr. mod. t. 33, p. 209).


Vous pouvez également lire la définition du nom iris afin d'amorcer l'interprétation symbolique.

*




Botanique :

*

Symbolisme :


Jacques Brosse dans La Magie des plantes (Éditions Hachette, 1979) consacre dans sa "Flore magique" un article au Lis dans lequel il parle un peu de l'Iris :


Mais les érudits ont depuis longtemps découvert la préfiguration du lys héraldique dans le sceptre des rois mérovingiens du VIe siècle ; or, la fleur qui se termine est, stylisée, mais reconnaissable, celle d'un iris, celle d'une espèce cette fois vraiment indigène, l'iris jaune ou iris des marais. Une antique légende rapporte que Clovis, à la veille de la bataille de Vouillé où il défit les Wisigoths, se trouva arrêté dans son avance par le cours de la Vienne. Apeurée par le cliquetis des armes, une biche s'enfuit et passa sans difficulté la rivière, à l'endroit baptisé depuis le « Gué de la Biche », non loin de Châtellerault. En cet endroit, poussait en abondance l'iris jaune ; plein de reconnaissance et en gage de succès, Clovis alla cueillir l'une de ces fleurs. Ayant obtenu la victoire, le roi des Francs considéra l'iris comme son emblème, il devint celui de ses successeurs.

Les vieux chroniqueurs précisent que Clovis connaissait les vertus merveilleuses de l'iris. Mais lesquelles ? L'iris n' a guère été utilisé comme remède ; seuls les parfumeurs savent tirer des rhizomes de l'iris de ses espèces, l'iris de Florence, une senteur dite « de violette ». Et l'on imagine mal le fier Sicambre féru de mythologie grecque. Dans celle-ci, l'iris est une plante divine, mieux, une déesse, la messagère des dieux, non seulement entre eux, mais avec les mortels. Lorsque, légère et ailée, elle s'élance, on voit apparaître son voile dans les airs, c'est l'arc-en-ciel, qui se dit iris en grec. Iris, plus particulièrement dévouée à Héra, est en somme le pendant d'Hermès, messager de Zeus ; de même que celui-ci guide les hommes morts dans l'autre monde, ainsi, Iris se charge-t-elle des femmes. En grec, le nom de la messagère céleste et de l'arc-en-ciel s'applique aussi à la fleur, probablement parce que celle-ci semble emprunter au ciel la riche gamme de ses nuances. Comme le remarque le botaniste anglais Peter Coats : « Il existe peu d'iris qui aient une couleur qu'on ne puisse trouver dans le ciel et il y a peu de ciels, qu'ils soient d'un bleu serein, d'un pourpre détonant, d'un rose tendre ou sombre dont on ne retrouverait pas les couleurs sur les pétales de l'iris. »

En grec, comme en français, iris désigne aussi le cercle coloré de l’œil, au centre duquel s'ouvre la pupille. Est-ce seulement parce que la variété de ses coloris peut sembler refléter les teintes du ciel, celles de l'arc-en-ciel ? Probablement pas, car en grec iris désigne aussi le halo que l'on voit autour de la lune, la buée lumineuse qui se dégage du feu, et plus généralement, tout cercle vaporeux et coloré qui entoure un corps lumineux, ce cercle, c'est évidemment l'aura, l'émanation énergétique que certains disent percevoir autour des êtres, le nimbe, l'auréole des personnes divines et des saints.

*

*

Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on peut lire que :


"Dans la mythologie grecque, Iris est messagère des dieux, et en particulier de Zeus et d'Héra. Elle est le correspondant féminin d'Hermès. Comme lui, elle est ailée, légère, rapide ; elle porte des brodequins ailés et le caducée ; elle est vêtue d'un voile couleur d'arc-en-ciel et se déployant dans les airs. Elle symbolise l'arc-en-ciel et, de façon plus générale, la liaison entre la Terre et le Ciel, entre les dieux et les hommes. Le fait que la Théogonie d'Hésiode la présente comme la fille de Thaumas (étonnement) et d'Electre (ambre) a incliné certains interprètes à voir en elle le symbole et le véhicule d'un fluide psychique d'origine divine.

L'iris est une fleur du printemps. On lui confère, au Japon, un rôle purificateur et protecteur. Les feuilles d'iris (shôbu) sont placées dans les bains (protection du corps contre les maladies et les esprits pervers) et sur les toits des maisons (protection contre les influences pernicieuses du dehors et contre les incendies). Dans le même dessein, la plante elle-même est parfois cultivée sur la toiture de chaume. Le 5 mai, les Japonais prennent un bain d'iris pour s'assurer toutes ces faveurs pendant l'année."

*

*

Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), l'Iris (Iris florentina ; Iris germanica ; Iris pallida) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Vénus

Élément : Eau

Divinités : Héra-Junon ; Iris, déesse de l'arc-en-ciel, messagère et camériste de Zeus et d'Héra.

Pouvoirs : Purification ; Sagesse ; Haute intelligence.


Utilisation rituelle : En Grande-Grèce, on plantait des Iris sur les tombeaux en hommage à la demi-déesse du même nom qui était chargée, entre autres tâches, de couper les cheveux des femmes au moment de leur mort, puis de les guider jusqu'à leur séjour final.


Utilisation magique : Iris portait les messages divins, préparait la couche de Zeus, la toilette et le bain de Héra. Tant qu'elle demeura vierge, tout se passa bien dans l'Olympe ; mais Iris devint la maîtresse de Zéphyre et Héra, furieuse, punit sa camériste en la changeant en arc-en-ciel. Une autre tradition hellénique considérait l'arc-en-ciel comme le chemin suivi par la demi-déesse pour découvrir le secret de l'immortalité. Depuis, les Iris qui poussent au pied des arcs-en-ciel sont traditionnellement chargés de pouvoirs magiques : ce sont des talismans très convoités.

Pour les Romains, les trois « flèches » de la fleur d'Iris symbolisaient la fidélité, la sagesse et la vaillance. Pendant la courte floraison de cette belle plante élancée, vers la mi-mai en climat méditerranéen, de grandes guirlandes d'Iris bleus et blancs ornaient les temples de Junon; lorsque les fleurs étaient fanées, les prêtresses les vendaient à prix d'or au nom de la déesse.

Sextus Tarquin, qui guerroyait au siège d'Ardée,revint à Rome, s'introduisit chez Lucrèce, femme de son cousin, lui demanda l'hospitalité et, la nuit, pénétrant dans son appartement, menaça de la tuer si elle lui résistait et de répandre le bruit qu'il l'avait tuée : parce qu'elle trahissait son mari. Lucrèce céda ; mais faisant, le lendemain, venir son père et son mari, elle leur raconta l'outrage qu'elle avait subi et, se drapant d'une guirlande des Iris de Junon, elle se poignarda sous leurs yeux. Aussitôt, Junius Brutus, secouant cette guirlande ensanglantée, appela le peuple à la révolte. Rome se souleva. Les insurgés prirent comme bannière les Iris de Junon, symbole de pureté et d'héroïsme. La déchéance des Tarquins fut proclamée. C'en était fini de la royauté romaine.

Le jus extrait des tiges, des feuilles et des rhizomes broyés servait encore à purifier les autels sous Dioclétien (280-305).

L'Iris faisait partie des quelques fleurs que les vestales avaient le droit de cueillir.

Magie hindoue : prenez en bouche une rhizome d'Iris à fleur bleue et du miel ; répétez en pensée une certaine formule que vous terminerez en criant le mot Svâhâ ! Au même instant, avalez votre bouchée en ajoutant : « Le roi est à moi, il n'est pas à toi ». Dans n'importe quelle discussion, que ce soit dans une réunion de savants, ou en présence du monarque lui-même, vous aurez invariablement le dernier mot.

Toujours dans l'Inde, il faut racheter l'Iris dont on veut se servir pour des pratiques magiques par la récompense d'un gâteau miellé fait avec du blé de trois mois ; il ne faut l'arracher de terre qu'après avoir décrit avec l'épée trois cercles concentriques alentour; puis, avant de débiter le rhizome en morceaux, il faut élever toute la plante vers le ciel et la présenter au Soleil avec des remerciements.


Quant à l'Iris des marais (Iris pseudo-acorus) = Iris jaune ou Iris d'eau ; Faux Acore ; Flambe d'eau ; Glaïeul des marais ; Grande Laiche ; Pavée :


Genre : Féminin

Planète : Vénus

Élément : Eau

Pouvoir : Gains matériels.


Les héraldistes affirment depuis longtemps que la fleur de lys, emblème de la royauté en France depuis Louis VII, n'a jamais été la représentation stylisée d'une fleur de lis des jardins. Parmi les nombreuses explications qui ont été données, en voici une : les premiers chefs Francs avaient choisi le grand Iris jaune des marais pour rappeler leur origine, parce qu'ils étaient sortis d'un pays marécageux. C'est cette fleur d'Iris d'eau qui, schématisée, serait devenue par corruption la « fleur de lis » des rois de France.

Il y avait un bûcheron qui habitait avec sa femme dans une forêt profonde au bord d'un lac. Le jour des Rois, la femme fit un gâteau dans lequel elle cacha une fève. L'homme alla chercher une bouteille de vin et, le soir, tous deux s'assirent en face l'un de l'autre pour souper.

Au dessert, ce fut le bûcheron qui tira la fève. Comme il levait son verre en triomphe, la femme oublia de crier : « Le roi boit ! » comme c'est la coutume. Peut-être le fit-elle exprès - on connaît la malice des femmes ! Toujours est-il que le mari se fâcha tout rouge : « Méchante femme ! Pourquoi n'as-tu pas crié « le roi boit ! » quand j'ai levé-mon verre ? Est-ce pour me braver une fois de plus ? Je ne sais ce qui me retient de te frotter les côtes avec du bon bois vert pour t'apprendre à respecter ton maître.

- Puisque tu me traites ainsi, sois tranquille, je ne te manquerai plus de respect, tu n'auras plus jamais à te plaindre de moi; je vais me noyer dans le lac.

- Vas-y donc, saleté ! beugla le bûcheron ; l'eau nettoiera un peu ta crasse. »

La femme sortie, il continua â boire tout seul. Peu à peu, cependant, il devint triste. Il pensa qu'elle avait bien pu se noyer pour de bon. Au bout de quelque temps, Il se leva et s'en fut au bord du lac. Il faisait clair de lune. Le bucheron eut beau regarder de tous cotes, Il ne vit rien d’abord ; puis, avançant jusqu'au bord des berges vaseuses, il aperçut la coiffe blanche de sa femme accrochée aux Iris d'eau.

- Peste soit de la femelle ! gronda-t-il en jurant comme un templier. Elle a fait comme elle l'avait dit ! Elle avait juré de me faire prendre un bain glacé cette nuit, car il faut bien que je la retrouve, morte ou vive...

Il entra dans l'eau ; chercha quelque temps auprès du bord sans rien trouver ; après un peu d’hésitation, il s'aventura jusqu'au milieu du lac. Mais comme il était mauvais nageur, il ne tarda pas à s'enfoncer. Il se débattait piteusement quand il entendit une voix s'élever des Iris d'eau. C'était la bûcheronne qui criait à tue-tête :

« Le roi boit ! Le roi boit ! »

Quand il parvint à regagner la rive, non sans peine, grelottant, ruisselant et boueux, il trouva son épouse qui se tenait les côtes de rire.

« Ah ! Carogne ! grogna-t-il, je savais bien que tu ne t'étais pas noyée. Tu ne m'aurais pas fait ce plaisir-là !»

(Jura français.)

Utilisation magique : Plusieurs légendes anglaises des régions de marécages et de tourbières associent cet Iris à des trésors engloutis dans des lacs, ou au fond de gouffres inondés ; généralement l'histoire est tragique : il y a bien longtemps, une compagnie de légionnaires romains traversait ce marais quand elle tomba dans une embuscade des maquisards bretons (ou une troupe de Normands massacrée par les partisans saxons). Les soldats transportaient un trésor. Depuis, les grands Iris aquatiques ont envahi la surface, recouvrant de leurs rhizomes entrelacés les squelettes et les coffres pleins d'or. L'impie qui voudrait violer la sépulture serait aussitôt étouffé par les Iris et entraîné au fond des eaux.

Dans tout le nord de l'Europe, cet Iris jaune est associé à des traditions de richesse, de gains. Lorsqu'ils se rendaient à la foire, les paysans portaient un rhizome sur eux pour réaliser de bonnes affaires et nouer des contacts intéressants. Jusqu'à la guerre de 1914-1918, beaucoup de petits boutiquiers des régions de lacs et de marais en gardaient une souche séchée dans leur tiroir-caisse.

*

*

Iris à Yatsuhashi (les huit ponts).

Paire de paravents sur six.

Après 1709.

Encre et couleurs sur feuille d'or sur papier, 163.7 x 352.4 cm ch. Metropolitan Museum of Art.


Un pont bas zigzague à travers un massif d'iris bleus aux longues tiges vertes. Sur ce paravent doré japonais, les iris sont perpétuellement vivants, évoquant à la fois le renouveau du printemps et l'amour absent. L'artiste fait allusion à un épisode d'un classique de la littérature du Xe siècle, Les Contes d'Ise, apprend-on dans :


Le Livre des symboles, réflexions sur des images archétypales, publié sous la direction de Ami Ronnberg et Kathleen Martin grâce à The Archive for Research in Archetypal symbolism (2010, version française 2011).

Georgia O'Keeffe, L'Iris noir, 1926













Dans Le Livre des Fleurs (Librairie philosophique J. Vrin, 1989), Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) tente d'initier les Occidentaux à cet art ancestral particulièrement subtil qu'est celui des fleurs. Ainsi, il nous apprend qu'on prête aux fleurs "non seulement une beauté personnelle, mais des qualités, des mouvements d'humeur, un caractère complet, une âme, minuscule reflet de la grande âme de la nature. [...]

Il est impossible de parler dans ce petit livre de toutes les fleurs nippones. Traitons seulement l'iris Kaempferi, une des fleurs les plus caractéristiques dont tout le monde là-bas connaît l'histoire, les légendes, les poèmes la généalogie, l'emploi thérapeutique et artistique. Nous avons déjà dit que ses feuilles servent chaque année au moment du passage de la saison froide à la saison chaude à préparer un bain dont l'effet est excellent. A quelle époque remonte cette coutume ? Il est impossible de le dire, les plus vieilles chroniques en font mention. Il est possible que l'iris ait été un des totem des tribus nippones aux temps préhistoriques. Peut-être aussi les anciens empereurs-médecins avaient-ils jugé utile pour étendre son emploi thérapeutique d'en faire une fête nationale ? On ne sait pas au juste.

Tandis qu'au début la fête des glaïeuls se limitait à la cour impériale, à l'époque Heian (VIIIème siècle) elle se généralise. Aujourd'hui toutes les maisons nippones, le 5 mai de chaque année arborent une botte d'iris. L'hiver on prépare la liqueur à la racine d'iris (syôku-sake) qui est estimée depuis longtemps pour toutes sortes de maladies. Les pharmaciens des grandes villes en vendent de nombreuses contrefaçons.

Le soir on pose sa tête pour dormir sur un oreiller d'iris sur le tissu duquel est peinte ou imprimée cette même fleur. Cette coutume date déjà de dix siècles.

Il n'est pas de ville tant soit peu importante qui n'ait son jardin d'iris. A Tokio il y en a deux aussi célèbres l'un que l'autre : celui de Horikiri et celui du Palais impérial.

Syôku est le nom chinois de l'iris. C'était à l'origine une plante sauvage, très vivace à fleurs verdâtres, à feuilles longues et minces ressemblant à l'iris moderne. Mais ce syôku cultivé ou hana syôku (Iris Kaempferi) date seulement de quelques siècles. Il a été crée et perfectionné par une famille d'artistes jardiniers, les Matudaira. Comme ces maîtres ont cédé leurs graines à tous les amateurs qui voulaient, il se trouve qu'aujourd'hui c'est l'espèce la plus répandue.

Une estampe célèbre de Hitodige représente le jardin de Horikiri en pleine floraison. C'était le lieu de rendez-vous des élégants de Tokio (alors Edo). Surtout de la colline du Kodaka la vue de ces étendues d'eau couvertes de fleurs violettes, blanches, tachetées est magnifique.

Son fondateur mourut le 8 juillet 1868 après avoir eu la suprême joie de voir ses syôku s'épanouir. Il écriait dans son journal intime publié depuis : "Les cinq nouvelles espèces que j'ai obtenues cette année sont encore plus grandes et plus belles que les autres. Elles sont d'une beauté incomparable et étrange. Quelle magnifique récompense à soixante années de travail ! "

*

*

Sheila Pickles écrit un ouvrage intitulé Le Langage des fleurs du temps jadis (Édition originale, 1990 ; (Éditions Solar, 1992 pour la traduction française) dans lequel elle présente ainsi l'Iris :


Mot clef : Message

Si j'approche de vous avec le moindre orgueil

Celle qui me nourrit devienne mon cercueil,

Que le froid aquilon me déclare la guerre,

Que ma feuille se sèche et tombe sous vos pas,

Et qu'on chasse de l'air ainsi que du parterre,

Afin de venger vos appas,

L'Iris du ciel et de la terre.

Georges de Scudéry (1601-1667), "L'Iris".


Iris était la messagère des dieux de l'ancienne Grèce. Elle apparaissait aux mortels sous la forme de l'arc-en-ciel, la longue bande colorée marquant la trajectoire de ce facteur ailé à travers les nues. Elle s'évanouissait avec a même promptitude que se fane la fleur d'Iris, dont les pétales, justement, peuvent prendre toutes les nuances du lumineux arc-en-ciel. Si cette fleur est dédiée à la divine messagère, c'est surtout parce que ses pétales sont étalés comme des ailes. Le langage des fleurs ne précise pas explicitement la nature du message qu'elle symbolise, mais il doit s'agir d'une nouvelle aussi heureuse et joyeuse que l'arc-en-ciel.

L'Iris, dès le haut Moyen Âge, fut la fleur nationale allemande. Emblème du Saint Empire romain germanique, elle fut nommée Fleur de Louys, en hommage à Louis le Pieux, successeur de Charlemagne. Avec le temps, une confusion s'installa : le terme fut changé en Fleur de Lis, et l'Iris céda la place aux Lis or sur fond bleu.

*

*

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Dans la mythologie grecque, Iris, attachée au service de Zeus et d'Héra, provoqua a colère de cette dernière en devenant la maîtresse de Zéphyr : Héra la punit en la métamorphosant en arc-en-ciel. Selon une autre version, Iris se servit de l'arc-en-ciel pour "découvrir le secret de l'immortalité". Quoi qu'il en soit, la fleur qui porte le nom de cette divinité est associée également à ce phénomène météorologique : "Depuis,