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  • Anne

L'Iris





Étymologie :

  • IRIS, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. 1re moitié du xiie s. « variété de quartz qui présente les couleurs de l'arc-en-ciel » (Lapidaires anglo-norm., éd. P. Studer et J. Evans, I, 830, p. 62) ; 2. xiiie s. [date du ms.] bot. (Livre des simples medecines, éd. P. Dorveaux, § 561) ; 3. 1478 anat. (Le Guidon en français, trad. par N. Panis, f. 18 ds Sigurs, p. 278) ; 4. 1478 « arc-en-ciel » (ibid., p. 567). Empr., aux sens 1, 2, 4, au lat. iris, iridis (lui-même empr. au gr. ι ̃ ρ ι ς « arc-en-ciel, halo, iris [plante], partie colorée de l'œil »), au sens 3 au gr. directement (cf. la var. yride attestée vers 1370 ds Chauliac, Grande Chirurgie, v. Fr. mod. t. 33, p. 209).

Vous pouvez également lire la définition du nom iris afin d'amorcer l'interprétation symbolique.

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Botanique :
























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Symbolisme :


Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on peut lire que :


"Dans la mythologie grecque, Iris est messagère des dieux, et en particulier de Zeus et d'Héra. Elle est le correspondant féminin d'Hermès. Comme lui, elle est ailée, légère, rapide ; elle porte des brodequins ailés et le caducée ; elle est vêtue d'un voile couleur d'arc-en-ciel et se déployant dans les airs. Elle symbolise l'arc-en-ciel et, de façon plus générale, la liaison entre la Terre et le Ciel, entre les dieux et les hommes. Le fait que la Théogonie d'Hésiode la présente comme la fille de Thaumas (étonnement) et d'Electre (ambre) a incliné certains interprètes à voir en elle le symbole et le véhicule d'un fluide psychique d'origine divine.

L'iris est une fleur du printemps. On lui confère, au Japon, un rôle purificateur et protecteur. Les feuilles d'iris (shôbu) sont placées dans les bains (protection du corps contre les maladies et les esprits pervers) et sur les toits des maisons (protection contre les influences pernicieuses du dehors et contre les incendies). Dans le même dessein, la plante elle-même est parfois cultivée sur la toiture de chaume. Le 5 mai, les Japonais prennent un bain d'iris pour s'assurer toutes ces faveurs pendant l'année."

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Iris à Yatsuhashi (les huit ponts).

Paire de paravents sur six.

Après 1709.

Encre et couleurs sur feuille d'or sur papier, 163.7 x 352.4 cm ch. Metropolitan Museum of Art.


Un pont bas zigzague à travers un massif d'iris bleus aux longues tiges vertes. Sur ce paravant doré japonais, les iris sont perpétuelement vivants, évoquant à la fois le renouveau du printemps et l'amour absent. L'artiste fait allusion à un épisode d'un classique de la littérature du Xe siècle, Les Contes d'Ise, apprend-on dans Le Livre des symboles, réflexions sur des images archétypales, publié sous la direction de Ami Ronnberg et Kathleen Martin grâce à The Archive for Research in Archetypal symbolism (2010, version française 2011).

Georgia O'Keeffe, L'Iris noir, 1926


















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Dans Le Livre des Fleurs (Librairie philosophique J. Vrin, 1989), Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) tente d'initier les Occidentaux à cet art ancestral particulièrement subtil qu'est celui des fleurs. Ainsi, il nous apprend qu'on prête aux fleurs "non seulement une beauté personnelle, mais des qualités, des mouvements d'humeur, un caractère complet, une âme, minuscule reflet de la grande âme de la nature. [...]

Il est impossible de parler dans ce petit livre de toutes les fleurs nippones. Traitons seulement l'iris Kaempferi, une des fleurs les plus caractéristiques dont tout le monde là-bas connaît l'histoire, les légendes, les poèmes la généalogie, l'emploi thérapeutique et artistique. Nous avons déjà dit que ses feuilles servent chaque année au moment du passage de la saison froide à la saison chaude à préparer un bain dont l'effet est excellent. A quelle époque remonte cette coutume ? Il est impossible de le dire, les plus vieilles chroniques en font mention. Il est possible que l'iris ait été un des totem des tribus nippones aux temps préhistoriques. Peut-être aussi les anciens empereurs-médecins avaient-ils jugé utile pour étendre son emploi thérapeutique d'en faire une fête nationale ? On ne sait pas au juste.

Tandis qu'au début la fête des glaïeuls se limitait à la cour impériale, à l'époque Heian (VIIIème siècle) elle se généralise. Aujourd'hui toutes les maisons nippones, le 5 mai de chaque année arborent une botte d'iris. L'hiver on prépare la liqueur à la racine d'iris (syôku-sake) qui est estimée depuis longtemps pour toutes sortes de maladies. Les pharmaciens des grandes villes en vendent de nombreuses contrefaçons.

Le soir on pose sa tête pour dormir sur un oreiller d'iris sur le tissu duquel est peinte ou imprimée cette même fleur. Cette coutume date déjà de dix siècles.

Il n'est pas de ville tant soit peu importante qui n'ait son jardin d'iris. A Tokio il y en a deux aussi célèbres l'un que l'autre : celui de Horikiri et celui du Palais impérial.

Syôku est le nom chinois de l'iris. C'était à l'origine une plante sauvage, très vivace à fleurs verdâtres, à feuilles longues et minces ressemblant à l'iris moderne. Mais ce syôku cultivé ou hana syôku (Iris Kaempferi) date seulement de quelques siècles. Il a été crée et perfectionné par une famille d'artistes jardiniers, les Matudaira. Comme ces maîtres ont cédé leurs graines à tous les amateurs qui voulaient, il se trouve qu'aujourd'hui c'est l'espèce la plus répandue.

Une estampe célèbre de Hitodige représente le jardin de Horikiri en pleine floraison. C'était le lieu de rendez-vous des élégants de Tokio (alors Edo). Surtout de la colline du Kodaka la vue de ces étendues d'eau couvertes de fleurs violettes, blanches, tachetées est magnifique.

Son fondateur mourut le 8 juillet 1868 après avoir eu la suprême joie de voir ses syôku s'épanouir. Il écriait dans son journal intime publié depuis : "Les cinq nouvelles espèces que j'ai obtenues cette année sont encore plus grandes et plus belles que les autres. Elles sont d'une beauté incomparable et étrange. Quelle magnifique récompense à soixante années de travail ! "

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Selon Des Mots et des fleurs, Secrets du langage des fleurs de Zeineb Bauer (Éditions Flammarion 2000) :


"Mot-clef : La Richesse ; La Bonne Nouvelle.


Savez-vous ? : D'après les botanistes, l'iris est l'une des plus anciennes plantes cultivées dans le monde. Il était déjà connu à Babylone et dans la Grèce antique, bien avant la naissance du Christ. Au Moyen Âge, il était l'emblème des empires germaniques. Après sa victoire sur les Wisigoths, Clovis fit broder sur ses bannières en fils d'or un iris. Il prit un autre nom : le lys de Clovis. Depuis, les rois de France en firent une fleur royale. Les pétales fanés sécrètent un liquide d'une très belle teinte bleue que les peintres appellent toujours le "bleu iris".


Usages : Comme la lavande, les rhizomes séchés de l'iris étaient conservés dans les armoires pour parfumer le linge. Très longtemps, on a taillé de petites perles dans les rhizomes secs de cette fleur pour fabriquer des chapelets et des colliers pour les petites filles.


Légendes : Iris, déesse grecque ailée, était la messagère de Zeus et de Héra sur terre. Chez les Celtes, la légende raconte que les pièces d'or étaient nommées les iris.


Message : Je vous le dis encore, je vous aime."

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D'après Nicole Parrot, auteur de Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion 2000) :


"Avec moi, voici venu le temps des bonnes nouvelles. Je vous insuffle une ardeur toute neuve. Plus que jamais, ayez confiance en la vie." Optimiste et bienveillante, la belle fleur bleue a emprunté son nom à Iris. Cete messagère des dieux vêtue d'un arc-en-ciel, annonce le printemps aux humains. Accompagné de son parfum léger et sucré, l'iris en fait autant. Et ce n'est pas d'hier.

Voici trente-sept siècles, le pharaon Touthmisis Ier le rapporte de Syrie en Égypte. L'iris commence alors tranquillement à conquérir l'Occident. Mais bientôt il subit une sorte de dédoublement de la personnalité qui le suit jusqu'à nos jours. En effet, il y a iris et iris. Le premier, bien vivant, avec ses pistils jaunes nichés au cœur de ses beaux pétales bleus mauve, fleurit en mars. Il enchante les peintres, de Breughel à Van Gogh, en passant pas les préraphaélites, et obsède littéralement William Morris.

Le second, voici une quinzaine de siècles, devient ce symbole graphique aux traits symétriques que tous les Français connaissent. gravé sur les sceaux, les manteaux des rois de France et tatoué sur l'épaule des forçats sous un nom trompeur : fleur de lis. Tout ça parce que Clovis, la veille de la décisive bataille de Vouillé, met son armée à l'abri de l'ennemi grâce à un champ d'iris. Celui-ci lui a signalé la présence d'un gué lui permettant de franchir la rivière. Reconnaissant, le roi des Francs prend l'iris pour emblème, comme l'explique Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire de l'Architecture.

A son tour, Louis IX, en route pour la croisade, l'adopte et le fait dessiner sur son fanion. L'emblème, surnommé tout d'abord "la fleur de Louis" devient au cours des siècles la fleur de lis. Curieusement, elle ne doit rien au lis mais tout à l'iris.


Mots-clefs : "Optimisme et bienveillance"

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi l'Iris (Iris versicolor) :


"Il s'agit de l'iris le plus commun, celui qui pousse à l'état sauvage et dont la couleur bleue est si fascinante. C'est une plante originaire d'Amérique qui fut plus tard introduite en Europe.


Propriétés médicinales : Ses racines furent longtemps utilisées dans des cas de gastro-entérites chroniques (vomissements et diarrhées) pour en soulager les symptômes. Elles étaient aussi considérées comme un remède très efficace pou les maladies du foie et de la vésicule biliaire. On peut aussi utiliser les racines pour faire cesser les vomissements et soulager les brûlures d'estomac qui, souvent, les accompagnent. Une autre utilisation peu connue est reliée au soulagement des migraines ; il s'agit de préparer une tisane avec les racines pulvérisées. Enfin, on peut également se servir des feuilles en cataplasme pour soulager les brûlures et les plaies mineures.


Genre : Féminin.


Déités : Iris - Junon - Isis - Héra.


Propriétés magiques : Purification - Sagesse.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • Il suffit de placer quelques iris dans une pièce pour la purifier rapidement.

  • L'iris était aussi considérée comme une fleur mortuaire, car la déesse Isis était réputée conduire les âmes des morts vers le paradis. Inclure son symbole dans les rites funéraires assurait la paix de l'âme du disparu ainsi que l'espoir d'une réincarnation agréable.

  • Toujours chez les Égyptiens, l'iris était le symbole du sceptre des pharaons ; ses trois pétales représentaient la foi, la sagesse et la valeur.

  • Pour les Romains, l'iris accroissait la sagesse et les connaissances, car il représentait la déesse Iris qui règne sur les arcs-en-ciel, symbole d'espoir et de l'immortalité de l'esprit.


RITUEL POUR RÉUSSIR UN EXAMEN

  • Ce rituel est particulièrement efficace la veille d'un examen ou de la présentation d'un projet.

Ce dont vous avez besoin :

  • trois fleurs d'iris

  • une chandelle violette ou bleu foncé

  • de l'encens de violette (ou de rose)

Rituel :

Tracez un cercle magique avec une des fleurs d'iris, puis allumez votre chandelle et faites brûler l'encens. Concentrez-vous pendant quelques minutes sur votre demande et sur le sujet que vous avez étudié précédemment. (Attention : si vous n'avez pas étudié ou si vous ne connaissez rien du sujet de l'examen, ce rituel ne servira strictement à rien. Il ne sera efficace que pour vous aider à vous rappeler votre sujet et à vus remettre en mémoire ce que vous avez étudié.)

Prenez alors une fleur dans votre main et tournez-vous vers le nord en disant :


J'appelle le gardien de la tour du grand nord

Toi qui gardes les mystères et le savoir

Accorde-moi la sagesse du souvenir

Afin que je puisse réussir.

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Dans Vert, Histoire d'une couleur (Éditions du Seuil, 2013), Michel Pastoureau nous apprend que :


"Tout verger est construit comme un espace symbolique, et [que] chaque plante qui s'y trouve possède sa signification propre. Celle des fleurs varie beaucoup selon les époques et les régions et prend en compte plusieurs particularités : la couleur, le parfum, le nombre de pétales, l'aspect des feuilles, les dimensions des unes et des autres, l'époque de la floraison, etc. Quelques idées peuvent néanmoins être dégagées pour le Moyen Âge central : Le lis est symbole de pureté et de chasteté, [...] l'iris de protection et de prospérité..."

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012),


" On connaît les vertus relaxantes d'un bon bain chaud mais saviez-vous qu'associé à certaines plantes, il peut aussi porter bonheur ! Le 5 mai serait un jour idéal pour prendre un bain dans lequel trempent douze pétales d'iris. Ce subtil mélange tiendrait à distances les sortilèges comme les problèmes de santé.

De plus, selon une superstition japonaise, ce bain vous accordera la chance, une année durant."

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Littérature :


Iris

Iris, vous me désespérez, Mais je vivrai comme vivent les hommes

Qui essaient eux aussi de fleurir.


Eugène Guillevic


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