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  • Anne

La Camomille



Étymologie :

  • CAMOMILLE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1365 (J. Le Fevre, Consult. sur la goutte, P. Meyer, Romania t. 15, p. 185 ds Gdf. Compl.). Empr. au lat. médiév. camomilla « id. », ixe-xe s. Antidotarium Bambergense, app. p. 39, 29 ds Mittellat. W. s.v. chamaemelon, 515, 9, adaptation du lat. chamaemelon, Pline, Nat., 22, 53 ds TLL s.v., 987, 79 (v. aussi cameline), lui-même empr. au gr. χ α μ α ι ́ μ η λ ο ν (Dioscoride, 3, 137 ds Liddell-Scott) littéralement « pomme du sol », le parfum de la camomille rappelant aux Grecs celui des pommes ; v. aussi André Bot.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.

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Symbolisme :


D'après L'Oracle druidique des plantes, Travailler avec la flore magique de la Tradition (1994, traduction française 2006) de Philip et Stephanie Carr-Gomm, les mots clefs associés à la plante sont :


En "position droite : Repos - Tutelle - Régénération.

position inversée : Stress - Sanctuaire - Calme.


La camomille est une plante pérenne poussant dans la plupart de l'Europe, de l'Afrique du Nord et des régions tempérées de l'Asie. En Grande-Bretagne, on connaît quatre espèces sauvages. La camomille romaine est cultivée dans les jardins et sur les pelouses. Les prairies vallonnées, les clairières humides des bois et les friches sablonneuses sont ses habitats naturels, mais elle s'adapte bien aux pâturages ou aux gazons, si bien qu'on la trouve sur les terrains de golf et de cricket.

La carte montre la camomille romaine (Anthemis nobilis) poussant sous un pommier - au début de l'été, avant que ​​​les pommes soient mûres. Au loin, un fleuve va vers la mer.


Sens en position droite. La camomille confère calme, repos et protection. Si vous avez choisi cette carte, vous entrez, ou devez entrer, dans une phase clame, dans laquelle vous vous connecterez une fois de plus à vos ressources intérieures - physiques ou spirituelles. La vie est parfois si frénétique que même quand on prend le temps de se reposer on a du mal à se détendre : dans ce cas, la camomille est utile. De plus, la camomille fait partie des plantes cueillies traditionnellement à la Saint-Jean - à l'origine, probablement lors du solstice d'été. Ces plants véhiculent l'énergie du soleil d'été - énergie de régénération et de vitalité. En absence de la vitalité, toute action est teintée de fatigue ou de manque d'enthousiasme. Le choix de cette carte suggère que vous devez vous concentrer sur la manière de reprendre goût à la vie et retrouver l'énergie nécessaire pour gérer les exigences de la vie choisie. La carte peut suggérer le besoin de revenir à l'essentiel, aux choses simples de la vie, à la famille et au soutien que celle-ci offre.


Sens en position inversée. La vie de la plupart des gens tend à être stressante, mais c'est la façon dont ils gèrent le stress qui détermine leur état : malades ou déprimés. Si vous avez chois cette carte, vous éprouvez beaucoup de stress en ce moment. Ne vous concentrez pas sur la source du stress, susceptible d'échapper à votre contrôle, mais sur votre réaction au stress.

Plus vous vous concentrez sur une chose, plus votre conscience sera focalisée là-dessus. Parmi les valeurs d'une voie spirituelle il y a la capacité d'offrir des idées inspirantes. Elle doit aussi proposer une oasis de calme - un sanctuaire au milieu des troubles de la vie - vers laquelle vous tourner lorsque vous vous sentez débordé ou sous pression. Le druidisme voit souvent ce sanctuaire comme un bosquet sacré - une clairière baignée par le soleil dans le bois - où vous pouvez vous reposer et méditer, vous reconnectant aux éléments essentiels de votre vie et trouvant un soutien dans la tradition millénaire.

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Le médecin des plantes

Maud Grieve a été une pionnière de l'étude des plantes. Son Modern Herbal en deux volumes, publié en 1931, réunissait la plupart du savoir phytothérapique traditionnel des îles Britanniques. en parlant de la camomille, elle dit : "Aucune plante n'était mieux connue, car elle poussait depuis des siècles dans les jardins anglais, remède domestique ordinaire..."

La camomille a une forte odeur de pomme. Pendant longtemps, on l'a cultivée sur les gazons pour qu'elle relâche sa fragrance lorsqu'on marchait dessus. William Stukeley, père fondateur de l'archéologie et personnage clé de la renaissance druidique du XVIIIè siècle, avait installé dans son jardin un paysage sacré, avec un pommier couvert de gui au centre de cercles concentriques de noisetiers et d'arbres à feuilles persistantes. Il y avait bâti un tumulus et un autel. Lorsque son épouse avait fait une fausse couche, ils avaient enterré rituellement le fœtus sous le gazon de camomille s'étendant devant l'autel - acte non seulement touchant mais en accord avec la croyance druidique que les pommes et les noisette sont des nourritures sacrées de l'Autre Monde.

La camomille est le "médecin des plantes", car son arôme éloigne les insectes ; plantée parmi les buissons et les fleurs, elle améliore la santé du jardin et ranime les plantes malades. Son effet médicinal sur les hommes est connu depuis la nuit des temps - les Égyptiens anciens la consacraient au dieu du soleil. dans les Orcades, une infusion de ses fleurs, "camavine flooers", soignait les problèmes biliaires. Des compresses chaudes de camomille étaient appliquées sur les inflammations. Selon le vieux dicton écossais : "Pour réconforter le cerveau, hume la camomille", même en inspirer l'arôme était censé guérir.

La camomille a une légère action sédative. Plante du soleil, elle confère un sentiment de renaissance et de régénération à Alban Hefin, le solstice d'été. Ingrédient idéal pour un bain rituel ou pour l'encens.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Les fleurs de la camomille, qui pour les Allemands seraient des soldats maudits, guérissent les morsures de serpent et, jetées dans le feu, éloignent la foudre. De la camomille sauvage suspendue au-dessus de la porte d'entée ou répandue autour de la maison protège des sortilèges. Celle qui a été récoltée le jour de la Purification voit ses pouvoirs renforcés. La plante attire l'argent, et les joureurs ont tout intér àê tse laver les mains dans une infusion de camomille. Sachez également que cette infusion, avalée à l'aube de la Saint-Jean, rend chaste pendant un an.

La camomille aurait également le pouvoir d' "amollir le fer ou l'acier, de le courber ou le faire dresser à sa fantaisie", selon une recette d'Albert le Grand, consistant à tremper le métal dans une infusion de fleurs de camomille, d'herbe Robert et de verveine.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi la camomille (Anthemis nobilis) : "Dans sa forme sauvage, cette plante ressemble à une petite marguerite. Elle pousse un peu partout dans les champs ; ses tiges peuvent atteindre une trentaine de centimètres, ses feuilles sont recouvertes d'un fin duvet soyeux, ses pétales sont blancs et son cœur, jaune.


Propriétés médicinales : Sa propriété la plus reconnue est celle d'agent calmant si doux qu'il peut être administré à des bébés pour soulager les douleurs de coliques et d'indigestion. Elle sert aussi à calmer la douleur des maux d'oreilles, de dents et de névralgie. C'est en fait le sédatif le plus sûr.


Genre : Masculin.


Déités : Morphée.


Propriétés magiques : Sommeil - Renforcement des liens amoureux - Purification.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS :

  • On s'en sert pour créer une relation mature et calme avec son conjoint.

  • La camomille est aussi utilisée comme agent purificateur, il suffit d'en répandre autour de la maison pour briser les influences négatives.

  • Pour attirer la chance, lavez-vous les mains dans de l'eau mêlée à cette infusion.

  • Cette herbe est réputée pour calmer l'esprit et favoriser le sommeil profond. Il suffit de remplir un petit sac et de s'en servir comme oreiller.

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Contes et légendes :

Dans la collection de contes et légendes du monde entier collectés par les éditions Gründ, il y a un volume consacré exclusivement aux fleurs qui s'intitule en français Les plus belles légendes de fleurs (1992 tant pour l'édition originale que pour l'édition française). Le texte original est de Vratislav St'ovicek et l'adaptation française de Dagmar Doppia. L'ouvrage est conçu comme une réunion de fleurs qui se racontent les unes après les autres leur histoire :

"La reine Rose tapa dans ses mains, la musique s'arrêta. Les danseurs raccompagnèrent leurs cavalières avec des révérences gracieuses et tous s'assirent sur les coussins en mousse. Le temps du deuxième conte était venu. La reine Rose regarda la foule, puis fit un signe à une toute jeune fille aux cheveux d'or et au front ceint d'une couronne d'une blancheur éclatante. Troublée, celle-ci plongea son nez dans une coupe de rosée cristalline, mais se ressaisir aussitôt. "D'accord, je vais vous raconter une histoire", consentit-elle avec un sourire timide, à la fois doux et triste. Mais écoutez plutôt :

Un royaume florissant s'étendait au milieu d'un pré vert. Depuis que le monde existait, un roi d'or et une reine d'argent régnaient sur ce pays où les hommes naissaient et mouraient alors que les années s'écoulaient sans marquer de leur empreinte le couple royal. Immortels, ils restaient jeunes et beaux comme dans la nuit des temps.

Un jour, le monarque surprit son épouse en train de pleurer amèrement, assise sur un coussin, près de la fenêtre. "Je voudrais mourir", sanglotait-elle. "Depuis des siècles et des siècles, nous régnons sur notre pays. Nous avons connu de grandes joies et de grandes peines et notre esprit s'alourdit de souvenirs. Ceux que nous avons aimés ont gagné le royaume de notre Père depuis longtemps, nous seuls sommes condamnés à vivre jusqu'à la fin du monde."

Le roi essaya en vain de la consoler. "Pourquoi ne sommes-nous pas comme les autres humains qui, arrivés au terme de leur voyage, trouvent une consolation dans le sommeil apaisant de la mort ?" se lamentait la reine.

Avec un soupir, le roi ouvrit un coffret et en retira le Livre de la Vie. Il était rédigé sur un millier de fleurs du monde entier, jouait de mille couleurs et embaumait de mille parfums. "Écoute ce qui est écrit", dit le roi, et il se mit à lire d'une voix douce :

"Moi, Livre de la Vie, révèle mes mystères au roi d'or et à la reine d'argent. Vous ne deviendrez de simples mortels que si votre fille épouse un jeune prince, qui sera le nouveau maître de ce pays."

A ces paroles, la malheureuse femme se lamenta de plus belle :

"Depuis des siècles et des siècles, nous attendons, mon seigneur,, qu'un petit enfant nous sourie enfin de son berceau. Mais il semble que nous ne connaîtrons pas ce bonheur. Notre berceau est vide."

Enfin, un sommeil charitable eut raison du chagrin de la reine. Soudain, une voix douce troubla son rêve.

"Pauvre reine d'argent", souffla un faible murmure. "Elle ne se doute pas que, d'ici un an, elle mettrait au monde une adorable petite fille si elle venait seulement boire aux aurores la rosée de nos corolles. Voilà un mystère dont il n'est pas question dans Le Livre de la Vie."

Encore endormie, la reine se pencha par la fenêtre, mais ne vit, dans le jardin, que la fleur tendre d'un lys blanc avec, à côté d'elle la fleur modeste de l'absinthe.

"Tu as raison, frère Lys, murmura celle-ci. "Mais, de toute façon, le bonheur de la reine se transformerait avec le temps en chagrin éternel, car n'est-il pas écrit dans les étoiles que ce qui vient de la terre retournera à la terre ? Son heure venue, la jeune princesse se transformerait en fleur, au désespoir de ses parents. Sois heureux que le Livre de la Vie ne révèle rien de notre secret." "Tes paroles sont pleines de sagesse, sœur Absinthe", acquiesça le Lys, puis les deux fleurs se turent.

La reine d'argent dormit longtemps. Le soleil pointait à l'horizon lorsqu'elle ouvrit les yeux. Elle descendit dans le jardin et, en se penchant sur les corolles scintillantes de rosée, se souvint de la mystérieuse voix de la nuit.

"Ce n'était qu'un rêve !" soupira-t-elle tristement, mais poussée par la curiosité, elle but tout de même la rosée du Lys et de l'Absinthe. Ô miracle ! Le chagrin de la reine se dissipa comme la brume du matin, et son visage s'éclaira d'un bonheur inconnu. Croyez-moi ou non, un mois ne s'était pas écoulé qu'une petite fille jolie comme un cœur souriait aux anges dans le berceau royal. Elle avait des cheveux d'or d'où émanait un doux parfum mêlé d'amertume, et une couronne blanche ceignait son front étincelant. le roi et la reine l'appelèrent Camomille.

Les années passèrent et la petite fille se transforma en une gracieuse jeune fille, puis en une jeune femme dont la beauté n'avait pas d'égale dans le monde. Bientôt, des princes et des chevaliers venus du monde entier se réunirent au château de ses parents pour essayer de gagner se faveurs dans de somptueux tournois. Mais, la princesse Camomille était très taciturne et fuyait toute compagnie, préférant de longues promenades solitaires dans les prés, où elle s'amusait avec les papillons qui se posaient dans ses cheveux. On commença dans le pays à murmurer que la princesse royale était en fait une belle sorcière qui savait parler avec les fleurs. En vain les nobles prétendants essayaient-ils de gagner ses faveurs, en vain lui faisaient-ils la cour.

"Ne me demandez pas de me fiancer avec l'un d'entre vous. Je suis Camomille, fille des fleurs. Mon parfum est doux comme l'amour, amer comme les larmes. Je ne vous apporterais ps le bonheur." Ainsi repoussait-elle les princes les plus nobles, avec des accents si touchants qu'ils ne pouvaient que la croire. En silence, ils s'en retournaient dans leurs château, emportant avec eux un parfum enivrant doux-amer.

Les paroles de la triste et inaccessible princesse se répandirent bientôt dans le monde entier, si bien que personne n'osa plus demander sa main. Les routes qui menaient au château restaient désertes, le roi d'or et la reine d'argent étaient au désespoir. Mais voilà qu'un jour, un jeune cavalier aux cheveux d'or, vêtu d'une armure de diamants, pénétra dans la cour. Il s'inclina devant le couple royal et tomba à genoux devant Camomille.

"J'ai contemplé ton visage dans le miroir de la lune", dit-il. "Tu es belle et limpide comme la plus pure des fleurs. Je te demande de devenir ma femme."

Le souffle coupé, Camomille ne put détacher les yeux du prince mais, tout d'un coup, des larmes baignèrent son visage.

"Tu me plais, prince, je voudrais bien me fiancer avec toi mais, avant, il faut que tu connaisses mon secret", dit-elle. Elle prit le prince par la main et le conduisit en silence dans un vallon ombragé au fond du jardin pour se pencher sur deux fleurs sauvages. "Entends-tu ce que me dit le Lys ? Comprends-tu les paroles de la fleur de l'Absinthe ?", demanda-t-elle au prince qui, étonné, avoua son ignorance.

Cependant, le prince amoureux ne se laissa pas décourager, et lorsque les parents royaux se joignirent à ses instances, la princesse accepta de l'épouser. Les gens s'embrassèrent dans la rue, et des messagers agiles s'élancèrent dans les quatre coins du monde, porteurs d'invitations pour la noce. Lorsque vint enfin le jour tant attendu et que les femmes de chambre aidèrent Camomille à revêtir sa robe de mariée, celle-ci poussa un soupir poignant et devint blanche comme la mort. Des larmes irisées jaillirent de ses yeux pour se transformer en papillons qui se posèrent sur la chevelure dorée de la princesse comme sur une fleur enivrante. Lorsque les demoiselles d'honneur posèrent la couronne nuptiale sur ses cheveux d'or, l'infortunée Camomille s'effondra, inanimée. Fou de douleur, le prince l'étreignait et l'embrassait en sanglotant. tout à coup, le corps de la princesse se transforma sous ses baisers en une petite fleur tendre à la corolle de pétales blancs. "Le Lys me met en garde, mon prince", poursuivit-elle. "Si tu revêts une robe de mariée, ta dernière heure sonnera", me dit-il. Et la fleur de l'Absinthe murmure : "Si tu ornes ton front de la couronne nuptiale, tu retourneras pour toujours dans le royaume des fleurs." Oublie-moi, prince, je ne t'apporterai pas le bonheur." "Adieu, mon prince", murmura la petite fleur. "Je suis Camomille, fille des fleurs. désormais, grâce à ton amour, je vais renfermer pour toujours un pouvoir magique qui saura apaiser la douleur des hommes." Quand vous traverserez un pré vert, un sentier vous conduira peut-être vers ce pays oublié où règnent un roi d'or et une reine d'argent. Un prince de diamants se tient à genoux près de leur trône. immortels, ils sont tous jeunes et beau comme dans la nuit des temps, mais leur esprit s'alourdit de souvenirs. Lorsqu'ils rêvent vainement du sommeil délivrant de la mort, une petite fleur fragile vient apaiser leur douleur. Son parfum est doux comme l'amour, amer comme les larmes. Les hommes l'appellent Camomille."

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