Les Herbes de féerie
- Anne

- 17 mai 2020
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Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Identification :
D'après Evaine Le Calvé Ivičević (voir ci-dessous), de nombreuses plantes font partie des plantes de féerie :
les anémones des bois,
le muscari à toupet,
la cuscute,
la carline,
la circée de Paris.
Selon H. Rammal, J. Bouayed, F. Desor, C. Younos, & R. Soulimani, auteurs d'un article intitulé "Notes ethnobotanique et phytopharmacologique de Hypericum perforatum L." (Phytothérapie, 2009, vol. 7, n°3, p. 161),
le millepertuis est aussi appelé "herbe des fées".
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Croyances populaires :
Paul Sébillot, auteur de Additions aux Coutumes, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (Éditeur Lafolye, janv. 1892) relève des croyances liées aux cycles de la vie et de la nature :
220. - La côte Notre-Dame est une herbe qui croît dans les puits. Elle est employée par les « devines » pour faire avorter ou pour faire revenir les règles des femmes.
Dans le Dictionnaire de la France mystérieuse - Croyances populaires, superstitions, sorcellerie, rites magiques (Editions Omnibus, 2016) Marie-Charlotte Delmas consacre un article aux herbes magiques :
Herbe magique : Des herbes non identifiées sont dotées de grandes vertus magiques, mais il est parfois difficile, au XIXe siècle, de faire la part entre les récits qui relèvent d’une croyance et ceux qui ne sont que de simples contes de veillée.
Certaines herbes ont la propriété de rendre invisible, telle celle qui pousse près de l’ancienne chapelle Saint-Gerbold à Ver-sur-Mer (Calvados). Il en va de même pour l’herbe que l’on ramasse dans les chênes creux des bois de Saint-Denoual (Côtes-d’Armor). Il faut la manger en tenant dans la main une branche de gui et un brin de verveine, et l’on peut ensuite circuler partout sans être vu.
On parle dans le Bocage normand d’une fleur au calice d’or qui pousse au bord des ruisseaux ; celui qui la tient dans ses mains n’est plus vu par les gens qui l’entourent.
« L’herbe du sommeil » bretonne se reconnaît à sa musique, elle produit comme un bruit de grelot dans le vent. Posée sur le sol, elle endort instantanément quiconque se couche dessus. On dit en Normandie que celui qui s’allonge au soleil sur une « certaine herbe » s’assoupit et ne se réveille que lorsque luisent les étoiles.
« L’herbe d’amour » permet de se faire aimer. Il suffit de la placer dans la poche gauche de la personne convoitée sans qu’elle le sache. Elle n’est pas sans danger, car si la lune change dans les trois jours, son possesseur s’expose à devenir fou. Paul Sébillot, qui rapporte cette croyance de Haute-Bretagne, ajoute qu’il n’a pas réussi à savoir de quelle plante il s’agissait.
On lui expliqua seulement qu’elle s’achetait dans les pharmacies. C’est dans cette même région que poussent des herbes qui donnent aux humains le pouvoir de comprendre le langage des animaux. On raconte qu’un homme entendit deux chiens parler tandis qu’il se torchait le derrière avec une poignée de cette herbe.
L’herbe d’or : C’est en Basse-Bretagne que l’on peut trouver an aour-ieoten, l’herbe d’or. Dans le Finistère, certains disent l’avoir vue à Pont-Croix ou dans la grande prairie du manoir de Kerazan à Cléden. Elle a la propriété de rester toujours verte, mais aussi de briller la nuit, comme de l’or, ce qui permet de la repérer. La personne qui possède cette herbe magique acquiert une force et une santé extraordinaires. Elle peut aussi rendre invisible et aider à la découverte de trésors ou d’objets perdus, ainsi qu’à la compréhension du langage des bêtes.
Plusieurs procédés permettent de s’en emparer. L’un d’eux consiste à se munir d’un cercle de bois, puis à s’en approcher sans détourner les yeux. On laisse ensuite tomber le cercle autour de la plante ; ainsi cernée, elle s’éteint aussitôt. Puis on ôte toute l’herbe à l’intérieur du cercle et on la jette dans un ruisseau. Les herbes ordinaires seront emportées par le courant tandis que l’herbe d’or le remontera en se tortillant : il sera donc aisé de la reconnaître et de la ramasser (H. Le Carguet, 1890). Selon une autre méthode, cette herbe ne peut être cueillie que dans une prairie à trois coins, la plus proche possible de l’église du village. L’opération doit se dérouler un vendredi et le cueilleur doit absolument connaître le nombre de vendredis qui se sont écoulés depuis la dernière fenaison. Une fois ces conditions remplies, il pénètre dans le pré par l’ouest et avance vers l’est en faisant autant de pas que de vendredis. Il arrache ensuite l’herbe qui se trouve à ses pieds et la lance dans un ruisseau. Après avoir attrapé l’herbe d’or qui remonte le courant, il ne lui reste plus qu’à réciter une certaine prière tenue secrète.
L’herbe d’or peut se révéler dangereuse et occasionner de graves maladies à ceux qui la coupent sans le savoir. C’est pourquoi les paysans ne fauchent leurs prairies qu’après le pardon de « Bon-Voyage », le mardi suivant le second dimanche de juillet, et évitent de toucher aux fossés alentour. Maintes maladies et épidémies furent attribuées à une fauche malheureuse.
L’herbe du pic : Le pivert est le seul à savoir dénicher une herbe secrète que les paysans appellent pour cela « l’herbe du pic ». Pline, qui souligne le rôle augural de l’oiseau, évoque déjà cette herbe au Ier siècle : « Seuls des oiseaux, ils élèvent leurs petits dans des trous d’arbres. On croit vulgairement que si un berger en bouche l’entrée avec un coin, ils le font tomber en y appliquant une certaine herbe. Trébius rapporte qu’un clou ou un coin, enfoncé avec autant de force qu’on voudra dans l’arbre où ils ont leur nid, est chassé de l’arbre, qui éclate dès que l’oiseau se pose sur le clou ou le coin. » (Histoire naturelle, livre X.)
Au XIXe siècle, l’herbe du pic, capable de couper le fer et de donner de la force, fait toujours l’objet de témoignages. On raconte que le pivert frotte son bec sur une herbe inconnue pour le fortifier afin de percer plus facilement les arbres, jusqu’au cœur des chênes les plus durs. Les humains qui trouvent cette herbe et s’en frottent les mains acquièrent la même force. Selon un informateur du Finistère, l’oiseau trace d’abord une raie avec son bec, puis y place l’herbe sciante qu’il fait tourner. Il suffit d’un quart d’heure pour que le trou soit fait. Une fois passée dans le bec du pivert, l’herbe se retrouve enchantée. Pour la trouver, il est nécessaire d’épier l’oiseau qui la garde parfois dans son nid. Le chanceux qui la découvre ne doit pas la couper avec un outil en fer, au risque de lui faire perdre son pouvoir, mais l’arracher (Berry). Elle est parfois confondue avec l’herbe d’or. A l’instar de celle-ci, elle remonte le courant lorsqu’on la jette dans un ruisseau (Finistère) et certains Guérandais prétendent qu’elle change en or tout ce qu’elle touche. L’herbe du pic fut une croyance tenace, car le folkloriste berrichon Laisnel de La Salle écrit en 1875 : « On cite encore, dans quelques-uns de nos villages, de pauvres diables qui perdent un temps précieux à chercher cet inappréciable trésor. »
L’herbe d’égarement : L’herbe qui égare, appelée « herbe de fourvoiement » au XVIIe siècle, est une croyance encore répandue à la fin du XIXe siècle. Certains prétendent qu’il s’agit du trèfle à quatre feuilles, d’autres du plantain, mais le plus souvent l’espèce de la plante est inconnue.
Le voyageur qui pose le pied sur cette herbe se perd immanquablement et l’on trouve partout des témoignages de paysans persuadés d’avoir marché dessus. Dans le Calvados, on dit alors que l’on est anfôtomé, c’est-à-dire ensorcelé. Elle porte des noms différents selon les lieux : « égaire » (Normandie, Berry), « herbe des tournes » ou « herbe de Mélusine » (Charente-Maritime), « herbe à la recule » (Franche-Comté), « herbe à adirer » (Maine-et-Loire), « herbe d’oubli » (Haute-Bretagne, Lorraine)…
En Alsace, il suffit parfois de quelques graines collées aux chaussures pour que l’on s’égare, tandis que, dans les Côtes-d’Armor, un cheval qui pose le pied sur cette herbe fait perdre la route à son cavalier. Pour la retrouver, il doit toucher un morceau de bois ou de fer. En Basse-Bretagne, on l’empêche d’agir en retournant son vêtement ou en changeant ses sabots de pied. Dans certains coins de Haute-Bretagne, on dit que si l’on en glisse dans sa manche, on peut se faire suivre de la personne à laquelle on l’a fait sentir auparavant.
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Symbolisme :
Evaine Le Calvé Ivičević dans un article intitulé "Petite contrainte deviendra grande (pourvu que la traduction s' en mêle)." paru dans : Entre jeu et contrainte : pratiques et expériences oulipiennes, 29-31 en 2015 propose une traduction d'un extrait du roman encyclopédique Vilikon de Jasna Horvat :
[...] Les herbes de féerie sont celles dont les fées se nourrissent ou qu'elles utilisent pour leurs onguents. Les fées se nourrissent de sylvies (13), plante commune dans les forêts de chênes, frênes, charmes, hêtres et conifères. Ses graines duveteuses sont très délicates et la moindre brise les disperse. Aussi est-elle sensible à chaque souffle du vent ou des fées. Mal en prend à qui entend faire son repas d'une sylvie, nourriture des fées. Elle irrite la peau et donne des pustules. Les fées sont d'habiles guérisseuses et délivrent quiconque leur est aimable. Leurs remèdes contiennent maintes herbes du Royaume de Croatie. Ce sont des plantes aux fleurs jaunes et bleues sur lesquelles les fées ont laissé leur marque - ail à toupet, herbe aux massues, goutte-de-lin, baromètre du berger et herbe aux sorcières [circée de Paris]. Qu'elles soignent une malade par leurs fameuses plantes féeriques, elles lui rendront sa santé et lui accorderont des couches faciles. Les plantes des fées ruinent les projets sournois et affilent les armes des héros. Mais qui ne jouit pas de la bienveillance des fées peut au contact de leurs plantes être pris de démence, déraisonner et divaguer. [...]
13) : (anemone nemorosa, lat.), autres désignations : bassinet blanc, pâquette, tourne-midi, casse-verres, senic, anémone des bois. Son nom le plus usité, anémone, est composé de deux mots : du grec anemos (vent - car elle s'incline sous son souffle), et du latin nemorus (des bois). Ses feuilles et ses fleurs contiennent de l'anémonine, substance très active dans les parties vivantes de cette plante, et qui provoque des troubles du système nerveux central.
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Mythes et légendes :
D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),
SARDEA. — L’herbe qui provoque le rire appelé sardonique, c’est-à-dire une contraction de la bouche, un rire amer accompagné d’une grimace, n’a pas encore été déterminée jusqu’ici d’une manière bien claire. M. Mimant a cru pouvoir y reconnaître le sium latifolium, la barbe à larges feuilles. Pausanias signale déjà cette herbe et le rire nerveux quelle provoque, rire qui pouvait entraîner la mort ; Salluste, qui la place dans l’île de Sardaigne, à cause de son nom, sans doute, en parle comme d’une herbe semblable au céleri : « Agresti apio similis ». Mais, d’après toutes les vraisemblances, il s’agit plutôt ici d’une herbe fabuleuse, qui tient à quelque mythe phénicien passé dans l’ile de Sardaigne.
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Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :
Plusieurs plantes, qu'il est parfois malaisé d'identifier avec des espèces classées en botanique, ne se montrent que pour peu d'instants - ou se dérobent aux recherches- En Savoie une fleur merveilleuse sortait de terre au premier coup de minuit, s'épanouissait aussitôt et disparaissait. au douzième sa possession suffisait pour enrichir.
[...]
Pendant que saint Martin évangélisait la Flandre il s'égara., par un temps de brouillard, sur les dunes de Dunkerque, et l'on était fort en peine de lui lorsqu'on le vit revenir sur un âne que personne ne connaissait. Il fut reçu avec de grandes démonstrations de joie, et, pour remercier les fidèles, il ordonna à sa monture de crotter des écus d'or. Depuis, on dit que si on pouvait retrouver l'herbe que saint Martin avait fait brouter à son âne pendant son séjour dans les sables, l'âne qui en mangerait aurait aussi la propriété de crotter de l'or.
[...]
Une plante de la classe des lancéolées est appelée en Haute-Bretagne herbe du Diable. Quelques-unes de ses feuilles présentent, assez rarement, une tache noire qui est l'objet de plusieurs explications. Quand elle se montre sur un plant poussé dans un sentier peu fréquenté, on croit qu'un couple amoureux y a vu la feuille à l'envers. On dit aussi que le diable, jaloux de la voir pousser sur un mauvais terrain, veut l'arracher, mais que Dieu ne le lui permet pas, et que, comme preuve de la résistance opposée par cette frêle plante, le pouce du maudit est imprimé sur elle. Suivant d'autres, cette tache noire est sa signature, et celui qui déracinerait cette herbe, sitôt qu'elle a été marquée par lui, trouverait dessous un immense trésor ce stigmate s'efface dès que la plante est touchée par une honnête et sainte personne. Certains assurent que les chiens qui mangeraient cette herbe mourraient et que saint Roch en passant y a imprimé ces marques pour les avertir Voici pourquoi, aux environs de Guingamp, elle porte le nom d'herbe de la Vierge lorsque après avoir vu son fils expirer sur la croix, Marie tomba par terre, ses mains couvertes du sang du Christ rencontrèrent une de ces herbes et son pouce s'imprima sur les feuilles toutes celles qui en sont issues ont cette marque ; elles portent malheur à celui qui marche dessus, mais il suffit d'avoir sur soi une de ses feuilles pour être préservé de la mort subite et de tout accident.
[...]
On dit en plusieurs pays que le pic peut rentrer dans son nid lorsque celui-ci est bouché, au moyen d'une certaine herbe dont on parlait ainsi au XIVe siècle : Quand il le trueve en tel manière estoupé que sa force n'i puet valoir, si vaint la force par engien et par sens. Car il conoist de sa nature une herbe qui a pooir de deffermer. Si le quiert tant qu'il le trueve et l'aporte en son bech et le touche à la kieville, et ele sant tantost hors del trau. Actuellement, l'herbe du pic communique une force surnaturelle à ceux qui s'en frottent les membres ; il faut pour se la procurer épier attentivement le vol et les allures d'un pic-vert, et, lorsqu'on le verra s'arrêter près d'une herbe à laquelle il frottera son bec, on pourra se flatter d'avoir rencontré ce précieux talisman. Il se trouve aussi quelquefois dans le nid même de l'oiseau ; cette herbe est, dit-on, en toute saison et toute heure, couverte d'une rosée abondante. Pour la cueillir ou pour l'arracher, il faut éviter de se servir d'un instrument de fer ; à son contact, elle perdrait toute sa vertu. Dans le pays de Guérande, cette herbe a le don de changer tout en or.
On assure dans le Bocage normand qu'une herbe rompt comme du verre tout morceau de fer qui se trouve en contact avec elle en Haute-Bretagne, c'est l'anis qui le coupe, et le pivert qui s'y est frotté te bec traverse facilement les bois les plus durs. Eh Picardie on attribue la même propriété à une plante dont la classe n'est pas bien déterminée. En Normandie l'herbe à la faulx produit un effet tout opposé si le faucheur a la malechance de la rencontrer sous sa lame, son outil cesse aussitôt de couper.
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Suivant des traditions assez peu communes, des herbes font comprendre le langage des animaux. On raconte en Haute-Bretagne qu'un homme, obligé de s'arrêter pour un besoin pressant, arracha une poignée d'herbes, et entendit deux chiens qui dialoguaient : l'un disait que des voleurs allaient venir la nuit pour voler son maître ce à quoi celui-ci répondit qu'il ne le défendrait pas, parce qu'il n'avait pas eu à souper. Un récit franc-comtois ne diffère que par le dialogue : c'est un chien de meunier qui révèle à un chien de ferme que des voleurs vont venir voler le moulin mais que son maître ne lui ayant pas donné d'un plat fait ce jour-là, il n'aboiera pas pour l'avertir. Dans une version des environs de Moncontour de Bretagne, l'homme avait pris l'herbe d'oubli, qui fait comprendre le langage des animaux quand on ne sait pas qu'on l'a ; son pouvoir cessa quand un passant iui eut dit qu'il l'avait touchée.
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Les plantes qui parlent sont beaucoup plus rares que les arbres doués de cette faculté, et le plus ordinairement elles chantent, L'héroïne d'un conte gascon part à la recherche de l'herbe bleue, qui chante nuit et jour, et d'une autre herbe bleue » qui ne cesse aussi de chanter, mais qui, de plus, coupe le fer ; un coureur d'aventures va cueillir dans une île de la mer la Fleur Dorée, la fleur de baume, la fleur qui chante comme un rossignol ; quand elle a été plantée dans le parterre du roi, la Peste noire qui désolait le pays cesse aussitôt ; cette même Fleur Dorée, la fleur qui chante au soleil levant, figure dans un conte gascon ; elle est gardée par cent loups.
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L'herbe qui ressuscite figure dans une gracieuse légende du moyen âge. Une belette ayant été tuée d'un coup de bâton, sa femelle va chercher dans le bois une fleur rouge et la place dans la bouche de son compagnon qui revient aussitôt à la vie ; la fleur appliquée à une pucelle que l'on croyait morte opère le même miracle. Un conte basque présente un épisode apparenté ; un lézard en ayant tué un autre, va cueillir une herbe, et le ressuscite en la plaçant sur sa tête ; une vieille donne à un soldat qui va être fusillé une plante qui, passée trois fois sous son nez au cimetière par ses camarades, le fait revenir à la vie. La belle Jeanneton cueille dans le jardin de Drac, la fleur rouge, la fleur de mer qui ressuscite les morts ; quand elle a touché ses deux frères, la fleur se flétrit, mais les deux garçons se relèvent.
Les plantes douées de vertus médicinales merveilleuses sont beaucoup plus communes. Dans un conte de la Beauce, une herbe qui se trouve sur une montagne guérit instantanément de la lèpre ; plusieurs contes wallons qui se rattachent au thème de l'os qui chante, parlent de la fleur de Sainte-Hélène, de la fleur jufernelle, qui sont guérissantes. La mousse qui croit sur un chêne rend la vue aux aveugles qui s'en frottent les yeux. Une herbe cueillie sur une tour magique et prise en tisane a le même pouvoir ; en Corse, une herbe qui pousse au bord d'une rivière est guérissante ; une plante indiquée par un ange rend la santé à un roi à moitié mort.
De rares légendes parlent de l'origine de la vertu des herbes : Dans le lai des deux amants, lorsque la demoiselle qui possédait la liqueur destinée à redonner des forces à celui qui la boit s'aperçoit que le jeune homme qu'elle aime a rendu le dernier soupir, elle jette loin d'elle la bouteille qui contenait le remède ; depuis, les herbes qui en ont été arrosées ont eu la puissance de guérir.
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