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  • Anne

Le Millepertuis



Étymologie :

  • MILLE-PERTUIS, MILLEPERTUIS, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1539 (Est.). Comp. de mille* et de pertuis*, à cause de l'aspect des feuilles de cette plante caractérisées par des points transparents qui paraissent être des trous.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Barbe de Saint-Jean ; Chasse-diable ; Herbe à mille trous ; Herbe aux brûlures ; Herbe aux fées ; Herbe aux piqûres ; Herbe de la saint-Jean ; Herbe des fées ; Herbe solaire ; Jaulnette ; Trucheron jaune.




Botanique :


Pour connaître les principales caractéristiques du millepertuis :


la fiche Wikiphyto.

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Utilisation et bienfaits :


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Symbolisme :


Dans un article intitulé « Histoire savante et "pensée sauvage" dans les nomenclatures botaniques en Europe », paru dans la revue Civilisations (Vol. 36, No. 1/2, Ethnologies d'Europe et d'ailleurs (1986), pp. 349-363), Renaud Zeebroek précise quelles sont les herbes de Saint-Jean :

[...] Dans le Nouveau Monde, elles sont rituellement associées à des plantes à fleurs jaunes, utilisées pour traiter les affections urinaires.

Il en va de même en Europe, où millepertuis, piloselle et caille-lait se distinguent par leurs fleurs d'un jaune éclatant. Appelé "jaulnette" en ancien français (Rolland, t. III, p. 169-181), le millepertuis se caractérise par "ses brillantes pétales jaunes et sa masse d'étamines dorées" qui en font une réplique miniature du soleil (Frazer, t. 4, p. 230). D'autre part, ses feuilles et sa tige sont marqués de taches et de lignes pourpre foncé, et on obtient une huile de couleur rouge en faisant macérer ses sommités. Elle était utilisée autrefois pour soigner les brûlures et les coups de soleil. Dans ce cas-ci également, propriétés formelles et vertus médicinales se rejoignent pour renforcer le symbolisme solaire de cette plante. Pourtant celui-ci, aussi marqué soit-il ne suffit pas à justifier l'importance prise par le millepertuis. D'autres herbes peuvent lui être substituées, il nous faut donc chercher des fraisons complémentaires à cette élection.

Nous avons vu plus haut que la célébration de la Saint-Jean a une valeur rituelle apotropaïque dirigée contre les influences malignes des "esprits" et des sorciers. Or le millepertuis était appelé au Moyen Âge "Fuga laemonum", expression qui s'est perpétuée en français ("chasse-diable" en Normandie). D'après Rolland, cette expression vient de ce que "les diables ont tant d'aversion pour cette plante qu'ils s'enfuient aussitôt, là où cette plante est brûlée." Comprenons que ce qui fait fuir les diables, c'est l'odeur qu'elle dégage en brûlant. Or nous savons par ailleurs que le millepertuis est "d'une odeur résineuse quand on le froisse entre les doigts, d'une saveur amère..." (Cazin). Et cette caractéristique le place en relation de similitude, plutôt que d'opposition, avec l'armoise qui fait partie du même genre que l'absinthe et en présente les mêmes caractéristiques bien qu'affaiblies : odeur aromatique et saveur amère.

Nous voyons donc ces deux plantes, opposées par leur symbolisme planétaire, se rejoindre dans les registres olfactif et gustatif. Ces deux "qualités sensibles" semblent d'ailleurs se compléter pour couvrir les différents aspects d'un même domaine. Tandis que les démons qui peuplent les airs s'enfuient écœurés par les fumées aromatiques qu'exhalent les feux de la Saint-Jean, les esprits responsables des crises de folie qui affligent les villageois sont chassés par l'amertume des remèdes.

Ainsi Chomel nous propose une autre explication du nom donné à notre chasse-diable : "on le donne intérieurement... pour abattre les vapeurs hypocondriaques et soulager les prétendus possédés ou maniaques, d'où vient son nom de "Fuga daemonum" (p. 505 sq.). Et nous trouvons comme pour maintenir le parallélisme, une indication similaire concernant l'armoise : "la racine est employée en poudre contre l'épilepsie et la chorée" (Cazin). Indication positiviste, qui trouve d'ailleurs son écho positiviste : "on trouve sous la racine de l'Armoise un charbon qu'il faut chercher le jour de la Saint-Jean. Ce charbon est un souverain remède contre l'épilepsie" (Rolland, t. VII, p. 61-65).

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Appelé jadis « herbe aux fées », le millepertuis dégage quand on le froisse une odeur d'encens. C'est en raison de cette odeur, caractéristique des « choses divines », qu'a été attribuée à cette plante une action spécifique contre la sorcellerie - d'où ses surnoms de « fuite des démons » ou « chasse diable » -, surtout lorsqu'elle est cueillie le jour de la Saint-Jean, ou passée à travers les feux allumés ce jour-là. Une branche de millepertuis accrochée à la pote des maisons ou des étables protège des maladies et des maléfices. Le millepertuis servait même à soulager les possédés, qui en buvaient ou en inhalaient, et à faire avouer aux sorcières leurs accointances diaboliques.

Il entrait dans la composition d'un remède contre « les maladies et autres accidents qui nuisent à la vie de l'homme » fabriqué de la manière suivante : on faisait infuser pendant dix jours deux poignées de millepertuis non fleuri dans quatre livres d'huile d'olive que l'on faisait ensuite chauffer au bain-marie. Le suc extrait de la préparation était alors placé dans un bocal de verre. Une fois le millepertuis fleuri, on ajoutait un peu de ses fleurs dans le récipient, on mettait sur le feu une heure, au bout de laquelle on enrichissait la préparation de trente scorpions, une vipère et une grenouille verte dont on avait attaché a tête et les pieds. Après quelque temps d'infusion, des drogues, pilées ou hachées, rejoignaient la mixture : racine de gentiane, dictame blanc, petite t grande centaurée, tormentille rhubarbe, bol d'Arménie, thériaque et émeraude pulvérisée. Le tout, exposé au soleil pendant les chaudes journées, était placé pendant trois mois dans un fumier chaud. Pour l'utiliser, il fallait s'en frotter autour du cœur, les tempes, les narines, les flancs et le long de l'épine dorsale. Ce remède était un antidote efficace contre toutes sortes de venins et contre les morsures de bêtes venimeuses.

Entre autres vertus, le millepertuis chasse la tristesse et éloigne la foudre. Dans le sud de la France, pour bénéficier de cette protection toute l'année, on en jette le jour de la Saint-Jean par la fenêtre ; en Wallonie, au premier coup de tonnerre, on fait brûler dans la cheminée le millepertuis béni à l'Assomption.

La particularité de cette plante, dont les feuilles semblent criblées de petits trous, sert dans une consultation, en usage notamment dans le département de la Vienne : pour savoir le nombre de ses futurs enfants, il suffit de compter les trous sur une feuille prise au hasard.

Le jus de millepertuis, bu par une femme voulant allaiter lui fait revenir le lait. Dans le Roussillon, se rouler de bon matin dans du millepertuis humide de rosée est excellent contre les affections dues à la lèpre. On peut aussi le cueillir, toujours avec de la rosée, pour s'en frotter les parties du corps qui souffrent de maladies de peau. On reconnaît d'ailleurs à l'huile de millepertuis une certaine efficacité pour les blessures et les plaies, et à l'infusion de la plante cueillie à la Saint-Jean un grand pouvoir contre la nausée et les vomissements. Pour remédier à l'impuissance, l'homme doit passer sur l'orteil de son pied gauche et sur son dos un onguent composé de civettes et de millepertuis.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Millepertuis (Hypericum perforatum) : "C'est une plante vivace que l'on retrouve un peu partout, principalement dans des sols pauvres et secs, bien ensoleillé.


Propriétés médicinales : Cette plante est bien connue pour ses propriétés calmantes ; on s'en sert beaucoup en infusion pour les insomnies, les problèmes nerveux et pour les enfants qui mouillent leur lit (dans ce dernier cas, il faut toutefois réduire la force de l'infusion en la coupant aux trois quarts d'eau). Une huile tirée de ses feuilles aide à soulager des maux d'estomac, des coliques et de tous les problèmes intestinaux. On peut aussi s'en servir dans les cas de congestion pulmonaire. Une infusion des fleurs est également recommandée pour l'anémie et l'anorexie.


Genre : Masculin.


Déités : Apollon - Baldur.


Propriétés magiques : Santé - Protection - Force - Divination amoureuse - Bonheur.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS :

  • Portée en amulette, cette herbe prévient les rhumes et les grippes au cours de l'hiver, mais elle doit être cueillie durant la nuit de l'équinoxe d'été.

  • Si l'on place des feuilles ou des fleurs de cette plante sous son oreiller, on rêvera à la personne que l'on épousera.

BOUTEILLE DE PROTECTION (pour protéger sa demeure des malheurs) :

Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle blanche

  • de l'encens d'oliban

  • une bouteille de verre clair

  • environ 30 grammes (1 once) de millepertuis séché

  • quelques pincées de sel de table

  • quelques pincées de poivre de Cayenne

Rituel :

Un soir de pleine lune, allumez les chandelles et faites brûler l'encens. Mélangez ensuite le millepertuis, le sel et le poivre de Cayenne en disant :

Que l'herbe magique de Saint-Jean

Le sel de la terre

Et le poivre violent

Combinent leurs forces

Pour écarter de ma demeure

Le feu, le tonnerre et la peur.


Versez dans la bouteille et scellez-la avec de la cire blanche. Placez-la ensuite près de la porte d'entrée.

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Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience et explicite les vertus des plantes en fonction de l'Esprit qui les habite :


"Une autre catégorie de remèdes basés sur l'esprit des plantes est constituée de ceux qui apportent quelque chose à l'esprit, sans avoir une correspondance précise avec tel ou tel élément. Il existe une variété d'effets de ces remèdes. Je vais mentionner certains de mes préférés.

[...] Le millepertuis a été de façon constante apprécié des herboristes et des magiciens des plantes. Tous les systèmes médicaux au cours des âges ont trouvé une utilisation de cette plante. C'était un vulnéraire (pour traiter les blessures) des armées chrétiennes pendant les Croisades. De nos jours, le millepertuis est à a mode en tant qu'antidépresseur dans l'herboristerie européenne ; sa réputation antérieure était celle d'un exorciste. En homéopathie, hypericum est le sine qua non pour les problèmes neurologiques en tout genre. C'est seulement dans l'Ouest américain, où le millepertuis est connu sous le nom de "klamath", qu' n'est pas révéré ; tout au contraire, cette herbe est la cible de campagnes d'éradication chimique parce qu'elle envahit les lieux de pâturage aménagés ou naturels.

Mon rêve avec le millepertuis a été court et simple. Une voix désincarnée m'a dit : "Je relierai ce qui a été séparé." Depuis lors, je l'ai utilisé comme ciment pour les âmes fracturées. Il marche à merveille dans des cas comme ceux décrits ci-dessous. Une femme d'une vingtaine d'années m'a consulté en se plaignant d'une sérieuse fatigue apparue depuis plusieurs mois. Auparavant, elle était active et énergique. En la questionnant, j'ai découvert que, dans les neuf mois précédant le début de son malaise, cette femme avait subi deux avortements. Son compagnon y était très favorable, disait-elle, et ils étaient tous les deux d'accord sur le fait que c'était la meilleure chose à faire. Elle me dit qu'elle aimait son compagnon et qu'ils prévoyaient d'avoir des enfants plus tard. Sa voix semblait tout à fait calme alors qu'elle expliquait qu'elle n'avait aucun problème avec les avortements. Mais c'était juste ce que disait sa tête. Son esprit disait, lui, qu'il était dévasté par la perte de deux enfants dans un laps de temps aussi court, et il montrait de la fatigue pour le prouver. Il était évident que cette jeune femme ne pourrait pas aller bien loin tant que sa tête et son esprit seraient séparés, aussi ai-je invoqué le millepertuis pour combler cet écart. A l’instant même où elle a reçu l'esprit du millepertuis, elle s'est assise d'un bond sur la table de soins, ses yeux ternes soudain brillants. "Wow ! Je me sens en superforme !" a-t-elle dit."

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Symbolisme celte :


Selon L'Oracle des druides de Stephanie et Philip Carr-Gomm, le millepertuis fait partie de la carte des Reconstituants au même titre que la rhodiole rose et la valériane. Les mots clefs représentatifs de cet ensemble de plantes sont :


en "position droite : Retraite - Équilibre - Calme

en position inversée : Déséquilibre - Anxiété - Perturbation


Les reconstituants sont un trio de plantes druidiques anciennes, qui rétablissent l'équilibre entre le corps et l'âme, et guérissent le cœur et le mental par leurs propriétés apaisantes et fortifiantes. La rhodiole rose pousse dans les régions montagneuses du Pays de Galles et de l’Écosse et sur les collines des rivages du nord-ouest de la Grande-Bretagne. La valériane est visible partout dans la campagne sur des sols humides et dans les fossés, ainsi que sur les berges des fleuves et les prairies imbibées d'eau, alors que le millepertuis célèbre les bois secs et les collines.

La carte montre une druidesse dans sa hutte, assise près du feu. Par la porte ouverte, on voit les Highlands écossais. Des bottes de rhodiole rose et de valériane sont accrochées à des chevrons pour sécher, et du millepertuis fraîchement ramassé est posé sur la table.


Sens en position droite. Bien que l'aventure et l'excitation soient des ingrédients nécessaires dans la vie, nous avons aussi besoin de périodes de paix et de calme, oasis dans notre vie trépidante. Tirer cette carte dan une lecture signifie que vous devez vous offrir ces moments maintenant. Les retraites sont une partie importante dans la pratique spirituelle. Pour le druidisme, elles incluent les visites des sites sacrés anciens et le cheminement sur les sentiers de jadis. Vous pouvez effectuer une retraite où que vous soyez. Même si vous êtes occupé, essayez de prendre trois heures de pause et offrez-vous tout ce qui vous aide à trouver le calme. Une retraite de trois jours ou plus est encore meilleure dans la nature. Cette pause donnera à votre corps et à votre âme une chance de se rééquilibrer une fois de plus.


Sens en position inversée. Tirer cette carte signale que vous êtes déséquilibré, perturbé et anxieux. La vie est souvent troublante, les relations sont difficiles. Pas étonnant que tant de gens souffrent d'anxiété et de dépression. Le moment est venu de s'attaquer à ce déséquilibre par une combinaison de conseil psychologique, de phytothérapie et de changement de mode de vie.

La carte signale par ailleurs qu'une situation ou un projet est instable ou totalement irréaliste, et qu'une solide dose de bon sens est requise pour le remettre sur le chemin. engagez un consultant ou demandez à quelqu'un de regarder objectivement le problème et donnez son avis.

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Plantes pour la guérison de l'âme

Plusieurs plantes sont bien connues pour leurs effets sur l'état mental. Le druide moderne spécialisé dans la guérison approche la détresse psychologique de deux façons : d'abord - s'il est conseiller qualifié - en agissant en tant que Anam Cara ou ami de cœur, qui écoutera le patient sans porter de jugement et interagir avec lui sur le plan thérapeutique, ensuite - s'il est phytothérapeute qualifié - en prescrivant des remèdes de plantes qui apaiseront l'anxiété et élèveront le moral. Il peut conseiller les trois reconstituants.

La rhodiole rose est une plante peu connue, indigène des régions montagneuses de la Grande-Bretagne et de certaines parties de l'Asie, du nord de l'Europe et de l'Arctique. Dioscoride connaissait sa valeur. La médecine traditionnelle scandinave, russe et sibérienne l'a utilisé pendant des siècles comme tonique. En Mongolie, les familles gardaient le secret de l'emplacement de cette plante. Ses propriétés sont si miraculeuses que dans The Healing Power of Celtic Plants, Angela Paine suggère que les druides ont pu faire pareil. Les analyses scientifiques confirment que la rhodiole rose est un adaptogène, stimulant le système immunitaire et les hormones sexuelles. De plus, elle a des effets antioxydants et anti-cancérigènes, et semble agir de manière similaire au ginseng, stimulant la libération des neurotransmetteurs, fortifiant l'apprentissage et la mémoire. Elle améliore par ailleurs le fonctionnement de la thyroïde, du thymus et des glandes surrénales. Actuellement, elle est commercialisée comme complément alimentaire.

Le millepertuis poussait en Grande-Bretagne avant la dernière glaciation. Dioscoride le conseillait pour la malaria, la sciatique et les brûlures. Les bottes étaient ramassées à la veille de la Saint-Jean et attachées aux avant-toits pour protéger de la foudre et chasser les mauvais esprits. Ce dernier usage monter qu'on connaissait sa capacité à atténuer la dépression - propriété découverte récemment. Des extraits de cette plante sont prescrits actuellement pour la dépression et les symptômes de la ménopause. Il semble que cette plante ancienne avec ses fleurs jaunes soit l'un des grands dons que la nature a offerts à l'humanité.

La valériane est connue des herboristes classiques en tant que diurétique. Plus de 120 substances chimiques actives ont été détectées dans la valériane, jadis tenue pour une panacée. Son effet curatif le plus notable est son pouvoir sédatif, utilisé pour le traitement de l'épilepsie et pour calmer les gens sur le point de se bagarrer. On la prescrit souvent (surtout en France et en Allemagne) à la place des tranquillisants, car elle diminue l'anxiété, favorise le sommeil et atténue le stress, sans danger d'addiction."

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Mythes et légendes :


Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des fées (Éditions Plume de carotte, 2014), le millepertuis à "de multiples atouts".


Médecine magique : Commune à de nombreuses civilisations, la réputation bénéfique du millepertuis, la réputation bénéfique de millepertuis a traversé plusieurs siècles avec la même constance. Cette plante tait considérée comme un précieux talisman envers tous les êtres néfastes. Plusieurs éléments sont à l'origine de cette croyance.

Selon la tradition chrétienne, ce végétal serait né du sang de saint Jean-Baptiste décapité sur ordre du roi Hérode. Voilà qui explique l'origine de la dénomination fréquemment donnée à la plante : l'herbe de la Saint-Jean. Ce caractère sacré est renforcé par l'odeur d'encens que dégagent ses feuilles froissées. Les Grecs suspendaient des tiges de millepertuis au-dessus d'images saintes pour éloigner les mauvais esprits. Par ses fleurs jaune d'or e sa floraison avoisinant le solstice d'été, cette plante a également été un symbole solaire. Dotée de tous ces attributs, elle chassait les mauvais esprits qui induisaient comme on le croyait jadis les étés dépressifs, mais repoussait aussi les sorciers et mauvaises fées. Ces dernières étaient connues en Europe pour provoquer des démangeaisons, crampes et points de côté. Grâce au millepertuis, ces tourments prenaient immédiatement fin.

Certaines dates se prêtent plus particulièrement à son usage. Ainsi, des feuilles placées sous on oreiller la veille de la Saint-Jean écartent les cauchemars et autres esprits tourmenteurs qui perturbent le sommeil. A la même date, les habitants du Gard accrochaient un bouquet de la plante mêlée à de la menthe dans leur maison pour repousser les sorciers. Quand au millepertuis cueilli à minuit à la Toussaint, il protège de tous les êtres maléfiques.


Mélange des genres : La religion chrétienne a mis toutes ses forces pour éradiquer les rites païens, allant jusqu'à détourner les symboles pour les sanctifier quand elle ne pouvait les détruire purement et simplement. La vie de saint Jean-Baptise en est un exemple. Selon la tradition, cet homme serait né le 21 juin, lors su solstice d'été marquant la saison où la végétation est luxuriante. Il serait parti s'isoler dans le désert pour y vivre comme un ermite et ne se nourrissait que de plantes sauvages. Pour toutes ces raisons, les chrétiens du Moyen Âge ont comparé ce saint à l'Homme vert, l'être féerique qui incarne la nature et sa fertilité.

Comment s'étonner dès lors que nos anciens aient éprouvé un temps des difficultés à choisir entre ces deux courants que sont le christianisme et le paganisme ? Un compromis consistait à adopter un peu de l'un et de l'autre. Ainsi une superstition suisse recommandait-elle de placer du millepertuis sous le matelas des enfants afin de les préserver de la lutine maléfique Toggle. Pour que le charme opère, il fallait également invoquer sainte Agathe et faire porter aux petits un sachet de cloportes vivants autour du cou...

Tout le monde n' pas la chance de voir une bonne fée se pencher sur son berceau. Aussi, dans certaines régions de France, plaçait-on du millepertuis dans le berceau des enfants dès qu'ils étaient baptisés afin de chasser les êtres mal intentionnés.


A dada : La nuit est propice à la magie et ce qui paraît banal et inoffensif en plein jour peut révéler un tout autre visage une fois le soleil disparu. Ainsi en est-il du millepertuis. Si votre pied foule ce dernier, même par mégarde, même d'un simple frottement, vous aurez la fâcheuse surprise de vous aurez la fâcheuse surprise de vous retrouver soudain sur le dos d'un cheval fantastique. Sa folle course ininterrompue jusqu'à l'aube vous laissera totalement rompu."

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