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  • Anne

Le Millepertuis



Étymologie :

  • MILLE-PERTUIS, MILLEPERTUIS, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1539 (Est.). Comp. de mille* et de pertuis*, à cause de l'aspect des feuilles de cette plante caractérisées par des points transparents qui paraissent être des trous.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Hypericum perforatum ; Barbe de Saint-Jean ; Chasse-diable ; Herbe à mille trous ; Herbe aux brûlures ; Herbe aux fées ; Herbe aux piqûres ; Herbe de la saint-Jean ; Herbe des fées ; Herbe solaire ; Jaulnette ; Trucheron jaune.




Botanique :


Pour connaître les principales caractéristiques du millepertuis :


la fiche Wikiphyto.

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Utilisation et bienfaits :


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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


Les plantes qui constituent une protection contre l'orage sont assez nombreuses : tantôt elles sont efficaces par elles-mêmes, tantôt on croit que leur vertu est augmentée par une cérémonie religieuse. Il semble toutefois qu'elle est intervenue, surtout au début, pour christianiser une antique observance païenne. Le nom de quelques-unes est en relation avec leur pouvoir : en Wallonie, on fait bénir à l'Assomption des bouquets d'une variété de millepertuis appelée Djèn fleur du tônir, et lorsqu'il tonne, on en jette une brindille dans le feu pour éloigner la foudre.

[...] Dans le Gard un bouquet de mille-pertuis et de menthe, composé la veille de cette fête et placé dans l'endroit le plus en vue de la maison la met à l'abri des sorciers, qui ne manquent pas alors de dire :


M'avez attrapat

Quand avez amassa

Le vehio de la san-Jan

De mento e de strescolan.


Vous m'avez attrapé - Quand vous avez amassé - La veille de la Saint-jean - De la menthe et du millepertuis. [...]

Le feu allumé traditionnellement au solstice d'été communique aux plantes des vertus spéciales ou augmente celles qu'elles possèdent déjà. Lorsqu'on fait passer au travers les bouquets de millepertuis. pour en préparer une huile vulnéraire, ou chante par trois fois : Sen Jan la grano ! ou :


Lou trescalan

Bon per tout l'an !


Herbe de trescalan - bonne pour tout l'an. En Languedoc, on en forme des croix que l'on attache aux portes des maisons et des étables pour les préserver de tout maléfice ; dans la Bigorre, on y met des fleurs passées sur le bûcher et tressées en croix ; En Béarn, il suffit qu'elles y aient été placées le matin de la fête.

[...] Dans la Gironde, les personnes qui veulent se garantir des Sorciers doivent porter un sachet renfermant de l'armoise, du millepertuis et du mille-feuilles, qui ont été bénits.

[...] Dans presque tous les villages de la Manche, on met des feuilles desséchées de la Toute-Saine (Hypericum androsaemum) entre les pages des livres de messe à cause de son parfum, mais plus vraisemblablement parce que cela porte bonheur ; en Haute-Bretagne, lorsqu'elles ont été à l'église, elles conservent la vertu des femmes et des filles quelques-uns attribuent ce pouvoir aux étamines, parce que, disent-ils la corolle de la fleur représente la couronne d'épines, et ils prétendent qu'elle préserve de tout mal.

[...] Oh tire aussi des présages de circonstances accessoires que présentent les plantes. Dans la Vienne, pour savoir combien l'on aura d'enfants, on prend au hasard une feuille de mille-pertuis autant de trous, autant d'enfants.

[...] Dans le sud-ouest quelques herbes sont sensibles à la présence des adeptes de la sorcellerie ; [...] en Saintonge, les tiges de l'herbe de Saint Jean ou Chasse-diable (hypericum perforatum), liée en botillons et attachée au plancher, s'inclinaient comme si elles s'étaient soudainement fanées quand un sorcier pénétrait dans la maison.

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Symbolisme :


Jacques Brosse dans La Magie des plantes (Éditions Hachette, 1979) consacre dans sa "Flore magique" un article au Millepertuis :


Les millepertuis, on les voit très bien quand on regarde par transparence les feuilles de l'Hypericum perforatum, une plante dressée aux belles fleurs jaunes d'or, fréquente dans les lieux secs. Ces trous minuscules sont en fait des glandes translucides qui sécrètent une huile aromatique ; d'autres glandes, noires celles-ci, bordent pétales et sépales, elles distillent une huile couleur de sang. Ces perforations, ce sang semblent prédestiner la plante à soigner les blessures, en vertu du principe de la médecine par analogie, vieille comme le monde, qui soutenait que l’aspect des végétaux indiquait leurs usages. C'est pourquoi, en anglais, l'hypericum s'appelait communément Balm-of-Warrior, « baume du guerrier », et, tant était grande sa puissance, Grace-of-God, « grâce divine », ou Touch-and-Heal, « touche et guérit »

Mais le millepertuis était aussi l' « herbe de la Saint-Jean », en français, en italien, en allemand, langue dans laquelle on précisait même « sang de la Saint-Jean » (Johannisblut). En effet, il fallait le récolter le 24 juin, à midi, c'est-à-dire lorsque le soleil atteint son apogée, moment où la plante se trouve au plus haut de sa puissance. On en cueillait alors des bouquets que l'on suspendait aux portes des maisons et des étables. La nuit de la Saint-Jean, il était recommandé d'en avoir sur soi. L'hypericum, appelé depuis l'époque gallo-romaine Fuga daemonium, éloignait toute sorcellerie, tout envoûtement ; au XVIe siècle, un auteur écrivait encore : « Les diables ont tant d'aversion pour cette plante qu'ils s'enfuient aussitôt, là où elle est brûlée. » Fleur solaire, le millepertuis chassait les redoutables puissances de l'ombre.

Sa cueillette servait enfin à la préparation de l'« huile rouge », obtenue par macération des sommités fleuries dans l'huile d'olive vierge, ce qui donnait un beau liquide cramoisi, anti-inflammatoire et cicatrisant que l'on appliquait sur les blessures et les brûlures. Pour le grand chirurgien Ambroise Paré, c'était le vulnéraire par excellence et John Gerard, médecin et célèbre herboriste anglais, écrit dans son Herball de 1597 : « C'est un remède précieux pour les blessures profondes et celles qui traversent le corps. » A ce titre, le millepertuis entrait dans la composition du « baume du commandeur », de l'« eau vulnéraire » et d'un alcoolat au nom significatif, l' « eau d'arquebusade ». L'huile rouge est encore en usage dans les campagnes, en certaines régions de France, de Suisse et en Europe centrale, où on emploie cicatriser et à aseptiser les plaies et à guérir les brûlures. Il ne s'agit nullement d'une superstition, les phytothérapeutes contemporains ont dûment vérifié l'efficacité de ce remède ancestral.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Millepertuis (Hypericum perforatum) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Soleil

Élément : Feu

Divinité : Balder ou Baldr : l'Apollon de la mythologie scandinave, fils d'Odin et de Frigg, le plus beau de tous les dieux.

Pouvoirs : Exorcisme ; Divination.


Balder habitait un palais magnifique, où il était assailli de rêves terribles qui annonçaient sa mort. Sa mère, Frigg, voulant conjurer le danger, fit prêter à tous les êtres animés et inanimés le serment de ne jamais nuire à Balder. Cependant elle oublia une plante : le Millepertuis. Loki, le dieu du mal, va alors trouver Hoder, dieu aveugle de la guerre et de la destruction, et arme son bras d'un rameau de Millepertuis. Balder, frappé par Hoder, tombe mort.


Utilisation rituelle : On cueillait des branches de Millepertuis, avec des graines, le jour de la Saint-Jean et, le soir, on les faisait passer trois fois à travers les flammes du feu rituel en disant chaque fois : Sen Jan la granol Puis, on faisait avec ces branches des croix que l'on attachait aux portes des maisons, des étables, pour les préserver de tout maléfice (Languedoc).

En Dordogne, même cérémonie ; les bouquets, gardés précieusement, étaient jetés au feu de la Saint-Jean de l'année suivante.

L'un des nombreux noms vernaculaires du Millepertuis est arrosoir. Une touffe de cette plante mise extérieurement, pendant la nuit, Il la fenêtre d'une fille, indique que des garçons l'ont surprise accroupie, en train d'arroser les plantes en plein air, ce qui est incompatible avec la dignité d'une demoiselle bien élevée.


Utilisation magique : Le Millepertuis est le prestigieux et terrible Fuga daemonum du Moyen Age : l'herbe qui mettait en fuite des légions de Satan et obligeait les sorcières à avouer leur pacte maudit. D'innombrables rituels de Millepertuis sont décrits pour guérir les possédés, pour exorciser les maisons, les étables, les champs.

On mettait quelques feuilles de cette plante dans la bouche des sorcières soumises à la question : elles ne tardaient pas à « cracher » leurs turpitudes...

La particularité du Millepertuis (la feuille est constellée de minuscules glandes huileuses, translucides ; lorsqu'on la regarde par transparence, on a l'impression d'une écumoire percée de mille trous) a été exploitée par les oracles depuis les temps les plus reculés : les « trous » disent si les récoltes seront bonnes ou mauvaises ; si une épidémie va s'étendre ou régresser ; si les armées vont connaître la victoire ou la défaite, etc. Les femmes consultaient les feuilles de Millepertuis pour savoir si leur mari était fidèle ; les jeunes filles pour savoir quand elles se marieraient, qui serait leur époux, combien elles auraient d'enfants.

Une femme avait pendant toute sa vie mis de l'eau dans le lait qu'elle vendait. Après sa mort, elle revint toutes les nuits et on l'entendait tripoter dans la laiterie où elle essayait en vain de séparer l'eau du lait. Ses enfants, effrayés, allèrent consulter le sorcier qui leur dit de traire les vaches en leur frottant le pis avec du suc de Millepertuis. Ce qui fut fait, et la morte ne revint plus (Cornouailles).

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Dans un article intitulé « Histoire savante et "pensée sauvage" dans les nomenclatures botaniques en Europe », paru dans la revue Civilisations (Vol. 36, No. 1/2, Ethnologies d'Europe et d'ailleurs (1986), pp. 349-363), Renaud Zeebroek précise quelles sont les herbes de Saint-Jean :

[...] Dans le Nouveau Monde, elles sont rituellement associées à des plantes à fleurs jaunes, utilisées pour traiter les affections urinaires.

Il en va de même en Europe, où millepertuis, piloselle et caille-lait se distinguent par leurs fleurs d'un jaune éclatant. Appelé "jaulnette" en ancien français (Rolland, t. III, p. 169-181), le millepertuis se caractérise par "ses brillantes pétales jaunes et sa masse d'étamines dorées" qui en font une réplique miniature du soleil (Frazer, t. 4, p. 230). D'autre part, ses feuilles et sa tige sont marqués de taches et de lignes pourpre foncé, et on obtient une huile de couleur rouge en faisant macérer ses sommités. Elle était utilisée autrefois pour soigner les brûlures et les coups de soleil. Dans ce cas-ci également, propriétés formelles et vertus médicinales se rejoignent pour renforcer le symbolisme solaire de cette plante. Pourtant celui-ci, aussi marqué soit-il ne suffit pas à justifier l'importance prise par le millepertuis. D'autres herbes peuvent lui être substituées, il nous faut donc chercher des fraisons complémentaires à cette élection.

Nous avons vu plus haut que la célébration de la Saint-Jean a une valeur rituelle apotropaïque dirigée contre les influences malignes des "esprits" et des sorciers. Or le millepertuis était appelé au Moyen Âge "Fuga laemonum", expression qui s'est perpétuée en français ("chasse-diable" en Normandie). D'après Rolland, cette expression vient de ce que "les diables ont tant d'aversion pour cette plante qu'ils s'enfuient aussitôt, là où cette plante est brûlée." Comprenons que ce qui fait fuir les diables, c'est l'odeur qu'elle dégage en brûlant. Or nous savons par ailleurs que le millepertuis est "d'une odeur résineuse quand on le froisse entre les doigts, d'une saveur amère..." (Cazin). Et cette caractéristique le place en relation de similitude, plutôt que d'opposition, avec l'armoise qui fait partie du même genre que l'absinthe et en présente les mêmes caractéristiques bien qu'affaiblies : odeur aromatique et saveur amère.

Nous voyons donc ces deux plantes, opposées par leur symbolisme planétaire, se rejoindre dans les registres olfactif et gustatif. Ces deux "qualités sensibles" semblent d'ailleurs se compléter pour couvrir les différents aspects d'un même domaine. Tandis que les démons qui peuplent les airs s'enfuient écœurés par les fumées aromatiques qu'exhalent les feux de la Saint-Jean, les esprits responsables des crises de folie qui affligent les villageois sont chassés par l'amertume des remèdes.

Ainsi Chomel nous propose une autre explication du nom donné à notre chasse-diable : "on le donne intérieurement... pour abattre les vapeurs hypocondriaques et soulager les prétendus possédés ou maniaques, d'où vient son nom de "Fuga daemonum" (p. 505 sq.). Et nous trouvons comme pour maintenir le parallélisme, une indication similaire concernant l'armoise : "la racine est employée en poudre contre l'épilepsie et la chorée" (Cazin). Indication positiviste, qui trouve d'ailleurs son écho positiviste : "on trouve sous la racine de l'Armoise un charbon qu'il faut chercher le jour de la Saint-Jean. Ce charbon est un souverain remède contre l'épilepsie" (Rolland, t. VII, p. 61-65).

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Appelé jadis « herbe aux fées », le millepertuis dégage quand on le froisse une odeur d'encens. C'est en raison de cette odeur, caractéristique des « choses divines », qu'a été attribuée à cette plante une action spécifique contre la sorcellerie - d'où ses surnoms de « fuite des démons » ou « chasse diable » -, surtout lorsqu'elle est cueillie le jour de la Saint-Jean, ou passée à travers les feux allumés ce jour-là. Une branche de millepertuis accrochée à la pote des maisons ou des étables protège des maladies et des maléfices. Le millepertuis servait même à soulager les possédés, qui en buvaient ou en inhalaient, et à faire avouer aux sorcières leurs accointances diaboliques.

Il entrait dans la composition d'un remède contre « les maladies et autres accidents qui nuisent à la vie de l'homme » fabriqué de la manière suivante : on faisait infuser pendant dix jours deux poignées de millepertuis non fleuri dans quatre livres d'huile d'olive que l'on faisait ensuite chauffer au bain-marie. Le suc extrait de la préparation était alors placé dans un bocal de verre. Une fois le millepertuis fleuri, on ajoutait un peu de ses fleurs dans le récipient, on mettait sur le feu une heure, au bout de laquelle on enrichissait la préparation de trente scorpions, une vipère et une grenouille verte dont on avait attaché a tête et les pieds. Après quelque temps d'infusion, des drogues, pilées ou hachées, rejoignaient la mixture : racine de gentiane, dictame blanc, petite t grande centaurée, tormentille rhubarbe, bol d'Arménie, thériaque et émeraude pulvérisée. Le tout, exposé au soleil pendant les chaudes journées, était placé pendant trois mois dans un fumier chaud. Pour l'utiliser, il fallait s'en frotter autour du cœur, les tempes, les narines, les flancs et le long de l'épine dorsale. Ce remède était un antidote efficace contre toutes sortes de venins et contre les morsures de bêtes venimeuses.

Entre autres vertus, le millepertuis chasse la tristesse et éloigne la foudre. Dans le sud de la France, pour bénéficier de cette protection toute l'année, on en jette le jour de la Saint-Jean par la fenêtre ; en Wallonie, au premier coup de tonnerre, on fait brûler dans la cheminée le millepertuis béni à l'Assomption.

La particularité de cette plante, dont les feuilles semblent criblées de petits trous, sert dans une consultation, en usage notamment dans le département de la Vienne : pour savoir le nombre de ses futurs enfants, il suffit de compter les trous sur une feuille prise au hasard.

Le jus de millepertuis, bu par une femme voulant allaiter lui fait revenir le lait. Dans le Roussillon, se rouler de bon matin dans du millepertuis humide de rosée est excellent contre les affections dues à la lèpre. On peut aussi le cueillir, toujours avec de la rosée, pour s'en frotter les parties du corps qui souffrent de maladies de peau. On reconnaît d'ailleurs à l'huile de millepertuis une certaine efficacité pour les blessures et les plaies, et à l'infusion de la plante cueillie à la Saint-Jean un grand pouvoir contre la nausée et les vomissements. Pour remédier à l'impuissance, l'homme doit passer sur l'orteil de son pied gauche et sur son dos un onguent composé de civettes et de millepertuis.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Millepertuis (Hypericum perforatum) : "C'est une plante vivace que l'on retrouve un peu partout, principalement dans des sols pauvres et secs, bien ensoleillé.


Propriétés médicinales : Cette plante est bien connue pour ses propriétés calmantes ; on s'en sert beaucoup en infusion pour les insomnies, les problèmes nerveux et pour les enfants qui mouillent leur lit (dans ce dernier cas, il faut toutefois réduire la force de l'infusion en la coupant aux trois quarts d'eau). Une huile tirée de ses feuilles aide à soulager des maux d'estomac, des coliques et de tous les problèmes intestinaux. On peut aussi s'en servir dans les cas de congestion pulmonaire. Une infusion des fleurs est également recommandée pour l'anémie et l'anorexie.


Genre : Masculin.


Déités : Apollon - Baldur.


Propriétés magiques : Santé - Protection - Force - Divination amoureuse - Bonheur.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS :

  • Portée en amulette, cette herbe prévient les rhumes et les grippes au cours de l'hiver, mais elle doit être cueillie durant la nuit de l'équinoxe d'été.

  • Si l'on place des feuilles ou des fleurs de cette plante sous son oreiller, on rêvera à la personne que l'on épousera.

BOUTEILLE DE PROTECTION (pour protéger sa demeure des malheurs) :

Ce dont vous avez besoin :