Le Rituel du Bateau
- Anne

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Étymologie :
Étymol. et Hist. − [1238, d'apr. son dérivé barquette*]; début xives. barque de cantier « le plus gros canot de bord, chaloupe d'un bateau de mer » (Philippe de Novare, Mémoires, éd. C. Kohler, Paris, 1913, p. 98 : Il et sa gent se recuillirent en la barque de cantier o grant avoir que il portoyent). Rem. Fin xiies. indiqué par Kluge20, s.v. Barke pour une forme pic. n'est pas confirmé par la documentation. Étant donné le caractère en partie italianisant du texte dont est tirée la 1re attest. fr. (l'aut. est Philippe de Novare, né en Italie), plus prob. empr. à l'ital. barca (Brunot t. 16, p. 209 ; Kohlm., p. 31; Wind, p. 134 ; Vidos, p. 236 ; Sar., p. 43), attesté dép. début xives. (Dante, Inf., 8-25 dans Batt.) qu'à l'a. prov. barca (REW3, no952 ; Cor. t. 1) ; barca, de même que l'a. prov. barca (dep. xives., Vie de St Honorat dans Rayn.), l'esp. barca (dep. ca 1140, Cid d'apr. Cor.) et le port. barca (dep. 911, texte de lat. médiév. d'apr. Mach.) est issu du lat. tardif hisp. barca (v. barge).
Étymol. et Hist. − 1. 1138 batel « embarcation dont on se sert principalement sur les rivières » (Gaimar, L'Estorie des Engles, 442, éd. Hardy-Martin, I, 1888 : De nostre nef meison feimes : Par un batel ben guarisimes, Dunt nostre pere ala pescher) forme attestée jusqu'au xves. (M. Mantellier, Gloss. des documents de l'hist. [...] des marchands [...] de Loire, 1869, p. 12) ; ca 1220 bateau (G. de Coincy, St Boniface, éd. Boman, 651) ; 2. 1841 p. métaph. plais. arg. « gros et large soulier » (La correctionnelle ds Larch. Suppl. 1880). Dér. en -ĕllus (-eau*) de l'agn. bat « bateau » 1121-22 (S. Brendan, éd. Suchier, 600 dans T.-L.), terme rare, encore attesté au début du xives. dans le domaine norm. sous la forme du lat. médiév. battus, Du Cange t. 1, p. 606c; ce même Du Cange cite la forme dial. bat en usage à Saint-Malo au sens de « bateau »; le suff. a ici moins de valeur diminutive qu'il n'a pour fonction de donner plus de corps au monosyllabe. L'agn. (de même que l'a.nord., NED; Brüch dans R. Ling. rom., 1926, pp. 85-86) est empr. à l'ags. bat, 891 (O. E. Chron. − Parker Ms. − dans NED, s.v. boat. Le fr. a été empr. par les autres lang. rom. (REW3, no985).
Lire également la définition des noms barque, bateau et coracle afin d'amorcer la réflexion symbolique.
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Croyances populaires :
Dans le Dictionnaire de la France mystérieuse - Surnaturel, superstitions, être fantastiques, apparitions, lieux enchantés (Editions Omnibus, 2017) Marie-Charlotte Delmas consacre deux articles au bateau qui illustrent son importance dans l'imaginaire :
"Bateau des âmes : De mystérieux bateaux ou barques qui glissent sur la mer, parfois sur les marais, ont pour office de venir chercher les âmes des mourants, qu’ils transportent en divers lieux.
Au VIe siècle, l’historien Procope, dans De bello gothico (Les Guerres gothiques), écrit que les « pêcheurs et autres habitants de la Gaule » qui sont en face de l’île de Bretagne (Grande-Bretagne) sont chargés d’y amener les âmes : « Au milieu de la nuit, ils entendent frapper à leur porte ; ils se lèvent et trouvent sur le rivage des barques étrangères où ils ne voient personne, et qui pourtant semblent si chargées qu’elles paraissent sur le point de sombrer et s’élèvent d’un pouce à peine au-dessus des eaux. Une heure suffit pour ce trajet, quoique, avec leurs propres bateaux, ils puissent difficilement le faire dans l’espace d’une nuit. »
Ces bateaux des morts font toujours l’objet de récits au XIXe siècle en Bretagne, où beaucoup croyaient qu’il existait une mer souterraine que les trépassés devaient traverser. Emile Souvestre rapporte un récit du Morbihan à peu près semblable à celui de Procope, mais les morts ne sont plus transportés sur l’île de Bretagne, ils errent sur la mer : « Près de Saint-Gildas [Saint-Gildas-de-Rhuys], les pêcheurs de mauvaise vie et qui se soucient peu du salut de leur âme sont quelquefois réveillés la nuit par trois coups que frappe à leur porte une main invisible. Alors ils se lèvent, poussés par une volonté surnaturelle ; ils se rendent au rivage, où ils trouvent de longs bateaux noirs qui semblent vides, et qui pourtant s’enfoncent dans la mer jusqu’au niveau de la vague. Dès qu’ils y sont entrés, une grande voile blanche se hisse seule au haut du mât, et la barque quitte le port comme emportée par un courant rapide. On ajoute que ces bateaux, chargés d’âmes maudites, ne reparaissent plus au rivage, et que le pêcheur est condamné à errer avec elles à travers les océans jusqu’au Jugement. » (E. Souvestre, 1845.)
Dans ce même département, le Bag er Marù, ou bateau de la mort, que l’on reconnaît à sa voile noire, vogue entre Belle-Ile et Quiberon : « Il transporte les âmes des trépassés et les mène dans une grande lande. Dans le bateau, il y a deux hommes qui enferment dans une coque de noix les âmes de ceux qui se sont perdus en mer et les conduisent dans cette grande lande. Les trois quarts arrivent à Carnac à une montagne où il n’y a que des épines, des ronces et de la lande, et l’autre quart va dans un endroit qui n’est que lande. Ce bateau va toujours sur la mer. Quand les âmes se trouvent plus loin, elles vont dans une île qui est appelée île des Désolés, Inézen en dud dizolet, entre La Rochelle et Les Sables-d’Olonne. Le mauvais temps ne tombe jamais sur ce bateau, mais personne ne le voit sur la mer. Souvent l’âme s’en va du bateau sous la forme d’une flamme ou d’une colombe, suivant qu’elle va au Purgatoire ou qu’elle est sauvée. Celle qui est noire comme un corbeau va à l’enfer, elle est damnée. Les deux hommes de l’équipage sont deux morts, ils sont heureux, car Dieu leur a donné le pouvoir de réussir en toute chose. » (J. Frison, 1914.)
Dans les Côtes-d’Armor, on parle encore à Saint-Cast dans les années 1860 d’un bateau qui vient chercher les âmes des morts près de l’ancien château de Gilles de Bretagne pour les mener sur la rive gauche de l’Arguenon. En 1897, Paul Sébillot raconte que la bonne de l’un de ses amis y croyait fermement. Vers Tréguier, on prétend que des barques portent les âmes, notamment celles des noyés, sur des îles mystérieuses et invisibles que l’on ne pourra voir qu’à la fin du monde. Durant les nuits estivales, lorsque la mer est calme, on peut entendre le bruit de leurs rames. Parfois, on aperçoit des ombres blanches qui voltigent autour des barques noires. Il ne faut surtout pas tenter de les suivre, ou on devra les accompagner jusqu’à la fin du monde. Dans le Finistère, Lestr an Anaon – la Barque des Morts – est remplie de morts qui répondent « Amen » lorsqu’on les hèle. On ne sait qui la conduit, ni où elle va (P. Sébillot, 1905).
La barque des morts qui navigue sur les marais du Poitou est une nacelle recouverte d’un drap blanc, baptisée la Niole blanche. Elle parcourt les canaux et emporte les défunts. Elle est conduite par une sorte de fantôme que l’on nomme le Tousseu jaune, fantôme de la fièvre des marais dont souffrent et meurent les habitants. Il disait à ceux qu’il rencontrait : « Tourne ou je te retourne ! », et quiconque l’apercevait était certain de mourir dans l’année (E. Souvestre, 1852).
Bateau fantôme : Les marins, sous diverses latitudes, disent avoir croisé des bateaux fantômes guidés par les morts, notamment lors des tempêtes. Parfois, cette apparition concerne un bateau qui vient de sombrer, comme dans le récit suivant qui se situe sur l’île de Batz (Finistère) : « Deux marins, le père et le fils, étaient allés de bonne heure un matin démarrer leur bateau pour aller en mer. Tout à coup, ils virent tout près d’eux un navire ; ils entendaient la voix de l’équipage, et reconnaissaient même parmi eux, à leur accent, des personnes de l’île. Le navire était prêt à mouiller. Alors un des matelots demanda au capitaine où il fallait jeter l’ancre. “Là, répondit-il, à Porz an Eokr [au port de l’Ancre].” Dès que cette parole eut été prononcée, les deux marins ne virent plus le navire, qui s’était évanoui comme une fumée. Ce bâtiment était à ce moment perdu corps et biens, et les deux marins avaient eu une vision. Ce navire avait passé l’hiver qui précéda son départ à Porz an Eokr, qui servait alors d’ancrage aux navires de l’île de Batz. » (G. Millin, 1897.) D’autres fois, le bateau porte les noyés de l’année. A Dieppe (Seine-Maritime), on raconte au Pollet dans les années 1840 que, chaque année, le jour des Morts, lendemain de la Toussaint, un bateau apparaît au bout de la jetée. On peut reconnaître l’un de ceux qui ont sombré dans l’année, mais « la voile pend déchirée à un mât chancelant et disloqué ». A son bord se trouvent les marins dieppois morts noyés. Au bout d’un moment, une brume s’abat sur la mer et il disparaît (A. Bosquet, 1845).
Outre ce type de récits, d’autres bateaux fantômes entrèrent dans la légende, tels ceux qui suivent.
Le Voltigeur hollandais : Bien que n’apparaissant pas sur les côtes françaises, le Voltigeur hollandais est le plus célèbre des navires fantômes. Cette histoire fait l’objet de différentes versions, dont l’opéra de Wagner Der fliegende Holländer (1843), connu en français sous le titre du Vaisseau fantôme ; plus près de nous, il a inspiré la saga Pirates des Caraïbes.
Dans les Scènes de la vie maritime de Jal (1832), un vieux marin raconte que, jadis, le capitaine hollandais de ce bateau, mauvais chrétien, refusa de relâcher les voiles, comme l’y poussaient ses marins, lors d’une tempête près du Cap. Il riait devant la peur de son équipage qui craignait de mourir alors qu’il n’y avait aucun aumônier à bord pour les absoudre de leurs péchés. On dit alors qu’un nuage s’ouvrit et qu’une « grande figure », sûrement Dieu, lui apparut, lui enjoignant d’écouter ses matelots. Pour seule réponse, il arma un pistolet et tira dans le nuage. Le coup perça sa main et il se mit à jurer. Alors la voix s’écria : « T’es-t-un maudit, le Ciel te condamne à naviguer toujours, sans jamais pouvoir relâcher, ni mouiller, ni te mettre à l’abri dans une rade ou un port quelconque. Tu n’auras plus ni bière ni tabac ; tu boiras du fiel à tous tes repas, tu mâcheras du fer rouge pour toute chique ; ton mousse aura des cornes au front, le museau d’un tigre et la peau plus rude que celle d’un chien de mer […]. Tu seras-téternellement de quart, et tu ne pourras pas t’endormir quand tu auras sommeil, parce qu’aussitôt que tu voudras fermer l’œil, une longue épée t’entrera dedans le corps. Et puisque tu aimes à tourmenter les marins, tu les tourmenteras […]. Car tu seras le diable de la mer ; tu couriras [sic] sans cesse par toutes les latitudes ; tu n’auras jamais de repos ni de beau temps ; tu auras pour brise la tempête ; la vue de ton navire qui voltigera jusqu’à la fin des siècles, au milieu des orages de l’Océan, portera malheur à ceux ou celles qui l’apercevront. » Après cette malédiction, tout l’équipage fut happé dans le nuage et le capitaine resta seul sur son navire avec son mousse. Depuis ce jour, il navigue dans les tempêtes et fait sombrer les bateaux qui croisent son sillage. Le vieux matelot qui raconte cette histoire ajoute qu’il a vu ce bateau une fois, lorsqu’il était encore jeune, en 1772, sur les côtes du Mexique. Il avait eu grand peur et avait promis, pour se protéger, de faire une neuvaine (période de prière) à Notre-Dame-de-Recouvrance, ce qu’il fit effectivement par la suite. Le Voltigeur hollandais change souvent d’apparence ; le jour où le marin l’a vu, il était tout noir.
Selon une autre version, assez répandue, un crime horrible eut lieu sur ce bateau richement chargé. La peste s’y déclara et aucun port ne lui permit d’accoster par peur de la contagion. Depuis, il erre sur les océans et son apparition est toujours de mauvais augure.
Le Bag-Noz : Le Bag-Noz (bateau de nuit) est un navire fantôme du Finistère que l’on aperçoit parfois dans la baie d’Audierne : « Sur la mer, au brun de nuit, lorsqu’un bateau se trouve vent debout, la terre masquée, souvent, devant lui, il aperçoit un autre bateau, même voilure, mais vent arrière. Vite, il arrime ses voiles, fait cap dessus, mais tout à coup le second bateau disparaît, et le premier se trouve dans les brisants : c’était le Bag-Noz, le Bateau de nuit, qui mène toujours au danger. D’autres fois, c’est un bateau rempli de lumières ; on n’y voit personne ; on n’y entend aucun bruit. Ce sont encore des bruits d’avirons, des commandements d’étarquer les voiles ; mais on ne voit rien […]. Lorsque ce Bag-Noz est commandé par un vieillard, il y aura, dans l’année, mortalité sur les enfants ; le contraire arrive, si le capitaine est un enfant : ce sont les vieillards alors qui mourront. » Si un homme révèle avoir vu ce bateau, il mourra dans l’année (H. Le Carguet, 1891).
Selon le récit d’un gardien de phare de l’île de Sein, en 1896, le Bag-Noz se manifeste dès qu’un événement tragique va se produire. A peine s’est-il montré qu’il disparaît pour surgir de nouveau à un autre endroit. Les marins qui l’ont croisé en mer racontent que l’équipage de ce bateau fantôme ne cesse de crier pour demander du secours. Mais, sitôt qu’on l’approche, il s’efface et les voix se font lointaines. En fait, il suffirait de leur dire Requiescant in pace pour les sauver et pour qu’en effet ils reposent en paix. Un pilote de l’île parvint une nuit à voir qu’il n’y avait personne sur ce navire, en dehors d’un homme de barre, dont on dit qu’il est le dernier noyé de l’année : « Des ramasseuses de goémon, étant un soir à la pointe de Kilaourou, dans l’est de l’île, virent les voiles de la [sic] Bag-Noz passer à raser la pointe. Parmi elles se trouvait une veuve Fauquet, dont le mari, quelques semaines auparavant, avait disparu dans la chaussée de Sein, sans que la mer eût rendu son cadavre. Or, quel ne fut pas son émoi, de reconnaître dans le personnage qui menait la barque funèbre le mari qu’elle avait perdu ! » (A. Le Braz, 1902.)
Au début du XXe siècle, la croyance en le Bag-Noz est encore vivace pour quelques vieillards de l’île de Sein. L’un d’eux raconte : « Il est certain, bien que beaucoup des jeunes gens d’aujourd’hui n’y croient pas, que saint Patrice obtint de Dieu que les âmes de la grande terre n’aillent pas jusqu’en Irlande pour faire leur pénitence, et que notre île fut choisie par lui pour les recevoir. Et cela est d’autant plus certain que souvent, le soir, lorsque la lune est absente, nous pouvons voir les âmes du purgatoire sortir du sein de la terre et venir courir sur la grève et même à l’intérieur de l’île.
Vous me demandez, Monsieur, comment ces âmes viennent chez nous ? Je vais vous le dire et cela parce que je l’ai vu maintes fois. Après la Toussaint et la fête des Morts, la mer est démontée, le raz bouillonne en s’avançant vers la baie des Trépassés et en déferlant jusqu’à Kerguisch. Les roches de Kerlourou sont blanches d’écume, celles du Pont des Chats semblent se détacher du fond de la mer, poussées par toutes les pointes de la chaussée entière ; alors, sous le vent et la tempête, éclairé par un fanal sinistre, s’avance le Bag-Noz, ce vaisseau fantôme, aussi noir que la nuit, mais cependant marqué par de nombreuses petites flammes courant les unes après les autres, et qui ne sont autres que les âmes destinées au purgatoire.
Le pilote qui dirige ce vaisseau funèbre est, dit-on, le premier chrétien mort dans l’année sur la terre d’Armorique. Ce bateau n’accoste jamais notre île ; toujours entre Kerlourou et Sein éclate un ouragan terrible et ceux qui ont le courage de regarder encore voient les âmes s’échapper ensemble dans un long rayon de feu et venir se grouper autour de l’autel des druidesses [appellation d’un dolmen de l’île] où elles disparaissent. » (G. Guénin, 1934.)
Les vaisseaux haut bord : Ces navires dont on parle dans le Morbihan, notamment à l’île d’Arz et à l’île aux Moines, sont occupés par des hommes et des chiens de taille gigantesque : « Ces hommes sont, paraît-il, des réprouvés dont la vie a été souillée par des crimes horribles ; les chiens sont des démons préposés à leur garde et qui leur font endurer mille tortures. Sans cesse les vaisseaux maudits sillonnent les flots, passant d’une mer dans l’autre sans entrer dans aucun port, sans jeter l’ancre jamais, et il en sera ainsi jusqu’à la fin du monde. Il ne faudrait pas qu’un navire se laissât aborder par l’un d’eux : l’équipage serait enlevé en un tour de main et disparaîtrait sans laisser de traces. Les commandements à bord des vaisseaux maudits se font au moyen de conques marines dont le bruit strident s’entend à plusieurs milles de distance. Il est donc facile de ne pas se laisser surprendre. On n’a d’ailleurs rien à craindre si, à la première alerte, on se hâte d’entonner l’Ave Maris Stella et de se recommander aux saints du pays, principalement à sainte Anne d’Auray. » (L. F. Sauvé, 1884-1885.)
Navire errant : Les pêcheurs du littoral des Côtes-d’Armor parlent du Navire errant qui vogue sous la mer et surgit soudain hors des flots les nuits de grande tempête. C’est « un brick de deux cents tonneaux, armé comme un navire de guerre et monté par des pirates qui, à cause de leurs crimes, sont condamnés à errer avec lui jusqu’à la fin du monde ». A peine a-t-on aperçu ses feux, rouges comme le sang et puissants comme la lumière d’un phare, qu’il disparaît à nouveau. Une légende raconte comment ce navire et son équipage furent maudits. Un jour, ils firent face à un navire de guerre qu’ils attaquèrent. A bord se trouvait un vieux matelot qui portait sur lui une petite pierre étrange qu’il avait ramassée sur les rochers qui avoisinent Brest.
Tandis qu’une balle venait de lui écorcher l’oreille, il lança sa pierre sur le pont du bateau des pirates qui se mirent à crier tandis que leur navire s’engloutissait dans les flots. Il resurgit soudain et le capitaine s’écria : « Commandant, je suis condamné, mais non vaincu par toi. Frappé par la pierre du malheur, mon navire ne tombera jamais en ton pouvoir. Je viens avec mes hommes de paraître devant Dieu et nous sommes condamnés à errer sous toutes les mers jusqu’au jour du jugement dernier ; je hais les marins autant qu’ils m’ont maudit et je ne cesserai jamais de les tourmenter. » Le commandant pensa que cette pierre du malheur était un boulet de canon, mais le vieux marin était convaincu qu’il s’agissait de son caillou. A la fin de sa vie, il racontait cette histoire à tous ceux qui voulaient l’entendre et terminait en disant : « Au grand jour du jugement / Mes petits-enfants / Vous verrez sortir de l’enfer / Ces monstres de la mer. » On raconte aussi que ce bateau que l’on disait responsable de beaucoup de naufrages ne se montre plus depuis que le curé l’a exorcisé (F. Marquer, 1902).
Le Grand-Chasse-Foudre : Il s’agit d’un bateau immense qui accueille les morts de façon tout à fait singulière. Bien loin des errances des damnés, ce bateau est une sorte de paradis ambulant. Il est si grand que sa quille fait plus de mille lieues. On y mange bien et l’on y boit de bons vins. En revanche, il navigue très lentement ; il lui faut cent ans pour virer de bord et deux siècles pour lever l’ancre. Le capitaine, grand, gros, très âgé et fort aimable, porte des moustaches blanches si épaisses qu’on pourrait en faire des câbles de vaisseau (A. Jal, 1832). Pour le folkloriste Eugène Rolland, le Grand- Chasse-Foudre n’est pas tout à fait l’appellation employée par les marins. « Il s’en faut d’une lettre », dit-il pudiquement, car il s’agirait en réalité du Grand-Chasse-Foutre.
La Patte-Luzerne : Les habitants du Var évoquent un bateau fantastique que l’on voyait jadis sur les côtes de Provence. On le nommait la Patte-Luzerne et il avait la particularité d’être absolument gigantesque, telle une véritable ville flottante : « Il était tellement grand, que, lorsqu’il partait de Toulon, son arrière débouchait à peine de la rade, tandis que son beaupré sortait déjà du détroit de Gibraltar. Il avait dans ses vastes flancs des champs de blé, des vignes, des arbres fruitiers de toute espèce et des plantes potagères, tout cela en assez grand nombre pour pouvoir nourrir le nombreux équipage pendant plusieurs siècles. Ces champs étaient labourés par des bœufs, qu’on employait aussi comme viande de boucherie ; il y avait à bord de la volaille et du gibier […]. Pendant le siège de Rhodes où assistait ce navire, l’équipage se battit quatre-vingts ans sur le gaillard d’avant ; à l’arrière, on n’en savait rien, et l’on y dansait toujours. » Sa légende n’évoque pas de fantômes à son bord, mais plutôt des sortes d’êtres immortels (P. Sénéquier, 1897)."
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Symbolisme :
Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (Éditions Seghers, 1969) :
BARQUE : La barque est le symbole du voyage, d'une traversée accomplie soit par les vivants, soit par les morts.
En dehors de la coutume d'exposer les morts dans des canots, il existe, en Mélanésie, trois importantes catégories de faits magico-religieux qui impliquent l'utilisation (réelle ou symbolique) d'une barque rituelle : 1. la barque pour expulser les démons et les maladies ; 2. celle qui sert au Chaman indonésien pour voyager dans l'air à la recherche de l'âme du malade ; 3. la barque des esprits qui transporte les âmes des morts dans l'au-delà.
1. La barque des morts se retrouve dans toutes les civilisations. Très répandues en Océanie sont les croyances, selon lesquelles les morts accompagnent le soleil dans l'Océan, portés par des barques solaires. (Frobenius).
En Irlande, la barque, en tant que telle, apparaît très peu dans les textes épiques ; mais dans les textes mythologiques, elle est le symbole et le moyen du passage vers l'Autre Monde. La barque de Manannan est utilisée par les enfants de Tuireann dans la quête des talismans merveilleux que leur impose le Dieu Lug, en compensation du meurtre de son père Cian : elle va où l'on veut, quelle que soit la distance, en quelques instants ou quelques heures. C'est dans des barques rondes, de cuir, ou curragh, que se font les immrama ou navigations.
Dans l'art et la littérature de l'Egypte ancienne, qui expriment les traditions religieuses les plus profondes, c'est par une barque sacrée que le défunt était censé descendre dans les douze régions du monde inférieur. Elle voguait à travers mille périls, les serpents, les démons, les esprits du mal aux longs couteaux. Comme celle de la psychostasie, sa représentation comporte des éléments constants, hiératiques, rituels, que certaines variantes viennent enrichir. Au centre de l'image, se dessine la barque solaire portée par les flots. En son milieu, se tient Rê, le Dieu solaire ; le défunt est agenouillé en adoration devant lui. En avant et en arrière de la barque, Isis et Nephtys semblent indiquer une direction de la main gauche levée, tandis que la droite porte la croix ansée, (Ankh) symbole de l'éternité qui attend le voyageur. A l'extrémité gauche de l'image, suivi du Dieu Anubis à tête de chacal, le guide des chemins, le défunt se dirige vers la barque, en portant ses entrailles dans une urne, Comme la colonne vertébrale, les entrailles ont un caractère éminemment sacré : elles possèdent la force magique sans laquelle le mort ne pourrait pas conserver sa personnalité et sa conscience... Or chaque mort doit particulièrement veiller à ce que ses propres entrailles ne lui soient point volées par les esprits malfaisants qui pullulent dans l'au-delà, toujours en quête de force magique. Ils pullulent, du moins, sur ces chemins liquides du monde souterrain, par lesquels fa barque s'avance vers la demeure définitive du défunt, vers la clarté de la lumière, si elle n'a pas chaviré en route. Parfois la barque ne contient qu'un porc : c'est le Dévorateur qui attend les damnés pour les emmener dans l'enfer des malédictions où règnent les tortionnaires aux doigts cruels.
Parfois, la barque est halée le long des rivages à l'aide d'une longue corde, qui prend la forme d'un boa vivant, symbole du dieu qui chassait de devant Rê les ennemis de la lumière. D'autres fois, le serpent Apophis, redoutable incarnation de Seth, apparaît dans les eaux, autour de la barque qu'il cherche à renverser. Comme un dragon, Apophis lance des flammes, fait tourbillonner les eaux pour s'emparer de l'âme épouvantée du défunt. Si elle résiste à ces assauts, la barque achèvera sa course souterraine, ayant évité les écueils, les portes de l'enfer, les gueules des monstres, pour déboucher à la lumière du Soleil levant, devant Khefri, le scarabée d'or, et rame justifiée connaîtra les félicités éternelles. Parfois, un scarabée debout dans la barque porte un soleil sur ses pattes comme une promesse d'immortalité. On conçoit que cette prodigieuse richesse d'imagination puisse aussi bien que la mythologie grecque se prêter à une interprétation analytique, à partir de ce principe que le voyage souterrain de la barque solaire serait une exploration de l'inconscient. Au terme du voyage, l'âme justifiée peut chanter : Le lien est dénoué. J'ai jeté à terre tout le mal qui est sur moi. O Osiris puissant ! Je viens de naître ! Regarde-moi, je viens de naître !
2. Pour G. Bachelard, la barque, qui conduit à cette naissance, est le berceau redécouvert. Elle évoque dans le même sens le sein ou la matrice. La première barque est peut-être le cercueil. Si la Mort fut le premier navigateur..., le cercueil, dans cette hypothèse mythologique, ne serait pas la dernière barque. Il serait 'la première barque. La mort ne sérail pas le dernier voyage. Elle serait le premier voyage. Elle sera pour quelques rêveurs profonds le premier vrai voyage. C'est ce qu'évoque l'image de la barque de Caron, qui traverse le fleuve des Enfers, et les nombreuses légendes de bateaux des morts, de navires fantômes. Toutes ces images portent le symbole de l'au-delà.
Mais, remarque Bachelard, la barque des morts éveille une conscience de la faute, comme 3e naufrage suggère l'idée d'un châtiment, la barque de Caron va toujours aux enfers. Il n'y a pas de nautonier du bonheur. La barque de Caron serait ainsi un symbole qui restera attaché à l'indestructible malheur des hommes.
3. La vie présente est aussi une navigation périlleuse. De ce point de vue, l'image de la barque est un symbole de sécurité. Elle favorise la traversée de l'existence, comme des existences. Une auréole en forme de barque figure généralement derrière le personnage d'Amida, sur les représentations japonaises ; elle rappelle aux fidèles qu'Amida est un passeur et que sa compassion les conduira au-delà de l'Océan des douleurs, que sont la vie en ce monde et rattachement à cette vie. Ce personnage bouddhiste était peut-être, lui, un nautonier du bonheur. Dans !a tradition chrétienne, la barque dans laquelle les croyants prennent place, pour vaincre les embûches de ce monde et les tempêtes des passions, c'est l'Eglise. A ce propos on évoquera l'Arche de Noé, qui en est la préfiguration. Il y a plaisir, disait Pascal, d'être dans un vaisseau battu par l'orage, lorsqu'on est assuré qu'il ne périra pas.
[...]
VAISSEAU : 1. Le vaisseau évoque l'idée de force et de sécurité dans une traversée difficile. Le symbole est applicable à la navigation spatiale aussi bien que maritime. Le vaisseau est comme un astre tournoyant autour d'un centre, la terre, et dirigé par l'homme. Il est l'image de la vie, dont il importe à l'homme de choisir le centre et d'assurer la direction.
En Egypte, et ensuite à Rome, il existait une fête du vaisseau d'Isis, qui avait lieu en mars, au début de la belle saison. Un navire neuf, couvert d'inscriptions sacrées, purifié au feu d'une torche, tendu de voiles blanches, rempli de parfums et de corbeilles, était lancé a la mer et abandonné aux vents : il devait assurer une navigation favorable tout le reste de l'année. Le vaisseau d'Isis était le symbole du sacrifice offert aux dieux, en vue du salut et de la protection de tous les autres vaisseaux ; il représentait la communauté des hommes embarqués dans le même vaisseau de la nation ou de la destinée.
2. Le vaisseau fantôme, la vieille légende nordique, dont Wagner a tiré un opéra, symbolise la recherche de la fidélité éternelle dans l'amour et le naufrage de cet idéal, qui se révèle n'être qu'un fantôme. Le Hollandais erre désespérément sur les mers, dans l'espoir de rencontrer la femme d'une fidélité éternelle ; Santa, de son côté, s'exalte et s'absorbe dans ce même idéal et jure fidélité jusqu'à la mort au Hollandais. Mais, ce faisant, elle devient infidèle à son fiancé, Brik, et elle est entraînée dans la même condamnation que le Hollandais, qu'elle voulait sauver. Celui-ci s'enfuit alors sur son vaisseau au milieu de chants sinistres ; Senta le poursuit, en bondissant d'un rocher à l'autre dans la mer, tandis que le vaisseau sombre. Tous deux réapparaissent cependant, au-dessus des flots apaisés, transfigurés et sauvés par leur sacrifice.
Le salut n'est pas dans le rêve d'un idéal impossible, il est dans l'acceptation courageuse de la réalité. Le vaisseau fantôme symbolise les rêves, nobles d'inspiration, mais irréalisables, de l'impossible idéal.
3. Le symbolisme du vaisseau est à rapprocher aussi de celui du vase, en tant que réceptacle. Il participe alors du sens de la matrice féminine, porteuse de vie.
C'est le sens qu'il prend également, en tant que vaisseau sanguin ou lymphatique, canal par où circulent le sang et la nourriture, symboles de vie.
Toutes ces significations se conjuguent dans le vaisseau, qui est l'espace intérieur d'un grand édifice. Il convient de le concevoir non comme un vide immense, mais comme le lieu où une vie doit circuler, celle qui descend des hauteurs, la vie spirituelle. Si le centre d'une église est une nef, ce n'est pas seulement en raison de sa forme de coque renversée, c'est parce qu'elle symbolise la circulation de la vie spirituelle
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Symbolisme celtique :
D'après Patrice Lajoye, auteur de "Les navigations et l’âme celte dans l’antiquité." (In : Ollodagos, 2003, vol. 18, pp. 3-39) :
Les navigations celtiques Les traditions irlandaises regorgent d'îles merveilleuses peuplées de femmes. Elles fout l'objet d'une catégorie de récits bien connus, qu'on appelle imramma "navigations" Leur trame est le plus souvent simple : une femme mystérieuse apparait et appelle Wl homme. Celui-ci, aussitôt, s'embarque dans un navire avec un équipage. Après de multiples aventures, ils arrivent sur une île peuplée uniquement de femmes, dont ils ne pourront revenir sans mourir. Plus tard, la cause de départ devient judiciaire. Ces récits seront christianisés et on les retrouvera fréquemment dans certaines vies de saints9. Cette île porte plusieurs noms : Emain, l'Ile des Femmes, Mag Mell. Elle est très clairement identifiable avec l'A val on des traditions arthuriennes. Elle n'est habitée que par des femmes, qui parfois entourent un roi (Tethra, dans le Voyage de Condle').
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Marie-Noëlle Anderson, autrice de L'Oracle des Bardes, 36 mythes et légendes de nos ancêtres (Éditions Contre-dires 2017, illustrations de Célia Mélesville) consacre une carte au Vaisseau :
"Un jour Cernunnos - le dieu celte aux cornes de cerf - se réveilla très las et fatigué. Cette fois-ci, sa fatigue n'était pas due à une digestion pénible, ni à des excès de cervoise ou à des folies nocturnes en compagnie d'une douce créature. Il était simplement las des humains. Et que fait un dieu dans ces cas-là ? Il s'en va.
Cernunnos avait disparu. Dans les villages, ce fut le début d'une période très sombre. Tout allait mal : les gens mouraient, les bêtes tombaient malades, le sol devenait aride. Le peuple pria, sacrifia et invoqua à tour de bras. Rien n'y fit. Plus le temps passait, plus l'absence du bienveillant Cernunnos devenait dramatique.
Il fut alors décidé de prendre les grands moyens. Une délégation d'envoyés spéciaux irait à la recherche de Cernunnos. Il fallait le ramener coûte que coûte auprès de son peuple. Un grand Vaisseau fut affrété, et le groupe d'élus partit avec pour mission de trouver Cernunnos. Après, ils se débrouilleraient pour le convaincre de rentrer à la maison. Quel voyage ! Ce fut une véritable épopée. Ils durent combattre des ennemis sanguinaires, essuyer des tempêtes effroyables et traverser des univers inconnus.
Au bout d'un très long périple, ils retrouvèrent finalement leur bienfaiteur, qui passait des vacances tranquilles. Si tranquilles qu'en réalité Cernunnos avait déjà commencé à s'ennuyer de son peuple. En son for intérieur, il avait décidé de rentrer et fut tout content qu'on vienne le chercher.
Sans se faire trop prier, il monta dans le Vaisseau, au grand bonheur des vaillants navigateurs qui avaient bravé tant de dangers pour le retrouver. Le Vaisseau, qui était un peu magique, s'éleva dans les airs, toutes voiles dehors, et traversa l'espace en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Imaginez la liesse de la foule qui acclama Cernunnos à son retour. C'est avec des festins, des libations, de la musique et des danses que le peuple celte célébra l'événement pendant trois jours et trois nuits.
Personnalité : Véritable meneur, le Vaisseau entraine tout le monde derrière lui, grâce à son enthousiasme et son magnétisme. Par son sens des responsabilités, il suscite le respect de son entourage. Audacieux, il affronte avec courage les problèmes qu'il rencontre sur son chemin.
Par contre, si dans un quelconque domaine de sa vie il se sent enfermé ou immobilisé, le Vaisseau est profondément malheureux. Il se met à broyer du noir et devient méconnaissable. La solitude ne lui convient pas.
Pour que sa vitalité s'affirme et s'épanouisse, il doit agir avec et pour les autres. L'action en solitaire ne le rend pas heureux.
S'il est prisonnier de son masque social, le Vaisseau deviendra hautain et élitaire. Il adoptera un comportement dominateur et arrogant. Sa soif de conquête n'aura d'égale que sa vanité.
A qui le Vaisseau choisit-il alors d'obéir ? A son ambition personnelle ou à une grande cause ?
Défi : Comment le Vaisseau conçoit-il l'autorité ? La réponse à cette question est une clé dans son existence. Se croit-il tout puissant ? Sait-il toujours tout mieux que tout le monde ? Se vante-t-il de sa supériorité ? Si tel est le cas, il se retrouvera rapidement pris au piège de l'image qu'il projette de lui-même. Dans l'attente des compliments, de la reconnaissance des autres, il s'immobilisera et perdra son élan, donc ses meilleures qualités. Comme un navire pris dans les glaces, il ne pourra plus bouger et devra attendre le dégel. D'autres vaisseaux risquent bien de l'avoir remplacé, d'ici là !
Si le Vaisseau sait garder un solide bon sens, une saine humilité, il choisira de se soumettre à une autorité - humaine ou divine - qui lui permettra de se dépasser sans cesse, de triompher des pires obstacles. Sur un plan personnel, cela signifie apprendre à faire taire son ego pour écouter sa voix intérieure, son intuition. Sur un plan collectif, il s'agit de réellement se mettre au service des autres, que le Vaisseau soit un politicien, un enseignant, un chef d'entreprise ou d'église, ou un simple citoyen !
Structure : Lorsque Cernunnos (Soi) abandonne les humains, la vie disparaît. Les humains (conscient) décident d'aller à la recherche de leur protecteur. Grâce à la mobilité du Vaisseau magique, il peut y avoir réunion, harmonie et restauration de la vie. Pour que les intentions du Soi s'actualisent, la mobilité est indispensable. Le conscient doit appeler le Soi, si l'on souhaite qu'il ait union et guidance. S'il reste passif, il est récupéré par l'ego dans une escalade qui conduit alors à l'usurpation du Soi.
Bien que le contexte ne soit pas le même, le Vaisseau évoque la fabuleuse expédition des argonautes à la recherche de la toison d'or, guidés par Jason. Tout comme le Vaisseau qui nous intéresse, le navire Argo avait aussi des qualités magiques. Il était, entre autres, renommé pour sa vitesse exceptionnelle."
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