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  • Anne

L'Ayahuasca




Étymologie :


Patrick Deshayes, dans un article intitulé « De l'amer à la mère : quiproquos linguistiques autour de l'ayahuasca », (In : Psychotropes, vol. 10, no. 3-4, 2004, pp. 15-29) essaie de tirer au clair la signification exacte du terme Ayahuasca :


Ayahuasca (qui peut aussi s’écrire ayawasca) est un mot quechua formé de l’agglutination de deux termes : aya et huaska que l’on peut littéralement traduire en français par « corde des cadavres ». C’est du moins ce que l’on obtiendrait comme réponse d’un quechuaphone. Mais si, au-delà de la traduction, nous lui demandons ce que c’est ou ce que cela peut bien être, il restera le plus souvent sans réponse. Si l’on insiste sur la traduction de aya, il dira que cela ne signifie pas « le mort » (la personne morte) : que cela peut éventuellement signifier « le défunt », mais défini exclusivement en tant que corps, c’est-à-dire en tant que « cadavre ». En aucun cas aya ne sert à nommer un être humain mort qui reste présent dans la mémoire des autres humains ou dans un éventuel au-delà. Pour cela il existe un autre mot en quechua : huañusqa.

Alors comment en est-on arrivé à « la liane des morts », voire à la « liane des esprits » ?

En fait, cette ayahuasca est une liane amazonienne et, bien sûr, il n’est pas étonnant que, lorsque l’on s’adresse aux Quechuas qui vivent pour la plupart loin de la forêt, ils n’aient aucune idée de cette liane, de son nom comme de sa signification.

Les métis amazoniens, qui parlent espagnol et très rarement quechua, nomment cette plante « la purga » (la purge). Néanmoins, ils reconnaissent que l’on peut aussi nommer cette plante ayahuasca.

Au cours de nos échanges, Gerald Taylor, linguiste et spécialiste de la langue quechua, m’a confirmé que ayahuasca ne voulait rien dire d’autre que « corde des cadavres », mais que, d’après lui, le nom le plus probable de cette liane serait plutôt ayaqhuaska (avec un « q » avant le « h » !), ce qui signifierait « liane amère ». Il ne savait pas si cette proposition pouvait m’aider et m’a conseillé d’aller interroger et chercher confirmation auprès des Indiens amazoniens quechuaphones. Ce que je fis. Et effectivement dans la région de San Martin, les gens qui connaissent l’usage de ce mot considèrent que l’on doit dire ayaqhuaska et non ayahuasca.

La signification exacte du nom de cette plante serait donc « liane amère », signification dans laquelle nous retrouvons la qualification d’amer exprimée dans plusieurs langues amazoniennes.


Et la mère ? Il est souvent fait mention, entre autres dans les textes des psychothérapeutes occidentaux, de « la mère de l’ayahuasca » ainsi que de « la mère des plantes ».

Ce terme de « mère » est issu d’une traduction espagnole du mot « madre ». Mais cette traduction n’est pas la seule qui existe et mérite quelques précisions. En effet, « madre » est aussi la traduction d’un mot utilisé dans les langues amazoniennes pour désigner l’essence immatérielle de certaines plantes, essence qui contrôle la puissance de ces plantes. Le terme employé pour nommer cette essence recouvre plus la notion « d’esprit agissant » ou « d’âme » que de « mère ». D’ailleurs, dans les langues amazoniennes, le terme qui désigne cette essence n’est en aucun cas celui employé pour nommer la mère-génitrice. Il faut donc abandonner toute interprétation de ce type.

L’idée, certes en la simplifiant, est que certains êtres que l’on pourrait qualifier d’êtres animés sont constitués d’un corps (je devrais plutôt dire d’une corporéité) et de quelque chose qui l’anime, qui lui donne vie, et qui est en quelque sorte « le propriétaire » de cette corporéité. Pour nous, la compréhension de ce concept est facile car pensable selon nos schémas culturels sur la dualité corps/esprit de l’être humain. Pour les Indiens amazoniens, d’autres êtres que les humains ont cette caractéristique, en particulier certains animaux, mais aussi certains végétaux et minéraux.

Parmi les minéraux, il peut y avoir des cristaux et des pierres spécifiques, et parmi les végétaux importants, il peut y avoir ceux que la pharmacologie occidentale appelle les « plantes psychotropes » et que les « chamanophiles » appellent les plantes sacrées. Nous analyserons un peu plus loin l’emploi du qualificatif « sacré ».

Pour les Indiens amazoniens, ces plantes ont donc la caractéristique d’avoir une corporéité végétale et une « essence » (Jean-Pierre Chaumeil, 1983). Cette essence leur donne vie, les anime et leur donne aussi leur « pouvoir ». Mais, à la différence des humains qui possèdent une essence unique pour chaque corps (que l’on traduira chez nous, éventuellement, par « âme » ou par « esprit »), il n’existe, pour les végétaux qui nous intéressent, qu’une seule « essence » ou encore qu’un « propriétaire » unique pour l’ensemble des plantes de l’espèce.

Comme je l’ai déjà dit, le terme exprimant cette essence peut être traduit par le mot « esprit » (c’est ce que font les Indiens du groupe Pano), mais aussi par le mot « mère », ou encore par le mot « propriétaire » (« dueño » en espagnol). Le choix des Indiens hispanophones de telle ou telle autre traduction est fait en fonction du contexte. La « mère » est ce qui anime, et tout être qui perd sa « mère » meurt instantanément. On est donc bien loin de la qualification prêtée à l’ayahuasca par certains occidentaux comme matrices des mères, protectrices et bienveillantes souvent, dévoratrices parfois !


L’amer est la mère ! Nous avons aussi vu qu’il était beaucoup plus pertinent de traduire ayahuasca par « liane amère » plutôt que par « liane des morts ». Ce glissement sémantique a d’abord concerné les citadins péruviens puis s’est étendu aux occidentaux. Mais cette notion de « liane amère » est restée finalement assez courante dans la traduction du nom de cette plante dans les diverses langues amazoniennes.

Par ailleurs, « l’amer » signifie beaucoup plus que le goût amer. « L’amer » est aussi considéré comme une essence, c’est-à-dire qu’il est exactement de même nature que la « mère » dont nous avons parlé plus haut.

Dans les langues de la famille linguistique Pano, on appelle souvent le chamane huni mukaya. Huni signifie « homme » tandis que muka signifie « l’amer ». Le huni mukaya est donc « l’homme qui domine l’amer », l’amer étant considéré comme une essence ou une substance, certes, mais douée d’intention. Et c’est avec ces intentions que le chamane négocie dans sa pratique.


L’amer comme opérateur, qu’est-ce que ça change ? Et, bien ça change tout.

Bien sûr, quand je dis « amer », j’entends « amer-mère-espritessence », notion indienne qui n’a aucun équivalent conceptuel en Occident. Mais reprenons une autre traduction, celle de « dueño » en espagnol, c’est-à-dire de « propriétaire » en français. Si les plantes psychotropes comme l’ayahuasca ou le tabac ont des propriétaires, il est bien évident alors qu’il faut entrer en contact avec les propriétaires pour pouvoir bénéficier des pouvoirs de la plante et pour éventuellement les négocier.

Dans un entretien récent avec Mario Sanchez paru dans la revue Autrement (2004), nous avons parlé de « l’âme des drogues » qui exprime le même concept que celui de « mère » ou de « propriétaire » chez les Indiens, disant que cette formulation incite à penser que, derrière ces substances, il existe des intentions qui ne sont pas, par nature, au service des êtres humains.

Cette conception exprime aussi la nécessité d’une prudence dans notre rencontre avec les psychotropes. Ce que nous appelons « addiction », voire « toxicomanie », s’interprète autrement dans la pensée des théoriciens des « plantes à propriétaires ». Pour eux, en effet, ce sont les propriétaires (les mères) qui tentent de « capturer » les humains ou, tout au moins, de les forcer à consommer leurs végétaux pour des intérêts qui leur sont propres.

Nous voyons que cette pensée, loin d’être une pensée arriérée ou archaïque, est, au contraire, extrêmement élaborée. C’est une pensée d’une grande complexité qui est opérante et considérablement active dans la gestion de la consommation de psychotropes.

En réduisant cette notion complexe de « mère » à sa seule fonction génitrice, un certain nombre d’observateurs, voire de chercheurs, ne font pas seulement un contresens projectif de leur propre culture : ils passent à côté d’un des concepts opératoires fondamentaux de la consommation de psychotropes par les amazoniens.

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Botanique :


Patrick Deshayes, dans un article intitulé « De l'amer à la mère : quiproquos linguistiques autour de l'ayahuasca », (In : Psychotropes, vol. 10, no. 3-4, 2004, pp. 15-29) précise quels sont les ingrédients végétaux de l'Ayahuasca :


L’ayahuasca est une décoction de végétaux dont le principal est une liane de la famille des malpighiacées lianescentes. Le nom scientifique de cette liane est Banisteriopsis caapi. Il entre aussi toujours dans la composition de cette décoction un autre élément végétal. Le plus souvent il s’agit des feuilles d’un arbuste : le psychotria viridis.

Banisteriopsis caapi

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Usages traditionnels :


Patrick Deshayes, dans un article intitulé « De l'amer à la mère : quiproquos linguistiques autour de l'ayahuasca », (In : Psychotropes, vol. 10, no. 3-4, 2004, pp. 15-29) relève différents usages de l'Ayahuasca :

L’action pharmacologique de l’ayahuasca est bien connue et a été abondamment décrite dans la littérature scientifique. Je me suis, quant à moi, intéressé à une approche anthropologique, ethnopsychiatrique et ethnopharmacologique de l’usage de l’ayahuasca.

J’ai pu repérer trois usages principaux de l’ayahuasca : celui des chamanes Indiens de la forêt amazonienne, celui des guérisseurs métis, celui des adeptes du mouvement religieux du Santo Daime. Il est bien évident que ces usages, bien que différents, ne sont pas exclusifs les uns des autres. Les frontières entre leurs pratiques ne sont pas si étanches et les emprunts sont fréquents entre les uns et les autres. Néanmoins le repérage de ces usages permet de différencier les approches.


L’usage chamanique : Dans les sociétés amazoniennes qui pratiquent le chamanisme, la relation aux êtres non humains n’a pas seulement lieu lors d’un processus thérapeutique, mais à tout moment de la vie quotidienne. Elle sous-tend en particulier les relations avec le gibier. Pour schématiser, on pourrait dire que, pour ces sociétés, il existe un autre monde avec qui le chamane a des relations privilégiées. Quand ces relations sont bonnes, les êtres de cet autre monde envoient du gibier aux humains, quand elles sont mauvaises, ils leur envoient des maladies.


L’usage des guérisseurs : Cet usage est le produit de la rencontre d’une conception assez méditerranéenne de la maladie apportée par les guérisseurs espagnols qui ont migré au Pérou pour fuir les persécutions, et de la conception chamanique amazonienne. L’usage de l’ayahuasca est, dans ce cas, uniquement thérapeutique. L’ayahuasca est pensée comme une purge qui nettoie le corps, le cœur et l’esprit.


L’usage des adeptes du Santo Daime : Pour les pratiquants du Santo Daime, avec l’ayahuasca, on quitte l’univers des hommes pour celui du divin. Cette boisson permet une communication directe avec Dieu. Elle est la communion originelle. Il y a identification de l’ayahuasca avec le sang du Christ. S’il y a guérison, c’est parce que c’est un don de Dieu. Ce n’est pas le fait du guérisseur ou du chamane. Le chef de culte n’est qu’un guide vers l’amour mystérieux de Dieu.


À ces trois types d’usage, il faudrait sûrement aujourd’hui en ajouter un quatrième, celui qui caractérise les approches occidentales autour du développement personnel et de ce que l’on appelle un peu rapidement les usages New Age. Néanmoins, ce quatrième usage n’est pas du tout homogène et n’a vraiment comme caractère unifiant que d’être occidental dans son manque qu’il soit spirituel ou religieux. Nous tâcherons de l’évoquer dans cet article. En effet, c’est à partir d’une interprétation très particulière du vocabulaire que l’usage et la compréhension du chamanisme amazonien sont réinterprétés et que, dans le même mouvement, fut inventée une nouvelle pratique thérapeutique appelée parfois néochamanique.

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Symbolisme :


Arnaud Riou dans L’Oracle du peuple végétal (Guy Trédaniel Editeur, 2020) classe les végétaux en huit familles : les Maîtres, les Guérisseurs, les Révélateurs, les Enseignants, les Nourricières, les Artistes, les Bâtisseurs et les Chamans.


Les Chamans : l’Ayahuasca, le Tabac, le Thé. Ces trois Maîtres du peuple végétal sont des familles elles-mêmes. Souvent méconnus dans leur fonction première, les Chamans incarnent la magie et assument l’équilibre entre le monde visible et le monde invisible.

[…]

C’est du chaos que naissent les étoiles,

Il faut savoir plonger dans le chaos pour retrouver l’harmonie.

Les Chamans : On les appelle les Maîtres du chaos, les voyageurs immobiles, les magiciens. Les Chamans sont les Maîtres de l’Absolu, du Mystère et du Divin. Ils sont liés à la magie, à l’extraordinaire, à la transformation. Ils sont une famille à part entière qui regroupe à elle seule les qualités de toutes les autres. Ce sont des Enseignants, mais il faut avoir lâché le contrôle pour accueillir leur enseignement. Ce sont des Guérisseurs, mais leur médecine fait peur tant elle n’est pas conventionnelle. Ce sont des Maîtres, mais bien peu ont la capacité de les reconnaître. Ce sont des Bâtisseurs capables de construire avec l’invisible et ce sont des Artistes, car tout leur monde est création. Les Chamans sont les jokers. Ils sont au-delà de toutes les normes. Ils nous rappellent que nous pourrons toujours nous rapprocher du peuple végétal, mais que seule l’humilité nous permettra de les comprendre et d’accueillir leur puissant message.

…………………………………….....................................................................................En cherchant à comprendre,

tu recevras une information.

En osant recevoir, tu vivras

la transformation.

……………………………..............................................................................................


On l’appelle Natem, Yapi, Yagé, Mihi. On la traduit par la Liane des morts, la Plante Mère, le Breuvage des Initiés, la Liane des esprits. L’Ayahuasca n’est pas à proprement parler une plante, mais un breuvage obtenu par décoction de différentes plantes dont les esprits sont reliés à la famille des Chamans, des Guérisseurs, des Maîtres et des Enseignants, esprits qui associés entre eux, offrent une boisson qui ouvre la porte à d’autres mondes. Caapi – qui est une forme de Vigne – et d’autres plantes et racines telles que Jurema Preta ou Karuna participent à ce cocktail mystérieux dont la composition exacte est préservée tant cette médecine est puissante. L’Ayahuasca est au cœur du peuple végétal un esprit totalement à part, qui ne délivre ses secrets qu’aux initiés. Exclusivement préparée par les chamans avertis d’Amérique du Sud, et essentiellement d’Amazonie, tant ses effets sont fulgurants, cette décoction doit être absorbée dans un esprit de respect, d’humilité et d’ouverture. C’est une plante de guérison qui demande de se laisser toucher. On ne la consomme pas plus qu’on ne la prend. C’est elle qui nous initie. L’Ayahuasca est une plante initiatique. Sa prise est associée à une culture qui intègre la cérémonie, les chants sacrés, les danses de guérison. Sans ce protocole respectueux, l’esprit de la plante disparaît ou se pervertit et ne peut nous enseigner. L’Ayahuasca s’invite en maître de cérémonie. Si ses secrets sont tant préservés depuis plusieurs siècles, c’est que le pouvoir de cette plante maîtresse du chamanisme amazonien dépasse de loin ce que nous pouvons concevoir, analyser et même comprendre rationnellement en termes de médecine et d’enseignement.

Parler de la Plante Mère à une personne qui n’en a jamais fait l’expérience serait comme apprendre à nager à une personne qui n’a jamais vu l’eau. L’esprit de l’Ayahuasca effondre nos convictions, nos opinions et ce que notre esprit rationnel peut imaginer. Elle transcende les concepts, la notion de séparation. Elle traverse toutes les membranes de la connaissance. Elle accompagne l’initié à voyager au cœur de la cellule, dans l’ici et dans l’ailleurs, dans le passé comme dans le futur, dans le réel comme dans le rêve, dans la vie comme dans la mort. L’esprit de l’Ayahuasca est considéré par les chamans et par toute la population d’Amérique du Sud, notamment au Brésil et au Pérou comme la Plante Mère, la grande source. La Madré lève les voiles du conditionnement, de tous les mensonges de l’ego pour nous laisser apercevoir la vérité des phénomènes. La plante a révélé ses secrets aux peuples autochtones de la forêt. Sans elle, ils n’auraient pas pu survivre dans un environnement aussi hostile. C’est l’Ayahuasca qui leur a appris le rôle et la fonction de centaines de plantes médicinales. C’est sous les effets hypnotiques de cette Plante Mère que les chamans ont découvert les secrets de la botanique, de la médecine, de l’astrologie, de l’astronomie, de la physique quantique, de la biologie avec des notions aussi précises que celles mesurées par nos appareils les plus sophistiqués. Comme toutes les plantes initiatiques, cette décoction demande à l’initié un grand effort pour l’accueillir. Il lui faut dans un premier temps jeûner pour préparer son corps et le détoxiquer une ou plusieurs semaines avant la rencontre. Car avec l’Ayahuasca, on n’apprend pas par la tête, mais par le corps. En fonction du chaman et des plantes utilisées, l’Ayahuasca aura des effets différents. Généralement, avant de transmettre son message, la plante va nettoyer le corps, ce qui peut se traduire par des vomissements ou des diarrhées. Elle va le purifier de tous ses parasites et énergies négatives. La Plante Mère offre avant tout des visions de l’Au-delà, du futur, de l’intérieur de la matière, de la psyché, etc. En transformant notre état de conscience, elle provoque une compréhension et une ouverture du cœur et de l’esprit au-delà de ce que nous pouvons ordinairement concevoir. Si la plante est consommée régulièrement dans les populations autochtones d’Amazonie souvent dès l’âge de 8 ans, et si elle soigne de façon très efficace autant la dépression que les addictions, pour autant, sa consommation est trop sensible pour être recommandée à un public non initié. Les effets secondaires en dehors de son contexte ne permettent pas de banaliser sa prise ou de l’encourager en dehors de son cadre historique. C’est pourquoi cette liane du paradoxe est le patrimoine culturel, historique, artistique de tout un continent. Elle est tolérée dans certains pays, ignorée ici et interdite ailleurs. L’Ayahuasca étant la Plante Mère, en l’interdisant, la célébrant ou la bannissant, c’est notre propre nature que nous maltraitons, que nous ne comprenons pas, ou à quoi nous rendons hommage.


Mots-clefs : L’initiation – La magie – Les limites – La créativité – Les messages – Les songes – Les magiciens – Les rituels – Les chamans – Le lâcher-prise – L’audace – Le courage – L’interdit – Le chamanisme.


Lorsque l’Ayahuasca vous apparaît dans le tirage : C’est pour vous amener à dépasser vos limites mentales et psychiques. L’Ayahuasca est la Plante maîtresse des chamans. Elle vous invite à reconsidérer totalement vos concepts, vos certitudes, vos croyances. Elle vous initie, vous encourage à vous dépasser, à vous transformer, à brûler le vieux « moi », à dépasser toutes les questions égotiques que vous pourriez vous poser. Elle vous accompagne dans une période de transformation qui peut passer par le chaos, mais ce chaos est nécessaire. On a parfois l’impression que notre existence est stable alors que ce sont juste les circonstances qui sont favorables. Lorsque le vent souffle, les structures s’effondrent si la base n’est pas solide. L’Ayahuasca nous invite à suivre ceux qui cherchent la vérité, mais à fuir ceux qui disent l’avoir trouvée, car la vérité est en mouvement. L’esprit de la plante Chamane vous demande : A quoi êtes-vous prêt à renoncer pour vivre cette transformation ? Vous pouvez avoir accès à la connaissance, mais cela vous demandera une grande souplesse de comportement. Cela vous demandera de changer vos habitudes, vos priorités. Oubliez toutes vos certitudes. Partez vierge, alors l’esprit de la plante Chamane vous ouvrira les portes des secrets les plus profonds. L’Ayahuasca se présente à vous pour vous proposer un radical changement de regard sur une situation, un nouveau lâcher-prise. Cette plante vous invite à lâcher le contrôle pour permettre à la vie le grand bouleversement qui vous permettra de passer de l’autre côté de la conscience.


Signification renversée : Dans sa position renversée, l’esprit de l’Ayahuasca vous parle d’un chaos dans votre existence. Peut-être êtes-vous gouverné par le feu de vos émotions ou de vos pensées. Vous laissez-vous alors conduire par vos opinions, vos pulsions ? L’Ayahuasca renversée parle d’un manque de socle, de lien avec la terre. Elle peut aussi vous interroger sur vos addictions, vos habitudes, vos compulsions, comme elle peut vous interroger sur un état dépressif ponctuel ou récurrent qui vous envahirait. L’Ayahuasca vous encourage alors à retrouver le contact avec la Terre-Mère, avec la matrice et avec vos racines.


Le Message de l’Ayahuasca : Je suis l’Ayahuasca, la Plante Mère. Depuis des siècles, c’est moi qui informe les chamans et les peuples premiers de la forêt. Je les initie. Je les aide à reconnaître, à identifier les plantes médicinales. Je leur apprends quelles plantes ils peuvent consommer, quelles plantes peuvent les soigner, les protéger. La forêt vous accompagne. Nous savons de quoi vous avez besoin pour vous maintenir en bonne santé. Je sais quelle plante restaure les parois de l’estomac, cicatrise la peau, aide à la digestion, au sommeil. Pour accepter mes enseignements, les peuples des forêts acceptent de faire taire leur mental pour recevoir mes secrets dans un état modifié de conscience. Cela exige de lâcher le contrôle, d’accepter de ne pas maîtriser, mais de se laisser toucher. Alors les secrets vous seront transmis. Et toi, qu’es-tu prêt à recevoir par d’autres biais que tes sens contrôlants ? Es-tu prêt à accepter le chaos, l’imprévu ? Je t’accompagne et t’initie à percevoir le monde qui t’entoure différemment. Suis-moi, tu es prêt.


Le Rituel de l’Ayahuasca : Prenez de quoi écrire. Posez une question qui peut concerner une décision à prendre, un choix à faire, une question pour laquelle vous avez besoin de suivre une intuition. Puis, installez-vous. Isolez-vous. Détendez-vous. Respirez profondément. Cette préparation est importante, car la qualité d’une réponse dépend de la qualité de votre détente. Puis écrivez spontanément vingt et un mots de trois syllabes. Pue importe le sens de ces mots (par exemple, sympathie, diphtérie, calumet, lunatique…). Puis cherchez quel mot vous pouvez former avec les premières syllabes (par exemple syn-di-cat ou lun-di). Écrivez côte à côte tous les mots que vous pouvez former avec les vingt et une premières syllabes. Établissez les liens entre ces mots. Cela peut vous apporter des éléments de réponse par rapport à la question initiale.

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