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XIV. La Tempérance / Vidlua


Afin de préparer l'équinoxe du 23, nous travaillerons au cercle de tambour la carte de la Tempérance à travers l'énergie de Vidlua :




Identification :


Dans le Tarot traditionnel, la tempérance est clairement une figure féminine, c'est pourquoi nous n'avons pas souhaité suivre la proposition de Laura Tuan qui assimile la lame XIV à Diancecht (voir plus bas dans la symbolique celte).

La proposition de Philip et Stephanie Carr-Gomm, La FFerllyt, est clairement galloise. Selon Pierre-Yves Lambert, auteur de "Les gloses celtiques aux commentaires de Virgile." (In : Études celtiques, 1986, vol. 23, no 1, pp. 81-128.) "fferyllt désigne l’artiste, le magicien, l’alchimiste."


Nous avons donc cherché un équivalent gaulois et celui qui nous a semblé (pour l'instant) le plus adéquat est celui de Vidlua.

En effet, dans un article intitulé "Les langues indo-européennes sont-elles issues d'une langue originelle trans-eurasienne ? Une approche interdisciplinaire" ( In : Scientific culture, Vol. 8, No. 1, (2022), pp. 15-49), Xavier Rouard nous en offre une traduction :


Mots liés au savoir liés au slave veda, science, au sanskrit veda et au dravidien vidvas : [...]

Seer, prophet/devin, prophète : vatis, lié à vještac, sorcier (BSCM), vidlua, sorcière, wedya, prière

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Symbolisme :


Voici la présentation du Tarot du Sepher de Moïse qui met en avant les lames du Livre de Thot :


Lame du nombre 14 - Lettre Noun - la Tempérance


Le Nombre Quatorze, la Tempérance dans le livre de Thoth, quatrième Vertu Cardinale, sous le huitième signe Lamech/Verseau dans notre Zodiaque sacré. Ce deuxième Nombre de notre cinquième ternaire (13-14-15) est donc sous l’influence de la Conscience (le Nombre Deux de notre Ternaire Divin), ce que confirme s’il en était besoin sa réduction théosophique : 1+4 = 5, Nombre Cinq qui est aussi par son positionnement en deuxième place dans son ternaire (4-5-6 ), sous influence de la Conscience. La représentation hiéroglyphique de ce Nombre dans la lame du livre de Thoth se fait sous l’aspect d’un ange (les ailes étant dans pratiquement toutes les traditions le symbole du monde de l’esprit, le volatil des alchimistes), versant le contenu d’un fluide d’un vase d’argent dans un vase d’Or. Cette Eau mercurielle, notre médiateur plastique, qui passe de la Lune au Soleil, l’argent étant le métal de la Lune et l’Or celui du Soleil, nous avons une indication d’un passage de la nuit au jour, des ténèbres à la lumière, du visible à l’invisible, de l’ignorance à la Connaissance, de la voie sèche à la voie humide ; ce qui reste un acte volontaire de la Conscience de l’âme-de-vie qui en assure l’équilibre et l’harmonie, par la juste mesure de ses besoins et nécessités, et en fonction de ses capacités et de son évolution karmique. Cet ange qui manifeste ce pouvoir de transmutation, représenté par le transvasement du fluide énergétique originel, est aussi celui qui condense les Forces sidérales sans lesquelles il ne pourrait œuvrer ; l’accession à ces Forces invisibles, par la Conscience, ne peut se faire sans cette faculté de nos cinq sens spirituels qu’est l’Imagination. Imagination qui permet d’établir des correspondances entre le visible et l’invisible grâce au langage analogique. Cette Imagination spirituelle, lorsqu’elle est la synthèse harmonieuse des treize Vertus et Puissances qui sont contenues dans le Nombre Quatorze, permet la création d’images dans la lumière astrale, qui s’élèvent par leur justesse sur les plans les plus subtils, rencontrent et s’accordent en résonance avec les plus hauts niveaux vibratoires.

La maîtrise de ce Nombre Quatorze, et de cette faculté qu’est l’Imagination spirituelle dans la pratique de la Tempérance, implique un intense travail de Connaissance et de méditation, l’Ora et labora de nos alchimistes, pour que les images spirituelles ainsi confectionnées dans la lumière astrale, soient les justes reflets des fresques grandioses et majestueuses de la Création, et non des esquisses ou de vulgaires croquis caricaturaux d’un pauvre imaginaire indigent. Les premières élèvent l’âme-de-vie alors que les deuxièmes l’abaissent. La Tempérance aura pour principale fonction de permettre de saisir le plus juste rapport entre l’image (imagination) et sa comparaison analogique avec sa personnalité phénoménale. Car n’oublions pas le principe qui veut que si le Destin se subit, la Providence se reçoit par adhésion volontaire ; il découle de ceci, que nous ne recevons de la Providence qu’à proportion de la capacité de notre vase d’Or (l’âme-de-vie), à la contenir. Ici se vérifie une nouvelle fois la pertinence de l’Arcane des tablettes de Thoth qui dit : L’homme ne devient que ce qu’il pense. S’il pense grandeur, harmonie et lumière, son Imagination spirituelle (le vase réceptacle), recevra les énergies lui permettant d’élaborer des images en rapport avec ce qu’il pense. Qu’il vienne à manquer de Tempérance dans la mesure des Puissances, la maîtrise croisée des Nombres et la pratique des Vertus, la justesse de ce qu’il pense étant alors altérée, il y aura forcément distorsion d’inspiration, ce qui se traduira par un manque de précision dans les manifestations imagées de son Imagination spirituelle. Ceci aura pour conséquence de voiler et de déformer la pureté de cette lumière astrale, la belle figure de l’ange prenant par cette déformation l’aspect d’une horrible gargouille. L’Imagination spirituelle qui produit une image en harmonie avec la lumière astrale, inspirée qu’elle est par la Providence, reçoit ce qu’il est coutumier d’appeler une Illumination. Mais avant de parvenir à cette Illumination, il faut d’abord que la Conscience soit en osmose de pensées et d’élévation entre l’image qu’elle imagine et son modèle, ce qui passe nécessairement par la juste Connaissance des hiérarchies et des influences des Nombres pouvoirs. Lorsque les mathématiques spirituelles deviennent rigoureuses et justes, alors le fluide du modèle originel peut s’écouler et vivifier l’image, passant librement d’un vase à l’autre sans altération ni déformation.

Nous pourrions résumer l’action de la Tempérance de la façon suivante :

Celui qui reçoit de la Divine Providence, lors de ses invocations, tout ce qui lui est nécessaire pour la servir, chaque fois que cela s’impose est en rapport avec sa capacité et ses aptitudes à la contenir.

Le Nombre Quatorze, la Tempérance, le signe de Lamech/Verseau est aussi le Huitième signe du Zodiaque et cette huitième position astrale le met en résonance harmonique avec le Nombre Huit, la Justice, la Connaissance qui sera une Puissance animatrice de l’équilibre de ce Nombre. Nous retrouvons l’harmonie qu’engendre la Tempérance dans cette sentence du Tao-Tô-King :


Celui qui sait ne parle pas. Celui qui parle ne sait pas. Garder sa bouche close. Modérer ses sens. Tempérer ses ardeurs. Ramener chaque chose à sa valeur. Voiler l’éclat dont on rayonne. Etre conscient de son union profonde avec la nature, c’est atteindre la parfaite harmonie. Dès lors, le Sage n’est plus affecté par l’amitié ou l’inimitié, par le bien ou par le mal, par les honneurs ou la disgrâce. Il est parvenu au degré suprême. Par la voie.


Le Nombre Quatorze a pour lettre hébraïque Noun, nom divin Nora (formidabilis), mais c’est aussi le nom d’Emmanuel (Dieu est avec nous).

Vocabulaire radical de La langue hébraïque restituée :


Ce caractère, en qualité de consonne, appartient à la touche nasale, comme image symbolique, il représente le fils de l’homme, tout être produit et particulier. Employé comme signe grammatical, il est celui de l’existence individuelle et produite. Lorsqu’il est placé à la fin des mots, il devient le signe augmentatif Noun final, et il donne à l’être toute l’extension dont il est individuellement susceptible. Les grammatistes hébraïsants, en plaçant ce caractère parmi les héémanthes, avaient bien remarqué qu’il exprimait, au commencement des mots, ou l’action passive et repliée en soi ; ou quand il paraissait à la fin, le déploiement et l’augmentation : mais ils avaient tiré peu de parti de cette remarque. Je ne répéterai point ici ce que j’ai dit dans ma Grammaire touchant l’usage que le génie idiomatique de la langue hébraïque faisait de ce caractère, dans la composition des verbes radicaux-composés, en qualité d’adjonction initiale. Son nombre arithmétique est 50.

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Selon Papus, auteur du Tarot des Bohémiens : La Clef Absolue de la Science Occulte (1889) :


14e lettre hébraïque (le Noun)

ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA QUATORZIÈME LAME DU TAROT


Le noun exprime hiéroglyphiquement la production de la femme ; un fils, un fruit quelconque, tout être produit. Aussi cette lettre est-elle devenue l’image de l’être produit ou réfléchi, le signe de l’existence individuelle et corporelle.

Comme caractère final il est le signe augmentatif / (noun) final) et donne au mot qui le reçoit toute l’extension individuelle dont la chose exprimée est susceptible.

Le noun répond astronomiquement au signe zodiacal du Scorpion.

En somme le noun exprime le produit de toute combinaison, le résultat de l’action des forces ascendantes ou créatrices et des forces descendantes ou destructrices figurées par l’étoile de Salomon.


Quatorzième lame du Tarot : La Tempérance

Les idées que ce symbole doit, exprimer sont les suivantes :

  1. Combinaison de fluides différents.

  2. individualisation de l’existence.

Le génie du Soleil verse d’une urne d’or dans une urne d’argent les essences fluidiques de la vie.

(Première idée) : Ces essences passent d’un vase dans l’autre sans que la moindre parcelle en soit répandue au dehors.

(Deuxième idée) : La quatorzième lame représente cette jeune fille que nous avons vue figurée l’arcane 11 et que nous retrouverons à l’arcane 17. Le courant vital situé sur sa tête à l’arcane 11 passe ici d’une urne dans l’autre et s’épandra en 17.

La quatorzième lame du Tarot nous montre les fluides naguère conservés, maintenant en pleine circulation dans la nature.

  1. Combinaison des fluides actif et passif. Entrée de l’esprit, dans la matière et réaction de la ratière sur l’Esprit : INVOLUTION

  2. Reflet de la Justice dans le monde matériel : LA TEMPÉRANCE

  3. Fixation de la Vie réfléchie. Incarnation de la vie : LA VIE INDIVIDUELLE ET CORPORELLE

​RAPPORTS

​SIGNIFICATIONS

​Hiéroglyphe primitif : Un fruit Astronomie : Scorpion Mois : Octobre Lettre hébraïque : Noun

L'INVOLUTION (L'esprit descend vers la matière)

​OBSERVATIONS

​LA TEMPERANCE

​LA VIE INDIVIDUELLE ET CORPORELLE

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Marie-Claire a la gentillesse de partager avec nous son travail de condensation par extraits choisis des Méditations sur les 22 Arcanes Majeures du Tarot d'un auteur qui a préféré garder l'anonymat (Éditions Aubier, 1980, 1984) :


Arcane XIIII : La Tempérance


« Quiconque boit de cette eau aura encore soif, mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissante en vie éternelle. » (Jean, IV)


La lame de l’Arcane XIIII nous place en présence d’un ange en robe rouge et bleue qui accomplit un acte étrange ou préside à son accomplissement ; il fait jaillir de l’eau d’une façon mystérieuse entre deux vases tenus à un angle de 45° et à une distance considérable l’un de l’autre. Ne suggère-t-il pas le problème de la polarité coopérante de la dualité intégrée ? Ne suggère-t-il pas le pressentiment que c’est peut-être grâce aux deux ailes, aux deux bras, aux deux couleurs de la robe que l’eau jaillit ? Ne suggère-t-il pas que cette eau est le fruit et le don de « l’aussi bien que » de la dualité intégrée qui saute aux yeux quand on regarde l’Arcane ? L’ange de la Tempérance nous invite à revenir au problème de cette double polarité et de cette double dynamique tout en promettant des lumières nouvelles.

« Dieu a fait l’homme à son image et à sa ressemblance (Gen. I, 26). L’image et la ressemblance divine coïncidaient avant le péché originel mais leur coïncidence n’a point persisté après le péché. L’image est demeurée intacte mais la ressemblance initiale a été perdue. L’homme possède dans l’image le libre arbitre, et dans la ressemblance les vertus. Où que l’âme parvienne persistera l’image. Il n’en est pas de même de la ressemblance ; elle reste aussi bien dans l’âme qui accomplit le bien que dans l’âme qui a péché...» (Saint Bernard, Œuvres, tome 1). L’image est donc la structure essentielle de l’être humain et la ressemblance la structure fonctionnelle. La structure essentielle de l’homme indestructible est ce qui fonde sa liberté de façon inaliénable et inamovible.

Si l’image divine chez l’homme n’a subi aucun fléchissement et si la ressemblance divine en lui a dû céder place aux inclinations et habitudes tendant au mal, y a-t-il, dans la vie humaine, quelque chose qui contrebalance ces mauvaises inclinations ? Oui, l’Ange Gardien est ce « quelque chose » qui permet de jouer le rôle de contrepoids de la pesée des mauvaises inclinations et habitudes enracinées dans l’organisme fonctionnel humain après la chute primordiale. L’Ange Gardien se substitue lui-même aux fonctions détruites par la chute ; il garde, soutient, protège, visite et défend. Il est donc l’étoile flamboyante, le pentagramme au-dessus de l’homme.

L’Ange Gardien garde la mémoire, il est un memento perpétuel à l’égard de la ressemblance primordiale, de la mission éternelle assignée à l’âme dans la symphonie cosmique. S’il le faut, il éveille des réminiscences des vies antérieures pour rétablir la continuité de l’effort, de l’aspiration de l’âme de vie en vie afin que les vies ne soient pas des épisodes isolés mais constituent des étapes d’un seul chemin vers un seul terme. Il soutient l’effort, la quête et l’aspiration de l’âme sur ce chemin c'est-à-dire qu’il comble les lacunes de l’organisme fonctionnel psychique dues à la défiguration de la ressemblance et supplée à ses défaillances, à la mesure de la bonne volonté de l’âme elle-même. L’Ange la soutient mais il ne touche jamais à son libre arbitre.

De ce fait, il est parfois contraint de ne pas participer à l’activité de l’âme quand cette activité est en désaccord avec l’image divine mais, il peut descendre pour visiter l’homme quand l’activité humaine est de nature à le permettre voire à l’exiger. Sans cesse, il protège, il supplée aux défaillances des humains privés de leur clairvoyance d’avant la chute. Cependant, il ne supprime jamais les occasions de la tentation et des dangers psychiques et physiques. Selon Saint Antoine : « Sans tentation, il n’y a pas de progrès spirituel ! ». Quant à la défense de l’homme, les Anges Gardiens sont les défenseurs, les avocats des hommes vis à vis de la justice divine. L’Ange défend son protégé comme une mère défend son enfant qu’il soit bon ou qu’il soit mauvais. Aussi, l’art traditionnel le présente-t-il comme une femme ailée à l’identique de l’Arcane XIIII. C’est pourquoi la Vierge Marie et Mère de Dieu porte le titre liturgique de « Reine des Anges ».

Les Anges vivent et se meuvent exclusivement dans la verticale. Ils montent vers Dieu et descendent vers l’humanité. Ils sont en contact permanent avec la Sainte Trinité et sont aveuglés par sa lumière. C’est la contemplation obscure dont parle Saint Jean de la Croix. La lumière transcendante divine qui émane d’eux enveloppe de ténèbres leur perception des entités des autres hiérarchies ; Archanges, Principautés... pas plus qu’ils ne se voient entre eux. Cependant, ils voient les sphères de leurs protégés car c’est là qu’ils exercent la clairvoyance perdue. Si l’homme ne demande pas, s’il se détourne de son Ange Gardien, celui-ci n’a aucune raison d’avoir une activité créatrice. Alors, pensons à lui quand nous avons des problèmes, des questions à résoudre, des tâches à accomplir, des plans à former, des soucis et des craintes à apaiser !

Il est en somme l’amie de l’épouse qui prépare le chemin et aplanit les sentiers semés d’embûches dans les noces spirituelles de l’âme et de Dieu. Il ne s’interposera jamais entre Dieu et l’âme : « Il faut qu’elle croisse et que je diminue ». L’Ange Gardien se retire lorsque l’âme a acquis une expérience du Divin plus intime et plus immédiate, qu’elle s’est unie à Dieu dans une intimité complète avec authenticité et liberté parfaite. L’amie de l’épouse ne fait que conduire l’épouse vers l’Epoux puis elle se retire.

Le quatorzième Arcane représente une femme ailée. Tentacules, pattes, bras, ailes expriment le désir de pouvoir toucher des choses plus éloignées que celles de son propre corps. Je touche, je prends, je donne non pas parce que j’ai des bras mais j’ai des bras parce que j’ai la volonté de toucher, prendre et de donner. C’est le quoi de la volonté qui engendre le comment de l’action et non inversement. Les ailes expriment la volonté du mouvement non seulement celui de l’expansion sur un plan mais aussi celui de l’élévation à un autre plan. Tout cela se rapporte à l’organisme corporel entier c'est-à-dire aussi bien au corps physique qu’aux corps éthérique et astral. Il est des ailes physiques, des ailes éthériques et des ailes astrales.

Le vol de l’oiseau résulte de son effort - il bat l’air avec ses ailes - dirigé contre la gravitation terrestre. Le vol de l’Ange n’est pas une opération mécanique - celle de nager dans l’air - mais c’est une opération magique avec la gravitation céleste c'est-à-dire avec l’attrait divin. Les ailes de l’Ange constituent ses liens quasi organiques avec Dieu. Une aile le tient en contact avec l’entendement divin, et l’autre avec l’imagination ou la mémoire divine. Les deux ailes se rapportent aux aspects contemplatifs et créatifs de Dieu qui, à leur tour, correspondent à l’image et à la ressemblance divines dans l’homme. C’est au moyen de l’aile gnostique (ou gauche) que l’Ange est en contemplation de la Sagesse divine et c’est au moyen de l’aile magique (ou droite) qu’il est actif en qualité de messager ou d’Ange.

Selon la tradition, l’homme d’avant le péché originel avait bien des ailes qu’il a perdues après la chute. Lorsqu’il est question d’ailes, il s’agit de la transformation des actes conscients du moi dans l’inconscient psychique (corps astral) et dans l’inconscient vital (corps éthérique). Il s’agit de la tâche de rendre les efforts spirituels tournés vers Dieu, de faire en sorte que la prière et la méditation deviennent quasi organiques : « Priez sans cesse ». Dans ses récits, le Pélerin russe relate qu’il entendait son cœur battre distinctement les mots de la prière : « Seigneur - Jésus-Christ - Fils de Dieu - aies pitié - de moi - pauvre pêcheur ». C’est la « prière sans cesse », établie dans les corps psychique et vital grâce à l’effort du moi conscient, qui peut aboutir à la formation des ailes grâce aux courants dirigés vers le haut.

Les ailes ne se forment que lorsque les deux courants - de l’effort humain et de la grâce - se rencontrent et s’unissent. Les ailes sont un don de la Grâce divine ! La présence des ailes authentiques et légitimes dans l’inconscient humain (c'est-à-dire les corps psychique et vital) n’est pas sans effet sur la conscience de l’homme elle-même. Avec ses ailes, il porte toujours en lui le sentiment de la présence de Dieu et du monde spirituel. Si la loi des ailes est l’amour de Dieu, celle des bras - et l’Ange de la Tempérance a des bras - est l’amour du prochain et celle des jambes est l’amour de la nature terrestre.

L’Ange de la Lame tient deux vases unis par un courant d’eau. Nous nous trouvons au cœur du problème des fluides c'est-à-dire du système de circulation dynamique comprenant l’esprit, l’âme et le corps (ou le triple corps) comme unité vivante de l’être humain entier. Le principe sous-jacent à ce système de circulation totale est la ressemblance divine qui a subi l’effet défigurant du péché originel. Depuis, l’Ange Gardien est chargé du fonctionnement aussi sain que possible du système de circulation de ce triple corps. C’est pourquoi le quatorzième Arcane nous le représente engagé dans l’accomplissement de sa mission de régulateur du système de circulation fluidique humain. Le système en question comprend plusieurs centres actifs ; les lotus ou chakras, les centres nerveux, les glandes... mais le fonctionnement harmonieux de tous ces centres dépend de la mesure que constitue le rapport entre la ressemblance et l’image pour la vie et la santé de l’homme.

Cette mesure est équivalente à l’équilibre - toujours changeant - entre l’Éternité et le Moment, entre l’Absolu et le relatif, entre la Contemplation et l’action, entre l’Idéal et le Phénoménal, entre « Ora et Labora ». La Tempérance, comme exercice spirituel, signifie la tâche de saisir le rapport entre l’image ou la Monade, la ressemblance ou la personnalité phénoménale et l’Ange Gardien ou la grâce individuelle c'est-à-dire qu’il faut trouver la source, le courant et la direction de la vie intérieure, en saisir la nature et le rôle pour travailler et vivre conformément à cette connaissance.

Le contact établi entre l’image et la ressemblance s’expérimente comme pleur intérieur. L’expérience « Je suis touché jusqu’aux larmes » n’est que la réflexion de ce qui arrive quand l’image et la ressemblance se touchent. La larme, la sueur, le sang sont trois substances du triple Mystère mystique - gnostique - magique de l’Homme. Etre touché d’en-haut, c’est la larme ; l’effort de se conformer à ce qui est en-haut, c’est la sueur et le mariage consommé de la grâce d’en-haut et de l’effort d’en-bas, c’est le sang. La larme annonce les fiançailles de l’Eternel et du Temporel ; la sueur, les épreuves qu’elles comportent et le sang le lieu où les noces se célèbrent et où le mariage est consommé.

L’Arcane enseigne l’exercice spirituel du mystère de la larme car c’est elle qui coule entre les deux vases que tient l’Ange Gardien. La larme signifie aussi le fluide subtil de nature spirituelle et psychique qui émane du cœur c'est-à-dire du lotus à douze pétales. Le fait qu’il y ait des larmes de douleur, de joie, d’admiration montre que la larme se produit lorsque l’âme, mue par l’esprit ou par le monde extérieur, éprouve un plus haut degré d’intensité dans la vie intérieure. Le « don des larmes chaudes et sincères » a toujours été considéré par les maîtres de la vie spirituelle comme une grâce du Saint Esprit car c’est grâce à ce don que l’âme se dépasse et s’élève à un degré d’intensité de vie qui est bien au-dessus de celui qui lui est habituel.

Il y a trois modes principaux de l’expérience spirituelle authentique : la vision, l’inspiration et l’intuition. La vision nous présente et montre les choses spirituelles, l’inspiration nous en infuse la compréhension et l’intuition nous en révèle l’essence par voie d’assimilation avec notre essence propre. « Je vis mais ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi » (Gal, II, 20). La vision augmente l’expérience, l’inspiration enrichit la connaissance et l’intuition est la transformation de qui on est.

L’intuition a lieu dans le sang, l’inspiration dans le pleur et la vision dans la sueur. La vision authentique comporte toujours un surcroît d’effort pour permettre à l’âme de ne pas fléchir sous ce fardeau. L’inspiration authentique comporte toujours un bouleversement intérieur car elle blesse l’âme pour lui faire éprouver cette profonde émotion qui est la synthèse de la douleur et de la joie. Quant à l’intuition, il n’est plus question des fiançailles de la Rose et de la Croix mais bien du mariage consommé de la Vie et de la Mort. Ce qui vit y meurt, ce qui meurt y revit ! Le sang se mêle au Sang et se transforme alchimiquement du fluide de la séparation en fluide de l’union.

Il y a trois façons de voir la croix ; le Crucifix, la Rose-Croix et la croix dorée portant la rose d’argent. Le Crucifix est le plus grand trésor de la vision ; c’est la vision de l’amour divin et humain. La croix noire où une rose s’épanouit est le trésor de l’inspiration ; c’est l’amour divin et humain qui parle dans l’âme. La croix dorée portant une rose d’argent est le trésor de l’intuition ; c’est l’amour qui transforme l’âme. La résurrection n’est que le crucifiement arrivé à l’état de fructification. C’est le crucifiement réalisé ! Le Mystère est un et indivisible, scellé par la Sueur, la Larme et le Sang !

C’est le mystère de la Larme et de l’inspiration que vise l’Arcane XIIII du Tarot. Il est l’exercice spirituel dédié à l’inspiration qui est une co-activité, une activité concertée du Moi et du moi. L’Arcane pratique de l’inspiration consiste à savoir être actif et passif à la fois. Actif en ce qui concerne la question ou la demande et passif en ce qui concerne la réponse ou la solution. Ni la passivité de l’attente, ni l’activité de la pensée et de l’imagination ne peuvent aboutir séparément à l’état d’âme apte à l’inspiration ; il faut la simultanéité de l’activité et de la passivité.

L’Arcane de l’inspiration est celui de deux sources et de deux courants de pensée simultanés qui se mêlent, s’unissent et constituent l’inspiration authentique. Pour « penser ensemble », il faut s’incliner devant une intelligence supérieure à la sienne c'est-à-dire « penser à genoux », s’incliner devant l’Autre, s’effacer afin qu’Il croisse. C’est la pensée-prière ou la prière-pensée. L’inspiration est le fruit de l’humilité dans l’effort et de l’effort accompli avec humilité. « Ora et Labora » est donc la clef de l’inspiration comme il est la clef de beaucoup d’autres portes.

Il faut savoir et oser demander en oubliant son humilité et sa présomption comme savent si bien le faire les enfants au point de s’oublier eux-mêmes et, du même coup, oublier leur humilité aussi bien que leur présomption. Notre chance, notre espoir de recevoir une réponse à nos demandes, c’est l’inspiration - les deux vases d’où coule l’eau vive tenus par un Ange ailé. Dites vous que vous ne savez rien et, en même temps, que vous pouvez tout savoir. Muni de cette sainte humilité et de cette sainte présomption des enfants, plongez vous dans l’élément pur et fortifiant du « penser ensemble ». de l’Inspiration ! Cette inspiration commune, source du langage commun, c’est le verbe intérieur qui nous dirige et nous pousse à toutes nos aspirations. « Au commencement était le Verbe » n’est pas seulement la loi du monde mais encore de la réalisation de l’inspiration dans toute biographie individuelle.

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Sur le site de Philippe Camoin, on peut trouver un petit fascicule intitulé Le Tarot de Marseille restauré ou "L'Art du Tarot" par Alexandro Jodorowsky qui propose une liste de mots clefs impressionnante, glanés selon les œuvres de différents auteurs :


XIIII. TEMPÉRANCE

Réciprocité et réversibilité - Génération - Projection du germe - Idée - Cliché dans la matière - Multiplication - Solidarité - Sociétés. Associations - Pensée active réalisant la science appliquée - Invention - Création - Génie - Progrès - Adaptation - Changement de lieu - Fructification - Nécessité d'étayer un succès qui n'est pas encore total - Lier intérêts spirituels et actions matérialistes - Désunion - Traverser des frontières - Aube - Crépuscule - Personne morte que l'on continue d'aimer - Entité surnaturelle qui guide nos actions - Économie -Modération - Équilibre dynamique - Passage des énergies vitales par une totale liquidation des complexes et une entière sublimation - Transmutation - Passage entre l'ésotérisme et l'exotérisme et inversement - Passage d'un lieu à un autre sans qu'il y ait un élément privilégié - Tout ce qui change du point de vue de l'esprit et tout ce qui demeure du point de vue de la vie. Passage de la qualité à la quantité et retour à une qualité nouvelle avec prise de conscience - Rapports amoureux et remplis de crises du ciel et de la terre - Angoisse enfantine venant des parents qui se battent - Remonter de l'expérience du monde à la connaissance - Création qui trouve le moyen de passer à travers la créature pour se manifester - Œuvre d'un prophète - Art sacré - Ce qui est mobile et dynamique - Dans le fixe / statique - Circulation à l'intérieur de la structure - Désir et vie - Harmonie des désirs sexuels et des nécessités émotionnelles - Orgasme au travers des relations sexuelles réalisées avec une force équivalente entre l'animalité effrénée et la délicatesse spirituelle - Action réalisée après de minutieux calculs - Mélanger des ingrédients opposés en de justes proportions - Relations entre les organes internes - Arbitrage - Distillation - Réduire quelque chose de complexe en son aspect le plus simple - Purification de l'âme - Éternel présent - Discorde - Négatif dans le positif et positif dans le négatif - Par la porte de l'émotionnel passer de l'instinctif à l'intellectuel et de l'intellectuel à l'instinctif - Unité du moi essentiel entre le rêve et la surveillance - Augmentation - Déduction - Système nerveux - Rythme et mesure retournant à leur normalité après la mort - Désir de mourir pour s'unir avec un être aimé mort - Métamorphose - Économie - Messager de la grâce - Modifications du corps astral - Élixir de vie - Aide divine - Patience - Éternel recommencement - Maladie incurable car elle engendre sa propre fermentation - Mauvais usage de l'énergie - Le flux du passé dans le présent et vers le futur - Automutilation - Incapacité de travailler avec d'autres - Frustrations - Stérilité - Médecine occulte ou mystique - Transfusion de force vitale - Miracles - Sérénité d'esprit qui élève au-dessus des misères humaines. - Indifférences aux mesquineries de la vie - Humeur égale en toutes circonstances - Sensible aux influences extérieures - Abandon - Dépenses inconsidérées - Prodigalité - Mettre de l'eau dans le vin - Femme sans amour qui absorbe et avilit tout ce qui l'approche - Union des personnalités contraires qui nous forment pour arriver à l'être impersonnel - Ce que nous imaginons arrivera - Naufrage - Pénétration dans un monde nouveau après avoir franchi la porte de la mort - Asexué - L'attente est bonne - Vessie et reins - Mourir en odeur de sainteté -

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Symbolisme celte :


Laura Tuan, autrice d'un livret d'accompagnement intitulé Les Tarots celtiques (Éditions De Vecchi S.A., 1998) propose un article sur Diancecht pour approcher la lame XIV du Tarot. Ce choix peut se comprendre par une des particularités de ce Dieu mise en avant par Christian-Joseph Guyonvarc'h, dans le début de l'article écrit pour l'Encyclopedia universalis :


Dans la religion celtique, le nom de Diancecht signifie « prise rapide », par allusion à la puissance magique. Diancecht est cependant le dieu-médecin du panthéon irlandais, correspondant à l'Apollon du schéma religieux de César. Il est le père de Cian (« Lointain »), lui-même père de Lug. Il a pour enfants deux fils, Miach (« Boisseau »), Oirmiach (doublet du précédent), et une fille, Airmed (« Mesure »). Leurs noms sont en relation sémantique avec la notion de « mesure » et d'équilibre inscrite dans l'étymologie du latin medicus.

Quant à Laura Tuan, voici son interprétation de l'Arcane XIV du tarot :


En Irlande, la figure divine du dieu Soleil guérisseur s'identifie au dieu médecin Diancecht (« à la longue prise ») qui joue un rôle capital dans la bataille de Mac Tured en remplaçant le bras que le roi Nuada a perdu au combat par un autre en argent. Les archaïques lois irlandaises n'admettaient pas en effet qu'un chef affligé d'une quelconque infirmité physique puisse exercer le pouvoir : la perte de son membre empêchait donc le souverain de continuer à régner sur les Tuatha De Danaan. Nuada, qui sans l'aide de Diancecht aurait été immédiatement destitué, demeura loin des champs de bataille durant treize jours (il y a treize mois lunaires dans l'année celtique et treize consonnes-arbre dans l'alphabet ogham ; l'absence de Nuada serait-elle la transposition mythique d'une éclipse ?) Puis, grâce à son bras d'argent, il reprit le commandement de son armée et conduisit les Tuatha De Danaan vers la victoire. Nuada a un prédécesseur continental : Nodens, une divinité solaire dotée d'une massue et assise sur un char triomphal. Le dieu germanique Tyr perd lui aussi une main en accomplissant, comme le soldat romain Mucius Scaevola, un acte d'autopunition : il l'introduit dans la gueule du loup Fenrir pour ratifier un faux serment.

Dans le mythe irlandais, Diancecht a deux fils et une file, Airmed, tous très habiles dans la pratique de la médecine : ensemble ils plongeaient les guerriers blessés, voire morts au combat, dans les eaux magique, et si leur membrane cérébrale n'avait pas été endommagée, ils les ressuscitaient à l'aide d'herbes et de formules magiques avant l'aube suivante, mais privés de la parole. L'un d'eux, Miach, s'avère même supérieur à son père et raccorde les tendons du membre sectionné due Nuada avec une telle adresse que la prothèse devient inutile. Aveuglé par la jalousie, Diancecht frappe trois fois le front de son fils avec un marteau et le tue : trois cent soixante cinq plantes médicinales se mettent alors à pousser sur la tombe de ce dernier, une pour chaque jour de l'année et pour chaque organe et maladie.

Airmed, remarquable herborisatrice, recueille les herbes et les classe, mais Diancecht, une fois de plus emporté par l'envie, mélange tout en privant pour toujours les mortels de la possibilité de guérir chaque mal. A la place de ses enfants, le dieu médecin s'associe parfois au forgeron Goibniu (Govannon au Pays de Galles), car santé et richesse vont souvent de pair. Dans toutes les cultures, le forgeron a en outre des pouvoirs magiques et assume fréquemment la fonction d'initiateur. C'est le cas de Culann, éducateur du héros Cuchulainn, ou bien de Lochan, instructeur de Finn. Goibniu, comme Diancecht, avait également trois auxiliaires (trois est le chiffre magique et parfait dans la pensée celtique) et fabriquait dans sa forge des épées, des javelots et des lances avec une telle habileté que trois coups de marteau suffisaient. Les démons, ennemis des Tuatha De Danaan, s'inquiétaient car leurs troupes étaient décimées par ces armes enchantées, tandis que leurs adversaires tombés au combat, puis plongés dans l'eau de la guérison, revenaient à la vie, muets mais valeureux et prêts à prendre la bataille. Ils envoyèrent alors Ruadan éliminer Goibniu, qui tua son assaillant en le transperçant de la lance extraite de sa propre blessure. Goibniu organisait périodiquement une fête, et quiconque y participait acquérait l'immortalité en buvant l'hydromel (mid) de la vie éternelle.


La carte : Diancecht apparait ici avec les instruments de son métier, els eaux thermales, les potions et les plantes curatives, dont le Gui. Comme toutes les divinités solaires que l'on peut rapprocher d'Apollon, il a un visage d'enfant (résultat de ses propres remèdes), une peau d'un blanc brillant et des yeux immenses. Il se trouve en compagnie de ses trois enfants (deux fils et une fille), élèves (mais aussi rivaux) et héritiers de sa profession, comparables aux asvins indiens ou aux dioscures grecs.


Signification ésotérique : La voie du sage ne passe jamais par les extrêmes et suit la règle du juste milieu. Savoir se satisfaire et ne pas abuser de la nourriture, du sommeil, de l'étude de l'amour, de la douleur et de la joie : tel est le moyen de se maintenir toujours en équilibre. L'harmonie des sentiments et du mode de vie purifie comme une source régénératrice, soigne chaque maladie et permet de rester éternellement jeune.


Mots-clés : Régénération ; Équilibre ; Santé ; Coopération.


A l'endroit : Évolution ; Progrès ; Perspectives nouvelles ; Transformation positive ; Naissance ; Créativité - Esprit serein ; Réflexion ; Faculté d'adaptation ; Tolérance - Expansivité ; Coopération - Frugalité ; Équilibre ; Chasteté ; Harmonie - Liens solides bien que peu passionnés ; Entente spirituelle ;Amitié parfaite - Projet mené à bien ; Espoirs réalisés ; Promotion ; Protection professionnelle ; Aides invisibles - Tranquillité financière - Vacances ; Santé ; Guérison par les plantes et les eaux.

A l'envers : Instabilité ; Changements trop brefs ; Désordre ; Déséquilibre ; Impatience ; Caprices ; Mondanité - Avarice ; Obstacles ; Aridité ; Froideur ; Problèmes de communication - Antipathie ; Frustration ; Paresse ; Duplicité - Amour malheureux ; Stérilité ; Stagnation professionnelle ; Économie forcée - Malaises ; Troubles nerveux et circulatoires ; Allergies.


Le temps : Samedi - Février - Hiver.


Signes du zodiaque : Verseau ; Vierge.


Le conseil : quel que soit votre projet, tenez-vous en au juste milieu : recherchez l'équilibre et vous serez sûr de ne pas vous tromper.

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Dans le livret accompagnant le jeu de cartes du Tarot des Druides de Philip et Stephanie Carr-Gomm (Édition originale 2004 ; traduction française : Édition Véga, 2014), on trouve le petit texte explicatif suivant :


Le Message : Laissez l'intérieur et l'extérieur, le masculin et le féminin, s'unir en vous pour donner naissance à votre moi créatif.


Mots-clefs : Communication aisée entre les mondes ; Créativité ; Harmonie ; Paix ; Alchimie ; Magie.


Signification : - Harmonie et effort créatif.

- Vous êtes en position de rétablir l'harmonie parmi des factions opposées.

- Le maintien d'un profond sentiment de paix suffira à ce point.

- Les eaux de l'inspiration et du contentement coulent librement entre votre moi conscient et votre moi inconscient

- Vous n'avez rien à faire de particulier.


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Mots-clefs : Aller aux extrêmes ; Sauvagerie ; Déséquilibre ; Fragmentation ; Querelles.


Sens inversé : - Vous êtes impliqué dans des discussions, vous vous sentez agité et frustré.

- Extrêmes de comportement.

- Ce n'est pas le moment de prendre des décisions, mais plutôt de chercher l'harmonie et une meilleure communication.

- Les projets créatifs seront entravés, car vous n'êtes pas en harmonie.

- Il faut plus de travail pour préparer le terrain à l'inspiration et à la manifestation.

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Kristoffer Hugues, dans Les secrets du tarot celtique (Llewellyn Publications, 2017 ; Éditions De Vinci, 2021) présente ainsi la carte XIV du Tarot, à savoir l'Équilibre :


XIV. L'Équilibre

Cherchez-vous l'équilibre ou la modération ?

La tempérance offre une base solide.


Affirmation : L'équilibre est un acte alchimique.


Mots-clés : Équilibre ; Modération ; Paix.


Je suis maîtresse dans mon art, et j'ai maîtrisé l'art de vivre. Vous voyez les piliers derrière moi ? ce sont les piliers du temples, les portes à travers lesquelles nous recherchons la transformation. Vous les avez déjà vus, et vous les verrez à nouveau. Dans mon chaudron, vous avez trouvé l'inspiration, le réconfort intérieur et la force ; vous vous êtes élevé pour assumer votre propre puissance.

Je maintiens les choses dans un équilibre pur. Je modère les forces de l'univers ; voyez comme il circule. Je me tiens entre les mystères inexplicables du vaste univers océanique et la douce terre verte de la Mère. Je vous offre la réconciliation après la renaissance, l'harmonie tirée du chaos. Je suis le chemin entre le Soleil et la Lune, aller et retour. En moi résident les vastes et incroyables royaumes de l'imagination. Usez-en avec sagesse, car ils sont les graines des entreprises de la race humaine. Mais laissez-moi vous poser cette question : brillez-vous de votre propre lumière, ou vous contentez-vous de refléter celle d'un autre ?


Interprétation : Si l'Équilibre (la Tempérance) apparaît lors d'un tirage, le consultant peut être assuré que, quelle que soit la situation, la paix interviendra pour résoudre le problème, ou y apporter de la clarté. La résolution aboutira de la paix, ou du fait d'avoir trouvé la paix. Vous devez à tout prix invoquer votre propre conscience afin de trouver une conclusion qui soit à la fois bénéfique et pacifique. Ne cédez pas à vos coups de sang ; puisez plutôt dans votre sagesse intérieure. Tout finira par se décanter, mais seulement parce que vous disposez des moyens pour trouver la paix intérieure et y remédier. Et vous ne pouvez attendre cela que de vous-même.

Si vous vous sentez perdu, alors cette lame apparaîtra probablement inversée. Que s'est-il passé pour que cette situation se dégrade à ce point ? Quel degré de gravité les choses ont-elles atteint avant que vous ne vous décidiez à vous y atteler ? Il y a un ingrédient en trop grand nombre dans l'équation, et vous avez à tout prix besoin de modération avant que la situation ne dégénère au point de former un puissant courant, dangereux et indomptable. Soyez prudent, et avec le maximum de précautions possibles, reprenez tout à zéro.

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Dans L'Oracle de la sagesse gauloise (Éditions Le Courrier du Livre, 2021) écrit par Caroline Duban et illustré par Lawrence Rasson, une carte est consacrée à la Vidlua :


Vidlua, La sorcière, la magicienne

Au Ier siècle de notre ère, un ritue de magie noire a été réalisé dans une nécropole gallo-romaine, en territoire Ruteni. Deux groupes de sorcières se livrèrent bataille à coups de sorts et de contre-sorts ; les premières, au nombre d'une douzaine, ont tenté de lancer un maléfice sur un juge (ou un homme ayant une fonction similaire), peut-être en représailles, à moins que ce ne soit sur la demande d'un commanditaire. Les secondes se sont rendues sur la tombe de Severa Tertionicna, la « sorcière de fil en écriture », pour placer un charme destiné à rompre la malédiction des mauvaises femmes. La tombe de Severa ressemble à la majorité des sépultures de la nécropole de ce lieu, dans l'actuel lieu-dit de La Vayssière. Elle est composée des cendres de la défunte, dont une poignée a été placée dans une urne à titre symbolique, et autour de laquelle des vases et des offrandes ont été déposés. Mais l'urne funéraire semble former un artefact particulier, car c'est sur celle-ci que les sorcières décidèrent de placer leur plaque de défixion. Ce support est en plomb, qui contient le plus long texte qui nous soit parvenu à ce jour en langue gauloise, rédigé à l'aide de l'alphabet latin. La requête est claire :


« Ô Adgasona regarde par deux fois Severa Tertionicna, (...) qu'elle relâche celui que [les mauvaises sorcières] auront frappé de defixio ; avec un mauvais sort contre leurs noms, effectue l'ensorcellement du groupe ci-dessous :

Banona Flatucias, Paulla [dame] de Potitus, Iaia fille d'Adiegas, Potita mère de Paullias, Seuera fille d'Ualentos, [dame] dde Paulius, Adiega mère d'Alias, Potita femme de Primius (...). Que ces femmes ci-dessus nommées, enchantées, soient pour lui réduites à l'impuissance. [...] Tout homme en fonction de juge, qu'elles auraient frappé de defixio, qu'elle (Severa Tertionicna) annule le defixio de cet homme ; qu'il ne puisse y avoir de sorcière par l'écriture, de sorcière par le fil (...) parmi ces femmes, qui sollicitent Severa, la sorcière par l'écriture, la sorcière par le fil, l'étrangère (...) »


Le defixio est un rituel de malédiction qui se réalise sur une plaque de plomb. On y gravait ses intentions à la pointe d'un clou, puis on pliait, perçait ou coupait la plaque selon les besoins. Dans le cas de nos enchanteresses qui cherchaient à faire péricliter le mauvais sort sur l'homme de loi visé, la plaque de plomb a été sacrifiée. C'est-à-dire qu'elle a été maltraitée et brisée en deux volontairement avant d'être déposée sur l'urne de Severa, un morceau sur l'autre, comme pour sceller l'objet. La magie par l'écriture a bel et bien des aspects terribles, et celle du fil renvoie au nouement de l'aiguillette, qui devait rendre impuissant tout homme fertile, procédé connu depuis l'Antiquité. Nous côtoyons ici la magie des femmes « bnacom brictom » qui font appel aux forces des mondes d'en-bas, aux esprits défunts « andernados brictom » . Severa portait un nom latin, mais les enchanteresses semblent être gauloises, car elles la nomme « l'étrangère ». pour autant, les relations entre les deux peuples ne sont pas un obstacle dans la mort, encore moins pour la réalisation d'un sort. On ne peut pas parler ici de nécromancie, car il n'est pas question de divination, mais bien d'interaction entre les vivants et les morts.

Sur les cartes, les lettres s'échappant autour du personnage de la lame sont extraites de la plaque de defixio.


Interprétation : Il faut parfois combattre le mal par le mal. Quelqu'un semble vouloir vous mettre des bâtons dans les roues en cherchant à vous immobiliser physiquement, ou du moins staturairement. Il y a peut-être de la compétition dans le milieu professionnel, ce qui amène des tensions qui ne peuvent pas réellement exploser en public. Alors on tente de vous déstabiliser par des moyens insidieux. Il se peut qu'on essaie de vous faire corriger encore et encore les mêmes erreurs, ou de vous donner des corrections erronées à changer de nouveau, pour vous faire perdre du temps ; on peut ne pas vous fournir les bonnes informations, ou on souhaite les garder pour soi, pour vous mettre en retard ou vous faire travailler dans la mauvaise direction, ce qui vous obligera à recommencer. Se pourrait-il que par des moyens détournés on désire prendre votre place ? De la jalousie plane autour de vous. Pour vous en prémunir, il va falloir agir, mais agir dans votre droit. Pas question de donner raison à vos adversaires qui souhaitent vous voir tomber à force de mesquinerie. Soyez plus malin et faites front en allant chercher vous-même les informations qui vous manquent. Ne faites confiance à personne. N'accordez aucun crédit à ceux qui pourraient vous faire perdre foi en vous. Une réflexion ou une remarque n'est pas la vérité. On essaie peut-être de vous donner des complexes, de vous faire douter de vous-même ou de votre relation. Selon votre question, il faudra réfléchir aux petites et grandes actions qui ont été mises en œuvre pour vous faire trébucher, vous retarder ou vous tétaniser. Ces choses n'ont de prise que si vous y croyez. Alors, en quoi croyez-vous ? Quel rôle avez-vous envie de jouer : celui qui n'ose plus bouger, ou préférez-vous prendre les choses en main et renvoyer les doutes et les peurs à l'envoyeur ? Il y a de la magie en chacun de nous ,nourrie par nos pensées, nos choix et nos actes. Plutôt que de porter du crédit aux médisances, concentrez-vous sur vos projets, votre santé morale et physique. Repensez à tout ce que vous avez déjà accompli (dans votre job, vos études, vos relations, votre affirmation de vous-même), et focalisez-vous sur ce que cela a changé en vous et ce que cela vous a apporté. Ne ressassez pas les erreurs. Tout le monde en fait, et parfois, nous ne sommes pas les seuls responsables. On peut nous faire douter en nous poussant à la faute. Ne leur faites pas ce plaisir. Vos détracteurs trouveront bien de quoi nourrir leur appétit féroce ailleurs que sur votre énergie. Imaginez qu'ils soient des parasites sur le dos d'un chien. Secouez-vous les puces et faites valoir vos droits ! Entez en contact avec votre patron, votre collègue, votre famille, vos amis ou votre avocat pour faire cesser ce petit jeu. Vous avez la même magie que vos délateurs, mais usez-en de façon plus pondérée et judicieuse. Ne cherchez pas à vous venger, préservez-vous seulement en délimitant votre espace vital dans lequel plus personne ne pourra vous atteindre.

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Voir aussi : La sourcière ; La Cailleach ;

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