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  • Anne

Le signe du Verseau


Étymologie :

  • VERSEAU, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1557 (P. de Mesmes, Inst. astron., p. 195 ds Gdf. Compl.). De verse-eau (graph. att. ds Pomey 1671, Fur. 1690, Trév. 1704-1740) pour « celui qui verse de l'eau » (cf. 1547 l'Aquarius [n. lat. de ce signe] ou Verseur d'eau, v. verseur), calque du gr. υ ̔ δ ρ η χ ο ́ ο ς littéral. « qui verse de l'eau », parce que la période de l'année correspondant à ce signe zodiacal est considérée comme pluvieuse.


Lire également la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Symbolisme :

Dans Le Rythme du Zodiaque (édition originale Astrological Signs - The Pulse of Life, 1943 ; traduction française, Éditions du Rocher, 1981), Dane Rudhyar consacre un chapitre au signe du Verseau :

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D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Verseau (20 janvier - 18 février). Ce onzième signe du Zodiaque se situe au milieu du trimestre d'hiver. Il symbolise la solidarité collective, la coopération, la fraternité et le détachement de choses matérielles. Son maître traditionnel est Saturne, auquel on a adjoint, après sa découverte, Uranus.

La figure représentative du onzième signe fait surgir la noble apparition d'un être humain accompli, sous les traits d'un sage vieillard porteur, sous les bras ou sur l'épaule, d'une ou deux amphores ; ces urnes inclinées répandent le flot de l'eau, dont elles sont emplies. Mais la liquidité de ce flot est tout aérienne et éthérée, le caractère fluide de l'air y participant autant que la nature amollie et relâchée de l'eau. Ce milieu invoqué ici est assimilable aux eaux de l'air répandues par les ondes, au fluide de l'océan aérien où nous baignons. Ce signe d'Air à résonance aquatique témoigne d'une substance nutritive plus destinée à désaltérer l'âme que le corps ; et si l'air des Gémeaux évoque la communication de l'esprit, et celui de la Balance le dialogue du cœur, celui du Verseau pose le monde des affinités électives, qui font de nous des êtres vivant dans une communauté spirituelle et en pleine sphère universelle. Le signe a été mis en rapport avec Saturne, dans la mesure où l'astre libère l'être de ses chaînes instinctives et dégage ses forces spirituelles sur une voie de dépossession. On lui donne aussi Uranus pour maître qui remobilise l'être libéré dans le feu de la puissance prométhéenne, en vue de se dépasser.

Face au Lion herculéen, nous avons le Verseau séraphin. L'étoffe intime de ce type zodiacal est fluide, légère, éthérée, volatile, transparente, toute de limpidité spirituelle, pour ainsi dire angélique. Il inclut le don de détachement de soi accompagné de sérénité et le don de soi escorté de l'altruisme, de sens amical, du dévouement social. Il existe aussi un Verseau uranien, prométhéen, qui est l'être de l'avant-garde, du progrès, de l'émancipation, de l'aventure."

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Selon Jacques A. BERTRAND auteur de Tristesse de la Balance et autres signes (1983), les caractéristiques (humoristiques) du signe du Verseau sont :

"Partage du Verseau"

"Rien n'est simple. Tout se complique.

Et même se complexifie, comme disent les gens à qui les mots paraissent trop simples. Méfions-nous de ces gens. Si je devais ajouter un treizième signe au zodiaque (heureusement, le zodiaque me paraît être complet pour un bout de temps encore), j'ajouterais le signe A-qui-les-mots-paraissent-trop-simples. Je le représenterais avec de grosses lunettes, des cornets acoustiques dans les oreilles et des doigts en crayons à bille. Et peut-être aussi avec une queue en forme de divan chinois. Je l'appellerais le signe du Pétard Mouillé Qui Tue. Je sais, c'est sibyllin. (J'adore le mot sibyllin).

Cependant, la simplicité et la complication sont des choses à la fois plus compliquées et plus simples qu'on ne croit. Ainsi, certains individus paraissent se « compliquer la vie » qui vont en fait vers leur simplification. Par ailleurs, il est des simplifications qui compliquent affreusement la marche du monde.

Le verseau est un signe compliqué en quête de simplification.

On le voit sur les photos, à un âge avancé, répandre le contenu de deux fioles, carafes ou amphores. A-t-il trop bu ? Annonce-t-il le déluge ? Il rétablit l'équilibre, nous dit la Tradition qui a beaucoup lu. Il répand équitablement la vie et la mort dans l'univers. Il faut dire que le capricorne a un peu exagéré dans la cristallisation. Le verseau s'occupe de dissoudre tout ça.

Le verseau a peu de goût pour les choses trop denses. L'ordre établi l'ennuie profondément. Les fortes personnalités le chagrinent. Lui ne fait pas tant d'histoires avec son « moi ». (il ne tient pas à s'alourdir – le verseau est un signe d'air.). On comprend que le moi des autres l'agace.

Il aspire à des territoires plus vastes. Il compte bien se consacrer à l'évolution de l'humanité. La fraternité universelle ne lui fait pas peur. Ni même la fraternité cosmique.

Mais il ne faut pas toucher à son indépendance. Et puis il lui faut du changement. Le changement universel ne lui fait pas peur. Il est pour le progrès. Uranus lui inspire toutes sortes de nouveautés scientifiques – de trucs pour débrouiller les choses. Saturne, qui n'aime pas les débrouillards, le tire un peu en arrière : il arrive que le verseau reste seul dans son coin, avec ses jouets électroniques.

Mais, même quand il joue à Cap Carnaval, il ne se donne pas l'air d'avoir inventé la lune.

Le verseau ne paie pas de mine. Il est de nature chétive. (Le lion le tient – sans méchanceté – pour un pauvre type).

Le verseau préfère être Mozart que Beethoven. En tout cas, il n'est pas du genre à jouer trop fort de la batterie pour essayer de couvrir la voix du chanteur. Il ne manque pourtant pas de faire entendre un petit son original, de temps en temps, car, s'il « ne se fait pas remarquer », il ne déteste pas qu'on le remarque quand même.

Il veut plaire. Il ménage. Il écoute. Il fait la part des choses. Mais sa vivacité peut le pousser à des extravagances. Son besoin de changement peut le conduire à d'étranges revirements, à des passions déraisonnables – comme sont beaucoup de passions. Son côté anti-matière lui cause périodiquement des problèmes matériels. Il est sujet aux accidents.

Non conformiste ou même excentrique, le verseau ne verse pas dans le théâtre. D'ailleurs il serait plutôt spectateur. Il assiste au spectacle du monde avec l'art consommé du critique dramatique un soir de première.

Le verseau se soucie de l'avenir. Il a le sens de la continuité. Il rêve de l'homme total. Il est pour le happy end. On voit combien le verseau peut être révolutionnaire. Sa lucidité, sa clairvoyance, associées à son manque de goût pour les réalités banales, en font un parfait surréaliste. C'est pourquoi André Breton était verseau.

L'orgueil, qui est aux natures qui ne paient pas de mine ce que la vanité est aux altesses royales, l'empêche parfois de descendre de ses hauteurs. Notons que les hauteurs dont on ne peut pas redescendre ne sont pas de vraies hauteurs.

Certains verseaux restent bêtement isolés sur des monticules (Valéry Giscard d'Estaing – 1974-1981).

Je n'ai pas dit que c'était le milieu de l'hiver. On s'étonne du fait que l'hiver continue après Noël.

Le verseau verse un peu de neige, puis de l'eau pour la faire fondre. L'eau gèle. Le verseau verse un peu d'antigel. Sa passion pour l'équilibre finit par le conduire à l'inondation. On ne sait plus où on en est. Les poissons commencent à se sentir à l'aise."

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :


"Originalité, Inspirations, Utopies, tels sont les 3 noms magiques des 3 décans du Verseau, dont les symboles vivants mêlent le rêve à l'ambiguïté, le réalisme à l'imagination. "Verseau" est composé de "verse", forme du verbe verser, et de "eau". Certains y ont vu une simple traduction du grec budrokhœus - qui a signifié d'abord "qui verse de l'eau", puis "pluvieux" -, les étymologistes s'accordant pour dire que la période de l'année correspondant à ce signe est une période de pluies.

Toutefois, nous objectons que le mot grec ne pouvait faire allusion à une telle période, car au mois de février, en Grèce, ce sont plutôt les vents froids que le pluie qui déferlent. Qui plus est, n'oublions pas que le Zodiaque n'est pas né dans l'esprit des Grecs, mais dans celui des Mésopotamiens, qui vivaient dans une région au climat très différent, où l'on peut imaginer que les pluies étaient rares, mais de ce fait même, régénérantes, fécondatrices.

Par ailleurs, si l'on s'en tient à l'étymologie du verbe "verser" c'est-à-dire versare en latin, on découvre qu'il signifie "tourner" ou "faire tourner" et que, au figuré, on l'employait pour exprimer le fait qu'on remuait l'esprit de quelqu'un pour le faire changer d'avis ou agir sur lui. On peut attribuer l'action de remuer ou de faire tourner aux mouvements du vent ou de l'eau : les ailes d'un moulin sont actionnées par la force des vents et sa roue à aubes par celle des eaux. Et si nous sommes remontons aux origines du mot latin versare, on découvre une racine indo-européenne dans le mot werte qui, en sanskrit comme en germanique, signifiait : "tourner, retourner, renverser", mais aussi "se tourner, s'orienter", et même "changer"...

On voit la richesse d'interprétations que contient le nom de ce onzième signe du Zodiaque qui mêle l'eau et le vent, c'est-à-dire l'Eau et l'Air, deux éléments primordiaux qu'on ne peut séparer. Cette richesse et ce mélange, qui engendrent quelque chose de singulier et font appel à des considérations tout à fait originales et non conventionnelles, sont omniprésents dans les symboles vivants des 3 décans de ce signe.


Le Verseau du 1er décan, du 20 au 30 janvier environ : ce décan a pour nom Originalité. Son maître est Vénus. Ne nous étonnons donc pas si le "verseur d'eau" qui figure en lieu et place des 10 premiers degrés de ce signe est un personnage pourvu d'une certaine grâce. C'est un jeune homme qui a quelque chose d'efféminé, aussi bien dans son attitude que dans son physique et son allure. On pourrait presque croire qu'il s'agit d'un être androgyne, ou doté d'un caractère angélique. Et pourtant, il s'agit bien d'un jeune homme. Il se tient debout, la jambe droite en avant, le pied droit posé à terre, l genou droit très légèrement replié, tandis que sa jambe gauche est plus en retrait, la pointe de son pied gauche bien ancrée sur le sol, mais le talon levé et le genou gauche plus nettement replié. Il est un peu revêtu comme un page du Moyen Âge, et il porte une cape sur le dos, qui descend jusqu'au milieu de son corps, flottant au vent derrière lui. Son buste est un peu penché vers l'avant. De sa main gauche, il tient une cruche d'eau par une anse, la tête en bas, dont il verse le contenu dans une bassine déjà remplie d'eau. Comme on peut le constater, le vent et l'eau sont présents dans cette image, le premier étant suggéré par les mouvements de sa cape et de sa chevelure ébouriffée, la seconde, bien sûr, par le flot qui coule de sa cruche renversée. Il a posé sa main droite sur le fond de la cruche, sur laquelle son regard fixe semble concentré, indifférent à tout ce qui pourrait se passer autour de lui. En effet, n'oublions pas que le premier maître incontesté du signe du Verseau est Saturne. Ici, donc, le pouvoir de concentration, la capacité à fixer son attention sont d'une grande importance. Mais pourquoi donc verse-t-il l'eau d'une cruche dans une bassine contenant déjà de l'eau et posée sur la terre ferme ? Parce que, symboliquement, ce sont ses pensées originales et ses sentiments singuliers qu'il déverse, remue et fait tourner ainsi, mais il ne tient pas à les disperser. Ainsi, dans la bassine, l'eau de ses pensées, idées et sentiments est contenue, préservée, et ne risque pas de se perdre. C'est ainsi que le natif de ce 1er décan se distingue souvent par son pragmatisme.


Le Verseau du 2e décan, du 31 janvier au 8 février environ : nous sommes ici dans un univers moins ambigu que dans le 1er décan, mais tout aussi intense et plus primitif. Le personnage qui est représenté au cœur du signe du verseau se tient debout, lui aussi, mais il est nu comme un ver. Il serait plus juste de dire qu'il est nu comme un homme préhistorique. en effet, si son corps fait plus songer à celui d'un enfant qui aurait grandit trop vite, ou encore à celui d'un adulte un peu difforme qui aurait gardé les rondeurs et les attitudes de son corps d'enfant, il est recouvert d'une dense toison de poils dans le creux des bras, sur le torse et sur les cuisses. Il fait ainsi penser à un être dont les instincts sont encore très vifs, chez qui l'animalité affleure toujours. Sa chevelure, très dense également, est hirsute. Elle flotte au vent. De la main droite, qui se trouve au niveau de son visage, il tient une vasque renversée, de laquelle coule à flot une eau qui fait songer à celle d'un fleuve au parcours sinueux, au creux d'une vallée. En réalité, on devine que cette eau renversée est agitée par le vent et que c'est l'explication de ses ondulations. L'aspect primitif du personnage figurant ici, dont se dégage un mélange de brutalité et de douceur, et typique de la Lune noire, qui gouverne ce décan. Quant à l'eau ondoyant sous l'effet du vent, elle fait allusion aux qualités d'inspiration, d'aspiration et de divination que l'on attribue à ce décan.


Le Verseau du 3e décan, du 9 au 18 février environ : notre dernière figure est celle que nous avons l'habitude de mettre en avant, lorsqu'on fait allusion au signe du Verseau. En effet, il s'agit d'un personnage ayant posé son genou droit à terre, tandis que son pied gauche est ancré sur le sol et que sa jambe gauche est repliée. Il se tient dans cette position au bord d'un fleuve tumultueux. Il soutient et encercle de ses deux bras puissants une lourde et imposante amphore posée sur son épaule gauche. Il s'en déverse un flot important, qui donne l'impression d'être sans fin ; ainsi, l'amphore en question semble sans fond. On pense évidemment à la corne d'abondance, aux ressources infinies de l'imagination et du psychisme. Car c'est bien de cela dont il s'agit dans ce décan gouverné par Neptune, qui souligne une grande richesse émotionnelle potentielle, de grandes réserves d'inspiration, là aussi, un foisonnement de rêves et d'utopies, dont les hommes se nourrissent pour espérer, mais aussi pour croire et évoluer. En effet, la foi et l'utopie se rejoignent dans ce décan."


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Dans Les Druides et l’astrologie Origine et fondements de l’astrologie celto-druidique De la préhistoire au Moyen Âge (Aparis, 2014 ), Michel-Gérald Boutet fait le point sur les convergences entre les différents zodiaques antiques :


Pour Verseau, la suite hittite nomme le « trône la divinité titulaire (Halmasuit) » de la Souveraineté. L’idée du pot verseur présente dans le zodiaque védique est aussi présente dans la symbolique zodiacale grecque, latine et celtique. La désignation du Livre de Ballymote fii8 explique peut-être le qualificatif « calamiteux ».


Note : Hydrochoös en grec et Aquarius en latin pour « verseur » alors qu’Anacantios en celtique signifie « calamiteux » ou Anagantios « Inactif » et a la connotation d’Anaxs « pot ».

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