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La Malachite




Étymologie :

  • MALACHITE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1remoitié xiie s. melochite (Lapidaire de Marbode, 897 ds Lapidaires, éd. P. Studer et J. Evans, p. 66) ; début xive s. malaquite (Lapidaire de Berne, 1137 ds Lapidaires, éd. L. Pannier, p. 143) ; 1562 pierre molochite (A. du Pinet, L'Hist. du Monde de C. Pline, 2 ds FEW t. 6, 3, p. 59) ; 1683 malachyte (J.-J. Guiffrey, Comptes des bâtiments du roi, t. 1, p. 192) ; 1684 malachite (Fur.). Empr. au lat. molochitis (Pline), et celui-ci au gr. μ ο λ ο χ ι ́ τ η ς οu μ ο λ ο χ ι ̃ τ ι ς « sorte de pierre précieuse », dér. de μ ο λ ο ́ χ η, var. de μ α λ α ́ χ η « mauve ».


Lire également la définition du nom malachite afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Usages traditionnels :

Selon Georges Tsoucaris, Philippe Walter, Pauline Martinetto, et al. auteurs de "Les cosmétiques au temps de l'Égypte pharaonique". (In La Jaune Et. la Rouge, 2001, vol. 56, pp. 46-48) :


[...] De même que le fard servait à remplir et à reconstituer l’œil d’Horus et des défunts, le maquillage quotidien de l’œil était assimilé à une action prophylactique et thérapeutique. Les fards étaient alors devenus des “fluides divins”, le vert étant une émanation sortie de l’œil d’Horus et le noir de l’œil de Ra. Inversement, on peut penser que cet échange entre l’ordre humain et l’ordre divin a dû contribuer à la recherche de produits thérapeutiques comme en témoignent certaines recettes répertoriées dans les papyrus médicaux (Ebers 385 traduit par Bardinet, 1995) :


“Viens, malachite ! Viens, malachite ! Viens, la verte ! Viens écoulement de l’œil d’Horus !

Viens, rejet de l’œil d’Atoum ! Viens, sécrétion sortie d’Osiris !

Viens à lui (le malade) et chasse pour lui les sérosités, le pus, le sang, la faiblesse de la vue…”


Ces paroles étaient à réciter sur de la malachite pilée dans du miel fermenté avant son application sur les yeux pour “ chasser la montée des sérosités ”.

Dotés de propriétés à la fois esthétiques, thérapeutiques et religieuses, on pouvait s’attendre à trouver dans les fards égyptiens des matières complexes que l’analyse doit permettre de préciser.

Identifier à l’aide de la chimie analytique les matériaux cosmétiques employés et les procédés mis en œuvre n’est pas une recherche nouvelle. Différents chercheurs ont ainsi démontré, à la fin du XIXe siècle, l’emploi par les anciens Égyptiens de fards variés et complexes, très souvent à base de plomb. La galène (sulfure de plomb PbS), la cérusite (carbonate de plomb PbCO3), la pyrolusite (bioxyde de manganèse MnO2), la chrysocolle (silicate de cuivre hydraté) et la malachite (carbonate basique de cuivre) avaient ainsi été identifiées à partir de l’observation microscopique et de l’analyse microchimique de plus d’une centaine de prélèvements (Fisher, 1892; Florence et Loret, 1895; Lucas et Harris, 1963).

 

Harald Meller, dans un article intitulé "Le disque céleste de Nebra." (In : Pour la science, 2004, no 318, p. 32) présente ce que d'aucuns considèrent comme une des découvertes archéologiques majeures du XXe siècle :


Le disque céleste de Nébra
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Symbolisme :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


Phéniciens, Arabes et Grecs appréciaient tout particulièrement les vertus talismaniques de cette gemme verte qui permettait de vaincre les obstacles, protégeait des procès, débrouillait les affaires sentimentales délicates et éloignait mauvais œil et esprits malins.

Emblème de l'intelligence et de la tranquillité, la malachite donne également le talent de persuasion et suscite le succès dans les affaires. Certains en font la pierre des artistes et écrivains dont elle favorise la création.

La malachite est réputée encore éloigner la foudre et empêcher les terreurs nocturnes les Apaches en fixent une à leur fusil pour accroître la précision de leur tir.

D'un point de vue médicinal, on lui accorde le pouvoir de traiter les troubles ophtalmiques. Elle assure également le bon déroulement d'un accouchement : lorsqu'elle est attachée à un ruban autrour du ventre de la parturiente, elle soulage même les douleurs. L'élixir de malachite est supposé regénérer les cellules ; on dit aussi qu'elle est « un antidote aux radiations [ce qui] la rend précieuse pour les personnes que leur travail amène à rester plusieurs heures devant l'écran de leur ordinateur ».

Rêver de malachite annonce un changement radical dans l'existence.

Les natifs du Sagittaire, du Capricorne et des Poissons en tireront tous les bénéfices.

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Joëlle Ricordel, dans un article intitulé "Des vertus et couleurs de quelques minéraux dans les écrits des médecins de langue arabe (IXe-XIIIe siècle). (In :Pallas. Revue d'études antiques, 2021, no 117, pp. 219-233) explique la place de la malachite dans la pharmacologie arabe :


Dans l’Occident chrétien, la couleur verte n’a pas joui d’un préjugé toujours favorable. Elle est associée au poison mortel qu’est le vert-de-gris et les peintres n’hésitent pas à donner un teint verdâtre aux personnages empoisonnés qu’ils représentent. Le démon et les créatures maléfiques en sont également parés. Il n’en va pas de même dans les pays d’Islam où le vert est un symbole sacré depuis que le Prophète Muḥammad l’a choisi comme emblème. De plus, les gouvernants des pays musulmans ont, très tôt, eu le goût de la nature et des jardins et ont prêté une grande attention à la végétation. L’exemple du prince omeyyade d’Al-Andalus, `Abd al-Raḥmān I (756-788) est plein d’enseignement à ce sujet. Passionné d’horticulture, il fait planter, dans le jardin de la Ruṣāfa, au nord-est de Cordoue, de nombreuses plantes exotiques qu’il fait spécialement venir de Syrie d’où il était originaire ou d’autres régions d’Orient pour les acclimater sous les latitudes occidentales. Le vert est donc une couleur plutôt favorable dans la civilisation arabo-musulmane et l’on peut s’attendre à ce que les gemmes de couleur vertes soient dotées de vertus bénéfiques pour la santé. Si le béryl et la malachite sont cités dans les manuels de thérapeutique, c’est l’émeraude qui tient véritablement la vedette dans cette catégorie malgré la confusion faite fréquemment avec le béryl.

[...]

La malachite (دهنج) : cette gemme (dahnaj) est associée par sa couleur au béryl et à l’émeraude. Elle possède également des vertus antidotiques. On en fait absorber des brisures à une personne ayant pris du poison et elle agit sur les piqûres de scorpion.

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