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  • Anne

La Molène



Étymologie :

  • MOLÈNE, subst. fém.

Étymol. et Hist. Ca 1265 moleine (Voc. plantes, Ms Harley 978, 140 a ds T.-L.). Sans doute dér., sur le modèle de verveine* (tout comme la molène, cette herbe a des fleurs en épis de cymes), de mol (mou*), cette plante ayant été ainsi nommée à cause de ses feuilles souples au duvet moelleux. Cf. a. angl. moleyne att. vers 1440 ds NED, angl. mod. mullein, tous deux empr. au fr..


Lire également la définition du nom molène afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Verbascum ; Bonhomme ; Bouillon blanc ; Cierge de Notre-Dame ; Cierge royal ; Fleur de grand chandelier ; Herba luminaria ; Herbe de Saint-Fiacre ; Oreille de Saint-Cloud ; Queue de loup ; Tabac du diable.

Verbascum thapsus ; Blanc-de-mai ; Blhonde ; Bonhomme ; Bouyonne ; Brandelon ; Brizan ; Capsula ; Chandelier de Notre-Dame ; Chou d'âne ; Cierge ; Druize ; Flanelle ; Gamou ; Herbe à la clavelée ; Herbe chandelière ; Herbe de Saint-Fiacre ; Parapluie ; Poumonise ; Prud'homme ; Topasse ; Verge de Saint-Jean ;




Botanique :


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Symbolisme :


Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


BOUILLON-BLANC - BON NATUREL .

Les fleurs du bouillon - blanc sont employées en médecine comme pectorales . Bernardin de Saint-Pierre assure qu'ils croissent dans la saison où les rhumes de chaleur les rendent plus nécessaires.

Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), la Molène Bouillon-blanc (Verbascum thapsus) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Saturne

Élément : Feu

Divinité : Zeus-Jupiter

Pouvoirs : Protection ; Force ; Courage ; Divination amoureuse.


Utilisation magique : Pour écarter des troupeaux les maléfices, on allumait, le jour de la Saint-Jean, un feu avec des brassées de Bouillon-blanc et on passait à travers la fumée en poussant des cris perçants ; on rapportait quelques-unes de ces tiges à demi-brûlées et on les suspendait dans l'étable.

La plante protégeait contre les bêtes sauvages; le voyageur en avait sur lui pour traverser une forêt sombre et profonde ; en Europe centrale, lorsque des comités de village se formaient pour traquer un loup-garou, les hommes portaient sur eux une pièce d'argent enveloppée dans une feuille de Bouillon-blanc.

Une ancienne tradition recommande à ceux qui font des métiers de force, en particulier à ceux qui ont à porter de lourdes charges, d'envelopper une feuille de Molène dans le foulard qu'ils se nouent autour du front pour empêcher la sueur de ruisseler ; la charge leur paraît moins lourde et le seuil de la fatigue est reculé.

Dans le nord de l'Inde, cette plante est hautement protectrice ; on en suspend, la tête en bas, autour des maisons, des granges, des étables ; aux époques de mousson, on en garnit les berges des fleuves en crue pour les empêcher de quitter leur lit.

Dans la région montagneuse des Ozarks (Etat du Missouri ; aux États-Unis, les « gens des Ozarks » ont une réputation de montagnards un peu arriérés, vivant en clans fermés, repliés sur leurs traditions et méfiants à l'égard des personnes étrangères à leur terroir), les hommes se servent de cette plante à des fins de divination amoureuse. Leur méthode est des plus simples. Le galant concerné se rend dans un pré où il a repéré de belles et hautes Molènes. Il choisit la plus forte tige et la fait ployer dans la direction de la maison où habite l'élue de son cœur. Puis il fait une marque sur la plante pour la reconnaître et s'en va. Pendant dix jours, il doit se tenir à l'écart de ce pré. Lorsqu'il y retourne, si le Bouillon-blanc s'est bien redressé, s'il a repris sa forme verticale de grand et fort chandelier, alors la fille l'aime. Dans le cas contraire, le pied est mort.

Les feuilles et sommités fleuries, séchées et réduites en poudre fine, peuvent remplacer la terre de cimetière dans les recettes (rares) où cet ingrédient entre dans la composition du charme.

Dans les campagnes, les feuilles roulées servaient autrefois de mèches pour les lampes à huile ; les sorciers avaient une prédilection pour cet éclairage propice aux incantations et aux rites magiques.

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Selon Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani :


Cette plante à fleurs jaunes, familière des lieux incultes, dont les feuilles desséchées servaient jadis à faire des mèches de lampe, est surnommée "cierge (chandelier) de Notre-Dame" : la légende veut en effet que "la Sainte Vierge les recouvrait de poix pour s'en servir pour l'éclairage de la maison de Nazareth". Les sorciers, dit-on, appréciaient également les lampes à huile dont les mèches étaient constituées de feuilles de bouillon blanc considérant qu'elles étaient propices aux rites magiques.

Le bouillon blanc a de grandes vertus de protection : des tiges de ses fleurs ayant servi à allumer le feu de la Saint-Jean et placées à demi brûlées au-dessus des portes des étables en écartent les maléfices. Qui s'en munie pour traverser une forêt n'a rien à craindre des animaux sauvages. Autrefois, "en Europe centrale, lorsque des comités de village se formaient pour traquer un loup-garou, les hommes portaient sur eux une pièce d'argent enveloppée dans une feuille de bouillon blanc.

La plante, censée donner force et courage, est tout spécialement recommandée à ceux qui portent de lourdes charges : s'ils en glissent une feuille dans leur foulard, "la charge leur paraît moins lourde et le seuil de la fatigue est reculé".

Dans le nord de l'Inde où du bouillon blanc ornent souvent les maisons et les étables en vertu de son heureuse influence, on en répand aussi, à l'époque des moussons, sur les berges des fleuves en crue, croyant empêcher ainsi les inondations.

Selon un usage des montagnards des Ozarks (Missouri), un jeune homme qui veut savoir s'il est aimé doit se rendre dans un pré, choisir une belle tige de bouillon blanc et la tordre dans la direction de la maison de l'élue de son cœur. Si, dix jours plus tard, a plante s'est redressée, le jeune homme est rassuré sur les sentiments qu'il inspire ; ce qui n'est pas le cas si le pied est mort.

Selon Hippocrate, le bouillon blanc soignait les blessures, tandis que Pline lui reconnaissait de grandes vertus pour les maladies pulmonaires. Plus tard, au Moyen Âge, il fut utilisé contre les rhumatismes, furoncles, panaris, dartres et hémorroïdes.

Pour guérir les écrouelles, une jeune fille vierge devait placer sur le mal une feuille de bouillon blanc, chauffée et arrosée de vin et invoquer Apollon par cette formule : Neque Appollo pestum posse crescere quam nuda virgo restingat (Morvan). Les fiévreux, sans dire un mot et en récitant le chapelet, cherchaient un pied de la plante qu'une fois trouvé ils jetaient en l'air ; la fièvre disparaissait aussitôt. Dans la Vienne, on guérissait un chien enragé en le frottant avec le jus de bouillon blanc.

Le bouillon blanc, qui rend inoffensives les morsures de serpent, n'a pas toujours bonne réputation puisqu'en Anjou celui qui le piétine se perd et ne peut plus retrouver son chemin. Dans la Vienne, on soutient que "les personnes qui aiment et manient cette plante sont nées en hiver ; elles ne sont pas très amoureuses."

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Roger Tanguy-Derrien, auteur de Rudolph Steiner et Edward Bach sur les traces du savoir druidique... (L'Alpha L'Oméga Éditions, 1998) s'inspire du savoir ancestral pour "récapituler de la manière la plus musclée les informations sur les élixirs" :


Bouillon blanc ou Molène (Verbascum) : Vous souhaitez développer l'harmonie dans votre famille ou au sein d'un groupe de travail car vous travaillez tous sur un gros projet. Vous décidez d'être encore plus sincère avec vous-même ou exploiter votre propre potentiel qui généralement voisine 10% (Einstein 15%). Vous avez hérité d'un terrain tuberculinique qui se manifeste parfois par un lupus, une coxalgie, une arthrite fongueuse, une amygdalite hypertrophiée, une blépharite ciliaire. En espérant que vous n'avez rien de cela, cependant votre peau est plutôt blanche, les chairs sont molles (comme Molène) et bouffies, vos lèvres sont charnues et votre nez assez large. Votre peau ou vos muqueuses sont parfois l'objet d'inflammations traînantes. Des ganglions gonflent de temps en temps dans la région du cou. Vous n'avez pas toujours eu une hygiène de vie convenable ou votre alimentation a souffert parfois de carence (anorexie, privation en période troublée).

Cette plante de la famille des scrofulariacées vous intéresse. Scrofule a été remplacée au 20e siècle par le mot tuberculose. Début 16e siècle, Paracelse appelait cette affection diathésique humeur froide ou écrouelles. Donc cette plante bisannuelle ne développe la première année qu'une grosse rosette appliquée au sol, faite de grandes feuilles laineuses et pétiolées. Ce gros poumon invaginé, sortant de terre, a quelque chose de monstrueux. Il se concentre dans ce sol pierreux, sec et chaud. Dans sa future fleur, on devine déjà un processus favorable pour l'appareil respiratoire humain. Oui, quelque chose qui peut lutter efficacement contre la bronchite aiguë, l'asthme, les complications pulmonaires, la trachéite (il porte aussi le nom de cierge royal). La présence d'un principe mucilagineux contenu dans sa fleur y est pour quelque chose. Mais ce n'est pas tout. Il s'y trouve encore de la saponine, des amers, des glucosides, de la vitamine E et toute une panoplie d'avantages qui devraient combattre très énergiquement cette nouvelle maladie appelée la mucoviscidose. Mais cela reste un nouveau domaine d'expérimentation...

La deuxième année, la plante s'élance avec fougue vers le ciel et la lumière et au plus fort de l'été, elle profite du maximum des conditions estivales pour éclore ses fleurs d'or pâle. Ces dernières adhèrent à la hampe épaisse, feutrée d'un duvet gris, tel un cierge royal et fière de montrer sa virilité. C'est ce même sentiment d'accomplissement qui pénètre l'homme quand il aboutit au but recherché à la suite d'un projet difficile à réaliser.

L'élixir de Bouillon blanc vous aide à jouir du fruit de votre travail tout en libérant des forces créatives au niveau du hara appelé encore le centre de l'honneur (bien connu des samouraïs qui se faisaient hara-kiri). Ce centre s'appelle en énergétique chinoise la réserve de l'énergie ancestrale. C'est peut-être sur cet endroit qu'il faut insister pour vaincre certaines maladies génétiques ? Légèrement aphrodisiaque, il accroît la virilité et soigne la cystite.


Mots-clés : Ce bouillon est en fait un bon bouillon de onze heures qui stimule l'aine et la gorge (principalement leurs ganglions). Mollène est anti-mol-aîne et nous retiendrons aussi le mot verbe dans verbascum : la gorge n'est-elle pas un des organes de l'expression du Verbe (Verbascum) bien ou mal utilisé.

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Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale 2014 ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience à partir du moment où il est entré sur la voie de la Guérison avec l'Esprit des plantes :


"J'ai donné à une époque un cours dans lequel les élèves m'amenaient des patients à traiter. Un de ces patients était un homme d'un certain âge qui venait de sortir de l'hôpital. Il souffrait de leucémie et frôlait déjà la mort. Il avait abandonné sa carrière artistique et errait à la recherche d'un traitement qui pourrait lui épargner la souffrance de se derniers jours. Un voyage en rêve jusqu'à son âme m'a révélé un paysage intérieur aussi aride et désespéré que le plus rébarbatif des déserts. J'ai traité cet homme avec les esprits de deux plantes. Quelques jours après, il est retourné chez lui, et, peu de temps après, j'ai reçu cette lettre de l'élève qui assurait le suivi de son traitement :


"L'homme qui avait une leucémie, que nous avons vu plus tôt ce mois-ci, m'a appelé cette semaine pour me dire qu'il avait ressenti de bons résultats du traitement, et qu'il voulait venir me voir pour un autre traitement. Quand il est arrivé, il a commencé à me raconter ce qui lui était arrivé. Le lendemain de votre traitement, il s'était réveillé dans ce qu'il appelle "un état différent de conscience", qui ne l'a plus quitté depuis. Il a parlé de "s'être souvenu de qui il était" en allant dans une île où sa famille avait passé beaucoup de temps, et près d'une pierre portant une inscription, qui était importante pour lui, et qui un jour lui avait parlé.

La semaine dernière, son médecin a réduit de moitié sa dose de chimiothérapie parce que son nombre de leucocytes avait baissé de moitié. Il a nettoyé son atelier et a recommence à peindre. Il a eu ce qu'il appelle des "rêves lucides", et il parle du pouvoir thérapeutique de ces rêves.

Anticipant de son traitement, j'avais décidé d'utiliser sur l'esprit de la molène. Le jour précédent sa visite, j'ai moi-même trouvé de la molène dans une combe. Le lendemain matin, avant qu'il n'arrive chez moi, j'ai fait un autre voyage en rêve auprès de la molène. Je me suis retrouvé dans un endroit où un corbeau m'attendait au milieu d'un groupe de molènes. Près de là, il y avait un arbre, et, dans ses branches, des feuilles de molène et des plumes de corbeau entremêlées formant un nid. A cet endroit, quelqu'un ayant besoin de soins aurait été rempli d'un flot de bénédictions. Et, quand cette personne aurait été prête, le corbeau se serait envolé.

Quand notre patient est arrivé, je l'ai traité avec l'esprit de la molène. Alors qu'il était étendu sur la table de soins, il a entendu un corbeau devant ma fenêtre. Il a commencé à raconter une histoire selon laquelle il avait recueilli un bébé corbeau qui avait été offert à une de ses petites amies... Il avait alors préparé un nid pour lui, et en avait pris soin pendant des mois. Il m'a expliqué à quel point il s'était senti profondément impliqué, allant jusqu'à apprendre les mœurs des corbeaux. Et, quand le moment était venu, le corbeau dont il avait pris soin s'était envolé."

La chose la plus remarquable dans cette histoire est que le patient est entré dans un "état différent de conscience". Cette nouvelle conscience lui a permis de trouver un remède dans ses rêves et de retrouver la connexion magique avec la nature qu'il avait connue dans sa jeunesse. Dans cette magie, la vie valait à nouveau la peine d'être vécue, et le corps de cet homme a réagit en se mobilisant pour combattre la maladie. la preuve qu'il était guéri est qu'il a nettoyé son atelier et recommencé à peindre. En d'autres termes, il était ressuscité. il était revenu à la vie.

Grâce à une union extatique avec la nature, cet homme a obtenu une chance de survie, alors qu'avant il n'en avait aucune. Cependant, la guérison n'a rien à voir avec le fait de mourir ou non. La guérison a à voir avec le fait de vivre pleinement.J'espère que cet artiste a poursuivi une vie longue et fructueuse, mais, quelle que soit la date de sa mot, ce fut de toute façon un grand succès, parce qu'il avait réellement vécu entre-temps.

[...]

La molène bouillon-blanc, Verbascum thapsus, est une plante commune aussi bien dans le Nouveau Monde que dans l'Ancien. Ses feuilles sont douces, duveteuses comme de la flanelle. Sur les plantes de deux ans pousse une grande tige centrale avec des fleurs odorantes d'un jaune éclatant. Un macérat chaud de ces fleurs dans de l'huile d'olive est utilisé en gouttes pour les douleurs d'oreilles des enfants.

Souvent, dans mes rêves de plantes, je ne vois et je n'entends rien, mais j'éprouve une sensation intérieure précise. Si cette sensation est désagréable je fais l'hypothèse que la plante peut la guérir ; et, si elle est agréable, je suppose que l'esprit de la plante me montre les avantages qu'il a à offrir. Mon rêve avec la molène fut de ce type. Rien ne semblait se passer, et pourtant je me sentais dorloté et en sécurité, comme si ma mère venait juste de me donner un lait chaud, m'avait bordé dans mon lit dans des draps en flanelle de molène, et m'avait chanté une douce berceuse. Depuis lors, j'ai utilisé la molène pour apporter du confort et de la sécurité à beaucoup de personnes souffrant d'un déséquilibre de l'élément Terre."

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Alexandre Arnoux nous propose un Calendrier de Flore (Éditions Bernard Grasset, 2014) dans lequel il évoque la Molène ou Bouillon-Blanc :


... ni ne se fendille, à la pénombre ensuite, au plein feu du Bourguignon enfin, pour lui donner sa dureté, son inflexibilité, son éternité indéformable, sa patine. Voilà. Les kilomètres désormais ne mesurent plus pour vous que la moitié, les deux tiers au plus, de leur parcours réglementaire, et votre sac perd dix bonnes livres de son poids. Grâce à la molène, au bouillon-blanc.

Ainsi, entre 1914 et 1918, le bobosse arpentait les chaussées et le bouillon-blanc trimait de compagnie, la racine en haut, le sommet en bas, tandis que les autres, ceux des accotements, flammes jaunes vers le zénith, racines en terre, le regardaient passer d'un œil d'envie. J'ai compris. S'il pousse, le chandelier royal, à la lisière des chemins, c'est qu'il désire devenir canne, qu'il aime l'art, le voyage, la main de l'homme et son humeur vagabonde, que la sédentarité et la brutalité non encore stylisée de sa gangue lui pèsent, qu'il appelle silencieusement, de toutes ses lampes, le passant qui le modèlera et l'emmènera loin, au-delà de sempiternel virage, de ce poteau télégraphique d'une sèche et monotone conversation, qui l'arrachera à cette fonction d'apparat, flamboyante et stérile.

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Maïa Toll, auteure de L'Herbier du chaman, 36 cartes divinatoires, A la rencontre de la magie des plantes (Édition originale 2020 ; Édition française : Larousse, 2021) nous révèle les pouvoirs de la Molène (Verbascum spp.) :


Mot-clef : Intégration


La Molène apparaît là où on a besoin d'elle et a du mal à rester là où elle se sent inutile. En raison de son goût inné pour le mouvement, elle a appris beaucoup sur des tas de choses au fil des années, ce qui en fait un guide précieux pour vous accompagner dans n'importe quel voyage. Elle rassemble des connaissances diverses et variées, construisant facilement des ponts intellectuels entre des éléments apparemment disparates ou incohérents - parce qu'elle a le talent de voir la structure globale. Elle va chanter la relation entre l'os et l'eau, ou entre l'air et la peau, d'une manière qui vous pousse à vous demander comment vous avez fait pour ne pas voir ces liens. Faites appel à la molène quand vous avez besoin d'une lumière dans l'obscurité ou d'une vue d'ensemble vous permettant de comprendre les différentes parties d'un tout.


Rituel : Pensez global

Comprendre comment les choses s'influencent mutuellement est la clé pour identifier les structures profondes à l’œuvre dans ce monde. Dans votre tête, sous forme de petit dessin ou dans votre journal intime, trouvez les fils qui relient ces choses apparemment séparées.

Un gland et un papillon

La lune et un bateau

Votre tête et votre cœur

Relier des choses disparates

Il y a de nombreuses années, j'ai suivi un atelier avec Tom Robbins, l'auteur de Un parfum de Jitterbug. Cela fait longtemps, et je ne me rappelle pas ses mots exacts, mais j'ai retenu l'essentiel, à savoir que le job d'un écrivain est de relier des choses disparates, par exemple un Choco BN et Jupiter, ou le carillon de l'horloge de votre grand-père et la trajectoire rapide d'une hirondelle qui sort de l'avant-toit de la grande. L'écriture peut vous aider à établir des liens et voir la globalité.


Réflexion : Mettez-vous dans la peau de l'araignée

La molène ressemble à une araignée, au milieu de sa toile, qui sent les vibrations de ses nombreux fils et a une vision d'ensemble de sa toile. Imaginez que toutes les parties de votre vie forment un immense réseau où les personnes, les lieux et les objets sont interconnectées. Et que vous êtes l'araignée au centre de sa toile. Visualisez les fils qui partent dans différentes directions à partir du centre. Insufflez de la conscience à votre connectivité. Certaines parties de votre vie doivent-elles être intégrées à l'ensemble ? Puis choisissez une action à mener ou une décision que vous êtes en train de prendre. Sentez vibrer votre toile. Sur qui ou sur quoi votre décision aura-t-elle un impact, une influence ?


« Aussi loin en arrière que vous alliez, vous verrez que toutes vos expériences sont reliées par des fils infimes. »

(Robert Hellenga, Philosophy Made Simple)

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Mythologie :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),