Saille
- Anne

- 31 déc. 2018
- 24 min de lecture
Dernière mise à jour : 13 avr.
Symbolisme :
Selon Robert Graves, auteur de Les Mythes celtes, La Déesse blanche (Éditions Faber and Faber, 1948 ; traduction française : Éditions du Rocher 1979 et 2007) :
"C'est dans l'Ogygie de Roderick O' Flaherty que j'ai trouvé mention, pour la première fois, de Beth-Luis-Nion, comme une authentique relique du Druidisme transmise oralement jusqu'à nous à travers les siècles. On s'en serait servi jusqu'à une époque récente, uniquement pour des usages divinatoires. Il consiste en cinq voyelles et treize consonnes. Chaque lettre tire son nom de l'arbre ou de l'arbuste dont elle est l'initiale.
Dans l'alphabet irlandais moderne les noms des lettres sont également des noms d'arbres et la plupart d'entre eux correspondent à la liste d'O' Flaherty excepté le T qui est devenu l'Ajonc, l'O le genêt et l'A l'orme.
[...]
S pour SAILE
Le cinquième arbre est le saule, ou osier, qui, en Grèce, était consacré à Hécate, Circé, Héra et Perséphone, toutes aspect de la mort de la triple Déesse-Lune. Il fut très en honneur chez les sorcières. Comme le dit succinctement Culpeper dans son Herbier complet : « Il est sous la complète dépendance de la Lune. » Sa relation avec les sorcières est si forte dans le nord de l'Europe que les mots « sorcière » et « malfaisant » (witch et wicked) y viennent du même ancien mot pour saule (willow) qui devient parfois osier (wicker). Le « balai de sorcière » dans la campagne anglaise esr encore composé d'un manche de frêne et de petites branches de bouleau liées par de l'osier : les branches du bouleau pour qu'à l'expulsion des mauvais espritsil n'y en ait aps à demeurer empêtrées dans le balai et le manche de frêne en guise de protection contre la noyade (les sorcières deviennent inoffensives lorsqu'on les prive de leurs balais et qu'on les jette dans l'eau courante) ; les ligaturessotn enosier en l'hnneur d'Hécate. Les sacrifices humains druidiques étaient offerts en période de pleine Lune dans des corbeiles d'osier ; quant aux silex trouvés dans les tombes, ils étaient taillés en forme de feuilles de saule.

Le saule (helice en grec, salix en latin) donna son nom à l'Hélicon, le séjour des neuf Muses, prêtresses orgiaques de la Déesse-Lune. On sait que Poséidon avait précédé Apollon comme chef des Muses à l'époque où c'était lui qui avait été le gardien de l'oracle delphique ; aux temps classiques, en effet, un bosquet lui était encore consacré sur l'Hélicon. Selon Pline, un saule poussa hors de la caverne crétoise où naquit Zeus ; enfin, parmi ses commentaires à proposd'une série de monnaies de Gortyne, en Crète, A. B. Cook, dans son Zeus, suggère qu'Europe, qu'on y voit assise dans un saule, un panier d'osier à la main, tandis qu'un aigle lui fait l'amour, n'est pas seulement Eur-ope (« Celle à la Face Large »), c'est-à-dire lapleineLune, mais Eu-rope (« Celle du Saule-Osier bien venant ») alias Hélicé soeur d'Amathée. Porter du saule au chapeau pour se désigner comme un amoureux éconduit semble avoir été d'abord un charme contre la jalousie de la Déesse-Lune. Le saule lui est consacré pour de nombreuses raisons ; c'est l'arbre qui affectionne le plus l'eau, or la déesse de la Lune passe généralement pour la dispensatrice de la rosée et de l'humidité ; ses feuilles et son tronc, sources de l'acide salicylique, sont souverains contre les crampes rhumatismales que l'on pensait autrefois être causées par le pouvoir des sorcières. Le premier oiseau orgiaque de la déesse est le torcol (1), ou oiseau-serpent, ou épouse du coucou, un migrateur printanier qui siffle comme un serpent, se couche de tout son long sur une branche, dresse la tête lorsqu'il est en colère, tord son cou dans toutes les directions, pond des oeufs blancs, mange les fourmis et porte des marques en V sur ses plumes comme celles sur les écailles des serpents oraculaires dans l'ancienne Grèce, enfin niche toujours dans les saules.
En outre, le liknos, ou tamis anciennement utilisé pour vanner le blé, était fait en saule. C'était à bord de tels grands tamis, ou cribles, que les sorcières du nord Berwick allaient sur la mer au cours de leurs sabbats, à ce qu'elles confessèrent au roi Jacques 1er. Une célèbre peinture grecque de Polygnote, à Delphes, représente Orphée recevant le don de l'éloquence mystique en touchant des saules dans un bosquet appartenant à Perséphone ; il convient d'y rattacher l'injonction du Chant des Arbres de la Forêt : « Ne brûlez pas le saule, arbre sacré pour les poètes. »
Le mois s'étenddu 15 avril au 12 mai et e 1er mai, célèbre pour ses ébats orgiaques etsa rosée magique, tombe au milieu. Il est possible que le fait de porter des branches de marceau (espèce de saule) le dimanche des Rameaux, fête variable tombant leplus souvent au début d'avril, soit une coutume qui concerne en réalité le début du mois du saule.
Note : 1) On surnommait Dionysos lyngies, « du torcol », parce que l'oiseau jouait un rôle dans un ancien charme érotique. Callimaque, le poète du IIIe siècle avant notre ère, dit que le torcol avait servi de messager à Io pour attirer Zeus dans ses bras, et son contemporain Nicandre de Collophon rapporte que neuf jeunes filles de Piérie qui rivalisaient avec les Muses furent transformées en oiseaux dont l'un était le torcol, ce qui signifie que le torcol était consacré à la Déesse-Lune originelle du mont Piérie dans le nord de la Thessalie. Il était également sacré en Egypte et en Assyrie. "
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Laura Tuan, autrice d'un livret d'accompagnement intitulé Les Tarots celtiques (Éditions De Vecchi S.A., 1998) propose un article sur l'ogam Saille :
"Saule - Saille
Période : 15 avril - 12 mai.
Divinité : Epona ou Rhiannon.
L'arbre qui pousse vite et abrite de ses frondaisons les mystères des amants parle un langage symbolique de fécondité te de douceur.
Comme leur bois, souple mais résistant, les natifs du saule savent surmonter les difficultés et doser leurs efforts, tant physiques que psychiques, pour ne jamais se retrouver à court d'énergie.
Forts d'une élégance innée et d'un charme instinctif, ils suscitent l'approbation, même imméritée ; souvent, en effet, ils ont reours à leurs capacités de séduction pour plier les événements et les personnes à leur avantage.
Ils entretienent d'excellents rapports avec l'argent et ont la manie de la propriété, qu'ils poursuivent avec constance et défendent avec obstination.
Le jeu amoureux les ingtrigue, mais ils ne se laisent pas emporter par leromantisme et gardent toujours lecôté pragmatique de la vie bien présent à l'esprit.
Ils apprécient la nature, la campagne, les bons petits plats, la paresseuse sensualité de la joute érotique, mais ne dédaignent pas pour autant des plaisirs plus raffinés comme la musique et l'art.
[...]
Symbole de purification et de renaissance en raison de sa croissance extrêmement rapide, le saule est connu pour la souplesse de ses branches dont on tire des claies et de l'osier. Son lien avec les sorcières est si fort que les termes anglais witch (sorcière) et wicked (méchant) renvoient à son ancienne racine, wicker, qui désigne aussi l'osier. Tant et si bien que les balais des sorcières sont fabriqués avec un bâton de frêne, de petites branches de bouleau et des lacets de saule.
Les sacrifices des druides étaient offerts à la pleine lune dans des corbeilles d'osier, et les pierres funéraires revêtaient la forme de feuilles de saule.
Divinité : Epona ou Rhiannon.
Les cartes : dans la version printanière, l'arbre est habité par des sylphes farceurs exécutant des cabrioles. Sur la carte de l'été, beaucoup plus passionnelle et solaire, deux salamandres aux corps voluptueux chevauchent leur inséparable balai et s'accompagnent du corbeau prophétique qui présage la mort des héros et leur conseille, sans presque jamais être écouté, de ne pas poursuivre le combat. Sur la carte de l'automne, le saule se fait le témoin de la récolte et de la richesse, comme le suggère le chaudron rempli de pièces aux pieds du gnome.
Arbre des sorcières et de la magie, de la mélancolie, de la clairvoyance et d'actes sacrificiels, le saule de la version hivernale pleure sous le rayon d'une Lune pensive.
Mots clés : Enchantement - Séduction - Sensualité - Romantisme - Purification - Renaissance- Astuce.
Printemps : A l'endroit : Profession au contact du public ou au service de la beauté - Art, charme comme atout dans les relations professionnelles - Emploi ou avancement obtenu parla ruse.
A l'envers : Problèmes professionnels dus à un coup de foudre dans le cadre du travail - Tromperies - Difficultés à se faire comprendre et apprécier - Risques - Attentions peu appréciées de la part de supérieurs et de collègues.
Été : A l'endroit : Beauté - Charme - Bourreau des cœurs- Preuves d'affection à volonté - Amours romantiques - Brusque retour de flamme après une période de calme.
A l'envers : Aridité du cœur - Froideur - Inquiétude - Désir immodéré de confirmations - Duplicité - Mensonges - Envie de « souffler » une personne sans éprouver d'intérêt pour elle.
Automne : A l'endroit : Désintérêt pour l'argent et le côté matériel en général - Allégresse - Dédain - Capacité de s'en tirer avec un peu de chance.
A l'envers : Séduction de la part de personnes faussement aisées - Apparence sans fondement - Dépenses peu avisées - Spéculations erronées - Pertes au jeu - Manque total de caractère pratique.
Hiver : A l'endroit : Spiritualité - Pureté - Beauté - Alimentation saine - Vie réglée - Belle peau - Chevelure abondante - Silhouette harmonieuse.
A l'envers : Mal de gorge - Troubles rénaux et sexuels - Peau grasse - Silhouette disgracieuse - Problèmes de poids - Alimentation déséquilibrée - Gourmandise - Lourdeur - Lenteur des réflexes.
Le temps : 15 avril - 12 mai.
Le conseil : Prêtez l'oreille à vos sensations, aiguisez votre vue, votre ouïe, votre toucher et ne vous refusez pas le plaisir de vivre : l'amour commence par là."
Selon Gwyddhyon, auteur de Ogham, Le Yi-King celtique des arbres (Éditions Chariot d'Or, 1999), le sorbier est associé à diverses caractéristiques :

"Nom : Saille
Lettre : S
Monde végétal : Saule (Salix spp.)
Signification : La bénédiction - la mort - la sagesse.
Symbole : La Lune
Couleur : Argenté.
Direction cardinale : Nord.
Triades celtiques : Il est trois choses qui devront diminuer dans le monde : les ténèbres de l'ignorance - le mensonge - la mort.
Monde de l'épreuve de l'Abred : Les bénédictions du Saule attirent les enchantements, les protections et l'amour. Sur le plan physique le saule soulage la douleur et et lutte contre les rhumatismes.
Selon les anciens guérisseurs celtiques, il chasse l'humidité du corps. Le Saule montre comment accepter les transformations incessantes dans ce monde et dans l'autre.
Monde des âmes de Kenmill : Laisser l'inspiration s'exprimer, laisser l'éloquence briller, laisser l'intuition se développer. Accepter les changements, même les plus bouleversants, en gardant cette aisance. Se protéger sous le saule des charmes et maléfices. Accepter d'ouvrir les portes du monde des fées.
Monde ultime de Keugant : Le Saule révèle les aspirations et les émotions les plus profondes, il les met en lumière et éclaire les véritables motivations. Il permet d'accepter les changements au niveau le plus profond de l'être.
Images : Couleur agonisante.
Arbre de la Lune.
"Le saule est prudent au combat."
J'ai la ruse de l'oiseau de proie juché en haut de la falaise."
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Dans Le Tarot Celte des arbres (Édition originale, 1998 ; Traduction française Le Courrier du Livre, 2001) Liz et Colin Murray associent Saille à :
Couleur : Brillant.
Chiffre : 4 qui symbolise le Cube cosmique, le carré solide.

Le Saule, dans l'Alphabet des Arbres représente les rythmes de vie féminins et lunaires. Il cherche de l'eau, prospérant sur les bords humides des lacs et des cours d'eau ou dans les prairies inondées. L'eau et les marées sont gouvernées par l'attraction de la lune. La lune dans ses rythmes mensuels est féminine, contrastant avec les rythmes quotidiens et annuels du soleil. A plusieurs égards, les Celtes tenaient la femme en plus haute estime que ce que nous faisons aujourd'hui. Au niveau matériel, les femmes étaient détentrices des propriétés, et quiconque contrôle la propriété contrôle le ménage. Des femmes de tout type et de tout âge apparaissent dans le panthéon celtique, la force spirituelle des hommes et la qualité de donneuse de vie des femmes étant reconnues comme égales. il y avait de nombreux collèges de druidesses - femmes instruites et enseignantes - respectées spécialement pour leurs dons de voyance, souvent exprimés par des rêves, ou des visions nocturnes.
La Déesse Brigit, dont l'un des attributs est la voyance, a sa Fête du Feu au cours du mois de Saule.
La fête d'Imbolc ou Brigantia, est l'une des deux Fêtes du Feu parmi les quatre du cycle annuel. Le Saule est en plus consacré à la déesse de la lune, qui gouverne ce mois. Le Saule offre aussi une protection contre les maladies humides, et il y a beaucoup de références, dans le folklore, à l'efficacité de cet arbre contre les affections. Les chimistes modernes extraient de la salicine de son écorce pour l'utiliser dans le traitement de la fièvre rhumatismale, confirmant ainsi à leur manière l'efficacité des remèdes populaires.
Le choix de la carte du Saule révèle votre côté féminin, un côté que nous possédons tous à un certain degré, et qui, quand il est complété par le côté masculin, crée une spiritualité vraiment équilibrée, le passage du temps est marqué par le cercle rythmique du soleil et de la lune, créant ensemble le dessin de l'année, ponctuée par les jours et les nuits. Le don féminin de fertilité est représenté dans la carte Saule. Ses chatons apparaissent au début du printemps, avant que les bourgeons des feuilles ne commencent à s'ouvrir. Contenant du nectar, ils contrôlent l'activité des abeilles car elles s'éveillent de la torpeur hivernale et commencent le cycle estival du transport du pollen.
Votre équilibre spirituel peut être en conflit, ou bouleversé, si la carte est à l'envers. Vous devez davantage vous occuper de votre côté féminin, observant ses rythmes et ses rêves.
Mots-clefs : Vision nocturne - Rythmes lunaires - Aspects féminins.
Quatrième mois : Février.

Selon Alain Gesbert, auteur de B. A. - BA Oghams divinatoires (Éditions Pardès, 2002), l'ogham Saille est associé à :
Arbre : Saule.
Mot clé : Intuition.
Association complémentaire : Compréhension - Clarté.
Lettre : S.
Période : 18 mars - 14 avril
Saille représente symboliquement l'intuition, le subconscient et la face cachées (ou mystique) de la nature. La peur n'est pas synonyme de l'intuition véritable. Saille indique une période créatrice, de la compréhension vis--vis de soi ou des autres, si on utilise l'intuition ; il y a également une idée de développement favorable de l'imagination. Saille est aussi un indice d'une rencontre avec une femme (ou avec un homme très intuitif) que vous ne connaissez pas ou peu : elle va vous dire des choses qu'il vous faut connaître. La communication avec les autres est facilitée et les tabous de famille peuvent être éclaircis.
Le défi de Saille : essayez de ne pas oublier la face intuitive et spirituelle de votre nature intérieure.
Visualisez ou imaginez un Saule près de l'eau qui symbolise l'inconscient et la voyance. Associez-y l'intuition, la lumière, qui permet la compréhension. C'est en vous-même que se trouvent déjà les réponses à vos questions.
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Ellen Eert Hopman, autrice de A Druid’s herbal of sacred tree medicine (Destiny Books, 2008 ; traduction par Deepl) propose sa vision de l'ogham Willow :
"Willow - Saille - [SAL-yuh]
Bien que nous ne disposions d’aucune preuve écrite concernant les programmes d’études des collèges druidiques de l’âge du fer, nous savons que les druides suivaient une formation pouvant durer jusqu’à vingt ans pour maîtriser leurs arts, et nous disposons de textes écrits provenant des écoles de poésie médiévales d’Irlande. D’après ces textes, il semble qu’au cours de la première année, l’étudiant apprenait cinquante oghams, cinquante autres la deuxième année, et encore cinquante la troisième année.
Étant donné qu'aucun texte n'était rédigé en ogham à l'époque, qu'aucune composition littéraire d'une certaine longueur écrite en caractères oghamiques n'a jamais été découverte, et que les poètes étaient des maîtres de la harpe, il est tout à fait possible que tous ces oghams aient en réalité constitué une notation musicale. Il est bien savoir que la poésie et la harpe étaient intimement liées dans la poésie gaélique classique et que le bois de prédilection pour les harpes anciennes était le saule.
La culture celtique antique connaissait le même système de castes indo-européen que l'on retrouve encore aujourd'hui dans les régions hindoues. Il y avait la classe sacrée, les nemed, qui étaient les dirigeants et les druides. En dessous d'eux dans la hiérarchie sociale se trouvaient les guerriers, puis les agriculteurs et les producteurs, et enfin les esclaves, équivalents aux « intouchables » en Inde.
Dans l'Irlande ancienne, on pouvait gravir ou descendre l'échelle sociale en fonction du niveau d'instruction. Mais il y avait des limites : un grand-parent éleveur de vaches devait conclure un contrat légal pour que son petit-enfant accède au statut de nemed, en fonction de son instruction et de sa richesse. On ne pouvait pas passer de boaire (agriculteur libre) à la classe des nemed en une seule génération.
Certains artisans et musiciens pouvaient obtenir le statut de nemed : « les constructeurs de maisons, de navires et de bateaux, et de moulins, les sculpteurs sur bois, les fabricants de chars, les tourneurs, les tanneurs, les pêcheurs, les forgerons et les métallurgistes… parmi les musiciens, seuls les harpistes.»
Comme l’expliquent Alwyn et Brinley Rees dans Celtic Heritage, « selon les lois brehon, seul le harpiste pouvait aspirer au rang de noble, ou nemed, et seulement à condition d’« accompagner la noblesse ». »
Un système de castes similaire existait au Pays de Galles, où, à l'époque préchrétienne, le statut social le plus élevé était réservé aux druides, parmi lesquels figuraient les poètes. Le pencerdd, le poète principal qui avait remporté sa place lors d'un concours, était honoré par les plus hauts dignitaires de la cour. Sous lui, se trouvait le bardd teulu, ou poète de la maison, l'un des officiers de la cour. Lorsque le barde de la maison prenait ses fonctions, le roi lui offrait une harpe, qui lui appartenait alors à vie. Sous le barde de la maison se trouvaient différents types de ménestrels.

Il est intéressant de noter que les harpes étaient traditionnellement fabriquées en bois de saule. Le « Chant des arbres de la forêt », un poème irlandais du XIIIe siècle, déclare : « Le noble saule ne brûle pas, arbre sacré aux poèmes. » La célèbre harpe dite de Brian Boru, conservée au Trinity College de Dublin (en réalité fabriquée au XIVe siècle), est entièrement faite de bois de saule.
Les harpes en osier étaient associées aux secrets poétiques, domaine des druides. Dans un conte traditionnel, le roi de Leinster, Labhraidh Loingseach, avait des oreilles de cheval, qu'il tentait de dissimuler sous ses longs cheveux. Un jeune homme fut chargé de couper les cheveux du roi et découvrit le secret. Le jeune homme jura de garder le secret sous peine de mort, ce qui le rendit malade. Pour apaiser son angoisse, il confia son secret à un saule. L'arbre fut finalement abattu, et transformé en harpe pour le harpiste royal. Lorsque le harpiste s'assit pour jouer pour le roi sur sa nouvelle harpe, le seul son qu'elle produisait était : « Labhraidh Loingseach a des oreilles de cheval ! » Ce récit recèle le secret du poète : la vérité finit toujours par éclater, et seule la vérité peut sortir de la bouche d'un poète. Le poète de la plus haute distinction (connu sous le nom d'ili) possède « la langue qui ne peut mentir ». Quand l'un d'eux parle, sa bouche prononce des prophéties.
Nous allons maintenant examiner la quatrième lettre de l'alphabet oghamique, saille (saule). Le Word Ogham o Morainn mic Moín mentionne li’ naimbi, « teinte des inanimés » ou « teinte des morts ». Le Word Ogham o Mic ind Oic mentionne lúth bech, « nourriture des abeilles ». Nous avons également tosach mela, « le début du miel », tiré de Briatharogam Con Culainn.
Dans « La Mort du roi Fergus », un conte irlandais, Lubhdan, le roi des lutins, récite un poème de mise en garde lorsqu'il voit un serviteur brûler du chèvrefeuille (Lubhdan énumère tous les arbres qu'il vaut mal de brûler, y compris le saule) au feu, un acte de très mauvais augure : « Le noble saule ne brûle pas, arbre sacré aux poèmes ; dans sa floraison, les abeilles butinent, toutes aiment la petite cage. » Ceci correspond aux descriptions du saule dans le Word Ogham comme « nourriture des abeilles » et « origine du miel ». Mais que penser de la référence à la « petite cage » ?
Nous savons que les harpes étaient faites de bois de saule et que le saule est un arbre « sacré pour les poèmes ». Le poète s'installe dans la caverne du saule pour y faire mûrir un poème. Les douces branches du saule ressemblent aux cordes de la harpe, qui est à la fois la source de vie et la prison du poète, contraint d'errer sur les routes pour gagner sa vie.
L'expression « teinte de l'inanimé » pour désigner le saule semble faire référence à la pâle lune de la nuit. Le saule prospère au bord des cours d'eau et est très sensible aux phases de la Lune. Selon la tradition, il ne faut jamais couper le saule en lune décroissante, car son bois serait alors cassant.
En Grande-Bretagne, un jeu traditionnel se jouait le 6 janvier appelé Haxey Hood. Le joueur principal était appelé le Roi Boggan ou Seigneur du Hood, et il portait une baguette faite de treize branches de saule assemblées, symbolisant les treize lunes de l'année. Les joueurs portaient des manteaux de flanelle rouge et des chapeaux ornés de fleurs rouges, symbolisant le soleil et sa renaissance. Tandis qu'ils se battaient pour s'emparer de la baguette de saule, leurs actions et leurs vêtements étaient censés donner de l'énergie au soleil naissant par magie sympathique.
Les poupées de la mariée, confectionnées en paille ou en jonc la veille d'Imbolc en Écosse, tenaient parfois une baguette de saule, symbole du pouvoir de la Mariée d'influencer le temps. (Célébré les 1er et 2 février, Imbolc est la fête de la lactation des brebis, des premiers labours et de la déesse Brigid, connue sous le nom de Mariée en Écosse.) Dans le Herefordshire, il est de bon augure d'[apporter un peu de saule à la maison le 1er mai, afin de protéger le foyer de la sorcellerie. Autrefois, en Écosse, on ramassait et filait les chatons de saule pour en faire des cordes à placer sous le seau à lait, comme protection contre les mauvais esprits.
Le bois de saule est utilisé dans la construction des maisons, notamment pour les toits de chaume (les toits de chaume en saule sont appelés « Sally rods » en Irlande). Il sert également à la fabrication d'objets en osier, et sa légèreté en fait un matériau idéal pour la fabrication d'outils et d'ustensiles ménagers. Le saule est également utilisé pour les paniers en osier, les palissades, les tamis pour vanner le blé et la construction de cadres pour un bateau en cuir et en toile appelé currach.
UTILISATIONS PHYTOTHERAPEUTIQUES : Les lecteurs connaissent déjà les propriétés médicinales du saule, qu'ils en soient conscients ou non. Le premier médicament de synthèse des temps modernes fut l'aspirine, synthétisée à partir d'écorce de saule. Toutes les propriétés connues de l'aspirine sont également présentes dans le saule. L'écorce de saule réduit la fièvre et l'inflammation et soulage les douleurs rhumatismales, arthritiques et de la goutte. Elle protège le cœur (elle fluidifie le sang) et peut provoquer les mêmes effets secondaires négatifs que l'aspirine (tels que des hémorragies internes) en cas d'abus ou de surconsommation.
Cependant, l'ingestion d'une capsule d'écorce de saule apporte de nombreux tampons naturels et d'autres composants tels que les bioflavonoïdes. Le saule est beaucoup plus doux pour l'organisme que l'aspirine de synthèse.
On compte une quarantaine d'espèces de saule différentes aux États-Unis. Toutes contiennent de l'acide salicylique (le principe actif de l'écorce aux propriétés bénéfiques), mais le meilleur saule pour la consommation humaine est le saule blanc (Salix alba). L'écorce peut être infusée pour traiter tous les maux mentionnés ci-dessus. La tisane d'écorce peut également être utilisée en gargarisme pour soulager les maux de gorge et les angines, et en lotion pour les plaies, les ulcères et les brûlures.
L'écorce est récoltée au printemps.

ATTENTION : Ne prélevez l'écorce que sur une brindille. Écorcer le tronc de l'arbre peut le tuer.
Les principes actifs médicinaux se trouvent dans l'écorce interne (juste sous l'écorce externe morte) et dans l'écorce de la racine.
Faites infuser trois cuillères à café d'écorce par tasse d'eau froide pendant cinq heures. Portez à ébullition et prenez jusqu'à une tasse par jour, à raison d'une cuillère à soupe par jour. Le Salix purpurea (saule pourpre, osier pourpre) s'utilise de la même manière et est probablement plus efficace contre la fièvre que le saule blanc.
Le saule noir (Salix nigra) s'utilise de la même manière que le saule blanc. Cependant, son écorce et ses chatons sont des sédatifs sexuels (anaphrodisiaques).
Le saule des chèvres (Salix caprea) peut être utilisé comme le saule blanc, et la tisane de son écorce interne est également efficace contre l'indigestion, le catarrhe et la coqueluche. C'est un désinfectant, utilisé notamment pour désinfecter les pansements.
Le saule est utilisé en médecine depuis des millénaires. Les Cherokees utilisent l'écorce de saule blanc contre la fièvre, la diarrhée, comme lotion capillaire pour favoriser la pousse des cheveux, et comme cataplasme. Ils consomment la tisane et mâchent les racines en cas d'enrouement et d'aphonie.
Les Cheyennes utilisent le saule à feuilles de pêcher (Salix amygdaloides) contre la diarrhée, en cataplasme pour arrêter les saignements, et comme plante sacrée lors de la danse du soleil. Les Inuits utilisent le saule à feuilles arbusculaires (Salix arbusculoides) en cataplasme d'écorce pour soigner les plaies et le saule des marais d'Alaska (Salix uscescens) en médication buccale, en mâchant les feuilles pour soigner les aphtes. Ils mâchent également les feuilles de Salix arbusculoides pour les aphtes et les appliquent sur les yeux irrités.
ATTENTION : Il est conseillé de ne ramasser les feuilles d'arbres que jusqu'au solstice d'été. Après cette date, elles contiendront trop d'alcaloïdes végétaux.
Les Cherokees utilisent le Salix babylonica (saule pleureur) contre la fièvre, la diarrhée et en cataplasme pour les plaies. Les joueurs de balle mâchaient les racines pour augmenter leurs flatulences et soulager l'enrouement et la perte de voix.
Les Ojibwa utilisent le Salix candida (saule argenté) contre les troubles digestifs, la toux, les évanouissements et les tremblements, et le Salix discolor (saule chatoyant) contre les troubles digestifs. Ils utilisent l'écorce du Salix ragilis (saule fissuré) comme hémostatique et en cataplasme pour les plaies.
Les Houma utilisent le Salix caroliniana (saule de Caroline) contre la fièvre. Les Micmac utilisent le Salix cordata (saule à feuilles cordées) contre le rhume, pour stimuler l'appétit et en cataplasme (à base d'écorce fraîche) contre les contusions et les éruptions cutanées. Les Iroquois utilisent le saule discolor (Salix discolor) comme émétique. Les Pimas utilisent le saule de Goodding (Salix gooddingii) en faisant mijoter les feuilles
et l'écorce pour faire baisser la fièvre.
De nombreuses autres espèces de saules sont utilisées de la même manière.
ASPECTS SPIRITUELS : Le saule est avant tout un guérisseur au toucher doux. On le surnomme « celui qui murmure » en raison du bruissement du vent dans ses branches. Dans les régions celtiques, il est associé à la harpe, l'instrument le plus éthéré, et à l'âme sensible du poète.
Les bénédictions du saule faisaient partie des anciennes cérémonies celtiques. À Lughnasad (aussi appelé Lammas, cette fête commence vers le 1er août et célèbre les prémices de la récolte), des seaux à lait étaient ornés de rubans, de fleurs et de brins de saule et portés en procession. On suspendait du saule au-dessus du foyer pour le bénir et assurer la bonne santé du bétail.
Le saule figure dans l'iconographie sacrée des Celtes gaulois du nord de la France. En 1711, dans le chœur de Notre-Dame de Paris, on découvrit une pierre représentant un dieu barbu coupant une branche de saule. Sur une autre face de la pierre, le même saule apparaît à nouveau, accompagné d'un taureau. Le taureau porte deux oiseaux des marais sur son dos et un troisième entre ses cornes. Le nom « Esus, Seigneur Maître » est inscrit au-dessus de la divinité et « Tarvostrigaranus » (Le Taureau aux Trois Grues) au-dessus du taureau.
Une pierre similaire fut découverte à Tréves en 1895. Sur une face de la pierre figure le dieu Mercure, portant un torque (un anneau celtique, symbole de noblesse) et accompagné de la déesse Rosmerta et d'un coq. Sur une autre face, une figure d'Esus très semblable apparaît, abattant un saule. Un taureau et trois échassiers accompagnent la figure d'Esus. Sur une troisième face, une figure féminine est représentée. Selon Anne Ross, « [la grue] est presque exclusivement associée à des femmes métamorphosées, parfois possédées par un dieu ». La grue est « une déesse sous forme de grue, au service d'un dieu d'un autre monde, ou comme épouse de celui-ci ».
Les saules et les grues sont des êtres qui vivent entre les mondes. Tous deux ont les pieds dans l'eau, porte d'entrée vers les ancêtres, et la tête dans le ciel, monde des dieux. Leurs corps servent de ponts entre ces mondes et le monde intermédiaire de la nature. En Irlande, il était strictement interdit de manger des grues. Le mystérieux sac en forme de grue du dieu de la mer Manannán, dans lequel il conservait ses biens les plus précieux, était fait de la peau d'une femme transformée en grue par pure méchanceté. Le sac devint finalement la propriété de Finn mac Cumhaill, chef des bandes guerrières Fianna et l'un des deux plus grands héros d'Irlande.
Dans une autre histoire, le héros Oisín part un jour rendre visite à son compagnon d'armes, Dearg, qui vit dans un tertre d'un autre monde. En chemin, Oisín rencontre une grue et lui demande de lui raconter son histoire. La grue est une femme qui a été transformée en grue et qui l'est depuis deux cent quatre-vingt-quinze ans.
La grue est un oiseau aquatique et le saule est un arbre qui aime l'eau ; tous deux ont les pieds dans l'eau et la tête dans les airs. Les femmes transformées vivent sous forme d'oiseaux, mais peuvent penser et parler comme des femmes humaines ; elles aussi vivent entre les mondes.
La musique jouée sur une harpe de saule a le pouvoir de nous émouvoir et de nous détacher de l'existence terrestre. Nous sommes fascinés par la beauté surnaturelle du saule. Le saule guérit nos douleurs spirituelles comme il guérit nos maux physiques, par son toucher doux et guérisseur."
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D'après Julie Conton auteur d'un essai sur L'ogham celtique ou le symbolisme des arbres, l'oracle des druides (Éditions Mémoires du Monde, 2014) :

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Dans La Voix des Arbres (Édition originale, 2019 ; Tana Éditions, 2023 pour la traduction française) Diana Beresford-Kroeger transmet à son tour sa vision de l'ogham des Celtes :
"Saili - Le Saule
Chaque foyer celte avait l’usage d’une oseraie, an saileán L’osier, qui est le rejet annuel d’une pousse de saule, constituait un matériau très polyvalent grâce à la souplesse de ses brins, de quoi tresser des paniers et des corbeilles solides pour divers usages, selon la longueur du brin. En hiver, la tourbe était ramenée de la tourbière dans des paniers en osier à dos d’âne. Des brins d’osier plus fins servaient à balayer le sol.
Le saule produisait aussi un important remède contre la douleur, ainsi qu’une teinture vieux rose pour le lin et la laine. En cas de besoin, il servait de litière pour les animaux et permettait de faire des barrières pour le bétail. Grossièrement tressé, il protégeait les légumes.
La volaille profitait elle aussi du saule : on tressait de grands paniers de ponte à l’aide de brins d’osier verts, en veillant à confectionner un bord bien ferme qui servirait de marchepied à la poule. Le maillage lâche permettait aux plumes de respirer dans un espace clos et chaud pendant que l’animal pondait ou couvait. Cela diminuait la prévalence de la tique du poulet tout en donnant un sentiment de sécurité à la poule à un moment où elle était vulnérable.
Je me rappelle avoir regardé mon grand-oncle Denny tresser des paniers d’osier pour la maison. Sa pipe semblait bouger en rythme avec ses mains et l’air qu’il fredonnait, qui se muait parfois en un vieux chant irlandais. Il me disait : « Cailín, regarde bien comment je m’y prends. » Je m’approchais, au milieu des effluves de son tabac Virginia. Entre ses mains, le panier semblait monter comme par magie avec chaque brin supplémentaire tressé sur l’armature. Il s’occupait ensuite de la bordure, pliant et couchant les gros brins jusqu’à s’estimer satisfait. Je m’émerveillais qu’un objet si beau puisse naître de presque rien, juste quelques pousses de saule. Je sens encore l’odeur acide de l’osier qu’il tordait à la main. Il brandissait toujours bien haut le panier terminé, comme un trophée, l’agitant pour montrer son œuvre au monde, puis il cherchait son bloc de tabac dans sa poche. Il était le dernier d’une longue lignée de rebouteux. Nous n’avions ni l’un ni l’autre conscience à l’époque que les traditions étaient si fragiles.
Le saule faisait partie du paysage naturel dans l’Antiquité. Les plantes sauvages comme celle-là étaient taillées quand on en avait besoin. Les prélèvements ne dépassaient jamais le seuil de durabilité. La règle ancestrale quand on se servait dans les ressources communes du jardin tribal, comme chez les peuples autochtones d’Amérique du Nord, imposait qu’il en reste toujours assez pour sept générations.
Les druides-médecins, tant hommes que femmes, connaissaient l’intérêt du saule pour soulager la douleur. Il s’agissait d’un savoir répandu dans le monde antique. Les traitements, complexes, reposaient sur nombre de plantes vivaces qu’on trouvait en forêt et dans certains environnements boisés qui n’existent plus. La plupart de ces remèdes ont été perdus. Toutefois, l’utilisation du saule pour apaiser la douleur est répandue.
Les peuples de la forêt boréale font encore bon usage des diverses espèces de saules, de même que ceux qui vivent en altitude dans l’Himalaya occidental. Bon nombre de ces nations autochtones ont caché ce savoir afin de protéger les derniers trésors de leur mode de vie. Obtenir du saule un soulagement fiable et non toxique des douleurs liées aux rhumatismes, à l’arthrite et à l’arthrose demeure important pour les personnes âgées aujourd’hui.
Les trois cents espèces de saules à travers le monde synthétisent une famille d’une douzaine de composés biochimiques du nom de salicylates (des acides, des alcools et des esters). Tous sont libérés dans et autour de la plante pour absorption, et ce phénomène est la source d’une forme unique de bain de forêt pratiquée par certains peuples autochtones d’Amérique du Nord pour traiter la solitude et la dépression légère. Le patient est installé dans un bosquet de saules, de préférence à proximité d’une rivière. Au cours de la journée, les produits libérés par les saules sont absorbés à travers la peau et les poumons du patient, puis circulent dans tout son corps.
Les Celtes accordaient au saule, ou crann sailí, un statut sacré. Ils lui associaient la lettre S de l’alphabet oghamique, représentée par une ligne verticale d’où partent vers la droite quatre lignes horizontales.
Saileán était le nom donné aux oseraies qui poussaient près des rivières et des lacs. Les lois des brehons considéraient celles-ci comme des biens communaux, pour l’usage de tous. Quand un fermier coupait l’osier, un panier tressé apparaissait en général à la porte du voisin en guise de remerciement. Ces trocs et échanges rituels étaient attendus et, lorsqu’un panier arrivait ainsi, souvent rempli à ras bord de beurre d’été ou de pains cocotte, il était placé sur la table de la cuisine pour que tous l’admirent pendant au moins une journée."
Pandora Hearts, autrice, et Lydie Bossuet, illustratrice proposent un Oracle des arbres & des oghams (Éditions Secret d'étoiles, 2022) que je trouve particulièrement beau :

"Paroles de Saille : Je suis Saille, l'arbre de la Lune er de la Femme. Mes racines glanent dans l'eau les énergies sacrées lunaires qui soignent et apaisent ceux qui me sont proches. Mes branches bercent d'un amour maternel ceux qui viennent chercher un foyer en mon sein. La danse délicate et instinctive de mon feuillage décuple l'intuition des observateurs. Je suis Saille, l'arbre de la Féminité et de la Réceptivité.
Signification de la carte : Dans un tirage, Saille symbolise la féminité, la maternité et l'énergie féconde, le flux et le reflux lunaires, l'intuition et le sixième sens, l'instinct sauvage ou maternel. il incarne la part féminine de votre être ou encore la dynastie de femmes de votre lignée. Il exprime la tendresse maternelle et annonce parfois une naissance. Saille vous conseille d'appliquer les valeurs maternelles et d'empathie. Il peut indiquer une capacité à être à l'écoute de l'autre.
Saille évoque l'alignement avec les cycles lunaires, en phase avec vos sentiments. Il peut vous suggérer de laisser libre cours à votre émotivité et à votre affectivité. Ces preuves d'humanité peuvent être salvatrices ou créatrices. Parfois, il exprime un besoin de romantisme, d'affection et d'amour. Mais il peut également indiquer un besoin d'être rassuré ou encore de prendre soin des autres.
Dans un tirage spirituel, Saille décrit une personne intuitive possédant parfois des capacités parapsychiques, ou encore quelqu'un d'initié aux arts magiques. Mais il peut également vous renseigner sur l'importance de faire confiance à votre instinct pour gérer une situation. La réponse et la solution sont en vous.
Carte renversée : Lorsque la carte apparaît à l'envers, Saille expose un comportement lunatique ou une personnalité qui a des difficultés à gérer ses émotions. Il avertit parfois sur des risques de mélancolie ou de dépression. Il peut également désigner un déséquilibre dans vos pôles naturels féminin et masculin. Il conseille ainsi de vous ancrer, afin de retrouver une certaine stabilité.
Saille peut vous avertir de faire attention aux difficultés relationnelles avec une femme ou encore à un instinct maternel déphasé, voire étouffant pour autrui. Dans un tirage spirituel, il représente l'initiation aux arts sombres et à la magie négative. Parfois, il vous incite à vous méfier de votre intuition qui semble être faussée et entraîne ainsi de mauvais choix ou de mauvaises actions.
Mots clés : Féminité - Maternité - Fertilité - Sensibilité - Sentiments - Intuition - Instinct."
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