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  • Anne

La Dauphinelle




Étymologie :

  • DAUPHINELLE, subst. fém.,

Étymol. et Hist. I. 1694 delphinium (Corneille). II. 1786 dauphinelle (Encyclop. méthod. d'apr. DG). I lat. bot. delphinium de même sens (1694, Tournefort Bot. t. 1, p. 338), empr. au gr. δ ε λ φ ι ́ ν ι ο ν (d'où la transcr. lat. delphinion (Pseudo-Dioscoride ds TLL s.v., 469, 62); II dér. de I avec suff. -elle*.

  • PIED(-)D'ALOUETTE,(PIED DALOUETTE, PIED-DALOUETTE), subst. masc.

Étymol. et Hist. 1558 (L. Fuchs., Hist. des plantes, index). Comp. de pied*, d(e)* et alouette*.


Lire également les définitions de la dauphinelle et du pied d'alouette.




Botanique :

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Symbolisme :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


La dauphinelle ou pied d'alouette, plante ornementale à fleurs bleues, roses ou blanches, éloigne les fantômes. Dans la région d'Albertville en Savoie, la plante, réputée donner la colique aux femmes enceintes, a également la propriété de faire muer les serpents.

Selon une croyance anglaise, on se met à l'abri des troubles visuels perdant une année en regardant un feu de la Saint-Jean au travers d'un bouquet de dauphinelles des blés. Les "hommes d'étude" ont tout intérêt également à suspendre la plante dans leur bureau en raison de l'heureuse influence qu'elle a sur la vue.

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D'après Nicole Parrot, auteure de Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion, 2000) :


"Ne prenez pas le pied d'alouette au pied de la lettre. Cette fleur, blanche ou rosée, qui se nomme aussi delphinium, aime se faire apprivoiser. Comme celui qui l'offre, ou celui qui le reçoit. A moins que ce ne soient les deux à la fois. Jugez-en : elle commence par décréter : "Je n'apprécie pas la légèreté". C'est mal parti. Elle ajoute : "J'ai une préoccupation" et "Je suis très occupée". Ça ne s'arrange pas. Heureusement, soudain, elle s'anime et demande sans détour : "Pensez-vous encore à moi ?"

Le pied d'alouette présente une curieuse particularité, il porte une trace vive de souvenirs impérissables. Un saut par-delà les siècles nous en dira plus. Nous voici dans l'Antiquité grecque, du temps où les dieux de l'Olympe mènent une vie tapageuse. Ajax, héros de la guerre de Troie, se jette sur Ulysse entouré de ses troupeaux (il est furieux, celui-ci lui a volé les armes de son père). Hors de lui, le gaillard se livre à un véritable carnage. Revenu à la raison, désespéré, il se tue. Chaque goutte de son sang se change alors en pieds-d'alouette. La preuve ? Mais elle est sous nos yeux, au cœur même de la fleur. On peut y lire clairement : A - ï - A. Trois lettres qui désignent soit les trois premières lettres de AJAX, soit "Aïe !", son dernier cri. Les fleurs, lorsqu'on a le bonheur de connaître leur langage, nous réservent de ces surprises."


Mot-clef : "L'art d'apprivoiser".

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Contes et légendes :


La légende raconte qu’un jeune garçon sauva un dauphin (delphinium) des filets d’un pêcheur, qui, de colère, le noya. Mais Flore, sollicitée par Neptune, changea le garçon en fleur… le delphinium était né. En fait, ce nom fait allusion à la forme du bouton qui évoque le rostre du mammifère marin.



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