L'Oursin
- Anne

- 16 mars 2017
- 11 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 mars
Étymologie :
OURSIN, subst. masc.
Étymol. et Hist. 1. 1552 zool. (Rabelais, Quart Livre, éd. R. Marichal, p. 243) ; 2. 1825 « fourrure d'ours », v. ourson étymol. Mot marseillais à l'origine (1554, ursin zool. ds Rondelet, Libri de Piscibus marinis, p. 577), d'abord att. dans orsin de mar « id. » (1549 ds Roll. Faune t. 12, p. 83) ; dér. de ours ; suff. -in*.
Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.
Autres noms : Châtaigne des mers - Hérisson de mer - I Zini (Corse).
Dendraster excentricus - Oursin plat -
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Zoologie :
Dans le Hors-série de Causette (été 2018) intitulé « Histoires d'A...mours », Claudine Colozzi nous propose un petit "Kama-sutra des animaux" sous forme d'abécédaire :
D comme Distance (sexe à)
Pour assurer la pérennité de leur espèce, certains animaux marins, comme les oursins, n'ont pas besoin de s'accoupler. Il leur suffit de laisser échapper leurs gamètes dans l'eau, confiant la destinée de la fécondation aux courants marins.
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Symbolisme :
Benjamin Schwarz relate l'origine céleste des oursins :
Sabina Pettitt, autrice de Médecine vibratoire - La Guérison par les essences de la nature (Édition originale, 1999 - Traduction française Ariane Éditions Inc., 2007) propose des remèdes censés transmettre l'essence des Esprits de la Nature :
L’essence est la manifestation de Esprit dans chaque forme physique. Elle se révèle comme une vibration ou fréquence unique dans chaque être vivant. C’est le schéma énergétique distinguant la rose de Nootka de la grande marguerite, ou l’escargot lunaire de l'étoile de mer. C’est l’infini prenant corps dans le fini. Une essence c’est, par définition et par sa nature même, la valeur intrinsèque d’un être, son état inhérent.
Entre le « sans-forme » et la forme, il existe un écart où le spectre entier de la différentiation s’exprime en nuances subtiles. C’est dans cet espace que repose le schème qui sous-tend la manifestation physique. ‘Tel le plan d'ADN qui détermine la réalité physique, il contient le code qui différencie tous les êtres vivants. C’est là où réside l'interface entre le monde tridimensionnel et l'Esprit.
[...]
Dollar des sables - Dendraster excentricus
Vérité.
Voici le moment de votre libération.
Un instant de révélation pure.
Accueillez votre savoir intérieur et soyez libre.
Met fin au mirage - Permet de retrouver la raison.
Signature : La signature du dollar des sables réside dans les cinq jolis pétales tracés à sa surface. Chaque pétale cache un petit compartiment contenant un minuscule coquillage blanc en forme de colombe. Ces petites colombes évoquent l’affranchissement de la conscience lorsque l’on se met à l'écoute des messages subtils provenant de l’intérieur de soi.
Le dollar des sables nous fait prendre conscience des causes de notre maladie. Ce fut la première essence marine que nous avons découverte. Elle nous a été inspirée parce qu’une amie luttait contre une forme rare de cancer. Pour cette amie, l’essence entraîna une profonde prise de conscience qui lui permit de comprendre comment elle avait participé à l’étiologie de sa propre maladie. Elle fut ainsi capable de transmuer l’énergie et de la réorienter vers des voies plus productives.
Remède surtout pour le mental, il influe aussi sur le mouvement efficace et vital du qi dans le méridien du poumon et l’élément métal. Il incite à la pensée positive qui donne des résultats infaillibles, si les croyances et les attitudes sous-jacentes ont été examinées et évacuées.
L'organisme constitue l’expression visible des pensées et des sentiments souterrains. Le dollar des sables révèle les causes sous-tendant les maladies qui l’affligent. En raison de son association avec le chakra de la gorge et le méridien du poumon, il traite la bronchite, l’asthme, les affections de la gorge et les troubles de l'expression personnelle.
Chakra : Gorge.
Méridien : Poumon.
Mots clefs : Réalité - Vérité.
Défis : Illusion - Limitation.
Affirmation : Je suis prêt à étendre ma conscience.
[...]
Oursin - Strongylocentrotus purpuratus
Sécurité.
Venez vous reposer dans la tendresse de ma coquille.
Dans ce mandala tridimensionnel, vous êtes en sûreté.
Laissez-moi vous entourer de mes épines mauves.
Joffre un sanctuaire aux petites créatures marines et, de même,
je vous offrirai ce sanctuaire.
Apporte une protection psychique et un sentiment de sûreté.
Signature : L’oursin de mer trace sa signature de piquants mauves effilés. À l’intérieur, la petite créature des fonds marins est tendre et fragile. Si nous demeurons en contact avec la lumière universelle par le chakra du sommet de la tête, alors nous sommes protégés.
Remède puissant à employer pour l’exploration de territoires inconnus, comme les régressions vers les vies antérieures ou l’examen des liens énergétiques avec diverses personnes de notre entourage.
Essence d’abord spirituelle, elle développe le mental pour qu’il accède aux souvenirs d’incarnations antérieures ou de la petite enfance. Les victimes de sévices dans l'enfance se réfugient souvent dans des comportements autodestructeurs — alcoolisme, troubles de l’alimentation, tendances suicidaires. L’oursin leur offre la sécurité requise pour explorer et dissiper l’énergie qui a engendré ces comportements. Sur un autre plan, il offre la sécurité permettant de se protéger des agressions psychiques dirigées contre nous.
Sur le plan mental, il apaise les anxiétés et les pensées obsessives. Sur le plan affectif, il traite les comportements compulsifs et les dépendances.
L’oursin dissipe aussi les attaques de panique et autres troubles respiratoires survenant lorsqu'on ne se sent pas en sûreté. C’est probablement dû au fait que, selon le cycle créateur des cinq éléments en médecine chinoise, la terre/rate est la mère du métal/poumon. Un déséquilibre sérieux de la rate peut fort bien entraîner des troubles respiratoires ou pulmonaires.
Chakras : Coronal - Plexus solaire.
Méridien : Rate.
Mots clefs : Exploration - Sûreté - Concentration.
Défi : Peur de l’inconnu.
Affirmations : Je peux explorer mon potentiel caché en toute sécurité. / Je suis protégé lorsque je mets
davantage de ma conscience en lumière.
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Mythologie :
Jean Poirier et Marie-Joseph Dubois proposent dans un article intitulé "Les mythes de Maré" (paru dans le Journal de la Société des océanistes, tome 4, 1948. pp. 5-47) une transcription du mythe de Lo :
Lo.
Lo est un oursin femelle qui demeure à Pakada avec ses semblables oursins. Elle est leur reine. Elle ne fait que parler, mais personne ne lui obéit. Tous ses sujets font : « pft ! ». Lo dit : « Ce n'est pas la peine. » Elle est en colère et elle part. En arrivant à Enene (à l'Est de Peorawa) , elle entend une voix : « Hé ! l'autre ! où vas-tu ? — Je ne sais pas où je vais. - — Va à Peorawa. Il y a des bananes mûres, des. cannes à sucre, des ignames ; il faut faire cuire pour toi, et manger. » C'est le yaace (divinité) Buyu (le Lézard) qui lui parle. Elle part à Peorawa. Le soir, elle entend encore la voix de Buyu qui lui dit : « Ce soir, tu vas allumer le feu dans la case ». Buyu lui dit encore : « Tu vas coucher là ». Lo est allée se coucher dans sa case. Buyu est entré aussi et couche avec elle. Quelques jours se passent et la femme est enceinte. Mais les enfants qui lui naissent sont tous des lézards, des quantités à la fois. La femme reste avec ses enfants, les re-tei-Buyu (les fils du Lézard, les premiers Maréens). La femme est encore enceinte et ce sont encore des lézards qui sortent.
Un soir, Buyu va voir sa femme ; mais avant de rentrer, il a enlevé sa peau de lézard et c'est encore un grand garçon. Sa femme sort, allume du feu, et brûle la peau de Buyu. Au jour, celui-ci sort pour la prendre, mais elle est détruite.
Buyu dit à Lo : « Tu as brûlé ma peau. Eh bien ! tous tes enfants seront désormais des garçons ». Ils demeurent à Peorawa. On apprend qu'à Rawa, il y a la fête des wakokorawa (ignames de chef à Rawa), pour le chef des mo-yaace (1) . Lo dit à ses enfants : « Si vous voulez aller à Rawa, il faut revenir ce soir ». Les garçons partent, ornés de feuilles sur la tête, le corps et les jambes. A leur arrivée à Rawa, les moyaace se disent entre eux : « Kei ! qui sont ceux-là ? — Ce sont les enfants de Buyu ». Le soir, on a donné des ignames aux jeunes gens, et ils sont retournés chez leurs parents.
Un jour, Lo dit à ses enfants : « Vous allez chercher des coquillages pour nous deux » (Buyu et elle) . Chacun des Re-tei-Buyu a emporté son caillou. Ils en ont fait un tas au lieu-dit Penelo. C'est le wagi ni Retei-Buyu, le tas de pierres des enfants du Lézard. On voit toute l'île de cet endroit. Ils vont à la mer, cherchent des coquillages.
De retour chez leurs parents, ils leur ont dit : « Qu'est-ce que nous allons devenir ? Il faut chercher des femmes pour nous ». C'est ainsi qu'ils se sont dispersés tout autour de l'île pour se marier chacun de leur côté. Il n'y en a que deux qui soient restés avec leurs parents : Waica i Ruehezi et Waica i Kaece (le petit garçon de Ruehezi et le petit garçon de Kayece).
Note : 1) Mo-yaace : Sortes de génies qui vivent en tribus comme des hommes, généralement des lutins.
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Littérature :
VII. Le Piqueur de pierres
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Chez des êtres bien inférieurs, une chose obscure encore, qui devait changer le monde à la longue, avait commencé à poindre. Les simples étoiles de mer, dans leurs cinq rayons, avaient un certain soutien, quelque chose comme une charpente de pièces articulées, au dehors quelques épines, des suçoirs qui s’avancent, reculent à volonté. Un animal fort modeste, mais timide et sérieux, semble avoir fait son profit de cette ébauche grossière. Il dit, je pense, à la Nature :
« Je suis né sans ambition. Je ne demande pas les dons brillants de messieurs les mollusques. Je ne ferai nacre ni perle. Je ne veux pas de couleur brillante, un luxe qui me désignerait. Je désire encore bien moins la grâce de vos étourdies les méduses, le charme ondoyant de leurs cheveux enflammés qui attirent, les font attaquer et leur servent à faire naufrage. Ô mère ! je ne veux qu’une chose, être… être un, et sans appendices extérieurs et compromettants, — être ramassé, fort en moi, arrondi, car c’est la forme qui donnera le moins de prise, — l’être enfin centralisé.
« J’ai bien peu l’instinct des voyages. De la mer haute à la mer basse, rouler quelquefois, c’est assez. Collé strictement sur mon roc, je résoudrai là le problème que votre futur favori, l’homme, doit chercher en vain, le problème de la sûreté : exclure strictement l’ennemi, tout en admettant l’ami, surtout l’eau, l’air et la lumière. Il m’en coûtera, je le sais, du travail, un constant effort. Couvert d’épines mobiles, je me ferai éviter. Hérissé, seul comme un ours, on m’appellera l’oursin. »
Combien ce sage animal est supérieur aux polypes, engagés dans leur propre pierre qu’ils font de pure sécrétion, sans travail réel, mais qui aussi ne leur donne nulle sûreté ! Combien il paraît supérieur à ses supérieurs eux-mêmes, je veux dire à tant de mollusques qui ont des sens plus variés, mais n’ont pas la fixe unité de son ébauche vertébrale, ni son persévérant travail, ni les ingénieux outils que ce travail a suscités !
La merveille, c’est qu’il est à la fois lui, cette pauvre boule roulante, qu’on croit une châtaigne épineuse ; il est un et il est multiple ; — il est fixe et il est mobile, fait de deux mille quatre cents pièces qui se démontent à volonté.
Voyons comment il se créa.
C’était dans une anse étroite de la mer de Bretagne. Il n’avait pas là un doux lit de polypes mous et d’algues comme les oursins de la mer des Indes, qui sont dispensés d’industrie. Il était devant le péril, la difficulté, comme l’Ulysse de l’Odyssée, qui, jeté, ramené par le flot, essaye de s’amarrer au roc avec ses ongles ensanglantés. Chaque flux et chaque reflux, c’était pour le petit Ulysse une grande tempête. Mais sa grande volonté, son puissant désir, lui fit si bien baiser la roche, que ce baiser constant créa une ventouse qui fit le vide et l’unit à la roche même.
Ce n’est pas tout : de ses épines qui grattaient, voulaient saisir, une se subdivisa, et devint une triple pince, véritable ancre de salut, qui seconderait la ventouse si celle-ci s’appliquait mal à une surface peu polie.
Quand il eut pincé, aspiré puissamment sa roche, se sentit assis, il comprit de plus en plus qu’il avait tout à gagner si, de convexe qu’il était, il pouvait la faire concave, y creuser à sa mesure un petit trou, se faire un nid. Car on n’est pas toujours jeune. On n’a pas les mêmes forces. Quelle douceur ne serait-ce si, un jour, l’oursin émérite pouvait relâcher quelque chose de l’effort de cet ancrage qui continue jour et nuit ?
Donc il creusa. C’est sa vie. Fait de pièces détachées, il agit par cinq épines qui, toujours poussant d’ensemble, se soudèrent et lui firent un pic admirable pour percer.
Ce pic de cinq dents du plus bel émail est porté par une charpente délicate, quoique très solide, formée de quarante pièces. Elles glissent dans une sorte de gaîne, sortent, rentrent, ont un jeu parfait. Par cette élasticité, elles évitent les chocs violents. Bien plus, elles se réparent s’il survient des accidents.
C’est rarement dans la pierre, qu’il méprise, c’est dans le roc, le granit, qu’il sculpte, ce héros du travail. Plus ce roc est dur, résistant, mieux il s’y sent affermi. Que lui importe d’ailleurs ? Le temps ne fait rien à l’affaire, et tous les siècles sont à lui. Qu’il meure demain, ayant usé sa vie et son instrument, un autre vient s’établir là, continue à la même place. Ils communiquent peu dans leur vie, ces solitaires ; mais la fraternité existe pour eux par la mort, et le jeune survenant qui trouve besogne demi-faite, en jouit, bénit la mémoire du bon travailleur qui la prépara.
Ne croyez pas qu’il s’agisse de frapper, et frapper toujours. Il a son art. Une fois qu’il a bien attaqué le ciment qui unit la roche, et bien déchaussé celle-ci, il mord les aspérités comme avec de petites tenailles, déracine le silex. Œuvre de grande patience, qui implique d’assez longs chômages pour que l’eau agisse ainsi sur les places dénudées. On peut alors, de la première couche, aller à la seconde, et, par ces procédés lents et sûrs, en venir à bout.
Dans cette vie uniforme, il y a des crises pourtant comme dans celle de l’ouvrier. La mer fuit de certains rivages. L’été, telle roche devient d’une insupportable chaleur. Il faut avoir deux maisons, une d’été, une d’hiver.
Grand événement qu’un déménagement pareil pour un être sans pieds, qui, de tous côtés, a des pointes. M. Caillaud l’a observé, admiré dans ces moments. Les baguettes faibles et mobiles, qui jouent, avancent et reculent, ne sont nullement insensibles, quoiqu’il les garantisse un peu en sécrétant tout autour un peu de molle gélatine qui sans doute fait matelas. Enfin, il le faut, il se lance, il s’affermit sur ses pointes, comme sur autant de béquilles, roule son tonneau de Diogène, et, comme il peut, atteint le port.
Là, renfermé de nouveau et dans sa coque hérissée, et dans le petit nid qu’il trouve presque toujours commencé, il se renfonce en lui-même, en sa jouissance solitaire de sécurité bienheureuse. Que mille ennemis rôdent au dehors, que la vague tonne et mugisse ; tout cela, c’est pour son plaisir. Que le roc tremble aux coups de mer : il sait bien qu’il n’a rien à craindre, que c’est sa bonne nourrice qui fait ce bruit. Il est bercé, il sommeille et lui dit : « Bonsoir. »
VIII. Coquilles, nacre, perle
L’oursin a posé la borne du génie défensif. Sa cuirasse, ou, si l’on veut, son fort de pièces mobiles, résistantes, cependant sensibles, rétractiles, et réparables en cas d’accident, ce fort, appliqué et ancré invinciblement au rocher, bien plus le rocher creusé longeant le tout, de sorte que l’ennemi n’ait nul jour pour faire sauter la citadelle, — c’est un système complet qui ne sera pas surpassé. Nulle coquille n’est comparable, encore bien moins les ouvrages de l’industrie humaine.
L’oursin est la fin des êtres circulaires et rayonnés. En lui ils ont leur triomphe, leur plus haut développement. Le cercle a peu de variantes. Il est la forme absolue. Dans le globe de l’oursin, si simple, si compliqué, il atteint une perfection qui finit le premier monde.
La beauté du monde qui vient sera l’harmonie des formes doubles, leur équilibre, la grâce de leur oscillation. Des mollusques jusqu’à l’homme, tout être est fait désormais de deux moitiés associées. En chaque animal se trouve (mieux que l’unité) l’union.
Le chef-d’œuvre de l’oursin avait dépassé le but même ; ce miracle de la défense avait fait un prisonnier ; il s’était non seulement enfermé, mais enseveli, s’était creusé une tombe. Sa perfection d’isolement l’avait séquestré, mis à part, privé de toute relation qui fait le progrès.
Jules Michelet, La Mer, Livres VII "Le Piqueur de pierres" et VIII "Coquilles, nacre, perle", 1875.
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Voir aussi : Oursin fossile.











