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  • Anne

Le Châtaignier





Étymologie :

  • CHÂTAIGNE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. 1180 chastaigne désigne le fruit (Mort Aymeri de Narbonne, 1906 ds T.-L. : chastaignes et olives) ; d'où p. anal. 2. 1561 chastaigne d'eau « macre » (A. Pinaeus ds Roll. Flore t. 6, p. 7) ; 1564 chastaigne de mer « oursin » (J. Thierry, Dict. fr.-lat., Paris) ; 3. 1635 chastagne sur les doigts « coup sur les doigts » (Sage Folie, Rouen d'apr. FEW, loc. cit.) ; 1866 pop. (A. Delvau, Dict. de la lang. verte : Chataigne. Soufflet appliqué sur la joue). Du lat. castanea désignant le fruit et l'arbre ; le lat. est lui-même empr. au gr. κ α ́ σ τ α ν ο ν « id. » v. aussi André Bot. ; 3 prob. en raison de la couleur et de la forme de la contusion, que peut provoquer un tel coup (Sain. Lang. par., p. 384 ; cf. norm. prune « coup, blessure » (Héron) et (oi)gnon*, au même sens.

  • CHÂTAIGNIER, subst.

Étymol. et Hist. 1. Début xie s. judéo-fr. chastenier désigne l'arbre (Raschi, Gl. fr. ds la Bible, Gen. XXX, 37, p. 11 -b- ds Raschi Blondh. p. 150), forme encore attestée en 1560 (Poppe [Gouberville], p. 202) ; ca 1165 chastaignier (M. de France, Lais : Laustic, 98 ds Gdf. Compl.) ; 1694 bois de chastaignier, cerceaux de chastaignier (Ac.) ; 2. 1370 a. norm. pomme de castegnier (Ch. de Beaurepaire ds Roll. Flore t. 5, p. 101) ; 1571 pomme de chastaignier (Art de semer pépin., ibid., p. 102) ; d'où p. ell. subst. fém. 1697 châtaigner (La Quintinye, Instruction pour les jardins fruitiers et potagers, Amsterdam, t. 1, p. 203) ; 1732 châtaigniers (Trév.). Dér. de châtaigne*; suff. -ier*; 2 prob. parce que la chair farineuse de ce fruit rappelle celle de la châtaigne.


Lire aussi la définition de châtaigne et châtaignier pour amorcer la réflexion symbolique.



Onomastique :


Castaing : anthroponyme fréquent dans le Sud-Ouest, le nom peut désigner celui qui a les cheveux châtain, mais c'est le plus souvent un toponyme évoquant un bois de châtaigniers. Variantes : Castaings, Castan, Castang.


Chastanier variantes Chastagner et Chastagnier au sens de châtaigneraie, on trouve cet anthroponyme essentiellement en Ardèche.


Chataigneau : Le nom est porté notamment dans la Vienne et les Deux-Sèvres. Formes voisines : Chatagnaud, Chatagneau (16, 17), Chataignault (86). Deux possibilités : soit celui qui a les cheveux châtain, soit plutôt un lieu où pousse le châtaignier : on pensera par exemple aux hameaux du Chataignaud à Châtelus-le-Marcheix (23) et à Roziers-Saint-Georges (87) (source Généanet).


Fontchastagnier : Nom porté dans la Corrèze (variante : Fontchastagner). Désigne celui qui habite un lieu-dit ainsi nommé ou en est originaire. Signification : la source près du châtaignier, ou encore la source de celui qui s'appelle Chastagnier.

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Botanique :

Lire la fiche de présentation extraite du site nature-planète.








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Usages traditionnels :

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Fleurs de Bach :


D'après Les Douze "Guérisseurs" et autres remèdes (1ère édition 1941, traduction française Centre Bach 2011) du Dr Edward Bach :


La fleur de châtaignier est préparée "Pour ces moments que certaines personnes vivent où l’angoisse est si grande qu’elle semble insupportable. Quand l’esprit ou le corps se sent comme s’il était arrivé à l’extrême limite de son endurance et qu’il doit maintenant se rendre. Quand il semble ne rien rester d’autre à envisager que la destruction et l’anéantissement."

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Selon Mechthild Scheffer, auteure du coffret de cartes Les Fleurs du Dr Bach, le chemin de l'harmonie psychique (1997, traduction française : Médicis-Entrelacs, 2001), la fleur de châtaignier est "la fleur de la délivrance" qui nous guide dans le processus de transformation suivant : "à travers les ténèbres... vers la lumière".


Message de la carte :

Quelle est la vérité que je dois mieux comprendre ?

Tout processus d'évolution se déroule par cycles, suivant le principe de mort et de renaissance. Dans ces processus, il importe de savoir reconnaître le moment où il faut remettre sciemment le gouvernail à une lus haute instance.

Quelle est la décision qui pourra me reconnecter avec mon Guide intérieur ?

J'accepte de reconnaître que j'ai fait tout ce que j'ai pu dans la situation présente et confiant, je m'en remets à une plus haute instance : "Que ta volonté soit faite !"


Ces signes me permettent de voir que mon potentiel positif de s'accroît :

J'ai fait l'expérience qu'il existe des phénomènes qui dépassent mon niveau de compréhension. A l'avenir, dans des situations semblables, je suis prêt à m'ouvrir à mon guide intérieur et à lui faire une totale confiance.


État d'âme négatif : Découragement et désespoir : On pense être parvenu aux limites de l'endurance humaine, sans percevoir d'issue.

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Selon le site http://lesouffledessimples.com/, le châtaigner pourrait s'exprimer ainsi :


Je suis extrêmement réceptif, capable d'abstraction et d'effacement pour donner. Tourné vers les besoins du monde, je suis ancré dans une grande activité, mes racines captent les messages de l'énergie des volcans.

Alors, quand j'élève vers toi ma lumière, tu brilles de ta flamme de dragon vert et ton sang reprend vie. Avec énergie tu vois ce à quoi tu tiens et tu as le courage de te regarder en face, tu rentres dans une nouvelle réalisation.

Avec un plaisir immense, je remets chaque chose à sa place. J'accepte le monde tel quel, il n'y a en moi rien qui me résiste. L'acceptation de la mort m'a appris à vivre, je sais la partager.


Le Châtaignier est parmi les espèces les plus puissantes, il aime les sols volcaniques.

Un seul arbre peut avoir une circonférence de huit mètres. Le Castagno del Cento Cavalli (le châtaignier des cent chevaux) sur le flanc ouest de l'Etna en Italie mesure plus de cinquante mètres de circonférence bien qu'il soit très creux.

Son âge approximatif ? Trois mille ou trois mille cinq cent ans !


Par son élixir :

"La nuit noire de l'âme" voit à nouveau le soleil se lever.

Edward Bach écrivait : "C'est un remède destiné à ce terrible, cet épouvantable désespoir mental quand il semble que l'âme elle-même souffre de destruction." ici " l'appel à l'aide est entendu..."

L'élixir Châtaignier correspond au moment où " il semble qu'il n'y ait rien d'autre à regarder que la destruction et l'annihilation".


Mots-clefs : Renaissance – Délivrance - Reliance.

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Symbolisme :


D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Dans la Chine ancienne, le châtaignier correspondait à l'ouest et à l'automne. Il était planté sur l'autel du Sol disposé à cet orient (voir catalpa). La tradition en a fait le symbole de la prévoyance, son fruit servant de nourriture pour l'hiver."

Dans Le livre des superstitions, mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995, réédition, 2019), Eloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


La châtaigne est un fruit funéraire, intermédiaire entre le monde des vivants et des morts. Dans le midi de la France, en Espagne et en Italie, les châtaignes grillées faisaient partie du repas traditionnel de la Toussaint, veille de la fête des morts : toutes celles dont on enlevait l'écorce pour les manger correspondaient à une âme du purgatoire délivrée et en route pour le paradis.

Autrefois, dans le sud de la France, on laissait dans les maisons des châtaignes, le plus souvent bouillies, pour nourrir les âmes de ceux qui avaient, de leur vivant, habité dans la région ; cette offrande aux défunts était aussi un moyen de les éloigner. En Corse, le jour des morts, on accrochait un collier de châtaignes au cou des enfants qui se rendaient au cimetière. Après un décès, lorsque le mort était porté à l'église, on déposait à ses côtés un repas composé de châtaignes, de fruits secs et d'eau.

Placées sous un oreiller ou un édredon, elles empêchent les revenants de venir tirer ou chatouiller les pieds du dormeur. Conservée dans la poche, une châtaigne soulage des rhumatismes ; au nombre de sept, elle soignent les hémorroïdes à condition de les garder jusqu'à guérison totale (Hérault). Aux États-Unis, en avoir dans une poche porte bonheur.

Si une jeune fille fait brûler des châtaignes dans sa poêle, elle sera malheureuse en ménage. Un jeune homme peut se livrer à l'exercice suivant pour connaître son sort : il lance deux fois de suite des châtaignes et doit les rattraper dans la poêle. Si une châtaigne s'échappe, il sera veuf l'année même de son mariage et s'il ne réussit pas une seule fois cet exercice d'adresse, il risque de laisser une veuve.

Pour s'attacher un conjoint désireux de rompre, il faut lui faire consommer des châtaignes en grande quantité, en glisser dans ses vêtements, dans ses poches, sous le lit, mettre des feuilles de châtaignier dans les oreillers et le matelas, laver ses mouchoirs dans l'eau dans laquelle elles ont cuit, faire des feux de bois de châtaignier et placer dans toute a maison des figurines réalisées dans les écorces piquantes du fruit : "Même s'il en est arrivé à détester la vie à vos côtés, votre mari ne parviendra pas à rompre les liens".

Dans les Cévennes, une ancienne tradition recommande d'attendre que les châtaignes soient toutes à terre pour les ramasser ou les griller, dans la crainte de nuire à toute la récolte ou d'empêcher les autres de tomber. Dans le Gers, on ne rôtit jamais les châtaignes avant la Toussaint sous peine de donner le charbon au blé que l'on sème et en Limousins, on évite de le faire avant la Sainte-Catherine car "le feu du ciel consumerait vos châtaigniers."

En haute Bretagne, on disait aux enfants que s'ils mangeaient des châtaignes crues, ils auraient des poux (probablement pour qu'ils n'en mangent pas).

Il existait à Collobrières (Var) sur le chemin dit "des amoureux" un châtaignier séculaire et magique. Les jeunes couples désirant des enfants et les jeunes filles en mal de mariage s'asseyaient au pied de cet arbre dont, dit-on, les racines avaient un aspect phallique.

Deux siècles avant notre ère, les Suèves, peuple germanique établi entre la Thuringe, la Bavière et la Suisse, avaient un bois de châtaigniers sacrés, consacrés à leurs dieux, auxquels ils sacrifiaient une victime humaine : "Nul ne pouvait pénétrer dans cette châtaigneraie sans être porteur d'un lien, symbole de dépendance et d'hommage aux dieux. Si l'un des assistants faisait une chute, il ne lui était pas permis de se relever ; il ne pouvait sortir du bois qu'en se roulant sur le sol".

Toutefois, le châtaignier a rarement été l'objet d'un culte, même si on lui attribuait une longévité" exceptionnelle, parfois de trois à quatre mille ans, et plus raisonnablement de mille ans. Autre caractéristique de cet arbre : au fil des ans, il devient creux ; c'est pourquoi, traditionnellement, certains "ont servi de caverne à des ermites, des anachorètes" comme le fameux châtaignier "brûle-culotte", à Sobrado de los Monjes (Galice) dont fait mention une légende espagnole : "La femme d'un riche marchand avait éprouvé une violente passion pour le saint ermite qui, dans son tronc creux, enseignait la sagesse et la connaissance aux pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Après avoir essuyé plusieurs refus polis mais fermes, cette dame, n'en pouvant plus, entra une nuit dans le châtaignier creux. Bien mal lui en prit : elle en ressortit plus vite qu'elle n'y était entrée, avec ses caleçons en flammes !"

Dans le folklore breton, lorsque Dieu créa le châtaignier, le diable voulut l'imiter : il ne réussit qu'à faire le marronnier.

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Hachette Livre, 2000) :

"C'est un arbre pourvu d'une grande longévité dont les fruits, dotés d'une non moins grande valeur calorique, nutritifs et délicieux, tombant de ses branches à l'automne, en firent le symbole de la prévoyance, car il les donne pour l'hiver à venir. "La châtaigne est utile contre toute faiblesse qui est dans l'homme. Mangez-en souvent, avant et après le repas, et votre cerveau se développe et il est rempli. Vos nerfs se fortifient et ainsi passera le mal de tête." (Daniel Maurin, Les Remèdes, éditions Mame, 1992). C'est ainsi que Sainte Hildegarde de Bingen vantait les vertus de la châtaigne au XIIe siècle. Grillées, bouillies, en soupe ou en purée, on consommait des châtaignes depuis la plus haute Antiquité. Les Grecs les surnommèrent ainsi noix d'Héraklès. Un arbre produisant des fruits aussi bienfaisants ne pouvait être qu'honoré par nos ancêtres, qui connaissaient sa longévité. Avec ses branches, ils confectionnaient des bâtons, des manches au contact des quels ils puisaient une force nouvelle, ils se régénéraient. Parfois, des châtaignes tombant malencontreusement sur la tête des hommes pouvaient leur faire mal. C'est ainsi qu'à partir du XVIIe siècle, la châtaigne devint synonyme de coup de poing. Aujourd'hui, dans le langage populaire, se castagner, c'est se battre."

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Littérature :


Dans Le Livre des Fleurs (Librairie philosophique J. Vrin, 1989), Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) tente d'initier les Occidentaux à cet art ancestral particulièrement subtil qu'est celui des fleurs et des bonsaï. Il propose ce haïku qui célèbre la châtaigne :

Voici l'hiver,

Les bogues des châtaignes

Tendent leurs mains ouvertes.

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