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  • Anne

Le Loriot





Étymologie :

  • LORIOT, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Fin xive s. ornith. (E. Deschamps, Miroir de mariage, 149 ds Œuvres complètes, éd. G. Raynaud, t. 9, p. 8 : paons, pymars, et lorios : < ryos >) ; 2. 1834 « orgelet » (Hécart, Dictionnaire rouchi-français). 1 altération par substitution de suff., de *loriol (attesté de nos jours, sous différentes formes, dans les patois, cf. FEW t. 1, p. 178a), issu par agglutination de l'art. défini à l'anc. subst. oriol « oiseau » (ca 1140 orïoel, Pèlerinage de Charlemagne, 290 ds T.-L.), de l'adj. lat. aureolus « d'or, de couleur d'or » (dimin. de aureus « id. », dér. de aurum « or »), en raison de la couleur jaune vif du plumage de cet oiseau ; 2 v. compère-loriot, étymol. et hist. (déjà sous la forme leuriel vers 1465, loc. cit.).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


Selon le Dictionnaire des symboles (1ère édition 1969 ; Édition revue et augmentée, Robert Laffont : 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant :


"Le loriot est en Chine un symbole de mariage. Dans l'imagerie populaire, le loriot est associé aux fleurs de pêcher pour symboliser le printemps. Rapproché du chrysanthème, il est parfois aussi, par suite d'une homophonie approximative, un symbole de joie.

Les oiseaux jaunes, qui se posent sur la porte de l'Immortel Kiai-tseu T'ouei, sont sans doute des loriots et peuvent être, là encore, en relation avec l'annonce du printemps."

Selon le site http://vanille63.centerblog.net/rub-la-symbolique-des-oiseaux-.html :


"Son joli chant flûté en fit souvent un symbole de joie et d'insouciance pour nos ancêtres. Ainsi, les Chinois confondent souvent le chant de l'hirondelle et celui du loriot, qu'ils considèrent, l'un et l'autre, comme des gages de joie, de bonheur et de mariage heureux. Par ailleurs, le fait que les enfants ne quittent pas le nid parental avant de s'envoler pour les pays chauds durant les mois d'hiver fit de lui, aux yeux de nos ancêtres toujours, le symbole de l'harmonie familiale et de la douceur du foyer."

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


Le Loriot, symbole du mariage en Chine, porte bonheur lorsqu'il chante dans un pêcher en fleur. Cependant, il ne faut jamais chercher à en dénicher un car cela porte malheur. A l'enfant qui le ferait, l'oiseau dirait : "Tu déniges mon nid, tu seras pendu !" (Ille-et-Vilaine).

Dans la Vienne, le premier chant du loriot entendu dans l'année avait une curieuse incidence sur les femmes qui avaient le ventre vide : il "était cause qu'[elles] se coiffaient de travers, parfois pendant toute l'année".

Par analogie - son plumage étant jaune vif (sauf ses ailes et la base de son cou qui sont noires) -, le loriot guérit par son seul regard une personne atteinte de jaunisse mais lui, ayant pris la maladie, en meurt. On a relevé que celui qui en possède un "est obligé de recouvrir sa cage, de peur que le malade ne soit gratuitement guéri rien qu'en le voyant".

Le loriot d'Amérique qui se pose dans un champ ou un jardin est un présage de succès.

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D'après Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Hachette Livre, 2000) :


Le sifflotement de ce petit oiseau jaune, aux ailes marron, aux yeux rouges, très vif et très nerveux, et pas plus gros qu'un merle, rappelle le son de la flûte et s'entend dans les vieux arbres des jardins, des parcs, au bord des étangs et des cours d'eau. Le loriot, qui a colonisé toute l'Europe, les pays de l'Est et la Russie, revient d'Afrique équatoriale où il migre vers la fin du mois d'août, dans les premiers jours du mois de mai. Il bâtit alors son nid d'ne manière subtile et complexe, avec des feuilles, des herbes, des morceaux d'écorce d'arbre, dont il garnit l'intérieure de laine et de plumes. La femelle pond 4 ou 5 œufs pendant deux semaines, fin mai-début juin. Toutefois, les oisillons restent avec leurs parents jusqu'à la migration suivante, ce qui n'est pas courant chez les oiseaux. Le loriot se nourrit surtout d'insectes, mais il est friand de fruits rouges.

Son joli chant flûté en fit souvent un symbole de joie et d'insouciance pour nos ancêtres. Ainsi, les Chinois confondent souvent le chant de l'hirondelle et celui du loriot, qu'ils considèrent, l'un et l'autre, comme des gages de joie, de bonheur et de mariage heureux. Par ailleurs, le fait que ses enfants ne quittent pas le nid parental avant de s'envoler pur les pays chauds durant les mois d'hiver fit de lui, aux yeux de nos ancêtres toujours, le symbole de l'harmonie familiale et de la douceur du foyer."

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Littérature :


Dans ses Histoires naturelles (1874), Jules Renard brosse des portraits étonnants des animaux que nous connaissons bien assorti de petites saynètes tout aussi curieuses :

Le loriot

Je lui dis :

« Rends-moi cette cerise, tout de suite.

– Bien », répond le loriot.

Il rend la cerise et, avec la cerise, les trois cent mille larves d’insectes nuisibles, qu’il avale dans une année.

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Le Loriot

3 septembre 1939.

Le loriot entra dans la capitale de l'aube.

L'épée de son chant ferma le lit triste.

Tout à jamais prit fin.

René Char, "L'Avant-Monde", Seuls demeurent, 1945.

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