La Forêt de Huelgoat
- Anne

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Particularités :
Dans les "Notes forestières sur la Bretagne et le Cotentin." (In : Annales de l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts et de la Station de Recherches et Expériences Forestières, 1947, 10 (3), pp. 261-304) on peut lire :
"Deux résineux seulement sont spontanés en Bretagne, le Genévrier et l'If. Le premier ne se rencontre pas en forêt, il est d'ailleurs relativement rare. Le second est beaucoup plus intéressant, on le trouve disséminé dans un certain nombre de forêts, principalement dans le Finistère (forêt de Carnoêt, du Cranou, de Huelgoat, etc...) où il en existe des sujets d'assez grandes dimensions. Il est vraisemblable que cette espèce a joué autrefois un rôle beaucoup plus important mais qu'elle a été détruite par l'homme, soit parce que son bois est très recherché par les tourneurs, en particulier pour la fabrication des poulies indispensables dans la marine, soit plus probablement, parce que les rameaux de cet arbre contiennent un alcaloïde, la taxine, dangereux pour les animaux domestiques, et spécialement pour les Êquidés. Ceci permet de comprendre pourquoi on le rencontre actuellement surtout dans les cantons rocheux, escarpés, peu accessibles aux chevaux ou au bétail."
Nicolas Adell et Laurence Charlier Zeineddine, auteurs de "Pierres vivantes : une anthropologie du vivant à hauteur de pierres." (In : Anthropologie et Sociétés, volume 46, number 3, 2022, pp. 197–217) établissent un parallèle entre la manière d'envisager les pierres dans les Andes et en forêt de Huelgoat :
"La mobilité foisonnante et mystérieuse de la pierre colibri (on ignore son itinéraire) rend son immobilité plus forte encore et plus efficace pour installer une frontière ou interdire tous les mouvements : « Elle ne bouge pas et on ne peut pas passer. » Rien d’étonnant donc à ce qu’elles soient des maîtresses gardiennes des lieux et qu’elles puissent servir de bornes pour marquer des limites entre des ayllu. Loin de l’immobilité subie, l’immobilité de la pierre colibri est le fruit d’une décision. C’est un effort orienté vers un but, marquer une limite dans le cas présent.
Or, cette propriété remarquable n’a rien de spécifiquement aymara. On la rencontre sous d’autres latitudes, en Europe notamment. Ainsi, en France, dans la forêt de Huelgoat (Finistère), on trouve l’imposante « Roche tremblante » de 137 tonnes qui refuse de tomber, en dépit de l’acharnement des carriers du début du XXe siècle puis des touristes, qui s’appliquent à la faire vaciller. Son équilibre stable donne aussi l’illusion d’une immobilité décidée et forte : « Elle a tenu », me disait un des guides de la forêt, évoquant tout à la fois sa résistance passive aux coups de massette des tailleurs de pierre et aux cars de touristes. Mais au lieu de produire une frontière spatiale et d’arrêter le passage, cette immobilité têtue tenait lieu d’épreuves et d’invitation au franchissement d’âge. Elle marquait ainsi une frontière symbolique entre les sexes et entre les âges. Pour devenir un homme, et avant que cela ne devienne définitivement une attraction pour touristes, même si les pratiques ont pu se chevaucher largement, faire osciller la pierre branlante de la forêt de Huelgoat faisait grandir et rendait les garçons, à l’instar de la conscription, « bon pour les filles ». Un Huelgoatain, né dans les années 1940, raconte que c’était un lieu incontournable pour les jeunes garçons du village âgés de dix ans et qui voulaient éprouver leur force et leur savoir. C’est aujourd’hui une dimension disparue, recouverte par des récits de légendes qui mettent volontiers en scène un « animisme des pierres », les franchissements symboliques d’âge ayant changé de forme et de lieu.
Dans le Sidobre, à huit cents kilomètres de là en direction du sud-est, où se trouve une autre pierre qui tremble, ce passage d’âge était si systématique et occasionnait une présence telle dans les premières années du XXe siècle que le fermier qui possédait le terrain voisin avait fait poser une chaîne et un cadenas pour fixer au sol l’immense « pierre clouée ». Dès lors, pour passer l’âge, il fallait s’acquitter de quelques francs auprès de lui pour qu’il ouvre le droit à tenter l’aventure de la faire osciller.
Mais osciller, c’est tenir, et tenir malgré tout. Au Huelgoat comme ailleurs, les « roches tremblantes » sont en premier lieu des pierres qu’on remarque pour leurs propriétés inhabituelles. « Elle aurait dû rouler jusqu’en bas », expliquait l’une des guides de la forêt en mars 2010. Un siècle plus tôt, Victor Segalen notait pour sa part qu’elle aurait dû subir le sort de tous ces « gros cailloux inutiles » et être exploitée et débitée en « pierres à bâtir » (Segalen 1973 : 212). Des pierres qui « devraient », mais qui ne font pas toujours ce qui est attendu d’elles.
[...]
Ces échanges connaissent en Europe une déclinaison singulière sur laquelle un aspect du récit de Pierre-Jakez Hélias a attiré mon attention, car il renvoie à une observation que j’ai faite par ailleurs autour des « roches tremblantes » ou « sonnantes » de Bretagne. C’est à 12 ans que Jean acquiert le don de comprendre le langage des pierres. C’est un enfant qui, pour les sociétés rurales traditionnelles en Europe, a atteint le moment de s’engager dans le lent processus qui le conduira à l’âge adulte. Or, dans la forêt de Huelgoat et dans le Sidobre, ce sont des enfants du même âge qui viennent éprouver leurs connaissances, leur adresse et leur force au pied de ces rochers gigantesques. Ce sont eux, avant que le tourisme ne se développe dans la seconde moitié du XXe siècle et jusque dans les années 1980, qui formaient des bandes de « petits guides » qui amenaient les visiteurs voir les pierres, qui leur faisaient des démonstrations d’adresse et qui leur contaient les histoires fabuleuses qui les entouraient. « C’était notre terrain de jeux », me racontait un ancien « petit guide » ; « grâce à l’argent des touristes, j’ai acheté ma première guitare ». Même si la fonction de franchissement d’âge a aujourd’hui disparu — les petits guides sont interdits —, les souvenirs des petits jeux avec les grands rochers conservent la trace d’un rapport fondamental qu’une certaine enfance a pu avoir avec certaines pierres. Ces enfants, au Huelgoat et ailleurs, sont ainsi les détenteurs de compétences singulières et éphémères, de celles qu’il faut maîtriser, puis perdre pour grandir. Faire vaciller les blocs gigantesques, faire « sonner » les pierres « qui cornent » (en Bretagne encore, près d’Oxford aussi où se tient un blowing stone qui fait office de « jeu d’enfants » depuis le XIXe siècle au moins), repérer la croissance invisible des trovants (pierres « qui poussent ») de Costesti (Roumanie), telles sont quelques unes de ces capacités qui construisent un curieux partenariat entre de petits humains et de grandes pierres.
Tandis que les enfants, par leur attention, par leur empathie, par leurs actions, mettent en mouvement ces pierres, leur prêtent des intentions et les font entrer dans une catégorie généreuse du vivant, ces dernières font quant à elles grandir les jeunes garçons en constituant pour eux un repère tangible de passage biographique. On grandit quand on sait souffler dans les pierres pour les faire sonner, quand on sait faire trembler le rocher, ou quand on sait identifier la croissance d’une pierre qui elle-même grandit. Un moment d’échange a été ouvert : les enfants permettent aux pierres d’accéder à la biologie, et celles-ci font avancer ceux-là dans leur biographie.
Aussi, certaines pierres, des deux côtés de l’Atlantique, sont-elles vivantes à ce double titre : vivantes d’être traversées, à l’instar des humains ou des animaux, de mouvements extérieurs et intérieurs d’une part ; mais vivantes aussi, d’autre part, à force d’être des leviers biographiques, des embrayeurs d’âge en Europe, des ciments d’unités familiales du côté du Nord Potosí. Vivantes donc par le fait de faire office de sang et d’humeurs — exohormone et exosang —, et de contribuer ainsi à la croissance sociale des individus et à l’établissement des liens."
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Marcel Calvez, auteur de "Druides, fées et chevaliers dans la forêt de Brocéliande." (Festival international de géographie. Programme scientifique, Oct 2010, Saint-Dié-des-Vosges) rappelle le lien entre la forêt d'Huelgoat et la mythique Brocéliande :
"[...] Par l'entremise de découvreurs du territoire, la forêt de Paimpont devient en quelques années la seule et unique forêt de Brocéliande, au détriment de tout autre lieu en Bretagne armoricaine. (1)
Note : 1) Seule, la forêt du Huelgoat, dans les monts d'Arrée à l'est de Brest, est toujours présentée comme un antique vestige de la forêt de Brocéliande. Un impressionnant chaos de rochers est désigné comme la grotte d'Arthur et un oppidum gaulois comme le camp d'Artus. Cette désignation légendaire prend appui sur l'idée d'une forêt originelle, couvrant la Bretagne centrale, qui est développée par les historiens au XIXe siècle. Elle procède de la valorisation touristique des lieux qui, à la fin du XIXe siècle, deviennent un site de villégiature. Le chaos de rochers, les bois, les rivières et les lieux archéologiques sont qualifiés comme une sorte de « Fontainebleau breton ». La référence à Brocéliande et au roi Arthur enrichit ce lieu de références culturelles en consonance avec les attentes des visiteurs, en particulier britanniques, habitués aux nombreux sites légendaires arthuriens en Grande-Bretagne (plus de 300 sites arthuriens répertoriés). Mais cette identification est largement postérieure à celle de Paimpont que l'on situe entre 1825 et 1835-40.
Contes et légendes :
Vincent Cabioch, auteur de 5 diables verts à Huelgoat (Éditions Alain Bargain, 2016) connaît bien Huelgoat :
"Il est des lieux qui vous imprègnent immédiatement de leur onde, vous donnent quelque chose, c’est le cas de Huelgoat. Tout est là pour ça, c’est magique, pour peu que l’on soit sensible à l’immatériel, aux légendes, à l’histoire.
Flaubert écrit qu’Huelgoat est le trou où l’on vient vivre quand on est triste, que le chagrin s’y changerait en mélancolie. Oserai-je un jour y venir avec le cœur tourné comme il faut pour vérifier cette affirmation ?
[...]
— C’est vrai qu’il y a quelque chose d’impalpable qui s’impose à vous, je suis content que vous l’ayez senti. Sachez que ça n’est pas le cas de tout le monde, loin s’en faut, il faut être prédisposé à vibrer. À mes yeux, c’est d’abord l’un des bourgs de campagne du Finistère qui synthétise le mieux l’esprit de l’Armorique et de son imaginaire, l’Armorique gauloise, l’Armorique bretonne, un chaos naturel, puis les pierres levées, le Camp Artus des Osismes, les sabots et les coiffes, le commerce des marchés, les pardons, la villégiature à la mode dans les années trente, le sanatorium, l’industrie minière et les filons argentifères. Et puis il y a quelques ponctuations qui nourrissent les légendes, des contes, des histoires étonnantes qui viennent renforcer ce sentiment. Savez-vous que l’écrivain Victor Segalen, après avoir disparu plusieurs jours, fut retrouvé mort ici, comme assoupi au pied d’un arbre au fond de la forêt, avec un exemplaire d’Hamlet à la main. C’était en mai 1919, le 21 mai 1919.
— J’ignorais.
— La Grotte du Diable, le Chaos, le Ménage de la Vierge, la Roche Tremblante, la Mare aux Fées, le Gouffre, la rivière d’Argent, le Sentier des amoureux, le Théâtre de verdure et j’en passe… tout ce vocable joue son rôle également. Le vrai nom de la rivière, c’est Fao, « hêtre » en breton, Huelgoat signifie le bois du haut, nous sommes ici dans un chaudron bouillonnant où s’harmonisent l’eau, la pierre et le végétal. Quel terrain de jeu formidable quand nous étions enfants ! Vous imaginez les histoires que nous nous faisions… [...]
— Une des légendes raconte que ce furent les habitants des bourgs limitrophes de Plouyé et de Berrien qui provoquèrent le chaos de granit de Huelgoat. À l’occasion d’une querelle dont tout le monde ignore aujourd’hui la cause, ils se combattirent à coup de blocs de pierre, se les lançant de village à village. Heureusement projetés avec trop peu de force (douze kilomètres séparent les deux communes), ceux-ci atterrirent à mi-course sans atteindre leur cible, roulant au fond de la rivière, ici même !"
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Bernard de Parades, auteur de Huelgoat, forêt légendaire (Éditions d'art Jos Le Doaré, 1955) relate deux légendes liées à la forêt d'Huelgoat :
"PIERRES SUR PIERRES. Arrondis, façonnés de vieillesse, les rochers d'Huelgoat poussent à pleins prés et à pleine forêt. Ils sortent de la terre et se vautrent comme des bêtes couchées. Tantôt seuls, tantôt en chaos amoncelés, ils appellent une question.
Mais ne croyez pas tout à fait les petits guides lorsqu'ils vous assurent que c'est l'eau qui les a amenés » et ne les croyez surtout pas si un jour de sécheresse et de ruisseau tari, ils vous affirment que « l'eau est partie chercher d'autres pierres »...
Pour entrevoir la vérité vous imaginerez plutôt un commencement du monde à la mode bretonne. Au temps où le Créateur brassait le granit en fusion, dans cette pâte qui ressemblait à quelque mauvaise bouillie de blé noir il s'était produit des grumeaux. Le Yod gwiniz du a refroidi et les années y ont mis les dents, crachant de temps à autres les imperfections de cuisine.
Le géologue, plus prosaïque, affirmera que certains blocs résistèrent aux acides humides qui en émiettaient la gangue. Patiemment, millénaire après millénaire, le ruissellement a emporté dans la vallée toute cette chape de sable et d'argile. Dépouillées et isolées ces roches dévalèrent, s'arrêtant où elles pouvaient, culbutant les unes sur les autres pour former ce chaos où les vocables vont du diable à la Vierge ; parfois devenues équilibristes comme la Roche tremblante ou le Champignon. Certaines, à moitié enterrées, sont restées sur les hauteurs : ainsi la Roche Cintrée qui regarde tout le vaste horizon de forêt. Elle semble la reine du pays, surtout depuis qu'une prudente balustrade l'a parée d'un diadème.
Tel est le simple mystère de ces rochers. Pour bien le comprendre, il suffit d'aller à l'une des carrières, qui, depuis plus de trente ans font çà et là l'autopsie du sol du Huelgoat. Car, après avoir pendant des siècles débité les blocs de la surface pour les églises, les chapelles et les maisons, les hommes ont dû ouvrir le sol, rechercher dans l'arène les nuceï solides et les exploiter.
« La pierre semble le symbole naturel des races celtiques » a dit Renan. En hommage à leur sol, les premiers Armoricains de l'Argoat avaient dressé ce menhir à l'enseigne duquel on trinque toujours à Kerempeulven. Aujourd'hui sous la bénédiction de Sainte Barbe, patronne des gens de poudre, de pierre et de feu, le roc vole en éclats et se taille en moellons, linteaux, corniches pour des maisons qui se construisent parfois très loin de là. L'artisanat des carriers en a fait un clan d'hommes aux mains et aux gosiers de granit (il faut bien chasser cette damnée poussière !). Mais leurs cœurs ne sont pas de même et leurs mémoires ont su garder le légendaire de leur métier.
Les montagnes de l'Arré formaient autrefois une grande ville dont les murs et les tours se voyaient de toute la Bretagne. C'était une cité de carriers riches d'un travail alors bien payé. Une nuit de Noël qu'ils festoyaient au lieu d'aller à la messe de minuit, les murailles s'écroulèrent, la montagne s'ouvrit, engloutissant tout ce peuple de carriers sans foi. Sur les landes on entend encore parfois de grands coups sourds comme si des mineurs travaillaient à l'intérieur de la montagne. Ce sont les carriers maudits qui taillent des pierres pour reconstruire leur ville. Jusqu'à la fin des temps, ils peineront en vain. Un bloc à peine équarri retombe aussitôt en poussière. Ils jurent alors si fort que toute la montagne en tremble.
PIERRES DE GÉANTS. Un dicton de Cornouallle prétend qu'enlever les pierres de Berrien est parmi les quatre choses impossibles à Dieu.
Kompeza Brasparz,
Diradenna Plouyé,
Diveina Berrien,
Dic'hasta Poullaouen.
Far Berrien, disons tout de suite qu'il faut, bien sûr, entendre Huelgoat qui lui fut longtemps rattaché. Ainsi donc les Bretons mettaient en doute la toute puissance de Dieu pour enlever tous ces monstres de pierres qui émergent des bois, des landes et des prairies, qui se sont assemblés en chaos et entassés dans les vallées pour faire dire un chant rocailleux à l'eau de la rivière.
Mais leur vieux paganisme doutait moins de la force de Gargantua, се héros celtique bien antérieur à Rabelais. Lors de sa venue dans ce coin de Cornouaille, Gargantua ne s'était vu servir dans une ferme que de la bouillie de sarrasin. Furieux d'un si triste repas, il passa bien vite en terre léonarde et pour se venger lança, vers ce pays d'Huelgoat, tous les rochers qu'il rencontrait sur sa route jusqu'à la mer. C'est pourquoi les terres du Léon sont si fertiles et celles de Haute Cornouaille si pauvres et caillouteuses. Avant de partir, Gargantua avait signé son passage : un rocher a gardé le concave des formes charnues du géant.
Selon les petits guides qui, vivent tout l'été dans le chaos comme une bande de lutins malicieux, il y aurait eu querelles de clochers. Les bourgs de Berrien et de Plouyé, jadis, s'en voulaient à mort. Et non seulement les paroissiens mais aussi leurs recteurs, ce qui est fort mal pour des gens d'église. Ils s'en voulaient à tel point, que ces derniers, de leur paroisse respective vinrent à se bombarder à coups de rochers. Ils avaient trop présumé de leurs forces et les pierres tombèrent à mi-route sur la paroisse d'Huelgoat formant le Chaos du Moulin. Mais, explique-t-on : le recteur de Plouyé avait un tir plus long. Aussi la rive de Berrien est-elle plus profondément parsemée de blocs que celle de Plouyé.
Là se trouve la fameuse Roche Tremblante, pierre d'épreuves et de consultations, qui, à un endroit précis, tel un déclic magique, oscille lentement par une simple pression du dos. Le vieil homme qui fait rouler sa pierre verte et moussue à souhait officie avec le sérieux d'un fabricien de pardon.
Tous ces rochers ont été le berceau de légendes à géants, tel ce Hok Braz, qui venait y jouer tout enfant. A trois ans, il avait déjà plus de six pieds et comme il n'était pas encore baptisé, son père demanda à sa tante d'Huelgoat d'être sa marraine. Hok Braz marchait comme un homme et la tante n'eut pas la peine de le tenir sur les fonts baptismaux, Hok Braz fut gentil, mais lorsque la tante lui mit du sel dans la bouche il toussa si fort que le bedeau fut jeté contre un pilier où il se fit une jolie bosse à la tête. Et Hok Braz de rire de si bon cœur que tous les vitraux de l'église volèrent en éclats."
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