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  • Anne

L'If, l'arbre des morts



Étymologie :

  • IF, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 406) ; 2. 1834 « pièce de charpenterie de forme triangulaire pour les illuminations » (Boiste). Du gaul. *ivos (irl. eo, cymrique yv [le bret. ivin est peut-être empr. au fr., v. Dottin, p. 262]), le mot étant commun aux lang. celt. et germ. (a.h. all. îwa, all. Eibe ; ags. îw, angl. yew), v. Dottin, pp. 131, 262 ; Thurneysen, p. 65.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Taxus baccata ; Aci ; Asse ; Bois d'aï ; Bois de doigt ; Bois d'Espagne ; Bois de la Sainte-Baume ; Bou d'i ; Eche ; Ifo ; Ivié ; Liéou ; Liss ; Lityë ; Smilax de jardin ; Téych ; Téchéra ; Tuey ;

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Histoires d'arbres :


Dans la série éponyme d'Arte, un épisode est consacré aux deux ifs millénaires de La Haye-de-Routot qui sont l'objet des croyances ancestrales toujours vivantes.



Botanique :


Dans Les Langages secrets de la nature (Éditions Fayard, 1996), Jean-Marie Pelt s'intéresse à la communication chez les animaux et chez les plantes, et en particulier à la toxicité des poisons qu'ils produisent :


L'if est un arbre surprenant à tous égards. Conifère, il possède cependant, comme le vrai sapin, des feuilles-aiguilles d'un vert sombre et de forme intermédiaire entre les aiguilles de l'épicéa et les feuilles étalées de la plupart des arbres. Mieux encore, il ne donne pas de cône ou de « pomme », mais des sortes de baies rouges, et il se transforme à maturité en une sorte de « sapin » couvert de mille petites boules écarlates du meilleur effet. Enfin, autre curiosité botanique, les pieds d'if sont tantôt mâles, tantôt femelles, jamais les deux. Les pieds de Monsieur If donnent au printemps un pollen jaune que le moindre choc transforme en un nuage de couleur soufre, tandis que les pieds de Madame If, en tous points identiques, se parent à l'automne de petites « baies » rouges. Il faut ici mettre le mot entre guillemets, car il ne s'agit nullement de baies, mais de graines vertes enfoncées à maturité dans de belles outres gonflées d'un rouge tirant parfois sur le rose. La nature, ici encore, est bonne mère, car elle a rendu l'arbre, mâle ou femelle, tout entier toxique, hormis justement ces petites urnes rouges, de sorte qu'un enfant ne s'intoxique que s'il croque et avale la graine, non s'il consomme ce pseudo-fruit rouge si attrayant et veille à bien cracher le pseudo-noyau (la graine, précisément). Une expérience que, bien entendu, nous ne conseillons toutefois à personne...

Arbre toxique, l'if était vénéré, comme le gui, par les Gaulois. La décoction de feuilles et de graines donnait un redoutable poison de flèche, d'où son nom latin, taxus, dérivant du grec toxon, signifiant « flèche empoisonnée ». Les notions de flèche et de poison étaient en effet si intimement mêlées qu'un seul nom servait à désigner l'une et l'autre. Il fallut attendre Dioscoride, au premier siècle de notre ère, pour que le radical « tox » soit réservé aux seuls poisons : les toxiques. La toxicité de l'if était à ce point redoutée que le même Dioscoride, célèbre médecin grec, chirurgien des armées de Néron, craignait d'être empoisonné s'il venait à s'endormir sous cet arbre. Plus tard, au Moyen Âge, des vignerons portugais eurent la fâcheuse idée d'utiliser des tonneaux en if pour y faire vieillir leur porto ; ce fut un porto empoisonné que ses consommateurs burent au point d'en mourir. Et il fallut encore du temps pour qu'on se rendît enfin compte que c'était au bois d'if qu'il convenait d'imputer ce genre d'accidents.

Cette fâcheuse réputation a entraîné une raréfaction de l'if, moins commun aujourd'hui qu'autrefois, car de nombreuses intoxications du bétail ont incité les agriculteurs à le bannir des prairies et forêts. L'if a pris sa revanche dans les parcs et les jardins : on le trouve partout, subissant avec complaisance les pires caprices des jardiniers. grâce à son extraordinaire faculté de bourgeonnement, cet arbre plastique ne redoute pas le sécateur et supporte d'être taillé au gré de toutes les fantaisies ; il affecte alors les formes les plus inattendues : haies, bancs, pyramides, colonnades, moulins à vent, animaux, etc.

L'if croît avec une extrême lenteur : il ne dépasse pas dix mètres de haut, mais peut vivre deux mille ans. Cette longévité exceptionnelle explique sa présence dans les cimetières où ce symbole de l'éternité décimait jadis le parc hippomobile des entreprises de pompes funèbres car les chevaux des corbillards, pour tuer le temps, se tuaient eux-mêmes en le broutant. La mécanisation de la mort est venue heureusement supprimer ce risque ; mais les ifs immobiles au feuillage toujours vert continuent à protéger, sentinelles vigilantes, le repos des défunts Et à le protéger longtemps ! Les spécimens croissant dans certains cimetières de Normandie (Estry, la Haye-de-Routot) approchent le bimilllénaire, ce qui en fait, avec leurs homologues anglais, plus vieux encore, les arbres les plus âgés d'Europe.

L'histoire de la découverte du Taxol, substance anticancéreuse et toxique de l'if, commence au début des années 60, lorsque le National Cancer Institute (NCI) organisa aux États-Unis un vaste programme d'évaluation de plante afin de recherche de nouvelles substances antitumorales. Trente cinq mille espèces végétales - soit environ le quinzième de toutes les espèces connues - furent passées au crible pour apprécier leurs éventuelle activité anticancéreuse.

C'est ainsi qu'un extrait brut d'if du Pacifique (Taxus brevifolia) donna une réponse positive sur certaines leucémies expérimentales. Les chercheurs américains en isolèrent alors le Taxol dont ils établirent la structure chimique en 1971. Étant donné sa structure encore inconnue, le Taxol présentait l'intérêt particulier d'ouvrir en chimiothérapie anticancéreuse une nouvelle tête de série sans relation aucune avec les médicaments déjà utilisés. D'emblée, son exploitation se heurta cependant à un grave inconvénient : le taxol s'extrait en effet de l'écorce du tronc des ifs, ce qui exigeait des écorçages entraînant la destruction massive de cette espèce sur la côte pacifique des États-Unis. Ne fallut-il pas, en 1988, abattre 12 000 ifs pour n'isoler que 2 kg de Taxol ? Naturellement, les écologistes réagirent violemment, et l'on dut se résigner à voir les recherches industrielles et thérapeutiques en cours se retrouver dans l'impasse, faute de matière première. L'if, de surcroît, est d'une croissance très lente, on l'a vu, et il était impossible d'envisager des plantations rentables à vue humaine. Quant à la synthèse du Taxol, elle se heurtait à des difficultés quasi insurmontables en raison de la structure complexe de sa molécule.

Comme toujours dans ce genre de situation, les chercheurs se tournèrent alors vers la mise au point d'« analogues » synthétiques du Taxol. L'une des directions de recherche consista à avoir recours à l'if européen (taxus baccata), et non plus cette fois à l'écorce des troncs, ce qui impliquait l'abattage des arbres, mais au feuillage. Il suffisait de prendre en compte l'extrême disposition de l'if à se laisser tailler pour récolter chaque années des contingents impressionnants de feuilles. On faisait ainsi coup double : on conservait les arbres et on assurait ainsi le renouvellement annuel de la matière première. De leur côté, les Italiens plantèrent 600 hectares d'ifs, et une équipe française de Clermont-Ferrand, animée par Jean-Yves Berthon, entreprit la culture de jeunes plants in vitro, ainsi que la sélection d'espèces riches en substances actives. Curieusement, ce sont les plants français qui se révélèrent les plus prometteurs ; ils devaient ensuite être cultivés dans les terres mises en jachère par la politique agricole commune de l'Union européenne.

Les recherches chimiques sur les feuilles ont simultanément progressé et de nombreux « analogues » structuraux du Taxol ont été mis au point. Une équipe de chercheurs français de l'Institut des Substances naturelles de Gif-sur-Yvette, conduite par Pierre Potier, a obtenu une substance voisine du Taxol, baptisée « Taxotère ». Cette molécule présente un effet thérapeutique plus marqué que celui du Taxol sur les cellules cancéreuses dont elle bloque la division. Son usage clinique a confirmé ces constatations : le Taxotère possède une activité antitumorale intéressante sur les cancers du sein, de l'ovaire et du poumon, et le médicament est entré sur le marché thérapeutique en 1994.

Si le Taxotère est aujourd'hui produit industriellement par synthèse, le Taxol ne l'est pas encore. Extrait des ifs, son prix est prohibitif. Aux États-Unis, la vente du Taxol est autorisée depuis janvier 1993 dans la lutte contre les tumeurs ovariennes. Elle vient d'être autorisée en France pour le traitement des cancers métastasés de l'ovaire, après échec du traitement classique. Certains travaux montrent, pour le Taxol et le Taxotère, des résultats encourageants dans les cancers du sein dont le nombre ne cesse d'augmenter. Récemment, Taxol, Taxotère et divers corps voisins ont manifesté des propriétés parasiticides, notamment contre l'agent responsable du paludisme, souvent résistant aux antipaludiques classiques et qui tue encore trois millions de personnes par an de par le monde.

L'histoire de l'if constitue donc une grande épopée médicale et industrielle à laquelle la France a pris une part essentielle. Elle illustre excellemment les nombreux processus à mettre en œuvre pour passer du toxique au médicament.

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Usages traditionnels :


Selon C. Busser, auteur de "Baies, fruits et pseudo-fruits toxiques utilisés en médecine populaire ou en phytothérapie" (in Phytothérapie Numéro 1 : 31–3, 2007) l'If (Taxus baccata L. Taxaceae) est un :


Arbre à feuilles linéaires, aplaties, aiguës au sommet. Le pseudo-fruit, la partie charnue qui entoure la graine (l’arille ovoïde de 10-12 mm), présente un orifice laissant voir la graine. Arilles isolées à une graine brune visible.

L’arille est comestible, mais la graine qui s’y trouve est très toxique. Lorsque la graine n’est pas mâchée, en cas d’ingestion des arilles, il n’y a en général pas intoxication.

Il existe d’autres espèces, considérées par certains botanistes comme des sous-espèces de l’if occidental (l’if du Pacifique par exemple : Taxus brevifolia Nutt.).

L’if occidental est une source de déterpènes à noyau taxane, dont le taxol, actif sur les cancers de l’ovaire et du sein (commercialisation de paclitaxel (DCI) et de docétaxel – DCI). Floraison : avril-mai, fructification : août-septembre.


Signes cliniques de l’intoxication : On retrouve des troubles digestifs et vertiges et des troubles cardiaques et neurologiques graves. Les intoxications sont très fréquentes chez les animaux et en particulier chez les chevaux qui sont friands des feuilles.

Usages populaires : Selon Cazin [6], médecin célèbre du XIXe siècle ayant exerce´ dans le nord de la France vers 1850, les feuilles et parfois fruits étaient utilisés : les fruits comme sédatifs et contre les rhumatismes (présence de biflavonoïdes anti-spasmodiques et sédatifs).

Toute la plante est toxique (sauf l’arille, comestible) et fut utilisée comme poison de flèche, comme abortif, contre les rhumatismes, pour ses propriétés : antispasmodique, cardiotonique, emménagogue, expectorante, narcotique et purgative. Les laboratoires homéopathiques français préparent une teinture mère à base de rameaux feuillés et de pseudo-fruits.

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Symbolisme :


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), l'If (Taxus baccata) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Saturne

Élément : Eau

Pouvoirs : Mauvais œil.

Parties toxiques : Surtout les feuilles ; à un degré moindre, les fruits.


Utilisation magique :

Sa couleur est celle des anciens voiles des veuves. Arbre sacré des Anciens, l'If a été associé un peu partout aux rites funéraires. Les magiciens l'utilisent dans certains rites « noirs », pour invoquer les esprits chthoniens.

Bien que cet arbre ait un prestigieux passé mythique, il a été peu à peu abandonné à cause des accidents dus à sa toxicité.

Horrible boutade anti-magique sortie d'un cerveau désespérément rationaliste : si on trouve traditionnellement des Ifs dans les cimetières, cela n'a rien à voir avec les anciens mythes ; c'est tout simplement parce que les cimetières étaient, en campagne, les rares endroits clos où le bétail ne pouvait pénétrer (les bêtes ne pouvaient pas s'empoisonner en broutant les feuilles toxiques).

Ne terminons surtout pas sur cette note : l'If est, effectivement, l'arbre consacré dans les cimetières anglo-saxons, où d'ordinaire il n'y en a qu'un ; on dit qu'il pousse une racine dans la bouche de chaque mort...

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Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007 ; traduction française : Éditions Contre-dires, 2018) nous délivre un :


Message des arbres :

Nous venons du cœur de Dieu. Nous n'avons rien

à apprendre et beaucoup à offrir. Nous avons été ensemencés

sur la Terre pour le bien du règne humain et animal, incluant

les oiseaux et les insectes, et pour nourrir la planète elle-même,

physiquement, émotionnellement et spirituellement. Nous

diffusons l'amour et la guérison pour vous.


Les conifères - pins, épicéas et sapins : Les sapins et les pins élèvent votre fréquence vibratoire et vous permettent de guérir et de vous régénérer. Il n'y a rien de mieux qu'une promenade dans une forêt de sapins ou de pins pour vous remonter le moral et vous aider à vous sentir bien. Ils guérissent littéralement le corps et l'esprit. ces arbres aident les gens à atteindre la cinquième dimension.

Ce n'est pas par hasard que de nombreux centres de ressourcement et complexes de balnéothérapie sont construits dans des forêts de sapins et de pins, car ces arbres vous aident à retrouver l'équilibre et la santé.

Dans les grandes forêts, ces arbres conservent une grande sagesse ancienne ainsi que la technologie spirituelle du futur apportée par les êtres d'autres systèmes stellaires. Ils les gardent jusqu'à ce que nous soyons prêts à y accéder.

Les ifs symbolisent la transformation et la renaissance. Ils ont été plantés dans des cimetières parce qu'ils sont également très protecteurs des esprits qui s'y attardent, et une partie de leur tâche divine est e leur offrir de l'énergie pour les aider à aller vers la lumière.


VISUALISATION POUR AIDER LES ARBRES

  1. Aménagez un espace où vous pourrez vous détendre sans être dérangé.

  2. Faites appel à l'archange Purlimiek, l'ange de la nature, et sentez sa belle énergie vert-bleu.

  3. Permettez à n'importe quel arbre d'apparaître dans votre esprit.

  4. Bénissez-le et remerciez-le d'être venu vers vous.

  5. Demandez au rayon doré du Christ de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  6. Demandez au feu lilas de la Source de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  7. Demandez à l'énergie protectrice bleu foncé de l'archange Michaël de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  8. Demandez à la lumière aigue-marine de la sagesse féminine divine de l'ange Marie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  9. Demandez à la lumière argentée de l'archange Sandalphon de l'équilibre et de l'harmonie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  10. Prenez un moment pour invoquer toutes les énergies qui vous attirent et voyez-les se déverser dans l'arbre.

  11. Imaginez les couleurs qui s'écoulent d'une racine à l'autre en connectant le réseau d'arbres et en dynamisant les lignes ley.

  12. Ouvrez les yeux en sachant que vous avez aidé les arbres.

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Dans Vert, Histoire d'une couleur (Éditions du Seuil, 2013), Michel Pastoureau nous apprend que :


"Tout verger est construit comme un espace symbolique, et [que] chaque plante qui s'y trouve possède sa signification propre. Celle des fleurs varie beaucoup selon les époques et les régions et prend en compte plusieurs particularités : la couleur, le parfum, le nombre de pétales, l'aspect des feuilles, les dimensions des unes et des autres, l'époque de la floraison, etc. Quelques idées peuvent néanmoins être dégagées pour le Moyen Âge central : Le lis est symbole de pureté et de chasteté, [...] De même, les arbres sont toujours signifiants. [...] La plupart des arbres sont bénéfiques ; quelques-uns sont ambivalents (le peuplier, le cyprès, le noisetier) ; mais seuls l'if, l'aulne et le noyer sont fortement maléfiques : l'if parce qu'il est vénéneux et, planté dans les cimetières, associé à la mort..."

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Symbolisme celte :


D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"L'if est dans le monde celtique un arbre funéraire et l'Irlande l'utilise quelquefois comme support de l'écriture oghamique. Mais il est surtout dans la tradition insulaire le plus ancien des arbres. Le bois d'if est quelquefois encore utilisé pour sa dureté dans la fabrication de boucliers et de lances, ce qui dénote aussi un symbolisme militaire. Ibarsciath, bouclier d'if, est le nom d'un jeune guerrier irlandais et quelques noms ethniques gaulois (Eburovices "combattants par l'if", aujourd'hui Evreux) confirment cette impression. Néanmoins la propriété essentielle qui semble avoir été retenue à la base du symbolisme de l'arbre est la toxicité de ses fruits. César cite l'exemple de deux rois gaulois des Éburons qui, vaincus, se donnent la mort avec de l'if. La roue du druide mythique Mog Ruith (serviteur de la roue) qui est une roue d'Apocalypse, est elle aussi en bois d'if. Eochaid (Ivocatus "qui combat l'if") est enfin un des noms traditionnels du roi suprême d'Irlande.")

Marc-Louis Questin, dans La Tradition Magique des Celtes (1993, réed. 2016), nous apprend que :