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Les Osismes

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 24 févr.
  • 11 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 févr.



Sources antiques :


Selon Pythéas (De l'Océan, cité par Strabon, Géographie, IV, 4, 1 :


"Aux Vénètes succèdent les Osismiens, ou, comme les nomme Pythéas, les [Ostimiens] : ce peuple habite une presqu'île qui avance passablement loin dans l'Océan, pas aussi loin pourtant que le prétend Pythéas et qu'on le répète d'après lui."

César, Guerre des Gaules ; II, 34 ; III, 9 ; VII, 75) :


[2,34] Dans le même temps, César fut informé par P. Crassus, envoyé par lui, avec une seule légion, contre les Vénètes, les Unelles, les Osismes, les Curiosolites, les Esuvii, les Aulerques, les Redons, peuples maritimes sur les côtes de l'Océan, qu'ils s'étaient tous soumis au pouvoir du peuple romain.


[3,9] César, instruit de ces faits par Crassus, et se trouvant alors très éloigné, ordonne de construire des galères sur la Loire, qui se jette dans l'Océan, de lever des rameurs dans la province, de rassembler des matelots et des pilotes. Ces ordres ayant été promptement exécutés, lui-même, dès que la saison le permet, se rend à l'armée. Les Vénètes et les autres états coalisés, apprenant l'arrivée de César, et sentant de quel crime ils s'étaient rendus coupables pour avoir retenu et jeté dans les fers des députés dont le nom chez toutes les nations fut toujours sacré et inviolable, se hâtèrent de faire des préparatifs proportionnés à la grandeur du péril, et surtout d'équiper leurs vaisseaux. Ce qui leur inspirait le plus de confiance, c'était l'avantage des lieux. Ils savaient que les chemins de pied étaient interceptés par les marées, et que la navigation serait difficile pour nous sur une mer inconnue et presque sans ports. Ils espéraient en outre que, faute de vivres, notre armée ne pourrait séjourner longtemps chez eux ; dans le cas où leur attente serait trompée, ils comptaient toujours sur la supériorité de leurs forces navales. Les Romains manquaient de marine et ignoraient les rades, les ports et les îles des parages où ils feraient la guerre ; la navigation était tout autre sur une mer fermée que sur. une mer aussi vaste et aussi ouverte que l'est l'Océan. Leurs résolutions étant prises, ils fortifient leurs places et transportent les grains de la campagne dans les villes. Ils réunissent en Vénétie le plus de vaisseaux possible, persuadés que César y porterait d'abord la guerre. Ils s'associent pour la faire les Osismes, les Lexovii, les Namnètes, les Ambiliates, les Morins, les Diablintes et les Ménapes ; ils demandent des secours à la Bretagne, située vis-à-vis de leurs côtes.


[7,75] Pendant que ces choses se passaient devant Alésia, les principaux de la Gaule, réunis en assemblée, avaient résolu, non d'appeler aux armes tous ceux qui étaient en état de les porter, comme le voulait Vercingétorix, mais d'exiger de chaque peuple un certain nombre d'hommes ; ils craignaient, dans la confusion d'une si grande multitude, de ne pouvoir ni la discipliner, ni se reconnaître, ni se nourrir. Il fut réglé que les divers états fourniraient, savoir les Héduens, avec leurs clients les Ségusiaves, les Ambivarétes, les Aulerques Brannovices, les Blannovii, trente-cinq mille hommes ; les Arvernes avec les peuples de leur ressort, tels que les Eleutètes, les Cadurques, les Gabales, et les Vellavii, un pareil nombre ; les Sénons, les Séquanes, les Bituriges, les Santons, les Rutènes, les Carnutes, chacun douze mille ; les Bellovaques, dix mille ; les Lémoviques, autant ; les Pictons, les Turons, les Parisii, les Helvètes, huit mille chacun ; les Ambiens, les Médiomatrices, les Petrocorii, les Nerviens, les Morins, les Nitiobroges, chacun cinq mille ; les Aulerques Cénomans, autant ; les Atrébates, quatre mille ; les Véliocasses, les Lexovii, les Aulerques Eburovices, chacun trois mille, les Rauraques avec les Boïens, mille ; vingt mille à l'ensemble des peuples situés le long de l'Océan, et que les Gaulois ont l'habitude d'appeler Armoricains, au nombre desquels sont les Curiosolites, les Redons, les Ambibarii, les Calètes, les Osismes, les Lémovices, les Vnelles. Les Bellovaques seuls refusèrent leur contingent, alléguant qu'ils voulaient faire la guerre aux Romains en leur nom et à leur gré, sans recevoir d'ordres de personne. Cependant, sur les instances de Commios, leur allié, ils envoyèrent deux mille hommes.


[XVIII.] La Gaule Lyonnaise renferme les Lexoviens, les Vellocasses, les Gallètes, les Vénètes, les Abrincatuens, les Osismiens ; la Loire, fleuve célèbre ; une péninsule remarquable qui s'avance dans l'Océan, à partir des Osismiens, dont le tour est de 625.000 pas, et dont le col a 125.000 pas de large ;

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Étymologie :


Dans Nos racines celtiques - Du gaulois au français (Éditions Désiris, 2013) Pierre Gastal lit propose l'entrée suivante :


"Ostimos : dernier, ultime.

  • Ostimoi/Ostimioi (Strabon) ou Ossismi, peuple de l'extrémité de la péninsule armoricaine (Finistère)/

  • cf. latin postumus (dernier) même racine IE avec chute en gaulois du P- initial."

Selon Jean-Yves Eveillard, qui rend compte d'un livre de Patrick Galliou "Les Osismes, peuple de l’occident gaulois." (In : Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest. Anjou. Maine. Poitou-Charente. Touraine, 2015, no 122-4, pp. 145-148) :


"[...] La forme grecque Osismioi, rapportée par le géographe Strabon à l’occasion du récit du voyage de Pythéas vers 325 av. J.-C., est un ancien Ostimioi comme il nous l’explique, supposant une forme antérieure, non attestée,*postimios. Dès lors le sens est clair : ce sont les « ultimes », ceux qui habitent le bout du monde connu, sens repris par exemple dans « de fine terre » appliquée à l’abbaye de Saint-Mathieu, dans le nom moderne Finistère ou dans la forme bretonne Penn ar bed."




Localisation :


Cristina Gandini, autrice de « Regard sur les campagnes chez les Osismes. Peuplement et activités dans le Léon et la vallée de l’Aulne du second âge du fer à la fin de l’Antiquité ». (In : Annales de Normandie, 2022/2 72e Année, 2022. pp. 107-147) présente le territoire des Osismes :


"[...] Située à l’extrémité de la péninsule armoricaine, la civitas des Osismes est un territoire vaste de 11 000 km2, occupant l’actuel département du Finistère et une partie de celui des Côtes-d’Armor. À partir du 1er siècle de notre ère, elle est administrée par un chef-lieu, créé ex nihilo, mentionné sous le nom de Vorgium dans la Table de Peutinger (correspondant à l’actuelle ville de Carhaix). Les agglomérations gauloises fortifiées du camp d’Artus à Huelgoat et de Saint-Symphorien à Paule, situées à proximité de la nouvelle capitale, sont abandonnées au moment de cette promotion. Vorgium est une ville importante durant toute la période romaine ainsi que durant le haut Moyen Âge, même si les fouilles effectuées sur le site ont du mal à identifier les édifices de cette période. Sa position privilégiée, au centre de la civitas, surplombant la vallée de l’Hyères, l’amène à devenir un important nœud routier la reliant aux capitales des cités voisines et aux principaux pôles secondaires du territoire osisme. Ceux-ci sont au nombre d’une dizaine, répartis principalement sur le pourtour de la cité, le long des côtes, à une distance de 40/60 km du chef-lieu.



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Histoire :


 Jean-Yves Eveillard, résume le livre de Patrick Galliou intitulé "Les Osismes, peuple de l’occident gaulois." (In : Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest. Anjou. Maine. Poitou-Charente. Touraine, 2015, no 122-4, pp. 145-148) :


"[...] Sans trop entrer dans les détails, notons qu’une certaine originalité des populations osismes apparaît dès le premier âge du Fer, mais surtout au second âge (milieu du premier millénaire av. J.-C.) avec, par exemple, l’apparition des souterrains, cavités creusées dans le sol, liées à la présence d’habitats et destinées au stockage des denrées, ou la multiplication des stèles funéraires dont il subsiste un grand nombre. Mais remarquons pour celles-ci qu’il ne s’agit pas uniquement d’une particularité osisme, puisqu’elles sont également abondantes en territoire vénète (carte p. 178). Patrick Galliou ne pouvait passer sous silence la question des mouvements de population et des « migrations celtes » (p. 97-100) : à l’opposé des hypothèses « invasionnistes », selon lesquelles l’Armorique avec les autres régions tempérées aurait subi l’assaut de populations venues de l’est et parlant celtique, aux alentours des vie et ve siècles av. J.-C., il constate une grande stabilité du peuplement autochtone. Cette constatation irait plutôt dans le sens de l’hypothèse récemment émise par B. Cunliffe et J.-T. Koch que l’auteur développe, hypothèse selon laquelle la langue celtique ne s’est pas diffusée d’est en ouest comme on le disait jusqu’ici, mais serait « née » dans le royaume de Tartessos (sud du Portugal), se diffusant ensuite le long de la façade atlantique avant de gagner l’intérieur du continent (B. Cunliffe, J.T. Koch [éd.], Celtic from the West. Alternatives Perspectives from Archaeology, Genetics, Language and Literature, Oxford, 2012).

On ne sait rien d’un possible Etat osisme ni de son gouvernement dans les derniers siècles précédant la conquête romaine. Existait-il un « sénat » comparable à celui de leurs voisins les Vénètes que César mentionne à l’occasion de sa campagne en 56 av. J.-C. ? L’auteur, arguant du fait qu’on ne connaît pas d’oppidumcentral qui eût servi de « capitale », pense « qu’avant le début duier siècle av. J.-C. (?), cette région occidentale était occupée par des entités politiques autonomes ou même indépendantes » (p. 185). La découverte de résidences aristocratiques comme celle de Saint-Symphorien en Paule, où le culte des ancêtres est attesté par les désormais célèbres bustes en pierre qu’on y a récupérés, permet seulement de dire qu’il existait une élite guerrière sur le territoire (p. 186).

La véritable rupture dans cette histoire longue se situe avec la conquête romaine en 51 av. J.-C. Si les territoires déjà existants avec leurs limites furent conservés, chaque peuple autrefois indépendant forma unecivitas, une cité, unité administrative dotée d’une ville chef-lieu nouvellement créée. Pour les Osismes, celle-ci estVorgium/Carhaix, dans une position remarquablement centrale par rapport aux frontières proposées au début de l’ouvrage. Mais on ne constate pas, à la différence de beaucoup d’exemples dans le reste de la Gaule, de transfert de fonction depuis unoppidumprincipal vers la ville émergente. Les sites fortifiés au second âge du Fer du camp d’Artus à Huelgoat et de Saint-Symphorien à Paule, bien que peu éloignés de Carhaix, ne semblent pas avoir tenu un tel rôle. Le vaste territoire des Osismes était certainement subdivisé en unités plus petites, lespagi, comme ceux que l’on connaît dans une autre cité armoricaine, celle desRiedones, grâce à plusieurs inscriptions gravées dans la pierre. C’est ici l’occasion de déplorer la pénurie pour le territoire concerné, à quelques rares exceptions près, – les inscriptions qui ont existé étant disparues – de la documentation épigraphique qui nous apprend habituellement tant de choses. On en prend parfaitement conscience à l’examen de l’une de ces inscriptions, celle du Ris à Douarnenez : elle complète l’archéologie sur une activité originale chez les Osismes pour cette époque, celles des salaisons de poissons et de la fabrication dugarum, activité placée sous la protection d’une divinité d’origine hellénique, Neptune Hippius, et introduite vraisemblablement par des Méditerranéens. C’est l’un des rares exemples connus d’apport de population « romaine » en Armorique, apport que le public tend généralement à exagérer.

Si la romanisation a entraîné des changements patents dans la manière de vivre des Osismes (urbanisme, techniques de construction, goût du confort, modes vestimentaires, habitudes culinaires, religion, etc.), l’auteur souligne à l’inverse une plus grande continuité dans le monde rural depuis l’âge du Bronze, du moins dans la densité du peuplement et dans les productions agricoles. Mais la principale constante tout au long de ces presque deux millénaires de l’histoire des Osismes – constante qui est en même temps à la source des mutations – tient à la présence de la mer et à la route qui l’emprunte : « Loin d’être un cul-de-sac, le pays osisme fut de la sorte, lors des différentes phases de son histoire, parfaitement intégré aux grands courants culturels et technologiques qui irriguèrent la façade atlantique de l’Europe » (p. 5)."

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Croyances des Osismes :


Patrice Marquand auteur de "Neptune Hippius et le roi Marc’h aux oreilles de cheval, dieux d’eau armoricains ?." (In : Ollodagos, 2010, 24, pp. 91-128) défend la thèse de l'existence d'un dieu de l'océan celte :


"A l’époque gallo-romaine, Douarnenez, le pays capiste, le pays bigouden et la presqu’île de Crozon étaient des régions économiques et industrielles de premier plan (production du garum, par exemple). Cette zone était très peuplée, l’une des plus peuplées de l’ouest armoricain à cette époque, et Douarnenez était une des plus grandes villes des Osismes, avec Carhaix et Quimper.

Cette zone entre Crozon et Quimper, fut également très importante sur le plan religieux et cela depuis les temps les plus anciens. Autour de Douarnenez surtout, avec le Menez-Hom, la montagne de Locronan et la forêt de Nevet, dont le nom dérive du celtique nemeton “espace sacré, sanctuaire”. C’est d’ailleurs entre Crozon et Quimper qu’on a trouvé la plus grande quantité d’objets religieux sur le territoire des Osismes. A Douarnenez, à la pointe du Guet, une statue du dieu gaulois Esus, une statue de déesse-mère représentée avec un torque autour du cou4 et sur la plage du Ris, parmi des matériaux entassés pour la construction d’un casino, le socle d’une statue5 sur lequel se lit difficilement l’inscription suivante :


N. AVG.

NEPTVNO HIPPIO

C. VARENIUS VOLTIN

VARVS C.C.R IIII POSVIT


Cette inscription est datée du deuxième ou troisième siècle après J.C. et elle signifie : “A la divinité de l’empereur et à Neptune Hippius, Gaius Varénius Varus, de la tribu Voltinia, curateur du conventus des citoyens romains pour la quatrième fois, a dressé [cette statue]“. C’est là la seule dédicace à Neptune Hippius pour toute la Gaule.

[...]

On peut donc penser que Neptune Hippius fut choisi parce qu’il correspondait à un culte local fondé avant l’arrivée des Romains. Comme exemple de cette politique d’intégration par syncrétisme religieux, on peut aussi mentionner le sanctuaire de Trogouzel, à côté de Douarnenez, énorme bâtiment de pierre qui fut construit entre 80 et 100 ap. J.C. sur les ruines d’un sanctuaire gaulois en bois qui avait existé entre le deuxième et le premier siècle av. J.C.. Neptune Hippius n’était sans doute pas si exotique que cela pour les sauniers armoricains.

Car en effet, “les Celtes ont hérité de leurs plus lointains ancêtres, avant même qu’ils ne s’individualisent comme Celtes, l’image d’un grand dieu des eaux, peut-être d’abord fluviales mais tout naturellement marines dès qu’ils ont connu mer et océan” : Bernard Sergent a montré que le dieu celte de la mer - Nechtan puis Manannan en Irlande, Manawyddan au Pays de Galles – est bien l’équivalent du grec Poséidon. Le principal attribut de ce dieu grec est le cheval – il peut même être cheval lui-même, selon certaines traditions – et c’est là aussi l’attribut principal de Manannan/Manawyddan. On a trouvé une statuette gallo-romaine de cheval dans la presqu’île de Crozon, où les toponymes composés avec le mot breton marc’h “cheval” sont étonnamment nombreux : Lostmarc’h, Brenvarc’h, Ronvarc’h, Pont-marc’h, etc. On peut penser que le cheval était un animal sacré pour les habitants de la presqu’île. D’autres toponymes, aux alentours de Douarnenez – Portzmarc’h (Plomarc’h aujourd’hui), non loin de la plage du Ris – et jusqu’à Pont-l’Abbé-Penmarc’h – sont formés sur le nom du cheval.

Or c’est aussi dans cette région, de la presqu’île de Crozon à la pointe de Penmarc’h, qu’aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, on a collecté la légende du roi Marc’h aux oreilles de cheval."


Lire la suite :

Dans un article intitulé "Trouguer en Cléden-Cap-Sizun (Finistère), sanctuaire maritime des Osismes ?." (In : Études celtiques, 2015, vol. 41, no 1, pp. 31-58) Patrick Galliou évoque l'importance de la mer dans les croyances religieuses des Osismes :


"[...] La proximité de certains sites cultuels laténiens et romains d’Armorique occidentale avec la mer est un fait aujourd’hui bien établi. Ces sanctuaires ne sont pas installés sur la ligne de côte, mais en retrait, sur des points élevés d’où se découvre un vaste panorama maritime. C’est ainsi le cas de ce qui était sans doute un petit sanctuaire laténien, par la suite remplacé par un fanum, dressé à près de 100 m NGF sur le sommet du Grand Rocher en Plestin-les-Grèves (Côtes-d’Armor), du sanctuaire de Trégouzel, dominant la baie de Douarnenez d’une cinquantaine de mètres, ou bien encore de celui de Tronoën, veillant à 20 m NGF sur les eaux de la baie d’Audierne, et bien sûr de celui qui nous occupe (1). Il paraît assez vraisemblable que cette proximité ne soit pas fortuite, sans que l’on puisse cependant lui donner un sens précis, à moins de voir, dans l’implantation géographique très maritime du bâtiment de Trouguer, à l’extrémité du cap Kabaion (ou Gabaion), la conséquence d’une sacralisation de promontoires atlantiques particulièrement marqués, comme ce fut peut-être le cas, selon Éphore, du Sacrum promontorium (cap Saint-Vincent, Portugal), où se serait dressé un temple d’Hercule (2).


Notes : 1) Rappelons d’ailleurs que, selon Pomponius Mela (De chorographia, III, 6 : voir Pomponius Mela, éd. Silberman, 1988), l’île de Sein, que l’on découvre sur l’horizon, à environ cinq nautiques à l’ouest de Trouguer, aurait abrité un sanctuaire desservi par des prêtresses, les neuf Gallizenae : « Sena, dans la mer britannique, face au littoral des Ossismii, est renommée à cause de son oracle d’une divinité gauloise, dont les prêtresses, sanctifiées par une virginité perpétuelle, sont, dit-on, au nombre de neuf : on les appelle Gallizenae et on les croit douées de l’extraordinaire pouvoir de déchaîner par leurs chants les flots de la mer et les tempêtes, de se changer en animaux comme il leur plaît, de guérir les maladies incurables, de connaître et de prédire l’avenir ; mais elles ne se dévouent qu’aux navigateurs, ceux du moins qui ont pris la mer dans le seul but de les consulter. »

2). Strabon, Géographie, III, 1, 4 (Strabon, éd. Lasserre, 1966), qui signale que l’opinion d’Éphore est contestée par Artémidore."

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