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Symbolisme du 5

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 15 mars 2019
  • 37 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 janv.




Étymologie :


  • CINQ, adj. et subst. invar.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 adj. numéral cardinal cinc (Roland, éd. J. Bédier, 516) ; 2. 1690 subst. désigne le chiffre (Fur.) ; 1694 subst. « élément d'un jeu marqué de cinq caractères » (Ac.) ; 1694 subst. désigne le nombre (ibid.) ; 1875 en cinq sec[s] « rapidement » (E. Labiche, loc. cit.) ; 3. 1835 adj. numéral ordinal (Ac.). Du lat. vulg. cinque, v. Vään., § 93 issu du lat. class. quīnque, par dissimilation régressive.

Lire également la définition du mot cinq afin d'amorcer la réflexion symbolique.

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Symbolisme :

Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des Symboles (1ère édition, 1969 : Édition revue et augmentée Robert Laffont, 1982),


"Le nombre 5 tire son symbolisme de ce qu'il est, d'une part, la somme du premier nombre pair et du premier nombre impair (2 + 3) ; d'autre part, le milieu des neuf premiers nombres. Il est signe d'union, nombre nuptial disent les Pythagoriciens ; nombre aussi du centre de l'harmonie et de l'équilibre. Il sera donc le chiffre des hiérogamies, le mariage du principe céleste du père (3) et du principe terrestre de la mère (2).

Il est encore symbole de l'homme (bras écartés, celui-ci paraît disposé en cinq parties en forme de croix : les deux bras, le buste, le centre - abri du cœur - la tête, les deux jambes). Symbole également de l'univers : deux axes, l'un vertical et l'autre horizontal, passant par un même centre ; symbole de l'ordre et de la perfection ; finalement, symbole de la volonté divine qui ne peut désirer que l'ordre et la perfection.

Il représente aussi les cinq sens et les cinq formes sensibles de la matière : la totalité du monde sensible.

L'harmonie pentagonale des Pythagoriciens laisse sa marque dans l'architecture des cathédrales gothiques. L'étoile à cinq branches, la fleur à cinq pétales est placée, dans le symbolisme hermétique, au centre de la croix des quatre éléments : c'est la quinte-essence, ou l'éther. Le 5 par rapport au 6 est le microcosme par rapport au macrocosme, l'homme individuel par rapport à l'Homme universel.

En Chine également, 5 est le nombre du Centre. On le trouve dans la case centrale de Lo-Chou. Le caractère wou (cinq) primitif est précisément la croix des quatre éléments, auxquels s'ajoute le centre. Dans une phase ultérieure, deux traits parallèles s'y adjoignent : le Ciel et la Terre, entre lesquels le yin et le yang produisent les cinq agents. Aussi les anciens auteurs assurent-ils que sous le ciel, les lois universelles sont au nombre de cinq : il y a cinq couleurs, cinq saveurs, cinq tons, cinq métaux, cinq viscères, cinq planètes, cinq orients, cinq régions de l'espace, bien entendu aussi cinq sens. Cinq est le nombre de la Terre, il est, somme des quatre régions cardinales et du centre, l'univers manifesté. Mais il est aussi la somme de deux et de trois, qui sont la Terre et le Ciel dans leur nature propre : conjonction, mariage du yin et du yang, de T'ien et de Ti. Aussi est-ce le nombre fondamental des sociétés secrètes. C'est cette union que symbolisent les cinq couleurs de l'arc-en-ciel. Cinq est aussi le nombre du cœur.

Dans le symbolisme hindou, cinq est encore conjonction de deux (nombre femelle) et de trois (nombre mâle). Il est principe de vie, nombre de Shiva transformateur. Le pentagone étoilé, également symbole shivaïte, est considéré comme étant un pentagone simple entouré de cinq triangles de feu rayonnants qui sont des linga. Shiva qui, en tant que Seigneur de l'Univers, domine aussi les cinq régions, est parfois représenté à cinq faces et vénéré, notamment au Cambodge, sous la forme de cinq linga. Toutefois, la cinquième face, celle qui regarde vers le haut, s'identifie à l'axe et n'est généralement pas figurée.

Dans le bouddhisme japonais de la secte Shingon, on distingue également cinq orients (les quatre points cardinaux, plus le centre) ; cinq éléments (terre, eau, feu, vent, espace) ; cinq couleurs, cinq qualités de connaissances, celles que possédait le Bouddha suprême et que l'adepte de l'ésotérisme Shingon doit s'efforcer d'acquérir progressivement pour accéder au niveau de l'éveil. Cinq se révèle ici comme le nombre de la perfection intégrée.

[...]

En Amérique centrale, cinq est un chiffre sacré. Dans la période agraire, c'est le symbole numéral du dieu du maïs. Dans les manuscrits comme dans la sculpture Maya, il est fréquemment représenté par un main ouverte. Selon Girard, la sacralisation du chiffre cinq serait liée au processus de germination du maïs, dont la première feuille sort de terre cinq jours après les semailles. Les Jumeaux Dieux du Maïs, après leur mort initiatique, ressuscitent des eaux de la rivière cinq jours après que leurs cendres y ont été jetées (Popol-Vuh). Le mythe précise qu'ils apparaissent d'abord sous forme de poissons, puis d'hommes-poissons (sirènes), avant de devenir des adolescents radieux (solaires). Aussi le glyphe maya du nombre cinq, couramment constitué par une main, se rencontre-t-il aussi sous les traits d'un poisson. De nos jours encore les Chorti, descendants des Maya, associent le nombre cinq au maïs et au poisson. Dans la suite de leur histoire, les Jumeaux se différencient en Dieu Soleil et Dieu Lune. C'est le Dieu Lune qui conserve le cinq comme symbole numérique (d'où l'analogie avec le poisson, symbole lunaire).

Chez les Chorti également, le cycle de l'enfance, pour les mêmes raisons (analogie homme-maïs) est de cinq ans, le Dieu du Maïs est le patron des enfants qui n'ont pas atteint l'âge de raison, c'est-à-dire âgés de moins de cinq ans.

Selon les croyances des Maya, Dieu hale le mort par la corde, qui est son âme, le cinquième jour, de même que le maïs termine sa période de gestation et sort de terre halé par Dieu, après cinq jours. La tige du maïs est également appelée corde ou âme.

Dans la tradition mexicaine, Quetzalcóatl reste quatre jours en enfer avant de renaître le cinquième jour. Le glyphe solaire des Maya se compose de cinq cercles, le Dieu du Maïs étant également dieu solaire.

Cinq est aussi symbole de perfection chez les Mayas pour qui le cinquième jour est celui des divinités terrestres. Selon ce même auteur, il est donc, sans discussion, le jour du serpent qui envoie la pluie.

Les quatre soleils successifs de la tradition aztèque représentent l'accomplissement d'un monde qui se trouve, avec le quatrième soleil, réalisé, mais pas encore manifesté. C'est avec le cinquième soleil, signe de notre ère, que s'accomplit la manifestation. Nous avons vu que chacun de ces soleils - et de ces âges - correspondait à l'un des points cardinaux. Le cinquième soleil correspond au centre ou milieu de la croix ainsi dessinée. il est l'éveil de ce centre, le temps de la conscience. Cinq est donc le chiffre symbolique de l'homme-conscience du monde. Les Aztèques assignent au Soleil du Centre la divinité Xiuhtecutli, maître du feu, représenté quelquefois par un papillon.

Chez les Aztèques le dieu cinq (jeune maïs) est maître de la danse et de la musique. Cette fonction apollinienne l'associe à l'amour, au printemps, à l'aurore, et à tous les jeux. Le même dieu, appelé le chanteur est, chez les Huichol l’Étoile du matin.

Reprenant l'interprétation du nombre cinq chez les anciens Mexicains, Jacques Soustelle met clairement en lumière l'ambivalence propre à ce symbole. Cinq, dit-il, est tout d'abord le nombre du monde présent (qui a été précédé de quatre premières ébauches de création) et du centre de la croix des points cardinaux. Par là, il symbolise le feu, mais sous sa double acception, d'une part, solaire, donc liée au jour, à la lumière, à la vie triomphante ; d'autre part, sous sa forme interne, terrestre, chtonienne, liée à la nuit, et à la course nocturne du soleil noir dans les enfers. Le héros Quetzalcoatl, dans ses successives métamorphoses, incarne par deux fois l'idée de sacrifice et de renaissance, assimilé d'une part au Soleil, d'autre part à Vénus, qui tous deux disparaissent à l'Ouest dans le domaine des ténèbres, pour reparaître - renaître - à l'Est, avec le jour. En tant que Seigneur de la Maison de l'aurore, Quetzalcoatl, renaissant sous la forme de Vénus étoile du matin, est représenté sur les manuscrits mexicains comme un personnage portant sur le visage le chiffre cinq, sous forme de cinq gros points, en quinconce. De ce fait, le nombre cinq a pour signification ésotérique, précise Jacques Soustelle, dans Le symbolisme de la classe sacerdotale et guerrière, le sacrifice, ou plutôt l'auto-sacrifice et la résurrection. Glyphe solaire, il incarne l'idée du triomphe solaire et de la vie ; mais il sous-tend aussi ces sacrifices des guerriers dont le sang versé, nourriture du soleil, conditionne le retour cyclique de l'astre, qui conditionne à son tour la vie. De même, le Centre du monde, représenté par le 5, est aussi le glyphe du tremblement de terre, du châtiment final, de la fin du monde, où des esprits maléfiques se précipiteront des quatre directions cardinales sur le centre pour anéantir la race humaine. Le Centre du monde est ici le carrefour central, et, comme tous les carrefours, il est un lieu où se produisent des apparitions redoutables.

Rappelons que c'est aux carrefours qu'apparaissent, cinq fois par an, la nuit, les femmes mortes en couches, et qui, divinisées comme les guerriers morts au combat, ou sacrifiés, accompagnent le soleil dans sa course diurne - ce qui rappelle analogiquement la pensée des Dogon quant à ce nombre. Enfin, toujours pour préciser le côté néfaste de ce symbole, il faut rappeler que 5, en tant que milieu de la série nocturne (9) est l'opposé de 7, milieu de la série diurne (13). Le cinquième Seigneur de la nuit, Mitlantecutli, Seigneur de la mort, s'oppose à l'heureuse déesse Chicomecoatl, 7e des 13 divinités diurnes ; il porte sur son dos un signe solaire : c'est le soleil des morts - le soleil noir - qui passe sous la terre pendant la nuit. Ainsi, conclut Jacques Soustelle, le nombre 5 symbolise, pour les Mexicains, le passage d'une vie à l'autre par la mort, et la liaison indissoluble du côté lumineux et du côté sombre de l'univers.

Le précieux récit du père Francisco de Avila, De Priscorum Huarachiriensum montre le rôle capital que jouait le nombre cinq dans les croyances des anciens Péruviens : tout ce qui servait de nourriture mûrissait cinq jours après avoir été semé, et les morts ressuscitaient après cinq jours, raison pour laquelle ils n'étaient pas enterrés, mais exposés : le cinquième jour on voyait réapparaître leur esprit, sous la forme d'une petite mouche. Dans les mythes relatifs à la fin des premiers âges, apparaissent un déluge, qui dura cinq jours, et une éclipse de soleil, qui plongea le monde dans les ténèbres également pendant cinq jours : alors, les cimes des montagnes s'entrechoquèrent, les mortiers et les pierres à moudre se mirent à écraser les hommes. Le dieu Paryacaca, maître des eaux et de la foudre, naît de cinq œufs, sous la forme de cinq milans ; il est un des cinq ; il fait tomber la pluie simultanément de cinq endroits différents et il lance l'éclair des cinq régions du ciel.

La conception de cinq humanités successives - la nôtre étant la cinquième - se retrouve dans Les Travaux et les Jours d'Hésiode. Pour le poète de la cosmogonie, la terre fut successivement habitée par les hommes d'or, les hommes d'argent, les hommes de bronze et les demi-dieux - qui périrent au cours de la guerre de Troie - avant que survienne notre génération, celle des hommes de fer. Les hommes d'or sont devenus les bons génies de la terre, gardiens de la terre, dispensateurs des richesses ; leurs successeurs, les hommes d'argent, coupables d'une folle démesure ayant refusé de rendre le culte dû aux Immortels, furent ensevelis par Zeus ; ils devinrent ceux que les mortels appellent les Bienheureux des Enfers, génies inférieurs, mais que quelque bonheur accompagne encore ; les hommes de bronze, coupables eux, non de l'orgueil luciférien de leurs prédécesseurs, mais de l'excès de leur force terrifiante, succombèrent sous leurs propres bras, et partirent pour le séjour de l'Hadès frissonnant sans laisser de nom sur la terre, quant à la race divine des demi-dieux, elle habite, le cœur libre de soucis, dans les Îles des Bienheureux, au bord des tourbillons profonds de l'Océan, c'est-à-dire à l'extrême Occident, près du jardin des dieux, gardé par les Hespérides. Il y a là aussi un curieux rapprochement à faire entre la tradition grecque et celle des cinq soleils ou cinq ères des Aztèques.

Pour les Dogon et les Bambara du Mali, l'unique est exceptionnel, non comme un synonyme d'achèvement, de perfection, mais comme un synonyme d'erreur de la nature : c'est le nombre du chaos initial, deux étant celui du cosmos organisé. De ce fait, cinq, fait de l'association de quatre, symbole féminin, et de un, est lui-même un symbole d'incomplétude, d'impureté, d'inharmonie, d'instabilité, de création inachevée. C'est, de ce fait, un nombre considéré le plus communément comme néfaste : il est associé aux plus graves échecs - dont les fausses couches - et à la mort. Cependant, il peut être considéré comme un heureux symbole : les Bambara parlent en effet d'un cinquième monde - à venir - qui serait le monde parfait, né de l'association non plus de quatre et de un, comme le monde actuel, mais de trois et de deux.

Sainte Hildegarde de Bingen a développé toute une théorie du chiffre cinq comme symbole de l'homme. L'homme se divise, dans la longueur, du sommet de la tête aux pieds, en cinq parties égales ; dans la largeur, formée par les bras étendus d'une extrémité d'une main à l'autre, en cinq parties égales. En tenant compte de ces mesures égales dans sa longueur et de ces cinq mesures égales dans sa largeur, l'homme peut s'inscrire dans un carré parfait. Cinq carrés dans la longueur et cinq carrés dans la largeur, la poitrine étant le lieu de l'intersection, forment une croix dans un carré. Si le carré est le symbole de la terre, l'homme est comme une croix en ce monde, ou ce monde est pour lui comme une croix.

Outre ces cinq parties égales dans sa longueur et les cinq parties égales dans sa largeur, l'homme possède cinq sens, cinq extrémités (tête, mains pieds). Plutarque utilise ce nombre pour désigner la succession des espèces. Une telle idée peut se trouver dans la Genèse où il est dit que les poissons et les volatiles furent créés le cinquième jour de la création... Le nombre pair signifiant la matrice, car il est féminin, le nombre impair étant mâle, l’association de l'un et de l'autre est androgyne.. Ainsi la pentagramme est l'emblème du microcosme et de l'androgyne. Dans les miniatures médiévales, l'homme microcosme est souvent représenté, bras et jambes écartés, afin de mieux indiquer les cinq pointes du pentagramme. Le nombre cinq régit donc bien la structure de l'homme.

Cinq est chiffre faste pour l'Islam, qui lui voue une prédilection : le pentagramme des cinq sens et du mariage. Cinq est le nombre des heures, de la prière, des biens pour la dîme, des éléments du hadj (et des jours à Arafât), des genres de jeûne, des motifs d'ablution, des dispenses pour le vendredi ; c'est le quint des trésors et du butin ; les cinq générations pour la vengeance tribale, les cinq chameaux pour la diya, les cinq takbîr ou formules de prière : Dieu est grand ! Ce sont les cinq témoins de la Mubâhala (pacte), les cinq clés coraniques du mystère (Coran 6, 59 ; 31, 34). Ce sont aussi les cinq doigts de la main de Fatima.

Contre le mauvais œil, on étend les cinq doigts de la main droite, en disant : Cinq dans ton œil ou Cinq sur ton œil. A Fez, pour éviter le danger produit par l'admiration pour quelque chose ou quelqu'un, on dit : Cinq et quinze. Le chiffre cinq est devenu ainsi un charme en lui-même. Le cinquième jour de la semaine, jeudi, est sous le signe d'une protection efficace.

Cinq, dit Allendy, est le nombre de l'existence matérielle et objective. Le psychanalyste et la tradition maya se rencontrent ici, ainsi que les traditions orientales, pour faire de cinq le signe de la vie manifestée. Étant un nombre impair, il exprime non un état, mais un acte. Le Quinaire est le nombre de la créature et de l'individualité. Il est remarquable, en ce sens, que l'Homme s'inscrive dans un pentagramme, qui a pour centre son sexe. C'est ce pentagramme qui est à l'origine du signe idéographique chinois Jen, représentant l'Homme. Si un homme est étendu, bras et jambes allongés, le sexe servant de centre, sa partie supérieure est égale à sa partie inférieure ; et une circonférence peut être tracée par un compas, chacune de ces parties ayant la longueur d'un rayon. Un fois de plus, le cinq symbolise la manifestation de l'homme, au terme de l'évolution biologique et spirituelle."

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


Le chiffre cinq, somme du premier chiffre pair et du premier chiffre impair (2 + 3), qui se situe au milieu des neuf premiers chiffres, symbolise l'union, l'harmonie et l'équilibre : les pythagoriciens le considéraient comme le nombre « nuptial ». Cinq représente « le mariage du principe céleste (3) et du principe terrestre de la mère (2) » ou, dans le pentagramme (figure talismanique représentant une étoile à cinq branches), l'union du principe mâle (figuré par le 3) et du principe féminin (le 2).

Le cinq symbolise également « l'univers : deux axes, l'un vertical et l'autre horizontal, passant par un même centre » ; il figure « la volonté divine qui ne peut désirer que l'ombre et la perfection ». Dans les traditions chinoises, les lois universelles se comptent par cinq : cinq éléments - eau, feu, bois, métal, terre -, cinq couleurs, cinq métaux, cinq planètes, cinq régions de l'espace, cinq saveurs, cinq orients, cinq tons, cinq viscères. Cinq est en outre en Chine « le nombre du cœur ».

Chez les Hindous, le cinq, chiffre sacré (correspondant notamment au nombre des visions de Bouddha et à celui de ses premiers disciples), est « principe de vie » et associé à Shiva le Créateur et Seigneur de l'Univers. Le cinq est également sacré en Amérique centrale (symbole du dieu du Maïs, sans doute parce que la première feuille de la céréale sort de terre cinq jours après les semailles) ; chez les Mayas, où « Dieu hale le mort par la corde, qui est son âme, le cinquième jour », ce chiffre représentait la perfection tandis que, dans l'ancien Pérou, les morts ressuscitaient au bout de cinq jours et, « tout ce qui servait de nourriture mûrissait cinq jours après avoir été semé ».

Dans Les Travaux et les Jours, Hésiode établit cinq « races » ou humanités : celles d'or, d'argent, de bronze, des demi-dieux et celle de fer.

Cinq sont encore les principales divinités celtes (ou fonctions, certaines étant doubles) assimilée aux dieux romains Mercure, Jupiter, Mars, Apollon, Minerve : Lug, dieu suprême, assimilé à Mercure, Dadge (Jupiter), Ogme et Nuada (Mars), Dianceht et Mac Oc (Apollon), Brigit (Minerve).

Selon une idée qui a été développée notamment par sainte Hildegarde de Bingen, mystique allemande du XIIe siècle, ce chiffre illustre l'homme qui, bras écartés, présente cinq parties en forme de croix : la tête, les bras, le buste, le centre et les jambes. Certains ont noté que l'homme peut se diviser en cinq parties égales dans la longueur (de la tête aux pieds) et dans la largeur (bras étendus, en partant de l'extrémité d'une main à l'autre) et, si l'on tient compte de ces mesures, il « peut s'inscrire dans un carré parfait ».

Nous possédons en outre cinq sens, cinq extrémités (tête, mains, pieds aux cinq doigts). Il faut savoir aussi que le cinq se rapporte à l'homme individuel alors que le six symbolise l'homme universel. Pour Hippocrate, cinq est l'emblème de la santé.

Chiffre également de la « justice et de la loyauté », cinq, que la tradition juive considère comme bénéfique (l'étoile de David a cinq branches *), est particulièrement faste en Islam : les musulmans doivent prier cinq fois par jour et renouveler cinq fois un serment pour le valider. En outre, cinq est le chiffre « des genres de jeûne, des motifs d'ablution, des dispenses pour le vendredi ; c'est le quint des trésors et du butin, les cinq générations pour la vengeance tribale, les cinq chameaux pour la diy les cinq takbîr ou formule s de prière : Dieu est grand ! Ce sont les cinq témoins de la Mubâhala (pacte), les cinq clés coraniques du mystère (Coran 6, 59 ; 31, 34). Ce sont aussi les cinq doigts de la main de Fatima ». Le jeudi, cinquième jour de la semaine, passe d'ailleurs pour être très bénéfique.

Pour se protéger du mauvais œil, on étend les cinq doigts de la main droite en disant : « Cinq dans ton œil ou Cinq sur ton œil ». Le simple fait de dire cinq (ou quinze, multiple de cinq) conjure le danger quand quelqu'un fait un compliment (Maroc). Dans tout le Maghreb, on cite ce chiffre pour neutraliser une personne malveillante (« Mon enfant a trois ans et cinq jours ; il me faut dix et cinq œufs », etc.).

A l'inverse, en Grèce moderne, où le chiffre cinq est de très mauvais augure, le figurer avec la main ouverte équivaut à lancer un nombre. La même croyance existe à Chypre.

Le cinq joue un grand rôle en magie et en occultisme : « C'est avec lui que l'on construit les pentacles, ou pentagones magiques, qui servent de talismans pour se protéger contre les démons et les esprits du mal ».

Le cinquième enfant d'une famille dont les quatre précédents sont de même sexe, appelé « marcou », peut soigner les dermatoses. Cette croyance existe encore de nos jours, en Bretagne notamment.

Le cinq est un puissant chiffre porte-bonheur aux États-Unis.

Dans le monde de la corrida, il est très apprécié : les toréros aimeraient, dit-on, se trouver dans l'arène à cinq heures de l'après-midi.

Rêver du chiffre cinq signifie sérénité et bien-être.


Note personnelle : * c'est faux, l'étoile de David à six branches.

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D'après Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :

L'homme étant pourvu de 5 doigts à chaque main, de 5 orteils à chaque pied et de 5 sens pour percevoir le monde, le 5 est considéré comme le Nombre de l'homme.

Oui, le cinquième élément existe. Ce n'est pas un principe imaginé par un scénariste et un cinéaste. Il fut défini par Plutarque, au 1er siècle de notre ère, en ces termes : "En supposant que le Monde où nous vivons soit l'unique, et c'est ainsi que le pense Aristote, il est, du moins lui aussi, composé, en quelque sorte, de cinq mondes qui en forment l'Harmonie : l'un est la Terre, l'autre l'Eau, le troisième le Feu, le quatrième l'Air et le cinquième le Ciel, ce dernier étant appelé Lumière par les uns, Éther par les autres, par d'autres, enfin, Quintessence." (Plutarque, Vies parallèles).


Les 5 sens et la quintessence. Si, selon la philosophie grecque, l'Harmonie du Monde est constituée de 5 éléments, les hindouistes, eux aussi, ont décelé en l'homme - le microcosme - 5 principes constitutifs de sa personnalité, en analogie avec les 5 grands principes qui composent et forment le monde, l’univers créé et manifesté, le macrocosme. Ces 5 éléments portent le nom de Skandha, ce qui, littéralement, signifie groupes ou agrégats. Ils se présentent ainsi :


  • Skandha Rûpa. Agrégat de la matière ou groupe de la corporéité, il est formé par les 4 éléments, c'est-à-dire le solide (la Terre), le liquide (l'Eau), la chaleur (le Feu) et le mouvement (l'Air). Chacun de ces éléments primordiaux est en relation avec un organe des sens et son objet : le nez et l'odorat pour la Terre, la sapidité et le goût pour l'Eau, l’œil et la vue pour le Feu, la peau et le toucher pour l'Air. On y ajoute bien sûr l'oreille et l'ouïe pour l’Éther, le cinquième élément.

  • Skandha Vedanâ. Agrégat des sensations ou groupe de la perception, il est composé de toutes les espèces de sensations agréables, douloureuses ou neutres, qui sont pour l'homme comme autant de portes ouvertes sur le monde extérieur.

  • Skandha Smajnâ. Agrégat de la conscience ou groupe des impressions, lesquelles sont réparties en 6 facultés sensorielles distinctes : la forme, le son, l'odeur, le goût, les sensations physiques et les perceptions mentales.

  • Skandha Samskâra. Agrégat des conceptions et groupe des actions, il rassemble tous les niveaux de l'activité psychique et instinctive qui se traduit par des désirs, des sentiments, des émotions, des actes : l'attention, la concentration, le raisonnement, le jugement, la volonté, l'esprit d'initiative, le pouvoir d'action, la joie, etc.

  • Skandha Vijnâna. Agrégat de la conscience ou groupe de la connaissance, il réunit les 6 champs d'activité de la conscience ou du mental qui favorisent la connaissance. Chacune des facultés sensorielles et psychiques est employée comme outil ou instrument d'identification et de connaissance. Ainsi, nous disposons de la conscience olfactive (la Terre), gustative (l'Eau), visuelle (le Feu), tactile (l'Air), auditive (l’Éther ou cinquième élément) et mentale.

D'où l'on pourrait déduire hardiment que, selon la doctrine hindouiste, la conscience mentale, qui favorise la connaissance de soi, est peut-être ce que l'on appelle plus communément en Occident le sixième sens, qui rassemble toutes les facultés, les dons, les principes, les qualités des 5 sens réunis, constituant ainsi leur quintessence.

Cette conscience équivaut en effet à une sorte de faculté perceptive extrasensorielle, par laquelle chacun d'entre nous serait en mesure de prendre conscience que les Skandhas ou agrégats, tels que nous venons de les décrire, ne sont que de pures illusions. Qu'ils soient pris séparément ou tous ensemble, jamais ces cinq agrégats de l'existence ne constituent une personnalité, une unité individuelle et autonome réelle ; en dehors d'eux, il n'existe rien non plus que l'on puisse désigner comme un Moi indépendant ; la croyance en une entité personnelle réelle, un Moi au sens suprême du terme est pure illusion." (Bhikku Nyânatiloka, La Parole du Bouddha, éditions Maisonneuve, 1978).


Le quintefeuille et le pentagramme. D'inspiration romane ou gothique, les églises et les cathédrales du Moyen Âge furent souvent décorées ou ornementées de vitraux et de sculptures présentés sous la forme d'un quintefeuille. Il s'agit d'une figure géométrique constituée d'un cercle avec, à l'intérieur, une étoile à 5 branches et, tout autour, 5 lobes qui ne sont autres que des cercles, dont le centre coïncide avec chacune des pointes des 5 branches de l'étoile.

Or le quintefeuille était une figuration symbolique du pentagramme, dont le principe fut établi par Pythagore. "Selon la doctrine pythagoricienne, 10 est le chiffre parfait ; il représente l'unité et dans toute la tradition il est le chiffre de la divinité. L'homme en porte l'image sur ses mains et ses pieds [en effet, nous avons 5 orteils à chaque pied, soit 10 orteils en tout, et 5 doigts à chaque main, soit 10 doigts au total ; c'est nous qui le soulignons]. Si l'on accepte le 5 comme le chiffre de l'homme, le pentagramme devient l'emblème du microcosme. Ainsi, le microcosme et le macrocosme dont il est l'image forment le chiffre parfait (5 + 5 = 10) de Dieu." (Marie-Madeleine Davy, Initiation à la symbolique romane, éditions Flammarion, 1964).

Cette addition, de laquelle résulterait le Nombre parfait de Dieu, est plus exactement une fusion, une union, une communion du Nombre 5 avec lui-même. Notre quintefeuille, figure symbolique du pentagramme, représente ainsi l'homme, le microcosme, sous l'aspect de l'étoile à 5 branches qui, bien sûr, symbolise l'homme debout, les bras et les jambes écartés, et l'univers, le macrocosme, sous l'aspect des 5 lobes correspondant aux 5 éléments qui gouvernent le monde.

Enfin, signalons que le pentagramme, comme son nom l'indique, est le cinquième lettre, c'est-à-dire la Lettre Hé de l'alphabet des lettres-nombres de la kabbale, qui est le symbole du souffle, soit de l'essence de la vie, siège et véhicule de l'âme et de l'esprit. Or le hiéroglyphe égyptien qui correspondait à cette lettre figurait un homme debout, les jambes écartées, levant les bras au ciel..."


Fiche d'identité du 5 :

Noms : quinaire, quinte, quintette, quintuple et tous les noms précédés du préfixe pent, du grec pente qui signifie cinq : pentagone, pentateuque, Pentecôte, etc.

Correspondances arithmomanciques, avec les lettres de l'alphabet : E, N et W.

Correspondance avec les lettres-nombres du code de la kabbale : Hé.

Correspondance astrologique : le Bélier.

Couleurs : le bleu.

Symbole géométrique : le pentagramme ou étoile à 5 branches et la pyramide.

Quelques figures et symboles du 5 : Comme nous l'avons vu, l'homme ayant 5 sens (l'odorat, le goût, la vue, le toucher et l'ouïe), 5 doigts - le pouce (associé à Vénus), l'index (associé à Jupiter), le médius (associé à Saturne), l'annulaire (associé au Soleil) et l’auriculaire (associé à Mercure) -, le 5 fut considéré par les Anciens comme le nombre de l'homme. Ainsi, les vertèbres qui composent la colonne vertébrale furent réparties en 5 groupes :

  1. les 7 vertèbres cervicales, sur lesquelles repose le crâne. Chacune est en relation avec les 7 astres-dieux qui gouvernent le Zodiaque ;

  2. les 12 vertèbres thoraciques ou dorsales, auxquelles sont rattachées les 12 paires de côtes, dont chacune est en analogie avec l'un des 12 signes du Zodiaque

  3. les 5 vertèbres lombaires, dont les 4 premières sont en analogie avec les 4 éléments et la cinquième, avec le cinquième élément : l’Éther ;

  4. les 5 vertèbres dites sacrées, parce qu'elles se situent au niveau du sacrum, avec lequel les os iliaques s'articulent pour former le bassin, au centre duquel se trouve le Mûlâdhâra-Chakra, réceptacle de la kundalinî ;

  5. restent les 4 vertèbres qui se trouvent au niveau du coccyx et ne semblent former qu'un os unique, peut-être le vestige d'un os caudal.

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Steve Desrosiers, auteur de Les Nombres : Symbolisme et Propriétés (Québec, septembre 2001) rassemble les caractéristiques symboliques du Cinq :


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Symbolisme :

  • C'est le nombre de l'harmonie et de l'équilibre. C'est aussi le nombre de la grâce divine.

  • Le chiffre 5 est caractéristique de l'homme. D'abord, selon la Kabbale, c'est le chiffre de l'Homme parfait - débarrassé du côté animal. Selon la Bible, il est le symbole de l'Homme-Dieu de par les cinq plaies du Christ en croix - à ce titre, il est aussi considéré comme le nombre de la grâce. Mais il est aussi associé à l'homme en général - 2 + 3 - possédant un caractère instable de dualité, 2, malgré sa divinité, 3. Le 5 se retrouve également dans le corps humain: les cinq doigts de la main et des pieds, les cinq sens - le toucher, le goût, l'odorat, l'ouïe et la vue -, les cinq membres - les deux bras, les deux jambes et la tête, le buste étant le centre -, les cinq os formant le métacarpe, le métatarse et la boîte crânienne, etc.

  • Envisagé comme le médiateur entre Dieu et l'univers, le cinq est considéré comme symbole de l'univers.

  • Pour Hildegarde de Bingen, le nombre 5 est le symbole de l'Homme, celui-ci se divisant, dans le sens de la longueur autant que dans celui de la largeur (bras écartés), en cinq parties égales, et de la sorte pouvant s'inscrire dans un carré parfait.

  • Symbole de la volonté divine.

  • Symbole de la perfection chez les Mayas.

  • Symbole de la conscience incarnée - 4, Matière, + 1, Esprit.

  • Symbolise la force et les limites de l'homme dans sa maîtrise sur l'Univers.

  • Selon Thibaut De Langres, le chiffre 5 est attribué au monde pour certaines raisons. D'abord parce que le monde se meut suivant un mouvement circulaire, de même que le 5 quand on le multiplie par lui-même ou par les autres impairs revient périodiquement. Aussi est-il appelé en ce sens "périodique". Cinq années font un lustre, de "lustrare" qui signifie "faire le tour". D'autre part, le 5 est attribué au monde du fait qu'il est composé du premier pair et impair, 2 et 3. Le monde en effet, c'est-à-dire l'ensemble des choses, s'agrandit par le masculin et le féminin - pair est féminin et impair masculin.

  • En Chine, c'est le nombre du Centre en plus d'être considéré comme un nombre masculin porte-bonheur.

  • Nombre de la vie et de la nature, selon Aeppli.

  • En tant que somme ou plutôt l'union du premier nombre femelle et du premier nombre mâle, il est le symbole de vie créatrice et d'amour érotique selon Jung. Mais celui-ci interprète également ce nombre comme celui de la révolte.

  • Nombre nuptial chez les Étrusques et les Romains parce qu'il est le premier nombre résultant de l'addition du premier nombre féminin et du premier nombre masculin. Pour la même raison, C. Agrippa l'appelle le nombre du mariage.

  • Dans la Méso-Amérique, le cinq, souvent représenté dans la sculpture par une main ouverte, est sacré.

  • Au Mexique, il est le chiffre du maïs, dont la première feuille sort cinq jours après les semailles, et le dieu du maïs est le patron des enfants qui n'ont pas encore atteint l'âge de cinq ans.

  • Pour H.-P. Blavatsky, "5 est l'esprit de vie et d'amour humain."


Bible :

  • Les cinq plaies de Jésus sur la croix.

  • Les cinq pièces du vêtement restant de Jésus lors de sa crucifixion après que les soldats eurent fait quatre parts de son habit, plus sa tunique qu'ils ne déchirèrent pas. (Jean 19, 23)

  • Saint Paul déclare que par cinq fois il reçut des Juifs les 39 coups de fouet. (2 Corinthiens 11, 24)

  • Les cinq vierges sages et folles de la parabole de Jésus. (Mathieu 25, 1)

  • Les cinq portiques de la piscine de Bethesda. (Jean 5, 2)

  • Les cinq cailloux qui permirent au petit roi David d'abattre le géant Goliath.

  • Les cinq sortes d'animaux que Dieu demanda à Abraham de lui présenter pour conclure avec lui une alliance: une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois, une tourterelle et une jeune colombe. (Genèse 12, 5-18)

  • Les cinq chapitres de la Torah - la Loi - selon le Judaïsme qui correspond au nombre des premiers livres de la Bible. Le livre des Lamentations de Jérémie comporte également cinq chapitres.


Général :

  • Les cinq plaies d'Égypte envoyées par Dieu par l'intermédiaire de Moïse, selon le Coran : l'inondation, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang.

  • Les cinq chemins partant du calvaire et se dirigeant vers le monde entier, selon les visions d'Anne-Catherine Emmerick.

  • Dans les visions de Maria Valtorta, Jésus classifie les sortes d'amour en cinq catégories, chacune de puissance différente et qui sont dans l'ordre : l'amour de Dieu, l'amour maternel ou paternel, l'amour conjugal, l'amour du prochain, l'amour de la science et du travail. Les trois premiers sont de puissance supérieure, tandis que les trois derniers sont de puissance inférieure. Mais ces six divisions se réduisent à cinq car l'amour du prochain et l'amour conjugal sont de nature identique même s'ils n'ont pas la même force, l'amour conjugal n'étant en effet qu'un cas particulier de l'amour du prochain.

  • Dans les révélations reçues par Don Gobbi, du Mouvement Sacerdotal Marial, il est question des cinq montagnes célèbres gravies par Jésus: c'est sur la montagne qu'il promulgua la loi évangélique des Béatitudes; c'est sur le mont Thabor qu'il vécut l'extase de sa transfiguration; c'est à Jérusalem, ville située sur la montagne, qu'il rassembla les siens pour la dernière Cène et qu'il passa les heures douloureuses de son intérieure agonie; c'est sur la montagne du calvaire qu'il consomma son sacrifice, sur le mont des Oliviers qu'advint son détachement définitif des siens par sa glorieuse ascension au ciel. (F4-485)

  • Un chapelet de la Vierge Marie comprend cinq mystères médités.

  • La pratique des cinq premiers samedis du mois, demandée initialement par la Vierge Marie à Lucie de Fatima le 10 octobre 1925.

  • En Italie, à Lanciano, existe un reliquaire, depuis le VIIIe siècle, où se trouve une hostie consacrée miraculeuse. En célébrant la messe, un prêtre vint à douter de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie; et, sous ses yeux, l'hostie consacrée devient une tranche de chair, et le vin, du sang qui se coagula en cinq caillots. Les analyses, effectuées entre le 18 novembre 1970 et le 4 mars 1971, par les professeurs Limoli et Bertelli, de la faculté de médecine de Sienne, en Italie, ont conclu, après examen de l'hostie et du sang conservés depuis le VIIIe siècle, qu'ils n'avaient subie aucune modification ! La chair est une tranche de muscle cardiaque humain, issue du myocarde. Le sang correspond à celui d'un sang qui aurait été prélevé sur un humain dans la même journée que celle de l'examen. Et les cinq caillots de sang, de taille inégale, pèsent tous le même poids chacun séparément; et tous ensemble, mis dans le même plateau de la balance, le poids reste identique sans variation.

  • Dans la liste des Papes de l'Eglise Catholique on compte 5 sièges vacants.

  • Le Pape Jean-Paul II souhaitait promulguer prochainement le 5e et dernier dogme marial : Marie, Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate (les concepts mêmes représentés dans la Médaille Miraculeuse que reçue Catherine Labouré de la part de la Mère de Dieu, le 27 novembre 1830 à Paris). Les quatre premiers dogmes mariaux sont les suivants: le dogme de Marie Mère de Dieu (défini au Concile œcuménique d'Éphèse, en 431) ; le dogme de Marie Vierge Perpétuelle (défini au troisième Concile de Constantinople, en 681); le dogme de l'Immaculée Conception (défini en 1854 et confirmé par la Saint Vierge, à Lourdes, en 1858); et le dogme de l'Assomption de Marie, élevée au Ciel corps et âme (défini en 1950).

  • Les cinq commandements de Bouddha Gautama : Tu ne tueras pas ; Tu ne déroberas pas ; Tu ne seras pas impudique ; Tu ne mentiras pas ; Tu ne boiras pas de liqueurs enivrantes. Le Bouddhisme distingue aussi cinq grands maux : l'ignorance, la colère, le désir, la malveillance et l'envie.

  • Dans la mythologie des Dogons on retrouve certains thèmes qui semblent rappeler certaines croyances de d'autres religions. Par exemple, le mauvais ange Ogo se révolte comme Lucifer après avoir tué sa soeur jumelle comme Caïn avait tué son frère Abel. Le bon ange Nomo, frère jumeau de Ogo, est crucifié pour sauver les hommes du péché, mais il ressuscite cinq jours après, période aussi sacrée que la semaine de Pâques pour les chrétiens, et qui devint la semaine de cinq jours qui est encore pratiquée de nos jours par les Dogons.

  • Le Ch'uan-chen tao se réclame de cinq patriarches. Le Ch'uan-chen tao est une des deux grandes branches du taoïsme religieux, l'autre étant le Cheng-i tao.

  • Les cinq couples de Adam et Ève qu'ils y auraient eu simultanément et ce, en cinq endroits différents sur la planète, sur les cinq continents, comme prototypes de cinq races différentes, selon Edgar Cayce. Cependant, selon la mythologie des Dogons, c'est plutôt quatre couples hommes et femmes amphibies que le dieu Ama aurait créés et placés sur Terre. Ces premiers humains étaient immortels, mais leurs descendants devinrent mortels à cause de leurs péchés.

  • Selon les visions d'Anne-Catherine Emmerich, les fruits défendus de l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal du Jardin d'Éden pendaient par grappes de cinq.

  • Dans l'évangile de Thomas, Jésus mentionne qu'il y a "cinq arbres dans le paradis qui ne bougent ni été ni hiver et leurs feuilles ne tombent pas. Celui qui les connaîtra ne goûtera pas la mort." (log 19. 7-11)

  • Les cinq vertus fondamentales : sagesse, amour, vérité, bonté et justice.

  • Les cinq commandements de l'Église : sanctifier les jours de Fêtes, aller à la messe le dimanche et aux jours de Fêtes, confesser ses péchés au moins une fois l'an, recevoir la communion au moins à Pâques, et payer la dîme à l'Église - au lieu de cette dernière, d'autres versions parlent du respect des jours de jeûne obligatoire. L'Eglise recommande aussi cinq actes aux fidèles avant la Communion : l'acte de foi, d'amour, d'humilité, de désir et d'espérance.

  • Les visions des saints sont classées selon cinq catégories : vision intuitive ou béatifique, vision "abstraite", vision intellectuelle, vision imaginaire et la vision corporelle.

  • Le voyage de Marie et Joseph à Bethléem, pour la naissance du Verbe, dura cinq jours. Ils arrivèrent un samedi, vers quatre heures du soir, selon les visions de Marie d'Agréda.

  • Les cinq piliers de l'islam : profession de foi, CHAHADA ; prière rituelle, SALAT ; aumône légale, ZAKAT ; jeûne du Ramadan, SAWM ; et le pèlerinage à la Mecque, HADJDJ.

  • Dans la tradition juive, le mauvais œil est considéré comme une importante cause de mortalité. Pour écarter à ce type de sort et s'en préserver, la personne écarte ses cinq doigts de la main droite et prononce la formule « Cinq dans ton œil » ou « Cinq pour ton œil ». Afin de déjouer le danger qui pourrait découler d'un compliment ou d'un signe d'admiration énoncé publiquement, on s'arrange pour prononcer un nombre contenant un cinq : le quinze ou le cinquante. Le chiffre cinq devient alors un charme en lui-même. Et c'est pourquoi que le jeudi, cinquième jour de la semaine, est sous le signe d'une protection efficace.

  • Les philosophes grecs avaient admis cinq principes dans l'homme : corps, âme animale, psyché, intelligence et esprit divin.

  • Les cinq cycles du calendrier lunaire chinois de douze années lunaires chacun.

  • Les cinq éléments de la théorie chinoise : eau, feu, bois, métal, terre.

  • Chez les Tibétains, les cinq éléments reliés à cinq formes géométriques : le cube à la terre, la sphère à l'eau, le cône au feu, le demi-cercle à l'air, et la flamme à l'éther.

  • Les cinq takbîrs ou formules de prière, dans la religion islamique. Les musulmans insistent pour que la prière soit faite cinq fois par jour. Mentionnons au passage que Mahomet était âgé de cinq ans lorsque son père Abdallah mourut.

  • Les cinq soleils ou ères chez les Aztèques.

  • En hébreu, le nombre 5 signifie "saisissement, contraction comme par les cinq doigts". C'est, dit Fabre D'Oliver, la matière saisie par le plus matériel des cinq sens.

  • Il y a au Québec 5 archevêchés.

  • La représentation spatiale du nombre 5 est la pyramide - 5 sommets avec 5 faces - et aussi le pentagramme - 5 côtés - dont l'homme y serait compris.

  • Les cinq cartes de Zener utilisées pour certains tests de parapsychologie. Le graphisme de chacune des cartes correspond aux cinq premiers nombres.

  • Les cinq lignes de la portée en musique.

  • Les cinq règnes : élémental, minéral, végétal, animal et humain.

  • Les cinq océans - océan Pacifique, Atlantique, Indien, Arctique et Antarctique - avec les cinq parties du monde géographique : l'Europe, l'Asie, l'Afrique, l'Amérique, l'Océanie.

  • Dans la suite des nombres fondamentaux de 1 à 9, 5 est au centre, de même qu'il est au centre du carré magique utilisant les 9 premiers nombres.

  • Anniversaire de mariage : noces de bois.


Guématrie :

  • Valeur numérique de la lettre hébreu Hé, h, - Le Non-Moi - représentant le principe passif par excellence. Cette lettre représente, selon Charrot, "un rayon solaire versant sur la terre sa pluie bienfaisante de vie" et qui symbolise la vie universelle, l'haleine de l'homme, l'air, l'esprit, l'âme, tout ce qui est animateur et vivifiant. Pour le kabbaliste Eléazar de Worm, h symbolise "le souffle".


Occurrences :

  • Le nombre 5 est employé 253 fois dans la Bible.

  • Dans la Bible, 12 nombres sont utilisés 5 fois. Il s'agit des nombres 28, 35, 38, 41, 62, 90, 110, 148, 700, 800, 80 000 et 185 000.

  • Le nombre 5 est employé trois fois dans le Coran. (Coran XVIII, 21 ; LVIII, 8 et LXXXI, 15)

  • Les mots : païen, chrétien, sacrer, Pentecôte et le nom de Ève sont employés 5 fois dans la Bible. Par cinq fois dans le Nouveau Testament on voit Jésus prononcer lui-même son propre nom (Jean 17, 3 ; Actes des Apôtres 9, 5 et 22, 8 et 26, 15 ; Apocalypse 22, 16). Curieusement l'Antéchrist n'est pas nommé dans l'Apocalypse, où il joue pourtant un si grand rôle. Le mot n'apparaît dans la Bible que 5 fois, dans les épîtres de Saint Jean, et nulle part ailleurs.

  • Jean-Marie Matthieu, dans son livre "Le Nom de Gloire", paru aux Editions désIris, 1992, énumère cinq personnages de la Bible qui ont porté le nom de Jésus : D'adord Jésus le Christ, Fils de Marie ; Josué qui entra en Canaan à la tête des Hébreux. Dans la langue hébraïque le nom de Josué, Yehôshoua, est un dérivé du nom Yéshoua, c'est-à-dire Jésus (Nombres 13, 16 ; Actes des Apôtres 7, 45) ; Jésus, fils d'Eliézer, mentionné dans la généalogie de l'évangile de Luc. Ce Jésus serait descendant du roi David et apparenté à la famille de la Vierge Marie (Luc 3, 29) ; Jésus, surnommé Justus, était un Juif converti au Christ et collaborateur de Paul de Tarse (Col 4, 11) ; Et enfin, le brigand Jésus Barabbas, mentionné dans l'évangile de Matthieu : "Pilate dit donc aux gens qui se trouvaient rassemblés: 'Lequel voulez-vous que je vous relâche, Jésus Barabbas ou Jésus que l'on appelle Christ?". (Mathieu 27, 16-17)

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Jean Ferré, auteur du Dictionnaire des symboles maçonniques (Éditions du Rocher, 2013) explique la place du 5 dans la tradition maçonnique :


Cinq : Le cinq est le milieu des neuf premiers nombres, et en tant que tel, était considéré par les pythagoriciens comme un signe d'union. I1 est le nombre nuptial. Ainsi Plutarque écrit :

On prend le deux comme le commencement des Nombres pairs, et le trois comme celui des Nombres impairs. En ajoutant le deux, on forme le Nombre cinq que l'on a besoin d'honorer, car c'est le premier des Nombres formés avec un Nombre pair et un Nombre impair, et qu'il a été nommé nuptial à cause de la ressemblance du Nombre pair avec une femme et du Nombre impair avec l'homme.

Le cinq, sous la forme du pentagone étoilé ou pentagramme, symbolise l'homme, jambes écartées, bras étendus à l'horizontale. Dans les Loges d'Instruction, il est fréquent que l'on apprenne au Compagnon à tracer l'Étoile Flamboyante à partir du cercle, à 1'aide du Compas, de l'Équerre et de la Règle.

Soit un cercle de centre C et deux diamètres perpendiculaires AB et DE. De M, milieu de AC, on trace l'arc DF. De D pris comme centre, on trace l'arc DG qui a pour rayon DF. DG est le côté du pentagone inscrit. Il suffit de reporter cette valeur sur le cercle et de joindre les points deux à deux.

Signifiant de l'ordre, de l'équilibre, de l'harmonie, le cinq de nombre est fréquemment utilisé dans la description du Temple et de ses décors : 60 coudées de long, 20 de large, 30 de haut (5 x 12, 5 x 4,5 x 6), les 5 coudées des appentis d'en bas, les 5 coudées des ailes des chérubins, les 5 coudées des chapiteaux qui ornent les colonnes, les 5 coudées de rayon de la mer d'airain...

Cinq est aussi le milieu entre le Trois de l'Apprenti et le Sept du Maître. C'est le nombre du Compagnon: les cinq voyages, Ies cinq sens, les cinq ordres d'architecture, les cinq pointes de I'Etoile Flamboyante, les cinq ans...

Dans l'Instruction du grade de Compagnon du Rite Ecossais Ancien Accepté, sont posées les questions suivantes :

- Comment avez-vous été reçu ?

- En passant de la colonne J à la colonne B et en montant les cinq degrés du Temple...

- Quels sont les signes ?

- Ils sont sans nombre, mais ils se réduisent à cinq principaux.

Le Vocal, le Guttural, le Pectoral, le Manuel et le Pédestre.

C'est par les cinq points que l'on relève le Compagnon pour la résurrection du nouveau Maître. Une Instruction de la Grande Loge Unie d'Allemagne, à notre connaissance jamais citée en France, est très intéressante.

1. Le poignet droit : C'est ainsi que le Maître me saisit pour me rappeler à la vie. Amitié et union jusque dans la mort. C'est là le premier point.

2. Pied contre pied : C'est ainsi que le pied du Maître s'élançait pour ma délivrance. Les Maîtres sont toujours prêts à accourir au secours d'un Frère. C'est là le deuxième point.

3. Genou contre genou : C'est ainsi que le Maître appliqua tous ses efforts pour me relever lorsque j'étais couché. Le Maître ne doit pas craindre de mettre un genou en terre s'il le faut, pour demander la grâce d'un Frère condamné. C'est là le troisième point.

4. Poitrine contre poitrine : C'est ainsi que le Maître, lorsque je fus debout, m'attira à lui, touché de franche compassion. Le Maître doit toujours garder avec sympathie le secret de son Frère, comme le sien propre, au fond de sa poitrine. C'est là le quatrième point.

5. Main gauche sur l'épaule droite : C'est ainsi que la main du Maître me soutint, encore tout étourdi. Le Maître doit toujours prévenir la chute d'un Frère. C'est là le cinquième point.


Bien différente est l'explication des cinq points dans les Trois Coups Distincts :

1. La main dans la main signifie que j'emploierai toujours ma main à servir un Frère, tant que j'en aurai le pouvoir.

2. Le pied contre le pied, que je ne serai jamais effrayé de quitter ma route pour servir un Frère.

3. Le genou contre le genou, que, quand je ploierai le genou pour prier, je ne devrai jamais oublier de prier pour mon Frère autant que pour moi-même.

4. La poitrine contre la poitrine, pour montrer que je dois garder les secrets de mon Frère comme s'ils étaient miens.

5. La main gauche sur le dos, pour montrer que je serai toujours prêt à aider un Frère, si cela est en mon pouvoir.

On peut voir dans les cinq points la transmission de la vraie vie. C'est par eux que s'effectue la transformation, la transmutation du Compagnon en Maître.

Dans La numérologie dans l'après-vie, Décryptage de la stratégie qui précède une incarnation (Éditions Arcana Sacra , 2017) écrit par Denis Schneider, voici comment est présenté le 5 :

Symbolique : Mercure - Air - Le Pentagramme - les cinq sens - les cinq doigts de la main - Synchronisme de la vie divine et de la vie naturelle.

Signe de ralliement des Initiés - Le Pape des tarots.

Signification : Communication - changement - liberté - indépendance - mobilité - activité - combat.

L'expansion de l'homme, ses aspirations, recherche de la vie universelle.

L'aventure - la vie - la curiosité - les plaisirs - l'amour - la sensualité - la sexualité.

Personnalité : L'expérimentation - le chercheur - l'aventurier dans les domaines physique, affectif, intellectuel et spirituel ; ardent - entreprenant - audacieux.

Le 5 a besoin de liberté, a le goût du jeu et du risque, est magnétique et chanceux, aimant la vie et les plaisirs, la multiplicité des expériences dans le domaine amoureux.

Curiosité mentale, vivacité d'esprit, optimisme, adaptabilité, compréhension des autres, rapide, se lasse très vite et a besoin d'activités renouvelées, de mobilité. Aime les sports et les voyages, est attiré par la nouveauté.

Au négatif : Parfois dispersé, superficiel, imprudent.

Peut être impulsif, intransigeant, coléreux, dangereux.

Peut être attiré par des expériences déstructurantes qui le mettent en danger : alcool, drogues, perversions.

Même analyse, mot pour mot dans La Numérologie appliquée, Ontologie et Holistique (Éditions Arcana Sacra, 2018) de Denis Schneider.

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Symbolisme celte :

Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des Symboles (1ère édition, 1969 : Édition revue et augmentée Laffont, 1982), :

"Cinq est le nombre des provinces d'Irlande réparties en quatre provinces traditionnelles : Ulad (Ulster), Connacht (Connaught), Minster (Mumu) et Leinster (Lagin), et une province centrale, Midhe (Meath), constituée par le prélèvement d'une parcelle des quatre autres provinces. Le nom de la province est en irlandais moyen coleed, littéralement cinquième. Cinq est encore le nombre des dieux fondamentaux du panthéon celtique, soit un dieu suprême, polytechnicien, Lug (lumineux) assimilé à Mercure en Interpretatio romana, et quatre dieux, dont il transcende tous les aspects : Dagda (dieu bon), Jupiter ; Ogme (le champion) et Nuada (le roi), Mars ; Diancecht (médecin) et Mac Oc (le jeune homme), Apollon ; Brigit (brillante, mère des dieux, mère des arts et des techniques, de Goibniu, le forgeron), Minerve. Le schéma est confirmé par César qui, dans le de Bello Gallico énumère Mercure, Jupiter, Mars, Apollon, Minerve. Toutefois, chez l'auteur latin les théonymes romains désignent, non des divinités, mais des fonctions ; ce qui explique que certaines correspondances celtiques soient doubles. Cinq serait ainsi un symbole de la totalité : totalité du pays d'Irlande, totalité du panthéon celtique ; mais une totalité obtenue par un centre qui rassemble et qui intègre quatre et dont les quatre participent.

Dans la plupart des textes irlandais médiévaux cinquante, ou son multiple triple cent cinquante (tri coicait, littéralement ; trois cinquantaines) est un nombre conventionnel indiquant ou symbolisant l'infini. On compte rarement au-delà. Mais le système de numération celtique est, encore actuellement dans les langues modernes, archaïque et d'emploi malaisé."

Selon Claude Sterckx, auteur de “Le «Panthéon Théorique» Des Indo-Européens et Le Nombre Cinq.” (In : Latomus, vol. 34, no. 1, 1975, pp. 3–16) :


Ce nombre cinq postulé par la séquence théorique définie par M. Dumézil, et qui se trouve ainsi confirmée par tant de témoignages matériels, n'est vraisemblablement pas accidentel ni dénué de signification. Il intervient trop souvent dans les constructions idéologiques ou mythologiques des divers peuples indo-européens, chargé chaque fois d'un symbolisme connexe, pour qu'il échappe ici à ce même symbolisme et soit purement gratuit.

Chez les Celtes par exemple, le chiffre cinq revient régulièrement, et chaque fois de façon comparable. Les frères Alwyn et Brynley Rees, qui ont remarquablement défriché le domaine de la symbolique numérale des Celtes, ont rassemblé un faisceau convaincant d'exemples : l'Irlande a cinq grandes routes, cinq hospitalités renommées, cinq voies légales, cinq tabous royaux, cinq Maîtres-ès-Arts, cinq séries de cinq caractères oghamiques, cinq langues irlandaises, etc... Le même nombre cinq se retrouve régulièrement dans les descriptions des héros et des dieux : Cùchulainn possède un bouclier orné de cinq roues, Ealadha porte cinq colliers autour du cou, etc...

L'exemple le mieux connu et le plus clairement analysable est ce lui de la division du Pays de Galles entre cinq tribus royales, de l'Irlande en cinq provinces d'ailleurs appelées cúigidh « rapidement » : Connaught, Leinster, Ulster, Munster à la périphérie, Meath au centre. Cette division ne fait d'ailleurs que reprendre la coutume nationale de compter cinq parties du monde et cinq points cardinaux. Une tradition accentue même cette division quinaire en découpant l'ile en vingt-cinq parties :


Ugaine úallach amra,

diar ba brug búadach Banba ;

ranntar le clannaibh co cert,

hEire i cóic rannaib ar fichet.


« Le fier et glorieux Úghaine qui possédait le palais victorieux de Banbha, l'Irlande fut divisée par ses fils en vingt-cinq parties selon le droit. » Et cette tradition est confirmée pour deux au moins des cinq cúigidh. Cóic Mumain I Mumain moir « Tout Munster est divisé en cinq. »


lar rochtain, iomorro, dá chúigeadh Múmhan do phliocht Oilliola Óloim, rannaid iad i n-a gcúig rannaib chérdmhír ar a dtugthar na cúig Múmhain. An chérdmir ar a dtugthar Tuadh-Mhúmha... an dara mir Ur-Mhúmha... an trear mir... Meadhon Múmhan... .an ceathramhadh mír Deas-Mhúmha... an cúigeadh mír Iar-Múmha.


« La famille d'Aillil Ólom s'étant emparée des deux provinces du Munster, ils le divisèrent en cinq parts qu'on appelle les cinq Munsters : la première part est le Munster septentrional, la deuxième part le Munster oriental, la troisième part le Munster central, la quatrième part le Munster méridional, la cinquième le Munster occidental ». Et Meath, la province centrale de l'Irlande est pareillement écartelée autour de l'« ombilic de l'Irlande » dont parle Giraud de Barry.

[...]

Il est certain que cette division quinaire entre le centre et quatre zones périphériques que l'on retrouve dans la disposition du palais royal est une transposition de la division provinciale théorique que la tradition a constamment maintenue à travers toutes les vicissitudes politiques. Selon une loi constante de la symbolique universelle, l'une comme l'autre sont en fait des imagines mundi, microcosmes conformes à la vision (macro) cosmique des Irlandais.

Et il est remarquable que cette vision quinaire semble avoir existé pareillement dans les autres cultures indo-européennes, puisque, pour nous en tenir à ces exemples, Indiens et Scandinaves partageaient pareillement leur univers en cinq régions : les Indiens, comme les Irlandais, connaissaient cinq points cardinaux - nord, sud, est, ouest et « ici » - et divisaient le monde - tantôt le microcosme ãrya, tantôt la terre entière - en cinq tribus ou pays ... ; en Islande, les vieux textes décrivent l'administration politique de l'île répartie entre quatre cantons correspondant, au moins théoriquement, aux quatre points cardinaux et délégant chacun un certain nombre de députés à l'Allthing ou parlement central de l'île...

Ces deux exemples ne constituent pas une liste limitative. F. Altheim a pu montrer naguère que les mêmes conceptions apparaissent aussi bien dans le vieux monde romain qu'à travers les plus anciennes villes germaniques. C'est dire qu'il y a là un champ d'investigation qui promet d'être fertile.

Ceci posé, il ne faut pas perdre de vue que cette division quinaire du monde est un concept qui est loin d'appartenir exclusivement aux Indo-Européens. Des exemples parfaits d'une telle division du microcosme

national apparaissent aussi bien en Chine qu'à Madagascar. En fait, ainsi que l'a bien noté M. Benfried Schlerath, il est impossible de concevoir le Monde ou l'Univers sans un «ici» de référence, et M. Mircea Eliade a brillamment pu montrer, avec son sens, l'universalité de ce concept.

Cette démonstration de M. Eliade est claire et convaincante. Elle reste toutefois, dans une certaine mesure, partielle car elle réduit son explication au centre et qu'elle ne prend pas en considération la périphérie. Pourquoi le monde, microcosme ou macrocosme, est- il divisé en quatre zones cardinales et non en trois, cinq ou dix ? Autrement dit, pourquoi est-ce le cinquième terme qui réunit tous les autres et constitue ainsi la Totalité ?

L'imagination peut certes y trouver mille explications ingénieuses. La vérité se trouve plus vraisemblablement dans une observation récente de M. Edgar Polomé, que les familles linguistiques dont le système de numération est quinaire basent celui-ci sur la main et ses cinq doigts.

Or le système proto-indo-européen était lui-aussi quinaire, ainsi qu'il a été reconnu depuis longtemps, et lui aussi basé sur la main et le calcul digital. M. Polomé est ainsi arrivé à démontrer, à travers notamment le hittite panku - et l'ombrien puntis, puntes, que le numéral proto-indo-européen penk*e a eu originellement pour valeur « les cinq doigts de la main, cinq, un tout ».

Et cette dernière démonstration semble fondamentale car, en confirmant et en expliquant sur le plan linguistique l'usage symbolique du chiffre cinq tel qu'il a été rappelé ici, elle exclut tout doute quant à l'utilisation consciente de ce symbolisme dans la plupart des cultures indo-européennes.

Dès lors se pose la question de déterminer si le « panthéon théorique » dessiné par M. Dumézil n'est pas l'une des formules de ce symbolisme, et si les cinq types divins qui le composent ne représentent pas entre eux une expression de la totalité du plan divin. Ceci parait très vraisemblable.

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Symbolisme du 50 :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


Cinquante symboliserait la liberté « parce que toute servitude finissait lors du grand jubilé des juifs, qui se renouvelait tous les cinquante ans ».




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