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  • Anne

Symbolisme du 5




Étymologie :

  • CINQ, adj. et subst. invar.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 adj. numéral cardinal cinc (Roland, éd. J. Bédier, 516) ; 2. 1690 subst. désigne le chiffre (Fur.) ; 1694 subst. « élément d'un jeu marqué de cinq caractères » (Ac.) ; 1694 subst. désigne le nombre (ibid.) ; 1875 en cinq sec[s] « rapidement » (E. Labiche, loc. cit.) ; 3. 1835 adj. numéral ordinal (Ac.). Du lat. vulg. cinque, v. Vään., § 93 issu du lat. class. quīnque, par dissimilation régressive.

Lire également la définition du mot cinq afin d'amorcer la réflexion symbolique.

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Symbolisme :

Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des Symboles (1ère édition, 1969 : Édition revue et augmentée Robert Laffont, 1982),


" Le nombre 5 tire son symbolisme de ce qu'il est, d'une part, la somme du premier nombre pair et du premier nombre impair (2 + 3) ; d'autre part, le milieu des neuf premiers nombres. Il est signe d'union, nombre nuptial disent les Pythagoriciens ; nombre aussi du centre de l'harmonie et de l'équilibre. Il sera donc le chiffre des hiérogamies, le mariage du principe céleste (3) et du principe terrestre de la mère (2).

Il est encore symbole de l'homme (bras écartés, celui-ci paraît disposé en cinq parties en forme de croix : les deux bras, le buste, le centre - abri du cœur - la tête, les deux jambes). Symbole également de l'univers : deux axes, l'un vertical et l'autre horizontal, passant par un même centre ; symbole de l'ordre et de la perfection ; finalement, symbole de la volonté divine qui ne peut désirer que l'ordre et la perfection.

Il représente aussi les cinq sens et les cinq formes sensibles de la matière : la totalité du monde sensible.

L'harmonie pentagonale de Pythagoriciens laisse sa marque dans l'architecture des cathédrales gothiques. L'étoile à cinq branches, la fleur à cinq pétales est placée, dans le symbolisme hermétique, au centre de la croix des quatre éléments : c'est la quinte-essence, ou l'éther. Le 5 par rapport au 6 est le microcosme par rapport au macrocosme, l'homme individuel par rapport à l'Homme universel.

En Chine également, 5 est le nombre du Centre. On le trouve dans la case centrale de Lo-Chou. Le caractère wou (cinq) primitif est précisément la croix des quatre éléments, auxquels s'ajoute le centre. Dans une phase ultérieure, deux traits parallèles s'y adjoignent : le Ciel et la Terre, entre lesquels le yin et le yang produisent les cinq agents. Aussi les anciens auteurs assurent-ils que sous le ciel, les lois universelles sont au nombre de cinq : il y a cinq couleurs, cinq saveurs, cinq tons, cinq métaux, cinq viscères, cinq planètes, cinq orients, cinq régions de l'espace, bien entendu aussi cinq sens. Cinq est le nombre de la Terre, il est, somme des quatre régions cardinales et du centre, l'univers manifesté. Mais il est aussi la somme de deux et de trois, qui sont la Terre et le Ciel dans leur nature propre : conjonction, mariage du yin et du yang, de T'ien et de Ti. Aussi est-ce le nombre fondamental des sociétés secrètes. C'est cette union que symbolisent les cinq couleurs de l'arc-en-ciel. Cinq est aussi le nombre du cœur.

Dans le symbolisme hindou, cinq est encore conjonction de deux (nombre femelle) et de trois (nombre mâle). Il est principe de vie, nombre de Shiva transformateur. Le pentagone étoilé, également symbole shivaïte, est considéré comme étant un pentagone simple entouré de cinq triangles de feu rayonnants qui sont des linga. Shiva qui, en tant que Seigneur de l'Univers, domine aussi les cinq régions, est parfois représenté à cinq faces et vénéré, notamment au Cambodge, sous la forme de cinq linga. Toutefois, la cinquième face, celle qui regarde vers le haut, s'identifie à l'axe et n'est généralement pas figurée.

Dans le bouddhisme japonais de la secte Shingon, on distingue également cinq orients (les quatre points cardinaux, plus le centre) ; cinq éléments (terre, eau, feu, vent, espace) ; cinq couleurs, cinq qualités de connaissances, celles que possédait le Bouddha suprême et que l'adepte de l'ésotérisme Shingon doit s'efforcer d'acquérir progressivement pour accéder au niveau de l'éveil. Cinq se révèle ici comme le nombre de la perfection intégrée.

[...]

En Amérique centrale, cinq est un chiffre sacré. Dans la période agraire, c'est le symbole numéral du dieu du maïs. Dans les manuscrits comme dans la sculpture Maya, il est fréquemment représenté par un main ouverte. Selon Girard, la sacralisation du chiffre cinq serait liée au processus de germination du maïs, don la première feuille sort de terre cinq jours après les semailles. Les Jumeaux Dieux du Maïs, après leur mort initiatique, ressuscitent des eaux de la rivière cinq jours après que leurs cendres y ont été jetées (Popol-Vuh). Le mythe précise qu'ils apparaissent d'abord sous forme de poissons, puis d'hommes-poissons (sirènes), avant de devenir des adolescents radieux (solaires). Aussi le glyphe maya du nombre cinq, couramment constitué par une main, se rencontre-t-il aussi sous les traits d'un poisson. De nos jours encore les Chorti, descendants des Maya, associent le nombre cinq au maïs et au poisson. Dans la suite de leur histoire, les Jumeaux se différencient en Dieu Soleil et Dieu Lune. C'est le Dieu Lune qui conserve le cinq comme symbole numérique (d'où l'analogie avec le poisson, symbole lunaire).

Chez les Chorti également, le cycle de l'enfance, pour les mêmes raisons (analogie homme-maïs) est de cinq ans, le Dieu du Maïs est le patron des enfants qui n'ont pas atteint l'âge de raison, c'est-à-dire âgés de moins de cinq ans.

Selon les croyances des Maya, Dieu hale le mort par la corde, qui est son âme, le cinquième jour,de même que l maïs termine sa période de gestation et sort de terre halé par Dieu, après cinq jours. La tige du maïs est également appelée corde ou âme.

Dans la tradition mexicaine, Quetsalcoatl reste quatre jours en enfer avant de renaître le cinquième jour. Le glyphe solaire des Maya se compose de cinq cercles, le Dieu du Maïs étant également dieu solaire.

Cinq est aussi symbole de perfection chez les Mayas pour qui le cinquième jour est celui des divinités terrestres. Selon ce même auteur, il est donc, sans discussion, le jour du serpent qui envoie la pluie.

Les quatre soleils successifs de la tradition aztèque représentent l'accomplissement d'un monde qui se trouve, avec le quatrième soleil, réalisé, mais pas encore manifesté. C'est avec le cinquième soleil, signe de notre ère, que s'accomplit la manifestation. Nous avons vu que chacun de ces soleils - et de ces âges - correspondait à l'un des points cardinaux. Le cinquième soleil correspond au centre ou milieu de la croix ainsi dessinée. il est l'éveil de ce centre, le temps de la conscience. Cinq est donc le chiffre symbolique de l'homme-conscience du monde. Les Aztèques assignent au Soleil du Centre la divinité Xiuhtecutli, maître du feu, représenté quelquefois par un papillon.

Chez les Aztèques le dieu cinq (jeune maïs) est maître de la danse et de la musique. Cette fonction apollinienne l'associe à l'amour, au printemps, à l'aurore, et à tous les jeux. Le même dieu, appelé le chanteur est, chez les Huichol l’Étoile du matin.

Reprenant l'interprétation du nombre cinq chez les anciens Mexicains, J. Soustelle met clairement en lumière l'ambivalence propre à ce symbole. Cinq, dit-il, est tout d'abord le nombre du monde présent (qui a été précédé" de quatre premières ébauches de création) et du centre de a croix des points cardinaux. Par là, il symbolise le feu, mais sous sa double acception, d'une part, solaire, donc liée au jour, à la lumière, à la vie triomphante ; d'autre part, sous sa forme interne, terrestre, chtonienne, liée à la nuit, et à la course nocturne du soleil noir dans les enfers. Le héros Quetzalcoatl, dans ses successives métamorphoses, incarne par deux fois l'idée de sacrifice et de renaissance, assimilé d'une part au soleil, d'autre part à Vénus, qui tous deux disparaissent à l'Ouest dans le domaine des ténèbres, pour reparaître - renaître - à l'Est, avec le jour. En tant que Seigneur de la Maison de l'aurore, Quetzalcoatl, renaissant sous la forme de Vénus étoile du matin, est représenté sur les manuscrits mexicains comme un personnage portant sur le visage le chiffre cinq, sous forme de cinq gros points, en quinconce. De ce fait, le nombre cinq a pour signification ésotérique, précise J. Soustelle, dans le symbolisme de la classe sacerdotale et guerrière, le sacrifice, ou plutôt l'auto-sacrifice et la résurrection. Glyphe solaire, il incarne l'idée du triomphe solaire et de la vie ; mais il sous-tend aussi ces sacrifices des guerriers dont le sang versé, nourriture du soleil, conditionne le retour cyclique de l'autre, qui conditionne à son tour la vie. De même, le Centre du monde, représenté par le 5, est aussi le glyphe du tremblement de terre, du châtiment final, de la fin du monde, où des esprits maléfiques se précipiteront des quatre directions cardinales sur le centre pour anéantir la race humaine. le Centre du monde est ici le carrefour central, et, comme tous les carrefours, il est un lieu où se produisent des apparitions redoutables.

Rappelons que c'est au aux carrefours qu'apparaissent, cinq fois par an, la nuit, les femmes mortes en couches, et qui, divinisées comme les guerriers morts au combat, ou sacrifiés, accompagnent le soleil dans sa course diurne - ce qui rappelle analogiquement la pensée des Dogon quant à ce nombre. Enfin, toujours pour préciser le côté néfaste de ce symbole, il faut rappeler que 5, en tant que milieu de la série nocturne (9) est l'opposé de 7, milieu de la série diurne (13). Le cinquième Seigneur de la nuit, Mitlantecutli, Seigneur de la mort, s'oppose à l'heureuse déesse Chicomecoatl, 7e des 13 divinités diurnes ; il porte sur son dos un signe solaire : c'st le soleil des morts - le soleil noir - qui passe sous la terre pendant la nuit. Ainsi, conclut J. Soustelle, le nombre 5 symbolise, pour les Mexicains, le passage d'une vie à l'autre par la mort, et la liaison indissoluble du côté lumineux et du côté sombre de l'univers.

Le précieux récit du père Francisco de Avila, De Priscorum Huarachiriensum montre le rôle capital que jouait le nombre cinq dans les croyances des anciens Péruviens : tout ce qui servait de nourriture mûrissait cinq jours après avoir été semé, et les morts ressuscitaient après cinq jours, raison pour laquelle ils n'étaient pas enterrés, mais exposés : le cinquième jour on voyait réapparaître leur esprit, sous la forme d'une petite mouche. Dans les mythes relatifs à la fin des premiers âges, apparaissent un déluge, qui dura cinq jours, et une éclipse de soleil, qui plongea le monde dans les ténèbres également pendant cinq jours : alors, les cimes des montagnes s'entrechoquèrent, les mortiers et les pierres à moudre se mirent à écraser les hommes. Le dieu Paryacaca, maître des eaux et de la foudre, naît de cinq œufs, sous la forme de cinq milans ; il est un des cinq ; il fait tomber la pluie simultanément de cinq endroits différents et il lance l'éclair des cinq régions du ciel.

La conception de cinq humanités successives - la nôtre étant la cinquième - se retrouve dans Les Travaux et les Jours d'Hésiode. Pour le poète de la cosmogonie, la terre fut successivement habitée par les hommes d'or, les hommes d'argent, les hommes de bronze et les demi-dieux - qui périrent au cours de la guerre de Troie - avant que survienne notre génération, celle des hommes de fer. Les hommes d'or sont devenus les bons génies de la terre, gardiens de la terre, dispensateurs des richesses ; leurs successeurs, les hommes d'argent, coupables d'une folle démesure ayant refusé de rendre le culte dû aux Immortels, durent ensevelis par Zeus ; ils devinrent ceux que les mortels appellent les Bienheureux des Enfers, génies inférieurs, mais que quelque bonheur accompagne encore ; les hommes de bronze, coupables eux, non de l'orgueil luciférien de leurs prédécesseurs, mais de l'excès de leur force terrifiante, succombèrent sous leurs propres bras, et partirent pour le séjour de l'Hadès frissonnant sans laisser de nom sur la terre, quant à la race divine des demi-dieux, elle habite, le cœur libre de soucis, dans les Îles des Bienheureux, au bord des tourbillons profonds de l'Océan, c'est-à-dire à l'extrême Occident, près du jardin des dieux, gardé par les Hespérides. Il y a là aussi un curieux rapprochement à faire entre la tradition grecque et celle des cinq soleils ou cinq ères des Aztèques.

Pour les Dogon et les Bambara du Mali, l'unique est exceptionnel, non comme un synonyme d'achèvement, de perfection, mais comme un synonyme d'erreur de la nature : c'est le nombre du chaos initial, deux étant celui du cosmos organisé. De ce fait, cinq, fait de l'association de quatre, symbole féminin, et de un, est lui-même un symbole d'incomplétude, d'impureté, d'inharmonie, d'instabilité, de création inachevée. C'est, de ce fait, un nombre considéré le plus communément comme néfaste : il est associé aux plus graves échecs - dont les fausses couches - et à la mort. Cependant, il peut être considéré comme un heureux symbole : les Bambara parlent en effet d'un cinquième monde - à venir - qui serait le monde parfait, né de l'association non plus de quatre et de un, comme le monde actuel, mais de trois et de deux.

Sainte Hildegarde de Bingen a développé toute une théorie du chiffre cinq comme symbole de l'homme. L'homme se divise, dans la longueur, du sommet de la tête aux pieds, en cinq parties égales ; dans la largeur, formée par les bras étendus d'une extrémité d'une main à l'autre, en cinq parties égales. En tenant compte de ces mesures égales dans sa longueur et de ces cinq mesures égales dans sa largeur, l'home peut s'inscrire dans un carré parfait. Cinq carrés dans la longueur et cinq carrés dans la largeur, la poitrine étant le lieu de l'intersection, forment une croix dans un carré. Si le carré est le symbole de la terre, l'homme est comme une croix en ce monde, ou ce monde est pour lui comme une croix.

Outre ces cinq parties égales dans sa longueur et les cinq parties égales dans sa largeur, l'homme possède cinq sens, cinq extrémités (tête, mains pieds). Plutarque utilise ce nombre pour désigner la succession des espèces. Une telle idée peut se trouver dans la Genèse où il est dit que les poissons et les volatiles durent créés le cinquième jour de la création... Le nombre pair signifiant la matrice, car il est féminin, le nombre impair étant mâle, l’association de l'un et de l'autre est androgyne.. Ainsi la pentagramme est l'emblème du microcosme et de l'androgyne. Dans les miniatures médiévales, l'homme microcosme est souvent représenté, bras et jambes écartés, afin de mieux indiquer les cinq pointes du pentagramme. Le nombre cinq régit donc bien la structure de l'homme.

Cinq est chiffre faste pour l'Islam, qui lui voue une prédilection : le pentagramme des cinq sens et du mariage. Cinqest le nombre des heures, de la prière, des biens pour la dîme, des éléments du hadj (et des jours à Arafât), des genres de jeûne, des motifs d'ablution, des dispenses pour le vendredi ; c'est le quint des trésors et du butin ; les cinq générations pour la vengeance tribale, les cinq chameaux pour la diya, les cinq takbîr ou formules de prière : Dieu est grand ! Ce sont les cinq témoins de la Mubâhala (pacte), les cinq clés coraniques du mystère (Coran 6, 59 ; 31, 34). Ce sont aussi les cinq doigts de la main de Fatima.

Contre le mauvais œil, on étend les cinq doigts de la main droite, en disant : Cinq dans ton œil ou Cinq sur ton œil. A Fez, pour éviter le danger produit par l'admiration pour quelque chose ou quelqu'un, on dit : Cinq et quinze. Le chiffre cinq est devenu ainsi un charme en lui-même. Le cinquième jour de la semaine, jeudi, est sous le signe d'une protection efficace.

Cinq, dit Allendy, est le nombre de l'existence matérielle et objective. Le psychanalyste et la tradition maya se rencontrent ici, ainsi que les traditions orientales, pour faire de cinq le signe de la vie manifestée. Étant un nombre impair, il exprime non un état, mais un acte. Le Quinaire est le nombre de la créature et de l'individualité. Il est remarquable, en ce sens, que l'Homme s'inscrive dans un pentagramme, qui a pour centre son sexe. C'est ce pentagramme qui est à l'origine du signe idéographique chinois Jen, représentant l'Homme. Si un homme est étendu, bras et jambes allongés, le sexe servant de centre, sa partie supérieure est égale à sa partie inférieure ; et une circonférence peut être tracée par un compas, chacune de ces parties ayant la longueur d'un rayon. Un fois de plus, le cinq symbolise la manifestation de l'homme, au terme de l'évolution biologique et spirituelle."

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D'après Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :

L'homme étant pourvu de 5 doigts à chaque main, de 5 orteils à chaque pied et de 5 sens pour percevoir le monde, le 5 est considéré comme le Nombre de l'homme.

Oui, le cinquième élément existe. Ce n'est pas un principe imaginé par un scénariste et un cinéaste. Il fut défini par Plutarque, au 1er siècle de notre ère, en ces termes : "En supposant que le Monde où nous vivons soit l'unique, et c'est ainsi que le pense Aristote, il est, du moins lui aussi, composé, en quelque sorte, de cinq mondes qui en forment l'Harmonie : l'un est la Terre, l'autre l'Eau, le troisième le Feu, le quatrième l'Air et le cinquième le Ciel, ce dernier étant appelé Lumière par les uns, Éther par les autres, par d'autres, enfin, Quintessence." (Plutarque, Vies parallèles).


Les 5 sens et la quintessence. Si, selon la philosophie grecque, l'Harmonie du Monde est constituée de 5 éléments, les hindouistes, eux aussi, ont décelé en l'homme - le microcosme - 5 principes constitutifs de sa personnalité, en analogie avec les 5 grands principes qui composent et forment le monde, l’univers créé et manifesté, le macrocosme. Ces 5 éléments portent le nom de Skandha, ce qui, littéralement, signifie groupes ou agrégats. Ils se présentent ainsi :

  • Skandha Rûpa. Agrégat de la matière ou groupe de la corporéité, il est formé par les 4 éléments, c'est-à-dire le solide (la Terre), le liquide (l'Eau), la chaleur (le Feu) et le mouvement (l'Air). Chacun de ces éléments primordiaux est en relation avec un organe des sens et son objet : le nez et l'odorat pour la Terre, la sapidité et le goût pour l'Eau, l’œil et la vue pour le Feu, la peau et le toucher pour l'Air. On y ajoute bien sûr l'oreille et l'ouïe pour l’Éther, le cinquième élément.

  • Skandha Vedanâ. Agrégat des sensations ou groupe de la perception, il est composé de toutes les espèces de sensations agréables, douloureuses ou neutres, qui sont pour l'homme comme autant de portes ouvertes sur le monde extérieur.

  • Skandha Smajnâ. Agrégat de la conscience ou groupe des impressions, lesquelles sont réparties en 6 facultés sensorielles distinctes : la forme, le son, l'odeur, le goût, les sensations physiques et les perceptions mentales.

  • Skandha Samskâra. Agrégat des conceptions et groupe des actions, il rassemble tous les niveaux de l'activité psychique et instinctive qui se traduit par des désirs, des sentiments, des émotions, des actes : l'attention, la concentration, le raisonnement, le jugement, la volonté, l'esprit d'initiative, le pouvoir d'action, la joie, etc.

  • Skandha Vijnâna. Agrégat de la conscience ou groupe de la connaissance, il réunit les 6 champs d'activité de la conscience ou du mental qui favorisent la connaissance. Chacune des facultés sensorielles et psychiques est employée comme outil ou instrument d'identification et de connaissance. Ainsi, nous disposons de la conscience olfactive (la Terre), gustative (l'Eau), visuelle (le Feu), tactile (l'Air), auditive (l’Éther ou cinquième élément) et mentale.

D'où l'on pourrait déduire hardiment que, selon la doctrine hindouiste, la conscience mentale, qui favorise la connaissance de soi, est peut-être ce que l'on appelle plus communément en Occident le sixième sens, qui rassemble toutes les facultés, les dons, les principes, les qualités des 5 sens réunis, constituant ainsi leur quintessence.

Cette conscience équivaut en effet à une sorte de faculté perceptive extrasensorielle, par laquelle chacun d'entre nous serait en mesure de prendre conscience que les Skandhas ou agrégats, tels que nous venons de les décrire, ne sont que de pures illusions."Qu'ils soient pris séparément ou tous ensemble, jamais ces cinq agrégats de l'existence ne constituent une personnalité, une unité individuelle et autonome réelle ; en dehors d'eux, il n'existe rien non plus que l'on puisse désigner comme un Moi indépendant ; la croyance en une entité personnelle réelle, un Moi au sens suprême du terme est pure illusion." (Bhikku Nyânatiloka, La Parole du Bouddha, éditions Maisonneuve, 1978).


Le quintefeuille et le pentagramme. D'inspiration romane ou gothique, les églises et les cathédrales du Moyen Âge furent souvent décorées ou ornementées de vitraux et de sculptures présentés sous la forme d'un quintefeuille. Il s'agit d'une figure géométrique constituée d'un cercle avec, à l'intérieur, une étoile à 5 branches et, tout autour, 5 lobes qui ne sont autres que des cercles, dont le centre coïncide avec chacune des pointes des 5 branches de l'étoile.

Or le quintefeuille était une figuration symbolique du pentagramme, dont le principe fut établi par Pythagore. "Selon la doctrine pythagoricienne, 10 est le chiffre parfait ; il représente l'unité et dans toute la tradition il est le chiffre de la divinité. L'homme en porte l'image sur ses mains et ses pieds [en effet, nous avons 5 orteils à chaque pied, soit 10 orteils en tout, et 5 doigts à chaque main, soit 10 doigts au total ; c'est nous qui le soulignons]. Si l'on accepte le 5 comme le chiffre de l'homme, le pentagramme devient l'emblème du microcosme. Ainsi, le microcosme et le macrocosme dont il est l'image forment le chiffre parfait (5 + 5 = 10) de Dieu." (Marie-Madeleine Davy, Initiation à la symbolique romane, éditions Flammarion, 1964).

Cette addition, de laquelle résulterait le Nombre parfait de Dieu, est plus exactement une fusion, une union, une communion du Nombre 5 avec lui-même. Notre quintefeuille, figure symbolique du pentagramme, représente ainsi l'home, le microcosme, sous l'aspect de l'étoile à 5 branches qui, bien sûr, symbolise l'homme debout, les bras et les jambes écartés, et l'univers, le macrocosme, sous l'aspect des 5 lobes correspondant aux 5 éléments qui gouvernent le monde.

Enfin, signalons que le pentagramme, comme son nom l'indique, est le cinquième lettre, c'est-à-dire la Lettre Hé de l'alphabet des lettres-nombres de la kabbale, qui est le symbole du souffle, soit de l'essence de la vie, siège et véhicule de l'âme et de l'esprit. Or le hiéroglyphe égyptien qui correspondait à cette lettre figurait un homme debout, les jambes écartées, levant les bras au ciel..."


Fiche d'identité du 5 :

Noms : quinaire, quinte, quintette, quintuple et tous les noms précédés du préfixe pent, du grec pente qui signifie cinq : pentagone, pentateuque, Pentecôte, etc.

Correspondances arithmomanciques, avec les lettres de l'alphabet : E, N et W.

Correspondance avec les lettres-nombres du code de la kabbale : Hé.

Correspondance astrologique : le Bélier.

Couleurs : le bleu.

Symbole géométrique : le pentagramme ou étoile à 5 branches et la pyramide.

Quelques figures et symboles du 5 : Comme nous l'avons vu, l'homme ayant 5 sens (l'odorat, le goût, la vue, le toucher et l'ouïe), 5 doigts - le pouce (associé à Vénus), l'index (associé à Jupiter), le médius (associé à Saturne), l'annulaire (associé au Soleil) et l’auriculaire (associé à Mercure) - , le 5 fut considéré par les Anciens comme le nombre de l'homme. Ainsi, les vertèbres qui composent la colonne vertébrale furent réparties en 5 groupes :

  1. les 7 vertèbres cervicales, sur lesquelles repose le crâne. Chacune est en relation avec les 7 astres-dieux qui gouvernent le Zodiaque ;

  2. les 12 vertèbres thoraciques ou dorsales, auxquelles sont rattachées les 12 paires de côtes, dont chacune est en analogie avec l'un des 12 signes du Zodiaque

  3. les 5 vertèbres lombaires, dont les 4 premières sont en analogie avec les 4 éléments et la cinquième, avec le cinquième élément : l’Éther ;

  4. les 5 vertèbres dites sacrées, parce qu'elles se situent au niveau du sacrum, avec lequel les os iliaques s'articulent pour former le bassin, au centre duquel se trouve le Mûlâdhâra-Chakra, réceptacle de la kundalinî ;

  5. restent les 4 vertèbres qui se trouvent au niveau du coccyx et ne semblent former qu'un os unique, peut-être le vestige d'un os caudal.

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Dans La numérologie dans l'après-vie, Décryptage de la stratégie qui précède une incarnation (Éditions Arcana Sacra , 2017) écrit par Denis Schneider, voici comment est présenté le 5 :

Symbolique : Mercure. Air. Le Pentagramme, les cinq sens, les cinq doigts de la main. Synchronisme de la vie divine et de la vie naturelle.

Signe de ralliement des Initiés.

Le Pape des tarots.

Signification : Communication, changement, liberté, indépendance, mobilité, activité, combat.

L'expansion de l'homme, ses aspirations, recherche de la vie universelle.

L'aventure, la vie, la curiosité, les plaisirs, l'amour, la sensualité, la sexualité.

Personnalité : L'expérimentation, le chercheur, l'aventurier dans les domaines physique, affectif, intellectuel et spirituel ; ardent, entreprenant, audacieux.

Le 5 a besoin de liberté, a le goût du jeu et du risque, est magnétique et chanceux, aimant la vie et les plaisirs, la multiplicité des expériences dans le domaine amoureux.

Curiosité mentale, vivacité d'esprit, optimisme, adaptabilité, compréhension des autres, rapide, se lasse très vite et a besoin d'activités renouvelées, de mobilité. Aime les sports et les voyages, est attiré par la nouveauté.

Au négatif : Parfois dispersé, superficiel, imprudent.

Peut être impulsif, intransigeant, coléreux, dangereux.

Peut être attiré par des expériences déstructurantes qui le mettent en danger : alcool, drogues, perversions.

Même analyse, mot pour mot dans La Numérologie appliquée, Ontologie et Holistique (Éditions Arcana Sacra, 2018) de Denis Schneider.

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Symbolisme celte :

Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des Symboles (1ère édition, 1969 : Édition revue et augmentée Laffont, 1982), :

"Cinq est le nombre des provinces d'Irlande réparties en quatre provinces traditionnelles : Ulad (Ulster), Connacht (Connaught), Minster (Mumu) et Leinster (Lagin), et une province centrale, Midhe (Meath), constituée par le prélèvement d'une parcelle des quatre autres provinces. Le nom de la province est en irlandais moyen coleed, littéralement cinquième. Cinq est encore le nombre des dieux fondamentaux du panthéon celtique, soit un dieu suprême, polytechnicien, Lug (lumineux) assimilé à Mercure en Interpretatio romana, et quatre dieux, dont il transcende tous les aspects : Dagda (dieu bon), Jupiter ; Ogme (le champion) et Nuada (le roi), Mars ; Diancecht (médecin) et Mac Oc (le jeune homme), Apollon ; Brigit (brillante, mère des dieux, mère des arts et des techniques, de Goibniu, le forgeron), Minerve. Le schéma est confirmé par César qui, dans le de Bello Gallico énumère Mercure, Jupiter, Mars, Apollon, Minerve. Toutefois, chez l'auteur latin les théonymes romains désignent, non des divinités, mais des fonctions ; ce qui explique que certaines correspondances celtiques soient doubles. Cinq serait ainsi un symbole de la totalité : totalité du pays d'Irlande, totalité du panthéon celtique ; mais une totalité obtenue par un centre qui rassemble et qui intègre quatre et dont les quatre participent.

Dans la plupart des textes irlandais médiévaux cinquante, ou son multiple triple cent cinquante (tri coicait, littéralement ; trois cinquantaines) est un nombre conventionnel indiquant ou symbolisant l'infini. On compte rarement au-delà. Mais le système de numération celtique est, encore actuellement dans les langues modernes, archaïque et d'emploi malaisé."

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