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Le Bunyip





Étymologie :

Selon le site http://paranormal-encyclopedie.com/wiki/Articles/Bunyip :

"L'origine du mot bunyip peut être tracée au dialecte Wergaia des Maligundidj, un groupe aborigène établi dans le Sud-Est de l'Australie. La signification du terme n'a cependant pas été établie.

Le nom a été introduit dans la langue anglaise dans le courant du XIXème siècle. Il a été publié pour la première fois dans la littérature anglaise dans les années 1840. A partir de 1850, "bunyip" était couramment utilisé dans l'argot australien pour désigner un imposteur ou un simulateur, se moquant ainsi des aborigènes qui décrivaient le bunyip comme un animal terrible alors que personne ne l'avait jamais vu. [...]

Suite à son succès dans la langue anglaise, le terme bunyip s'est également répandu auprès des aborigènes de toute l'Australie... y compris chez ceux qui connaissaient déjà le monstre dans leurs croyances et qui possédaient déjà un mot dans leur dialecte pour la désigner. Bunyip est souvent traduit par devil ("diable") ou evil spirit ("mauvais esprit") par les aborigènes actuels."

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Symbolisme :

Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique (LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017), le Bunyip est défini par les caractéristiques suivantes :


Traits : Le Bunyip est un monstre de la mythologie aborigène d'Australie. C'est un esprit de l'eau : il vit au bord des rivières, dans les trous d'eau et les marais. On dit que la peur qu'il a provoquée chez les humains est telle qu'ils n'ont jamais pu vraiment décrire à quoi il ressemblait. Les descriptions diffèrent énormément, mais on dit le plus souvent qu'il a une tête et des pattes comme un crocodile, de longues dents pointues et des griffes, la queue d'un cheval, la tête d'un chien, des cornes ou des défenses, et un énorme corps avec de la fourrure sombre ou des écailles. On dit qu'il reste le jour dans l'eau et se déplace sur la terre la nuit à la recherche de nourriture. Le Bunyip symbolise les pouvoirs surnaturels, le déguisement et un comportement agressif.


Talents : Se cache - Mystérieux - Pouvoirs surnaturels - Exceptionnelle puissance vocale - Travaille mieux la nuit.


Défis : Agressif - Fausse apparence - Imposteur - Monstrueux - Fait semblant.


Élément : Terre - Eau.


Couleurs primaires : Noir - Brun.


Apparitions : Lorsque le Bunyip apparaît, cela veut dire que quelqu'un de votre entourage fait semblant d'être ce qu'il n'est pas. Dans la mythologie, on considère aussi le Bunyip comme une créature timide qui ne veut pas s'approcher des humains, sauf quand elle a faim - alors, elle les dévore. Cela veut dire d'examiner s'il n'y a pas le même genre de duplicité dans votre vie. Soyez tout particulièrement vigilant sur les intentions cachées derrière les mots, ou sur les demandes qui vous sont adressées de faire telle ou telle chose. Est-ce que ce qu'on vous demande là est vraiment dans votre intérêt, ou y a-t-il la possibilité d'un danger en arrière-plan ? Le Bunyip signifie que vous travaillez mieux la nuit que le jour. Votre horloge interne est réglée en sorte que vous avez besoin de dormir peu - ou bien que vous préférez dormir le jour et être en activité la nuit, comme le Bunyip. Certains mythes racontent que le Bunyip étreint ses proies jusqu'à ce qu'elles meurent. C'est là le signe que vous devez réfléchir à vos relations. Êtes-vous trop accroché ou agressif dans votre affection parce que vous avez peur de perdre la personne auprès de laquelle vous vous êtes engagé ? Ou bien montrez-vous suffisamment d'affection ? Si vous êtes trop accroché et que vous vous agrippiez trop fort à vos relations, vous pourriez tuer ces relations, car l'autre pourrait se sentir étouffé. Et si vous ne montrez pas suffisamment d'affection, alors le Bunyip vous encourage à faire des câlins plus souvent pour que l'autre sache à quel point vous l'aimez.


Aide : Vous avez besoin de clarifier votre vie. Le Bunyip vit dans des eaux marécageuses, boueuses, sales, au fond desquelles il peut traîner quelqu'un. On pense qu'on racontait cette histoire aux enfants pour qu'ils se tiennent éloignés des endroits où l'eau est dangereuse. Cela veut dire que si vous n'êtes pas au clair avec des choses qui se sont passées dans votre vie, vous pouvez en rester prisonnier jusqu'à avoir l'impression de vous y noyer. Le Bunyip sort de l'eau la nuit pour chasser : c'est le signe que vous avez besoin de vous tenir à l'écart des événements qui pourraient vous causer des problèmes. En prenant un peu de distance, on acquiert de la clarté. Dès que vous êtes capable de voir la situation en eaux claires, et non boueuses, vous saurez quelle orientation et quelle décision prendre. Le Bunyip vous met en garde contre le fait de prendre des décisions quand ce n'est pas en connaissance de cause.


Fréquence : L'énergie du Bunyip a une sonorité semblable à un boom de tonalité grave, suivi d'un rugissement dans les aigus. Elle circule autour de vous à pas lourds, pesants, mais rapides. Son odeur ressemble à la noirceur des feuilles mortes auprès d'une eau boueuse. Sa sensation est chaude, dure et écailleuse.


Imaginez...

Vous êtes en train de pêcher dans une mare, en bordure d'un marais, lorsque vous avez la sensation qu'on vous observe. Vous décidez que c'est simplement votre imagination qui galope. Puis vous entendez des bruits d'éclaboussures et de succion de pieds qui marchent dans la boue. Vous rassemblez votre votre matériel, prêt à vous enfuir, lorsque vous remarquez un cerf qui se tient sur votre droite auprès des arbres. Vous vous rasseyez pour apprêter à nouveau votre ligne, lorsque vous vous rendez compte qu'en fait le cerf est en train de regarder quelque chose d'autre. Vous tournez votre regard dans la même direction. Il y a là un énorme Bunyip qui avance lentement, en s'enfonçant de plus en plus profondément dans le marais. Il tourne sa tête vers vous et vous grogne après, mais il continue à marcher dans le marais. Vous faites exactement comme le cerf et ne bougez pas d'un poil. Dès que le Bunyip est hors de vue, le cerf s'enfuit. Vous jetez votre matériel sur le siège arrière, montez dans votre voiture et partez aussi sec en décidant qu'il est temps de trouver un nouvel emplacement de pêche.

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Littérature :


Marie Miguet, dans un article intitulé "Michel ou Butor ?." (in : Semen. Revue de sémio-linguistique des textes et discours, 1994, no 9) réfléchit aux implications du patronyme de l'auteur dans son oeuvre, ce qui les conduit sur la terre d'Australie :


C. Un butor en péril : le bunyip : Si l'auteur de Boomerang introduit le butor seulement dans le troisième Génie du lieu, livre au cœur duquel se situent l'aventure australienne et la révélation de la civilisation aborigène, c'est que l'oiseau a aussi une mission de guide : le butor noir de l'hémisphère Nord mène le lecteur vers son double fantastique de l'hémisphère Sud, le bunyip, tour à tour noir ou rouge, auquel il est apparié par la première syllabe bu. Comme le dit Jean-Charles Gateau, cet animal "est un peu la tarasque de l'autre bout du monde". Il a donc une parenté avec le monstre qu'écrase l'archange Michel ou son précurseur grec Persée. Les Aborigènes croyaient qu'il vivait dans les marais de leur territoire. Il est censé pondre des œufs énormes et non comestibles. L'aspect amphibie du butor se retrouve avec une dimension merveilleuse chez le bunyip : il est "mi-cheval mi-alligator" (B, p. 317). Le bunyip frappe d'autant plus les imaginations qu'il n'a jamais été complètement observé : "John Morgan raconte que dans les lacs et fleuves vit un extraordinaire animal amphibie que les Aborigènes appellent le bunyip, dont il n'a jamais pu voir que le dos qui lui semble couvert de plumes gris sombre, de la taille d'un gros veau ou un peu plus. (…) N'apparaît que lorsque le temps est très beau, l'eau très calme. Il n'a jamais pu savoir si ce qu'il voyait était la tête ou la queue, et par conséquent jamais pu évaluer sa taille avec précision" (B, p. 415).

De cet animal cru repoussant et maléfique, l'auteur de Boomerang retient un hallucinant mugissement, cri de souffrance chargé d'exprimer la protestation d'une civilisation en train de mourir, celle des Aborigènes. Leur ethnie a le même sort que les Indiens dont l'extermination mentionnée dans est à nouveau évoquée dans Boomerang. De même que le butor est le jumeau du bunyip, de même les actuels Aborigènes d'Australie communiquent avec les anciens Aborigènes d'Italie. Selon sa méthode habituelle de collage, Butor insère un extrait de l'Encyclopédie britannique donnant sur ces derniers les informations suivantes : "Les aborigènes étaient un peuple mythique de l'Italie centrale que l'on supposait être descendu de la région de Réate, ancienne cité sabine, sur le Latium d'où ils auraient expulsé les Sicules, et s'étaient installés sous un roi Latinus en prenant le nom de Latins" (B, p. 27). Ces premiers aborigènes sont-ils nés du sol, autochtones ("ab origine"), sont-ils nés dans les arbres ("on propose aussi 'arborigines'"), ou s'agit-il de nomades ("aberrigines") ? Trois étymologies sont ainsi proposées de leur nom, nous rappelant les trois prénoms de l'auteur. Ce mythe latin étrangement semblable aux mythes australiens nous fait assister à l'éternel retour du couple oppresseur /opprimé, Michel/ monstre, ange exterminateur/ animal exterminé.

Une nouvelle fois c'est du monstre que l'écrivain a envie de prendre le parti contre l'archange ou contre le monde moderne qui détruit "l'ordre des anciens jours". L'hallucinant appel du bunyip est aussi celui de tout homme en train de perdre ses racines, de refouler son animalité. L'autoportrait individuel s'élargit en exhortation solennelle à laquelle reste lié, motif fondamental, le butor rouge et noir, réel ou fantastique des deux hémisphères : "que l'homme aujourd'hui en peine de se survivre, mesure là ses pouvoirs perdus au bout du monde, que celui qui, dans l'aliénation générale, résiste à sa propre aliénation BRETON recule sur lui-même comme le boomerang d'Australie LAUTREAMONT dans la deuxième période de son trajet rouge de retour aux Antipodes à l'autre bout, j'écoute les Indes galantes rouge butor de l'autre côté brun et rouge" (B, p. 447).

Du bunyip au butor on trouve ainsi un effet boomerang qui se répercute dans une série de lieux ou de traditions : les Antipodes renvoient à la propriété possédée par l'auteur près de Nice, l'exotisme des Aborigènes d'Australie est en rapport avec un mythe fondateur de la latinité, de Rome, de l'Occident.

Au blanc inquiétant, numineux, mortel de l'archange mais aussi de la lèpre qui atteint les Australiens ou, au cours de rêves, le narrateur et ses proches, l'écrivain préfère opposer le noir du loup, du butor, le brun-rouge du bunyip.

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