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  • Anne

Le Myosotis




Étymologie :

  • MYOSOTIS, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1546 myosota (Rabelais, Tiers livre, L, 10, éd. M.A. Screech, p. 336 : le Myosota [qui semble], à l'aureille de souriz) ; 1545 myosotis, cité comme mot grec, v. FEW t. 6, 3, p. 315 a, note 1 ; 1562 myosotis (Du Pinet, L'Hist. du monde de C. Pline Second, XXVII, XI, t. 2, p. 377 : myosota ou myosotis) Empr. au lat. myosota, myosotis, transcr. du gr. μ υ ο ς ω ̃ τ α, μ υ ο σ ω τ ι ́ ς «myosotis», proprement «oreille de souris» en raison de la forme des feuilles ; cf. l'appellation oreille de souris Boiste 1823, v. Roll. Flore t.8, p.84. André Bot., s.v. myosota.


Lire également la définition du nom myosotis pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :



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Symbolisme :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Cette plante, emblème du souvenir et sorte de gage de fidélité lorsqu'on l'offre ou la reçoit, d'ailleurs couramment appelée "ne m'oubliez pas", peut être utilisée pour se faire aimer de quelqu'un. On en placera une branche, sans être vu, sous le livre des Évangiles le temps d'une masse.

Un autre procédé pour inspirer l'amour d'un homme, en usage dans la Vienne, recommande qu'une jeune fille réglée enjambe un pied de cette plante jusqu'à ce que celle-ci reçoive une goutte de son sang menstruel. Attention cependant de ne pas piétiner distraitement un myosotis car, dans l'Ain, cela fait oublier des êtres chers.

Dans la région du Luxembourg, cueillir un bouquet de cette plante dans un lieu appelé "bains de fées" ou "Cascade du chêne enchanté", (bien connu, dit-on, des Luxembourgeois) promet de susciter l'amour toute son existence.

Pour savoir si l'on est aimé, il faut mettre du myosotis dans un vase contenant de l'eau et du sel. Si la fleur demeure fraîche et belle, il n'y a pas de souci à se faire mais si elle se flétrit, le doute est permis.

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Selon Des Mots et des fleurs, Secrets du langage des fleurs de Zeineb Bauer (Éditions Flammarion, 2000) :


"Mot-clef : Le souvenir ; La fidélité.


Savez-vous ? : Le nom de ces délicates fleurs leur vient de la forme de leurs feuilles velues et pointues comme le sont les oreilles d'une souris. Fleurs très anciennes, elles figuraient déjà sur les murs des villas romaines. Fleur très présente en Allemagne et en Autriche, elle pousse partout et fait l'objet de beaucoup de soins de la part de nos voisins d'outre-Rhin.


Usages : C'est sans doute parce qu'elle est légèrement soporifique que les Anciens appelaient le myosotis "l'herbe de l'amour" et la prenaient en tisane avant de se coucher.


Légende : Une légende germanique raconte qu'un jeune homme périt noyé dans le Danube alors qu'il tentait de cueillir une branche de myosotis pour sa belle. Il fut englouti par les eaux non sans avoir crié auparavant "ne m'oubliez pas". Depuis, le Danube est devenu bleu comme le myosotis.


Message : Ne m'oubliez pas."

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D'après Nicole Parrot, auteure de Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion, 2000) : le myosotis supplie : "Ne m'oubliez pas".


Les plus ignorants du langage des fleurs connaissent la supplique de la petite fleur bleue. Elle est si désarmante qu'elle donne une certaine importance au geste de la personne qui l'offre, seule ou en bouquet.

Son destinataire appréciera la recommandation qui implique beaucoup de modestie et de simplicité. A moins qu'il ne s'agisse de lucidité. Elle se complète d'ailleurs par une vaillante promesse de fidélité éternelle. Car ce "ne m'oubliez pas" s'accompagne de ces serments : "moi, je ne vous oublierai jamais", et, "je garderai toujours le souvenir de nos premiers émois". Il est sympathique, décidément, le myosotis et, avec lui, ceux qui l'offrent. Et qui aiment, comme Balzac dans Le Lis dans la vallée : "Les bleuets, les myosotis, toutes les fleurs bleues dont les nuances, prises dans le ciel se marient si bien avec le blanc".

Cette fleur très ancienne, peinte sur les murs des villas de Pompéi, doit sans doute son nom aux petits poils de ses feuilles : il signifie en grec "oreille de souris". Quant à son célèbre message, il lui vient d'une légende allemande. Un jeune homme à qui sa fiancée avait demandé de repêcher son bouquet tombé dans les eaux tumultueuses du Rhin, s'approcha tout au bord de la rive, réussit à le saisir, le lui lança. Et tomba à l'eau. Il cria : "ne m'oubliez pas !". Puis disparut dans les flots. Parions qu'elle n'était pas près de l'oublier."


Mot-clef : "Ne m'oubliez pas"

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Contes et légendes :


Dans la collection de contes et légendes du monde entier collectés par les éditions Gründ, il y a un volume consacré exclusivement aux fleurs qui s'intitule en français Les plus belles légendes de fleurs (1992 tant pour l'édition originale que pour l'édition française). Le texte original est de Vratislav St'ovicek et l'adaptation française de Dagmar Doppia. L'ouvrage est conçu comme une réunion de fleurs qui se racontent les unes après les autres leur histoire ; le Myosotis raconte la sienne dans un conte venu de la Slovaquie et intitulé "La jeune fille à la chevelure bleue" :








Littérature :


Le Myosotis


Ayant perdu toute mémoire

Un myosotis s’ennuyait

Voulait-il conter une histoire ?

Dès le début, il l’oubliait.

Pas de passé, pas d’avenir,

Myosotis sans souvenir.


Robert Desnos, "Le Myosotis" in Chantefables et Chantefleurs, 1952.

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