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  • Anne

La Mycène


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Autres noms : Mycena ; Bonnet d'elfe.




Mycologie :


Découvrez la fiche extraite du site : http://www.mycodb.fr/ qui permet d'en savoir davantage sur ce petit champignon rigolo.

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Symbolisme :


Le symbolisme de ce champignon est intrinsèquement lié à son nom vernaculaire en langue anglaise : le Bonnet d'elfe (Slender Elf Cap), lui-même lié à la forme spécifique de son chapeau.

Dans Les Fées (édition originale, 1978 ; traduction française Albin Michel, 1979) de Brian Froud et Alan Lee, on apprend que :


"Beaucoup de récits et de chants populaires associent le petit peuple des collines aux champignons, dont la soudaine apparition et la croissance rapide ont toujours semblé étranges aux humains, qui leur ont donc attribué une cause surnaturelle."

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L'homonymie avec la ville antique est toujours intéressante dans le domaine de l'imaginaire : Mycènes a été fondée par Persée selon la mythologie grecque et est la ville natale d'Agamemnon. D'ailleurs, on trouve sur Wikipedia la mention suivante :

Persée "part fonder une nouvelle ville, qu'il baptise « Mycènes » soit en allusion au pommeau de son épée, soit en allusion au champignon qu'il trouve sur place"?

Cette affirmation est aussitôt démentie par la note suivante : "De μὐκης / múkês, le champignon, puis toute excroissance en forme de champignon. Cette étymologie populaire ne repose sur rien, cf. Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck, 1999 (édition mise à jour), 1447 p. (ISBN 978-2-25203-277-0) à l'article Μυκῆναι.".

Nous savons néanmoins qu'en matière de symbolisme et à fortiori lorsqu'il concerne le petit peuple, il nous semble plus raisonnable de suivre la piste populaire que la piste sorbonnarde ! Et au risque paraître farfelue, je note avec amusement que Mycènes est réputée pour ses célèbres tombes à tholos, dont la forme en coupole laisse songeuse...

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Mythologie :


A propos de la fondation de Mycènes, on peut lire la version qu'en propose Pausanias dans son ouvrage intitulé Description de la Grèce (Livre II : Corinthie, chapitre XVI, disponible sur le site http://remacle.org/) :


[...] Acrisius ayant appris dans la suite que Persée était vivant et s'était distingué par ses actions, se retira à Larisse, sur les bords du fleuve Pénée. Mais Persée voulant absolument voir celui a qui sa mère devait le jour, et acquérir son amitié, soit par des paroles prévenantes, soit par ses procédés, alla le chercher à Larisse. Persée, alors à la fleur de l'âge, se plaisait à faire connaître à tout le monde le disque qu'il venait d'inventer. Un jour qu'il s'y exerçait, Acrisius se trouva conduit, par la fatalité, à la portée du disque, qui l'atteignit et le tua. Ainsi fut accomplie la prédiction des dieux, et toutes les inventions d'Acrisius contre sa fille et contre son petit-fils, ne changèrent rien à l'ordre des destins. De retour à Argos, Persée ne pouvant supporter les discours qu'on tenait sur ce meurtre, engagea Mégapenthès, fils de Prœtus, à faire un échange; il lui céda donc Argos, et alla dans ses états où il fonda Mycènes, qu'il nomma ainsi, parce que la poignée de son épée étant tombée en cet endroit, cela lui parut un présage pour y fonder une ville. D'autres disent que, pressé par la soif, il conçut l'idée d'arracher un champignon (Mucès); l'eau étant sortie de terre en abondance, il se désaltéra avec plaisir et donna le nom de Mycènes à ce canton. Homère, cependant, parle dans ses vers d'une femme nommée Mycènes. Tyro, Alcmène et la belle Mycènes. On lit dans le poème connu des Grecs sous le nom de Megalai Eoiai, qu'elle était fille d'Inachus et femme d'Arestor, et c'est d'elle dit-on, que cette ville a pris son nom. Quant à ceux qui prétendent avoir entendu dire que Mycénéus était fils de Sparton, et Sparton de Phoronée, leur opinion est d'autant moins admissible, qu'elle est rejetée par les Lacédémoniens eux-mêmes : ceux-ci montrent bien à Amycles, la statue d'une femme nommée Sparte; mais ils seraient fort surpris si on leur parlait seulement de Sparton, fils de Phoronée.

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Joaquim Poirier Antunes auteur d'une thèse intitulée Mycothérapie : de son usage traditionnel à ses perspectives d’utilisation en pharmacie. (Sciences pharmaceutiques. 2019) :


Dans la mythologie de la Grèce Antique (900 avant J.-C. – 400 avant J.-C.) on raconte que le héros Persée, fils de Zeus était fatigué de sa longue journée. Il s'arrêta à la source d'un ruisseau où il ramassa au sol un champignon du genre Mycena. Il se fit un godet du chapeau pour pouvoir boire l'eau du ruisseau et il décida d'appeler cet endroit prospère à la vie « Mycènes ». Depuis, les champignons symbolisent la magie, la divinité et l'immortalité car ils surgissent de nulle part, du sol ou de l'écorce des arbres. Pour les populations superstitieuses, les champignons semblent doués de pouvoirs surnaturels en leur permettant de se nourrir, de se soigner, d’allumer du feu mais aussi de s’empoisonner. Les champignons représentent la main des Dieux, en étant une source inépuisable de nourriture en période de famine, ou à l’inverse un fruit toxique représentant leur colère divine.

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Littérature :


Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque une association étonnante avec la Mycène :

24 août

(Fontaine-la-Verte)


Une bouse de vache nourrit deux champignons - un marasme et une mycène. Le premier pousse à travers le chapeau de la seconde. Il l'a transpercée. En semant ses spores noires, il photocopie la rosace de ses lamelles sur le crâne qu'il perfore.

Couple absurde ! J'y vois une figure astrologique inédite, un mutant de catastrophe nucléaire, ou encore l'image de la fusion primordiale des sexes dans le système platonicien. A la suite de quoi, je rigole. En vérité, c'est Sade : les deux pieds dans la merde, la victime supporte son tortionnaire qui l'arrose de semence.

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