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  • Anne

La Vesse de loup





Étymologie :

  • VESSE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. 1410-20 vesse « vent qui sort du corps sans bruit » (Miracle Ste Geneviève, éd. C. Sennewaldt, 2556) ; 2. 1847 avoir la vesse « avoir peur » (Dict. arg., p. 219). Déverbal de l'anc. verbe vessir (vesser*). Sens 2 p. allus. aux effets carminatifs de l'effroi.

  • VESSE(-)DE(-)LOUP,(VESSE DE LOUP, VESSE-DE-LOUP), subst. fém.

Synon. pop. de lycoperdon. Une poussière de vesse-de-loup à l'automne (La Varende, Homme aux gants, 1943, p. 211). Nous frappions du pied les « vesses de loup », qui en éclatant lâchaient une immonde poussière (Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p. 79).

Prononc. et Orth .: [vεzdəlu]. Att. ds Ac. 1694-1798. Étymol. et Hist. 1530 (Palsgr., p. 289). Comp. de vesse* et de loup*.


Autres noms : Lycoperdon perlatum ; Lycoperdon perlé ; Pet de loup ; Pet-de-lutin ; Pétarelle (Forez) ; Pet-d'nonne ; Vêne-de-loup (Normandie) ; Béchine (Velay) . Boutriol (Bourbonnais) ; Nombril de bébé ; Pain-du-diable ; Nombril-de-grenouille, Fantôme-de-terre ou cadavre (Dakota).

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Mycologie :


Lire la fiche descriptive tirée du site L'Atlas des champignons.

D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :


"La vesse-de-loup est un champignon tout rond, recouvert de tous petits picots. L'intérieur est blanc et un peu spongieux. Quand le champignon vieillit, sa peau devient fragile et de couleur marron. L'intérieur se ramollit, puis se transforme en une poudre très fine. Dès que la vesse-de-loup est mûre, sa peau se fend et la poudre qui s'échappe ressemble à une fumée grise un peu lourde, comme un pet silencieux. Le mot vesse, en français, signifie un pet qui ne fait pas de bruit.


Pourquoi fait-elle ça ? La poudre grise qui s'échappe de la vesse-de-loup est formée de millions de spores minuscules. Ce sont les graines du champignon, si légères que le vent les emporte au loin.


Comestible au début : La vesse-de-loup est un champignon comestible quand elle est jeune, bien blanche et dodue, et que sa chair est ferme. On la coupe et on la fait cuire à la poêle avec de l'huile d'olive, du sel et un peu d'ail. Un vrai délice.


Record du monde : La vesse-de-loup est le plus gros champignon connu. Un spécimen de vingt-deux kilos, mesurant deux mètres soixante de circonférence, a été trouvé dans un jardin de Montréal, au Canada."

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D'après Jean-Baptiste de Panafieu, auteur de Champignons (collection Terra curiosa, Éditions Plume de carottes, 2013), "Les vesses-de-loup sont consommées dans de nombreux pays, mais à petite échelle. Au Mexique, on en trouve sur les marchés.


Poussière de spores : Contrairement à la plupart des champignons, les diverses espèces de vesses-de-loup ne portent ni lames, ni tubes, ni aiguillons. Leurs spores ne se développent pas à l'extérieur mais à l'intérieur même du champignon. Sa chair d'abord blanche se transforme en une poudre brune constituée de milliards de spores. A maturité, la cuticule externe devient sèche comme du carton. Elle se rompt à son sommet, et au moindre choc, le champignon émet à l'extérieur un nuage de spores. cette caractéristique est d'ailleurs à l'origine du nom du champignon puisque vesse-de-loup, comme Lycoperdon, signifie "pet-de-loup" (du latin vissire, péter sans bruit). En anglais, on le surnomme puckfist, pet-de-lutin ! La chair du champignon est comestible tant qu'il est jeune, mais devient immangeable lorsqu'elle jaunit puis brunit. C'est pour cela que les vesses-de-loup étaient parfois considérées comme des champignons malfaisants "dont on ne fait pas conséquent aucun usage à l'intérieur ni à titre d'aliment, ni à titre de remède". en réalité, elles étaient consommées un peu partout, même si on mettait en garde les enfants contre les dangers des spores qu'elles émettent : "La vesse-de-loup, ou lycoperdon, produit une inflammation à l’œil, si la poussière en est protée à cette partie ; ce qui n'est que trop souvent arrivé par un badinage imprudent." Mais c'est bien parce que cette poussière est dangereuse pour les yeux et les poumons que certains Indiens d'Amérique du Nord l'utilisaient dans les combats, pour tenter d'aveugle leurs ennemis !


Talc, cataplasmes et feux d'artifice : Les spores des vesses-de-loup étaient surtout utiles en médecine. Ainsi, d'autres Amérindiens, les Kwakiutl, mélangeaient les spores de vesses-de-loup à des toiles d'araignées pour confectionner des compresses en cas de blessure. Ils en faisaient aussi des cataplasmes pour les plaies, les œdèmes ou les maux d'oreille. D'autres s'en servaient comme talc pour les bébés. En Europe, on utilisait surtout le champignon entier, séché et réduit en poudre, qui était réputé "dessécher les ulcères purulents et arrête les hémorragies". Cet usage est attesté depuis au moins 2 000 ans, d'après les vestiges trouvés sur le site archéologique de Vindolanda, en Angleterre. Dans les campagnes, un collier de vesses-de-loup était souvent mis à sécher près du feu, en guise de pharmacie d'urgence. En Allemagne, les barbiers et les chirurgiens s'en servaient pour éponger les petites coupures. Les vesses-de-loup jouaient ainsi le même rôle que l'amadouvier. D'ailleurs, trempées dans de l'eau enrichie en poudre à canon, puis séchées, elles fournissaient un amadou comparable à celui de ce champignon. Réduites en poudre, elles permettaient de fabriquer de petits feux d'artifice, par exemple " dans les torches creuses des furies destinées à représenter sur le théâtre l'enfer en miniature, et à désennuyer les Parisiens en leur faisant peur".


Nombrils : Les Indiens du Dakota les nommaient "nombril de bébé" parce qu'ils s'en servaient pour cicatriser le nombril à la naissance. Les Indiens du Nord-ouest américain les appelaient pain-du-diable, nombril-de-grenouille, fantôme-de-terre ou cadavre. Ils ne les consommaient pas mais en donnaient à leurs esclaves en temps de famine...

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Symbolisme celte :


Selon L'Oracle druidique des plantes : Travailler avec la flore magique de la tradition druidique (Éditions Véga, 2008) de Philip et Stephanie Carr-Gomm, les mots-clefs qui définissent ce champignon sont :


En "position droite : Mystère - Apaisement de la douleur - Connexion interne

En position inversée : Illusion - Faux-semblant - Inflation.


La famille des vesses-de-loup englobe les champignons les plus grands connus. Ils poussent dans toutes les régions tempérées du monde, à l'exception de l'Amérique du Sud. La vesse-de-loup géante (Lycoperdon giganteum) peut atteindre 1 mètre de diamètre et un poids de 18 kg. Tous les membres de cette famille, y compris la vesse-de-loup perlée (Lycoperdon perlatum) représentée ici, ont une chair blanche ferme lorsqu'ils sont jeunes. La plupart sont comestibles. La cuticule externe s'assombrit progressivement. A la maturité la chair sèche et se transforme en une masse poudreuse de spores brunes, libérées par l'éclatement de la cuticule.


La carte montre deux vesses-de-loup perlées comestibles, une troisième étant sur le point de libérer ses spores - prête à être ramassée en vue d'un usage médicinal. A côté pousse une ficaire, près de laquelle se tient une grenouille. Derrière un arbre, on distingue une amanite tue-mouches hallucinogène et vénéneuse.


Sens en position droite. Les champignons sont mystérieux : ils poussent dans l'obscurité et se nourrissent de la matière putréfiée. Tirer cette carte signale qu'une chose particulière, que vous ne comprenez pas tout-à-fait, arrive ou est sur le point d'arriver. Les champignons sont des symboles des Mystères intérieurs : ils forment de vastes réseaux en dessous du sol, poussent dans l'obscurité et transforment alchimiquement la matière morte en vie nouvelle. Comme les Mystères ils ont des gardiens qui barrent la route à ceux qui n'en sont pas dignes, mais approchés avec révérence, ils montrent leur monde. Vous lier d'amitié avec les champignons vous confère l'accès à un plan plus profond des mystères terrestres et, selon certains, au monde des fées. Cet accès est accompagné de la guérison de toute sensation de blessure et d'un sentiment de connexion au réseau de l'ensemble de l'existence.


Sens en position inversée. Le mystère pour le mystère est un jeu dangereux. Tout le monde désire être remarqué et admiré. Certains ont appris à y parvenir en agissant comme s'ils connaissaient des secrets. Le choix de cette carte dit que vous tentez de mener quelqu'un en bateau en prétendant avoir plus que vous ne savez réellement. Cette fausse image peut être motivée par un sentiment d'imperfection ou émerger inconsciemment.

Les champignons peuvent connecter avec le fonctionnement de la Terre et du monde des esprits, mais aussi conduire dans des royaumes d'illusion et d'hallucination. la quête spirituelle est riche en épreuves et en défis. Cette carte présente l'un des plus répandus. Certains enseignements New-Age et occultes mettent un tel accent sur les pouvoirs psychique que l'individu risque de se laisser facilement abuser ou séduire par l'idée de posséder ce genre de facultés. Sur la voie spirituelle, la modestie et le discernement sont absolument nécessaires.

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La Tabatière du diable


Plusieurs bovistes noircissantes (Bovista nigrescens) plus petites, datant de 5000 av. J.C. ont été découvertes sur le site néolithique de Skara Brae dans les îles Orcades. Elles ont servi probablement de nourriture, mais certains archéologues pensent qu'elles étaient appréciées pour leurs propriétés médicinales. Le champignon, astringent et hémostatique, convient pour désinfecter les blessures et faire coaguler le sang. Lorsque sa chair ressemble à de la ouate, il servait probablement d'éponge. Quand les spores sèches étaient parsemées sur une blessure, elles arrêtaient le saignement et favorisaient la cicatrisation.

La vesse-de-loup a été appelée "la tabatière du diable". Ses spores placées dans les narines étaient censées stopper les saignements du nez. Au fil des siècles, priser la vesse-de-loup était devenu davantage un loisir d'adolescents, alors que jadis les propriétés médicinales de ce champignon était hautement appréciées. L'utilisation de ses spores pour cicatriser les blessures est trouvée autant à Bornéo et au Sri Lanka qu'en Écosse et en Grande-Bretagne, où les forgerons gardaient une vesse-de-loup sèche dans leur atelier pour soigner les blessures.

En Écosse, les vesse-de-loup servaient au transport du feu : un spécimen bien séché maintenait un charbon incandescent pendant qu'il était porté d'un âtre à un autre. Les Écossais éloignaient les abeilles des ruches avec des vesses-de-loup fumantes.

Dans les années 1950, plusieurs écrivains - dont Robert Graves - avaient suggéré que les druides étaient les gardiens d'un culte prônant l'ingestion de champignons hallucinogènes, théorie qui a eu la faveur de la contre-culture des années 1960. L'amanite tue-mouches a été le plus souvent associée aux druides, mais sa toxicité et son contenu hallucinogène extrêmement variable en font une candidate peu vraisemblable. le psilocybe fer de lance est moins toxique et son contenu psychotrope plus notable, mais aucune preuve de son utilisation par les druides n'existe.

Le fait que des vesses-de-loup ont été trouvées sur les sites néolithiques, ainsi que la tradition de leurs usages médicinaux et alimentaire, en fait des candidates bien plus probables."

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