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  • Anne

Les Herbes de féerie





Symbolisme :


Evaine Le Calvé Ivičević dans un article intitulé "Petite contrainte deviendra grande (pourvu que la traduction s' en mêle)." paru dans : Entre jeu et contrainte : pratiques et expériences oulipiennes, 29-31 en 2015 propose une traduction d'un extrait du roman encyclopédique Vilikon de Jasna Horvat :


Les herbes de féerie sont celles dont les fées se nourrissent ou qu'elles utilisent pour leurs onguents. Les fées se nourrissent de sylvies (13), plante commune dans les forêts de chênes, frênes, charmes, hêtres et conifères. Ses graines duveteuses sont très délicates et la moindre brise les disperse. Aussi est-elle sensible à chaque souffle du vent ou des fées. Mal en prend à qui entend faire son repas d'une sylvie, nourriture des fées. Elle irrite la peau et donne des pustules. Les fées sont d'habiles guérisseuses et délivrent quiconque leur est aimable. Leurs remèdes contiennent maintes herbes du Royaume de Croatie. Ce sont des plantes aux fleurs jaunes et bleues sur lesquelles les fées ont laissé leur marque - ail à toupet, herbe aux massues, goutte-de-lin, baromètre du berger et herbe aux sorcières [circée de Paris]. Qu'elles soignent une malade par leurs fameuses plantes féeriques, elles lui rendront sa santé et lui accorderont des couches faciles. Les plantes des fées ruinent les projets sournois et affilent les armes des héros. Mais qui ne jouit pas de la bienveillance des fées peut au contact de leurs plantes être pris de démence, déraisonner et divaguer.


13) : (anemone nemorosa, lat.), autres désignations : bassinet blanc, pâquette, tourne-midi, casse-verres, senic, anémone des bois. Son nom le plus usité, anémone, est composé de deux mots : du grec anemos (vent - car elle s'incline sous son souffle), et du latin nemorus (des bois). Ses feuilles et ses fleurs contiennent de l'anémonine, substance très active dans les parties vivantes de cette plante, et qui provoque des troubles du système nerveux central.

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