top of page

Blog

Le Druide

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 27 janv.
  • 18 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 mars




Étymologie :


Étymol. et Hist. I. 1213 druide (Fet des Romains, éd. L.-F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, t. 1, p. 221, 27). II. 1727 druidesse (Dom Martin, Relig. des Gaulois, I, p. 91 ds DG). I empr. au lat. class. druida d'orig. gaul. (cf. irl. drui « sorcier » IEW, p. 215) rapproché d'apr. un passage de Pline (24, 103 ds TLL s.v., 2070, 67) du gr. δ ρ υ ̃ ς « chêne » en raison des pratiques religieuses de ces prêtres (Bl.-W.5) ; v. aussi Dottin, p. 252 et 253 et Dottin Manuel, p. 363 ou de druvids « très savant » composé d'un préf. intensif dru (v. Dottin, p. 252) et de l'irl. sui de suvids « sage » (Thurneysen d'apr. Dottin Manuel, p. 363 et Holder). II dér. de I avec suff. -esse*


Lire également la définition du nom druide afin d'amorcer la réflexion symbolique.

*

*




Histoire antique :


Dans le Bulletin des Amis des Etudes Celtiques (n°81, mai 2022) Mathieu Halford auteur d'un article intitulé "Les homologies entre druides et brahmanes dans les sociétés celtes et indiennes" synthétise toutes les données qui permettent de comparer les druides et les brahmanes :


Jean Louis Cadoux, auteur de "Insaisissables druides : du crâne de la forêt d’Halatte (Ier s. après J.-C.) au poème de Jean Le Fèvre de Dreux (1532)." (In : Revue archéologique de Picardie, 2009. Hommage à Marc Durand. pp. 33-44) racontent les étapes qui conduisent à l'éradication des druides :


"Extrêmement puissants et membres de la plus haute aristocratie si l’on en croit César (et pourtant on ne les voit jamais apparaître nommément dans le récit de la guerre), les druides sont méthodiquement combattus par l’Etat romain dès que se développe la romanisation des élites gauloises sous Auguste. Suétone (Vie de Claude, 25), sans donner de date précise, dit qu’Auguste interdit druidarum religionem… et tantum civibus, « aux seuls citoyens (romains) » : attaque indirecte, bien dans le style d’Auguste, qui vise seulement à détourner des avantages déclinants de la position de druide les notables gaulois de plus en plus attirés par les avantages bien réels de la citoyenneté romaine. Pline l’Ancien (Nat. Hist., XXX, 13) nous dit qu’un sénatus-consulte, sous Tibère, c’est-à-dire entre 14 et 37 « s’en prit (sustulit) aux druides et aux devins et guérisseurs de la même espèce ». La nature précise des mesures adoptées n’est pas dite ; le ton méprisant de Pline (hoc genus vatum medicorumque) peut signifier qu’il sait, lui qui paraît bien informé, que la position sociale des druides était déjà bien dégradée à l’époque. Toujours selon le passage de Suétone cité plus haut, c’est l’empereur Claude qui « abolit radicalement (penitus abolevit) la religion des druides » : une décision souvent interprétée comme une mesure de précaution stratégique quand commence, à partir de 43, la conquête de la Grande-Bretagne. Il s’agissait d’empêcher toute collusion entre les druides du Continent, qui auraient donc gardé une certaine influence sur la population, et leurs homologues toujours puissants outre-Manche. Là aussi, nous ignorons la nature exacte des mesures prises ; mais si l’on songe à l’anecdote, rapportée par Pline (Nat. Hist., XXIX, 52), du chevalier gallo-romain condamné à mort pour s’être présenté devant Claude avec sur lui, caché sous ses vêtements, un talisman druidique (le fameux « œuf de serpent » - fossile d’oursin ou perle de verre ?- qui fait gagner les procès et permet de persuader les monarques), on s’aperçoit que la répression était à prendre au sérieux. Cette répression a-t-elle été efficace ? Question importante pour l’interprétation du crâne de la forêt d’Halatte, puisque nous entrons dans la fourchette chronologique de la fondation du sanctuaire… Le principal témoignage historique concernant les druides dans la seconde moitié du 1er siècle est celui de Tacite, Hist., IV, 54, qui attribue expressément à ces derniers (il en restait donc) l’exploitation de l’incendie du Capitole pendant la guerre civile en décembre 68, comme un présage de la chute de Rome et un encouragement à la révolte des Gaules : « Cet incendie fatal était un signe de la colère céleste… Telles étaient les prophéties que dans leur vaine superstition débitaient les druides – superstitione vana Druidae canebant ». Par la suite, aux IIe et IIIe siècles, le titre de druide (et de druidesse) sera usurpé par des diseuses de bonne aventure et des guérisseurs ambulants, comme on le voit en divers passages de l’Histoire Auguste : plus rien de commun avec ces éminents aristocrates qui monopolisaient l’enseignement et la justice dans la Gaule d’avant la Conquête.

[...]

Les druides apparaissent pour la dernière fois dans la littérature antique chez Ausone, grammairien et rhéteur (traduisons : « homme de lettres et avocat ») né à Bordeaux en 309/310, précepteur du futur empereur Gratien, consul en 379, et mort dans la foi chrétienne vers 395. Dans un de ses poèmes, la Commemoratio professorum Burdigalensium, il fait l’éloge de deux professeurs bordelais ; l’un, Patera, est dit « descendant de la souche des druides de Bayeux » (Tu Baiocassi stirpe Druidarum satus, IV, vers 7-9), l’autre, Phoebicius, est dit « gardien de temple de Bélénus [et] descendant de la souche des Druides d’Armorique » (Beleni aeditus / Stirpe satus Druidum/ Gentis Aremoricae, IV, vers 22 sqq). Un souvenir épuré des druides existe encore dans ce milieu lettré chrétien de la fin de l’Antiquité : Ausone parle comme d’une sorte de titre de noblesse de cette supposée descendance attribuée à des rhéteurs qui étaient, selon toute apparence, des païens convertis. Dans l’aristocratie qui gravite autour de l’empereur chrétien, les druides évoquent encore des souvenirs : on sait qu’ils ont disparu depuis longtemps ; leur mémoire reste honorée ; on ne voit plus en eux des prêtres dénoncés comme sanguinaires et ennemis de l’état ; on ne les confond pas avec ces guérisseurs et devineresses qui se disaient « druides » au IIIe siècle ; on retient d’eux qu’ils étaient des lettrés dont d’autres lettrés revendiquent l’héritage."

*




L'Assemblée des Druides :


Emmanuel Arbabe, dans sa thèse de doctorat intitulée Du peuple à la cité : vie politique et institutions en Gaule chevelue depuis l'indépendance jusqu'à la fin des Julio-Claudiens, (Université Panthéon-Sorbonne, 2013) étudie cette assemblée si particulière :


" L’assemblée des druides. Reste l’assemblée, si particulière, des druides. Sa principale attribution, d’après ce que nous en rapporte César, devait être de régler les différends entre les peuples gaulois :


« Nam fere de omnibus controuersiis publicis priuatisque constituunt et, si quod est admissum facinus, si caedes facta, si de hereditate, de finibus controuersia est, idem decernunt, praemia poenasque constituunt ; si qui aut priuatus aut populus eorum decreto non stetit, sacrificiis interdicunt. Haec poena apud eos est grauissima. Quibus ita est interdictum, hi numero impiorum ac sceleratorum habentur, his omnes decedunt, aditum sermonemque defugiunt, ne quid ex contagione incommodi accipiant, neque iis petentibus ius redditur neque honos ullus communicatur. His autem omnibus druidibus praeest unus, qui summam inter eos habet auctoritatem. Hoc mortuo aut, si sunt plures pares, suffragio druidum, non numquam etiam armis de principatu contendunt. Hi certo anni tempore in finibus Carnutum, quae regio totius Galliae media habetur, considunt in loco consecrato. Huc omnes undique qui controuersias habent conueniunt eorumque decretis iudiciisque parent. » (BG, VI, 14, 5-10).

« Ce sont les druides, en effet, qui tranchent presque tous les conflits entre Etats ou entre particuliers et, si quelque crime a été commis, s’il y a eu meurtre, si un différend s’est élevé à propos d’héritage ou de délimitation, ce sont eux qui jugent, qui fixent les satisfactions à recevoir ou à donner ; un particulier ou un peuple ne s’est-il pas conformé à leur décision, ils lui interdisent les sacrifices. C’est chez les Gaulois la peine la plus grave. Ceux qui ont été frappés de cette interdiction, on les met au nombre des impies et des criminels, on s’écarte d’eux, on fuit leur abord et leur entretien, craignant de leur contact impur quelque effet funeste ; ils ne sont pas admis à demander justice, ni à prendre leur part d’aucun honneur. Tous ces druides obéissent à un chef unique, qui jouit parmi eux d’une très grande autorité. A sa mort, si l’un d’entre eux se distingue par un mérite hors ligne, il lui succède : si plusieurs ont des titres égaux, le suffrage des druides, quelquefois les armes mêmes en décident. Chaque année, à date fixe, ils tiennent leurs assises en un lieu consacré, dans le pays des Carnutes, qui passe pour occuper le centre de la Gaule. Là, de toutes parts affluent ceux qui ont des différends, et ils se soumettent à leurs décisions et à leurs arrêts. »


Structure de type supraétatique, cette assemblée est un des points les plus énigmatiques et intrigants du corpus césarien, aucun autre auteur postérieur ou antérieur n’y faisant référence. Relevons dans un premier temps les termes de totius Galliae, qui nous renseignent sur le ressort de cette structure, soit la Gaule en son ensemble, et non la Gaule celtique seule. Cette assemblée tirait sa légitimité des dieux eux-mêmes (1), qui tranchaient les litiges dans un lieu consacré tout désigné pour recevoir la parole divine, par leurs interprètes humains, les druides, versés dans la science des augures et de la divination, de l’étude de la nature, du droit (2). On peut comprendre que cette assemblée remplissait une fonction de cour d’appel pour les individus et qu’elle était une sorte de tribunal international pour les peuples gaulois. Parce qu’elle émettait des décisions acceptées et respectées par tous, elle exonérait d’avoir recours à un concilium totius Galliae pour prendre position dans les multiples querelles interétatiques gauloises, lui réservant des interventions pour des problèmes plus universels nécessitant de facto une unanimité de la communauté gauloise. Chargée de régler les différends entre les peuples gaulois, elle avait donc, entre autres choses, une fonction pacificatrice puisque les litiges trouvaient à se résoudre par le droit plutôt que la force. Cela est d’ailleurs tout à fait en cohérence avec ce que Diodore nous apprend de l’activité des druides :


« ἀλλὰ καὶ κατὰ τοὺς πολέμους τούτοις μάλιστα πείθονται καὶ κατὰ τοὺς πολέμους τούτοις μάλιστα πείθονται καὶ τοῖς μελῳδοῦσι ποιηταῖς, οὐ μόνον οἱ φίλοι, ἀλλὰ καὶ οἱ πολέμιοι· πολλάκις γὰρ ἐν ταῖς παρατάξεσι πλησιαζόντων ἀλλήλοις τῶν στρατοπέδων καὶ τοῖς ξίφεσιν ἀνατεταμένοις καὶ ταῖς λόγχαις προβεβλημέναις, εἰς τὸ μέσον οὗτοι προελθόντες παύουσιν αὐτούς, ὣσπερ τινὰ θηρία κατεπάντες. οὓτω καὶ παρὰ τοῖς ἀγριωτάτοις βαρβάροις ὁ θυμὸς εἴκει τῇ σοφίᾳ καὶ ὁ Ἂρης αἰδεῖται τὰς Μούσας. »


Diodore, V, 31 (ed. E. H. Warmington) : « Non seulement en temps de paix mais surtout pendant les guerres, ils se laissent convaincre par les chants des poètes, non seulement les amis mais aussi les ennemis. Souvent dans les batailles rangées, alors que les troupes s’approchent l’une de l’autre, épées levées et lances jetées en avant, ces poètes se placent entre elles et les font cesser, comme on calme quelque fauve. Ainsi, même chez les Barbares les plus sauvages, la passion recule devant la sagesse et Arès respecte les Muses. » (traduction J.-L. Brunaux, in Goudineau (dir.) 2006, p. 210.

A l’évidence, entre les buts recherchés et les résultats obtenus, on ne peut ignorer qu’il pouvait demeurer une différence de taille, contrairement à ce qu’affirme Diodore. Il suffit de lire César pour s’apercevoir que les affrontements entre les peuples de Gaule existaient bel et bien (3), et donc que la capacité à imposer la négociation était loin d’être infaillible. Par ailleurs, il fallait que l’un des deux peuples au moins décide d’avoir recours à l’assemblée des druides, et le fait que l’assemblée ne fût pas une structure permanente se conciliait certainement mal avec la guerre qui avait des exigences immédiates



Notes : 1) La dimension religieuse du rassemblement est soulignée par César, VI, 13, 10 (ed. et trad. L.-A. Constans) : « Hi certo anni tempore in finibus Carnutum, quae regio totius Galliae media habetur, considunt in loco consecrato. » « Chaque année, à date fixe, ils tiennent leurs assises en un lieu consacré, dans le pays des Carnutes, qui passe pour occuper le centre de la Gaule. » Cf. également Brunaux 2006, p. 290-291.

2) BG, VI, 13-14 ; Strabon, Géogr., IV, 4, 4 (ed. et trad. F. Lasserre) : « Δρυΐδαι δὲ πρὸς τῇ φυσιολογιᾳ καὶ τὴν ἠθικὴν φιλοσοφίαν ἀκοῦσι· δικαιότατοι δὲ νομίζονται καὶ διὰ τοῦτο πιστεύονται τάς τε ἰδιωτικὰς κρίσεις καὶ τὰς κοινάς, ὥστε καὶ πολέμους διᾐτων πρότερον καὶ παρατάττεσθαι μέλλοντας ἔπαυον, τὰς δὲ φονικὰς δίκας μάλ στα τούτοις ἐπετέτραπτο δικάζειν. » « [...] les Druides, également versés dans les sciences de la nature, se consacrent à la partie morale de la philosophie. Ces derniers sont considérés comme les plus justes des hommes et on leur confie à ce titre, le soin de juger les différends privés et publics. Ils avaient même autrefois à arbitrer des guerres et pouvaient arrêter les combattants au moment où ceux-ci se préparaient à former les lignes de bataille, mais on leur confiait surtout le jugement des affaires de meurtre. » ; Diodore, V, 31 (ed. E. H. Warmington) : « χρῶνται δὲ καὶ μάντεσιν, ἀποδοχῆς μεγάλης ἀξιοῦντες αὐτούς· οὗτοι δὲ διά τε τῆς οἰωνοσκοπίας καὶ διὰ τῆς τῶν ἱερεί ν θυσίας τὰ μέλλοντα προλέγουσι, καὶ πᾶν τὸ πλῆθος ἒχουσιν ὑπήκοον [...] ἒθος δ' αὐτοῖς ἐστι μηδένα θυσίαν ποιεῖν ἂνευ φιλοσόφον· διὰ γὰρ τῶν ἐμπείρων τῆς θείας φύσεως ὡσπερεί τινων ὁμοφώνων τὰ χαριστήρια τοῖς θεοῖς φασι δεῖν προσφέρειν [...] » « Ils recourent également aux services de devins qu’ils tiennent en grande faveur. Ces derniers prédisent l’avenir d’après l’observation des oiseaux et par la mise à mort de victimes sacrificielles, c’est ainsi que toute la populace est soumise à leurs oracles. [...] L’usage chez eux est de ne procéder à aucun sacrifice sans la présence d’un philosophe. Ils disent, en effet, qu’il faut offrir des sacrifices d’action de grâce aux dieux par l’intermédiaire de ces hommes qui connaissent la nature divine et parlent, pour ainsi dire, la même langue que les dieux [...] » (traduction J.-L. Brunaux, in Goudineau (dir.) 2006, p. 210, modifiée), par le terme “philosophes” Diodore désigne les druids ; Pomponius Méla, III, 1, 18-20.

3) BG, VI, 15, 1 (ed. et trad. L.-A. Constans) : « Hi, cum est usus atque aliquod bellum incidit (quod fere ante Caesaris aduentum quotannis accidere solebat, uti aut ipsi iniurias inferrent aut inlatas propulsarent), omnes in bello uersantur [...] » « Ceux-ci [les chevaliers], quand il le faut, quand quelque guerre éclate (et avant l’arrivée de César cela arrivait à peu près chaque année, soit qu’ils prissent l’offensive, soit qu’ils eussent à se défendre), prenent tous part à la guerre [...] », il n’est pas précisé cependant que ces conflits aient opposés systématiquement les Gaulois entre eux ; I, 11, 1 : entre Hevètes et Eduens ; V, 27, 2 : entre Atuatuques et Eburons ; I, 30-31, VI, 12 : entre les factions gauloises.

*

*




Symbolisme :


Selon John Matthews, auteur de L'Oracle celtique, exploration des mondes intérieurs (Ixos Press, 2005 ; Guy Trédaniel Éditeur, 2006),


"La carte 9 est classée parmi les Énergétiseurs.


Description : Un bâton de bois noir surmonté d'une tête de cheval. De tous côtés, parmi les tourbillons d'énergie, des quadrupèdes, des oiseaux, des poissons fantastiques, accourent vers le bâton. Des langues de feu jaillissent où il touche la terre.


Clé : Magie.


Le Druide représente le pouvoir magique du monde celtique : le pouvoir de métamorphose, d'invisibilité, de célérité et d'illusion. C'est la carte fantasque du monde intérieur, agissant selon ses caprices inconnaissables. Ici, le Druide est représenté par son bâton ou sa baguette, qui a le pouvoir de métamorphose. Les formes esprits des animaux l'entourent, sont attirées par lui et émergent de lui.


Arrière-plan : Il y a presque autant de druides dans la tradition celtique que d'arbres dans la grande forêt. Parfois, ils sont appelés magiciens, parfois, sages, mais tous possèdent les qualités d'imprévisibilité, de pensée insondable et de manque de sens moral. Cela ne signifie pas qu'ils sont mauvais ou qu'ils sont incapables d'agir bien, mais simplement que leur comportement imprévisible en fait des compagnons pleins de surprise.

Gwydion, le plus fameux des Druides gallois, apparaît régulièrement sur la scène pour provoquer un changement (pas toujours en mieux) dans son sillage. C'est ce qui le rend sympathique - il est intelligent et astucieux, ce qui le rend à même de provoquer des événements passionnants. Dans l'histoire de "Math vab Mathonvy", tirée du Mabinogion, il joue un rôle dans la création de Blodeuwedd, la femme faite de fleurs, qui est la promise de Lew Llaw Gyffes. Dans la même histoire, il fomente une guerre entre les royaumes de Gwynedd et de Dyfed, pour que son frère Gilfaethwy puisse coucher avec Guewin, la vierge de Math. En châtiment pour cela Gwydion et Gilfaethwy sont changés en animaux par Math. Au bout de trois années, ils font retour à la forme humaine, et c'est alors que Gwydion assiste Math dans la création de Blodeuwedd.

Gwydion est certainement un personnage espiègle et si vous le choisissez (ou s'il vous choisit) comme compagnon ou énergétiseur pour votre voyage, vous devez vous méfier de son humour ! Il connaît les façons des animaux et toutes les entrées secrètes entre les mondes. Il ouvre en nous le pouvoir vif-argent de la magie, qui fait partie du monde perdu de l'enfant intérieur.


Voyage : Allez au bois entre les mondes et découvrez que vous avez emprunté la forme d'une biche ou d'un cerf. Entre les arbres, apparaît la silhouette de Gwydion, qui peut prendre la forme qui lui plaît. Il peut vous inviter à parcourir avec lui la grande forêt ou devenir lui-même un chasseur qui vous poursuit entre les arbres. D'une façon ou d'une autre, son intention est de vous conduire à l'endroit où vous désirez aller, ou, plus souvent, à l'endroit où vous avez besoin d'aller, bien que vous ne l'ayez pas réalisé."

*

*

Caitlin Matthews propose un jeu de cartes intitulé L'Oracle des Celtes (Watkins Publishing, 2011 ; Guy Trédaniel Éditeur, 2011) dans lequel une carte est consacrée au Druide :


"Le Druide appartient au Clan de la Sagesse. Le Clan de la Sagesse représente la sagesse, la vision et l'esprit, la connaissance des enseignements sacrés, la guérison, le pouvoir de la Connaissance et l'engagement indissoluble. C'est le gardien de la mémoire et de la sagesse du Clan. En tant qu'héritiers de sages ancêtres, nous gardons la mémoire et les rituels qui établissent le lien sacré, afin que ceux-ci puissent être transmis à nos descendants.


Position : Nord.

Emblème : Le bâton en bois de chêne.

Mot-clé : Sanctifier.


Deiseal (sens du soleil) : Accrochez-vous fermement à ce que vous croyez et les choses se clarifieront. La guidance que vous recherchez vient d'une source qui fait autorité. Il arrive parfois que vos croyances vous isolent et que vous ayez l'impression d'être un être à part. Trouvez votre famille spirituelle, ceux qui partagent vos idées, afin de vous engager plus précisément dans les vues profondes que vous entretenez.


Tuathal (sens contraire du soleil) : Sans doute ne traitez-vous pas la situation avec un respect suffisant. Quelqu'un peut être blessé ou perturbé par votre attitude. Ce qui n'a aucune importance pour vous peut être crucial pour l'autre, en fonction de ses croyances. Toutefois, si on profite de vous ou qu'on vous calomnie, veillez à laisser une distance suffisante entre vous et l'intéressé et fiez-vous à une personne en qui vous avez confiance.


Sagesse familiale : Je sanctifie tout ce qui réside à l'intérieur du cercle de vie par ma dévotion.


Le Druide maintient le lien sacré du clan avec les esprits de l'Autre Monde, par le biais de rituels et par l'observation des pouvoirs sacrés du monde de la nature sur lesquels il s'accroche. Il tient le bâton de commandement à l'aide duquel il parcourt les chemins des mondes de différentes couleurs. L'attention qu'il porte aux signes auspicieux de la terre et du climat lui permet de percevoir la sagesse et de la promulguer. Cathbad est le druide avisé qui sert à la cour du roi d'Ulster, Conchobor. Sa connaissance pénétrante des présages garantit à Cuchulainn de recevoir les armes d'un homme pour maintenir l'honneur d'Ulster, bien qu'il soit encore un garçon innocent. Cathbad est le druide qui, en entendant dans le hall des cris sortant de la matrice d'une femme enceinte, prédit bien avant sa naissance que la fille, Deirdriu, devra être éloignée, sa présence pouvant entraîner la mort de n'importe quel homme."

Kristoffer Hugues, dans Les secrets du tarot celtique (Llewellyn Publications, 2017 ; Éditions De Vinci, 2021) présente ainsi l'Arcane V :


"V. Le Druide


Par la flamme, la foi et les rites mystiques,

Je vous mènerai à la lumière de l'Awen.


Affirmation : Avant que Dieu fût, je suis.

Mots-clés : Croyance - Foi - Éducation.


JE PROCLAME TOUT CE QUI EST sacré, et je suis l'incarnation de la spiritualité et de la religion organisées. Voyez comme je me dresse, confiant de mon propre pouvoir, toujours avide de savoir et de développement de mes dons. J'impose le respect et, parfois, l'admiration. Je captive mes fidèles, qui sont séduits par ma posture et ma discipline tout en étant potentiellement intimidés.

Je représente la liturgie et une pratique rituelle que vous enviez en tant qu'humain, et pourtant, vous pourriez bien vous rebeller contre de tels standards et refuser de vous y conformer. Le chemin de l'admiration et du mépris est une épée à la lame tranchante. Vous pouvez glaner dans ma sagesse une partie des mystères qui démentent l'aspect ordinaire de la vie. Je suis humain, et pourtant, quelque chose en moi suggère que je possède un savoir plus grand. Je suis l'attrait du mystère et des secrets capturés dans l'incarnation d'un individu qui représente l'aspect organisationnel des institutions religieuses et éducatives.


Interprétation : Le Druide (le Hiérophante) représente le chemin entre la sagesse et la clémence - deux valeurs nécessaires à l'appréhension des mystères - et la volonté d'en faire bon usage pour le bien de l'humanité. Le consultant a besoin de chercher en lui ; même si l'avis des autres peut l'aider, les vraies réponses résident en lui.

Des problèmes liés à la spiritualité, à l'orthodoxie et à la religion bouillonnent peut-être sous la surface, peut-être concernent-ils la moralité et l'éthique. La particularité du Druide peut insinuer que certaines questions ne peuvent mener qu'à d'autres questions, pas nécessairement à des réponses directes.

Il sera peut-être également question d'éducation, d'études, et la présence du Druide et laisser entendre que le consultant nourrit l'envie d'élargir son éducation. Si cette lame apparaît, le consultant devra sûrement réexaminer la situation sur laquelle il s'interroge. Il aura besoin de conseils, et peut-être d'une réévaluation de la situation en prenant des décisions éclairées et en limitant les risques.

Inversée, la lame du Druide met en garde contre la crédulité ; ceux à qui vous demandez conseil ne sont pas forcément honnêtes. Mieux vaut vous méfier de ceux qui prétendent agit dans votre intérêt, en particulier si les raisons pour lesquelles ils vous aident ne sont pas claires. Cela peut signifier que vous avez cessé d'écouter votre Druide intérieur et êtes devenu trop dépendant du rôle de médiateur des autres."

*

*

Dans L'Oracle de la sagesse gauloise (Éditions Le Courrier du Livre, 2021) Caroline Duban et Lawrence Rasson propose une carte spécialement dédiée au Druide :


"Druide

« Le connaisseur de l'Arbre »


Druide est en réalité composé de deux mots qui en forment un nouveau. En effet, la racine renvoie à *dru-yid, de *dru, « l'arbre, le chêne » et de *yeid, « savoir ». Le druide est donc celui qui la connaissance de l'Arbre, au sens Arbre-monde ou Arbre de Vie. Il fait référence à l'arbre cosmique qui soutient les mondes supérieur, médian et inférieur. Cette projection est notamment avérée chez les Scandinaves avec Yggdrasil. Il semble que les Celtes empruntèrent ce thème à l'iconographie orientale à partir du Ve siècle av. J.-C., sous la forme d'une palmette portant symétriquement des motifs animaliers (serpents, béliers, griffons, dragons...). On a retrouvé des représentations personnifiées de l'Arbre-Monde, où la palmette devient un visage masculin, souvent inversé, et flanqué de la double feuille de gui, de bouquetins ou de cerfs. L'Arbre-Monde aurait donc une essence masculine divine, et renfermerait les secrets dont les druides devaient être instruits pour exercer leur sacerdoce.


D'après César, ce sont eux qui présidaient aux sacrifices, maintenaient les règles des pratiques religieuses, instruisaient les jeunes et jugeaient les conflits entre États ou entre particuliers. Leur science était gardée oralement par l'élite intellectuelle qui refusait catégoriquement « de confier à l'écriture la matière de leur enseignement » (Guerre des Gaules, VI, 14), contrairement aux comptes publics et privés qui usaient des alphabets étrusques, grecs et romains. César précise que deux raisons étaient avancées qui expliquent le choix de l'oralité « ils ne veulent pas que leur doctrine soit divulguée, ni que [...] leurs élèves, se fiant à l'écriture, négligent leur mémoire. »

La principale valeur véhiculée dans leur sagesse serait la croyance en la réincarnation.

Strabon donne plus de détails sur cette classe aristocrate et intellectuelle. Elle se diviserait entre les bardes (poètes), les ovates (chargés des sacrifices et de la divination) et les druides (les théologiens et les philosophes qui interprétaient les signes de la nature et enseignaient la philosophie morale). Le seul nom qui nous soit historiquement parvenu est celui du druide Diviciacos, de la tribu des Eduens, et que Cicéron avait rencontré à Rome entre 65 et 60 av. J.-C. L'archéologue ne permet pas de confirmer catégoriquement l'identification de tels notables, même si certaines sépultures semblent appartenir à des druides.


Interprétation : Le druide apporte la sagesse des mystères. Dans les recoins de sa mémoire, il garde protégés les plus grands secrets de la vie et de la mort, ne les révélant qu'à quelques disciples. Il symbolise le recueillement, la patience, la persévérance et la paix intérieure. Il invite à aller chercher dans les tréfonds de l'âme les connaissances ancestrales, multidimensionnelles et divines. Il est le sage absolu, l'intercesseur entre les mondes et le gardien des portes qui y mènent. Il souffle à votre oreille pour vous convier à cette grande assemblée silencieuse, et à observer les sensations dans votre corps, les signaux qui vous conduisent vers des solutions, vers l'inspiration, vers l'illumination. Il est temps d'arrêter de courir plusieurs lièvres à la fois, et de vous concentrer sur l'essentiel en vous recentrant. Écoutez-vous. Que ressentez-vous ? Dans cette grande vague, si vous cherchez à nager à contre-courant, vous ne ferez que vous épuiser, au risque de vous noyer. N'est-il pas plus simple de fermer les yeux, de faire confiance au mouvement naturel et de vous laisser porter en faisant la planche ? Vous seriez surpris de découvrir les nouveaux rivages sur lesquels vous échouerez. Ils seront pour vous promesse de nouveauté, de curiosité et de sérénité. Il est évident que ce qui vous retient maintenant ne vous convient pas, ou plus. L'Arbre-Monde est gigantesque, et pour les novices, il est facile de se perdre dans ce dédale de branches et de feuillage. Mais si vous écoutez le vent s'engouffrer entre ceux-ci, si vous observez les créatures qui parcourent son écorce, si vous ressentez le flux et le reflux de la sève vitale, vous trouverez la bonne route à prendre. Aucune décision ne peut se prendre dans la hâte ni dans la panique. Prenez ce temps d'introspection, il ne sera pas vain ni perdu."

*

*

Dans L'Oracle de Merlin (Éditions Secret d'étoiles, 2023) Magali et Sara Mottet explorent la mythologie celtique :


"Le Vert des mousses et des fougères - La Terre


Le Légendaire : les Druides formaient une caste celtique majeure. Ils avaient un clan, la base de la société d'alors. Le Druide assumait le pouvoir religieux, politique et judiciaire. il excellait dans les arts divinatoires, les prophéties, l'astrologie et la science des herbes guérisseuses.


La symbolique : en s'éloignant de quelques images un peu trop romantiques, on peut voir dans le druide le symbole d'un être savant, soit, mais surtout inspiré. Il est le protecteur des rites sacrés, des fêtes calendaires, des cycles saisonniers et de la terre-mère.


La force : elle se cache au profond de l'humus, là où les dieux et les génies activent les courants, vitaux, les énergies végétales. Elle est aussi la force des éléments implacables, la protection des brumes et des brouillards. C'est la carte du guérisseur, de l'homme-maître.


L'animal : le roitelet. Son nom irlandais est drui, qui signifie « druide ». Ce petit oiseau est associé à la classe sacerdotale, il volète au-dessus des chênes du nemeton et parle le langage des dieux.


L'entrave : une forme de dispersion, de fuite en avant. Trop vouloir apprendre, aider, comprendre, peut faire que l'on s'oublie soi-même et sa propre quête.


La plante : toutes les plantes solsticiales, c'est-à-dire le millepertuis, la sauge, l'armoise, la joubarbe, la verveine, le lierre terrestre. Elles emmagasinent l'énergie solaire à son point culminant et la redistribuent en vertus curatives. La force des plantes et des herbes unies à ces nuits de solstice en font de merveilleuses alliées.


Le chemin : les influences sélénites et telluriques doivent être suivies, les cueillettes magiques seront guérisseuses. La voie des soins à la terre et aux êtres vivants s'ouvre devant le consultant. Le respect des rythmes, des traditions et de la vie semble se traduire dans ce tirage.


Le souffle de Merlin : « Célèbre les saisons, les grands cycles naturels, médite sur le pouvoir des éléments et ta petitesse face à eux, sur ta grandeur aussi, celle qui comprend, canalise et redistribue. Les mousses, les herbes folettes, les champignons cabossés, les lichens sont tous porteurs des mémoires ancestrales des dieux forestiers. »


Renversée : un chemin, un jour, s'est ouvert. Le carrefour aux quatre chemins était là. Le choix fut erroné, l'essentiel mis de côté, car fondamentalement, la main est verte, la serpe en forme de lune prête à récolter, et la besace ouverte aux cueillettes magiques."

*

*



bottom of page