Les Druides
- Anne

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Étymologie :
Étymol. et Hist. I. 1213 druide (Fet des Romains, éd. L.-F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, t. 1, p. 221, 27). II. 1727 druidesse (Dom Martin, Relig. des Gaulois, I, p. 91 ds DG). I empr. au lat. class. druida d'orig. gaul. (cf. irl. drui « sorcier » IEW, p. 215) rapproché d'apr. un passage de Pline (24, 103 ds TLL s.v., 2070, 67) du gr. δ ρ υ ̃ ς « chêne » en raison des pratiques religieuses de ces prêtres (Bl.-W.5) ; v. aussi Dottin, p. 252 et 253 et Dottin Manuel, p. 363 ou de druvids « très savant » composé d'un préf. intensif dru (v. Dottin, p. 252) et de l'irl. sui de suvids « sage » (Thurneysen d'apr. Dottin Manuel, p. 363 et Holder). II dér. de I avec suff. -esse*.
PAPE, subst. masc.
Étymol. et Hist. 1. Ca 1050 « chef de l'Église catholique romaine » (Alexis, éd. Chr. Storey, 373) ; 2. p. ext. 1764 ornith. (Valm.). Empr. au lat. eccl. papa (gr. eccl. π α ́ π α ς, π α ́ π π α ς ds Du Cange Graec.) « père », titre d'honneur donné aux évêques (iiie s. ds Blaise Lat. chrét.), puis dès le VIe s. de préférence à l'évêque de Rome (ibid.) auquel il est pratiquement réservé dès le ixe s. (v. Nierm.), att. dès le 1er s au sens de « père nourricier ».
Lire également la définition du nom druide afin d'amorcer la réflexion symbolique.
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Histoire antique :
Dans le Bulletin des Amis des Etudes Celtiques (n°81, mai 2022) Mathieu Halford auteur d'un article intitulé "Les homologies entre druides et brahmanes dans les sociétés celtes et indiennes" synthétise toutes les données qui permettent de comparer les druides et les brahmanes :
Symbolisme :
Selon John Matthews, auteur de L'Oracle celtique, exploration des mondes intérieurs (Ixos Press, 2005 ; Guy Trédaniel Éditeur, 2006),
La carte 9 est classée parmi les Énergétiseurs.
Description : Un bâton de bois noir surmonté d'une tête de cheval. De tous côtés, parmi les tourbillons d'énergie, des quadrupèdes, des oiseaux, des poissons fantastiques, accourent vers le bâton. Des langues de feu jaillissent où il touche la terre.

Clé : Magie.
Le Druide représente le pouvoir magique du monde celtique : le pouvoir de métamorphose, d'invisibilité, de célérité et d'illusion. C'est la carte fantasque du monde intérieur, agissant selon ses caprices inconnaissables. Ici, le Druide est représenté par son bâton ou sa baguette, qui a le pouvoir de métamorphose. Les formes esprits des animaux l'entourent, sont attirées par lui et émergent de lui.
Arrière-plan : Il y a presque autant de druides dans la tradition celtique que d'arbres dans la grande forêt. Parfois, ils sont appelés magiciens, parfois, sages, mais tous possèdent les qualités d'imprévisibilité, de pensée insondable et de manque de sens moral. Cela ne signifie pas qu'ils sont mauvais ou qu'ils sont incapables d'agir bien, mais simplement que leur comportement imprévisible en fait des compagnons pleins de surprise.
Gwydion, le plus fameux des Druides gallois, apparaît régulièrement sur la scène pour provoquer un changement (pas toujours en mieux) dans son sillage. C'est ce qui le rend sympathique - il est intelligent et astucieux, ce qui le rend à même de provoquer des événements passionnants. Dans l'histoire de "Math vab Mathonvy", tirée du Mabinogion, il joue un rôle dans la création de Blodeuwedd, la femme faite de fleurs, qui est la promise de Lew Llaw Gyffes. Dans la même histoire, il fomente une guerre entre les royaumes de Gwynedd et de Dyfed, pour que son frère Gilfaethwy puisse coucher avec Guewin, la vierge de Math. En châtiment pour cela Gwydion et Gilfaethwy sont changés en animaux par Math. Au bout de trois années, ils font retour à la forme humaine, et c'est alors que Gwydion assiste Math dans la création de Blodeuwedd.
Gwydion est certainement un personnage espiègle et si vous le choisissez (ou s'il vous choisit) comme compagnon ou énergétiseur pour votre voyage, vous devez vous méfier de son humour ! Il connaît les façons des animaux et toutes les entrées secrètes entre les mondes. Il ouvre en nous le pouvoir vif-argent de la magie, qui fait partie du monde perdu de l'enfant intérieur.
Voyage : Allez au bois entre les mondes et découvrez que vous avez emprunté la forme d'une biche ou d'un cerf. Entre les arbres, apparaît la silhouette de Gwydion, qui peut prendre la forme qui lui plaît. Il peut vous inviter à parcourir avec lui la grande forêt ou devenir lui-même un chasseur qui vous poursuit entre les arbres. D'une façon ou d'une autre, son intention est de vous conduire à l'endroit où vous désirez aller, ou, plus souvent, à l'endroit où vous avez besoin d'aller, bien que vous ne l'ayez pas réalisé.
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Caitlin Matthews propose un jeu de cartes intitulé L'Oracle des Celtes (Watkins Publishing, 2011 ; Guy Trédaniel Éditeur, 2011) dans lequel une carte est consacrée au Druide :
Le Druide appartient au Clan de la Sagesse. Le Clan de la Sagesse représente la sagesse, la vision et l'esprit, la connaissance des enseignements sacrés, la guérison, le pouvoir de la Connaissance et l'engagement indissoluble. C'est le gardien de la mémoire et de la sagesse du Clan. En tant qu'héritiers de sages ancêtres, nous gardons la mémoire et les rituels qui établissent le lien sacré, afin que ceux-ci puissent être transmis à nos descendants.

Position : Nord.
Emblème : Le bâton en bois de chêne.
Mot-clé : Sanctifier.
Deiseal (sens du soleil) : Accrochez-vous fermement à ce que vous croyez et les choses se clarifieront. La guidance que vous recherchez vient d'une source qui fait autorité. Il arrive parfois que vos croyances vous isolent et que vous ayez l'impression d'être un être à part. Trouvez votre famille spirituelle, ceux qui partagent vos idées, afin de vous engager plus précisément dans les vues profondes que vous entretenez.
Tuathal (sens contraire du soleil) : Sans doute ne traitez-vous pas la situation avec un respect suffisant. Quelqu'un peut être blessé ou perturbé par votre attitude. Ce qui n'a aucune importance pour vous peut être crucial pour l'autre, en fonction de ses croyances. Toutefois, si on profite de vous ou qu'on vous calomnie, veillez à laisser une distance suffisante entre vous et l'intéressé et fiez-vous à une personne en qui vous avez confiance.
Sagesse familiale : Je sanctifie tout ce qui réside à l'intérieur du cercle de vie par ma dévotion.
Le Druide maintient le lien sacré du clan avec les esprits de l'Autre Monde, par le biais de rituels et par l'observation des pouvoirs sacrés du monde de la nature sur lesquels il s'accroche. Il tient le bâton de commandement à l'aide duquel il parcourt les chemins des mondes de différentes couleurs. L'attention qu'il porte aux signes auspicieux de la terre et du climat lui permet de percevoir la sagesse et de la promulguer. Cathbad est le druide avisé qui sert à la cour du roi d'Ulster, Conchobor. Sa connaissance pénétrante des présages garantit à Cuchulainn de recevoir les armes d'un homme pour maintenir l'honneur d'Ulster, bien qu'il soit encore un garçon innocent. Cathbad est le druide qui, en entendant dans le hall des cris sortant de la matrice d'une femme enceinte, prédit bien avant sa naissance que la fille, Deirdriu, devra être éloignée, sa présence pouvant entraîner la mort de n'importe quel homme.
Kristoffer Hugues, dans Les secrets du tarot celtique (Llewellyn Publications, 2017 ; Éditions De Vinci, 2021) présente ainsi l'Arcane V :
V. Le Druide
Par la flamme, la foi et les rites mystiques,
Je vous mènerai à la lumière de l'Awen.
Affirmation : Avant que Dieu fût, je suis.
Mots-clés : Croyance - Foi - Éducation.

JE PROCLAME TOUT CE QUI EST sacré, et je suis l'incarnation de la spiritualité et de la religion organisées. Voyez comme je me dresse, confiant de mon propre pouvoir, toujours avide de savoir et de développement de mes dons. J'impose le respect et, parfois, l'admiration. Je captive mes fidèles, qui sont séduits par ma posture et ma discipline tout en étant potentiellement intimidés.
Je représente la liturgie et une pratique rituelle que vous enviez en tant qu'humain, et pourtant, vous pourriez bien vous rebeller contre de tels standards et refuser de vous y conformer. Le chemin de l'admiration et du mépris est une épée à la lame tranchante. Vous pouvez glaner dans ma sagesse une partie des mystères qui démentent l'aspect ordinaire de la vie. Je suis humain, et pourtant, quelque chose en moi suggère que je possède un savoir plus grand. Je suis l'attrait du mystère et des secrets capturés dans l'incarnation d'un individu qui représente l'aspect organisationnel des institutions religieuses et éducatives.
Interprétation : Le Druide (le Hiérophante) représente le chemin entre la sagesse et la clémence - deux valeurs nécessaires à l'appréhension des mystères - et la volonté d'en faire bon usage pour le bien de l'humanité. Le consultant a besoin de chercher en lui ; même si l'avis des autres peut l'aider, les vraies réponses résident en lui.
Des problèmes liés à la spiritualité, à l'orthodoxie et à la religion bouillonnent peut-être sous la surface, peut-être concernent-ils la moralité et l'éthique. La particularité du Druide peut insinuer que certaines questions ne peuvent mener qu'à d'autres questions, pas nécessairement à des réponses directes.
Il sera peut-être également question d'éducation, d'études, et la présence du Druide et laisser entendre que le consultant nourrit l'envie d'élargir son éducation. Si cette lame apparaît, le consultant devra sûrement réexaminer la situation sur laquelle il s'interroge. Il aura besoin de conseils, et peut-être d'une réévaluation de la situation en prenant des décisions éclairées et en limitant les risques.
Inversée, la lame du Druide met en garde contre la crédulité ; ceux à qui vous demandez conseil ne sont pas forcément honnêtes. Mieux vaut vous méfier de ceux qui prétendent agit dans votre intérêt, en particulier si les raisons pour lesquelles ils vous aident ne sont pas claires. Cela peut signifier que vous avez cessé d'écouter votre Druide intérieur et êtes devenu trop dépendant du rôle de médiateur des autres.
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Dans L'Oracle de la sagesse gauloise (Éditions Le Courrier du Livre, 2021) Caroline Duban et Lawrence Rasson propose une carte spécialement dédiée au Druide :
Druide
« Le connaisseur de l'Arbre »
Druide est en réalité composé de deux mots qui en forment un nouveau. En effet, la racine renvoie à *dru-yid, de *dru, « l'arbre, le chêne » et de *yeid, « savoir ». Le druide est donc celui qui la connaissance de l'Arbre, au sens Arbre-monde ou Arbre de Vie. Il fait référence à l'arbre cosmique qui soutient les mondes supérieur, médian et inférieur. Cette projection est notamment avérée chez les Scandinaves avec Yggdrasil. Il semble que les Celtes empruntèrent ce thème à l'iconographie orientale à partir du Ve siècle av. J.-C., sous la forme d'une palmette portant symétriquement des motifs animaliers (serpents, béliers, griffons, dragons...). On a retrouvé des représentations personnifiées de l'Arbre-Monde, où la palmette devient un visage masculin, souvent inversé, et flanqué de la double feuille de gui, de bouquetins ou de cerfs. L'Arbre-Monde aurait donc une essence masculine divine, et renfermerait les secrets dont les druides devaient être instruits pour exercer leur sacerdoce.

D'après César, ce sont eux qui présidaient aux sacrifices, maintenaient les règles des pratiques religieuses, instruisaient les jeunes et jugeaient les conflits entre États ou entre particuliers. Leur science était gardée oralement par l'élite intellectuelle qui refusait catégoriquement « de confier à l'écriture la matière de leur enseignement » (Guerre des Gaules, VI, 14), contrairement aux comptes publics et privés qui usaient des alphabets étrusques, grecs et romains. César précise que deux raisons étaient avancées qui expliquent le choix de l'oralité « ils ne veulent pas que leur doctrine soit divulguée, ni que [...] leurs élèves, se fiant à l'écriture, négligent leur mémoire. »
La principale valeur véhiculée dans leur sagesse serait la croyance en la réincarnation.
Strabon donne plus de détails sur cette classe aristocrate et intellectuelle. Elle se diviserait entre les bardes (poètes), les ovates (chargés des sacrifices et de la divination) et les druides (les théologiens et les philosophes qui interprétaient les signes de la nature et enseignaient la philosophie morale). Le seul nom qui nous soit historiquement parvenu est celui du druide Diviciacos, de la tribu des Eduens, et que Cicéron avait rencontré à Rome entre 65 et 60 av. J.-C. L'archéologue ne permet pas de confirmer catégoriquement l'identification de tels notables, même si certaines sépultures semblent appartenir à des druides.
Interprétation : Le druide apporte la sagesse des mystères. Dans les recoins de sa mémoire, il garde protégés les plus grands secrets de la vie et de la mort, ne les révélant qu'à quelques disciples. Il symbolise le recueillement, la patience, la persévérance et la paix intérieure. Il invite à aller chercher dans les tréfonds de l'âme les connaissances ancestrales, multidimensionnelles et divines. Il est le sage absolu, l'intercesseur entre les mondes et le gardien des portes qui y mènent. Il souffle à votre oreille pour vous convier à cette grande assemblée silencieuse, et à observer les sensations dans votre corps, les signaux qui vous conduisent vers des solutions, vers l'inspiration, vers l'illumination. Il est temps d'arrêter de courir plusieurs lièvres à la fois, et de vous concentrer sur l'essentiel en vous recentrant. Écoutez-vous. Que ressentez-vous ? Dans cette grande vague, si vous cherchez à nager à contre-courant, vous ne ferez que vous épuiser, au risque de vous noyer. N'est-il pas plus simple de fermer les yeux, de faire confiance au mouvement naturel et de vous laisser porter en faisant la planche ? Vous seriez surpris de découvrir les nouveaux rivages sur lesquels vous échouerez. Ils seront pour vous promesse de nouveauté, de curiosité et de sérénité. Il est évident que ce qui vous retient maintenant ne vous convient pas, ou plus. L'Arbre-Monde est gigantesque, et pour les novices, il est facile de se perdre dans ce dédale de branches et de feuillage. Mais si vous écoutez le vent s'engouffrer entre ceux-ci, si vous observez les créatures qui parcourent son écorce, si vous ressentez le flux et le reflux de la sève vitale, vous trouverez la bonne route à prendre. Aucune décision ne peut se prendre dans la hâte ni dans la panique. Prenez ce temps d'introspection, il ne sera pas vain ni perdu.
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Dans L'Oracle de Merlin (Éditions Secret d'étoiles, 2023) Magali et Sara Mottet explorent la mythologie celtique :
Le Vert des mousses et des fougères - La Terre
Le Légendaire : les Druides formaient une caste celtique majeure. Ils avaient un clan, la base de la société d'alors. Le Druide assumait le pouvoir religieux, politique et judiciaire. il excellait dans les arts divinatoires, les prophéties, l'astrologie et la science des herbes guérisseuses.

La symbolique : en s'éloignant de quelques images un peu trop romantiques, on peut voir dans le druide le symbole d'un être savant, soit, mais surtout inspiré. Il est le protecteur des rites sacrés, des fêtes calendaires, des cycles saisonniers et de la terre-mère.
La force : elle se cache au profond de l'humus, là où les dieux et les génies activent les courants, vitaux, les énergies végétales. Elle est aussi la force des éléments implacables, la protection des brumes et des brouillards. C'est la carte du guérisseur, de l'homme-maître.
L'animal : le roitelet. Son nom irlandais est drui, qui signifie « druide ». Ce petit oiseau est associé à la classe sacerdotale, il volète au-dessus des chênes du nemeton et parle le langage des dieux.
L'entrave : une forme de dispersion, de fuite en avant. Trop vouloir apprendre, aider, comprendre, peut faire que l'on s'oublie soi-même et sa propre quête.
La plante : toutes les plantes solsticiales, c'est-à-dire le millepertuis, la sauge, l'armoise, la joubarbe, la verveine, le lierre terrestre. Elles emmagasinent l'énergie solaire à son point culminant et la redistribuent en vertus curatives. La force des plantes et des herbes unies à ces nuits de solstice en font de merveilleuses alliées.
Le chemin : les influences sélénites et telluriques doivent être suivies, les cueillettes magiques seront guérisseuses. La voie des soins à la terre et aux êtres vivants s'ouvre devant le consultant. Le respect des rythmes, des traditions et de la vie semble se traduire dans ce tirage.
Le souffle de Merlin : « Célèbre les saisons, les grands cycles naturels, médite sur le pouvoir des éléments et ta petitesse face à eux, sur ta grandeur aussi, celle qui comprend, canalise et redistribue. Les mousses, les herbes folettes, les champignons cabossés, les lichens sont tous porteurs des mémoires ancestrales des dieux forestiers. »
Renversée : un chemin, un jour, s'est ouvert. Le carrefour aux quatre chemins était là. Le choix fut erroné, l'essentiel mis de côté, car fondamentalement, la main est verte, la serpe en forme de lune prête à récolter, et la besace ouverte aux cueillettes magiques.
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