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  • Anne

La Piéride de la rave




Étymologie :

  • PIÉRIDE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1823 (Boiste Hist. nat.). Adaptation du lat. Pierides, -um, gr. π ι ε ρ ι ́ δ ε ς, nom des Muses, dér. de Pieria, gr. π ι ε ρ ι ́ α, contrée de la Macédoine censée avoir été fréquentée par les Muses. Cf. le lat. sc. Pieris désignant des lépidoptères 1801 (Schrank, Fauna boica, t. 2, 1, p. 152).


Lire également la définition du nom piéride afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Pieris rapae ; Petit Blanc du Chou ; Petit papillon blanc du chou ; Petit papillon du chou ; Piéride de la Rave.

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Zoologie :


A propos des plantes hôtes, Le Blog de Jean-Yves Cordier essaie d'éclaircir l'appellation de la piéride de la rave, en lien avec l'appellation vague de "rave" :


[...] Dans son texte, Linné mentionne deux (groupes de) plantes hôtes, Brassicae et Tropaeolum, les Choux et la Capucine.

Le problème — c'en est un — des plantes hôtes, dans leur relation avec le nom d'espèce, est difficile à démêler. Certes, la chenille de la Pièride du Chou Pieris brassicae se développe sur le Chou potager Brassica oleacera [mais aussi sur le Colza Brassica napus, la Ravenelle Raphanus raphanistrum et la Grande Capucine Tropaeolum major]. Mais celle de la Piéride de la Rave se régale aussi de ces quatre plantes, auxquelles elle ajoute le Réséda jaune Reseda lutea, l'Alliaire officinale Alliaria petiolata et la Moutarde des champs Sinapis arvensis. On ne voit donc pas ici mentionné la Rave...mais la rave n'est pas une espèce, c'est un nom qui désigne beaucoup de plantes à racines comme la betterave (bette..rave, je n'avais pas remarqué), le céleri-rave, le brocolis-rave, le chou-rave et la rave ou navet. Notez précisément que le navet se nomme Brassica rapa. Linné a-t-il pensé que son Papilio rapae tenait son habitat chez les navets ? Mais alors, pourquoi avons-nous appelé Piéride du Navet cette autre piéride, dont la chenille ne consomme jamais de raves ni de navets, mais des plantes sauvages comme la ...Ravenelle ?

La même ambiguïté se retrouve pour la Piéride de la Moutarde, qu'il vaudrait mieux nommer Piéride du Lotier. Bref, attention aux "faux amis" de la zoonymie et n'attribuons pas Pieris Rapae à la rave, et Pieris napi aux navets. [...]

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Littérature :


Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque ainsi la Piéride :

1er octobre

(La Bastide)


Plus craintive qu'on ne croit, plus sauvage qu'on ne pense, la petite piéride à nervures et pois gris volette entre les fleurs du romarin pâle. On jurerait un fragment de nuage.

Je l'observe un instant. Mon corps se fait moins lourd ; une rêverie m'emporte par-dessus les herbes et les arbres ; les sentiers indécis qui grimpent dans les broussailles deviennent les artères de ma cité essentielle ; je gagne la falaise ; de là, je vole jusqu'à la mer où je m'en vais saluer les baleines.

Je suis l'insecte palpitant de la biosphère.

26 août

(Fontaine-la-Verte)


Les carottes sauvages sont en fleur : la prairie mousse comme un lait qu'on vient de traire. Par endroits, l'écume éclate en nuages de piérides blanches.

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Voir aussi les fiches sur le Papillon et la Chenille.

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