L'Acore

Étymologie :
Étymol. et Hist. xvie s. bot. « plante aquatique de la famille des aracées » (Ant. du Moulin, Trad. de La vertu de la Quinte Essence, p. 54 ds Hug. : La racine (...) de glayeul de rivieres dit acorus). Empr. au lat. acorum ou acorus « iris jaune des marais », lui-même empr. au gr. ἄκορον, dep. Celse, 5, 23, 1 B pour désigner l'iris pseudoacorus, mais jamais l'acorus calamus introduit en Europe par les Mongols (voir André 1956).
Lire également la définition du nom acore afin d'amorcer la réflexion symbolique.
Autres noms : Acorus calamus - Acore - Acore aromatique - Acore odorant - Acore roseau - Acore vrai - Acorus roseau - Angélique - Bargénie - Bâton odorant - Belle-angélique - Calame - Calamus - Glaïeul des marais - Herbe à rajeunir - Iris jaune - Jonc odorant - Lis des marais - Myrte - Radote - Redote - Roseau aromatique - Roseau odorant - Vargénie - Varginie - Vergénie -
Botanique :
Selon Ernest Small et Paul M. Catling, auteurs de Les Cultures médicinales canadiennes (Les Presses scientifiques du CNRC, Ottawa, 2000) :
"L'espèce est traditionnellement placée parmi les aracées (famille de l'arum), mais des études récentes indiquent qu'elle mérite de constituer une famille à part, les acoracées.
Morphologie : Plante herbacée vivace, à feuilles dressées en forme d'épées pouvant atteindre 2 m de longueur. Les feuilles émergent à partir d'un rhizome souterrain tortueux, ramifié, cylindrique, mesurant 1 à 2 cm d'épaisseur et jusqu'à un mètre de longueur, à chair rose blanchâtre et à feuilles écailleuses en forme de V. Les fleurs sont nombreuses, jaunes et vertes, regroupées sur un axe en forme d'épi (le spadice) sous-tendu par une bractée foliacée (la spathe).

Certains avancent que l'Acorus calamus constituerait, parmi les espèces végétales actuelles, la ligne la plus ancienne des monocotylédones (un des deux grands groupes de plantes à fleurs). Par ailleurs, la plupart des auteurs estiment que le genre Acorus compte une seule espèce, mais des études récentes tendent à montrer qu'on peut en distinguer deux taxons en Amérique du Nord, et au moins trois à l'échelle de la planète.
L'Acore pousse dans les régions tempérées et sub-tropicales d'Eurasie et d'Amérique. L'Acorus calamus var. americanus (Raf.) Wulf., variété diploïde à 24 chromosomes, est parfois considéré comme une espèce distincte (Acorus américanus (Raf.) Raf.) et est présente depuis l'Amérique du Nord jusqu'en Sibérie. l'Acorus calamus var. angustatus, variété tétraploïde à 48 chromosomes, est une plante des régions orientales et tropicales du sud de l'Asie. Enfin, l'Acorus calamus var. calamus, variété stérile et triploïde (à 36 chromosomes), pousse en Europe, dans la partie tempérée de l'Inde, dans la région de l'Himalaya ainsi que dans l'est de l'Amérique du Nord. La variété calamus se distingue de la variété americanus par l'absence de fruits et son pollen avorté qui ne prend aucune coloration dans les essais standard de viabilité. On croit que la variété triploïde a été introduite d'Asie en Europe et en Amérique du Nord. Par ailleurs, une forme hexaploïde (à 72 chromosomes) a été observée dans la région du Cachemire."
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Vertus médicinales :
Pierre-Joseph Bic'hoz, médecin de Monsieur et auteur de Etrennes du printemps, aux habitans de la campagne, et aux herboristes, ou pharmacie champêtre, végétale & indigène, à l'usage des pauvres & des habitans de la campagne (Lamy libraire, Paris, 1781) recense les vertus médicinales des plantes :
"Racine de Calamus aromatique. Cette racine mâchée est excellente contre les maux de dents ; elle corrige aussi l'haleine puante."
Henri Ferdinand Van Heurck et Victor Guibert, auteurs d'une Flore médicale belge. (Fonteyn, 1864) nous apprennent les propriétés thérapeutiques de l'Acore odorant :
"Propriétés Physiques et Chimiques. — Les feuilles, les fruits et les racines de cette plante ont une odeur forte, pénétrante, aromatique ; ces dernières seules sont usitées. Leur saveur est chaude ; elles cèdent leurs principes actifs à l'eau bouillante. L'analyse y a fait rencontrer une matière extractive, de la gomme, une résine visqueuse, une matière analogue à l'inuline, un peu d'huile volatile de saveur camphrée, du ligneux, des sels et de l'eau (Trommsdorff).
Usages médicaux — Le calamus aromaticus des anciens n'est pas celui que nous décrivons ici ; c'était une plante odorante et amère, originaire des Indes, appartenant à la famille des gentianées. Le roseau odorant de nos climats est un tonique, stimulant, très bon stomachique, possédant les propriétés ordinaires des aromatiques ; on le recommande dans les affections gastro-intestinales flatulentes, dans l'atonie de l'estomac, la dyspepsie, les pesanteurs d'estomac, les digestions laborieuses, les indigestions et les vomissements. Il est aussi carminatif, expectorant, sudorifique, diaphorétique et emménagogue. Il a été prescrit dans les affections catarrhales, l'aménorrhée, les fièvres intermittentes, la goutte, l'œdème des extrémités inférieures. On le donne aussi contre les vers ; c'est un bon adjuvant aux médicaments toniques ou purgatifs que l'on administre par la bouche ou en lavement dans les cas de torpeur ou de débilité du canal alimentaire. On lui a attribué des propriétés hémostatiques. On l'emploie dans la parfumerie ; il donne son arome à l'eau de vie de Dantzick. A Constantinople, on mange cette racine confite comme préservative des affections contagieuses en temps d'épidémie. Le roseau odorant entre dans la thériaque, l'orviétan, etc.
Formes et doses. - Poudre, 1 à 4 grammes. - Infusion ou décoction, 8 à 30 grammes par demi-litre d'eau bouillante. - Eau distillée, 50 à 60 grammes. - Teinture, 2 à 6 grammes. - Extrait, 1 à 4 grammes."
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A. B., auteur discret de Les Vertus des plantes - 918 espèces (Tours, 1906) recense les propriétés thérapeutiques d'un grand nombre de plantes :
"Gérard, Acorus verus officinalis. Acorus vrai.
Feuilles longues, étroites, à peu près comme celles de l'iris, racines à nœuds rougeâtres, assez superficielles sur la terre n'y tenant presque que par ses filaments.
VERTUS : La racine est un bon stomachique, apéritive, carminative, vermifuge, on s'en sert peu seule, mais dans les compositions alexitères comme l'eau impériale, générale, la thériaque, l'orviétan, la poudre d'alun composée qui est bonne pour les crudités, les indigestions et toutes les maladies qui en proviennent.
[...]
"Jonc odorant ou schanantos. Espèce de gramen de l'Arabie heureuse servant de pâture en son endroit.
VERTUS : C'est un bon atténuant, diaphorétique, diurétique, emménagogue, en infusion, dans les rhumes invétérés et opiniâtres."
Mickaël Welfringer, auteur d'une thèse intitulée La Thériaque : analyse d'un contrepoison de l'Antiquité et héritage dans la pharmacie d'officine d'aujourd'hui (Université de Lorraine, 2017) mentionne l'usage du Jonc odorant dans la Thériaque :
""Le jonc odorant ou schoenanthos est une plante orientale herbacée et marécageuse avec rhizome, Acorus calamus L. (acore odorant) de la famille des Acoracées. Très commune, cette herbe servait de foin aux chameaux en orient et conservait son odeur aromatique longtemps après avoir été cueillie.
Schoenanthos signifie en grec fleur de jonc ce qui désigne la partie importante de couleur blanche, utile pour les maux de ventre, du foie, des reins et contre les crachements de sang. (Charas, 1685).
[...]
L’acorus est très souvent cité dans la composition de la Thériaque comme substitut du roseau aromatique, Calamus aromaticus Ledeb. Il s’agit en fait d’une seule et même plante qui est pourtant cité 2 fois dans la formule de la Thériaque. L’Acorus verus, ou calamus L., est une plante importée de Lituanie et de Tartarie, une région de l’Asie centrale, et de la famille des Acoracées.
L’acorus est utilisé à la fois sous forme de poudre à partir de la racine mais aussi dans les trochisques d’Hedicroi. La racine est diurétique, utile contre les morsures de serpent et pour les douleurs au foie. (Rigaud, Barthe, & Bouttes, 1689) (Charas, 1685)."
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Usages traditionnels :
Dans Les Cultures médicinales canadiennes (Les Presses scientifiques du CNRC, Ottawa, 2000) Ernest Small et Paul M. Catling, rapportent divers usages médicinaux :
"Le rhizome de l'acore a été utilisé surtout comme médicament presque partout où la plante était présente. Cet usage est souvent apparu de façon indépendante. Les anciennes civilisation égyptiennes, chinoise, indienne, grecque et romaine semblent toutes avoir utilisé l'acore, principalement à des fins médicinales. Les Amérindiens l'utilisaient aussi abondamment pour ses vertus médicinales dans le traitement de maladies diverses et le considéraient souvent comme une panacée. Autrefois, les Européens, les Chinois, les Arabes et les Indiens voyaient l'acore comme un aphrodisiaque puissant et l'incorporaient dans des philtres d'amour. En Amérique du Nord et en Nouvelle-Guinée, l'acore a parfois été utilisé pour provoquer l'avortement.
Il a été démontré que l'huile de l'acore a des propriétés antibactériennes, antifongiques et amœbicides. Il ne faut donc pas s'étonner que l'acore ait été souvent utilisé comme antibiotique, en raison de ses propriétés vermifuges, antiseptiques et antiprotozoaires ainsi que pour traiter diverses maladies d'origine microbienne.
Au moins jusqu'au milieu de notre siècle, l'acore était un agent pharmacologique reconnu en Occident, où il était utilisé surtout pour soigner les troubles digestifs et la fièvre. Aujourd'hui, l'acore fait encore partie de l'arsenal thérapeutique d'un nombre restreint de médecins, surtout en Europe et en Asie, et on le trouve dans plusieurs préparations médicinales commerciales vendues au Canada. Ce sont probablement les propriétés antispasmodiques de l'acore qui expliquent qu'on l'utilisait pour soulager les troubles digestifs et la toux. De nombreuses études expérimentales ont démontré que l'acore a clairement des vertus antispasmodiques, et il semble que la variété nord-américaine serait plus efficace à cet égard. [...]
Depuis de nombreux siècles, l'huile odorante de l'acore entre dans la composition de certains parfums. Encore de nos jours, l'industrie nord-américaine de la parfumerie utilise une grande quantité d'acore, dont la valeur dépasse certaines années 30 millions de dollars. La plante est parfois aussi employée comme aliment. Certains autochtones d'Amérique du nord faisaient rôtir le rhizome et le consommaient en légume. Les Européens et les premiers colons américains confisaient le rhizome comme friandise. Les amateurs d'aliments sauvages consomment parfois les jeunes feuilles en salade. Jusqu'à la deuxième guerre mondiale, l'acore était utilisé en Amérique du Nord pour parfumer les produits alimentaires, les toniques et les poudres dentifrices. L'essence de calamus est encore employé en Europe pour aromatiser certaines boissons alcoolisées. Les feuilles, odorantes, ont déjà servi à éliminer les mauvaises odeurs et à éloigner les insectes. L'huile essentielle a des propriétés insecticides et a été utilisée pour éloigner les puces, les mites et les fourmis. Elle pourrait sans doute servir à protéger des insectes ravageurs les produits alimentaires entreposés. Les feuilles d'acore sont enfin utilisées pour tisser des paillassons et renforcer le bord de contenants en écorce."
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Symbolisme :
Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), les Aroïdés a les caractéristiques suivantes :
"Les Aroïdées sont des plantes amphibies qui poussent le pied dans l'eau. C'est à cette famille qu'appartient le richardia (Galla aethiopica), plante d'ornement très populaire et utilisée sous le nom impropre d'arum. Nous ne nous occuperons ici que des variétés sauvages, courantes dans les lieux marécageux, ou les sous-bois très sombres et humides :
Acore (Acorus calamus). Jonc odorant ; Lis des marais.
Arum (Arum maculatum). Gouet - Pied-de-veau - Calla moucheté.
Symplocarpe (Symplocarpus foetidus) est surtout répandu dans l'Amérique du Nord. Arum fétide - Arum puant - Chou des marais - Chou des putois - Herbe des putois -
Genre : Féminin
Planète : Lune
Élément : Eau
Pouvoirs : Guérison - Protection - Affaires juridiques.
Utilisation magique : On emploie aux mêmes fins toutes les variétés d'Aroïdées sauvages. Les habitants se servent évidemment de l'espèce rencontrée dans leur région. En Nouvelle-Angleterre, on enfile des graines d'acore sur un long fil, employé par les guérisseuses pour venir à bout de certaines fièvres rebelles. La tige du lis des marais sert aussi à lier des bouquets magiques.
Cet exemple paraît unique. Partout ailleurs, c'est le fort rhizome, tubéreux et charnu, qui sert, seul ou en mélange, à composer des charmes. Les femmes de pionniers coupaient un rhizome de symplocarpe et disposaient les morceaux tout autour de leur cuisine : cette maison ne connaîtrait jamais la faim.
Le tubercule, séché et broyé, entre dans des sachets protecteurs. Vous pouvez économiser l'encens en l'étendant de poudre d'arum. Un paysan de Terracina, dans les marais Pontins, n'allait jamais voir un homme de loi sans avoir dans sa poche une rondelle d'arum, enveloppée dans une feuille de laurier."
Roger Tanguy-Derrien, auteur de Rudolph Steiner et Edward Bach sur les traces du savoir druidique... (L'Alpha L'Oméga Éditions, 1998) s'inspire du savoir ancestral pour "récapituler de la manière la plus musclée les informations sur les élixirs" :
"Acore calamus : Vous vivez l'angoisse extrême, le stress, la frayeur. Vous faites de l'hyperacidité, de la gastrite. L'insomnie vous guette ou vous a déjà peut-être gagné. C'est alors que vous avez commencé les anxiolytiques qui ne vous quittent plus.
Votre organisme est trop liquéfié. C'est-à-dire que votre système émotionnel (l'âme en l'occurrence) a supplanté les forces du Moi qui s'atrophient progressivement. Cela date peut-être de votre enfance ? Vos parents vous ont fait suivre peut-être un traitement pour lutter contre le rachitisme alors qu'en contrepartie ils étaient très restrictifs à votre égard.
Dans ce cas, l'élixir d'Acore peut quelque chose pour vous. Sa fleur contient un processus complexe pour ses substances camphrées, mucilagineuses, taniques, amères liées aux essences subtiles. Les tanins et les essences vont cicatriser les blessures de l'âme. Les amers vont lui donner de l'appétit pour entreprendre. Pour cela la reconnaissance de la suprématie du Moi va s'effectuer automatiquement. Surtout que les tanins sont présents pour ressouder et apporter la cohésion parfaite de ces deux corps. Les mucilages et les amers interviennent pour dissoudre l'amertume des mauvais jours et faire en sorte que toutes les glandes se remettent à secréter leur nectar de santé faisant disparaître tout état inflammatoire au niveau des cavités buccales et stomacales.
L'Acore naît d'un rhizome qui pousse dans les terrains humides et marécageux. Dans un premier temps, il en jaillit des feuilles en forme de lames d'épées, linéaires, légèrement ondulées sur les bords. Ici nous reconnaissons déjà sa signature aérienne, l'espace préféré de l'âme. Ensuite sa hampe florale monte avec une facilité déconcertante vers cet azur privilégié car il bénéficie de la lumière réfléchie par la surface des eaux. La fleur est donc largement imprégnée par les processus caloriques dont raffole le Moi humain. Ces processus caloriques se raffermissent dans un milieu aqueux et permettent la genèse correcte des os et des formes corporelles. Les Américains conseillent cet élixir contre ls schizophrénie et pour développer la discrétion (possible influence avec les inflammations buccales). Les Tibétains rejoignent Sainte Hildegarde de Bingen : son odeur éloigne les mauvais esprits.
Mots-clés : avec l'élixir d'Acore, réalisez des accords harmonieux avec vos trois corps et mélodieux avec les vibrations issues du cosmos."
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Mythes et légendes :
Dans Les Cultures médicinales canadiennes (Les Presses scientifiques du CNRC, Ottawa, 2000) Ernest Small et Paul M. Catling, nous transmettent certaines légendes et anecdotes liées à l'Acore :
"Selon la Bible, Dieu expliqua à Moïse comment préparer à partir de « roseau odoriférant » et d'autres plantes aromatiques, une huile sacrée servant à oindre certains objets rituels importants :
« Pour toi, prends des parfums de choix : cinq cents sicles de myrrhe vierge, la moitié de cinnamone odoriférant : deux cent cinquante sicles, et de roseau odoriférant : deux cent cinquante sicles. Cinq cents sicles de casse - selon le sicle du sanctuaire - et un setier d'huile d'olives. Tu en feras une huile d'onction sainte, un mélange odoriférant comme en compose le parfumeur : ce sera une huile d'onction sainte. » (Exode, 30 : 23-25)
L'identité exacte du « roseau odoriférant » a fait l'objet de discussions. Il pourrait s'agir de l'acore ou d'une autre plante aromatique.
A Londres, en Angleterre, un certain cardinal Wolsey avait la réputation de dépenser des sommes extravagantes pour obtenir de l'acore de régions lointaines. Il faisait étendre les plantes sur le plancher des cathédrales pour parfumer celles-ci à l'occasion des festivals. Jusqu'au 20e siècle, il était de coutume d'éparpiller ainsi des herbes odorantes dans les maisons et les immeubles publics, pour les assainir ou les désodoriser.
Dans Oncle Remus, ses chants et ses dires, de l'écrivain américain Joël Chandler Harris, un lapin omnivore du nom de Brer Rabbit s'exclame qu'il ne peut plus manger de poulet à moins que le mets soit assaisonné de racines sauvages d'acore.
En Inde, l'acore était utilisé pour endormir les cobras.
En Amérique du Nord, les colons recouvraient leurs planchers d'acore à odeur citronnée pour masquer les problèmes sanitaires de l'époque.
On fumait ou mâchait autrefois une poudre à base de rhizome d'acore, comme remède contre le tabagisme, (en raison des légères propriétés sédatives de l'acore.)
En Europe, au Moyen Âge, on se rendit compte des propriétés phychotomimétiques (modifiant l'humeur) de l'acore, et on croit que c'était un des ingrédients des onguents hallucinogènes qui auraient permis aux sorcières de voler. En Amérique du Nord, l'acore était utilisé un peu comme l'étaient les feuilles de coca (Erythroxylon coca Lam.) en Amérique du Sud, pour combattre la fatigue et la faim et donner de l'énergie. Les Cris de l'Alberta affirmaient que la consommation d'acore leur permettait de « parcourir de longues distances sans toucher le sol ». Les trappeurs canadiens travaillant pour la compagnie de la baie d'Hudson utilisaient également l'acore comme stimulant : ils en mâchaient un petit morceau quand ils étaient fatigués. On sait aujourd'hui que les propriétés psychoactives de la plante sont dues aux asarones que renferme son huile, alors que les autres composantes de celle-ci ont plutôt pour effet de détendre les muscles lisses. Les propriétés narcotiques de la plante sont beaucoup trop faibles pour intéresser les amateurs de drogues récréatives.
Le recueil Feuilles d'herbe du poète américain Walt Whitman renferme 45 ballades regroupées sous le titre Calamus. L'auteur y mentionne à plusieurs reprises l'acore, et certains avancent que ces poèmes renferment des allusions secrètes aux effets de la plante sur l'esprit.
« Les commandes volumineuses d'extrait ou de rhizome d'acore peuvent éveiller des soupçons, car ces substances sont faciles à convertir, par amination, en une drogue contrôlée, le TMA-2. » (http//www.lycaeum.org/-iamklaus/acorus.htm). On sait que le TMA-2, drogue contrôlée aux États-Unis, est un hallucinogène dont la puissance équivaut à dix fois celle de la mescaline. Par ailleurs, après l'ingestion d'asarone, cette substance est rapidement convertie par le corps en TMA-2, par amination.
« L'acore est également un aphrodisiaque, spécialement lorsqu'il est mêlé à l'eau du bain. »"
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