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  • Anne

L'Ivraie


Elle a bien changé Mannick !!!


Étymologie :

  • IVRAIE, subst. fém.

Étymol. et Hist. Ca 1223 p. allus. à Matth. xiii, 27 (Gautier de Coinci, éd. Fr. Kœnig, II Mir. 17, 242, t. 4, p. 104). Du lat. vulg. ebriaca herba, planta « ivraie » (de ebriacus, v. ivre, cette plante étant réputée causer une sorte d'ivresse). La voyelle initiale serait due à l'infl. de ivre d'apr. Bl.-W.1-5 alors qu'elle est expliquée phonétiquement par Fouché, p. 457.


Lire également la définition du nom ivraie afin d'amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :

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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


[...] En Haute-Bretagne, on effeuille la Pâque en disant :

Fille, femme, veuve, religieuse,

Gars, homme, veuf, religieux.


Les jeunes filles [...] se servent aussi d'un épi d'ivraie. [...] En consultant l'ivraie les jeunes picardes disent, en commençant à détacher les feuilles par le bas « M'marierai, m'marierai point ». [...] Les consultations par l'effeuillement ou le comptage, des pétales on des grains ne sont pas toutes en rapport avec l'amour. [...] Dans l'Albret pour savoir si l'année sera bonne ou mauvaise, on tire une par une les graines sur une tige d'ivraie en disant sur la première Pain, sur la seconde Vin, sur la troisième Viande, sur la quatrième Foin, et l'on recommence jusqu'à la dernière graine.

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Symbolisme :


On ne peut envisager le symbolisme de cette graminée sans faire référence à la parabole de Jésus que l'on trouve dans le Nouveau Testament de la Bible :


Matthieu 13.24. Il leur proposa une autre parabole, et il dit : Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ.

25. Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l’ivraie parmi le blé, et s’en alla.

26. Lorsque l’herbe eut poussé et donné du fruit, l’ivraie parut aussi.

27. Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire : Seigneur, n’as–tu pas semé une bonne semence dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?

28. Il leur répondit : C’est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent : Veux–tu que nous allions l’arracher ?

29. Non, dit–il, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé.

30. Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et, à l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d’abord l’ivraie, et liez–la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier.


Cette parabole est expliquée par Jésus dans les versets 36 à 43 :


36. Alors Jésus, ayant renvoyé le peuple, s'en alla à la maison, et ses disciples, étant venus vers lui, lui dirent : Explique-nous la parabole de l'ivraie du champ.

37. Il répondit, et leur dit : Celui qui sème la bonne semence, c'est le Fils de l'homme ;

38. Le champ, c'est le monde ; la bonne semence, ce sont les enfants du royaume ; l'ivraie, ce sont les enfants du Malin ;

39. L'ennemi qui l'a semée, c'est le diable ; la moisson, c'est la fin du monde ; et les moissonneurs sont les anges.

40. Comme donc on amasse l'ivraie, et qu'on la brûle dans le feu, il en sera de même à la fin du monde.

41. Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui ôteront de son royaume tous les scandales et ceux qui feront l'iniquité ;

42. Et ils les jetteront dans la fournaise ardente : là seront les pleurs et les grincements de dents.

43. Alors les justes luiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende.

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Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


IVRAIE - VICE.

Plante parasite , ressemblant au chiendent commun : elle fait la désolation des campagnes. La faux ne discute pas avec l'ivraie, a dit un publiciste de notre temps .

D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


LOLIUM (ivraie, en italien zizzania). — La mauvaise herbe qui se mêle avec le blé, passée en proverbe par l’Évangile. Comme elle se multiplie avec une grande facilité dans les champs, on a pensé qu’elle facilitait les couches, ce qui est enseigné par Macer Floridus :


Parturiens mulier si se subfumiget illa, Asseritur citius ventris deponere pondus.


Dans les proverbes russes de Dal (Moscou, 1862), cependant, on dit que Dieu est avec le blé, et le diable avec l’ivraie.

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Selon saint Matthieu qui, dans son Évangile (12, 37-40), rapporte les paroles du Christ, "la bonne semence, ce sont les fils du royaume ; l'ivraie, ce sont les fils du Malin ; l'ennemi qui l'a semée, c'est le Diable".

Cette plante qui gêne la croissance des céréales est pourtant dotée de quelques propriétés bénéfiques. Si l'on jette par-dessus son épaule autant de grains d'ivraie qu'on a de verrues, celles-ci disparaîtront dans un délai de neuf jours.

L'épi d'ivraie peut servir à la consultation amoureuse, avec la traditionnelle formule "il m'aime, un peu, beaucoup..." ou en récitant "M'marierai, m'marierai point !"" en l'effeuillant par le bas comme il est de coutume en Picardie.

Pour savoir si l'année sera bonne ou mauvaise, les fermiers de l'Albret retirent une à une les graines d'une tige d'ivraie, en répétant à chacune : "Pain, vin, viande, foin". En Belgique, la formule est la suivante : "Paix, guerre, famine, bon temps".

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Littérature :


Dans Les Secrets de Laviolette (Éditions Denoël, 1992) Pierre Magnan regroupe plusieurs nouvelles. "L'Arbre" commence ainsi :


"Je n'étais jamais aussi heureux, dit Laviolette, que parmi les champs d'ivraie qui, autrefois, avaient été emblavés. Le dactyle doré est le blé de l'âme. Et lorsqu'on voit, à travers ses épis blonds, se profiler les ruines blanches d'un hameau, on est payé de sa faim et l'on court vers ces vestiges secs pour s'y baigner comme dans les eaux d'une source."

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