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  • Anne

Le Chiendent




Étymologie :

  • CHIENDENT, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. [1340 chiendant topon. (A.N. JJ 73, f°184 r°ds Gdf. Compl.)] ; 1551 Chiendent bot. (Belon, Nat. des oys., 2, XXIII, ibid.) ; 1859 brosse de chiendent (Ponson du Terrail, Rocambole, t. 5, p. 279) ; 2. 1690 fig. « difficulté » (Fur.). Composé de chien* et de dent* ; le mode de formation du mot est insolite en fr. (cf. dent de chien, FEW t. 2, p. 194b) ; le type chiendent remonte peut-être à un lat. médiév. *cani(s) dente, cf. l'a. fr. chevauqueue « prèle » continuant le lat. caballi coda (FEW t. 2, p. 530b et 533a ; v. aussi Nyrop t. 3, § 566).


Lire également la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


Vous pouvez lire la fiche extraite du site http://www.omafra.gov.on.ca pour découvrir les caractéristiques du chiendent.





















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Propriétés médicinales :


Selon Marc Questin, auteur de La Médecine druidique (1990, nouvelle édition inchangée 1997),

"L'herbe aux chien, louzaouenn ar c'hi, est une graminée commune aux vertus diurétiques si on l'utilise en tisane. Riche en sels de potasse le chiendent fournit en effet une bonne tisane diurétique, préparée par décoction d'une demi-heure à 20 g/l. Les animaux, guidés par leur instinct, en font d'ailleurs leur purge.

Tisane : faire bouillir une minute 30 g de la racine dans un demi-verre d'eau pour l'amollir suffisamment. Jeter cette eau à saveur amère et faire de nouveau bouillir le chiendent, que l'on aura écrasé, dans un litre et quart d'eau, jusqu'à réduction du litre. A la fin de l'ébullition, on peut ajouter 8 g de réglisse. On peut parfumer aussi avec un zeste de citron ou d'orange, sucrer avec du miel ou avec un sirop aromatisé.

Cette tisane est très recommandée aux goutteux et aux rhumatisants pour favoriser l'élimination de l'acide urique et des autres toxiques du sang ; on réalise un apozème très efficace en ajoutant au chiendent des feuilles de cassis et de la reine-des-prés.

La cure de chiendent apporte toujours - et dans un laps de temps assez court - un réel soulagement. Elle aboutit souvent, si on la prolonge, à la suppression totale des symptômes.

Vous pouvez aussi prendre le suc de chiendent pur (30 à 100 g pendant une semaine) ou encore incorporer quotidiennement dans votre salade une bonne poignée de feuilles fraîches coupées comme des fines herbes."

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Symbolisme :


Selon le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée RobertLaffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Le chiendent est, pour nous, synonyme de difficulté, de difficulté toujours renaissante, en raison de la peine qu'il faut prendre pour arracher du sol les longues racines de cette plante vivace.

Dans la Chine ancienne, où de tels soucis n'existaient apparemment pas, les racines de chiendent, blanches, avaient leur place dans les rites, en raison de la vertu purificatrice qui leur était reconnue. Selon Li-Ki, elles servaient à filtrer le vin du sacrifice. Mais leur couleur blanche les faisait surtout associer aux rites funèbres ou, ce qui est peu différent, aux rites de reddition. Le chiendent servait aussi de litière aux victimes sacrificielles. Le chiendent symboliserait l'occasion d'accroître ses forces psychiques, en les purifiant et ne les libérant par l'épreuve de la douleur. Il symbolise aussi, vulgairement, la rapide expansion et le continuel retour des mêmes obstacles et soucis."

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Bien que nuisible aux cultures et synonyme d'embarras, "de difficultés toujours renaissantes, en raison de la peine qu'il faut prendre pour arracher du sol les longues racines de cette plante vivace", le chiendent, vénéré par les Gaulois, est bénéfique dans les superstitions. Il est possible d'ailleurs que ce soit en voyant des chiens se purger avec cette mauvaise herbe que les hommes ont eu idée des vertus médicinales que pouvaient posséder les végétaux en général. En Savoie, les infusions de ses racines "guérissent à peu près toutes les maladies".

Le chiendent possède des pouvoirs de désenvoûtement : on peut chasser les mauvaises influences d'un lieu en l'aspergeant d'infusion de chiendent. On dit également qu'avoir du chiendent sur soi ou en placer sous son lit "attire de nouveaux amants" et que les dépressifs, pour remédier à leur état, ont tout intérêt à en mettre dans leur bain. Cette dernière propriété étant à rapprocher du symbolisme du chiendent : "Le chiendent symboliserait l'occasion d'accroître ses forces psychiques, en les purifiant et en les libérant par l'épreuve de la douleur".

Si on parvient à arracher un chiendent avec toutes ses racines, on trouvera attachée à la dernière une pièce d'or (Belgique), un bouton d'or, voire un diamant (France).

Les Chinois de l'Antiquité, qui associaient, à cause de leur couleur blanche, les racines de chiendent aux rites funéraires, leur accordaient aussi une "vertu purificatrice" et l'utilisaient pour "filtrer le vin du sacrifice".

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Littérature :


Dans Un Grison d'Arcadie (Éditions Denoël, 1999), Pierre Magnan raconte l'histoire de Pierrot, un jeune adolescent de condition misérable qui s'évade grâce à son amour des livres :


" Le dimanche, mes livres sous le bras, je montai au flanc du Mont d'Or où s'embroussaillaient tant de champs d'olivier dont tant de morts s'étaient à regret dessaisis. Une rude toison d'herbe folle s'épaississait sous eux d'année en année, interdisant à la pluie d'atteindre la terre où ils s'assoiffaient.. Je me musais dans le chiendent, bien plus beau chez nous de s'appeler groussan. "

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