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Nuin

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 31 déc. 2018
  • 20 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 avr.




Symbolisme :


Robert Graves, auteur de Les Mythes celtes, La Déesse blanche (Éditions Faber and Faber, 1948 ; traduction française : Éditions du Rocher 1979 et 2007) évoque l'ogam et en particulier la lettre N :


C'est dans l'Ogygie de Roderick O'Flaherty que j'ai trouvé mention, pour la première fois, de Beth-Luis-Nion, comme une authentique relique du Druidisme transmise oralementjusqu'à nous à travers les siècles On s'en serait servi jusqu'à une époque récente, uniquement pour des usages divinatoires. Il consiste en cinq voyelles et treize consonnes. Chaque lettre tire sn nom de l'arbre ou de l'arbuste dont elle est l'initiale.

Dans l'alphabet irlandais moderne les noms des lettres sont également des noms d'arbres et la plupart d'entre eux correspondent à la liste d'O' Flaherty excepté le T qui est devenu l'Ajonc, l'O le genêt et l'A l'orme.

[...]

N pour NION


Le troisième arbre est le frêne. En Grèce, le frêne était consacré à Poséidon, le second dieu de la trinité achéenne et l'on était plein d'attention pour les Mehai ou esprit du frêne. Selon Hésiode, les Mehai jaillirent du sang d'Ouranos quand Cronos le castra. En Irlande, l'arbre de Tortu, l'arbre de Dathi et l'arbre ramifié d'Usnech, trois des cinq arbres magiques qui furent abattus en l'an 665 de notre ère pour symboliser le triomphe du Christianisme sur le paganisme étaient des frênes. Un descendant de l'arbre sacré de Creevno, encore un frêne, était encore debout à Killura au XIXe siècle. Son bois passait pour un talisman contre la noyade et les émigrants pour l'Amérique, après la Famine de la Pomme de Terre, l'emportèrent avec eux par petits morceaux. Dans le folklore britannique, le frêne est l'arbre de la re-naissance. Dans son Histoire de Selborne, Gilbert White décrit comment on faisait autrefois passer les enfants, nus, dans le creux d'un vieux frêne étêté, avant le lever du soleil, pour les guérir de hernies. La coutume en survécut jusqu'en 1830 dans les campagnes reculées d'Angleterre. La baguette druidique portant une décoration en spirale et faisant partie d'un lot d'objets du début du 1er siècle, découverts à Anglesey, était en frêne. A propos du Combat des Arbres, il a déjà été fait mention du grand frêne Yygdrasil consacré à Woden-Wotan-Odin-Gwydion. Le dieu s'en servait come d'un coursier et il l'avait enlevé à la Triple Déesse qui, comme les trois normes de la légende scandinave, rendait la justice au pied de l'arbre. Poséidon demeura le patron des chevaux mais il devint également le dieu des navigateurs lorsque les Achéens prirent la mer, exactement comme Woden lorsque son peuple s'en alla sur l'eau. Autrefois, au pays de Galles et en Irlande, les rames et la quille des coracles étaient faites en frêne ; de même les fouets pour exciter les chevaux excepté lorsqu'on lui préférait l'if de la mort. Les dégâts causés par le frêne, à ce que conte Gwion, sont ceux dus à la nature nuisible de son ombre pour l'herbe ou le blé. De même que, dans le propre alphabet runique d'Odin, ce sont des rameaux de frêne qui forment toutes les lettres, les racines du frêne étouffent celles des autres arbres forestiers. Le frêne est l'arbre du pouvoir de la mer ou du pouvoir résidant dans l'eau et l'autre nom de Woden, « Yygr », d'où vient Ygdrasil, est évidement de la même famille que « hydra », le mot grec pour « mer » (littéralement « l'élément humide ».

Le troisième mois est celui des inondations et s'étend du 18 février au 17 mars. Durant les trois premiers mois, les nuits sont plus longues que les jours et le Soleil est considéré comme demeurant encre sous la tutelle de la nuit. Les Tyrrhéniens, pour cette raison, ne les considéraient pas comme faisant partie de l'année sacrée.

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Laura Tuan, autrice d'un livret d'accompagnement intitulé Les Tarots celtiques (Éditions De Vecchi S.A., 1998) propose un article sur l'ogam Nion :


"Frêne - Nion


Le frêne est l'arbre cosmique planté au centre du monde, cher à la tradition germanique. C'est en effet en restant suspendu à ses branches durant neuf jours et neuf nuits que le dieu Odin acquit la connaissance des runes, l'alphabet magique des dieux du Nord. Dans le mythe norvégien par ailleurs, le premier homme et sa femme Embla furent créés respectivement à partir d'un frêne et d'un orme.

La forme en demi-lune de ses graines en faisait une plante prophétique, car Lune, rêves et pouvoirs paranormaux sont toujours intimement liés dans l'histoire humaine.

Employé pour fabriquer des barrières, des outils et des armes, il ne devait jamais être abattu sans raison valable, sous peine de provoquer un grand malheur. Dans la mesure où il « courtise » les éclairs en les attirant, on le considère en outre comme un bon conducteur de force magique, surtout s'il est coupé au solstice d'été.

Avoir sur soi une baguette de frêne protège contre les morsures de serpent. Pour la même raison, il faudrait aussi se servir de son bois pour confectionner les manches des balais et les cravaches destinées aux chevaux indociles. Le frêne constituait un remède exceptionnel pour les enfants rachitiques : il leur suffisait de passer nus à travers une crevasse de son tronc. C'est le seul bois que l'on puisse faire brûler même quand il est vert, car sa fumée, semblable à un encens aromatique, ne cause aucune suffocation et ne pique pas les yeux. A noter également l'intéressant emploi de la sève fraîche qui suinte du bois ardent : désignée sous le terme de « manne céleste » ou de « salive des étoiles », elle fournit un excellent remède pour les nouveau-nés (en les faisant passer, toujours, trois fois à travers une faille du tronc) auxquels elle souhaite la bienvenue dans le monde.

Les feuilles portent aussi chance, spécialement si elles présentent un nombre de divisions pair. Il convient dans ce cas de les garder avec soi (à la boutonnière, sur le chapeau, ou dans la poche).

Cela dit, on raconte que le frêne a une âme cruelle, car son ombre empêche la croissance du blé et des céréales.

Dans le poème gallois Le Combat des arbres, le frêne, propriété de la triple déesse dispensatrice du destin, faisait office de monture au dieu Gwydion (Odin).

Associé au printemps, il était utiliser pour allumer des feux propitiatoires, à travers lesquels on invoquait les bénéfiques pluies printanières.


Divinité : Diancecht.


Les cartes : Dans la version printanière, le frêne magique se découpe sur un paysage agité par le vent et égayé par des sylphides ainsi que des elfes farceurs qui jouent de la flûte.

La carte de l'été, dominée par la salamandre, évoque la précieuse résine qui coule du tronc du frêne et la forme lunaire de ses graines, qui le rattache à la mutabilité du destin. A noter, sur la carte de l'automne, la feuille fichée dans le chapeau du gnome en guise de talisman porte-bonheur. La carte de l'hiver souligne en revanche l'emploi du bois pour fabriquer des outils et des clôtures.


Mots clés : Connaissance - Médiumnité - Rêve - Profondeur.


Printemps : A l'endroit : Précieuses intuitions à mettre à profit - Créativité - Études qui se déroulent bien - Examens - Diplôme - Projet impliquant une longue gestation - Capacités littéraires et artistiques - Génie - Connaissance - Application- Travail mental.


A l'envers : Peur et manque d'assurance qui nuisent au rendement professionnel - Idées préconçues - Jugements déformés - Créativité en crise - Prétentions supérieures aux capacités - Résultats d'amateur.


Été : A l'endroit : Amour platonique - Communauté d'idées et d'aspirations - Intuitions reflétant la vérité - Perspicacité - Rêves - Romantisme - Tendresse.


A l'envers : Illusions du cœur - Impossibilité de connaître à fond une personne - Partenaire fuyant et insensible - Insatisfactions - Déceptions - Fuites - Rêves irréalisables.


Automne : A l'endroit : Gains - Sommes remportées grâce à des intuitions et à des rêves - Investissements réfléchis - Besoin de s'informer et d'étudier à fond les possibilités offertes par le marché.


A l'envers : Affaires fumeuses - Intuitions fallacieuses - Promesses sur lesquelles on ne peut pas compter - Dépenses supérieures aux ressources - Investissements dont il faut se méfier, surtout s'ils sont liés au bâtiment.


Hiver : A l'endroit : Bonne santé - Rééquilibre énergétique - Médecines alternatives - Guérison d'un enfant - Grossesse et accouchement sans problèmes.


A l'envers : Baisse d'énergie - Problèmes circulatoires - Stress - Troubles d'origine alimentaire et psychosomatique - Enfants fragiles et tombant facilement malades - Larmes - Crises émotionnelles.


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Le temps : 19 février - 17 mars.


Le conseil : Chaque fois que vous avez l'impression de n'être personne et de ne plus avoir de buts, faites appel au dieu qui sommeille en vous et une lumière guidera vos pas."

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Selon Gwyddhyon, auteur de Ogham, Le Yi-King celtique des arbres (Éditions Charriot d'Or, 1999), le frêne est associé à diverses caractéristiques :

"Nom : Nuin

Lettre : N

Monde végétal : Frêne (Fraxinus excelsior)

Signification : L'amour ; la dualité ; le charme

Symbole : La chaîne des événements

Couleur : Turquoise

Direction cardinale : Nord.


Triades celtiques : Il est trois choses qui doivent se renforcer dans le monde : l'amour - la sagesse - la justice.


Monde de l'épreuve de l'Abred : Le frêne est l'arbre protecteur des enfants, c'est aussi l'énergie du renouveau et de la renaissance. Dans les traditions anciennes, on donnait du jus de branche de frêne aux nouveaux nés pour les protéger des influences négatives et favoriser leur croissance. Les druides utilisaient des baguettes de frêne pour les rituels de guérison.


Monde des âmes de Kenmill : Dans les rites anciens, les magiciens gravaient leurs sorts sur des morceaux de racine de frêne. Le frêne est le lien entre les mondes visibles et invisibles, les événements à venir et le passé. Il réconcilie les opposés et tisse la trame secrète des événements.


Monde ultime de Keugant : Le mystère de la naissance de l'humanité se trouve dans le frêne.


Images : La lune et le soleil.

Le bouclier des guerriers.

"Le frêne ne montra pas de pitié."

J'ai la persistance du vent qui souffle sur la mer."

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Dans Le Tarot Celte des arbres (Édition originale, 1998 ; Traduction française Le Courrier du Livre, 2001) Liz et Colin Murray associent Nuin à :


"Couleur : Vert bouteille.

Chiffre : 5 qui symbolise le contrôle de l'âme.


Le Frêne de l'Alphabet oghamique est le Frêne cosmique ou Arbre du Monde. Il apparaît aussi dans la mythologie nordique sous le nom d'Yggdrasil, l'arbre d'Odin (Woden, Wotan), qui s'y suspendit pour obtenir la connaissance secrète des runes, et dont l'équivalent celtique est Gwidion. Le Frêne a des racines qui pénètrent profondément et il acidifie le sol, rendant difficile la croissance d'autre végétation au-dessous. Ses branches sont épaisses et fortes. Dans la mythologie nordique, cet arbre traverse l'univers - ses racines dans l'inframonde, ses branches soutenant les cieux, et la terre à son centre. Dans la cosmologie celtique, il connecte les trois cercles de l'existence - Abred, Gwynedd et Ceugant - qui peuvent être diversement interprétés comme le passé, présent et futur, ou comme la confusion, l'équilibre et la force créatrice, il n'y a pas d'enfer, mais seulement une continuelle renaissance est faite de cercle en cercle, jusqu'à ce que la Terre des Bénis soit finalement atteinte.

Le Frêne peut être aussi considéré comme traversant le microcosme et le macrocosme, le petit monde et le grand monde. Dans cette interprétation, l'homme et les entités terrestres sont des reflets en miniature de l'univers, le cosmos se reflétant en nous, et exprimant ainsi la signification de la vieille expression : ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.

Etant donné que le Frêne porte lui-même des samares (fruits ailés), le choix de cette carte est une clef vers une compréhension plus universelle de la façon dont les choses sont liées, tout étant connecté, le terrestre et le spirituel, soi et le cosmos, le bas et le haut. Vos actions font partie d'une chaîne d'événements beaucoup plus grande, même infinie, et vos voies intérieures réagissent dans le monde extérieur. Considérer votre vie dans ce contexte plus large, être conscient d'être en connexion, et faire partie d'un cadre ou d'un système plus grand, apporteront une compréhension accrue de vos problèmes particuliers ou de vos questions spécifiques.

Une carte à l'envers indique l'insularité. Votre unicité est indéniable, mais il n'est pas nécessaire de vous couper du grand univers ou d'être effrayé par son immensité, et votre petitesse. Vous faites partie d'un grand ensemble, et vous ne pouvez éviter d'y être lié, et d'être lié par lui. Ouvrez-vous à ses influences grandes et petites et permettez à vos influences de s'écouler aussi en dehors en lui.


Mots-clefs : Monde intérieur et monde extérieur liés ; Macrocosme et Microcosme.

Cinquième mois : Mars."

Selon Alain Gesbert, auteur de B. A. - BA Oghams divinatoires (Éditions Pardès, 2002), l'ogham Nuin est associé à :


"Arbre : Frêne (un des trois arbres magiques pour les Celtes ; les deux autres sont l'If et, bien sûr, le Chêne.

Mot clé : Paix.

Association complémentaire : Renouveau ; Transformation nécessaire.

Lettre : N.

Couleur : Vert clair.

Période : 15 avril - 12 mai.


Nuin est un indice qui vous suggère de prendre votre vie en main, de l'équilibre et de trouver la paix intérieure ou l'harmonie en agissant au quotidien. Il ne sert à rien de méditer loin des autres dans sa petite tour d'ivoire. Le renouveau intérieur est nécessaire et doit se faire, le plus possible, au grand jour.

Visualisez ou imaginez l'harmonie d'une clairière avec, en son centre, un magnifique Frêne. Est-ce que le monde extérieur est le reflet de votre monde intérieur (et réciproquement) ? Est-ce que vous n'auriez pas une tendance à croire que les choses, les événements, sont comme vous les voyez (ou comme vous voudriez qu'ils soient) ? Se fier trop aux apparences extérieures les rend trompeuses. C'est le temps du renouveau, d'un nouveau cycle, avec une autre vision."

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Ellen Eert Hopman, autrice de A Druid’s herbal of sacred tree medicine (Destiny Books, 2008 ; traduction par Deepl) propose sa vision de l'ogham Nuin :


"Ash - Nion - [NEEN]


L'Irlande antique se composait de cinq provinces : l'Ulster au nord, le Leinster à l'est, le Munster au sud, le Connacht à l'ouest et le Meath au centre. Celles-ci correspondent aux cinq directions sacrées telles que les concevaient les Celtes irlandais. Chaque direction possédait certaines qualités intrinsèques. Le nord était la direction de la bataille (cath) et son énergie était associée aux conflits, à l’orgueil, à la guerre, à la capture forcée et à l’assaut. L’est était la direction de la prospérité (bláth). Son énergie était celle du foyer, de l’apiculture, de l’abondance, des beaux vêtements, des arts, de l’hospitalité, des concours, de la noblesse et des bonnes manières. Au sud se trouvaient la musique (séis) et toutes sortes de choses belles et poétiques : les cascades, les grands rassemblements, la sagesse subtile, l’honneur, l’érudition sous toutes ses formes, l’enseignement, le jeu d’idchell (une sorte d’échecs), l’art de la poésie, la modestie et la noblesse.

À l'ouest se trouvaient le savoir, la science, la conservation de l'histoire, les récits, l'éloquence, les alliances, les jugements, les enseignements et l'abondance. Le centre mystique était la direction du pouvoir sacré. Dans cette direction se trouvaient la royauté, l'intendance, la dignité, la renommée, la prospérité, l'art de conduire le char, l'art de la guerre, la maîtrise des arts, l'hydromel, la bière, la générosité et la maîtrise. Les deux centres sacrés du pouvoir étaient situés dans la province centrale mystique : le siège royal de Tara et la colline d’Uisneach, où se trouvait le feu perpétuel de l’archidruide. Tara et Uisneach étaient les « deux reins » de l’Irlande, reflétant le couple immuable formé par un souverain et son druide.

Aucun souverain ne pouvait régner efficacement sans un druide à ses côtés. Les druides étaient les gardiens de la loi qui conservaient les précédents juridiques dans leur mémoire, et sans eux, un roi guerrier était incapable de rendre des jugements éclairés.

Il existait cinq arbres légendaires qui semblaient refléter le même schéma quintuple des directions sacrées : le frêne de Tortu, le Bole de Ross (un if), Eo Mugna (un chêne), la branche de Dathi (un frêne) et le frêne d’Uisneach. Chacun de ces arbres était probablement le bíle (arbre sacré) de son district. Ces arbres étaient une grande source de fierté locale et la pire insulte qui puisse arriver à un royaume était qu’un ennemi abatte l’arbre sacré de la région tribale. Trois des cinq arbres étaient des frênes, ce qui laisse entrevoir la puissance de l’esprit du frêne.

La robustesse du frêne se reflète dans ses utilisations pratiques. Dans l’Europe antique, les frênes servaient à fabriquer des hampes de lance, des objets d’artisanat domestique et des arcs. Le mot proto-indo-européen désignant le frêne, « os », a donné naissance aux mots signifiant « lance » et « avelin » dans plusieurs langues européennes.

Le folklore de cet arbre extrêmement utile est riche. Dans la tradition grecque, on disait que Zeus avait créé les humains à partir de frênes. Yggdrasil était le frêne cosmique auquel Odin resta suspendu pendant neuf jours jusqu’à ce qu’il découvre les runes.

Le mot islandais pour « frêne », aske, signifie « flamme d’un grand feu », le frêne étant le meilleur bois de chauffage qui soit, pouvant même être brûlé vert. Le frêne était également un arbre fourrager important pour les agriculteurs du Néolithique.

Le frêne était considéré comme un arbre solaire, et son bois servait à fabriquer la bûche de Noël germanique. Les druides sculptaient des amulettes dans son bois. Les baguettes de sourcier en frêne étaient taillées au solstice d'été. Une baguette druidique en frêne ornée de spirales a été découverte à Anglesey, au Pays de Galles.

On disait que manger des bourgeons de frêne rouges au solstice d'été apportait une protection contre la sorcellerie. Les balais de sorcière, utilisés pour voler, étaient traditionnellement fabriqués à partir d'un manche de frêne avec des brindilles de bouleau et des liaisons de saule. Le frêne « attire la foudre » et était donc utilisé dans la magie de la pluie.

En Écosse, on croyait que porter les « clés » (graines de frêne) offrait une protection contre la sorcellerie maléfique. On disait que les serpents évitaient les frênes et leurs feuilles tombées ; on croyait qu’une vipère pouvait être tuée d’un seul coup porté avec un bâton de frêne. On portait autour du cou un collier de brindilles de frêne pour soigner les morsures de serpent, et on emportait des bâtons de frêne dans les bois infestés de serpents. Selon Pline, tracer un cercle avec une baguette de frêne autour d’un serpent le ferait mourir.

Les frênes servaient à prédire le temps. Si les chênes verdissaient les premiers, un temps sec s'annonçait. Si les frênes verdissaient les premiers, on prévoyait un temps pluvieux. Dans le Lincolnshire, en Angleterre, on disait que le frêne femelle, le « sheder », pouvait servir à dominer un sorcier, et que le frêne mâle, le « heder », pouvait servir à dominer une sorcière.

Dans le Leicestershire, un enfant atteint de verrues était emmené près d’un frêne en avril ou en mai. On enfonçait une épingle dans l’arbre, puis dans la verrue de l’enfant jusqu’à ce qu’il ressente une douleur, puis à nouveau dans l’arbre. L’épingle était laissée dans l’écorce et on récitait cette comptine : « Frêne, frêne, je t’en prie, enlève-moi cette verrue. » Dans les Highlands écossais, à la naissance d’un enfant, une branche fraîche de frêne était placée dans le feu. La sève qui s’écoulait aux extrémités était recueillie dans une cuillère et donnée à boire au nourrisson pour le rendre fort.

  Les enfants souffrant de hernies, de faiblesse ou de rachitisme étaient passés à travers une fente pratiquée dans un jeune frêne, avant le lever du soleil, alors qu'ils jeûnaient. La fente dans l'arbre était ensuite bouchée et, à mesure que l'arbre guérissait, l'enfant guérissait lui aussi. On croyait que si l'arbre était abattu par la suite, l'enfant serait à nouveau blessé. Pour éviter cela, l'arbre était criblé de clous, afin de dissuader les bûcherons. Dans le Herefordshire, une mèche de cheveux d'enfant était épinglée sur un frêne pour le guérir d'une mauvaise toux.

Pour en revenir à l’alphabet oghamique, le Word Ogham o Morainn mic Moín utilise l’expression cosdad sida, « contrôle de la paix », tandis que le Word Ogham o Mic ind Oic utilise bág ban, « concours des femmes », pour décrire le frêne. La description bág maise, « concours de beauté », provient de Briatharogam Con Culainn.

L’Auraicept na N-Eces (le Manuel de l’érudit) stipule que « c’est la cavité d’une poutre de tisserand appliquée au bois : c’est un signe de paix. Une vérification de la paix avec lui, c’est celle provenant du frêne de la poutre du tisserand. »

Certains traduisent le caractère oghamique correspondant au N par « nin » (fourche) plutôt que par « nion » (frêne), en se fondant sur d’anciennes gloses. Mais cela ne doit pas nous troubler. La fourche est un Y dressé qui soutient la poutre du tisserand.

Les significations oghamiques du mot « frêne » mentionnées ci-dessus peuvent être mieux comprises si l’on dispose d’un peu de contexte sur la vie à la ferme à l’époque où elles ont été établies. Le texte de la loi Brehon intitulé Cáin Lánamna énonce les règles de partage des biens d’un couple d’agriculteurs en cas de divorce. D'après ce texte, les tâches habituelles d'une femme de fermier comprenaient le labour, la moisson, s'occuper du bétail dans ses enclos, engraisser les porcs, moudre le grain, traire, cuisiner, et travailler avec son mari dans les champs. Elle était également chargée de carder, filer, teindre et tisser.

Le mari était souvent chargé des premières étapes du travail agricole, tandis que la femme s'occupait du produit fini. Dans un mariage où les deux conjoints apportaient une fortune égale, la femme ne recevait qu'un sixième de la laine encore en toison, un tiers de la laine peignée et la moitié du tissu. Le mari avait généralement fourni la plus grande partie du travail pour s'occuper des moutons, mais c'était la femme qui avait peigné la laine, filé le fil et tissé le tissu.

Avec le lin et le pastel, la répartition était similaire. Le mari avait effectué une plus grande partie du travail dans les champs, mais la femme avait traité les fibres pour le lin et les feuilles de pastel pour la teinture. Dans les Lois, les biens propres aux femmes comprenaient des outils pour le filage, le tissage et la couture, en particulier la rouet.

Les femmes de la noblesse s’adonnaient également au travail du tissu, au tissage et à la couture. Elles excellaient dans les travaux d’aiguille et la broderie. Qu’elles fussent de noble ou de modeste naissance, toutes les femmes rivalisaient pour confectionner les plus beaux atours possibles, pour elles-mêmes et pour leur famille. Le sens de l’ogham devient désormais clair. C’est le frêne de la poutre de la tisserande qui rend possible le « concours des femmes ». Alors qu’elles s’adonnent aux arts du tissage et de la broderie, elles se livrent à un « concours de beauté », ce qui laisse entendre que les femmes rivalisaient pour savoir qui était la plus belle. Une « vérification de la paix » résultait de cette compétition entre femmes. Cela implique que le concours était intense, voire d’une gravité mortelle, compte tenu de l’utilisation du frêne pour fabriquer les arcs des guerriers, les hampes de lances et des feux très ardents. Bien sûr, l’expression « vérification de la paix » a un double sens. Entre les mains des hommes, le frêne devient un outil de guerre mortel.


Usages traditionnels :

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D'après Julie Conton auteur d'un essai sur L'ogham celtique ou le symbolisme des arbres, l'oracle des druides (Éditions Mémoires du Monde, 2014) :























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Dans La Voix des Arbres (Édition originale, 2019 ; Tana Éditions, 2023 pour la traduction française) Diana Beresford-Kroeger transmet à son tour sa vision de l'ogham des Celtes :


"Nion - Le Frêne


Dans l’Antiquité, le frêne était un arbre mystique. Bon nombre de cultures le voyaient comme l’être primordial, l’arbre créé le premier, à partir de rien.

Les Abénaquis parlent du grand guerrier Glooscap, leur créateur. Glooscap tailla des fûts de flèche dans le duramen du frêne, les redressant par friction sur une pierre (une tradition éprouvée), puis il les durcit, en choisit une et tira sur un grand frêne blanc, Fraxinus americana La flèche perça le cœur de l’arbre, et les premiers membres de la famille humaine s’en déversèrent comme un ruisseau pour prendre leur place sur la planète.


Dans une saga nordique, l’arbre primordial était aussi un frêne : Yggdrasill. Cet arbre héroïque créait les âmes des non-nés et les protégeait entre ses branches puissantes. Il s’occupait d’elles tant qu’elles étaient à l’état d’embryon et, quand elles étaient prêtes, il les relâchait dans le monde.

Les hindous considèrent les arbres comme de grands luminaires qui ont atteint le plus haut plan du règne végétal. Dans de nombreuses régions d’Inde, les croyants ornent les arbres de couleurs et leur présentent du riz en offrande.

Les Celtes reconnaissaient la divinité de leur frêne, Fraxinus excelsior, qui dominait la cime des chênes. Son tronc sombre et gerçuré s’élançait vers les cieux. Avec ses grappes de samares sèches, c’était un aimant à passereaux. Le chant des rossignols s’élevait de ses branches. Son bois n’avait pas d’équivalent dans leur climat bruineux : il tenait le feu même quand on le coupait encore vert, car ses fibres étaient chargées d’huile, du duramen aux brindilles. Le frêne et la tourbe se mariaient naturellement pour apporter de la chaleur dans les foyers.

Les Celtes pratiquaient un jeu unique, le hurling, à l’aide de bâtons de frêne. Je viens d’une famille où ce jeu était très apprécié, et qui a compté quelques joueurs célèbres. Mon oncle Patric , connu dans le milieu du hurling sous le nom de Roc y Donoghue, avait de nombreux fans et filait comme une fusée. Il avait des choses très intéressantes à dire sur ce jeu, et sur le sport en général. À ses yeux, le plus grand danger pour la démocratie, ce sont les jeunes gens défavorisés qui restent désœuvrés. Une véritable poudrière ! Les Celtes se servaient du sport pour orienter les jeunes, leur permettre de prouver leur valeur et apaiser les sentiments belliqueux.

Il n’est pas étonnant que les grands poètes, les savants et les philosophes celtes aient accordé au frêne ce qui lui revenait. Ils l’honoraient pour sa noble stature dans le paysage et la façon dont il cimentait leur culture du bas en haut de l’échelle à travers le hurling, un jeu féroce et rapide, un jeu d’honneur qui n’avait rien à voir avec l’aisance matérielle, dans lequel les athlètes étaient distingués pour leur humilité dans la victoire.

Le frêne s’appelait nion et correspondait à la lettre N de l’alphabet oghamique, formée d’une ligne verticale d’où partent vers la droite cinq lignes horizontales.

Le frêne était peut-être la source de remèdes druidiques mais, si c’est le cas, ceux-ci se sont perdus. On trouve dans le frêne des Celtes et dans l’espèce nord-américaine un même composé chimique, l’escine, qui a un effet vasoconstricteur. Les Premières Nations s’en servaient pour se préparer à la chasse. Avant de partir, le chasseur se passait sur le corps une décoction d’écorce de frêne adulte, ce qui évitait que son odeur ne se diffuse, de sorte qu’il devenait indétectable pour sa proie, même s’il se tenait au vent par rapport à elle.

Il est aussi fort possible que la manne décrite dans la Bible — la nourriture envoyée aux fils d’Israël tandis qu’ils traversaient le désert pour rejoindre la terre promise — provienne d’un frêne. Le frêne à fleurs, Fraxinus ornus, pousse dans ce climat très chaud Ce petit arbre odorant a ceci de commun avec l’érable canadien qu’il présente lui aussi un excès de sucres, en l’occurrence des sucres d’endurance, idéaux sinon parfaits pour des gens en fuite. Pour extraire ces sucres, on fend l’écorce du frêne verticalement, ils s’écoulent aussitôt et s’accumulent en une masse blanche à mesure qu’ils sèchent en bas de l’incision. Cette manne contient quatre sucres complexes et un certain nombre d’actifs médicinaux. On cultive encore cette espèce à des fins alimentaires en Calabre, au sud de l’Italie, où on la considère comme une culture de rapport, au même titre que son cousin l’olivier."

Pandora Hearts, autrice, et Lydie Bossuet, illustratrice proposent un Oracle des arbres & des oghams (Éditions Secret d'étoiles, 2022) que je trouve particulièrement beau :


"Paroles de Nuin : Je suis Nuin, l'arbre Vecteur des Mondes, l'Yggdrasil. Mon tronc est la ligne physique entre mes racines, qui sondent les profondeurs du monde d'en bas, et mes branches liées à la lumière universelle des mondes d'en haut. Je rassemble les êtres dans un équilibre de la destinée commune, selon le plan cosmique déterminé. Je suis Nuin, l'arbre de la Connexion et du Destin.


Signification de la carte : Dans un tirage, Nuin vous invite à comprendre votre appartenance à un tout, votre connexion à tout ce qui existe dans l'univers. Il exprime le fait que vos pensées, vos actions, vos paroles font partie intégrante du plan divin et influent sur lui. Il suggère que toutes choses sont liées entre elles. Nuin vous convie à appréhender votre situation avec une vision élargie, pour obtenir des solutions. Cette compréhension universelle affermit votre équilibre.

Nuin, en tant qu'intermédiaire entre les mondes, peut vous inviter à étudier le chamanisme. Dans ce cas, il indique un éveil de vos talents de communication avec les plans parallèles. Il renseigne également dans un tirage spirituel sur une phase d'initiation fulgurante. Ainsi, vous devenez le lien médiateur entre toutes choses. D'un point de vue plus matériel, il peut vous conseiller de négocier pour le bien de tous.

Nuin indique que vous vous trouvez à la bonne place : la vôtre, celle de votre destinée. Il exprime ainsi que vous éprouvez un sentiment d'appartenance en adéquation avec vous-même. Il suggère parfois que cet équilibre est dû à votre maturité et vos sens des responsabilités.


Carte renversée : Lorsque la carte apparaît à 'envers, Nuin indique une personnalité déphasée, déséquilibrée. Ceci peut entrainer des actions ou des décisions aberrantes ou avertir sur des risques d'aliénation. Il met en garde contre des comportements et des actions violentes et agressives en dépit du bien-être commun. Il peut également dénoncer un despotisme frôlant la dictature. Ainsi, la situation est bloquée par un comportement tyrannique.

Nuin peut également indiquer que vous ne vous sentez pas à votre place. Dans ce cas, il vous conseille de vous ancrer et d'étudier vos besoins, pour vous permettre de retrouver votre équilibre. Ilpeut également dévoiler votre incapacité à comprendre les notions du grand tout universel et du destin. Nuin révèle parfois un comportement matérialiste surdéveloppé qui tire vers l'égoïsme.


Mots clés : Chamanisme - Intermédiaire entre les mondes - Destinée - Plan divin - Universalité - Equilibre - Médiation."

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