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  • Anne

Le Saule blanc




Étymologie :

  • SAULE, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1225 (Péan Gatineau, S. Martin, éd. W. Söderhjelm, 4445). De l'a. b. frq. *salha fém. « saule », cf. l'a h. all. salaha, all. Salweide. Le genre masc., qui est aussi celui de nombreux autres n. d'arbres, a remplacé le fém., att. en m. fr. et dans qq. pat. Saule a éliminé en fr. l'anc. forme sauz, issue du lat. salix, -icem « saule », att. dep. la 1re moit. du xiie s. ds Psautier Oxford, 136, 2 ds T.-L. et qui s'est maintenue dans les pat. ; cf. aussi saussaie. FEW t. 17, pp. 10-11 ; ibid. t. 11, pp. 100-103.

Lire aussi la définition du nom saule pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :


"Les saules sont de grands arbres aux feuilles allongées et aux branches souples, qui poussent au bord de l'eau, et dans les lieux humides. Ce sont en général des plantes très convenables. Pourtant, certaines années, ils se mettent à baver tellement que le sol est complètement trempé. En observant les branches, on peut voir comme de petits paquets de salive pleins de bulles, qui dégoulinent le long des branches, et mouillent la tête des passants. Les paysans appellent cela "crachat de coucou". En regardant sous les bulles, on découvre un insecte vert pâle, qui ressemble à une minuscule cigale : la cicadelle spumeuse.


Pourquoi font-ils ça ? Si les saules bavent c'est à cause de la cicadelle. Cette petite bête s'installe sur leurs branches puis en aspire la sève par un tout petit trou. Et comme elle a la peau sensible, elle se couvre d'une bonne couche de bulles, comme un mini bain moussant, qu'elle fabrique avec la sève du saule.


Une plante utile : Le saule est une plante utile : ses longues branches souples servent à faire des paniers. Quant à la cicadelle spumeuse, elle ne fait pas grand mal : le saule la supporte sans dommage.


Coucous cracheurs : Le crachat de coucou apparaît sur les saules au moment où le coucou revient de sa migration, au printemps, et lance son "coucou, coucou ! ". Aussi, on a longtemps cru que c'était lui qui crachait sur les branches..."

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Fleurs de Bach :


D'après Les Douze "Guérisseurs" et autres remèdes (1ère édition 1941, traduction française Centre Bach 2011) du Dr Edward Bach :


La fleur de saule est préparée "Pour ceux qui ont souffert de l’adversité ou de l’infortune et trouvent cela difficile à accepter sans plainte ou ressentiment, car ils jugent surtout la vie d’après le succès qu’elle apporte. Ils sentent qu’ils n’ont pas mérité une si grande épreuve, que c’était injuste, et ils s’aigrissent. Souvent, ils sont moins actifs et ont moins d’intérêt pour les choses de la vie dont ils profitaient auparavant."

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Selon Mechthild Scheffer, auteure du coffret de cartes Les Fleurs du Dr Bach, le chemin de l'harmonie psychique (1997, traduction française : Médicis-Entrelacs, 2001), la fleur du saule est "la fleur du destin" qui nous guide dans le processus de transformation "de l'amertume envers le destin... vers la prise en main de son destin".


Message de la carte :

Quelle est la vérité que je dois mieux comprendre ?

C'est à travers notre conscience et nos pensées que nous générons les événements que nous vivons. C'est pourquoi il importe de penser de manière constructive, dans le sens de notre Moi supérieur. La vie est cause et conséquence, action et réaction, donner et prendre.


Quelle est la décision qui pourra me reconnecter avec mon Guide intérieur ?

J’accepte le fait que tout événement que je vis est, d'une manière ou d'une autre, fonction de moi-même et qu'il constitue ainsi une potentialité constructive d'apprentissage pour moi ? J'essaye de voir immédiatement quelle est cette chance et d'agir en conséquence.


Ces signes me permettent de voir que mon potentiel positif de Saule s'accroît :

Je reconnais mieux les relations profondes de cause à effet d'un événement?. Je suis à même de considérer les deux aspects d'une situation et d'en accepter ma part de responsabilité personnelle.


État d'âme négatif : Découragement et désespoir : On se sent livré impuissant aux circonstances extérieures : aigri, on se considère comme "une victime du destin".

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Selon le site http://lesouffledessimples.com/, le saule pourrait s'exprimer ainsi :

Plus je regarde l'eau couler, plus je décèle en elle l'appel à la vie, elle est pour moi un mystère comme une divinité, je palpite avec elle sous mes pieds, je frémis de sa présence en toute chose.

Si vous acceptez la splendeur virginale de votre être, c'est elle en vous que vous acceptez, une part de vous qui ne peut être possédée.

Votre corps devient le lieu sacré intouchable et vous plongez vos pieds avec moi dans le renouveau, là où l'on laisse derrière soit les difficultés du passé, les regrets, les rancunes, mais aussi la recherche de l'âme sœur, du bon travail...

Cette chaleur rafraîchissante est notre sécurité sur la terre afin que nos graines s'ouvrent.


Le Saule est si vivant qu'il repoussera même en ayant été taillé à ras.

Il a longtemps été l'ami ou le coéquipier fidèle, car bien qu'élagués tous les deux ou trois ans pour faire des chevrons, des poteaux de constructions, des clôtures, devenir source de chauffage et de lumière ou semelle de nos sabots, il n'avait de cesse de revenir fleurir.

Aujourd'hui ses longues tiges jaune soleil sont encore tressées pour nos corbeilles et nos paniers.


Par son élixir :

Le Saule nous apprend à développer notre capacité à renouveler notre énergie lorsque l'adversité et les difficultés nous ont renversé. Il est le symbole de l'affirmation de la vie mais aussi celui de la tristesse et des lamentations.

Cet élixir nous ramène vers la souplesse de ses rameaux qui plient sans se casser, il nous propose de nous porter avec humour sur soi au bord de l'eau qui court et de nous détourner d'habitudes prises sur le terrain du drame émotionnel de la plainte et du reproche. Il fait s'écouler l'amertume.


Mots-clefs : Humour – Souplesse – Lâcher prise.

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Symbolisme :

Selon le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, l'osier possède un caractère sacré de protection ; il accompagne les naissances miraculeuses.


Selon les Lacédémoniens, Diane aurait été trouvée dans une touffe d'osier ; Osiris aurait bénéficié, chez les Égyptiens, du même privilège ; Moïse fut découvert sur les eaux du Nil dans une corbeille d'osier. Le rôle principal du Logos (le Verbe, la Parole) apparaît symbolisé, en Orient comme en Occident, d'une façon analogue, par l'osier et par le saule. La corbeille d'osier assure la protection."

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Selon Annie Pazzogna, auteure de Totem, Animaux, arbres et pierres, mes frères, Enseignement des Indiens des Plaines, (Le Mercure Dauphinois, 2008, 2012, 2015), le saule blanc est appelé par les Lakota Cohwanjica.


"Il est l'arbre de la régénération. Les pieds en terrain humide et peu élevé, il se revitalise constamment d'où son symbole de fertilité et de renaissance.

De taille moyenne, son tronc élancé se fissure en vieillissant. Il peut atteindre trente mètres de hauteur. Ses feuilles lancéolées et pointues sont argentées. Au printemps, les fleurs en chatons sont jaunes pour l'arbre mâle et vertes pour le féminin. Les Indiennes les gardaient afin de garnir les berceaux des bébés.

Très tôt, les Anciens connurent les propriétés antiseptiques, analgésiques et sudorifiques de son écorce qui se recueille sur les jeunes branches à l'apparition des bourgeons. L'écorce fraîchement écrasée, s'applique sur les traumas ou rhumatismes ; en inhalation, elle calme les maux de tête.

Au XIXe siècle, l'acide salicylique sera isolé et l'aspirine naîtra entre autres

C'est lorsqu'il est souple que les Indiens des Plaines prélèvent les rameaux pour construire leur Hutte à Sudation, dôme harmonieux disposé selon la position des planètes. Cohwanjica pousse en abondance le long des cours d'eau.

A six, douze, seize, vingt-quatre ou plus, la Sweat Lodge des Lakota revêt plusieurs formes selon l'usage qui lui est réservé.

Les perches sont écorcées en été. Elles donnent alors toute la force de leur substance lors de la première utilisation.

Non écorcée en hiver, il n'est pas rare de voir chaque perche prendre racines et former de nouvelles pousses.

Le souvenir d'Inyan le Rocher donnant tant sa substance lors de la Création qu'il en est devenu dur, pétrifié, est manifeste dans la Hutte. Les rocs, représentation du Grand Mystère, doivent être abordés avec le plus grand respect.

Lors de la rencontre de l'eau avec des pierres rougies à blanc, la vapeur formée pénètre l'armature de Saule qui dégage alors tous ses principes. Les maux de tête s'envolent ainsi que les problèmes respiratoires ou le mal être. De nombreuses affections sont traitées lors du rite de l'Inipi qui opère une naissance nouvelle dans les corps physique, mental, émotionnel et spirituel. Il ancre l'individu en la Terre Mère.

Saule Cohwanjica devient ainsi l'arbre qui permet le dépôt des vieux schémas, de faire le deuil d'un passé douloureux. Flexible, il donne la force de se relever, de s'élever.

Saule abrite aussi la femme en période menstruelle. IL est utilisé pour "tresser" la Moon Lodge où elle vient méditer et prier. Ce moment sacré lui permet parfois de recevoir des Visions. Les pierres brûlantes et la sauge sont présentes sans eau. Cette cérémonie est, paraît-il, oubliée chez les Lakota et ses chants "perdus". Il n'est pas indiqué d'emprunter ceux d'autres rituels.

Lors de guerres "pour l'honneur" les Indiens des Plaines touchaient leurs adversaires avec un "ba^ton à coups" et marquaient ainsi leur bravoure. Ils choisirent Saule, sans doute pour sa légèreté. Les "coups sticks" étaient souvent recouverts de la peau de Loutre "rapidité dans son élément, invincibilité due à la non pénétration". Cependant un fouet, un casse-tête ou tout autre instrument pouvaient servir à "toucher".

Pendant ces démonstrations, il arrivait au Heyoka, le Contraire, lui qui aurait eu le pouvoir d'annuler certains faits futurs, de tuer.


Récapitulatif : arbre de la régénération, de la fertilité, de la renaissance ; permet le dépôt des vieux schémas."

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Claire Tiberghien propose des méditations guidées vers quelques plantes classées en fonction de leur analogie avec les cinq éléments de la philosophie chinoise dans un ouvrage intitulé Équilibre et méditations par les plantes (Éditions Jouvence, 2016) :


Élément : Eau.


De son nom latin Salix alba, le saule blanc appartient à la famille des Salicacées. Sa force réside dans sa souplesse.

Les forces thérapeutiques de cette plante se trouvent dans son écorce. Elle a des propriétés fébrifuges, antalgiques, anti-inflammatoires et légèrement désinfectantes. Cela la rend efficace contre les maux de tête, les douleurs musculaires et articulaires, les grippes et les refroidissements avec fièvre. Une infusion de saule favorise l'élimination de l'acide urique en cas de rhumatismes ou de goutte.


Sur le plan psychique :

Le saule dissout les durcissements de la pensée et des sentiments, notamment les colères bloquées. Il apaise la fièvre de la passion et nous apprend à gérer notre irascibilité. Il apporte la paix intérieure, l'équilibre et éclaircit la pensée. Symbole de force et de souplesse, le saule ouvre le cœur au discernement, même si c'est douloureux. Il nous permet de passer de l'état de victime à celui de maître de notre destin, de ressentir nos forces intérieures et de les exprimer.


Grâce au saule, je peux affirmer :

  • Je protège mon jardin secret.

  • Je suis important et je me prends au sérieux.

  • Je prends ma vie en mains avec courage.

  • J'écoute mon intuition et je lui fais confiance.

  • Je réagis avec flexibilité aux défis du quotidien.

  • Je me transforme et me renouvelle chaque jour.

La méditation du saule :

C'est l'automne. La fin du jour approche et l'air semble limpide. La lumière du soir, comme suspendue à cet instant particulier, éclaire avec précision les contours de la campagne environnante. Vous marchez le long d'un chemin bordé d'herbes sèches. Vous êtes calme et détendu. Au loin, quelque nuages se détachent dans le ciel et la lune, pleine, apparaît à l'horizon. Elle se reflète dans les eaux argentées d'un petit lac paisible. Sur la rive, la silhouette d'un saule danse dans le crépuscule. Ses longues branches tombantes, si légères, si flexibles, se balancent dans la brise. Sa souplesse extérieure est en accord avec sa fluidité intérieure.

Tout dans le saule est mouvement, de ses racines profondes parcourant la terre à la recherche de l'eau, jusqu'à son feuillage argenté qui scintille dans l'air et la lumière. Vous vous approchez et vous percevez, dans la brume éphémère qui parcourt le lac, des nymphes jouant dans le miroir de la lune. Elles glissent autour du saule, le traversent et l'entoruent, légères. Elles vous rellient au bercement des feuilles. Vous ressentez une sensation de suspension.

Le saule vous raconte l'immortalité, le plaisir de toujours grandir. Il vous parle de la richesse de splantes et de vos capacités à c

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Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience :


"Ma conversation avec José confirmait que mon rêve correspondait à une ancienne tradition. Comme Huichol et chaman, cela ne lui posait aucun problème d'accepter que j'aie pu rencontrer l'esprit d'un arbre qui pouvait m'aider à guérir les gens. Étant moi-même un Américain blanc de classe moyenne, j'ai été en revanche pendant des années en proie à la question "suis-je en train de tout inventer ?".

C'est LA question - le monstre pourrait-on dire - auquel doit se confronter tout Occidental qui s'aventure dans le domaine du rêve. Et il n'y a qu'une seule façon de maîtriser ce monstre : mettre le rêve à l'épreuve et voir si ça marche. Si la magie du Wind Tree peut effectivement guérir les gens, quelle importance cela a-t-il de savoir si je suis en train de tout inventer ?

Il y a quelques années, j'ai guidé un groupe d'élèves dans le rêve du soin avec le saule. Nous étions assis en cercle, partageant nos rêves. Un homme, un médecin a dit qu'il y avait un aspect de son rêve qu'il ne savait pas interpréter. " L'Esprit du Saule me répète sans cesse, "Lève les yeux ! Lève les yeux ! Lève toujours les yeux ! "

Un mois plus tard, j'ai revu ce médecin, qui m'a raconté l'histoire suivante :


J'ai une patiente pour lequel le remède du saule semblait parfait, aussi le lui ai-je donné trois fois. Quand elle est revenue me voir après le premier traitement, elle a insisté pour que je lui dise ce qu'était "ce merveilleux remède". En même temps, elle n'arrêtait pas de tourner la tête vers un saule posé sur le rebord de ma fenêtre. Elle a dit alors cette chose étrange et merveilleuse : "Cette plante est tellement belle, j'aimerais être cette plante !"

Je lui ai demandé de me raconter ce que le traitement lui avait fait, et elle cita une longue liste d'améliorations de ses troubles psychiques. Mais, dit-elle, voici le meilleur. Je ne l'avais pas réalisé avant, mais toute ma vie j'ai été dépressive. J'étais tellement négative ! C'était comme si mon regard intérieur était toujours tourné vers le sol, et que je ne pouvais voir que la terre. Mais à peine suis-je sortie de chez vous la dernière fois que j'ai entendu une voix intérieure qui me disait : "Lève les yeux ! Lève les yeux ! Lève toujours les yeux !", et maintenant c'est comme si je voyais toute la beauté autour de moi pour la première fois !"

A ce moment-là je lui ai dit que la plante sur le rebord de ma fenêtre ainsi que le remède que je lui avais donné étaient l'un et l'autre du saule. J'ai partagé avec elle mon rêve du saule et je lui ai dit que j'avais entendu moi aussi la voix disant "Lève les yeux !". Elle était tellement émue qu'elle s'est mise à pleurer. Au traitement suivant, elle m'a apporté un poème qu'elle avait écrit pour remercier l'esprit du saule."


Ces expériences de la classe, du médecin et du patient, d'où venaient-elles ? Existe-t-il un esprit du saule ? Et si c'est le cas, qu'est-ce réellement ? Est-ce que tout cela est important ? A l'évidence, c'était important pour le jeune médecin. En dépit de son expérience avec l'esprit du saule et sa patiente dépressive, il décida que nous avions inventé tout cela, et il arrêta de pratiquer le soin avec l'esprit des plantes.

[...]

C'est le printemps. Une graine de saule éclot et commence à grandir pour devenir un arbre. Elle ne sera pas un brin d'herbe, une truite ou un termite. Elle sera un saule. Elle a la vision intérieure de la "saulalité" et la consultera comme un plan de montage chaque fois que cela sera nécessaire : "Hum, voyons... Il y a un bon soleil, les ressources en eau, minéraux et nutriments du sol sont bonnes : il y a donc possibilité d'une croissance plus importante. Faut-il que nous ajoutions quelques nervures ? Voyons ce que dit le plan... Non, non, pas de nervures, nous sommes supposés faire du bois. Du bois de saule pour être précis."

Maintenant, le saule doit décider où et comment exactement faire du bois. Doit-il pousser près du sol en forme de buisson, ou bien svelte et en hauteur ? Doit-il pousser tout droit, ou bien s'incliner un peu de ce côté, ou de celui-ci, pour avoir plus de soleil ? Laquelle de ses branches doit grandir en premier ? Peut-être faudrait-il qu'elles poussent toutes en même temps ? Il y a des milliers de décisions à prendre.

Je ne suis pas très différent d'un saule. Moi aussi je grandis, je consulte la vision que je porte dans mon âme, et je prends des décisions sur la façon de transformer cette vision en réalité. Mais il y a une différence entre la façon dont grandissent le saule et la mienne : le corps du saule n'arrête pas de grandir jusqu'à son dernier jour, alors que j'ai achevé ma croissance il y a de nombreuses années. Quelle que soit la croissance que j'aie pu réaliser depuis, elle n'a été que dans mon esprit et mon intellect. Et j'ai eu beaucoup de croissance à réaliser dans ces domaines, parce que mon éducation m'avait rabougri."

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Mythes et légendes :


Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des fées et des autres esprits de la nature (Éditions Plume de carotte, 2014), le saule promet "de jolis guet-apens".


Habitats perchés : Le long des berges slaves, de majestueux saules étendent leurs branches souples au-dessus des eaux pour former un décor plein de charme. Mais les nuits d'été" offrent un spectacle plus merveilleux encore. Lorsque le clair de lune s'invite dans le ciel, un léger bruissement de feuilles se fait entendre; Nulle brise, si légère soit-elle, ne trouble pourtant l'air ambiant. Il faut lever les yeux pour dissoudre ce mystère. Assises sur les branches de saules, de belles Roussalki se balancent en bavardant gaiement. Durant la chaude saison, ces nymphes aquatiques trouvent refuge dans ces arbres et les Bouleaux avoisinants. Prenez garde de ne pas succomber à leur charme car leur beauté n'a d'égale que leur férocité. Il semblerait que vous n'ayez en revanche rien à craindre des esprits habitant dans les saules pleureurs. Enfin, c'est selon [...]


Une cruauté sans nom : Il faut croire que les saules sont universellement associés à des créatures maléfiques. Dans le Jura, il est ainsi une saulaie où trois fées vêtues de blanc punissent tout promeneur imprudent venant troubler leur repos dès la tombée de la nuit. Jadis, des créatures identiques logeaient dans un saule creux des Alpes françaises, près de Corps. Malheur à ceux qui s'aventuraient trop près du tronc ! elles tranchaient la tête des pauvres gens avant de la repositionner à l'envers...

L'Angleterre n'est pas dépourvue d'arbres dangereux. Lorsque la nuit tombe dans les campagnes et les forêts, certains vieux saules se déracinent pour mieux pourchasser les flâneurs inconscients... Cette croyance tirés du folklore traditionnel est devenue célèbre grâce à Tolkien. dans son livre Le Seigneur des anneaux, le Old Man Willow, traduisez "Vieil-Homme-Saule", attire jusqu'à lui les personnes entrant dans sa forêt. Bercés par le murmure du vent dans les branches, les intrus s'assoupissent contre le tronc du vieil arbre qui élargit ses fissures pour engloutir ses victimes... Par chance, les personnages de Tolkien sont libérés à temps de l'enchantement. Mais le Vieil-Homme-Saule s'extirpe de terre pour les pourchasser, sans pouvoir toutefois parvenir à son but.


Sorciers emprisonnés : A la faveur de la nuit, les arbres têtards, tout à la fois bossus et tordus, affichent d'inquiétantes silhouettes. Notre imagination ne serait pas seule en cause. Selon Pierre Dubois, les trognes des saules et des charmes ne seraient autres que des Agriffeurs, des adeptes du sabbat métamorphosés après avoir été surpris par l'aube."

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Littérature :


Dans L'Homme à l'envers (Éditions Viviane Hamy, 1999), Fred Vargas permet au commissaire Adamsberg de faire le tri dans ses idées flottantes en se rendant près du Rhône :


"Assis dans l'herbe au bord du Rhône, à l'écart d'une petite route qui longeait la berge, dans une sorte de clairière à l'horizon bouché par des haies de saules, Adamsberg plongeait dans la rivière une longue branche et luttait du bout de cette branche contre le courant. Le flux se rompait avant l'obstacle, se reconstituait après, des feuilles mortes passaient en courant dessus ou dessous la branche. Bien sûr, cela n'allait pas l'occuper toute la vie. [...]

Il leva la branche hors du fleuve, consulta sa montre intérieure. Entre huit heures vingt et la demie. Il avait oublié d'écouter la radio à huit heures.

Il était donc sans nouvelles du grand loup.

Il déposa la branche le long de la berge, un peu dissimulée dans l'herbe. Il serait peut-être content de la revoir demain, qui sait, qui peut dire. C'était une longue et solide branche, très pratique pour discuter paisiblement avec les fleuves. Il se leva, frotta vaguement son pantalon froissé pour le débarrasser des herbes. Il irait manger quelque chose en ville, retrouver du bruit, du monde, peut-être une tablée d'Anglais, avec de la chance.

Il secoua la tête. Il était un peu désolé d'avoir raté le grand loup.

[...]

Camille le repéra après presque une heure de marche, dans une clairière étroite et silencieuse, isolée au milieu des saules. Elle s'arrêta à une vingtaine de pas, Adamsberg s'était assis tout au bord de la berge, les pieds touchant l'eau. Il ne faisait rien, selon toute apparence, mais pour Adamsberg, être assis dehors constituait une occupation en soi. A dire vrai, constat Camille en l'observant mieux, il faisait quelque choses. Il plongeait une longue branche dans le fleuve et son regard n'en quittait pas l'extrémité, attentif aux mouvements du flux qui se brisait contre le faible obstacle. Fait assez inhabituel, il avait gardé sur sa chemise le harnachement de son holster, ceinturage de cuir toujours un peu impressionnant, qui contrastait avec sa tenue négligée, la chemise fripée, le pantalon de toile fatigué, les pieds nus. [...]

Il l'observa un court moment. Cette veste grise, trop longue pour elle, dont les manches tombaient sur les doigts, ce jean clair et ces bottes noires ne laissaient aucun doute. Camille était bien la fille de la télévision, la fille de la place de Saint-Victor-du-Mont, appuyée contre le vieux platane. Il détourna le regard.

- Qui me glisses entre les mains, répéta-t-il, en plongeant à nouveau sa branche dans l'eau. Il faudrait une bien terrible exigence pour te décider à venir jusqu'à moi. Une sorte d'intérêt supérieur.

Camille ne répondit pas.

- Que t'arrive-t-il ? demanda-t-il doucement.

Camille passa ses doigts entre les brins d'herbe sèche, freinée par la gêne, tentée par la fuite.

- J'ai besoin d'aide.

Adamsberg leva la branche hors de l'eau, changea de position et se plaça face à elle, jambes croisées. Puis, avec des gestes attentifs et précis, il déposa la branche devant ses genoux, entre eux deux. Elle n'était pas droite et, d'une main, il rectifia sa position. Adamsberg avait de très belles mains, solides et équilibrées, grandes pour sa taille. [...]

- Oui. Je veux savoir si tu couches avec lui, par exemple.

- Est-ce que cela te concerne ?

- Non. Les loups non plus ne me concernent pas. Ni les assassins. Ni les flics. Ni rien ni personne. Cette branche de saule, peut-être, dit-il en effleurant la baguette de bois placée entre eux deux. Et moi, de temps à autre.

- Bien, dit Camille en soupirant. Je vis avec lui.

- On comprend mieux comme ça, dit Adamsberg.

Il se leva, ramassa la branche de saule et fit quelques pas dans la clairière."

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Martin Cruz Smith, auteur de Chiens et loups (Éditions Titanic Productions, 2004 ; traduction française Robert Laffont, 2006) raconte notamment comment la faune et la flore vivent à nouveau dans la zone sinistrée de Tchernobyl :


Une fois dehors, il trouva aux saules une allure de jeunes filles timides perchées sur un pied dans l'eau. Le fleuve, gonflé par l'averse, sentait la terre et grondait sourdement. Cela faisait quelque temps qu'Arkady n'avait pas couché avec une femme et il se sentait plein d'ardeur. Quand on souffle sur des cendres froides..., songea-t-il.