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  • Anne

Le Micocoulier




Étymologie :

  • MICOCOULIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1547 (Ch. Estienne, De lat. et graec. nomin. arb. ds Gdf. Compl. : Lotos est un arbre nommé en Provence micacoulier) ; 1557 micocoulier (L'Escluse, Traduction de Dodoens, Histoire des plantes cité par Roll. Flore t. 10, p. 94). Mot prov. issu du gr. mod. μ ι κ ρ ο κ ο υ ̃ κ κ ι (Th. V. Heldreich, Die Nutzpflanzen Griechenlands, p. 19 d'apr. H. Schuchardt ds Z. rom. Philol. t. 28, p. 194) par dissimilation du 3e k en l et perte du ρ peut-être par dissimilation en face de ce l (v. FEW t. 20, p. 20b).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


Lire la fiche proposée par le site http://www.futura-sciences.com/

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Utilisation :


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Symbolisme :


Selon le site du Jardin des Oules :


"Dès le Moyen Age, associé à la religion, le micocoulier était planté à côté d’une chapelle, d’une église (il servait souvent de clocher) : de ce fait, il devint souvent arbre à palabre du village. Les prieurés, les monastères, du sud de la France principalement, s’entouraient volontiers de micocouliers, pour son aspect « sacré » mais aussi pratique (fabrication de fourches, de manches d’outils)."

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Mythes et légendes :


Dans Arbres filles et garçons fleurs, Métamorphoses érotiques dans les mythes grecs (Editions du Seuil, février 2017), Françoise Frontisi-Ducroux nous relate le mythe associé à Dryopé :


"Dryopé n'est plus une jeune fille. Elle n'a pas échappé au viol : Apollon lui a fait un enfant et elle a eu la chance de trouver un bon mari. Elle est heureuse. Son lait est abondant. Elle promène son fils et lui cueille des fleurs. Mais en touchant à un lotos pourpre (un jujubier ou un micocoulier), elle voit des gouttes de sang couler des fleurs et les rameaux frissonner. Elle ignore qu'il s'agit de la nymphe Lotis, volontairement métamorphosée pour échapper à la lubricité de Priape. Épouvantée, Dryopé s'enfuit, mais se sent paralysée. Ses pieds s'enracinent, l'écorce monte et l'enserre, sa tête se couvre de feuilles et son enfant sent le sein maternel se durcir et le lait se tarir. Il ne reste d'elle qu'un lotos qui a encore la force de parler pour demander que la nourrice mène l'enfant sous l'ombrage de sa mère pour l'y allaiter.

Tel est le récit d'Ovide (Métamorphoses, IX, 330 s.), qui enchâsse dans l'histoire de Dryopé celle de Lotis, également transformée en lotos, mais conformément à la norme, si l'on peut dire, en fuyant son agresseur divin. (Selon une tradition rapportée dans les Fastes, I, 415, Ovide explique le sacrifice rituel d'un âne à Priape par l'intervention intempestive de la monture de Silène dont les braiments auraient éveillé la nymphe sur le point d'être violée). Avec Dryopé, le poète renouvelle le motif. Au lieu d'une vierge isolée, c'est une mère de famille qui subit la métamorphose, entourée de témoins : le bébé, dont l'allaitement est interrompu ; sa sœur, qui par son étreinte essaie vainement de ralentir la croissance du tronc ; puis son époux et son père qui arrivent juste à temps pour recueillir les dernières paroles de Dryopé et ses adieux. L'effet dramatique joue sur un registre différent.

Antoninus Liberalis (Les Métamorphoses, XXXII, d'après Nicandre) raconte l'histoire autrement :


Dryopé gardait les moutons de son royal père, tout en jouant avec les nymphes hamadryades qui l'aimaient fort et dansaient avec elle. Apollon l'aperçut au milieu de leurs chœurs et la désira. Il se changea en tortue dont Dryopé se fit un jouet ; puis en serpent, qui épouvanta les nymphes et les mit en fuite. Il put alors tout à son aise violer Dryopé, qui se maria très vite et mit au monde le fils du dieu. L'enfant devint un très bel homme et fonda un sanctuaire dédié à Apollon. Un jour où sa mère s'y rendait, des nymphes hamadryades, "par amitié", l'enlevèrent et firent à sa place pousser un peuplier, et jaillir une source. L'histoire ne s'arrête pas là, car deux jeunes bavardes, qui avaient vu et raconté la disparition de Dryopé, furent transformées en sapins par les nymphes.

Le nom de Dryopé fait référence au chêne, drus-druos, mais Dryopé, "mademoiselle Duchêne" ne devient pas un chêne. Un lotos selon Ovide - jujubier ou micocoulier -, un peuplier - aigerios ; populus nigra - selon Antoninus Liberalis. Et chacune des deux versions est accompagnée d'une autre métamorphose. C'est un motif fécond qui met en évidence la prolifération mythique à travers la contagion métamorphique. Dans le récit d'Ovide, au début, tout se passe bien pour Dryopé. Une jeune fille, aimée d'un dieu, devient enceinte, par viol certes, mais elle trouve un époux pour régulariser la situation et élever son fils, lequel fera souche C'est ainsi que les grandes familles peuvent s'enorgueillir d'une origine divine. L'histoire de Dryopé s'inscrit jusque-là dans une série de récits à issue positive - après quelques souffrances : Europe, Io, Alcmène... Mais en touchant le lotos, Dryopé fait entrer son histoire en contact avec une autre série, celle de Daphné et des filles qui refusent le sexe mâle, fût-il divin. Et elle subit leur sort par l'intermédiaire de Lotis. Elle réalise ainsi la virtualité que son nom Dryopé promettait. Car le nom du chêne possède aussi une valeur générique et peut désigner l'arbre et le bois, on le verra plus loin.


Chez Ovide, deux métamorphoses sont canoniques : Lotis et Dryopé deviennent des arbres. Chez Antoninus Liberalis, le cas est plus complexe. Dryopé disparaît. C'est un aphanismos par enlèvement et remplacement. Nous avons vu que ces deux possibilités, qui correspondent à deux perceptions différentes de l'événement, sont équivalentes. Cette alternative intègre cependant le récit à une série autre, où la substitution n'est pas nécessairement végétale, mais peut être minérale (Alcmène) ou animale. Cependant Dryopé, du même coup, devient une nymphe, selon Antoninus Liberalis. Puisque ses amies, les nymphes, sont des hamadryades, qui font corps avec les arbres, on peut supposer que Dryopé devient simultanément le peuplier qui pousse à sa place. Dans la logique mythique, une solution n'exclut pas l'autre. Quant aux jeunes filles transformées en sapins, elle rejoignent aussi une autre série, celle des bavards punis, qui peuvent devenir pierre (Battos) ou animal (Galinthias, la belette). (Note : A la mort d'Alcmène son corps disparut, remplacé par une pierre. Elle-même, étant mère d'Héraclès, fut transportée dans l'île des Bienheureux. Battos fut pétrifié pour avoir trahi la promesse faite à Hermès de ne pas révéler qu'il l'avait vu voler les vaches d'Apollon. Quant à Galinthias, elle fut transformée en belette par Héra pour avoir favorisé par une exclamation de bienvenue la délivrance d'Alcmène, contre la volonté d'Héra, qui voulait empêcher la naissance d'Héraclès.)."

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Poésie :

Le Micocoulier

A Antibes rue de l’hôpital Où l’herbe à chat Surgit Encore indemne entre les pavés Il y a un grand micocoulier Il est dans la cour de l’asile des vieillards Eh oui c’est un micocoulier Dit un vieillard de l’asile Assis sur un banc de pierre Et sa voix Est doucement bercée par le soleil

Micocoulier Et ce nom d’arbre Roucoule Dans la voix usée

Et il est millénaire Ajoute le vieil homme En toute simplicité Beaucoup plus vieux que moi Mais tellement plus jeune encore.

Millénaire et toujours vert Et dans la voix De l’apprenti centenaire

Il y a un peu d’envie

Beaucoup d’admiration

Une grande détresse

Et une immense fraîcheur.


Jacques Prévert, Arbres (1976).

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