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Straif

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 1 janv. 2019
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 avr.





Symbolisme :


Robert Graves, auteur de Les Mythes celtes, La Déesse blanche (Éditions Faber and Faber, 1948 ; traduction française : Éditions du Rocher 1979 et 2007) évoque l'ogam et en particulier la lettre Z :

















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Dans Le Tarot Celte des arbres (Édition originale, 1998 ; Traduction française Le Courrier du Livre, 2001) Liz et Colin Murray associent Straif à :


Couleur : Violet.


L’Épine noire est un arbre hivernal. Les fruits, appelés prunelles, ne mûrissent et ne s'adoucissent qu'après les premières gelées. Les fleurs blanches s'ouvrent tôt, souvent avant l'apparition des feuilles. On appelait traditionnellement un printemps froid un hiver à épines noires. A écore noire et à épines dangereuses, l’Épine noire forme de denses fourrés quand on leur laisse l'occasion de se répandre. Le mot gaélique straif a des liens avec l'anglais strife (querelle). Le bois de l’Épine noire est traditionnellement utilisé pour faire les triques irlandaises, ou shillelagh, on utilise ses épines dans la sorcellerie pour percer les images de cire. L’Épine noire est la carte qui représente la forte action du destin, ou des influences extérieures, sur votre vie et votre voyage, qu'il faut prendre en considération. Vous pensez peut-être que vous n'avez d'autre choix, si déplaisant que ce soit, que de laisser les événements s'emparer de vous, vous mettant de force sur une voie dure, mais inévitable. Un changement inattendu, ou la ruine de vos projets, peut être impressionnant, mais vous devez accepter qu'il y ait parfois des problèmes auxquels il faut faire face, et des décisions à prendre qui sont inévitables. Cependant, de même qu'in verre peut être considéré comme à demi vide ou à demi plein, selon la perception qu'on en a, ainsi, lors de votre voyage spirituel, vous pouvez entrer dans une période difficile, perturbante, d'une façon négative, nuisible, ou d'une façon positive, bénéfique.

Si vous persistez dans votre point de vue négatif, essayant d'adhérer à vos anciennes façons, et faisant face à vos difficultés avec ressentiment ou entêtement, vous finirez par vous nuire. En revanche, vus pouvez accepter de bon cœur des événements inévitables, en maîtrisant votre résistance et en ayant recours à votre force spirituelle, devenant ainsi capable de reconnaître une direction ou une occasion nouvelle, quand elle émerge du chaos, et travailler avec. Avec le temps, vous devrez ainsi réaliser que si votre vie, ou vous-même, s'est peut-être drastiquement altérée, vous avez néanmoins accédé à une phase nouvelle, satisfaisante, purifiée et renouvelée dans ce processus.

Il n'y a pas de position inversée pour cette carte. Acceptez que ce qui sera, puisse être du. Aussi, qu'un hiver de mécontentement puisse mener à un changement fructueux et à un nouvel épanouissement, si vous avez la force et la détermination de voir la possibilité et de voyager volontiers dans sa direction.


Mots-clefs : Pas de choix si déplaisant que ce soit - Purification.


Traduction : Épine noire.

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Selon Gwyddhyon, auteur de Ogham, Le Yi-King celtique des arbres (Éditions Chariot d'Or, 1999), le prunellier est associé à diverses caractéristiques :


"Nom : Straiff

Lettre : Z

Monde végétal : Prunellier (Prunus spinosa)

Signification : La colère

Symbole : La vision obscurcie

Couleur : Rouge - Pourpre

Direction cardinale : Sud.


Triades celtiques : Il existe trois types de violence contre le cercle de Keugant : l'orgueil - le parjure - la cruauté.


Monde de l'épreuve de l'Abred : Les épines du prunellier provoquent souvent de petites plaies difficiles à cicatriser. Ce petit arbre associé aux rites antiques du renouveau est aussi le symbole de la destinée imprévisible. Afin de rendre cette dernière plus aimable, le prunellier offre le bon conseil suivant : purifier le corps, les pensées et les émotions.


Monde des âmes de Kenmill : Souvent la vision du monde est obscurcie par des émotions négatives projetant un voile douloureux et subjectif sur les perceptions. Purifier les émotions et les énergies subtiles permet de sortir du Monde Obscur et de retrouver la lumière de la voie.


Monde ultime de Keugant : Le prunellier montre à la fois la douleur du monde et la façon de s'en débarrasser en enlevant les voiles de l'illusion. Seul un nettoyage profond du conscient et de l'inconscient peut provoquer cette renaissance initiatique.


Images : "Le rouge le plus vif".

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Selon Alain Gesbert, auteur de B. A. - BA Oghams divinatoires (Éditions Pardès, 2002), l'ogham Straif est associé à :


Arbre : Prunier.

Mots clés : Destin - Karma.

Association complémentaire : Les lois de causes et d'effets - Ce qui est légal.

Lettre : Z.

Couleur : Violet vif.


Certains événements extérieurs arrivent mais ne dépendent pas de vous. Rester un observateur impartial est la plus sage des réactions. En fin de compte, c'est plus votre réaction intérieure qui est importante : cela n'empêchera pas l'événement d'arriver, mais, en changeant votre point de vue, votre manière de réagir, il aura moins de prise sur vous. Les imprévus sont difficiles à prendre en charge, mais, en évaluant prudemment la situation ou en l'acceptant, vous pourrez trouver une solution.

Le défi de Straif est de transformer une expérience négative en un renouvellement positif. Derrière le négatif se cache souvent un allié qu'il faut apprendre à reconnaître ou à écouter.

Visualisez ou imaginez un prunier en fleurs, observez son tronc et ses meurtrissures, puis, de nouveau, admirez la beauté d'un arbre en fleurs.

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D'après Julie Conton auteur d'un essai sur L'ogham celtique ou le symbolisme des arbres, l'oracle des druides (Éditions Mémoires du Monde, 2014) :
























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Dans La Voix des Arbres (Édition originale, 2019 ; Tana Éditions, 2023 pour la traduction française) Diana Beresford-Kroeger transmet à son tour sa vision de l'ogham des Celtes :


"Straif - Le Prunellier


L’homme au bâton de prunellier venait toujours parler de mariage. Il approchait lentement des fermes, comme si ses pensées lui pesaient. Il était à l’affût de certaines qualités, d’un comportement, de la robe luisante des veaux, du degré d’hospitalité imposé par les lois des brehons. Son regard parcourait les champs, et son expérience lui permettait de juger de la qualité de la terre. Car la terre était cruciale dans le monde celte.

Cet homme était le marieur, le babhdóir Le premier marieur qui s’est présenté à la ferme de Lisheens quand j’étais enfant m’a prise au dépourvu. Il ressemblait à un grand ours blond, mais il avait le traditionnel bâton de prunellier. On m’a envoyée m’asseoir dans le salon. J’ai entendu qu’on haussait le ton. J’ai quitté le salon et je me suis approchée discrètement de la porte de la cuisine, où j’ai entendu réciter mon pedigree comme un poème. Ma tante Nellie a expliqué en termes très clairs au babhdóir qu’il n’était pas encore question de mariage pour moi. Je n’avais pas terminé ma tutelle brehonne. Je devais recevoir une instruction, et celle-ci devait être le plus approfondie possible. Je n’ai jamais revu ce babhdóir blond, et personne n’a jamais reparlé de cet après-midi ensoleillé où on a servi du thé noir dans des tasses en porcelaine sur une vieille nappe irlandaise à un homme qui portait le bâton de prunellier.

Bien sûr, en grandissant, garçons et filles songeaient au mariage. Une union se nouait parfois dans le sillage de l’amour, et parfois non. Néanmoins, il y avait toujours un arrangement préalable, car les liens entre familles étaient importants. Les deux parties devaient tomber d’accord. Des débats agitaient la communauté quant aux qualités respectives des futurs époux, et les deux familles en tenaient compte. On se rencontrait et on discutait de la dot.

On s’entendait sur la dot avant le mariage, et les négociations étaient toujours entre les mains du babhdóir Les biens et les services inclus dans la dot correspondaient à la valeur des promis dans leur propre foyer. Il pouvait s’agir de terres, de bétail, d’argent ou d’autres biens. Une femme pouvait demander la main de celui qu’elle visait avec autant de panache qu’un homme.

Le marieur était toujours un homme en vue dans la communauté. On pouvait se fier à lui pour rester muet si nécessaire et s’abstenir de révéler des secrets de famille dans son rôle de babhdóir. Quand on le faisait entrer dans la cuisine, il posait son bâton de prunellier sur la table afin que la maisonnée comprenne bien le but de sa visite. Si on ignorait soigneusement le bâton, c’est que d’autres propositions étaient en cours d’examen, et il devait attendre son tour pour qu’on lui en parle. Parfois, les hôtes se saisissaient du bâton et le plaçaient contre le mur, sous-entendant que le sujet du mariage les intéressait, et chacun profitait de la visite, comme de coutume.

Les Celtes voyaient le mariage comme un contrat qui contribuait à protéger la terre, l’élément central de la communauté. On prenait très au sérieux les liens conjugaux, car la parenté, gaol, impliquait des obligations pour les deux familles. Les mariages cimentaient la communauté en tissant un motif familial de soutien dans les lois de l’hospitalité. Bien sûr, il était toujours possible de divorcer si cela se révélait nécessaire.

Le marieur devait également prendre en compte la question délicate des lignées généalogiques, ou pór. Obsédés par l’élevage et les croisements, aussi bien de plantes que de bétail, de chiens ou de chevaux, les Celtes combinaient avec le plus grand soin les traits de caractère familiaux. Intelligence, zèle, capacité de travail, talents manuels, mémoire, dons oratoires et capacités logiques sous la forme d’énigmes étaient bien placés dans les lignées familiales respectives. On veillait à entretenir et à protéger les grandes figures de la civilisation, notamment pour la littérature, la poésie, la musique et les arts.

Le bâton du marieur était taillé dans le bois d’un arbuste épineux réputé magique, le prunellier, Prunus spinosa, qui est la source des bâtons traditionnels, dits shillelaghs, du vieil irlandais sailéille, « gourdin ». Ces bâtons servaient aux gardiens de troupeau comme aux marieurs, et même à la cour du roi en tant qu’instrument pour battre le rythme. Le mélange de son timbre grave avec le cliquetis des os et le tambour qu’est le bodhrán demeure caractéristique de la musique irlandaise authentique.

Le prunellier doit trouver du calcium dans le sol pour produire ses prunelles noires, qui restent sur l’arbre jusqu’en novembre. À ce moment là, les nuits fraîches et les premières gelées modifient la teneur en sucre des fruits, de quoi nourrir le marcheur qui les cueille dans les haies. Les levures à la surface des fruits se multiplient également, et le vin produit ensuite par fermentation passait de maison en maison, apprécié de tous. On en tirait aussi une variante de gin.

Le petit prunellier était un arbre sacré, magique, associé à la lettre Z dans l’alphabet oghamique. Les Celtes l’appelaient straif, du fait de son apparence hirsute et désordonnée. Il est symbolisé par une ligne verticale barrée de quatre lignes parallèles inclinées vers la droite.

Les druides qui pratiquaient la magie aimaient beaucoup cet arbre. Ils se servaient de son bâton comme d’une baguette d’autorité dans la pratique de leur art.

Pandora Hearts, autrice, et Lydie Bossuet, illustratrice proposent un Oracle des arbres & des oghams (Éditions Secret d'étoiles, 2022) que je trouve particulièrement beau :


"Paroles de Straif : Je suis Straif, l'arbre du Combat et de la Douleur. Mes branches entremêlées forment une barrière infranchissable et dangereuse pour protéger mes frères. Mes épines assoiffées de sang sèment la douleur et la discorde. Mes fleurs d'une blancheur immaculée montrent la voie de la rédemption et de l'illumination. Je suis Straif, l'arbre de la Défense et de l'Attaque.


Signification de la carte : Dans un tirage, Straif est le symbole des événements inéluctables, des obstacles inévitables, de la souffrance, de la malchance, de l'affrontement et du combat. Il montre que vous vivez des événements sur lesquels vous n'avez aucune emprise. Il indique que vous subissez des malheurs ou des épreuves douloureuses. Straif vous conseille de ne pas lutter et de ne pas perdre votre énergie à vous démener contre le destin.

Toutefois, Straif exprime une notion d'acceptation de votre situation, même si vous éprouvez une sensation de calamité perpétuelle. Il vous engage à résister et à guetter la moindre amélioration. Il vous enseigne que les épreuves apportent leur lot d'enseignements qui renforcent votre évolution et votre avancée. Straif indique parfois une querelle affligeante ou une relation déchirante.

Selon votre question, Straif peut vous engager à vous protéger en lançant des offensives : le temps n'est plus aux concessions. Dans ce cas, il vous demande d'être combattif et d'affronter les personnes ou les événements avec une énergie agressive et brutale. Straif vous enseigne qu'employée habilement et dans de bonnes intentions une attaque est salvatrice.


Carte renversée : Lorsque a carte apparaît à l'envers, Straif dénonce des actions brutales et violentes mises en place dans un but égoïste et nuisible. Si vous êtes à l'origine de ces actions, il vous suggère de réfléchir aux conséquences de vos paroles et de vos actes. Si vous en êtes la victime, il vous conseille d'y faire face et de vous protéger tant que faire se peut. Straif renseigne également sur une personne dangereuse, violente et destructrice.

Straif avertit également des risques de vous apitoyer sur votre sort. A trop vous plaindre, vous vous noyez dans de mauvaises habitudes qui risquent de vous isoler complètement. Il indique que votre tendance à vous victimiser et vous pousse à vous sous-évaluer. Straif met en garde contre les risques de dépression qui peuvent en découler. Il dénonce également une personnalité acariâtre, caustique, ou encore maussade.


Mots clés : Épreuve - Malheur - Obstacles - Malchance - Tracas - Discorde - Dissension - Affrontement - Combat."

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