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  • Anne

La Fraise



Étymologie :

  • FRAISE, subst. fem.

Étymol. et Hist. 1. 1174-78 freise « fruit » [ici pour désigner quelque chose de peu de valeur] (E. de Fougères, Manières, 1003 ds T.-L.) ; 2. 1901 pop. « visage » (d'apr. Esn.). Du lat. pop. fraga, plur. neutre du class. fragum « fraise (des bois) » dont l'aboutissement phonétique normal était fraie (cf. formes dial. fraya, freye, FEW t. 3, p. 748a, auxquelles correspondent des formes roum. et ital., cf. REW3 n°3480) et qui sous l'infl. de framboise* a pris la finale -se.


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Fragaria vesca ; Caperonnier ; Capredon ; Capron ; Fouzélié ; Fraisier des bois ; Frazi ; Frévi ; Friotié ; Froumié ; Froyé ;

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Botanique :


Jean-Marie Pelt, dans son ouvrage intitulé simplement Des fruits (Librairie Arthème Fayard, 1994), brosse le portrait de la Fraise :


La fraise est tout, sauf un fruit !

En tant que plante herbacée dont tout ou partie est destiné à l'alimentation, elle répond à la définition administrative des légumes. mais elle n'est pas pour autant un « légume-fruit », comme le sont les cornichons ou les tomates. En effet, au sens botanique du terme, la fraise 'na rien d'un fruit ; ce serait plutôt un présentoir, ou un ostensoir sur lequel sont fixés de petits grains secs et durs qui craquent sous la dent : les akènes, les vrais fruits de la fraise. Quant à sa chair pulpeuse, elle provient de l'expansion du réceptacle floral sous l'effet d'hormones végétales d'ailleurs sécrétées par les petits akènes. Qu'on élimine ceux-ci de la fleur récemment fécondée et le réceptacle ne gonfle plus, la fraise ne se forme pas. La fraise appartient donc, comme la figue, au club très restreint des faux fruits, ceux qui proviennent du gonflement d'un réceptacle, ce « fond de la fleur » sur lequel s'insèrent, au bout du pédoncule, sépales, pétales, étamines et ovaires. Le nom latin du fraisier, Fragaria, vint du verbe fragare, embaumer, par allusion au fort arôme que dégagent les fraises.

Les Anciens connaissaient la fraise sauvage spontanée parmi la flore des bois et des montagnes ; elle est citée par Ovide quand il évoque l'âge d'or et par Virgile, lequel met en garde les enfants qui la cueillent contre les serpents dissimulés dans l'herbe. Mais la fraise est longtemps restée un fruit parfaitement anodin que l'on ne cultivait pas et que, pour cette raison, l'on n'estimait guère ; car, de tout temps, l'homme n'a apprécié les produits du sol qu'à proportion du labeur et des peines qu'ils lui coûtaient.

En 1713, un officier français au nom prédestiné, Frézier, rapporta du Chili cinq plants d'une espèce indigène d'où sont issus la plupart des fraisiers aujourd'hui cultivés en Europe. C'est du croisement de la fraise chilienne et de la fraise européenne que dérivent la plupart de nos variétés actuelles. Un autre espèce, en provenance d'Amérique du Nord cette fois, Fragaria virginiana, fournissant elle aussi de gros fruits, fut également croisée avec la petite européenne.

Le fraisier se développe par des stolons rampants qui s'enracinent et se réenracinent toujours plus loin, la plante gagnant du terrain au fil des années. [...]

On a prêté aux fraisiers d'innombrables propriétés parmi lesquelles la médecine moderne n'a retenu que l'action astringente de la racine et des feuilles, due à de fortes teneurs en tannins : on les utilise avec profit en infusion dans le traitement de la dysenterie, de la diarrhée, de l'entérocolite.

Par sa teneur limitée en sucre, la fraise ne possède qu'un faible pouvoir nutritif. Comme, de surcroît, ce sucre est du lévulose, plus facilement assimilable que les autres sucres par es diabétiques, on ne peut en permettre l'usage çà ceux-ci pour rompre la monotonie de leur régime et remplacer les légumes verts dont on les sature jusqu'à écœurement. On la recommande aussi aux goutteux pour son action éliminatrice de l'acide urique.

La fraise contient en outre beaucoup de vitamine C - autant que l'orange - ainsi qu'un grand nombre de métaux et d'oligo-éléments. Le jus, contenant un dérivé de l'acide salicylique, a été préconisé contre les rhumatismes. Pour autant, la fraise ne saurait concurrencer sa proche cousine la reine-des-prés, qui produit de telles molécules en abondantes quantités, ce qui lui vaut d'avoir laissé un autre nom, « spirée », à l'aspirine.

Les fraises ont la réputation de déclencher des réactions allergiques, plus fréquemment dues aux petites fraies ou aux fraises des bois qu'aux grosses fraises. La fréquence de ces poussées d'urticaire, certes réelle, a sans doute été exagérée et a injustement terni la renommée de ce fruit. Car le fraisier reste cette plante modeste et généreuse qui, suivant l'expression de Bernardin de Saint-Pierre, « enlace la terre de ses rameaux et de ses bienfaits ». Au surplus, pour l'abbé Fournier, « l'addition de vin suffit à pallier ces inconvénients ; on peut donc essayer de faire tremper les fruits trente minutes avant de les consommer dans un excellent vin rouge ».

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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


On croit en Haute-Bretagne qu'en se lavant les mains deux ou trois fois avec du jus de fraise, on n'a plus d'engelures. Ce remède était usité au XVIIe siècle quand vous avez des engelures aux mains, en hiver, mettez dessus en été des fraises mûres écrasées, elles ne reviendront plus.

[...] . En Saintonge cette racine desséchée à l'ombre, faisait tomber sans qu'on s'en aperçoive, la dent gâtée ; dans le Morvan Nivernais, on y applique une racine de fraisier.

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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) nous livrent leur vision de ce fruit délicieux :


Printemps - Mai.

FRAISES - BONTÉ PARFAITE.


Un de nos plus illustres écrivains conçut le projet d'écrire une histoire générale de la nature, à l'imitation des anciens et de plusieurs modernes. Un fraisier, qui par hasard avait crû sur sa fenêtre, le détourna de ce vaste dessein ; il observa ce fraisier, et il y découvrit tant de merveilles, qu'il vit bien que l'étude d'une seule plante et de ses habitants suffisait pour remplir la vie des plusieurs savants. Il quitta donc son projet et renonça à donner un titre ambitieux à son ouvrage, qu'il se contenta d'appeler modestement Études de la nature. C'est dans ce livre, digne de Pline et de Platon, qu'il faut prendre le goût de l'observation, celui de la bonne littérature, et c'est là surtout qu'il faut lire l'histoire du fraisier. Cette humble plante se plait dans nos bois et couvre leurs lisières de ces fruits délicieux qui appartiennent à tous ceux qui veulent les cueillir. C'est un don charmant que la nature a soustrait au droit exclusif de la propriété, et qu'elle se plait à rendre commun à tous ses enfants. Les fleurs du fraisier forment de jolis bouquets ; mais quelle est la main barbare qui voudrait en les cueillant dérober leurs fruits à l'avenir ? C'est surtout au milieu des glaciers des Alpes qu'on aime à retrouver ces fruits dans toutes les saisons. Lorsque le voyageur, brûlé du soleil, accablé de fatigue sur ces rochers aussi vieux que le monde, au milieu de ces forêts de mélèzes à moitié renversées par des avalanches, cherche vainement une cabane pour se reposer, une fontaine pour se rafraîchir, il voit tout à coup sortir, du milieu des rochers, des troupes de jeunes filles qui s'avancent vers lui avec des corbeilles de fraises parfumées ; elles apparaissent sur toutes les hauteurs, au fond de tous les précipices. Il semble que chaque rocher, chaque arbre, soit gardé par une de ces nymphes que le Tasse plaçait à la porte du jardin d'Armide. Aussi séduisantes et moins dangereuses, les jeunes paysannes de la Suisse, en offrant leurs charmantes corbeilles au voyageur, loin d'arrêter ses pas, lui donnent des forces pour s'éloigner d'elles . Le savant Linné fut guéri de fréquentes attaques de goutte par l'usage des fraises. Souvent ce fruit a rendu la santé à des malades abandonnés de tous les médecins. On en compose mille délicieux sorbets, ils font les délices des meilleures tables, et tout le luxe des champêtres repas. Par tout ces baies charmantes, qui le disputent en fraicheur et en parfum au bouton de la plus belle des fleurs, flattent la vie, le goût et l'odorat. Cependant il y a des êtres assez disgraciés pour haïr les fraises, s'évanouir à la vue d'une rose. Faut-il s'en étonner puisqu'on voit de certaines personnes pâlir au récit d'une belle action, comme si l'inspiration de la vertu leur était un reproche. Heureusement ces tristes exceptions n'ôtent rien au charme de la vertu, à la beauté de la rose ni à la bonté parfaite du plus charmant des fruits.

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Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


FRAISIER - IVRESSE - DÉLICES.

Genre de rosacées dryadées, établi pour des plantes herbacées, gazonnantes, à fleurs blanches et jaunes, en corymbe à l'extrémité des tiges. On n'en connaît qu'une seule espèce, le fraisier commun, naissant dans les bois, sur les coteaux ombragés, où il donne des fruits peu nombreux, souvent rouges, et d'un goût acidulé fort agréable, accompagné d'un parfum délicieux.

De globules vermeils, les fraisiers sont couverts. (CASTEL)

D'après Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; Édition revue et corrigée, Robert Laffont : 1982) :

"Chez les Ojibwa, au Sud-Ouest de l'Ontario, lorsqu'un homme meurt, son âme, qui reste consciente, va vers le pays des morts, jusqu'à ce qu'elle parvienne à une énorme fraise. Les fraises sont la nourriture d'été des Indiens et symbolisent la bonne saison. Si l'âme du défunt goûte à ce fruit, elle oubliera le monde des vivants et tout retour à la vie et au pays des vivants lui sera à jamais impossible. Si elle refuse d'y toucher, elle conserve la possibilité de revenir sur terre.

On pourrait rapprocher cette croyance de celle qui est rapportée dans l'hymne homérique à Déméter, relativement au pépin de grenade de Perséphone qui, pour l'avoir goûté, fut condamnée aux enfers. Les morts ne doivent plus goûter aux fruits des vivants. Les nourritures terrestres sont interdites aux habitants des Enfers."     

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Fraisier sauvage (Fragaria vesca) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Vénus

Élément : Eau

Divinité : Freyja, déesse scandinave de l'amour violent et agité ; Diane-Artémis et la nymphe Cardea, dans leur rôle de déesses protectrices de l'enfance.

Pouvoirs : Amour turbulent ; Assistance aux enfants malheureux.


Utilisation magique : Dans un grand nombre de légendes germaniques et scandinaves, le thème mythologique des Fraises est en relation avec des petits enfants. D'après une légende allemande, avant la Saint-Jean, les mères qui ont perdu des enfants en bas âge ont soin de ne pas manger de ces fruits, parce qu'elles pensent que les petits enfants montent au ciel caché dans les Fraises.

C'est avec des feuilles de Fraisier que les rouges-gorges, d'après un chant populaire anglais, couvrent pieusement les petits enfants morts dans la forêt. Dans plusieurs légendes suédoises, il est question de Fraises qu'une bonne fée change en or pour doter richement une petite fille et la sortir des griffes de sa marâtre.

Jusqu'à une époque assez récente, en Norvège, les femmes enceintes portaient sur elles quelques feuilles de Fraisier des bois, dans le double but de protéger le fœtus et d'être elles-mêmes soulagées des douleurs de l'accouchement.

Dans toute l'Europe, les petites Fraises des bois sont le régal des amants passionnés.

En Pologne de l'Est, dans la région de Bilgoraj, le Fraisier sauvage est un porte-bonheur très recherché; il pousse, dit-on, sur les pas d'un valeureux guerrier ou d'une sainte femme.

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Jean-Marie Pelt, dans son ouvrage intitulé simplement Des fruits (Librairie Arthème Fayard, 1994), évoque rapidement le symbolisme de la fraise :


La mythologie germanique associe la fraise aux petits-enfants, surtout à ceux qui s'égarent en forêt ou qui meurent ; on croyait en effet qu'ils gagnaient le paradis caché dans des fraises. D'où l'interdiction faite aux mamans des jeunes défunts d'en manger. La même symbolique existe chez les Indiens de l'Ontario : l'âme des morts se doit de ne point manger de fraises, sous peine de ne plus jamais pouvoir revenir sur terre, les nourritures terrestres étant interdites aux habitants des Enfers...

Parmi les personnages illustres à qui la fraise fut salutaire, on peut citer Linné, qui lui dut - affirme-t-on - d'échapper aux atteintes de la goutte, Fontenelle, qui voyait dans sa consommation répétée une des causes de sa légendaire longévité, et la belle Mme Talien qui s'en faisait préparer des bains pour entretenir le velouté et l'éclat de sa peau.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Une tradition très ancienne d'origine indo-européenne affirme que le diable et les esprits du mal, fées, gnomes, sorcières, avaient une affection particulière pour les fraises. Dans de nombreux récits, le démon s'en sert pour appeler les jeunes héros qu'il persécute. Ce fruit, par sa couleur rouge, rappelle "le sang versé dans un meurtre" et représente également les petits enfants morts, qui, selon une légende allemande, montent au paradis cachés dans des fraises pour les offrir à la Vierge Marie. Les mères qui avaient eu la douleur de perdre un enfant ne mangeaient pas ces fruits avant la Saint-Jean, afin de ne pas offenser la mère de Jésus et l'inciter à ouvrir les portes du paradis à leurs petits. En Allemagne toujours, on dit que les fraises, pendant à nuit de Noël poussent sur la neige.

On promet un époux volage à la jeune fille qui aime manger des fraises. Curieuse récompense quand on songe que la fraise est l'emblème de la bonté parfaite et du dévouement. Il est déconseillé de jeter des fraises au visage d'une femme enceinte car son enfant en portera les marques (taches de vin). Ce qui n'empêche pas que la future mère, selon une superstition norvégienne, a tout intérêt à porter sur elle des feuilles de fraisier : elle protègent son bébé et la soulageront des douleurs de l'accouchement.

A l'est de la Pologne, le fraisier sauvage constitue un porte-bonheur réputé : "Il pousse, dit-on, sur les pas d'un valeureux guerrier ou d'une sainte femme".

Le fraisier et son fruit sont surtout réputés pour leurs vertus thérapeutiques. Dès le XVIIe siècle, on recommandait de se frotter les mains l'été de fraises écrasées pour éviter engelures et gerçures. Une racine de fraisier appliquée sur une dent gâtée la faisait tomber sans mal (dans le Morvan et le Nivernais). Dans le Languedoc, pour lutter contre la jaunisse, il faut porter au cou un petit sachet de toile contenant des feuilles fraîches de fraisier pendant neuf jours et réciter tous les matins cinq Pater et cinq Ave ; le dixième jour, le malade en fait une infusion, qu'il se passe sur le corps.

Albert le Grand signale en outre que pour se promener sans risque dans les endroits "à serpents", il suffit de se munir de feuilles de fraisier, "car aussitôt qu'un serpent sent les feuilles de cet arbre, il prend la fuite. Cela est si vrai que si l'on fait comme un cercle avec ces feuilles, et qu'ensuite on mette au milieu un serpent vif, il y demeurera sans se remuer, de même que s'il était mort ; que si l'on fait du feu proche de ce cercle, et que l'on fasse une ouverture du même côté où sera ce feu allumé, ce serpent aimera mieux se jeter dans le feu que de rester au milieu de ces feuilles"

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000), fraise et framboise sont analogiques en terme de symbolisme :


"On ne peut dissocier la fraise de la framboise qui, outre leur origine étymologique commune, partagent de nombreuses qualités. D’aspect, de forme, de consistance, elles se ressemblent. Leurs vertus médicinales sont assez semblables, elles aussi : elles ont des propriétés tonifiantes, dépuratives et laxatives, elles sont riches en vitamine C et la nature de leur sucre, le lévulose, en fait des fruits que les diabétiques peuvent déguster. Et sait-on que, à partir de fraises écrasées, on obtient un excellent dentifrice, plus agréable au goût et plus efficace que la chlorophylle ? Toutefois, avant que nous ayons inventé la pollution et la surproduction qui dénaturent le goût des choses et nous conduisent au gâchis, c'était un crime de laver des fraises ou des framboises pour les savourer car, ce faisant, on leu ôtait tout leur parfum, toute leur saveur. Mais aujourd'hui, à moins de cultiver des fraises dans son jardin, il vaut mieux les laver avant de les déguster, au risque d'intégrer autant, sinon plus de produits insecticides et pesticides que de vitamine C. Du fait que l'on trouvait les fraises et les framboises à l'état sauvage dans les bois et les forêts, symboliquement, elles furent souvent assimilées aux fées et aux sorcières, aux lutins des bois et aux gnomes. Ainsi, les paniers de fraises et de framboises sont souvent présents dans les contes et les légendes. A cause de leur couleur, elles furent aussi mises en analogie avec le sang d'un ange ou d'un être surnaturel blessé qui, en se répandant et en se coagulant sur la Terre, se serait transformé en fraises et en framboises. Ainsi, pour les raisons que nous venons d'énumérer, ces deux fruits ont un goût d'enfance, de rêve, de douceur, de tendresse qui en fait, bien sûr, de belles et rassérénantes apparitions dans un rêve. Toutefois, pour être tout à fait complet, nous devons faire allusion à l'expression populaire "ramener sa fraise", relativement récente, puisqu'elle date de 1920, inspirée de l'argot "fraise" utilisé pour désigner un visage. Or il faut bien comprendre que le langage symbolique des rêves s'exprime dans un champ où le passé, le présent et l'avenir ne font qu'un, où toutes les dimensions du temps et de l'espace que nous connaissons dans la vie réelle sont bouleversés, où, donc, tout est possible. De ce fait, le langage des symboles, qui est celui de l'univers onirique, exploite aisément des éléments ou des facteurs actuels, qui n'existaient pas par le passé, comme le train ou l'avion, par exemple, mais aussi des expressions contemporaines qui sont elles-mêmes des métaphores. C'est le cas de l'expression métaphorique "ramener sa fraise", qui signifie venir, arriver, se montrer, apparaître, mais aussi, comme on le sait, prendre la parole ou position, s'interposer ou s'imposer.

Ainsi, rêver d'une fraise peut-être une allusion à sa propre personne, au fait que l'on ressent le besoin de prendre position, de s'imposer plus à l'attention des autres. jadis, un tel rêve n'aurait pas pu être interprété de cette façon. Aujourd'hui, à cause de l'expression populaire que nous connaissons, il peut l'être. Enfin, comme tous les autres fruits, les fraises et les framboises peuvent aussi être interprétées sous l'angle des richesses de la terre, de la fécondité et de la fertilité."

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Symbolisme alimentaire :


Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :




Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


FRAISE. — C’est pour des bottines rouges, ou pour des fraises, ou pour une feuille de paon, que le héros ou l’héroïne solaire se perd, dans la tradition populaire indo-européenne. La fraise est convoitée par le démon, et il s’en sert pour séduire les jeunes héros qu’il persécute. Pour des fraises, l’héroïne solaire risque souvent sa vie. La sorcière envoie la jeune fille lui chercher des fraises sous la neige ; dans cette entreprise, le plus souvent la jeune fille échoue. La fraise apparaît ici comme une personnification du printemps, de la saison verte, de la saison rouge, de la saison dorée ou de l’aurore. Selon que la recherche a lieu au commencement ou à la fin de l’h