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  • Anne

La Cigale





Étymologie :

  • CIGALE, subst. fém.

Étymol. et Hist. Mil. xve s. sigalle (René d'Anjou [?], Regnault et Jehanneton ds Œuvres, éd. Quatrebarbes, t. II, p. 108) ; xvie s. cigale (Matthiolus, Commentaires sur les six livres de Pedanius Dioscoride, p. 159 ds IGLF). Empr. au prov. cigala (singala 1re moitié du xiiie s. ds Levy, cigala 1470 ds Pansier) issu du lat. impérial cicada, avec changement de suff. dont les raisons ne sont pas claires.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


La cigale est "symbole du couple complémentaire lumière - obscurité, par l'alternance de son silence dans la nuit et de ses stridulations dans la chaleur du soleil. En Grèce, elle était consacrée à Apollon.

Elle est devenue l'attribut des mauvais poètes, dont l'inspiration est intermittente. Elle est prise aussi pour l'image de la négligence et de l'imprévoyance (La Fontaine)."

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Littérature :


Platon, Phèdre, 259 b-e :

Jadis les cigales étaient des hommes, ceux qui existèrent avant que ne naissent les Muses. Puis, quand les Muses furent nées et que leur chant eut commencé de se faire entendre, certains des hommes de ce temps-là furent, raconte-t-on, à ce point mis par le plaisir hors d'eux-mêmes que de chanter leur fit négliger de manger et de boire, si bien qu'ils moururent sans s'en apercevoir. C'est de ces hommes que, par la suite, a surgi la race des cigales ; elle a reçu des Muses le privilège de n'avoir, dès la naissance, besoin d'aucune nourriture, et de se mettre à chanter tout de suite, sans manger ni boire, jusqu'à leur mort ; après leur mort, elles vont trouver les Muses pour leur faire savoir qui les honore ici-bas et à laquelle d'entre elles va cet hommage.

La Cigale et les Fourmis

C’était en hiver ; leur grain étant mouillé, les fourmis le faisaient sécher. Une cigale qui avait faim leur demanda de quoi manger. Les fourmis lui dirent : « Pourquoi, pendant l’été, n’amassais-tu pas, toi aussi, des provisions ? — Je n’en avais pas le temps, répondit la cigale : je chantais mélodieusement. » Les fourmis lui rirent au nez : « Eh bien ! dirent-elles, si tu chantais en été, danse en hiver. »

Cette fable montre qu’en toute affaire il faut se garder de la négligence, si l’on veut éviter le chagrin et le danger.


Ésope, (fin VIIè siècle - début VIe siècle av. J. C.) "La Cigale et les Fourmis" ; traduction par Émile Chambry, Fables, Société d’édition « Les Belles Lettres », 1927.

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