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Le Criquet

Photo du rédacteur: Anne
Anne
8 avr. 2018
27 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 août



Étymologie :


  • CRIQUET, subst. masc.

Étymol. et Hist. A. 1. 1re moitié xiie s. « espèce de sauterelle » criket (Psautier de Cambridge, 104, 34 ds T.-L. [bruchus]) ; 2. 1837 clé à criquet (Balzac, Corresp., t. 3, p. 255). B. 1. 1650 « petit cheval » (Mén., v. aussi Mén. 1750) ; 2. 1828-29 « homme malingre » subst. (Vidocq, Mém., t. 3, p. 402) ; 1861 emploi adj. (Goncourt, loc. cit.) ; 3. 1863 « mauvais petit vin » (Littré). Dér. de l'onomat. krikk évoquant le bruit strident fait par le grillon, d'où A ; clé à criquet, même orig. (malgré FEW t. 16, p. 387a qui en fait un dér. de cric*) ; cf. les formes réunies ds FEW t. 2, p. 1337 pour le sens de loquet. B 1, 2 en raison de l'impression de maigreur, de chétivité que donne le corps de l'insecte ; 3 p. ext. de la notion de faiblesse, de maigreur. Les rapports de A et de B avec les corresp. germ. : néerl. krekel « grillon » ; norv., danois krikke, krik « cheval malingre » (v. De Vries, s.v. kriland et krikke) sont obsc. (FEW t. 2, p. 1338a).


Lire également la définition pour amorcer la réflexion symbolique.

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Zoologie :


Mathieu Lihoreau, auteur de La Planète des insectes - Chroniques sauvages (Tana Éditions, 2025) partage les connaissances acquises dans l'exercice de sa profession d'éthologue :


"Les nuées cannibales. L’été bat son plein. C’est la période des vacances. Depuis quelques jours, nous arpentons les contours de la côte méditerranéenne en famille. Comme le soleil vient de se coucher, nous arrêtons le van en haut d’une colline pour y dormir. Il n’y a personne d’autre et la nuit est opaque. Au loin, le bruit des vagues rappelle que nous sommes au bord de la mer. Plus près, un autre son se fait entendre. « Chlak ». Quelque chose marche dans la végétation. C’est probablement un sanglier qui a senti notre nourriture. Ou bien quelqu’un qui rôde ?

Peu rassuré, je finis par sortir du véhicule, une lampe de poche à la main. Je ne vois rien. La colline est à nouveau silencieuse. Sans le vouloir, je heurte un buisson. Quelque chose se jette sur moi et prend immédiatement la fuite. Pris de panique, j’éclaire la colline en faisant de grands gestes. J’aperçois sa silhouette immobile dans le rayon lumineux. C’est un insecte vert, long comme ma main. Et il n’est pas seul. À mesure que je les éclaire, ils se mettent à sauter les uns après les autres. « Chlak, chlak, chlak ». Tout va bien : ce ne sont que des locustes.

Je connais bien ces gros criquets. Ce sont des orthoptères, des insectes à ailes droites*1, comme les grillons, les sauterelles et les courtilières (ces insectes bizarres à l’apparence de grillons, mais dont les pattes avant ressemblent à celles d’une taupe). Contrairement aux sauterelles avec lesquelles on les confond souvent, les locustes possèdent des antennes très courtes et n’ont pas de tarières en lames de sabre (organe de ponte) dans le prolongement de l’abdomen. Ce sont de gros insectes totalement inoffensifs. À vrai dire, c’est plutôt moi qui suis en train de les déranger en pleine nuit avec ma lampe au milieu de leur territoire. Je retourne donc dans le véhicule et tire la moustiquaire au cas où d’autres habitants de la colline décideraient de nous rendre visite.

Je n’arrive pas à m’endormir, car la nuit est finalement très animée. Depuis mon escapade, le niveau sonore a considérablement augmenté. Les bruissements des gros insectes qui se déplaçaient dans la végétation ont laissé place à une véritable chorale. Je ne saurais pas dire combien d’insectes exactement se sont mis à chanter car leurs stridulations sont parfaitement synchronisées. Le concert, très répétitif, ressemble à de la musique électronique. Tous ne chantent pas en permanence. Certains entrent dans le chœur alors que d’autres se taisent, créant un ensemble plutôt entraînant, très French touch. À entendre les différentes mélodies qui s’entremêlent, il y a maintenant des représentants de plusieurs espèces. Je pense que ce sont des grillons, probablement des mâles, qui frottent leurs ailes antérieures pour marquer leur territoire. C’est donc la fête, dehors. Une sorte de fête des voisins à laquelle nous ne serions pas invités et qui risque de durer toute la nuit…

Ce concert improvisé me fait penser que Fabre s’est beaucoup intéressé aux criquets et aux sauterelles. Il en a même tenu certains captifs pour étudier leur régime alimentaire. À sa grande surprise, alors qu’il pensait que ces insectes se nourrissaient principalement de végétaux, Fabre a découvert que certains pouvaient manger d’autres insectes. [...]


Une lente métamorphose : Au début du XXe siècle, le biologiste Boris Uvarov fit une hypothèse révolutionnaire. En comparant des locustes du sud-ouest de sa Russie natale à celles exposées dans les muséums d’histoire naturelle du monde entier, il en déduit que des insectes à l’aspect très différent et jusqu’alors considérés comme relevant de deux espèces distinctes pourraient en fait appartenir à une même et unique espèce : le criquet migrateur (Locusta migratoria). Tout comme il existe des différences marquées entre les mâles et les femelles de nombreuses espèces animales, il existerait des variations extrêmes de forme, de taille et de couleur entre les individus du même sexe au sein d’une même espèce. Uvarov émet l’idée que les criquets migrateurs peuvent changer radicalement de comportement et d’apparence au cours de leur vie, en fonction des conditions environnementales dans lesquelles ils évoluent, un peu comme le feraient certains super-héros en situation de danger. Mais chez les locustes, cette métamorphose prendrait plusieurs heures, voire plusieurs jours. Ne comptez donc pas sur « Locustman » en cas d’urgence.

Ce phénomène de « polyphénisme de phase » caractérise une trentaine d’espèces de criquets (les locustes), et, dans une moindre mesure, certaines espèces de sauterelles. Il s’agit d’une plasticité extrême qui permet d’obtenir deux formes d’insectes très différentes à partir d’un même génome. Ainsi, les locustes sont le plus souvent solitaires et arborent des couleurs peu voyantes, comme le gris ou le vert, ce qui facilite leur camouflage dans la végétation. Cependant, les mêmes insectes peuvent devenir grégaires en cas de croissance importante de la population, par exemple après de fortes pluies. Les locustes en surpopulation s’attirent alors les unes les autres et se parent de couleurs vives beaucoup moins discrètes, comme le jaune ou le rouge, qu’elles produisent en s’alimentant de plantes toxiques. Ces colorations signalent aux prédateurs des proies dangereuses. La lente transition de la phase solitaire à la phase grégaire s’accompagne d’un changement d’activité, de nocturne à diurne. À très fortes densités de population, les locustes grégaires se mettent en mouvement. Les larves, qui ressemblent à des adultes en miniatures mais qui n’ont pas encore d’ailes, forment d’immenses bandes qui progressent en marchant au sol comme une armée de fantassins. Les adultes ailés, eux, se déplacent en escadrons géants prenant la forme de nuées. Il en résulte un essaim de plusieurs millions, voire milliards, d’individus qui migrent dans une même direction, à la recherche d’un environnement suffisamment riche en nourriture pour accueillir tout le monde. J’ai toujours été fasciné par ces migrations d’insectes qui n’ont pas vraiment d’équivalent dans le règne animal. Si de nombreux oiseaux ou mammifères traversent régulièrement les continents et les océans au gré des saisons, leurs populations sont plus petites et les routes qu’ils empruntent, prévisibles d’une année sur l’autre, ce qui n’est pas le cas des migrations de locustes.

Il y a quelques années, j’ai eu la chance de travailler dans le laboratoire de Steve Simpson à Sydney, l’un des plus grands spécialistes des locustes. Nous avions monté un projet pour étudier les migrations des locustes australiennes (Chortoicetes terminifera) à l’aide de la « théorie de la percolation », qui prédit si un café va être bon ou mauvais. Nous faisions l’hypothèse qu’à faibles densités de population, un prédateur comme un rapace aurait du mal à localiser des locustes dispersées dans la végétation. S’il en trouvait une, il n’en repérerait pas facilement d’autres, tout comme l’eau chaude n’atteindrait pas tous les grains de café s’ils sont trop éloignés les uns des autres. Être solitaire constituerait donc un avantage pour les locustes, qui réduirait leurs chances d’être attrapées par le rapace, alors que le café, lui, n’aurait aucun goût. À plus fortes densités de population, le même prédateur pourrait plus facilement se déplacer d’une proie à l’autre si elles étaient toujours dispersées. Dans ces conditions, être grégaire serait bénéfique pour les locustes, car un groupe très cohésif est plus difficile à localiser que plein d’individus éparpillés. Le café, lui, n’aurait toujours pas de goût.

Malheureusement, bien que j’aie rencontré énormément d’animaux étranges en Australie, je n’ai pas vu une seule locuste en liberté, car aucune migration ne s’est produite pendant plusieurs années d’affilée. Tant pis pour moi et la théorie de la percolation, et tant mieux pour les agriculteurs australiens. Ce passage dans le laboratoire de Steve m’aura néanmoins permis d’observer de très près comment une question de recherche, a priori très ciblée et fondamentale, peut amener un groupe de scientifiques à travailler dans des directions totalement inattendues et à faire des découvertes à très grande portée sociétale. Dans le cas présent, la question de départ était : pourquoi les locustes se mettent-elles à migrer ?

Dans les pas d’Uvarov, Steve et son équipe se sont initialement penchés sur les mécanismes responsables de la transition de l’état solitaire à grégaire chez les locustes. Comment un animal peut-il changer de couleur, de comportement et de morphologie du jour au lendemain, sans modification génétique ? Pour répondre à cette question, les chercheurs ont soumis des criquets pèlerins (Schistocerca gregaria) de forme solitaire à différents types de stimulations afin de mimer la présence d’autres locustes autour d’eux. Par cette approche, ils ont réussi à faire devenir jaunes des locustes initialement vertes, par simples contacts mécaniques réguliers, un peu comme ces petites voitures que l’on devait frotter pour qu’elles changent de couleur. Dans l’expérience, les stimulations tactiles étaient prodiguées aux locustes dans une piscine à balles spécialement construite pour l’occasion. La structure, montée sur un plan incliné, pouvait tanguer d’un côté ou de l’autre sous l’action d’un moteur, entraînant le mouvement de boules de papier mâché ou des petites billes en verre qui venaient s’échouer sur les locustes enfermées dans l’enceinte. Pour affiner leur diagnostic et identifier la nature précise des contacts physiques responsables de cette transformation, les chercheurs se sont ensuite attelés à caresser les différentes parties du corps de locustes solitaires à l’aide d’un pinceau. Steve et son équipe ont ainsi appliqué le pinceau sur chacune des douze zones qu’ils avaient sélectionnées pendant quatre heures d’affilée, distribuant près de 72 000 caresses à chacune des 170 locustes de l’expérience, au rythme d’une seconde. De manière spectaculaire, lorsque ces caresses étaient réalisées au niveau du fémur de la patte arrière des locustes (l’équivalent de notre cuisse), les insectes solitaires commençaient à adopter des comportements grégaires. Le changement de couleur, plus long chez cette espèce, apparaissait dans un second temps.

Dans la nature, ce sont donc les contacts entre les pattes des locustes qui se trouvent à proximité les uns des autres, lorsque la population grossit, qui déclenchent le changement de phase. Ce qui est plus impressionnant encore, c’est que ces états se transmettent de génération en génération, si bien qu’une mère solitaire produit de jeunes locustes solitaires et une mère grégaire de jeunes grégaires. Cependant, si une femelle solitaire est exposée à des stimulations physiques pendant la reproduction, ses jeunes seront grégaires. On parle de transmission épigénétique, autrement dit une hérédité de la phase sous l’influence de l’environnement. Dans le cas des locustes, ce phénomène passerait par les substances chimiques qui enrobent les œufs au moment de la ponte par la mère dans le sol. [...]

Marche ou crève. Une fois regroupés, les insectes grégaires se mettent à migrer par millions, sans qu’il n’y ait de chef à leur tête pour décider quand il faut partir ni où aller. Pour comprendre ce qui les pousse à se mettre en route, Camille Buhl, de l’université d’Adélaïde, et Steve Simpson ont étudié la formation des bandes de locustes juvéniles, plus faciles à observer que les nuées d’adultes. Sur le terrain, ces bandes comprennent entre 20 et 120 jeunes locustes par mètre carré, qui avancent toutes dans la même direction. Chacune semble aligner ses mouvements avec ceux de ses voisines immédiates. En fonction des espèces, cela engendre des bandes plus ou moins grandes et de différentes formes. On observe parfois plusieurs files parallèles très longues, comme des traces de ski dans la neige. D’autres fois, il n’y a qu’une seule file courte, mais avec un front de migration très large, en forme d’éventail.

Camille a étudié ce comportement dans les moindres détails en plaçant des criquets pèlerins dans un dispositif permettant de simuler, en laboratoire, une migration géante dans un espace contrôlé50. En l’occurrence, il s’agissait d’une arène circulaire d’un mètre de diamètre, avec un dôme central, semblable à un très gros chapeau mexicain, mais en plastique blanc. Dans cette arène, les locustes pouvaient tourner en rond à leur guise, dans un sens ou dans l’autre, et ce pendant plusieurs kilomètres sans s’arrêter, un peu comme les chenilles processionnaires piégées par Fabre sur le rebord d’un vase. Grâce à des caméras à haute résolution et un logiciel d’analyse des trajectoires d’insectes développé pour l’occasion, Camille a pu suivre en temps réel le déplacement de chaque locuste dans ces bandes circulaires. Elle a ainsi observé différents comportements en fonction du nombre de locustes qu’elle avait introduit dans le chapeau mexicain. À faible densité, les insectes étaient peu alignés, avançant chacun dans une direction différente, alors qu’à forte densité, ils avaient tendance à tous avancer dans la même direction, comme s’ils défilaient sur les Champs-Élysées un 14 juillet. Camille et Steve ont ainsi pu identifier une densité de population critique, à laquelle le comportement de groupe des insectes était instable, produisant une alternance chaotique des mouvements de bande, dans le sens des aiguilles d’une montre puis dans le sens inverse, et ainsi de suite. C’est par ces mêmes phénomènes de transition de phase, bien connus en physique-chimie, que les bancs de poissons et les nuées d’oiseaux se forment et se déplacent, ou que les molécules d’eau passent d’un état solide à liquide, ou gazeux.

[...]

Cette découverte macabre chez les sauterelles mormones a par la suite permis d’identifier le cannibalisme comme un facteur déclencheur des migrations de plusieurs espèces de locustes. Steve, Greg, Camille et plusieurs de leurs collègues ont pu le vérifier dans l’arène en forme de chapeau mexicain. Ils se sont notamment aperçus que s’ils empêchaient des criquets pèlerins en condition de migration de percevoir l’arrivée de congénères dans leur dos, soit en occultant partiellement leur toucher par neurochirurgie abdominale, soit en bloquant la partie postérieure de leur champ visuel en appliquant du vernis sur leurs yeux, la bande se désorganisait et le taux de cannibalisme augmentait. L’histoire ne dit pas si les insectes préfèrent se dévorer les uns les autres plutôt que manger des diètes artificielles avec des propriétés nutritionnelles similaires. Fabre, en tout cas, après avoir goûté le criquet frit au beurre et au sel, ne semblait pas vouloir répéter l’expérience.


La non-traversée de la mer Rouge. Les migrations d’insectes les plus spectaculaires sont sans nul doute celles du criquet pèlerin qui sévit en Afrique et en Asie. Chez cette espèce de locustes, les essaims peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres. En 1988, des radars météorologiques ont même enregistré une nuée au dessus de l’océan Atlantique, rejoignant le continent américain depuis l’Afrique. Lorsqu’un essaim de criquets se développe, il est extrêmement difficile de prédire la direction qu’il va prendre. Il semble apparaître de nulle part, dévaste certaines cultures sur son passage et disparaît aussi mystérieusement qu’il est venu. Ainsi, certaines années, des essaims partant de la même région peuvent progresser dans des directions différentes, voire totalement opposées. C’est pour ce caractère insaisissable que ces criquets ont longtemps été considérés comme une des plus grandes catastrophes pouvant s’abattre sur les populations humaines, une des dix plaies d’Égypte dans l’Ancien Testament.

Au milieu du XXe siècle, John S. Kennedy, professeur à l’Imperial College London puis à Oxford, s’est beaucoup intéressé aux signaux environnementaux qui guident les migrations de criquets55. Peu de temps après sa thèse, pendant la Seconde Guerre mondiale, cet ancien étudiant d’Uvarov fut envoyé au Moyen-Orient pour lutter contre une invasion de locustes menaçant l’industrie de fabrication navale britannique. Il rejoint l’unité « anti-locuste » de l’office colonial qui avait pour mission d’étudier les insectes pour s’en débarrasser, par exemple en les aspergeant d’insecticide la nuit lorsqu’ils dormaient. Pour ses recherches, Kennedy a donc bénéficié de moyens atypiques pour un jeune chercheur, comme un bataillon de soldats indiens ou des avions de guerre russes et britanniques. Mais cela ne l’a pas empêché de réaliser certaines des expériences les plus simples élégantes que je connaisse.

Ainsi, lors d’un de ses voyages sur les traces des essaims de criquets, Kennedy a par exemple eu l’idée d’utiliser un miroir pour montrer l’importance du soleil dans l’orientation des insectes. Pour cela, il s’est placé au niveau d’une bande de criquets juvéniles et a caché le soleil avec une couverture. Puis il a marché en tenant à la main un miroir dirigé vers l’astre, donnant ainsi l’illusion de le déplacer. De cette manière, il a réussi à détourner le mouvement des insectes, de la droite vers la gauche quand il plaçait le miroir à l’opposé de la position du soleil56. Lorsqu’il enlevait la couverture, les criquets faisaient immédiatement demi-tour, reprenant leur direction initiale par rapport au vrai soleil. Le même subterfuge lui a également permis de détourner le vol de criquets adultes.

Plus tard, des études en laboratoire ont confirmé la tendance des locustes à s’orienter grâce à la position du soleil dans le ciel. Les insectes détectent la polarisation de la lumière du soleil, c’est-à-dire son orientation dans l’atmosphère, et utilisent cette information pour connaître la position du soleil et se diriger. À l’œil nu, il ne nous est pas possible de percevoir cette caractéristique de la lumière du Soleil. Il existe cependant des filtres polarisants qui permettent de visualiser les rayons lumineux dans certaines orientations uniquement, par exemple dans les verres de lunettes de soleil pour réduire l’éblouissement ou dans ceux des lunettes de cinéma pour visionner un film en trois dimensions. Les locustes, elles, voient la lumière polarisée grâce à des photorécepteurs spécialisés à l’arrière de leurs yeux composés. Il est possible de l’observer en plaçant un criquet juvénile sur une balle flottant sur un coussin d’air. Si l’on déplace une source de lumière polarisée autour de lui, l’insecte se déplace sur la balle, la faisant rouler sous ses pattes de manière à rester aligné avec la lumière. Si l’on fixe cette fois-ci un adulte à une tige en métal, il se met à voler sur place et à suivre le déplacement de la lumière polarisée. L’alignement disparaît lorsque l’on couvre la partie dorsale de l’œil de l’insecte responsable de la perception de la lumière polarisée..

Grâce à cette lumière céleste, un essaim de locustes peut donc suivre un cap, parfois pendant plusieurs jours. Ce « compas solaire » est relié à l’horloge interne, c’est-à-dire au mécanisme de régulation des rythmes dans l’organisme, qui permet aux insectes de compenser le changement de la position du soleil dans le ciel au cours de la journée. Sans cette compensation, les criquets migreraient probablement en zigzag, recommençant tous les jours des trajets est-ouest comme le fait inlassablement le soleil.

Cependant, un essaim peut changer de direction s’il rencontre un gros obstacle sur son passage, comme une mer, une montagne ou une tempête. Ainsi, il est arrivé que des nuées d’insectes provenant d’Égypte fassent un détour de plusieurs kilomètres, longeant la côte méditerranéenne, avant de s’arrêter en Israël, au lieu de traverser en ligne droite au milieu de la mer Rouge. Pour comprendre pourquoi les criquets se sont mis à emprunter cette route tortueuse, une équipe de chercheurs israéliens a attaché des criquets adultes provenant de l’essaim à une ficelle puis les a relâchés au dessus d’un sol sur lequel ils avaient placé différentes surfaces. Quand les insectes avaient le choix entre voler au-dessus d’une surface miroitée qui reflétait la lumière polarisée, comme le fait l’eau très saline de la mer Rouge, ou une surface uniforme qui ne reflétait pas la lumière polarisée, ils choisissaient majoritairement de survoler la surface non réfléchissante. Les criquets détectent donc les réflexions polarisées de la lumière sur l’eau, caractéristiques de l’eau de mer, ce qui leur permet, quand ils le peuvent, d’éviter ces zones dangereuses en cas de chute après une collision avec d’autres locustes, par exemple, ou s’ils sont épuisés par le vol.

De l’épidémie de criquets à celle de l’obésité humaine. Beaucoup de gens s’interrogent sur l’utilité de la recherche fondamentale. Ils seront certainement encore plus nombreux une fois qu’ils auront appris que des chercheurs, parmi les plus brillants dans leur domaine, caressent des criquets pour les faire changer de couleur ou leur font faire des zigzags avec un miroir. Malgré les apparences, les travaux sur le changement de phase des locustes sont un exemple remarquable de ce que la recherche fondamentale en éthologie peut apporter à nos sociétés. En effet, de manière inattendue, les travaux menés par Fabre, Uvarov, Kennedy, Simpson, Buhl, Sword et tous leurs collègues ont permis des progrès considérables dans plusieurs domaines, en particulier la sécurité alimentaire et de la santé publique.

Tout d’abord, en perçant les mystères de l’apparition du comportement grégaire chez les locustes, ces recherches ont abouti à de nouvelles méthodes préventives contre les invasions d’insectes ravageurs, bien plus efficaces et moins néfastes pour l’environnement que l’utilisation systématique de pesticides. La question de la protection des cultures est un enjeu primordial en Afrique et au Moyen-Orient notamment, où les infestations de locustes pénalisent l’alimentation d’à peu près une personne sur dix. Comprendre pourquoi une locuste solitaire devient grégaire a permis de trouver des solutions pour empêcher la formation d’essaims, plutôt que de se battre en vain contre des nuées inarrêtables.

Comme le regroupement des insectes est favorisé par une végétation abondante et regroupée, il est possible de prédire le risque de grégarisation massive par des analyses de structure du paysage. L’intervention, si elle est nécessaire, peut donc avoir lieu en amont, bien avant que la population n’atteigne une taille critique, et permet de n’avoir recours aux pesticides qu’au stade ultime, face à des nuées qui auraient échappé au contrôle. Chaque scénario peut être adapté à la biologie de l’espèce ciblée. Dans le cas de la locuste asiatique (Oedaleus asiaticus), cela peut aussi passer par une meilleure gestion des pratiques agricoles. Chez ce criquet des grandes steppes mongoliennes, l’élevage intensif de bétail a été identifié comme un facteur accélérant l’érosion des sols, réduisant l’azote dans les plantes et favorisant la grégarisation. Diminuer la taille des élevages dans ces régions peut donc considérablement atténuer les risques de grégarisation des locustes. C’est grâce à la connaissance approfondie du comportement de ces espèces, parfois entamée dans des piscines à balles miniatures, qu’il est aujourd’hui possible d’envisager un contrôle ciblé, local, efficace et durable des migrations ravageuses.

Mais l’étude de ces phénomènes a eu une autre conséquence inattendue : la compréhension de certains principes universels de la nutrition animale, qui régissent donc également notre propre nutrition. En effet, les règles qui déclenchent le cannibalisme chez les formes grégaires de locustes expliquent très bien l’appétit humain et le développement de l’épidémie d’obésité qui sévit actuellement dans les sociétés occidentales. Steve Simpson et son ami de longue date David Raubenheimer ont commencé à travailler sur la nutrition des locustes à la fin des années 1990, lorsqu’ils étaient à Oxford. Lors d’une célèbre expérience de cafétéria, comme celle réalisée sur les sauterelles mormones, Steve et David ont découvert que des criquets migrateurs (Locusta migratoria) auxquels ils avaient donné le choix entre vingt-cinq diètes artificielles étaient capables de réguler leur régime alimentaire de manière très précise, en sélectionnant leur nourriture selon des appétits spécifiques pour les protéines et les sucres. Quelle que soit la quantité totale de nourriture que les insectes consommaient, ils ingéraient toujours le même volume de protéines. Si les locustes avaient à disposition uniquement de la nourriture pauvre en protéines mais riche en sucres, elles en mangeaient beaucoup jusqu’à atteindre leur besoin en protéines, quitte à devenir obèses à cause d’une surconsommation de sucres. Pour ceux qui se posent la question, les locustes obèses ne peuvent pas grossir en raison de leur squelette externe la cuticule. En revanche, elles sont très grasses à l’intérieur. Dans la même étude, lorsque Steve et David proposaient uniquement aux locustes une diète très protéinée et peu sucrée, celles-ci mangeaient peu, car elles atteignaient très rapidement leur cible protéinique. Les insectes perdaient donc du poids : des locustes maigres à l’intérieur.

Par la suite, les deux chercheurs ont montré l’existence de cette régulation nutritionnelle chez de nombreuses autres espèces d’insectes, avec des variantes dans le nutriment qui était préféré par rapport aux autres en fonction des espèces. Les blattes. Les mouches. Puis ce fut au tour des chats, des chiens, des primates, des poissons, des oiseaux, et même des blobs63. Il y a fort à parier que si les dinosaures étaient encore vivants, ils présenteraient ce même comportement tellement il est répandu dans le règne animal. Logiquement, nous, humains, ne faisons pas exception à la règle. Nous nous comportons même de manière très analogue aux locustes, car nos choix alimentaires sont sous l’influence d’une appétence pour les protéines. Comme les locustes, donc, nous pouvons être amenés à surconsommer certaines nourritures pour satisfaire ce besoin ; c’est ce que l’on appelle le « levier protéique ». Cet appétit pour les protéines a probablement permis à l’humanité de perdurer plusieurs centaines de millions d’années dans des environnements où celles-ci étaient rares et précieuses. Mais il est désormais inadapté à notre mode de vie moderne, nous poussant à surconsommer des nourritures ultra-transformées, généralement pauvres en protéines, mais riches en sucres et en gras, donc mauvaises pour la santé.

[...]

L’étude du régime alimentaire des locustes, qui pourrait paraître comme sans grand intérêt de prime abord a donc ouvert des perspectives inattendues pour notre santé. Aujourd’hui, ces connaissances permettent d’envisager de modifier nos habitudes nutritionnelles sur des bases scientifiques, afin que les appétits développés au cours de l’évolution nous guident vers une alimentation plus saine et équilibrée, et non vers les produits qui profitent uniquement à l’industrie agroalimentaire."

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Symbolisme :


Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique (LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017), le Criquet est défini par les caractéristiques suivantes :


"Traits : Le criquet symbolise une incroyable chance. Avec ses longues pattes et ses larges cuisses, le criquet a une incroyable puissance de saut. Un mythe courant dit que les stridulations du criquet sont produites par le frottement de ses pattes l'une contre l'autre, mais le bruit est fait par ses ailes. A leur base, les ailes de devant sont striées d'une veine et renforcées en haut, les parties parcheminées à l'intérieur amplifient le son. Pour ses stridulations, le criquet relève ses ailes de devant et frotte la partie renforcée le long de l'arête veineuse. Certains criquets ont des ailes arrière qu'ils utilisent pour voler, mais la plupart des espèces ne volent pas.


Talents : Toujours partant - Communication - Contentement - Excellente intuition - Heureux - Expert pour le timing - Initiative - Intelligence - Introspection - Intérêts nombreux et divers - Fortes tendances musicales - Puissance dans la voix - Protection - Sauts quantiques - Chant - Energie spirituelle - Vibration.


Défis : Ennuyé par des choses mineures dont la plupart des personnes ne se rendent pas compte - A de la difficulté à rester à une seule place - Trop indépendant.


Élément : Terre.


Couleurs primaires : Noir - Gris - Vert.


Apparitions : Lorsque le criquet apparaît, cela veut dire que vous êtes incroyablement chanceux. Tout semble toujours aller dans votre sens, et vous êtes toujours à la bonne place au bon moment. Le criquet veut dire aussi que vous vous trouvez régulièrement aligné à l'énergie vibratoire supérieure et que vous vous servez de votre chant interne pour renforcer votre énergie. Le criquet signifie que vous savez entrer dans votre intériorité, vous aligner avec votre être intérieur, et que vous faites de grands progrès dans la compréhension de votre chemin spirituel. Accueillez votre intuition parce que vous êtes plus pertinent que vus ne vous en rendez compte. Assurez-vous d'être bien ancré et en équilibre lorsque vous faites un travail intuitif. Croyez en vous et dans les impressions qui vous viennent. Le criquet signifie de chanter même dans les périodes les plus sombres. Le chant du criquet peut vous sortir de l'obscurité pour entrer dans la lumière. Le criquet veut dire aussi qu'il est temps à présent de lâcher tout bagage émotionnel qui pèserait sur vous. Oubliez le passé pour accueillir et vivre pleinement l'avenir. On croit que les criquets veulent dire que vous allez bénéficier d'une aubaine financière. On pense aussi qu'on s'attire la malchance si l'on tue ou met dehors un criquet qui chante dans une maison.


Aide : Le criquet est un symbole de protection. Il surveille les choses pour vous, alors que vous sautez d'un projet ou d'un domaine à l'autre. Le criquet peut vous aider à savoir qu'il est temps d'abandonner définitivement une situation, quand il faut chanter d'une voix forte, ou quand être dans l'introspection. Si vous essayez d'améliorer vos compétences en communication, faites appel au criquet pour qu'il vous prête sa voix. Il vous encourage à parler avec autorité et d'une voix de commandement. Le criquet vit par vibrations, aussi, si vous êtes en train de travailler à accroître votre fréquence personnelle, invitez le criquet à rester à vos côtés pendant que vous vous développez. L'expression de soi est une part importante de votre croissance personnelle et spirituelle, aussi n'ayez pas peur d'accueillir de nouveaux idéaux et de formuler vos idées concernant les projets sur lesquels vous travaillez. Vous êtes très occupé, exactement comme le criquet, qui peut vous aider à reconnaître lorsque vous avez besoin de ralentir juste un peur pour reprendre souffle. Et puis repartir ensuite.


Fréquence : L'énergie du criquet est brillante et claire. C'est la lumière de milliers d'étoiles scintillant dans le ciel de nuit. Son énergie est vibrante de vivacité, d'espoir et de joie. Chaude, aiguë et musicale, la stridulation du criquet vous calme et vous détend.


Imaginez...

Le chant du criquet vous fait vous lever de votre chaise pour le chercher. Vous vous laissez guider par le son vers la porte de derrière, et là vous voyez un criquet assez gros qui chante à cœur joie. C'est à ce moment-là que vous vous rendez compte que la porte de derrière n'est pas fermée. Vous vous dirigez vers la porte, mais le criquet vous devance et saute dehors. Alors que vous refermez la porte, vous entendez une sorte d'orchestre à l'extérieur. Vous sortez dans l'air froid de la nuit pour écouter, en refermant la porte derrière vous. La nuit s'est animée du chant des criquets. Vous laissez cette musique se déverser sur vous, vous remplir d'un sentiment de détente et d'une sensation de paix. Lorsque la musique décroît un peu, vous remerciez le criquet de vous avoir fait comprendre que votre porte n'était pas fermée, et vous retournez à l'intérieur."

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Symbolisme astrologique :


Gabriel, le créateur du Site Zooastro.com propose de trouver son animal astral en fonction de la position du Soleil et de la Lune dans notre thème :


"Les Arthropodes correspondent au signe des Gémeaux. Les Gémeaux sont un signe d’Air, Mutable. Un Gémeaux cherche principalement à assouvir sa curiosité. D’une vivacité d’esprit insatiable, il se pose mille questions, et passe d’un sujet à l’autre en accumulant des anecdotes ou des informations concrètes. Toujours en mouvement, toujours en ébullition, il est partout ! Sa mobilité, avant tout mentale, fait de son quotidien un assemblage de moments intenses et distrayants, mais décousus. Le Gémeaux est sociable et chaleureux car il accepte toutes les rencontres, toutes les idées. Il s’affirme en disant oui à tout, mais sa volonté est fragile car son souci premier est d’apprendre. Sitôt adapté à un environnement donné, il cherche à en tester un nouveau. Pour le Gémeaux, la vie est un jeu à ne pas prendre trop au sérieux.

Dans le monde animal, les Arthropodes sont les meilleurs candidats pour transcrire fidèlement le symbolisme du signe des Gémeaux :

Apparus au début de l’Ère Primaire à partir des Vers, les Arthropodes ont amené plusieurs innovations : La segmentation du corps, l’exosquelette protecteur, et surtout, les pattes locomotrices. Cette formule gagnante permit une adaptation du nombre et du rôle des pattes en fonction de l’environnement.

On retrouve bien là les caractéristiques classiques du signe des Gémeaux, axé sur la mobilité, la communication et l’adaptation.


Les Arthropodes, des êtres adaptables : L’Arthropode est un animal incroyablement flexible. Il a su coloniser tous les milieux, en prenant mille formes différentes. On estime que 80% des espèces animales sur Terre sont des Arthropodes.


Le Criquet ou le Haut parleur : L’Animal Astral Criquet est un Arthropode. Il cherche principalement à assouvir sa curiosité. D’une vivacité d’esprit insatiable, il se fait remarquer par sa manière de poser mille questions. Il passe d’un sujet à l’autre, résolvant rapidement des petits problèmes, accumulant des anecdotes et des connaissances concrètes. Toujours en mouvement, toujours en ébullition, il est partout ! Sa mobilité fait de son quotidien un assemblage de moments intenses et distrayants, sans rapport les uns les autres. D’un contact facile, cette personnalité semble sociable et chaleureuse car elle accepte toutes les rencontres, toutes les idées. Elle s’affirme en disant oui à tout, mais sa volonté est fragile car son souci premier est de s’informer. Sitôt adaptée à un environnement donné, elle cherche à en tester un nouveau. Pour le Criquet, la vie est un jeu à ne pas prendre trop au sérieux.

Le Criquet aime tout ce qui peut l’aider à se sentir responsable et connecté à un groupe. Il a une âme de leader énergique tourné vers les autres, parfois un peu carnassier. Mais à travers ses coups de griffes, il a toujours à l’esprit un idéal supérieur, une recherche de record, un goût pour relever les défis collectifs. Il aime mettre son auditoire dans le droit chemin et disqualifier des adversaires, comme le ferait un champion. Ce besoin de se nourrir de ce qu’il y a de plus haut est certainement son point sensible.


Les particularités du Criquet : Légèreté et extraversion donnent au Criquet des ailes pour découvrir le monde. Son goût pour les sujets sociaux et sa curiosité boulimique envers le monde extérieur l’aident à se sentir très à l’aise avec l’étranger. Aussi, il saute sur la première occasion de partir à la rencontre de l’autre. Le Criquet est certainement un voyageur opportuniste qui se laisse porter par le vent dans une existence nomade. Sans forcément se soucier des conséquences de cette mobilité exacerbée.

Cette liberté du vent n’en est d’ailleurs pas vraiment une. La direction donnée à sa vie n’est pas pleinement choisie par le Criquet. Elle est guidée par des éléments qui le dépassent, qui sont régis par des lois supérieures. Mais ces impératifs lui sont tellement familiers qu’il les accepte sans même y réfléchir. Sa religion, son idéologie, sa philosophie par exemple…

Tout en cherchant à donner un sens social et une direction fédératrice à sa curiosité naturelle, le Criquet est tiraillé entre le plaisir de l’instant et le but exigeant qu’il s’est fixé. Comme un pèlerin qui se laisserait distraire par des tentations de tourisme sur la route de sa quête…

C’est le paradoxe du Criquet, d’être à la fois très personnel et très social. Le natif de ce signe a donc probablement deux visages, et peut changer du tout au tout en fonction du contexte. Intellectuel, idéaliste et théorique en solitaire ou en petit comité, son visage peut changer une fois intégré à un groupe, en devenant beaucoup plus agité, nerveux, vibrant et très concentré sur les réalités du terrain. Quoi qu’il en soit, il a une réelle capacité à fédérer les gens autour de lui par la parole, même si on lui reprochera parfois – à tort ou à raison – de manquer d’authenticité et de sérieux.

Il y a chez le Criquet une recherche continue de perfectionnement, pour devenir plus grand et accroître ses capacités de communication. Cette acquisition constante de nouvelles connaissances se manifeste par des mues périodiques. Il est capable de se former, d’apprendre constamment, et de devenir quelqu’un de supérieur en changeant de peau, tout en restant lui-même. Cette aptitude au développement personnel lui permet, à l’âge adulte, de conquérir le monde.


Les pouvoirs du Criquet : Le Criquet recèle une formidable capacité d’adaptation à tout changement, et son extraversion l’autorise à parler à tout le monde. Il a une énergie extraordinaire qui lui permet d’aller au bout du monde dès lors qu’il s’est décidé de relever un défi.

Le natif du Criquet aura tout intérêt à s’orienter vers une activité communicante où il pourra assouvir cette soif de contacts tous azimuts, ce besoin de donner un sens à sa vie par le développement d’une communauté. Il devra éviter les activités qui nécessitent une attention approfondie et rigoureuse car elles lui tomberont rapidement des mains. Toute intégration dans une équipe sera bénéfique pour lui. Il devrait y acquérir une place de meneur ou de porte-parole, et plus son groupe sera important, plus il ira loin.


Ex : Pierre Ier de Russie, Donald Trump, Nicole Kidman" [Soleil Gémeaux / Lune Sagittaire]

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Mythologie :


Daniel Barreteau, auteur de "Les Mofu-Gudur et leurs criquets." (In : L’homme et l’animal dans le bassin du lac Tchad, 1999, pp. 133-169) rapporte un mythe étiologique relatif aux criquets :


"Pas-de-criquet-dans-le-Wandala : Mythe d'origine des sacrifices humains contre les criquets migrateurs


Ce récit étiologique situe l'origine des criquets migrateurs et des sacrifices humains qui étaient pratiqués à Gudur pour les éloigner. Le chef de Gudur, originaire du Wandala, craignait d'être supplanté par «Pas-de-criquet-dans-le-Wandala », l'ancêtre du clan Masuwa (« les gens de Sao »), également originaire du Wandala. C'est donc une « guei-re », une rivalité pour la chefferie, qui serait à l'origine du désastre. Le chef de Gudur le tue malgré les menaces. En représailles, les criquets seront envoyés pour dévaster le pays.

Le chef de Gudur, informé, par la divination, que les Masuwa sont à l'origine de cette calamité, exige d'eux qu'ils sacrifient un homme de leur clan. Mais, finalement, après des subterfuges, c'est chez les Gidar et les Hina (très liés à Gudur) qu'ils trouveront un homme et une femme à sacrifier, mettant ainsi fin à l'invasion des criquets.


 « Les criquets migrateurs viennent de l'est. Ils arrivent en nuages. Ils couvrent le ciel complètement. Le soleil ne chauffe pas. Les (premiers) criquets migrateurs sont arrivés à la suite d'une guerre. Ils avaient tué Pas-de-criquet-dans-le-Wandala.

Pas-de-criquet-dans-le-Wandala était l'ancêtre des Masuwa (« les gens de Sao » ?). Pas-de-criquet-dans-le-Wandala est tombé entre les mains du chef de Gudur. C'était un brave homme. Le chef de Gudur l'a chassé de sa montagne, en disant : « il va me prendre la chefferie sur le pays ».

Alors que les Masiiwa s'apprêtaient à fuir, le chef de Gudur prend Pas-de-criquet-dans-Ie-Wandala. Les autres s'installent sur l'autre bord de la rivière de Gadala à Angwa-Kongorri. Celui qui succède à Pas-de-criquet-dans-le-Wandala dit aux autres : « Installons-nous ici, à Kongom ». Et ils ont appelé cette montagne « Kongom ».

Le chef de Gudur dit à ses gens : Cet homme-là, allons le tuer à côté de ses frères.

Après l'avoir amené à Mabasa, le chef l'interroge : « Pas-de-criquet-dans-le-Wandala, d'où viens-tu ? » Il répond : « Du Wandala ». - Bon, tu viens du Wandala, alors je vais te tuer. 

Pas-de-criquet dit : - Si tu me tues. par la suite, vous aurez des problèmes. Ils tuent Pas-de-criquet.

Le chef dit : « que peut faire un immigrant ? »

Un an passa sans problème. La deuxième année arriva. On fait le premier sarclage. le mil a déjà la taille d'un adolescent, quand on aperçoit une tache noire qui couvre l'horizon. Toutes les plantes sont dévastées. Les plantes qui repoussent sont dévorées par les jeunes criquets. Toute la terre est dévastée, elle reste inculte.

Le chef ramasse du mil pour la divination. 11 appelle ses frères et les forgerons. Avec la bière, on examine la divination. C'est Pas-de-criquet-dans-le-Wandala qui a amené ça. Il dit : « C'est un homme qu'il faut sacrifier. »

Le chef prend un bœuf. 11 saisit un homme du clan Masuwa. 11 dit : « Faites le sacrifice de votre frère, sinon qui va le faire ? » Le Masuwa s'adresse à son ancêtre devant son autel. Il lui dit : « Voici ton bœuf et ta bière de mil. Pas-de-criquet, on dit que c'est toi qui as apporté ces choses qui dévastent notre mil, nous t'en supplions : ne reviens plus pour nous causer la honte. »

On tue le bœuf et on le prépare. On verse de la bière sur l'autel. On revient au village. L'année suivante. on cultive le mil. Soudain, les criquets surgissent. Pendant la période des criquets, les plants de mils qui sont dans les bas-fonds sont moins dévastés. On chasse les criquets avec des branches de rônier. Dans certains villages, tout est détruit, tandis que d'autres sont moins touchés.

Le chef se prépare pour la divination de nouveau. Il prépare de la bière. On fait la divination avec les cailloux. Le devin déclare qu'il faut sacrifier un homme. Il faut prendre un homme. D'autres villages consultent aussi le devin. Ils viennent voir le chef de Gudur.

Le chef de Gudur leur dit que le sacrifice doit être fait avec un homme et une femme. Le chef de Gudur envoie un messager chez le Chef de Gidar, qui a beaucoup de monde. Ce chef prend des gens. Le chef prend un bouc gras. Le serviteur l'apporte aux Wusa (les Masuwa). Le Masuwa fait une prière devant l'autel de Pas-de-criquet. On immole le bouc. On le prépare et on garde la viande dans un récipient avec de la boule. Il y a deux ouvertures pour les criquets, une pour les mâles, l'autre pour les femelles. Celui qui fait le sacrifice étale une natte sur les ouvertures. L'homme (choisi de Gidar) s'assoit au dessus du trou des mâles. Ils prennent une fille qu'ils installent sur le trou des femelles. On leur met de la boule de mil devant eux. Ils mangent, ils mangent.

Les criquets montent. Ils rongent la natte. La natte tombe dans le trou. On pousse dans le trou I'homme et la femme, quand ils ont achevé de manger. On bouche le trou avec des feuilles de Huemusrotaphis harteri. On le remplit complètement avec de la terre. Après cela, les criquets ne reviennent plus.

Même s'ils reviennent, les Blancs ont un moyen de les éliminer. Maintenant, il n'y a plus de gens pour faire le sacrifice. Les Gidar qui sont proches, les Gidar qui sont nombreux, les Hina, ce sont eux qui fournissaient les gens pour le sacrifice. »"

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