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  • Anne

La Serpentaire




Étymologie :

  • SERPENTAIRE, subst. fém.

Étymol. et Hist. xiiies . « arum » (Livre des simples medecines, éd. P. Dorveaux, p. 187). Empr. au b. lat. serpentaria « sorte d'arum », dér. p. anal. de forme du lat. serpens (v. serpent).


Lire également la définition du nom serpentaire afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Dracunculus vulgaris ; Arum dragon ; Arum noir ; Arum petit-dragon ; Arum puant ; Dragon noir ; Dragonne serpentaire ; Gouet serpentaire ; Herbe des sorcières ; Lis puant ; Lys serpent ; Lys vaudou ; Petit dragon commun ; Petit-dragon vulgaire ; Pied-de-veau serpentaire ; Serpentaire commune ;




Botanique :


Le genre Dracunculus comprend 3 espèces :

  • Dracunculus vulgaris, l'espèce type ;

  • Dracunculus canariensis, l'espèce à spathe blanche ;

  • Dracunculus muscivorus, l'espèce à spathe rosée.

 

Le site Promesses de fleurs propose la description suivante de cette plante peu ordinaire :


Le Dracunculus vulgaris, également appelé Serpentaire commune, Petit dragon commun ou encore Gouet serpentaire est une plante tubéreuse spectaculaire, au charme maléfique, dont la floraison frappe d'étonnement, tant par son aspect d'énorme cornet de velours pourpre que par ses effluves délétères. Naturalisé dans le Midi méditerranéen où il croit sans aucun soin, aussi bien dans les terrains rocailleux que sous les arbres caducs, ce cousin des arums est une authentique curiosité végétale que l'on peut aussi accueillir au jardin plus au nord, en protégeant bien la souche en hiver. En pleine terre comme en pots, n'oubliez pas de le placer bien en vue, mais pas sous le vent qui rabattrait son parfum vers vos visiteurs !

Le Dracunculus vulgaris appartient à la famille des Aracées. Il s'agit d'une plante herbacée vivace originaire de méditerranée orientale, plus précisément d'une zone allant de l'Albanie à la Crète et à la Turquie. On la retrouve également en Italie, dans le Sud de la France et en Corse, et jusqu'en Afrique du Nord. La taille adulte de la serpentaire commune dépend des conditions de culture, elle peut varier de 60 cm de hauteur à 1,50 m.

D'un tubercule rond et plat émerge en février-mars une tige toute tigrée de vert foncé, de vert pâle et de brun-noir qui s'allonge et s'épaissit rapidement. C'est le motif qui orne cette tige qui a valu à la plante son nom de serpentaire. La tige, plus ou moins ramifiée, porte de grandes feuilles triangulaires de 40-45 cm de large, divisée en 5 à 15 lobes de couleur vert foncé brillant, parfois mouchetées de blanc. En mai-juin, tandis que le feuillage commence à sécher, se forme l'inflorescence, à l'extrémité de la tige. Elle prend la forme d'un grand cornet allongé de couleur verte, à bords ondulés et retroussés de couleur pourpre. Sa taille varie de 15 cm la première année à 50-60 cm de long sur une plante âgée, mais peut dépasser 1 m si la plante pousse dans un sol profond et très riche. Le cornet se déroule peu à peu, dévoilant un superbe intérieur velouté de couleur rouge pourpre à Bordeaux très foncé. Au centre trône une grande colonne appelée spadice, de couleur presque noire. Ce spadice constitue le réceptacle de minuscules fleurs qui sont mâles sur sa partie supérieure, les femelles étant situées tout en bas. Les fleurs femelles sont matures avant les fleurs mâles, ce sont elles qui dégagent une odeur de charogne tant qu'elles ne sont pas fécondées. Le "parfum" disparaît par la suite. La pollinisation est croisée. Elle sera réalisée par le biais de mouches et de coléoptères qui rapporteront le pollen mature d'une autre spathe sur les fleurs femelles de la première. Les fruits arrondis, de couleur orange vif, sont toxiques. Cette plante se multiplie aussi par des petits tubercules qui se forme autour du tubercule père. La plante entre en repos en été, échappant ainsi à la sécheresse et à la chaleur estivale.

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Usages traditionnels :


Suzanne Amigues, dans "Végétaux étranges ou remarquables du Maroc antique d'après Strabon et Pline l'Ancien." (In : Antiquités africaines, 38-39,2002. pp. 39-54) examine la flore méditerranéenne :


L'arum (Arum italicum Miller) et la serpentaire (Dracunculus vulgaris Schott [Arum dracunculus L.]) sont souvent associés par les auteurs anciens (1), qui avaient fort bien discerné en ces deux plantes de taille et d'aspect différents des caractères communs : tubercule globuleux, grandes feuilles étalées et parfois panachées, inflorescence composée d'une spathe enveloppant partiellement le spadice en forme de massue. Leur réunion sous l'étiquette de « légume » appelle certaines réserves. [...]

En revanche, la comestibilité de la serpentaire est formellement démentie par Théophraste, qui la juge vénéneuse et réservée à la médecine (1). Il faut reconnaître que sa haute tige tachetée comme un serpent (d'où son nom grec δρακόντίον, simplement traduit en français) et l'odeur de charogne qu'exhale son inflorescence, insoutenable au voisinage d'un groupe de plantes fleuries, n'excitent guère la gourmandise. Néanmoins, si l'on en croit Dioscoride (II, 166), « la racine sert de légume consommé même par les bienportants ; elle se mange soit cuite, soit crue. Les habitants des îles (...) qu'on appelle les Baléares mélangent la racine cuite à une grande quantité de miel et la servent dans leurs banquets en guise de gâteaux (2) ». Il n'était donc pas absurde de citer l'arum et la serpentaire comme des légumes, et, qui plus est, de grandes dimensions, ce qui a été constaté pour la seconde en Méditerranée orientale, où elle croît spontanément (3) : V. Raulin (4) rapporte que « des individus gigantesques, de 2 m de haut, dont la spathe avait 1 m, furent rencontrés par M. de Heldreich, au monastère de Toplou ».


Notes : 1) HP Vil, 12, 2 IX, 20, 3. Cf. Galien, VI, 651 Kühn.

2) Dracunculus vulgaris est remplacé aux Baléares par une espèce très voisine, D. muscivorus (L. fil.) Pari., d'aspect encore plus étrange, dû à la présence de soies violettes qui tapissent intérieurement tout le limbe de la spathe voir Amigues S., Plantes du ramassage, 2004, p. 178 et p. 182, fig. 5. On corrigera dans cet article (p. 178) notre référence à Poseidonios comme source de Strabon, XVII, 3, 4 nous avons mentionné ci-dessus les raisons qui ont amené J. Desanges à écarter cette hypothèse.

3) D. vulgaris n'appartient pas à la flore actuelle du Maroc (cf. Jahandiez É. et Maire R., Catalogue, 1931) et atteint à peine l'est de l'Algérie (une seule localisation dans Quézel P. et Santa S., Flore de l'Algérie, 1962-63, p. 180 (« plaine de Bòne »). Cette situation rend peu plausible sa présence ancienne au Maroc septentrional, sinon en culture ou du fait d'une naturalisation temporaire (Rikli M., Das Pflanzenkleid, 1943-48, p. 531, signale D. vulgaris au Portugal dans la Serra de Monchique). Mais il n'est pas exclu que la source de Strabon ait associé en quelque sorte mécaniquement les deux Aracées les plus communes en Grèce

4) Raulin V., Description de la Crète, 1869, p. 872.

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Pierre Louan dans un article pour L'Arbre celtique s'interroge sur l'identité du gigarus antique :


C'est Marcellus qui nous le cite. "L'herba proserpinalis que les Grecs nomment draconteum et les Gaulois gigarus soigne les polypes du nez. Soit que l'on instille le suc de la racine dans les narines, soit que l'on imprègne un papier et qu'on l'introduise dans la narine comme une sonde, qu'on enlèvera le lendemain. Car manifestement, cette instillation arrache toutes les racines du mal"

(Marcellus de Bordeaux, De Médicamentis liber, X, 5)


Certains voient dans le gigarus gaulois le serpentaire (Arum draconculus L.) (Georges Dottin, La Langue gauloise, p. 259) ; J. André, quant à lui, a proposé le gouet (Arum maculatum L.) (J. André, Noms latins, p. 110).


Amélia Dacosta dans un article intitulé "La Dracunculus vulgaris, une des plantes les plus rares au monde" publié sur le site Africa Green Magazine confirme cet usage médicinal qui serait évoqué également par Dioscoride :


[...] Aussi appelé herbe des sorcières, la dracunculus vulgaris, cultivé à l’origine pour l’ornement a aussi des vertus médicinale. Il s’avère qu’il est efficace pour traiter les polypes dans le nez, les spasmes, la toux, les fractures, les catarrhes etc. indique le médecin grec du 1er siècle Dioscoride.

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Symbolisme :


Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Arum serpentaire, horreur.

Parce que son tronc et ses racines tuberculeuses lui donnent l’aspect d’un reptile.

 

Le Site Promesses de fleurs donne cette information intéressante :


Autrefois, dans les campagnes du Midi, on l'appelait l'Arum serpent et on le plaçait contre la porte d'entrée (!), peut-être pour chasser les mauvais esprits ou bien pour éloigner momentanément du foyer les vipères et les visiteurs indésirables... Nous vous conseillons de planter la serpentaire commune non loin de votre demeure, car sa floraison spectaculaire, capée de velours sombre, le mérite amplement, mais en tenant compte de la direction du vent dominant.

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Voir aussi : Arum ;

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