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La Vache

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 29 juil. 2015
  • 54 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 janv.



Étymologie :


  • VACHE, subst. fém. et adj.

  • VACHER (SE), verbe,

Étymol. et Hist. I. A. 1. Ca 1130 « femelle reproductrice de l'espèce bovine » (Lois de Guillaume le Conquérant, éd. J. E. Matzke, p. 6,5) ; ca 1290 vake laitiere, v. laitier ; 1606 au fig. vaches a laict (Du Villars, Mém., II, an 1551 ds Gdf. Compl.) ; d'où a) loc. α) xve s. pleurer comme une vache (Le Grant garde derriere, X, 3 ds IGLF) ; 1610 manger de la vache enragée (Béroalde de Verville, Le Moyen de parvenir, éd. H. Moreau et A. Tournon, p. 186) ; 1640 parler François comme une Vache Espagnolle (Oudin, Curiositez) ; id. sorcier comme une vache, v. sorcier [cf. 1736, Marivaux, Le Télémaque travesti, p. 344 : il n'y a point d'autres sorciers au monde que les vaches espagnoles] ; 1690 quand chacun se mesle de son mestier, les vaches sont bien gardees (Fur.) ; 1833 aller comme un tablier à une vache (Vidal, Delmart, Caserne, p. 250) ; 1876 il pleut comme vache qui pisse, v. pisser ; id. une vache n'y retrouverait pas son veau (Lar. 19e) ; β) 1690 allusion biblique (Fur. : le songe de Joseph fut la vision de sept vaches grasses, et de sept vaches maigres) ; 1897 connaître les sept vaches maigres et les sept vaches grasses (France, Mannequin, p. 236) ; b) 1534 poil de vache « couleur rousse » (Rabelais, Gargantua, XI, éd. R. Calder, p. 83) ; 1694 roux comme une vache, roux de vache (Ac.) ; c) 1548 plancher des vaches, v. plancher ; 1902 montagne à vache (Écho des Alpes, n°1, p. 38 ds Quem. DDL t. 27) ; d'où 1928 à vache « ridiculement facile (en parlant d'une course en montagne) » (La Montagne, n°212, mai, p. 166, ibid.) ; d) α) bot. 1557 blé de vache (L'Escluse d'apr. Roll. Flore t. 8, p. 161) ; 1732 herbe aux vaches (Nouv. maison rustique t. 1, p. 309) ; 1801 chou-vache (Annales de l'agriculture fr., IX, p. 96 ds Quem. DDL t. 21) ; 1840 arbre-vache (A. Joanne et Old Nick, trad.: Cooley, Hist. gén. des voy., p. 225, ibid., t. 15) ; β ) zool. 1558 vache de mer (L. Joubert, trad. de G. Rondelet, Histoire entière des poissons d'apr. FEW t. 14, p. 102a) ; 1615 vache marine (A. de Montchrestien, Traicté Œconomie politique, p. 325) ; 2. a) 1285 « cuir fait avec la peau de la vache » (Rutebeuf, Les Plaies du monde ds Œuvres, éd. E. Faral et J. Bastin, t. 1, p. 380, 72 : vint paire de sollers devache) ; b) 1781 « panier revêtu de cuir, qu'on plaçait sur les voitures de voyage » (Carmontelle, L'Uniforme de campagne, in Recueil gén. des proverbes dramatiques, VI, p. 250 ds Quem. DDL t. 25) ; 3. empl. techn. a) 1491 vacque « sorte de grue » (Compte des fortifications, 16e Somme de mises, Arch. Tournai ds Gdf.) ; 1590 « nom d'une pièce du canon » (Brantôme, Cap. fr., 144 [éd. 1666] ds La Curne) ; 1690 terme d'imprimeur « cordes qui arrêtent le train de la presse » (Fur.) ; 1751 terme de chasse vache artificielle « machine de la forme d'une vache qui sert à la chasse aux perdrix » (Dict. universel d'agriculture et de jardinage d'apr. FEW t. 14, p. 102b) ; 1872 terme de métall. « branloire d'un soufflet » (Littré); d'où 1878 tirer la vache (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 340) ; 1933 « déchet provenant d'un morceau de bois » (Lar. 20e) ; b) 1859 terme de mar. joues ou demi-joues de vache « demi-caisses de poulies » (Bonn.-Paris) ; id. nœuds de vache « nœud plat que l'on utilise pour réunir deux filins qui doivent être facilement dénoués » (ibid.) ; 1867 côtes de vache « travaux que l'on place sous les entretoises pour faciliter le hourdis du plancher » (Ch. Garnier, Monit. univ., 10 août, p. 1093, 2e col. ds Littré) ; 1881 corne de vache « voussure employée pour évaser l'ouverture d'un tunnel ou d'une arche de pont » (Chabat) ; 4. a) 1589 terme de danse ru de vache (Tabourot, Orchesographie, fo46c ds Gdf., s.v. ru) ; b) 1694 terme de manège ruer en vache (Ac.) ; 5. 1605 vache à colas « protestant » (L'Estoile, Journal, éd. A. Martin, sept., p. 172). B. 1. a) 1619 « femme grasse et laide » (Claude d'Esternod, L'Espadon satyrique, p. 73) ; b) 1866 « femme ou fille de mauvaises mœurs » (Delvau, p. 391) ; 2. a) 1690 « personne lâche, fainéante, poltronne » (Fur.) ; b) 1866 « homme sans courage, avachi » (Delvau, p. 391) ; 1877 faire la vache « paresser » (Zola, L'Assommoir, p. 489) ; 3. 1844 « agent de police » mort aux vaches (Documents litt., II, 203 d'apr. Sain. Sources Arg. t. 2, p. 464) ; 4. 1891 exclam. la vache (Méténier, Lutte pour amour, p. 187 ; 5. 1900 « personne méchante » (Mirbeau, Journal femme ch., p. 90) ; 1901 agir en vache (Bruant, p. 312). II. Empl. adj. 1. 1866 « mou, sans consistance » (Flaub., Corresp., p. 231) ; d'où 1887 faire vache « faire chaud » (Hogier-Grison, Monde où l'on vole, p. 296) ; 2. 1880 « méchant, sévère » (d'apr. Esn. 1966) ; 1881 (Méténier, op. cit., p. 92); 3. 1925 « admirable » (Arts d'apr. Esn. 1966). Du lat. vacca « vache ». Pour l'orig. de I A 5 c vache à colas, on se réfère habituellement à l'anecdote rapportée par L'Estoile dans son Journal, loc. cit., selon laquelle les Huguenots avaient tué et mangé une vache d'un nommé Colas Panier, égarée dans un temple protestant; ce qui donna naissance à la Chanson de Colas, et au sobriquet vache à Colas que catholiques et protestants s'appliquèrent mutuellement, mais qui, en définitive qualifia ces derniers (v. Littré, s.v. vache; FEW t. 7, p. 111, s.v. Nicolaus). La loc. parler comme une vache espagnole est peut-être favorisée par le bétacisme gasc. et esp. (b et v sont prononcés v entre voy. et b à l'init. après cons.) d'où corruption de basque* (du lat. vasco) : le fait que les Basques se partagent entre l'Espagne et la France et la présence à Paris au xviies. de valets basques aurait entraîné la loc. parler français comme un ou une Basque espagnol(e) (v. Littré, s.v. vache ; FEW t. 14, p. 105, note 4 ; K. Baldinger, Influence de la langue sur la pensée ds R. Ling. rom. t. 37, p. 251).


Voir aussi la définition détaillée qui propose quelques éléments de symbolisme.

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Expressions populaires :


Claude Duneton, dans son best-seller La Puce à l'oreille (Éditions Balland, 2001) nous éclaire sur le sens d'expressions populaires bien connues :


Un coup de pied en vache : Le cheval rue. C'est-à-dire qu'il est capable de vous lancer noblement les deux pieds à la fois en pleine figure, à condition que vous soyez placé juste derrière lui. La vache non, ou très exceptionnellement. Elle est trop lourde.

Elle ne sait guère lancer qu'un seul pied à la fois. En revanche, elle peut vous l'envoyer à l'improviste, aussi bien vers l'avant, que par côté, un peu à la façon d'un karatéka… Chacun sa technique. La sienne est si connue qu'on en a fait un temps un pas de danse. « En termes de danse, signale Furetière, on appelle "rut de vache", un pas où l'on jette le pied à côté. »

Or il arrive que certains chevaux particulièrement vicieux, négligeant la belle ruade spectaculaire de leur espèce, puissent eux aussi vous allonger un coup de pied en travers, d'une seule jambe, lorsque vous passez à côté d'eux. C'est cela que les cavaliers appellent le coup de pied « en vache », précisément parce que cette technique n'appartient pas en principe à leur catégorie. Mais il est fréquemment employé dans le commerce, l'industrie, et généralement dans une foule d'activités humaines !

L'expression, qui apparut vers le milieu du XIXe siècle, était promise à une belle carrière. « Aucun d'eux n'a le culot de dire carrément son opinion, et de telles séances ne paraissent avoir d'autre objet que le plaisir que prennent deux hommes à s'adresser publiquement, tout en s'offrant leurs sourires vinaigrés, à s'adresser, dis-je, dans les côtes et dans les tibias des renfoncements meurtriers et des coups de pied en vache. » (Jehan Rictus, Le cas Edmond Rostand, 1905).


Chacun son métier, les vaches seront bien gardées : Ceci est un proverbe qui fustige l'amateurisme. Que celui qui ne sait pas ne se méfie pas d'une tâche ou d'une affaire à laquelle il n'entend rien. Cela se dit pour rabrouer quelqu'un qui veut donner des conseils dans un domaine qu'il ne maîtrise pas, en le renvoyant implicitement « garder les vaches »...

Furetière le relève en 1690 « Quand chacun fait son mestier, les vaches sont bien gardées ». L'image était bien plus ancienne puisqu'on l'utilisait déjà au XVIe siècle pour railler celui qui veut s'improviser dans une tâche et fait tout de travers; Cotgrave cite : « Qui se mêle d'autruy mestier il trait la vache en un panier. »

Le dicton a fait les beaux jours de la sagesse populaire et des amateurs d'ordre. Mme de Genlis écrivait dans un ouvrage moralisant : « Vous savez le proverbe ; il est vieux, et n'en est que meilleur : Chacun son métier, et nos vaches seront mieux gardées ; et j'y ajoute que nos terres seront mieux cultivées. » (Mme de Genlis, Les Veillées de la Chaumière, 1823).

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Zoologie :

Selon Matt Pagett, auteur de Le petit livre de merde (titre original What shat that ?, Quick Publishing, 2007 ; édition française Chiflet & Cie, 2008) :


"Il y a presque autant de façons d'utiliser la bouse de vache qu'il en existe pour rentabiliser l'animal lui-même, qui nous donne viande, lait, et cuir. Grâce à elle on isole, on se chauffe, on fertilise les sols. On jour même au ballon. Pas mal pour une substance dont le seul nom inspire le dégoût.


Description : Il y a bouse et bouse : tout dépend de ce que la vache a mangé. L'herbe grasse produira une masse semi-liquide brune ou verdâtre, qui va sécher comme une galette. Une nourriture plus sèche donnera des bouses plus petites et plus fermes. Une vache produit en moyenne une dizaine de bouses par jour, qu'elle laisse à l'étable ou dans les pâturages.

Elles ruminent dans leur coin : Avec leur estomac à quatre poches, les vaches sont des ruminants : elles régurgitent l"herbe sous forme de bouillie, qu'elles remâchent pour l'avaler à nouveau. Ceci leur permet d'extraire le maximum de nutriments de leur nourriture qui n'est ni énergétique ni riche en protéines. La route est longue de la bouche à la bouse : le rituel de la digestion peut durer 100 heures, ce qui vaut à la vache le titre de ruminant lent.


C'est du gâteau : Certains pays en voie de développement comme le Népal sont de grands utilisateurs de bouses dont les gaz peuvent remplacer le charbon et le pétrole. Stockées dans des silos à l'abri de l'air, les bactéries s'y développent rapidement. L'addition d'eau entraîne une réaction chimique. Le gaz produit, composé surtout de méthane, est réservé à l'usage domestique. Les résidus sont utilisés comme compost. On peut donc dire que la bouse de vache crée des emplois, et qu'elle est source de richesses pour certains pays en difficulté. C'est ce que l'on appelle de la bonne merde.


Lancer de bouse : Le Championnat du Monde 2006 de lancer de bouse pour hommes, à Beaver, Oklahoma, a été remporté par James Pratt, avec un lancer de 61 mètres. Au Championnat pour femmes, le record a été battu par Dana Martin avec un lancer de 42 mètres."


N.B. Ce championnat existe aussi en France.

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Serge Schall, auteur de Histoires extraordinaires de plantes et d'hommes (Éditions La Source Vive, 2016) consacre un article à une forme de maltraitance malheureusement longtemps infligée à la vache :



Dans Les 12 sagesses des animaux (Leduc.s Éditions, 2019) Yolaine de la Bigne nous transmet des messages de sagesse appris par l'observation des animaux :


Les tapirs, les éléphants, les vaches et bien d'autres mangent de l'argile, connue pour ses multiples qualités, notamment pour absorber certains métaux lourds et les toxines de bactéries intestinales ou pour soulager les maux d'estomac ainsi que la diarrhée.

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Hugues Demeude, dans Les Incroyables Pouvoirs de la Nature (Éditions Arthaud, 2020) nous fait découvrir les secrets de rumination de la vache :


A la regarder se mouvoir dans les prés, la vache donne l'impression de passer un temps infini à se nourrir et à ruminer. Et e n'est pas qu'une vue de l'esprit : cette belle des champs au regard de velours peut passer près de huit heures par jour à ruminer ! Mais au fait, en quoi consiste cette pratique qui nous semble si familière ?

La vache engloutit 50 à 80 kilos de nourritures végétales dans la journée, et absorbe 60 à 100 litres d'eau. Campée sur ses quatre pattes, elle occupe donc ensuite le plus clair de son temps à tenter de les digérer. Pour y parvenir, elle a recours à un estomac divisé en quatre compartiments : trois pré-estomacs que sont le rumen, le bonnet et le feuillet, auquel s'ajoute un véritable estomac, la caillette, qui sécrète du suc gastrique.

Après avoir mâché les herbes tout juste broutées, la vache les avale en les faisant passer vers la panse, appelée aussi rumen. Là ce sont de grandes quantités de bactérie qui prennent le relais et se mettent à l'ouvrage Elles ont notamment le pouvoir de décomposer la cellulose présente dans les fibres des végétaux, substance qui ne peut pas être digérée par les mammifères autrement qu'en ayant recours à une relation de mutualisme, ici avec des bactéries aidées par une forte production de salive. Cette capacité de pouvoir digérer l'herbe, la vache la partage avec l'ensemble des bovidés et des cervidés. Les gros morceaux d'herbes retournent dans la bouche pour y être davantage mastiqués, ruminés, tandis que la bouillie fermentée du rumen est envoyée dans le deuxième compartiment de l'estomac. Dans ce bonnet sont alors filtrées les plus grosses particules, voire des cailloux avalés avec l'herbe. Le jus végétal passe ensuite dans un troisième compartiment, le feuillet, qui ne retient, telle une essoreuse, que la matière à digérer. C'est alors que celle-ci est envoyée vers la cailette qui achève le processus en activant ses sucs gastriques.

Les éleveurs qui pratiquent la transhumance dans les alpages misent sur ce processus de rumination de bonnes herbes fraîches pour obtenir un lait de grande qualité, qui permet de fabriquer un fromage sans équivalent. Car le principe de cette culture de l'alpage est de maximiser la consommation d'herbe par les vaches en leur donnant un « carreau » à brouter le matin et le soir. Et pas n'importe quelle herbe ! Les prairies dans lesquelles ces ruminantes font bombance rassemblent au moins quarante espèces végétales bonnes à brouter. On est loin des tourteaux de colza et de soja transgénique. Le troupeau dispose de deux repas d'herbe fraîche donnés chaque jour, à consommer à volonté.

Une nourriture riche qui va permettre de produire un excellent lait avec l'obligation de traire deux fois par jour, sous peine de faire souffrir la vache à cause d'un pis trop gonflé.

Ce sont les vaches de races tarine ou abondance qui, très majoritairement, font la transhumance et partent l'été en alpage. Elles sont bien adaptées à leur milieu, tout comme d'une façon générale les quarante-trois races de vache répertoriées en France s'accordent toutes bien à leur terroir spécifique. Ainsi, la highland cattle, originaire d'Écosse, est une bonne brouteuse qui évolue facilement dans les paysages de marais grâce à son pied léger, là où une charolaise s'embourberait.

A noter enfin que, sur près de 20 millions de aches françaises, 85% appartiennent à seulement cinq races : prim'holstein, charolaise, normande, montbéliarde et limousine. Mais elles sont loin d'être les seules à peupler les campagnes : nombreuses sont celles qui représentent des races régionales, bien implantées depuis longtemps dans leur terroir. De vrais emblèmes du monde rural sauvés in extremis dans les années 1980 par des éleveurs passionnés et des techniciens soucieux de la biodiversité, qui ont su reconnaître la grande valeur patrimoniale de toues ces races de vache. Ils ont pu ainsi préserver une bonne dizaine de races, de l'armoricaine à la ferrandaise, de la béarnaise à la villard-de-lans.

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Carrons et clarines :


Selon Jean-Marie Jeudy, auteur de Les Mots pour dire la Savoie (2006),


« si vous vous êtes promené sur les alpages, vous avez entendu la clameur des troupeaux. Et ça carillonne de tous les côtés... ce sont les cloches qu'on accroche au cou des vaches. Chacune possède son timbre particulier, une note qui convient à la bête qui la porte. Les notes réunies accaparent l'espace et se répondent mille fois, se répercutent d'un versant à l'autre, et jusqu'aux rives du glacier, la musique se mêlant au bruit du vent descendu des cimes.

Chaque vache porte une cloche. Une cloche de bronze retenue par un large collier de cuir orné de motifs ou de clous de cuivre. Ce peut être une clarine au son clair. Ce peut être un carron au son plus grave. Souvent ces cloches portent le nom ou la marque de leur propriétaire. Elles peuvent être décorées de symboles religieux, d'un Christ, d'une Vierge à l'Enfant.

On dit encore des campanes. Ou des senailles - on trouve ce terme dans le pays du Mont-Blanc. A Sixt, on emploie le terme potet. En Valais et en Val d'Aoste, on dit les bondions.

Ces cloches ne sont pas simplement employées pour le décorum ou pour montrer la richesse de leur propriétaire. Elles ont leur utilité en matière de sécurité. On repère plus facilement une bête égarée et on peut la ramener en lieu sûr. On peut la chercher dans le brouillard ou dans la nuit. Ces cloches eurent parfois une signification religieuse. Elles concouraient à la protection des animaux contre les maladies et les accidents.


Le village de Peysey-Nancroix en Tarentaise s'était fait une spécialité de la production de ces cloches. On les reconnaît facilement, elles portent l'inscription : A Peisey.

Il existait des fondeurs itinérants qui parcouraient la Savoie en prenant des commandes lors des grandes foires et qui rapportaient les objets fondus l'année suivante.

Plus simples sont les cloches de fer, fabriquées d'une feuille de métal pliée. On les accorde par l'adjonction, sur leur paroi, d'un peu de bronze qui change leur sonorité. Il ne faut pas manquer de signaler les sonnettes Devouassoud. Réalisées dans la vallée de Chamonix, elles résonnent non seulement sur les alpages de Savoie, mais aussi sur ceux du Valais et du Val d'Aoste. En Italie, on ne dit pas une clarine ou une sonnette, on dit une devouassoud. Pas moins de cinquante et une opérations sont nécessaires pour obtenir une bonne sonnette. C'est une vieille affaire de famille puisque la maison fut créée en 1829.

A l'automne, pour le retour des troupeaux vers la vallée, on ornait les bêtes de bouquets de fleurs. On avait frotté le cuir des colliers et astiqué les cloches. Il fallait que le troupeau soit impeccable.

Le montagnard a toujours attaché beaucoup d'importance à ces campanes. Il faut l'observer quand il choisit l'une d'elles sur l'étal du marchand lors des foires. Il essaie toute la gamme, agite celle-là, en repose une autre, tente de deviner si elle conviendra au caractère vagabond de « la Roussette » ou au tempérament plus tranquille de « la Marquise ». c'est la symphonie du troupeau dans la sérénité de l'alpage. La musique contribue à la vie intense qui règne là-haut. »

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Croyances populaires :


Adolphe de Chesnel, auteur d'un Dictionnaire des superstitions, erreurs, préjugés, et traditions populaires... (J.-P. Migne Éditeur, 1856) propose la notice suivante :


VACHE. En Normandie, pour éviter que des sorts ne soient jetés sur les vaches, on suspend à l'une de leurs cornes, un petit sac rempli de sel ; et pour lever ceux qui ont été donnés, on mène la vache qu'on soupçonne attaquée de maléfice, soit à une foire, soit chez un sorcier. Afin que les vaches puissent concevoir, il est aussi de pra1ique de les frapper sur le flanc de trois coups d'une baguette de coudrier, ou de fendre en quatre le bout de leur queue, ou de leur appliquer sur les reins une poignée de boue, ou d'y jeter un seau d'eau fraîche, ou enfin de les frotter.

Dans les montagnes du département du Tarn, on croit que les sorcières demeurent sans puissance sur les vaches, si l'on attache du vif argent au cou de celles-ci, ou qu'on place un crapaud dans une cruche qu'on tient constamment renfermée dans l'étable.

On est persuadé aussi, dans le département de la Charente, que celui qui arrache un brin de chanvre mâle dans la chenevière de son voisin, pour l'apporter dans la sienne, verra naître dans son étable autant de veaux qu'il a de vaches, tandis que Je voisin n'aura que des génisses.

En Lorraine, dit M. Richard, pour que la vache dont on vient de faire l'acquisition ne soit pas en mal de la maison d'où elle sort, il faut lui mettre pour litière de la paille tirée du lit de son nouveau maître, et afin d'empêcher qu'elle ait des dartres, on doit avoir soin de mettre dans l'écurie où elle est renfermée, une branche de houx dont les feuilles soient sans piquants.


VACHES NOIRES. On prétend que leur lait a la propriété d'éteindre un incendie. produit par le tonnerre, et que ce lait convient peu à la nourriture des enfants, surtout s'il a été tiré ou qu'on le leur donne pendant un orage. Ces prescriptions hygiéniques ont pour but de leur éviter des coliques. (Traditions lorraines, RICHARD.)


VEAU. En Bretagne, lorsque l'on vend des veaux, on prescrit de les sortir à reculons de l'étable, afin que la mère éprouve moins de regrets.

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Selon Ignace Mariétan, auteur d'un article intitulé "Légendes et erreurs se rapportant aux animaux" paru dans le Bulletin de la Murithienne, 1940, n°58, pp. 27-62 :


Les Renards ne sont pas les seuls animaux auxquels on prête un raisonnement humain. Sur les alpages, dit-on, certaines vaches savent partir pendant la nuit, sans faire sonner leur clochette, pour aller chercher de l'herbe, ainsi elles n'éveillent pas l'attention des pâtres (Saint-Martin).

Quand une vache quitte les mayens pour revenir à la maison du village, c'est un signe de mort (Mase).

Si les vaches lèvent souvent la tête c'est un signe de mauvais temps (Anniviers). A Mas « on voit une relation entre la fièvre aphteuse et la maladie des Mélèzes. L'épidémie des Mélèzes de 1937 devait ramener la fièvre aphteuse, ce qui n'a pas été le cas. Lorsque deux vaches sont attachées dans le même lien (chaîne métallique) c'est le démon qui l'a fait. Pour les détacher il faut faire rougir une chaîne au feu et l'appliquer sur l'animal (Saint Martin). On attribue aux petites Vaches de la race d'Hérens, très combattives, des réactions sentimentales tout à fait humaines. Quand l'une d'elle ayant été reine auparavant, vient à être battue son chagrin est immense ; il faut alors lui parler, lui expliquer, la consoler, lui faire joli, sinon elle ne survivra pas. Les propriétaires de reines expliquent ainsi certains cas mortels dus sans doute à des lésions du cerveau produites pendant la lutte. L'ardeur des propriétaires de reines pour assurer la victoire de leur favorite se manifeste parfois d'une manière très originale : à Riddes l'un d'eux trouva le moyen de fixer une Hermine morte dans la clochette de sa reine, afin de dégoûter la concurrente par l'odeur repoussante que dégage l'Hermine.

Au moyen âge, et même jusque vers 1800 on croyait au Jumart : c'était un hybride pouvant revêtir trois formes, et provenant du croisement entre le taureau et la jument, ou entre le taureau et l'ânesse, ou encore entre l'âne et la vache.

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Selon Grażyna Mosio et Beata Skoczeń-Marchewka, auteurs de l'article "La symbolique des animaux dans la culture populaire polonaise, De l’étable à la forêt" (17 Mars 2009) :


"La vache était l’équivalent zoomorphique de la femme. On peut trouver la trace de cette conviction dans la formule exprimée par les marieurs dans maintes régions de la Pologne, qui venant à la maison de la jeune fille – candidate à être l’épouse, demandaient : “n’avez-vous pas quelquefois une petite génisse à vendre, parce que nous voulons en acheter une” (Maj 1987 : 17 ; Kolberg 1964b : 143). La vache était aussi liée au domaine de la fécondité, de la maternité. Elle était la nourricière. Afin de s’assurer l’abondance de lait gras, le fermier lui apportait la veille de Noël à l’étable une feuille de pain azyme (opłatek), pour que le lait soit blanc, et une noix, pour qu’il soit gras (Simonides, Kowalski 1991, 275). On croyait que la lactation de la vache pouvait être l’objet des pratiques magiques des sorcières, qui soutiraient ce lait pour leur vache. Il existait donc toute une série de moyens qui devaient la protéger des sortilèges. L’un d’eux était l’interdiction absolue de donner quoi que ce soit en dehors de la ferme après le coucher du soleil, et tout particulièrement du lait."

Dans le Dictionnaire de la France mystérieuse - Croyances populaires, superstitions, sorcellerie, rites magiques (Editions Omnibus, 2016) Marie-Charlotte Delmas consacre un article à la vache :

Vache : Le lait qu’elle produit et les veaux qu’elle met au monde assurent à la vache une importance capitale dans le monde rural. Tout ce qui concerne sa reproduction est entouré d’une grande prudence et de recommandations magiques. Les nombreux procédés employés pour sa protection contre les maladies et les maléfices des sorciers sont souvent les mêmes que pour le reste du bétail.


Reproduction : On relève au XIXe siècle nombre de procédés magiques destinés à favoriser la reproduction des vaches et aider à leur vêlage. Dans le Morbihan, on leur fait boire l’eau de la « fontaine à beurre » de Férel, qui a la vertu de rendre les vaches fécondes et le beurre meilleur (1863, cité par E. Rolland, 1882).

Certains jours ont une influence sur la réussite de la saillie, ainsi que sur le sexe du veau à venir. Dans le Maine-et-Loire, mieux vaut mener la vache qui ne veut pas entrer en chaleur au taureau le jour de la Saint-Jean avant le lever du soleil ; si l’on souhaite un taureau, il faut choisir les jours en r (Queruau-Lamerie, 1906).

La lune joue aussi un rôle important. Pour avoir un mâle, il faut choisir la vieille lune (Vosges, Puy-de-Dôme, Finistère) ou le croissant (Anjou) ; pour une génisse, la lune nouvelle (Vosges). Les vaches qui ne semblent jamais en chaleur sont assurées de concevoir si on les mène au taureau le premier vendredi de la lune nouvelle (Loiret).

Dans la Manche, la vache ne doit pas être fécondée pendant les « tricols », les trois derniers jours d’avril et les trois premiers de mai ; les veaux qui naîtraient ne seraient pas en bonne santé. Dans l’Ille-et-Vilaine, on évite les trois premiers jours de mai, les trois du milieu et les trois derniers, baptisés « trécoles », pour ne pas avoir de veaux bossus ou tordus.

Certains procédés magiques permettent à la saillie d’être fructueuse. On frotte aussitôt après, énergiquement, les reins de la bête avec un bâton ou, à défaut, un caillou (Finistère), on lui frotte l’épine dorsale avec un bâton en appuyant fort (Deux-Sèvres), on fait rentrer la vache dans l’étable à reculons ou on lui lance un seau d’eau froide sur le dos accompagné de coups de bâton sur l’échine (Loiret). En Normandie, trois coups avec une baguette de coudrier ; dans le Loiret, on fait une petite incision avec une aiguille sur le bout de la queue de la vache que l’on frotte avec de l’ail. On peut aussi lui faire avaler une feuille de chou sur laquelle on a fait quelques points de couture avec de la soie (Loiret), du son mélangé à de l’ardoise pilée (Beauce) ou trois pousses de noisetier, trois crins de sa queue ou un petit crapaud (Maine-et-Loire).

Il faut ensuite empêcher la vache d’avorter, d’autant que certains risques sont sournois. Le hérisson, fréquemment soupçonné de donner aux vaches différents maux, peut aussi les empêcher de vêler facilement et provoquer des fausses couches. Il suffit pour cela que la vache ait bu la même eau que lui ou soit passé au même endroit (Maine-et-Loire, Haute- Bretagne, Haute-Saône). On dit alors dans l’Ille-et-Vilaine que les vaches sont « enhérissonnées ».

Quoi qu’il en soit, pour éviter un avortement spontané, on fait avaler à la vache un œuf à peine pondu que l’on a laissé macérer vingt-quatre heures dans du vinaigre (Loiret). A Happonvilliers, à La Croix-du-Perche et à Friaize (Eure-et-Loir), on s’en remet à saint Blaise que l’on va invoquer à jeun (A. S. Morin, 1872).

Pour faciliter le vêlage, selon l’abbé Thiers au XVIIe siècle, on fait « cuire un pain la veille de Noël » que l’on met « dans le breuvage des vaches après qu’elles ont jeté leur veau, afin qu’elles poussent plus facilement au dehors ce qu’on nomme le délivre ou l’arrière-faix ». Encore, au XIXe siècle, il faut faire une aumône (Ille-et-Vilaine) ou accrocher une marguerite autour du cou de la génisse (Corrèze). Pour que le veau vienne le jour, et non la nuit, il est nécessaire de procéder à la dernière traite de la vache pleine un dimanche matin (Maine-et-Loire). Afin qu’il ne meure pas à la naissance, on coupe des baguettes de viorne cotonneuse lorsque la lune est en croissant, on les écorce et on les enroule autour du cou du veau pendant le vêlage dès que sa tête apparaît (Loiret). En Vendée, on vend ou on abat la vache qui met au monde plusieurs veaux, car elle porte malheur.

Lorsqu’on enlève son veau à la génisse, si l’on veut éviter qu’elle beugle pour réclamer son petit, voire qu’elle dépérisse, il faut lui faire avaler trois poils de l’extrémité de la queue du veau (Loiret) dans une feuille de vigne (Allier) ou de chou (Deux-Sèvres). On peut encore faire sortir le veau de l’étable à reculons (Allier, Périgord, Vosges, Tarn, Loiret).

Enfin, pour l’anecdote, on peut lire dans les Evangiles des quenouilles un procédé destiné à la bonne croissance des veaux : « Quand le vent d’escorchevel [violent] vente, les femmes sages et bonnes ménagères doivent tailler le bout de l’oreille dextre de leur jeune veau, et jeter cette pièce à l’encontre du vent, afin que leur veau croisse et amende, comme il fera. » (XVe siècle.)


Traite des vaches : Dans les Evangiles des quenouilles, une femme explique comment réussir une traite : il faut dire en rentrant dans l’étable « Que Dieu et sainte Bride [sainte Brigitte d’Irlande] vous sauvent ! », sans quoi « les vaches regimbent de leur patte arrière, brisent les pots ou répandent le lait sur le sol ». Si l’on veut que ses vaches donnent autant de lait que celles de ses voisins, on « doit chaque jour son vaissel à moudre [récipient destiné à la traite] frotter de bonnes herbes cueillies sur la nuit de saint Jean tandis qu’on sonne none ». Une autre ajoute que si l’on met des herbes cueillies la nuit de la Saint-Jean au-dessus de la porte de l’étable en disant « Que Dieu les sauve et sainte Bride », elles donneront de plus en plus de lait.

Au XIXe siècle, d’autres saints sont invoqués en fonction des lieux, et reçoivent des offrandes. Par exemple, saint Herbot dans le Finistère et saint Cornely (du fait de son nom) dans le Morbihan protègent les bêtes à cornes. Pour que saint Herbot enfle les pis en les remplissant de lait, on dépose des queues de vaches sur les autels qui lui sont dédiés. Dans le Loiret, à Chevillon-sur-Huillard, pour que la vache qui vient d’avoir son premier veau devienne une bonne laitière, on porte sur l’autel de la Vierge, le dimanche suivant, une livre du beurre réalisé avec son lait.

En Ardèche, lorsque le pis d’une vache semble tari, on confectionne une croix avec deux branches de genêt que l’on place entre ses cornes et deux branches de buis que l’on met sur sa queue en disant en patois : « Croix de saint André / Donne du lait / Croix de Barabas / N’en donne pas. » Il faut ensuite arracher un crin de la queue de la vache, lequel sera brûlé quand elle mettra bas (E. Rolland, 1882).

Certains événements météorologiques agissent sur la quantité et la qualité du lait. Par exemple, s’il tonne en mai, les vaches ont du lait, mais s’il pleut le premier jour de ce mois, les fourrages rendent le lait amer ou les vaches perdent la moitié de leur lait (Haute-Saône). S’il pleut le jour de la Saint-Médard (8 juin), les vaches auront peu ou pas de lait dans l’année (Saône-et-Loire). Pas de lait non plus dans les Vosges quand il tonne en mars.

Selon une croyance générale en France relevée au XIXe siècle, on pense que les crapauds et les serpents, parfois les hérissons, tètent les vaches. On dit même dans l’Orne et la Nièvre que cela plaît aux vaches qui ont trop de lait et qu’elles mugissent pour appeler les couleuvres. On devine le passage de l’un de ces animaux téteurs au lait rougeâtre de la bête. Lorsqu’on tire un lait de cette couleur, on le verse sur une fourmilière, ce qui a pour effet de faire mourir la couleuvre responsable du délit (Morbihan), à tout le moins de la chasser de façon définitive (Finistère). Dans les Deux-Sèvres, si l’on veut que la vache tétée par un serpent ne dépérisse pas, il faut la changer de pâturage ou tuer le coupable.

Le meilleur moyen d’éviter ce désagrément est d’employer un procédé préventif, d’autant que, pour les paysans du Morvan, le pis qui a été tété par une couleuvre devient improductif et il est plus difficile de bien vendre la bête qui a moins de valeur. On éloigne les serpents en lâchant un coq blanc dans le pré où paissent les vaches (Doubs) ou on répand le lait de la vache qui vient de vêler autour de l’étable et sur le fumier (Côte-d’Or). Dans le Loiret, on chasse les serpents en mettant du sel devant la porte des étables le matin du 1er mai, avant le lever du soleil ; contre les crapauds, on place sur les fumiers des branches d’aubépine coupées le 1er mai, toujours avant le lever du soleil.


Médecine magique : L’abbé Thiers rapporte au XVIIe siècle une méthode pour guérir le « fourchet », maladie du pied des vaches. On pose le pied de la vache sur une motte d’herbe que l’on découpe et qu’on laisse ensuite sécher sur une haie. Au début du XIXe siècle, on emploie encore un procédé similaire en Sologne. On mène la vache atteinte dans un carrefour et l’on découpe sous son pied antérieur droit une motte de terre que l’on met ensuite à sécher sur le premier aubépin que l’on rencontre sur le chemin, en évitant toute mauvaise pensée. L’herbe de la motte pourrit, l’aubépin meurt et la vache est guérie. Ce mode de guérison, par transfert du mal, est aussi employé pour le « piétin » des moutons, ainsi que pour les chevaux malades. Pour éviter que les vaches aient des dartres, on suspend un bouquet de gui au-dessus de la porte des étables (Finistère).

Pour faire dégonfler les vaches météorisées (quand du gaz s’est accumulé dans les intestins), on leur frotte le ventre avec une ronce à deux racines qu’on leur noue ensuite autour de la taille (Finistère). Dans l’Isère, le traitement s’accompagne d’oraisons magico-religieuses : « On fait trois fois le signe de croix en passant la main sur la vache, de la tête à la queue sur l’échine, en disant : “Bête, tu n’as pas demandé à te perdre, que Dieu te conserve la vie.” Ensuite on tire d’un coup sec sur la queue de la vache à la fin de chaque passe. » Autre méthode : « On tire trois fois la queue de la vache, on se met à genoux et on récite cinq Pater et cinq Ave. On dit ensuite : “Saint Pierre et saint Jean se promenaient dans les champs avec Notre-Seigneur Jésus-Christ. Saint Pierre dit à Notre-Seigneur : “J’entends des enfants qui crient ; ils ont des vaches gonflées.” Notre-Seigneur répondit à saint Pierre : “Allez leur dire qu’ils tirent trois fois leurs vaches par la queue.” » (A. Ferrand, 1890.)

Dans l’Eure-et-Loir, une oraison du même type est utilisée contre « les fièvres » : « Quand Jésus vit la croix où son corps fut mis, le corps lui trembla, le sang lui mouva. Il survint un Juif nommé Morquantin qui lui dit : “Je crois que tu as peur ou les fièvres te tiennent. — Non, répondit Jésus, je n’ai pas peur et les fièvres ne me tiennent point. Mais quiconque l’oraison dira, à son bras droit portera, jamais ni fièvre n’aura. Fièvre tierce, fièvre demi-tierce, fièvre quarte [suit l’énumération de toutes les sortes de fièvres telles qu’on les nommait au Moyen Age], fièvre de quelque nature que tu puisses être, je te conjure de quitter le corps de ma vache à poil rouge, au nom du Père † et du Fils † et du Saint-Esprit † et de monsieur saint Pierre et de madame sa mère, qui la guérira de la fièvre.” » (E. Rolland, 1882.)

La vache est peu utilisée pour soigner les humains. Pour guérir les oreillons, il faut se mettre autour du cou la corde d’une vache noire (Loire-Atlantique). Pour la pneumonie, on coupe un poumon de veau en un nombre impair de morceaux ; on en tapisse le fond d’un pot, on les couvre d’une couche de pimprenelle et d’une autre de sucre, puis on ajoute un nouveau lit de poumon de veau et on recommence. Le tout est mis à cuire au bain-marie pendant douze heures et s’administre ensuite à raison de deux ou trois cuillerées par jour (Touraine, R. Blanchard, 1890).


Sorcellerie : De nombreux maléfices peuvent atteindre les vaches et les étables. On reconnaît parfois le passage des sorciers, voire du diable, quand les chaînes qui entravent deux vaches sont emmêlées au point qu’on est obligé de les limer ou, d’autres fois, lorsque deux vaches sont réunies dans un même collier si serré qu’il pourrait les étrangler. En Auvergne, cela présage toujours un malheur. Dans les Vosges, il existe un procédé qui permet de connaître l’identité du sorcier : « Un fermier de Ventron trouvait souvent deux de ses vaches attachées l’une et l’autre au même collier. C’était une menace de ruine dont il n’ignorait point la signification. Il se rendit auprès d’un homme qui guérissait par le secret et lui demanda conseil pour détruire le sortilège. “La première fois que la chose se renouvellera, lui répondit celui-ci, fends la lèvre de la vache qui ne sera pas à sa place, et tu connaîtras aussitôt ton ennemi.” L’expérience fut faite le soir même, et le fermier vit, en chair et en os, se lamenter près de lui le sorcier dont les méchants tours troublaient son repos. » (L. F. Sauvé, 1889.)

La saillie est menacée par les sorciers, « professionnels » ou amateurs. Pour éviter les sortilèges, les paysans de la Beauce mettent du sel dans leur poche lorsqu’ils mènent la vache au taureau ; dans le Limousin, on les protège en plaçant un sachet de sel entre les cornes. Dans le Puy-de-Dôme, on ajoute au sel une pièce de deux liards (qui porte une croix) et une branche de buis bénit. Le fermier malveillant qui veut avoir beaucoup de mâles dans son étable doit arracher un brin de chanvre dans le champ d’un voisin, à l’aurore du matin de la Saint-Jean ; le voisin en question n’aura quant à lui que des génisses (Charente).

Mais de tous les maléfices qui peuvent atteindre les vaches, les plus importants et les plus répandus dans les collectages du XIXe siècle sont ceux qui concernent le tirage magique de leur lait. Certains sorciers s’en prennent aussi, dans une moindre mesure, aux chèvres et parfois même aux femmes qui allaitent. Dans le Berry, les « caillebotiers » (nom que l’on donne aux personnes qui opèrent ce type de maléfice) se postent près de l’étable où se trouve l’animal qu’ils ont choisi, prononcent une formule magique et, à l’aide d’un escargot, tracent un cercle à l’intérieur du pot qui sert à égoutter les fromages. L’endroit où est placé le cercle, plus ou moins éloigné du fond du vase, correspond au niveau de lait que donnera désormais la bête ensorcelée (Laisnel de La Salle, 1875). Dans plusieurs départements, notamment l’Indre et l’Allier, les sorciers sont soupçonnés d’apprivoiser des crapauds et de les envoyer dans les étables pour tarir le lait des vaches (voir CRAPAUD). En octobre 1934, le tribunal correctionnel de Roanne eut ànjuger une fermière de Saint-Forgeux-Lespinasse qui avait agressé sa voisine, convaincue que celle-ci avait lancé un sort à sa vache pour lui tirer le lait (M. et Mlle Taverne, 1935).

Très souvent, les sorciers procèdent à un vol magique par transfert du lait des vaches d’un fermier dans leurs propres bêtes ou celles de leurs clients. Si le terme de « sorcier » est souvent employé dans les témoignages

pour qualifier ceux qui se livrent à ce sortilège, il semble bien que tout un chacun puisse s’y essayer, à condition de connaître l’un des procédés. Il est possible d’agir à distance. Dans les Vosges, certains plantent un couteau dans le bois d’une porte, d’une poutre, voire dans un arbre, en prononçant une formule magique ; d’autres miment les mouvements de la traite sur les dents d’une fourche et en font jaillir un « beau lait écumant à l’odeur et au goût de noisette » (L. F. Sauvé, 1889). Cependant, il est nécessaire de savoir où se trouve la vache qu’on trait symboliquement, sa taille, sa couleur et sa position dans l’étable. C’est pourquoi le fermier qui pense que l’une de ses bêtes est touchée la change de place. En Moselle, pour réaliser une traite magique, le sorcier s’assoit sur un trépied, attache la jarretière de sa jambe gauche au pied gauche de son lit, met un pot en dessous et tire sur la jarretière comme il le ferait avec un pis de vache. Tout le lait de la mamelle de la vache choisie coule alors dans le pot. Ce rite doit bien sûr être accompagné d’une formule magique, laquelle n’a pas été révélée par l’informateur (E. Auricoste de Lazarque, 1895).

Différentes méthodes nécessitent que les sorciers soient proches des bêtes. Dans le canton de Gennes (Maine-et-Loire), il faut toucher les reins de la vache en prononçant des paroles magiques. En Vendée et dans le Bocage normand, on doit faire passer cinq ou sept baguettes de noisetier sous la porte de l’étable où se trouvent les bêtes et les traîner sur le sol jusque chez soi.

Les sorciers utilisent aussi la puissance magique du 1er mai et de la Saint-Jean pour se livrer à leur basse besogne. Dans la Nièvre, le matin du 1er mai, la sorcière bat l’eau avec une baguette en disant : « A moi la crème / A moi le lait / A moi le petit-lait. » Ce jour-là, avant le lever du soleil, certains paysans du Bocage normand font traîner un écouvillon (chiffon qui sert à nettoyer le four) dans les pâturages d’un voisin ; lorsque les vaches viendront y brouter, elles perdront instantanément leur lait. D’autres traînent un fagot de foin de l’étable où se trouvent les bêtes jusqu’à leur ferme pour « ensavatter » les vaches, qui ne donneront plus de lait.

Dans le Poitou et en Corrèze, la veille de la Saint-Jean, les paysans coupent de l’herbe dans le pré d’un voisin et la font manger à leurs vaches. Au même moment, à minuit, dans le Berry, ce sont trois poignées de foin qui sont prélevées dans les pâturages de trois paroisses différentes ; elles seront ensuite données en nourriture aux vaches, la veille des trois plus grandes fêtes de l’année. Dans cette même province, le jour de la Saint-Jean, à l’aube, on peut aussi recueillir la rosée sur les prés de ses voisins et en asperger ses propres pâturages. Dans la Creuse ou le Puy-de-Dôme, quand les villageois sont rassemblés autour du feu traditionnel de la Saint-Jean, les sorciers en profitent pour se rendre dans les étables tirer des pailles du fumier en récitant des formules pour que le lait passe dans leurs propres vaches.

Il est bien sûr possible de se protéger de tous ces sortilèges. Pour cela, les Béarnais ajoutent de l’eau au lait ; les Jurassiennes qui vont demander du lait à leur voisine mettent du sel dans le pot avant de le remplir, de crainte que leur propre vache ne devienne improductive.

Lorsque les Alsaciens comprennent, à sa couleur bleuâtre, que leur lait est ensorcelé, ils le battent avec une baguette de noisetier au nom de la Sainte Trinité. Pendant cette opération, qui se déroule dans une pièce close, personne ne doit entrer ou sortir ; on entend alors les cris de la sorcière fouettée en même temps que le lait (R. Stiébel, 1902). Dans le Puy-de-Dôme, dès qu’un paysan soupçonne quelqu’un de convoiter le lait d’une vache en la regardant, il prend une poignée de poils de la bête qu’il cache dans un trou du mur de l’étable. En Franche-Comté, on croit que les sorciers procèdent en enchantant l’eau de l’abreuvoir ; c’est pourquoi on place un fragment de cire du cierge pascal dans le petit trou que l’on creuse sur l’avant de l’une des cornes de la vache, ou des deux, afin que le reflet dans l’eau de la cire sacrée annule le maléfice. Dans le Berry, il faut conduire la vache qui ne donne plus de lait à la foire et que trois maquignons différents marchandent son prix, après quoi on la ramène chez soi en bonne santé. Si le lait est simplement altéré, on rompt le charme en le donnant aux pauvres trois vendredis de suite. En dernier recours, les Berrichons s’adressent aux « panseux de secrets » qui font métier de guérir bêtes et gens. Dans la Beauce et le Perche, le propriétaire des bêtes doit réciter, le matin à jeun, l’Evangile de saint Jean pendant neuf jours. Dans le Bocage normand, on conjure le maléfice en lançant dans un puits, sans regarder, une touffe d’herbes (voir BEURRE).

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Symbolisme :


Dans le Dictionnaire des symboles (1969 ; édition revue et corrigée, Robert Laffont : 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on apprend que :


"D'une façon générale, la vache, productrice de lait, est le symbole de la Terre nourricière. Dans l'Égypte ancienne, la vache Abet est l'origine de la manifestation, la mère du soleil ; le corps du dieu, dans les mystères d'Osiris, était enfermé dans une vache de bois, et il renaissait par la gestation de celle-ci ; l'amulette AHAT, représentant la tête de la vache sacrée, portait du reste le disque solaire entre ses cornes et était utilisée pour émettre de la chaleur dans les corps momifiés. Cette coutume venait de la croyance selon laquelle, lorsque le soleil Rê s'était couché pour la première fois à l'horizon, la déesse-vache avait envoyé des êtres de feu les secourir jusqu'au matin, afin qu'il ne perde pas sa chaleur. Wallis-Budge signale d'autre part la coutume des femmes des tribus les plus primitives de la vallée du Nil, qui portaient une amulette représentant la déesse Hathor, sous forme d'une tête de vache ou de femme aux longues oreilles et plates, tombant comme celles d'une vache, pour s'assurer une large progéniture.


La figure d'Hathor, dans le panthéon égyptien, résume ces différents aspects du symbole de la vache. Elle est la fertilité, la richesse, le renouveau, la Mère, la mère céleste du soleil, jeune veau à la bouche pure, épouse aussi du soleil taureau de sa propre mère. Elle est aussi nourrice du souverain d'Égypte ; elle est l'essence même du renouveau et de l'espoir en une survie, puisque régente et corps du ciel, l'âme vivante des arbres (J. Yoyotte, in POSD, art. Hathor). Elle est aussi dans tous les lieux où les Grecs virent les cités d'Aphrodite ; elle est une jeune femme, aimable et souriante, déesse de la joie, de la danse et de la musique, et l'on comprend que, projetant dans l'au-delà les espérances réalisées à chaque printemps sur terre, elle soit devenue, sur la rive gauche du Nil, à Memphis comme à Thèbes, la patronne de la montagne des morts. La Grande Mère ou Grande Vache des Mésopotamiens était aussi, de toute évidence, une déesse de la fécondité.

La représentation du symbole, associant la vache à la lune, à la corne, à l'abondance, est plus précise encore à Sumer, où l'on orne la lune de deux cornes de vache, tandis que la vache est représentée comme un croissant de lune. La nuit étoilée est dominée par le Taureau prestigieux dont la Vache féconde est le Pleine lune, dont le troupeau est la Voie lactée. A certains endroits, il semblerait que les Sumériens aient conçu l'image curieuse d'un reflet de lune assimilé à un jet de lait de la Vache lunaire :


La blancheur de la Vache, un clair de lune qui monte ;

Le sourire du ciel a dénoué les longes

De vaches multipliées dans les étables multipliées ;

Sur la table il fait couler le lait de la Vache féconde...

(M. Lambert, dans SOUL, 79-81).

Chez les Germains, la vache Audumla est la première compagne d'Ymir, premier géant, née comme lui dans la glace fondue : elle est l'ancêtre de la vie, le symbole de la fécondité... Ymir comme Audumla sont antérieurs aux dieux. Ce même symbolisme s'étend sur l'ensemble des peuples indo-européens. Il a gardé toute sa puissance en Inde, d'où la vénération qu'on y porte à cet animal, qui n'a nulle part été célébré plus éloquemment que dans les Veda, où, archétype de la mère fertile elle joue un rôle cosmique et divin :


La vache est le ciel, la vache est la terre ;

la vache est Vishnu et Prajâpati :

le lait trait de la vache a breuvé

les Sâdhya et les Vasni.

... en elle réside l'ordre divin.

Elle est le nuage gonflé de pluie fertilisante qui tombe sur la terre lorsque les esprits du vent - qui sont les âmes des morts - tuent l'animal céleste et le dévorent pour le ressusciter ensuite dans sa peau, dont ils l'avaient préalablement dépouillé. Symbole du nuage des eaux célestes, la vache qui se défait au ciel se reforme sur la terre, grâce à la nourriture que la pluie rend abondante. Elle joue donc un rôle analogue à celui du bouc et du bélier célestes, dans de nombreuses autres mythologies, qui s'étendent des peuples scandinaves jusqu'aux riverains du Niger.

A cette fonction d'enveloppe - ou de réservoir - des eaux célestes s'ajoute souvent une fonction de psychopompe, attestée dans la tradition védique qui voulait qu'une vache fût amenée au chevet des moribonds. Avant d'expirer, le mourant saisissait la queue de l'animal et s'y cramponnait. Le mort était ensuite conduit au bûcher sur un chariot attelé de vaches, et suivi d'une vache noire. Cette dernière était sacrifiée, sa chair disposée sur le cadavre, et l'ensemble, étendu sur un bûcher crématoire, était enveloppé de la peau de l'animal... Le bûcher allumé, l'assistance chantait en demandant à la vache de monter avec le défunt au royaume des bienheureux qui passe par la voie lactée.

Selon certaines variantes, la vache psychopompe - parfois remplacée par une chèvre non tachetée - était attachée au pied gauche du cadavre.

La vache était sacrifiée au pied du bûcher funéraire et les parties nobles étaient disposées rituellement sur le cadavre ; ainsi ses reins étaient placées dans les mains du défunt, tandis que l'on récitait des stances.

Il faut souligner ici combien la robe de l'animal précise tel ou tel aspect du symbole. Car cette vache noire, qui est sans doute un avatar de la vache cachée du Veda, qui correspond l'aurore primordiale, se retrouve dan le Tao-Te-King (chapitre 6) pour désigner la femelle mystérieuse, le Principe féminin, origine du ciel et de la terre ; toujours dans le Veda, la vache laitière bigarrée est le symbole de l'androgyne initial ; tandis que la vache blanche - incarnation la plus totalisante du symbole est, tout comme la vache noire, mise en rapport avec le feu sacrificiel, l'agnihotra. Mais l'agnihotra est aussi le sacrifice de la parole et les vaches sont les formules sacrées des Veda. est-ce le souvenir de ce symbolisme upanishadique ? La vache est associée, étroitement, dans plusieurs textes du bouddhisme zen, au processus graduel conduisant à l'illumination. Toutefois, l'ascète n'est pas ici un vacher, un gopâla krishnaïte, et la vache n'est pas elle-même la lumière, comme elle l'est parfois dans l'Hindouisme. Elle représente la nature de l'homme et sa capacité d'illumination, que les Dix tableaux du domptage de la vache font passer progressivement du noir au blanc. Lorsque la vache blanche elle-même disparaît, l'homme a échappé aux limitations de l'existence individuelle.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce vieux symbole n'a pas complètement disparu de notre mémoire, comme en témoigne l'œuvre du peintre écologiste Uriburu, qui a récemment exposé des tableaux représentant une vache verte, pour célébrer les vertus de la nature naturante, menacée par développement de la civilisation industrielle."

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Rudolf Steiner, dans L'homme, les animaux et les êtres élémentaires (trad. Triades 2010) nous apprend que la vache représente l'incarnation de l'astral dans la chair :


"Ce que l'oiseau, là-haut, possède grâce à son astral, ce qui travaille à former son plumage, la vache l'a fait pénétrer dans sa chair, dans ses muscles, dans ses os.

[...] Celui qui, par idéalisme bourgeois, considère la digestion comme la plus inférieure des besognes se voit démenti lorsque, d'un observatoire plus élevé, grâce au regard spirituel, il regarde la digestion de la vache. C'est beau, c'est grandiose, et doué d'une prodigieuse spiritualité."

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


En vertu du lait (et de ses dérivés, beurre, crème, fromage) qu'elle produit, la vache est symbole d'abondance et de fécondité. D'où son caractère sacré, en Orient notamment, et son rôle fondamental dans les mythologies : En Égypte, la déesse Hathor, représentée sous la forme d'une vache ou d'une femme à tête de vache portant entre ses cornes le disque solaire, a enfanté le soleil (Horus). « L'amulette AHAT, représentant la tête de la vache sacrée, portait du reste le disque solaire entre ses cornes et était utilisée pour émettre de la chaleur dans les corps momifiés. Cette coutume venait de la croyance selon laquelle, lorsque le soleil Rê s'était couché pour la première fois à l'horizon, la déesse-vache avait envoyé des êtres de feu le secourir jusqu'au matin, afin qu'il ne perde pas sa chaleur. »

En Asie centrale, elle est, avec le taureau, la figure animale du ciel mythologique. En Inde, où une vache immense représente également le ciel, elle est considérée comme la mère d'Indra, dieu suprême. On croit d'ailleurs ans ce pays que toute femme qui veut devenir mère doit s'asseoir sur une peau de vache. En tuer une est un crime qui attire la colère divine, sus la forme, par exemple, d'épidémies de lèpre ou de choléra.

Les Hindous comme les Perses utilisaient l'urine de vache dan les cérémonies de purification, et ses excréments pour se protéger des mauvais esprits : « C'est pourquoi en plusieurs lieux de l'Inde méridionale, on badigeonne de fumier de vache la chambre de l'accouchement, tandis qu'on applique à la porte extérieure des bouses de vache recouvertes de feuilles de margosa et de graine de cotonnier ». En Inde orientale, la bouse de vache sacrée est répandue sur le sol autour d'une personne atteinte de la petite vérole, tandis que passer à travers une vache d'or équivalait à une renaissance de l'âme.

Dans le monde gréco-latin, les excréments de vache étaient également purificatoires, ainsi que les cendres de celle qui avait été offerte en sacrifice qui étaient conservées dans le temple de Vesta à Rome. Signalons également qu'une vache allaitant son veau représente la Vénus romaine et que le roi Prusias considérait « comme plus utile de consulter les entrailles d'une génisse que ses plus habiles généraux », ce qui provoquait les railleries d'Annibal.

Même dans la tradition germano-scandinave, la vache revêt un caractère sacré : dans l'Edda, œuvre fondamentale de l'Islandais Snorri Sturluson (fin XIIe, début XIIIe siècle), Audhumla, la vache d'abondance, est la mère d'Odin (ou Wotan), principal dieu du panthéon germanique, et nourrit de son lait le premier des géants, Ymir. En Germanie, les génisses blanches étaient consacrées à la déesse-terre Hertha. La croyance allemande selon laquelle tuer une vache entraîne la mort d'un membre de la famille peut être considérée comme un vestige de cet ancien culte. Une vache noire avec une étoile au front était nourrie par les Armoricains et les Gallois dans un bois sacré.

Selon un récit légendaire, « au commencement du monde, Dieu offrit un livre de prières aux diverses races qui peuplaient la terre. Certaines le conservèrent pieusement, mais chez certains peuples illettrés, comme personne ne savait lire, il se trouva une vache qui le trouva et l'avala. C'est depuis ce temps-là que certains adorent la vache ».

En France, comme d'ailleurs dan tout l'Occident où il n'existe pas de culte de la vache, celle-ci est néanmoins très précieuse et bénéfique, d'autant plus que, selon une légende de l'Albret, elle réchauffa de son haleine l'enfant Jésus et le couvrit de foin. En guise de remerciement, la Vierge lui dit : « Tu auras l'honneur de porter neuf mois comme les femmes ; soit l'été, soit l'hiver tu auras toujours le nez humide et l'haleine chaude en souvenir de ton bon cœur ». En Auxois, les vaches sont censées parler et se libérer toutes seules de leurs liens la nuit de Noël mais dans le Loiret, nettoyer l'étable un vendredi, jour de la mort du Christ, condamne à mort une des bêtes.

Rencontrer des vaches est de très bon augure et si elles sont toutes couchées du même côté, on croit qu'un des enfants de la maison va se marier (c'est aussi un présage de mauvais temps). Toutefois, les Anglais voient l'annonce de la mort d'un proche si une vache pénètre dans un jardin ou beugle trois fois vers une personne ; et pour les Américains de Caroline, son beuglement la nuit annonce un grand chagrin. Quant aux Wallons, ils craignent la vache qui « saute comme un taureau : c'est tout ce qu'il y a de plus mauvais ». Par ailleurs, en Allemagne, on dit d'une personne malheureuse que « la vache noire l'a écrasée » et, chez les Bohêmes et Magyars, « la vache noire lui a marché sur les talons ». La mauvaise réputation de la vache couleur des ténèbres n'est pas sans rappeler la vache noire du royaume de Yama, le dieu de la Mort hindou, mais dont le symbole de résurrection s'est perdu dans nos civilisations.

Une vache qui donne naissance à deux veaux

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Myriam Phillibert, dans Alma Mater, l'éternel féminin (2006) écrit :


"En chemin, ils [les Dieux] rencontrèrent une vache qui, les voyant, meugla : Hmm !

Alors les Dieux reconnurent que c'était là le son Hmm introduisant le Chant et si jusqu'alors ils avaient chanté sans prononcer le Hmm, ils connurent désormais le chant tel qu'il doit être.

Or, le son Hmm introduisant au chant se trouvait dans la vache et celle-ci le faisait vivre.

Satapatha Brâhamana

Ici la vache sacrée est l'initiatrice du Chant, ainsi que la mère du son premier. Nul ne peut dire qu'il s'agit d'une bête ordinaire. La suite de La Légende de la vache le prouve : Devant l'animal qui les a tous amenés à la vie, les dieux se congratulent à la pensée de la nourriture qu'elle représente et de la quintessence du sacrifice qu'elle manifeste. Agni veut la posséder et il y parvient. Sa semence devient le lait de la Vache. Ensuite, les autres dieux, puis les hommes offrent ce lait en oblation. Agni le reçoit et, se sacrifiant, il le rétrocède aux autres dieux. Ce geste institue le sacrifice."

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Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs (Octopus Publishing Group : 2006, édition française Éditions Véga, 2006) nous propose un ​:


Guide d'interprétation


En tant que symbole onirique : Mère - Alimentation - Abondance - Sacrifice - Gentillesse - Modestie.


En tant que gardien ou protecteur : Protège les relations familiales - Garde contre la perte de la maison.


En tant que guérisseur : Soigne la digestion - Favorise la relaxation.


En tant qu'oracle ou augure : Vous avez besoin de nourriture - Apprenez à coopérer.


Mythes et contes

Nout, la déesse égyptienne du ciel nocturne, était souvent représentée sous la forme d'une vache. Dans beaucoup de cultures, la vache représente la Grande Mère, la terre, l'amour et l'abondance.


Si la vache est votre animal de pouvoir

Vous êtes chaleureux, attentif, sensuel et bougez lentement - sauf quand vous êtes en colère ! Le confort matériel est important pour vous. Votre maison est accueillante, la table toujours garnie. Vous êtes très concerné par les relations familiales, la paix mondiale et l'environnement. Un mariage réussi est important et vous vous efforcez d'être un bon conjoint. Individu très minutieux, vous ruminez, analysez et réfléchissez avant d'intégrer quelqu'un ou quelque chose dans votre vie. D'autres dépendent de votre amour maternel et de votre sagesse profonde.

Demandez à la vache de vous aider :

  • à imaginer l'avenir de votre nouveau-né ;

  • à bouger en équilibre avec la qualité féminine de la nature ;

  • à apprendre la modestie, la souplesse et la gentillesse.


Accéder au pouvoir de la vache en :

  • faisant une liste de ce que vous tenez pour "les bonnes choses de la vie" ;

  • prenant le temps d'une investigation minutieuse avant de prendre une décision ;

  • étant le conciliateur de votre famille.


Les vaches ont un estomac à quatre compartiments. Cela leur permet de faire revenir les aliments avalés dans leur bouche pour être ruminés et avalés de nouveau. Mastiquez-vous soigneusement vos aliments pour en tirer toutes les substances nutritives ?


Élément Terre."

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Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007, traduction française, Éditions Contre-dires, 2018) nous délivre un :

Message des bovins :

Nous aimons la Terre et l'humanité, et

sommes très heureux de servir en offrant notre lait. Cependant,

nous espérons recevoir de la gratitude et de l'attention en

retour, car cela équilibre le karma entre nous.


Les vaches viennent de Lakumay, l'aspect ascensionné de Sirius. Elles ont été l'un des premiers animaux destinés à rendre service à venir sur Terre durant l'âge d'or de l'Atlantide pour offrir leur lait à l'humanité. A cette époque, leur lait était parfaitement adapté aux besoins des humains, parce que l'herbe et les fleurs sauvages qu'ils consommaient étaient à une fréquence beaucoup plus élevée qu'elles ne le sont à l'heure actuelle. L'eau était pure et bénéfique aussi. Les gens ne mangeaient pas de viande, de sorte que le lait leur était d'un grand bénéfice. En tant que créatures de la cinquième dimension venant de Lakumay, les vaches apportent l'amour inconditionnel et la lumière féminine divine du rayon doré du Christ, et le transmettent dans leur lait.

Les vaches peuvent se montrer réconfortantes, maternelles, protectrices et généreuses. Elles sont chaleureuses et fortes, gentilles et pragmatiques. Elles se sont incarnées, à l'origine, pour développer ces aspects stables et fiables de leur nature, et l'ont faite d'une très belle manière. C'est l'animal le plus féminin, le plus bienveillant et le plus affectueux. Et la grande mère spirituelle, l'ange universel Marie, les garde constamment dans sa lumière pleine d'amour. Les taureaux sont résistants et solides. Ils démontrent la protection et le pouvoir masculins. Ensemble, ils offrent un équilibre parfait de l’énergie masculine et féminine. Durant l'âge d'or de l'Atlantide, les vaches et les taureaux faisaient partie de la famille, ils étaient aimés et soignés. Les gens profitaient du lait que les vaches donnaient et les en remerciaient, et tous les animaux étaient appréciés à titre individuel. Ils donnaient et recevaient de l'amour dans la même mesure. A partir du moment où le monde entrait dans la troisième dimension, les vaches étaient traitées comme des produits de base et subissaient des souffrances intolérables. Elles étaient nourries avec des produits qui ne leur convenaient absolument pas et elles devaient produire leurs quotas de lait, sinon elles mouraient. Leurs veaux étaient tués et mangés. Cela provoquait beaucoup de stress chez les vaches et une grande colère chez les taureaux. Les personnes et les animaux stressés sont vulnérables à la maladie. Les troupeaux ont fini par souffrir de la maladie de la vache folle et des milliers d'animaux ont dû être abattus. Enfin, les humains ont commencé à se rendre compte qu'ils avaient plus besoin des bovins que ceux-ci n'avaient besoin d'eux. A cette époque, l'âme supérieure grandement évoluée des bovins domestiques discutait sérieusement avec le Conseil intergalactique pour savoir s'ils devaient se retirer de la Terre et continuer leur expérience sur une autre planète de leur choix. Cela aurait créé une brèche terrible dans le plan de la Terre et aussi beaucoup de karma pour l'humanité et pour cette planète que les vaches adorent de tout leur cœur. La reddition est une qualité féminine, et les vaches l'ont démontré quand elles ont accepté d'être sacrifiées et brûlées par centaines lors d'incidents terribles. Les flammes les ont aidées à transmuter et à purifie l'énergie de douleur due à la souffrance et au manque de respect qui leur avaient été infligés pendant des milliers d'années.

Malheureusement, l'humanité n'a tiré aucun enseignement de ces tragédies et elle continue à maltraiter ces magnifiques animaux.

De nombreuses prières ont été envoyées pour les vaches alors, et depuis, de grands portails de lumière ont été crées et les anges de l'archange Fhelyai sont venus sur la planète pour les aider. L'archange Zadkiel a remplir ces portails de sa flamme violette, d'or et d'argent pur transmuter et guérir. Les archanges Raphaël et Gabriel ont envoyé des milliers d'anges pour accompagner de l'autre côté chaque vache qui est morte de cette manière. Les âmes vaillantes de ces animaux ont été accueillies à leur retour à Lakumay par une cérémonie grandiose et des salutations universelles. Cependant, heureusement pour la Terre, l'âme supérieure des vaches a écouté les argument du Conseil intergalactique. Étant donné que nous entrons dans la période de transition de 20 ans vers la cinquième dimension et que la planète entière élève sa fréquence vibratoire, le royaume des bovins a décidé de nous honorer de leur présence pendant encore un certain temps. Entre 2012 et 2032, tous les animaux, les humains et la planète sont en route vers la cinquième dimension. Quand le monde vivra dans cet état de conscience avancé, les bovins seront de nouveau traités avec respect et reconnaissance. Ils seront alors vraiment en mesure de donner et recevoir avec amour. Ils apprécieront enfin d'être sur Terre pour poursuivre leur croissance spirituelle et leur apprentissage comme ils avaient prévu de le faire à l'origine.


Les vaches saintes : Le puissant dieu hindou ou grand maître Krishna est représenté comme un berger. Son nom Bâla Gopâla signifie « l'enfant qui protège les vaches ». Un autre de ses noms, Gövinda, signifie « celui qui apporte satisfaction aux vaches ». Dans la foi hindoue, la vache est considérée comme la mère généreuse parce que son lait nourrit les gens et chaque partie de son corps est utilisée de manière utile. Elle est vénérée et considérée comme sainte. Lorsque cette croyance est véritablement et honnêtement maintenue, l’énergie contribue à élever la fréquence vibratoire des vaches dans le monde entier. Cela les a soutenues.


VISUALISATION POUR RETOURNER DANS LE TEMPS ET SE CONNECTER AUX VACHES


  1. Aménagez un espace où vous pourrez vous détendre sans être dérangé.

  2. Allumez une bougie si c'est possible pour élever la fréquence.

  3. Fermez les yeux et laissez vos paupières devenir lourdes, très lourdes, et respirez plus profondément.

  4. Un pont doré étincelant apparaît devant vous.

  5. Vous savez qu('il s'agit d'une porte vers l'incroyable âge d'or de l'Atlantide.

  6. Traversez le pont en sachant que vous êtes guidé et veillé par les anges.

  7. En arrivant à l'extrémité du pont, vous pouvez pour l'Atlantide qui s'étend devant vous. Tout étincelle dans une aura dorée – les arbres, l'herbe, les maisons rondes qui sont regroupées, l'eau qui coule, les oiseaux, absolument tout.

  8. Avec un grand émerveillement et beaucoup de plaisir, vous posez les pieds sur la terre et vous vous sentez immédiatement bien apprécié et heureux.

  9. En approchant d'une des maisons rondes, vous entendez une musique magnifique, des rires remplis de joie et le clapotis de l'eau qui coule.

  10. Le jardin est une prairie colorée pleine de fleurs sauvages parfumées.

  11. Une famille joue sous le soleil. Le père et la mère, trois enfants et trois chiens s'ébrouent dans une piscine pure et claire. Ils sont observés par leur chat noir, un cheval, une vache, un mouton et une chèvre, qui se sont réunis sous un arbre pour se reposer.

  12. La famille vous invite à venir les rejoindre et vous nagez dans l'eau avec eux.

  13. Ensuite, la vache satisfaite lève la tête et vous regarde avec des yeux marron pleins d'amour.

  14. Vous la caressez et vous admirez son aura dorée étincelante.

  15. Elle vous dit télépathiquement qu'elle sert la famille avec amour, en leur offrant un lait riche pour le fromage et le beurre. En retour, ils lui donnent un abri, de beaux pâturages et une reconnaissance affectueuse.

  16. Tout le monde est heureux et ils aiment tous être sur Terre.

  17. La mère demande poliment à la vache si elle peut prendre du lait pour vous, et la vache accepte gracieusement.

  18. La mère tire le lait et vous l'offre dans une tasse. Ce lait est parfaitement étalonné pour une vibration de la cinquième dimension, et vous le recevez en la remerciant.

  19. Lorsque vous buvez l'élixir de la cinquième dimension, vous sentez que chaque cellule de votre corps s'éveille.

  20. Vous traversez le pont dans l'autre sens avec une connexion profonde au royaume des vaches. Cette lumière et cet amour sont maintenant dans votre aura.

  21. Lorsque vous verrez une vache à l'avenir, l'énergie de votre aura lui rappellera qui elle est vraiment. Vous aurez joué un rôle dans son existence. *

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Pour David Carson, auteur de Communiquer avec les animaux totems, puisez dans les qualités animales une aide et une inspiration au quotidien (Watkins Publishing, 2011 ; traduction française Éditions Véga, 2011), la vache appartient à la famille de la Beauté intérieure, au même titre que la colombe, l'abeille, la gazelle, le renard, la baleine, le cygne, le panda géant, le cerf, l'oiseau-tonnerre, la cigogne, le colibri, la panthère, la licorne et le dauphin.


"Beauté intérieure : Certains animaux ont un lien évident à l'élégance - c'est le cas de la colombe et de la gazelle par exemple, qui ouvrent ce chapitre. La ruche d'abeilles est une image harmonieuse de coopération humaine, et le miel symbolise la substance spirituelle. Le chant des baleines, le vol majestueux du cygne, la nature insaisissable de la panthère des neiges, l'éclat du colibri, l'esprit joueur du dauphin - tous ces animaux se rangent harmonieusement aux côtés de la colombe et de la gazelle. D'autres créatures compensent leur manque de grâce par leur caractère et leur symbolisme. Le renard vous est présenté pour son esprit vif et astucieux ; la vache, pour sa pureté ordinaire et sa douceur, tandis que la panda est une incarnation graphique du yin et du yang. en nous aidant à développer notre potentiel, tous les animaux, même le plus roublard, le plus nonchalant, ou le plus comique d'apparence, peuvent contribuer à notre beauté intérieure. [...]

On peut mesurer la grandeur d'une nation et son progrès moral à la façon dont elle traite ses animaux" a dit Mahatma Gandhi. En Inde, les vaches sont considérées comme sacrées et on leur témoigne le plus grand respect. Des festivals sont organisés autour de la vache, celle-ci représentant l'ensemble des animaux. Symbole d'abondance et de don charitable, la vache résiderait en permanence - en théorie du moins - en un paradis pastoral. en outre, elle est dotée d'une vision quasi panoramique et peut sentir les choses à des kilomètres de distance.

La vache est un symbole lunaire et astral, ses cornes en forme de croissants représentant la lune, et son lait abondant, les innombrables étoiles de la Voie lactée. Nout, déesse égyptienne du ciel, illustre parfois ce symbolisme, apparaissant sous forme d'une vache au ventre constellé d'étoiles, et dont les jambes figurent les quatre coins de la Terre.

La vache est un animal yin, incarnation du principe féminin. Elle est associée à la lune, miroir de réceptivité, d'équilibre et d'intuition. C'est l'animal toujours charitable, la mère nourricière accommodante. Elle enseigne le lait de la tendresse humaine et les mystères profonds des vies soucieuses des autres - une pureté transcendantale universelle.

Dans la mythologie scandinave, on trouve l'histoire de la vache nourricière, émergée de la glace. Celle-ci lécha un glaçon et lui donna la forme d'un homme, puis souffla dessus et engendra le premier être humain. Pare cette action, elle donna naissance à l'aventure que nous appelons la vie.

Lorsque vous entendez les cloches d'une vache, votre cœur se serre-t-il de nostalgie ? Vous avez peut être trouvé votre animal spirituel. Si c'est le cas, considérez-vous comme privilégié. La vache transmet la générosité féminine et le potentiel d'une abondance nouvelle et remarquable. En tant qu'animal spirituel, elle vous apprend à vous aimer, à vous nourrir vous-même, et à découvrir votre foyer idéal. Elle représente la puissante mère en vous - forte, généreuse et calme. La mère-vache est symbole de fertilité, de croissance et de pouvoir ancré.


Mot-clé : Paradis pastoral.


Affirmation de la vache sacrée

Au petit matin, essayez de formuler ces affirmations positives (ou leurs équivalents) :

  1. J'appelle l'esprit de la vache à venir et à rester près de moi. Je bois ton lait spirituel nutritif et rajeunissant.

  2. Mon âme marche au milieu de pâturages verdoyants - un océan de verdure tendre. Je sens le parfum des fleurs sauvages, belles et colorées. Le soleil réchauffe ma peau et je respire facilement et tranquillement.

  3. Je transmets ma paix intérieure à tout être vivant. Amour et douceur m'entourent.

  4. Je suis joyeux et la joie est ma vraie nature. Des pensées paisibles et aimantes éclairent ma vie.

  5. Je suis heureux dans le silence, l'immobilité. J'ouvre mon être pour recevoir amour et conseils divins. Je m'ouvre à la béatitude.

  6. Je suis un être radieux, empli d'une énergie aimante positive. Je rayonne d'un amour inconditionnel et sans jugement, et l'univers me le renvoie. J'irradie d'amour et d'énergie positive.

  7. Peu importe le bruit ou la confusion qui m'environne, je suis toujours en paix. J'avance dans la vérité, la beauté, l'équilibre et l'harmonie. Amour et paix modèlent ma vie et mon environnement.


Sérénité dans la foi

Des versets du Rig-Veda comparent la vache à la déesse associée à la mère des dieux. Abattre une vache revenait jadis à tuer délibérément un être sacré. Cet animal est l'âme du calme intérieur et confère la sérénité, même en plein chaos. Si vous passez simplement du temps avec ou près d'une vache, sa pureté peut élever le niveau de votre énergie basique à une plus haute vibration. En Inde, on voit les vaches errer dans les rues et manger les détritus, qui deviennent pureté et feu sacré lorsque le fumier est brûlé. Labeur constant, patience et grande force sont les dons immédiats de la vache. Son totem apporte la paix intérieure."

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Karsten Massei nous explique dans son essai intitulé Les Offrandes des Abeilles (Édition originale, 2015 ; traduction française : Éditions de l’Émeraude, 2017) que les animaux et les hommes sont unis par des liens spirituels étroits :

La vache est tellement penchée vers la terre qu’elle l’absorbe complètement en elle et qu’elle est totalement absorbée par elle. Elle se fond dans le coin de terre sur lequel elle vit pour en faire partie. Ce faisant, elle transforme les substances contenues dans le carré terrestre qu’elle accueille en elle. Elle se laisse traverser par tous ces éléments, qu’elle absorbe aussi bien par sa nourriture que par sa respiration et ses sens, et elle les transforme. Elle les ennoblit en les assimilant. La terre se renouvelle grâce à la digestion de la vache. Et ce phénomène est irremplaçable. Un véritable travail de métamorphose est tangible au niveau substantiel. Oui, la terre se renouvelle à travers la vache. Mais elle ne peut le faire que parce que la vache est porteuse de la terre qu’on appelle spirituelle, de la terre métamorphosée. La vache est un animal terrestre, en ce sens qu’elle révèle en elle la terre sacrée, métamorphosée, en métamorphose. Cette terre se révèle dans la vache à travers sa digestion, mais s’exprime aussi dans son être tout entier. Dans les rêves qui l’entourent, on peut percevoir une lumière qui émane de la terre spirituelle, celle qui porte le physique et le visible. Cette terre est présente dans la personnalité extraordinaire de cet animal. L’entité spirituelle qui se révèle dans la vache fait donc partie des entités animales supérieures.

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Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique (LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017), la Vache est définie par les caractéristiques suivantes :


Traits : La Vache symbolise la douceur, la patience et la tranquillité. La Vache est lente et méthodique. Elle reste calme et ne va pas s'énerver si ce n'est pas nécessaire. Elle symbolise aussi une forte unité familiale ainsi que la façon dont on vit chez soi. La Vache est un animal sociable. Au sein du troupeau, elle va se lier à d'autres vaches mais en détester ou en éviter certaines. Elle est daltonienne et ne voit pas le rouge et le vert, mais elle peut nettement entendre les fréquences hautes et basses. Elle ne mord pas l'herbe : elle l'entoure de sa langue et la casse ainsi. Elle vient dire que vous avez un fort sens du devoir envers la famille et les amis. Vous êtes quelqu'un de bonne disposition et vous faites partie de ceux qui restent calmes au milieu de situations dramatiques. Vous avez vos façons à vous de faire les choses, que les autres peuvent ne pas comprendre.


Talents : Abondance - Vivacité - Calme - Compassionnel - Lien aux vies antérieures - Destinée - Fertilité - Généreux - Doux - Ancré - Force intérieure - Perspicacité - Vision aiguë - Gentillesse - Aimant - Maternel - Nouveaux commencements - Nourrit et prend soin - Patient - Possibilités - Potentiel - Protection - Sacrifice - Sérénité - Fermeté.


Défis : Dévoiement possible - Complaisant - Isolement - Paresseux - Hyper protecteur - Fait trop passer les autres avant soi.


Élément : Terre.


Couleurs primaires : Noir - Brun - Rouge - Blanc - Multiplicité de motifs.


Apparitions : Lorsque la Vache apparaît, cela veut dire que vous devez prendre les choses tranquillement et aisément, et apprécier la vie. Vous avez tendance à faire souvent trop de choses en même temps, et à faire passer les besoins des autres avant vous. Comme la vache, vous pouvez fonctionner sans beaucoup dormir et vous sentir quand même reposé (les vaches ne dorment pas plus de quatre heures par jour). La vache a une excellente vision panoramique et peut presque voir à 360 degrés. Ses perceptions sont très vives. Cela signifie que vous devez bien regarder tout ce qui vous entoure, faire attention aux détails et évaluer ce qui se passe avant d'agir. La Vache indique que vous pouvez être inébranlable et vous tenir ancré dans le sol même si l'orage se déchaîne autour de vous. Elle a un sixième sens qui lui signale le danger et elle connaît les endroits les meilleurs pour paître. Elle peut vous amener à comprendre vos capacités intuitives innées et vous sortir des situations dangereuses pour vous amener dans un meilleur endroit.


Aide : Vous avez besoin d'être sûr que vous prenez soin de vos besoins élémentaires pour pouvoir aider les autres. La Vache mange jusqu'à 18 kilos de nourriture par jour et boit presque 200 litres d'eau. Si vous sautez des repas ou ne buvez pas suffisamment d'eau, la vache peut vous aider à prendre davantage conscience de vos besoins nutritifs quotidiens et de la quantité d'eau à boire pour que vous ne vous déshydratiez pas et ne soyez pas à plat. Elle peut vous apprendre à avoir de la stabilité dans votre vie, sans pour autant être inflexible. Elle peut vous montrer comment aller de l'avant sans perdre votre énergie, tout en apprenant aux autres l'importance de la patience et de la ténacité. La Vache fait honneur aux autres et vous incite à faire pareil. Elle a un lien avec les vies passées et peut vous aider à vous connecter à vos précédentes incarnations.


Fréquence : L'énergie de la vache bouge lentement, sur un rythme régulier : "blump, blump, blump". Elle est chaude et pénétrante et donne une sensation qui ressemble au soleil sur votre peau après le passage de nuages d'orage.

Imaginez...

L'un de vos endroits préférés de la foire agricole que vous visitez est celui où le bétail est exposé. Chaque année vous attendez patiemment de voir si vous aurez la chance d'assister à la naissance d'un petit veau, mais vous n'avez jamais pu voir ce miracle se dérouler sous vos yeux. Cette année, vous allez au hasard en cajolant les veaux : vous touchez leur museau humide et les laissez sécher vos poignets. Leur nature douce vous apaise, elle vous fait vous sentir ancré et calme. Dans vos déambulations, vous arrivez à une étable où, de toute évidence, une vache est en train d'accoucher. Soudain, elle se met à pousser très fort. Est-ce que cette année vous allez enfin voir naître un petit ? Vous attendez avec une calme vigilance. Et alors, vous voyez deux pattes émerger et, quelques instants après, le bébé veau est expulsé. Bientôt, la mère se met debout et commence à lécher son petit. Vous êtes rempli d'émerveillement et de joie devant ce miracle de la vie auquel vous venez d'assister.

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Jean Rouaud, auteur de La Splendeur escamotée de frère Cheval ou Le Secret des grottes ornées (Éditions Grasset et Fasquelle, 2018), s'interroge sur la notion de sacrifice en citant Montaigne :


"Les Égyptiens, si dévotieux, estimaient bien satisfaire à la justice divine en lui sacrifiant des pourceaux représentés : invention hardie de vouloir payer Dieu en peinture", dit Montaigne sur la foi d'Hérodote. Même si aux grandes occasions ils leur coupaient la tête, ainsi qu'aux taureaux et aux veaux. Mais pas aux génisses. La génisse, on la ménage pour ce futur qu'on lui réserve. C'est elle qui, devenue vache noire de la nuit sur une paroi de Lascaux, incarne la mère patrie de l'aube dans son ventre de lait."

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Dans Le Bestiaire du Chaman, 36 cartes divinatoires A la rencontre de votre animal totem (Édition originale, 2019 ; Éditions Larousse, 2020), Maïa Toll propose les correspondances symboliques suivantes associées à la Vache et au Taureau (Bos taurus) :


Mot clef : Prenez le temps d'assimiler


La plupart des aliments que mangent la vache et le taureau ne sont pas comestibles pour les autres animaux. Dans les prés, ils broutent même les herbes les plus coriaces. Une fois leur panse bien remplie, ils se couchent et ruminent calmement, mâchant et remâchant les mêmes aliments pour les rendre assimilables. La vache et le taureau, comme les bons analystes, savent comment opérer. Ils adorent régurgiter et assimiler lentement, prenant ce qui est immangeable pour en faire leur repas. Aux yeux des Anciens, cette faculté faisait d'eux des divinités, garantes de fécondité même dans les temps les plus durs. Aux humains d'aujourd'hui, la vache et le taureau conseillent de se détendre et de prendre en compte ce processus de lente rumination qui rend digérables les problèmes les plus coriaces. Ils nous rappellent que beaucoup de choses sont supportables si l'on s'en donne le temps.


Rituel : Exercice de gratitude

Nout, la déesse égyptienne du ciel, fut parfois représentée comme une vache avec des étoiles sur le ventre. Durant cette même période dynamique, trois cultes différents étaient rendus à des taureaux sacrés (sous la forme d'Apis, Mnévis et Boukhis). Dans les temps anciens, la ache et le taureau étaient indispensables à la vie, que ce soit en Europe, en Inde ou au Moyen-Orient. Le taureau symbolisait la fertilité agressive, la vache le principe de la fécondité féminine ; et les bœufs (des taureaux castrés) représentaient le travail acharné sur lequel se sont bâties ces antiques civilisations.

La vache et le taureau comptent parmi les premiers animaux domestiqués ; ils accompagnent les humains depuis plus de 10 000 ans. Des empires se sont construits sur leur dos. Pourtant, à moins de vivre en Inde, ces animaux sont souvent loin d'être considérés à l'égal des chiens ou des chats.

Il en va de même pour les personnes qui exercent une activité fondamentale dont l'importance n'est pas toujours reconnue. Réservez donc cette semaine à la gratitude : faites attention aux gens dont le travail soutient votre vie quotidienne, estimez-les et remerciez-les. Ne vous contentez pas de dire « merci », allez plus loin. Dites-le en regardant la personne dans les yeux, en y mettant la conviction nécessaire.


Réflexion : Est-il possible que tout aille bien ?

On prétend que le mot allemand gemütlich décrit le sentiment qu'une vache éprouve en broutant dans une prairie pleine de fleurs sauvages par un bel après-midi d'été. La vache et le taureau expriment ce contentement du corps et de l'âme, ils sont en accord avec eux-mêmes et le monde qui les entoure. C'est un vrai don. Pouvez-vous vous l'offrir ? Êtes-vous capable de vous contenter du moment présent, juste comme il est ?

Voilà une requête bien extravagante ! Car si notre cerveau est organisé pour détecter les problèmes, ce qui est parfait pour survivre dans un monde complexe, c'est aussi cela qui rend le bonheur si difficile à trouver.

Qu'est-ce qui s'oppose à votre contentement ?

Pouvez-vous déposer ces fardeaux pour quelques instants de paix intérieure ?


« A certains moments, il faut lâcher prise, s'asseoir en silence et laisser le contentement vous envahir. »

Elizabeth Gilbert, Mange, prie, aime.

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Veaux à Clavans en Haut Oisans.

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