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Stage en forêt des Carnutes

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 24 mars
  • 26 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 avr.

Alors que nous sommes sur la route, nous avons une pensée pour Christelle R. qui n'a pu venir pour raisons de santé et nous recevons un message d'une autre habituée du cercle :


"[...] Et puis je pense à toutes et tous ceux qui prennent la route en direction des Carnutes, aujourd'hui ! Alalalalalah, quelle chance !

Je regrette tant de ne pouvoir être des vôtres mais je suis en train de bidouiller pour transmuter au mieux ce dépit en énergie positive et visionnaire qui je l'espère, vous accompagnera doucement à distance 🥁♥️

Souhaitez de notre part à tous les participants de cette belle nouvelle aventure merlienne le meilleur des voyages

Embrassez toutes les rencontres et visions qui surviendront

Je vous accompagne et me dépose si vous le voulez avec Thibault dans le cercle de ces trois jours

loin des yeux (fermés) mais près des cœurs (ouverts) !

Nous espérons pouvoir vous rejoindre de nouveau la fin de cette année et souhaitons à tous ceux qui s'approcheront de près ou de loin du team Luminessens de cheminer vers toujours plus de conscience et de joie.

Je vous aime 

Fabienne.

*

*

Voici le thème de naissance du stage au cœur de la Forêt des Carnutes... que j'ai complètement oublié d'exploiter !


Si quelqu'un se sent inspiré pour le commenter... avec plaisir....


Laurent a eu la gentillesse de se lancer dans ce que lui inspire ce thème. Vous remarquerez sûrement sa créativité quand vous aurez compris qu'il invente un axe Balance-Scorpion, là où ces deux signes se coudoient dans la roue du zodiaque...

Audace qui est déjà en soi une perspective intéressante : mettre face à face, en polarité, deux énergies de palier !

Ne croyez pas que je me moque car le plus intéressant dans cette « erreur », c'est qu'au-delà du sens qu'elle a pour Laurent de manière personnellement astrale, elle montre le lien subtil qui existe entre le Bélier et le Scorpion. En effet, si Mars est le maître exotérique du Bélier, au niveau ésotérique, c'est le Scorpion qu'il maîtrise !

Et de la même façon, on sent bien l'énergie guerrière qui sourd dans chacun de ces signes...


Je trouve fort que Vénus (communauté et plaisir), Saturne (limites), la lune et Neptune (le chaman pour moi) soient tous en Scorpion.

Ce sont des planètes dont je ressens beaucoup l'influence et qu'elles soient toutes dans le signe de l'infra-monde, des richesses cachées, des trésors intérieurs lors d'un weekend d'introspection me paraît significatif. Comme une invitation très claire à se dépouiller et ne pas hésiter à aller voir du côté du caché. 

Avec Judith, lors de notre promenade silencieuse nous avons vu un bourdon qui rentrait dans une souche au niveau du sol, sûrement pour rejoindre son nid ou s'en faire un, et cette image m'a rappelé le travail que nous avons effectué ce weekend :

Vénus à travers vous toutes et vos danses et chants m'a entraîné dans cette introspection et le Chaman Neptune maître des eaux (pleurs en ce qui me concerne), du flou, du voyage dans l'océan de l'inconscient a pris la suite jusqu'à toucher les limites de Saturne avec sa rigidité bienveillante. La lune quant à elle m'a éclairé dans ces sombres profondeurs où j'ai pu mourir en toute sécurité.

J'ai Uranus en Scorpion [la voilà l'originalité créatrice :)] et grâce à son énergie disruptive mais génératrice j'ai pu renaître à nouveau et affranchi du regard des autres qui me pesait ces derniers mois.

Je remarque aussi que Chiron, le guérisseur blessé pour qui j'ai une affection particulière, était présent dans le même signe. Panser ses blessures dans l'obscurité afin de découvrir sa propre médecine.

Et enfin, j'adore que le soleil que nous avons salué, fasse la transition, l' équilibre quasi exact entre le Scorpion et la Balance, symbole de l'équinoxe, comme si après cette introspection dans l'obscurité, la lumière nous appelle vers ce nouvel équilibre. 

Voilà, ça me parle, alors merci de l'avoir mis dans le post !

Laurent.

Pour ma part, je remarque qu'on entre dans ce thème par le signe du collectif solidaire et de l'adelphité (Verseau) dans lequel Pluton, qui au 4e niveau de conscience représente le pouvoir de transmutation du chaman -(on retrouve l'énergie du Scorpion perçue par Laurent) - mène la danse ! Belle invitation en ce week-end d'équinoxe que de faire pleinement vivre notre pouvoir personnel en nous engageant avec sincérité et authenticité dans l'ici et maintenant de l'incarnation !

Et cette implication de Pluton est d'autant plus intéressante qu'elle dessine un triangle isocèle - un trouple quoi ! puisque les côtés du triangle sont formés de deux sextiles et d'un trigone - avec les deux autres planètes transpersonnelles qui se retrouvent toutes deux dans des signes de bêtes à corne... à boire l'hydromel bien sûr ! (Neptune en Bélier et Uranus en Taureau, promesses de mise en action vers nos idéaux les plus profonds et d'opportunité de créativité joyeuse et paisible pour notre génie personnel).

Ces trois coquines, qui offrent déjà un programme chargé, embarquent avec elles le Soleil et Saturne, tous deux conjoints à Neptune. Ainsi ce voyage est protégé puisque les énergies cosmiques de cet équinoxe de printemps sont filtrées à notre mesure dans le signe même du Bélier par le Gardien du seuil qui veille sur notre petit Soleil qui renaît porté par ses aspirations les plus hautes.

Notons que le Bélier informe deux maisons : les maisons 8 (d'où ces énergies d'introspection profonde et de transmutation analogues à celles du Scorpion ressenties par Laurent) et 9, maison de la connaissance et de l'aspiration spirituelle, bienvenues en ce week-end d'initiation au savoir des Druides de la Forêt des Carnutes.


Mais, non content d'initier cette première danse de haute volée, Pluton innerve un quintile avec Vénus, elle-même conjointe à la Lune, c'est dire si les énergies féminines ne sont pas en reste. Dans mes formations en astrologie, mes différentes professeures n'ont jamais développé cet aspect subtil mais selon le site Paroles d'Astres :


"Le Quintile (72°) est le premier aspect spirituel de créativité, cette créativité sort des normes de la créativité habituelle, elle est sans idées préconçues, c’est une créativité de type « feuille blanche ». Cette sorte de créativité se reconnait à la joie qu’elle procure, la joie de la découverte de l’harmonie divine dans la matière.

Cet aspect signale l’expression de talents et donne une aptitude à embellir les choses. Dans le Quintile existe la préoccupation d’un impact de sa création sur le collectif."


Si on ajoute que le quintile dont nous parlons concerne Pluton, capable de tout transmuter et Vénus, la planète de la Beauté et de l'Amour qui se trouve dans le premier signe du renouveau, le programme, tout en s'affinant, s'affirme dans son projet spirituel.

Enfin, seul aspect dynamique du thème, les deux planètes féminines se retrouvent en carré avec Jupiter en Cancer, que la Lune maîtrise. C'est donc Jupiter qui se situe à l'avant du thème, entraînant à sa suite toutes les planètes, dans une volonté d'expansion marquée par l'énergie de la Mère divine, freinée heureusement par la Lune elle-même, car on sait l'emballement que peut causer la faim d'expansion...

Et finalement, l'énergie de Pluton passée au crible des féminines et expansé raisonnablement par Jupiter ressort par Mars en Poissons, signe a priori inconfortable pour l'action concrète mais qui promet un bel hommage aux Déesses des eaux guérisseuses telle Segeta et une COMMUNION de tout le groupe dans un agir qui prend en compte tous les règnes du vivant...


Nous étions entré dans le thème par Pluton (maître exotérique du Scorpion, clin d'œil à Laurent), notons simplement que cette planète est le maître ésotérique et hiérarchique des Poissons...

La spirale est spiralée !

Anne A.

*

*


Le trajet de retour sur l'A6 nous a encore réservé une belle surprise : merci à Niuk et Magalie d'avoir réussi à prendre la photo que dans notre voiture nous n'avons pas eu le temps d'immortaliser !


J'adore cette gestuelle : un lutin qui JOUE à saute-moutons sur des Amanites, c'est mon nouveau héros et modèle ! Je veux vivre ce qui me reste dans cette énergie bondissante et ludique, dans cette ouverture sans fausse pudeur, dans cet envol maîtrisé, dans cette joie jubilatoire !


Moi qui déteste l'autoroute, me voilà réconciliée !






Mais finalement, si j'en crois la jolie photo de Maria-Fernanda, ils étaient déjà là, non, les lutins qui sommeillent pas très loin en nous ?


Qui se promènent l'air de rien, dans un hors-temps toujours là, à portée de brume et de rayon incertain de soleil...


Qui font mine de nous tourner le dos et qui sourient dans leur barbe invisible du bon tour que nous nous jouons à nous-même sans nous en apercevoir !


Qui rentrent tranquillement se coucher quand ils ont fini de vaquer à leurs cérémonies pendant que la vie humaine trop sérieuse croit s'éveiller alors qu'elle poursuit sa trop longue somnolence...


Petit clin d'œil d'Ali : « Y avait une nonne avec vous au stage ? » (question sincère après 35 ans de vie commune !)

Anne A.

Bonjour à tous les clans,


j'espère que vous êtes bien tous rentrés sur vos territoires :)

Je vous partage quelques photos que j'ai réalisé à l'appareil photo, n'hésitez pas à la référencer sous mon nom d'artiste Ariane J Vasdev (https://www.animauxdarianeart.fr/).

Tu peux les utiliser sans problème si tu veux pour ton post sur le stage Anne.

Je souhaite à chacun que les énergies de la forêt de l'amanite continue à cheminer avec vous et si vous souhaitez des informations sur les lieux celtiques en Auvergne n'hésitez pas à me demander.

Bonne semaine,



Judith.

Hello Anne,


J'espère que vous êtes bien rentrées.

Voici le retour des synchronicités après le stage.


Je suis toujours en contact avec l' esprit de l'amanite : c'est toujours doux et joyeux tout en étant très apaisant. Le sentiment d'être encore un nourrisson se poursuit : j'ai tout le temps faim et envie de dormir. Les veilles sont émerveillées : les couleurs, les sons, les odeurs sont intenses, d'où le besoin de me rendormir après avoir mangé des frites.

Je vois des amanites partout : dans le monde humain (une petite amanite en crochet accrochée à ma porte s'est rappelée à mon souvenir) et dans les rêves.

Enfin après avoir demandé à Tomek s'il avait déjà vu des amanites dans la forêt - c'est lui qui cueille les champignons - voici sa réponse : "c'est une blague ? il y en a des dizaines dans mon coin à champignon". Un petit étang mystérieux entouré de bouleaux où viennent s'abreuver les sangliers.

Voilà. 

Et un dessin pour la route : elle nous appelle. 


Merci à elle et merci à toi. 

La forêt résonne pour longtemps de vos belles âmes.

Laurent.

Recommandation de Maria-Fernanda, en lien avec son voyage en 3 paliers :


*

Je vous envoie mon retour sur le week-end et j'annonce qu'il est extrêmement long et n'a d'utilité probablement que pour moi.

Merci ! Les voyages sont nombreux pendant les week-ends. Les plus précieux sont ceux qui nous apportent plus de lumière et de sens, cela va sans dire. Retrouver l’essence de ce qui nous meut, de ce qui nous anime, en se connectant à plus grand que soi. On passe par les autres, par l’Autre, pour mieux renouer avec son propre centre et le chérir, et cela n’a rien d’un paradoxe.

J’ai vécu ce moment comme un passage. Les derniers mois avaient été durs psychologiquement ; je me suis sentie la tête sous l’eau plus d’une fois, avec pourtant toujours l’impression que j’allais de mieux en mieux, que le temps aidait. Je ne refaisais jamais vraiment surface, pour autant.

Les rituels et cérémonies m’ont amenée à traverser le canal, à changer de rive, pour prendre une métaphore navigable. Il y a d’abord eu une prise de conscience par visualisation, le premier soir, dès le premier voyage : j’arrivais avec une combinaison de plongée épaisse qui m’alourdissait, une surcouche de tristesse qui colle à la peau. D’où venait-elle, cette tristesse ? La question était autre. Il fallait trouver comment s’en défaire pour repartir plus légère à l’issue du week-end. Je me suis endormie avec cette ambivalence : j’étais à la fois heureuse d’être parmi vous et encombrée d’être avec moi, dans cet état dont je croyais m’être débarrassée mais qui mouillait mes yeux.

La forêt, le lendemain matin, m’a permis de m’épancher sans pudeur sur les sujets qui m’occupent le plus souvent. J’ai pensé aussi à mon texte, celui en cours d’écriture et que j’aurais dû rendre il y a un moment déjà, mais qui n’avance pas, ou pas plus que moi. J’y ai repensé parce que, dans la trame narrative, j’en étais à un moment où ma protagoniste, Ninon, se perd dans une forêt et passe du désespoir à l’émerveillement, après maintes péripéties. Je ne suis pas une fille désespérée, du tout, mais j’ai quand même fait le tour de moi-même et me suis mise en lien avec les mondes vivants qui m’accompagnaient. J’ai compris que la vie grouillait, alors que moi je me sentais m’étouffer. Comme si une partie de moi vivait sous verrou. Ma bisexualité n’était pas assumée, le chamanisme non plus, ou alors pas suffisamment ; l’écriture, qui m’importe tant, se retrouve bâillonnée, reléguée au dernier rang de mes occupations. Ce que j’ai compris, dans la forêt, c’est qu’il n’était plus envisageable de continuer comme ça. J’ai vu qu’un changement radical allait avoir lieu, un changement que j’allais moi-même initier. Car on ne peut pas vivre à moitié. Radical, oui, par les racines, par le végétal. Ma révolution serait végétale, avec et pour le végétal. Voilà ce que j’ai vu. Cela se présentait plus comme une nécessité et un programme que comme une résolution à mes problèmes d’étouffement et de tristesse, mais j’y ai vu une percée de soleil dans mon nuage, et la réjouissance s’est vite invitée. Pour la part chamanique, j’ai bien compris que le végétal prendrait une place de choix à l’avenir, et ça tombait bien, puisque c’est dans cette direction que je vais. Par chance, j’ai un mari charmant qui me connaît bien et avec qui il est facile de parler de bisexualité, de chamanisme et d’écriture. Il me pousse la plupart du temps, m’encourage à vivre pleinement qui je suis. Mais alors, qu’est-ce qui me retient, m’empêche, m’étouffe ? La honte, probablement. J’ai reçu un soin de la forêt et mon corps s’est allégé rapidement, mes pensées aussi. Premier apaisement.

Plus tard, il a fallu demander à l’esprit de la forêt comment se préparer au mieux à la cérémonie du soir, dont on ignorait tout. Anne, j’adore ton audace ! La peur est revenue quand, pendant le voyage, j’ai vu qu’il fallait que je fasse place à l’effondrement pour que la suite advienne. Ma colonne vertébrale était une colonne grecque cassée qui s’effritait jusqu’à devenir de la poudre ; des araignées minuscules, par centaines, s’enfuyaient sur les côtés. J’ai eu peur, même dans cet état de conscience modifié, peur de perdre mes repères dans cet effondrement que je devais accepter. Ma plus grande peur au monde étant la folie, j’ai d’abord pensé à mon psychisme. Et puis j’ai pensé à ma famille, à mes filles, à Vincent. Et si je devenais lesbienne et que je les perdais ? Par chance, je n’ai pas pu aller plus loin dans la liste angoissante de mes effondrements imaginaires, car une tresse de lianes a pris la place de la colonne brisée et m’a redonné corps. La tresse était nette, épaisse, solide, et sa force reposait sur les innombrables racines et radicelles qui partaient vers la terre, et les extensions à n’en plus finir au-delà de ma tête. Le végétal (avec ce chiffre 3, de grande importance pour les druides) me donnait une force, une structure bien plus solide et reliée que celle d’avant. Après ce voyage, j’étais rassurée : la suite serait belle et puissante, mais il fallait vivre l’effondrement d’abord, si j’avais bien compris. Cela faisait suite au message reçu le matin dans la forêt, au sujet du monde végétal, et à celui de la veille, lors de la première cérémonie, lorsque, derrière mon masque, j’ai pu partager le message de l’esprit présent : « Je ne suis peut-être qu’un fil sur la toile. Observez le monde végétal, voyez les liens qui s’y tissent, les réseaux de solidarité, et nourrissez-vous-en pour agir. » Citation approximative, non contractuelle. Merci à l’esprit en question pour sa souplesse.

Lors du voyage au tambour suivant, Anne, tu nous as proposé de rencontrer l’esprit de l’amanite, champignon sacré des Celtes. Quel voyage fantastique ! Quelle expérience ! Recevoir les enseignements de l’amanite, ressentir son énergie, la joie dans le corps… Franchement, après ça, j’étais prête à vivre cet effondrement symbolique dont j’ignorais tout. Prête à vivre la cérémonie du soir. Je me sentais trop bien ! Je repensais à des diètes de plantes, enthéogènes ou non, que j’avais pu faire ces dernières années et qui m’avaient tant appris. Je retrouvais une jubilation similaire. À aucun moment je ne me suis dit que la suite logique était de participer à une cérémonie autour de l’amanite. Et pourtant, c’était évident. Et pourtant, je le pressentais, intuitivement.

Pendant la cérémonie, pas d’effondrement, bien au contraire. La pulsion de vie s’est manifestée dans chaque partie de mon corps et de mon esprit. Je me suis sentie pleine, unique, brillante, en réception. Connectée à chaque personne présente et à chaque monde. L’esprit de l’amanite était en moi et m’insufflait ce qui m’avait tant manqué ces derniers mois. Le sentiment d’amour ne m’a plus quittée depuis.

Je suis repartie de cette rencontre les hormones en fleurs, pour ne pas dire le feu au corps. La vie ne peut pas être vécue à moitié. Je compte vivre pleinement, sans créer de paradoxes qui n’en sont pas : je peux être en couple hétérosexuel et ressentir un désir fou pour une femme ; je peux pratiquer le chamanisme pleinement et avoir la tête sur les épaules et les pieds sur terre. D’ailleurs, je n’en serai que plus saine de corps et d’esprit. L’écriture viendra, avec ou sans talent, mais ma transmission passera par là : transmission du monde végétal, transmission d’une vie de femme à ses filles, transmissions sous forme de fictions de vies bien réelles.

Dimanche matin, dans la forêt, on a cheminé en silence, Maryse et moi. Je l’ai observée chanter, planter des graines, sourire au vent, être pleinement là, sans se soucier ni de mon regard ni du bien-fondé de ce qu’elle faisait. Elle était. C’était magnifique. Je l’ai remerciée d’un sourire avant de poursuivre sur mon chemin. J’ai constitué un sac de guérison en suivant la guidance du lieu. Certains éléments n’étaient pas présents, mais j’ai bien noté de les intégrer à mon tissu plus tard. Je me suis adressée aux quatre directions pour obtenir, à chaque fois, une réponse à ma question de départ, celle du début de week-end. C’est après coup que je me suis rendu compte que j’avais inversé les pôles dans ma roue, me retrouvant au nord après avoir obtenu des réponses de l’est. Sur mon dessin, les quatre directions apparaissaient bien, mais il a fallu que je m’y reprenne à deux fois, car j’ai d’abord réussi à inverser l’est et l’ouest. À la fin de ma roue, qui s’apparentait à une spirale d’escargot tournant de l’intérieur vers l’extérieur et sur laquelle s’inscrivaient mes réponses, je me suis retrouvée au sud (enfin !). Au Sud, il y avait le soleil de l’Uruguay. J’y suis passée quinze fois ces quinze dernières années, pour des périodes plus ou moins longues. La spirale me l’a rappelé. Comment vous expliquer que je m’y suis toujours sentie chez moi ? J’y suis passée de nombreuses fois, mais toujours différemment, avec un autre angle de vue et de vie. Depuis quatre ans, j’y découvre la médecine des plantes, le vegetalismo amazónico. Depuis deux ans, j’ai mis un pied dans l’apprentissage de cette médecine. L’initiation fait sens. Je n’y vois pas une finalité, mais un passage, une étape.

Il me tenait à cœur de rédiger ce retour rapidement, car il me semble urgent de poser ces mots avant la vente de la maison, qui devrait être imminente. Ce sera le détonateur, cette vente. Je ne sais pas si l’Uruguay est la bonne destination, ni si l’initiation que je vais y recevoir sera la bonne, ni si c’est vraiment ce qu’il faut que je fasse. Si tout cela n’est pas juste un discours pour servir mon intérêt, comme un exercice d’autopersuasion. À vrai dire, si je commence à penser en ces termes, je redeviens une petite fille qui a peur. Or, j’ai confiance en moi. Ce sera le lieu d’une restructuration pour le couple aussi, j’en suis sûre. Car, même si rien ne change fondamentalement, on va sortir de ce (non-)modèle « papa travaille, maman s’occupe des enfants » ; il me semble que les rôles vont se rééquilibrer et que je saurai vivre en clan familial tout en affirmant mon besoin de liberté et d’émancipation. Qu’il m’a été dur, ces dernières années, de dire « je » plutôt que « nous » ! Je repense aussi à ce dessin de l’Uruguayen Joaquín Torres García, sa carte inversée de l’Amérique du Sud :


« En réalité, notre nord est le Sud. » Évidemment que ça me parle ! Il y a quinze ans, quand je suis allée pour la première fois à Montevideo, j’avais acheté une reproduction de cette œuvre sans comprendre entièrement son message. Je comprenais ce que sa voix d’artiste exprimait — à savoir que l’Amérique du Sud devait cesser de se référer au Nord (notamment à l’Europe et aux États-Unis) comme modèle, et construire sa propre identité en regardant à l’intérieur d’elle-même —, mais j’étais loin d’imaginer que j’y reviendrais un jour, pour y apporter une dimension plus personnelle, lors d’un exercice chamanique dans lequel j’inverserais les pôles. Non, l’est n’est pas l’ouest… pas plus que la droite n’est une autre gauche… Alors voilà, fin de ce terriblement long retour. En quelques mots, j’aurais tout simplement dû dire que j’en ressors ravie, grandie, joyeuse. Que l’effondrement est derrière moi, qu’il a eu lieu les mois qui ont précédé ce week-end et que je me sens prête pour la suite. Reste à savoir ce que je fais de Ninon, de ce texte. Je devrais probablement lui faire manger de l’amanite et la laisser se débrouiller dans la forêt.

Il me reste un devoir important à accomplir, ou deux peut-être. Maryse : parmi les éléments à mettre dans mon sac de guérison, il y avait l’un de tes cheveux. Je ne te l’ai pas demandé tout de suite, par pudeur dans un premier temps, et ensuite parce que j’ai eu la tête prise par autre chose. Alors, avant le grand départ vers le Sud (ou cet autre Nord qu’est l’Uruguay), je passerai probablement par Grenoble pour te croiser. Le prétexte est bon, n’est-ce pas, pour vous revoir toutes ?


Merci, c’est aussi le mot de la fin. À chacun.e d’avoir participé à cet espace d’empouvoirement et de lumière, mais surtout à toi, Anne.


Bisous !

Alex.


Je me permets également de partager le retour d'Alex sur le peuple gaulois dont elle est issue car je le trouve très beau :


Je viens de regarder la liste des peuples celtes et, sans surprise (territoriale), j'ai un faible pour les atrébates. J'aime le lien avec les Nerviens, le fait qu'ils aient eu des relations avec l'actuelle Angleterre et la Belgique. Je suis née à Calais, une partie de ma famille maternelle venait de l'autre côte de la Manche. J'ai grandi à la frontière belge. Les espaces de l'entre deux me structurent, je me reconnais vivre entre deux rives, toujours métaphoriques. C'est un peuple discret qui a fait preuve d'adaptation et de diplomatie, d'intelligence donc. J'aime l'allusion à "la troisième voie" les concernant, dans la vidéo de présentation que tu as partagée. Voir des ponts plutôt que des frontières ou des barrages, ça me parle. 

Bisous, 

Alex.

*

*

Bonsoir à toutes et à toi Laurent,


Je ne suis pas capable d’écrire maintenant quelques mots sur notre week-end, mais je tiens à vous remercier pour vos mots déjà envoyés, et plus particulièrement Judith pour tes photos, et toi Alexandra pour ton si émouvant et puissant témoignage. Personnellement j’en suis extrêmement touchée, et je te souhaite de construire en Uruguay une vie à ta mesure, sur un plan personnel, en couple, en famille, et dans tes divers projets.

Je suis à la veille d’un nouveau voyage avec mes sœurs lundi prochain, à Marrakech, et d’accueillir d’ici-là à la maison un ami qui m’est cher et connaît bien la pratique chamanique. Entre-temps le quotidien et ses divers engagements… Donc mon esprit est éparpillé et fébrile, et il me faudra faire une belle synthèse de ce mois de mars à la mi-avril.

Il m’appartient de chérir, comprendre, intégrer les différentes expériences vécues et de mettre en action mes vœux, répondre à la problématique qui s’est présentée à moi vendredi.

Ne pas perdre le fil donc.

Ou conserver le cap.


Merci à toutes et toi Laurent pour toutes ces voix et voies que vous incarnez et qui sont autant d’enseignements pour moi, de témoignages d’une humanité riche, belle, féconde, résistante et résiliente, créative, toujours en mouvement.

Recevez toutes les bénédictions de vos équipes de Lumière et un big hug de ma part.

Laurent, j’adore ton dessin ! Merci !

Sandrine N.

Merci pour vos retours sur les photos, c'est un plaisir de vous les partager, j'adore aussi ton dessin, Laurent de notre Annemanite !

Ça a été une expérience précieuse pour moi de me retrouver en clan joyeux, simple, vivant avec vous.

Je n'ai pas encore revu Princesse Nausicaä pour retrouver la forêt lumineuse mais j'ai repensé au travail splendide et délicat d'une collègue qui fait des sculptures lumineuses de champignons à la fois réalistes et poétiques (https://www.foste.fr/sculptures-lumineuses).

Son travail reflète bien ma vision des amanites, alors je tenais à le partager à notre cercle d'amanites.

Belle soirée à vous,


[Ajout ] :

"C'est la première fois que je participe à un stage où j'ai vraiment le sentiment d'un travail unissant un groupe, qui amène de l'énergie, du support à chacun, et où en même temps chacun prend pleinement la responsabilité de son chemin et ce qu'il vit.

J'ai trouvé ça vraiment très chouette de pouvoir simplement être là, vivre ce que j'avais avec vivre, tout en me sentant inclus dans le groupe sans ressentir les poids des émotions ou des égos de chacun.

Je me suis sentie bien dans cette expérience à la fois puissante, douce et joyeuse à la fois."

Judith. 

*

*

En tant qu'animatrice du stage j'ai pu proposer trois cérémonies auxquelles j'avais participé plusieurs fois mais que je n'avais jamais guidées, cérémonies réservées à des praticiens en chamanisme assez avancés ou à des cheminants sur la voie druidique. J'ai donc été particulièrement émue et touchée de voir à quel point vous avez tous joué le jeu avec moi et combien nos cérémonies sont grâce à vous devenues belles, simples tout en étant profondes sur le plan spirituel et conviviales sur le plan terrestre. Un merci tout particulier à Marie-Claire qui a accepté de jouer le rôle de Ceridwen alors que je ne l'avais pas prévenue (il faut dire que je ne le savais pas encore moi-même avant de me lever à 6 heures du matin...).

En tant que participante du stage, j'ai ri de la coquinerie des Esprits qui proposent à chaque fois un fil rouge inédit que je mets du temps à dérouler... au point que plus de quinze jours plus tard, je décode encore...

Dès la première cérémonie, le vendredi soir, les Esprits m'ont avertie : "La Forêt des Carnutes est un océan qui s'ignore. Prenez garde de ne pas vous y noyer". J'ai trouvé la métaphore sympa et je suis passée totu naturellement à autre chose...

Et le lendemain matin, plongée (les mots ont un sens !) comme chacun.e dans la forêt, je me suis retrouvée en état de conscience si élargie qu'elle m'a fait entendre le hallali d'une chasse à courre passée, m'a rendue presque saoule au point d'avoir des difficultés à parler (je m'enregistrais de temps à autre pendant ma pérégrination) et même à marcher, tandis que j'oubliais allègrement l'expérience la plus importante de ma matinée.

Dans ces conditions étranges, j'ai fini par me retrouver bloquée entre deux bras de gros ruisseaux suffisamment encaissés pour qu'il me soit impossible de les enjamber. Cela m'a conduite toujours plus loin au point de craindre de me perdre avec, bien sûr, une batterie de portable en danger d'extinction ! La montagnarde se retrouvait de plus en grande difficulté face à des voies rectilignes sans fin visible... et sans aucun point de repère autre que des arbres à perte (encore !) de vue...

Il faudra le récit dans le cercle de cette petite aventure pour que je comprenne enfin, l'avertissement de la veille ! Merci Laurent...

Et quand je rentrerai à Grenoble, une nouvelle lecture achèvera (pas sûr !) de m'enseigner : en effet, on trouve trace d'une recommandation faite aux Indiens Pueblo du Nouveau Mexique dans les années 1930 de ne cueillir aucun champignon en forêt car ils risqueraient de s'y perdre. Selon l'auteur c'est le signe que la perte de conscience due aux pratiques ancestrales de consommation de l'Amanite était devenue si taboue qu'elle n'était plus du tout comprise par les peuples autochtones de ces régions.

A bon entendeur...

Pour preuve ultime de cette perte de conscience : la surprise que j'ai eue en m'entendant sur mon téléphone, la voix pâteuse comme après une sérieuse cuite, en train de relater une expérience de fusion-infusion-perfusion-transfusion avec le plus grand chêne de la forêt qui m'offrait ainsi toute sa connaissance et que j'avais déjà totalement oubliée comme si c'était quelque chose de tout à fait quotidien !!!

Et nous n'étions que le samedi matin...


Je ne raconterai pas la suite de mes aventures, au risque d'écrire trois tomes... mais je vous remercie de m'avoir permis de me sentir suffisamment en confiance avec vous pour pouvoir me départir (pas totalement !) de mon rôle de responsable du week-end et vivre ce que la Foret, les Druides, le Grand Héron Blanc et tous les autres Esprits avaient à m'offrir de manière si généreuse... et si cryptée (ce que j'adore !).

Je suis même en train d'en faire une houlesse de Druidesse avec les moyens d'une enfant de cinq ans et les produits d'une forêt millénaire, dont je mettrai la photo dès que je l'aurai finie...


A tous, incarnés et désincarnés, merci mille fois.

Anne A.

*

*

Bonjour à tous toutes,


J’ai toujours du mal à témoigner a posteriori d’une expérience qui active tous les sens.

Je trouve toujours que l’écrit n’arrive jamais au niveau du vécu.

Ce qui me donne d’ordinaire une très bonne excuse pour ne pas communiquer après le stage.

Il se trouve que ce stage m’a percuté personnellement.

Je me suis trouvée face à ce canard que j’ai supposé mort, j’ai décidé de l’accompagner 

En fait j’ai surmonté ma peur de la mort au moment anniversaire du suicide de mon mari.

Et puis, il s’est avéré que le canard était un jouet …. Je médite …


Bisous, Anne C.

Coucou Anne,


Texte bien personnel, c’est pourquoi j’ai tardé à te l’envoyer. Mais bon, c’est mon ressenti :

——

Intention pré - week-end :

Je viens faire une pause d’intégration dans une période chamboulée et inconfortable.

Dans quelques jours, je m’en retourne vivre dans mon sud ouest natal avec confiance et joie !

Ce week-end vient célébrer le travail entrepris avec Anne et vous tous !


Le week-end :

j’arrive en forêt des Carnutes avec l’amour immense de Marie qui se manifeste très fort ces derniers temps.

Je me sens inspirée par cette femme dont on a poli l’image. Elle m’inspire une force, une détermination et une amour qui balaie tout !

Elle m’a fait découvrir, pas plus tard que le week-end dernier, comment elle pouvait agir à travers mon corps pour aider certaines énergies.

J’ai espoir d’avoir encore d’autres réponses ces prochains jours.


La première soirée a été très émouvante.

J’ai adoré disparaître sous ma capuche, protégée par ma cape.

Marie m’a soufflé ses mots.

Elle m’a fait ressentir le désert, elle s’est installée en moi pour m’élargir, m’envahir toute entière et me faire accoucher.

Traverser cette émotion immense

Pleurer mon humanité

Trembler.

Être un passage.


La forêt m’a apaisée le lendemain.

Je m’y suis endormie.

Les arbres m’ont semblé si résilients…

En attente d’un jour meilleur.

Vivants malgré tout.


Le voyage vers l’amanite l’après midi m’a apporté de vraies réponses, je commence à ressentir la confiance dans mes voyages.

Puis la cérémonie de l’amanite m’a mise à l’épreuve. Les tambours étaient disharmonieux, la fumée épaisse, mes visions inexistantes.

J’avais mal au ventre et la nausée.

Tout m’invitait à renoncer.

Alors j’ai cherché à aimer.

C’est un choix.

Traverser ce noir qui m’avait vaincu lors de ma dernière prise de LSD.

Le retrouver pour l’aimer. « L’ombre avait tellement été aimée qu’elle était devenue lumière ».

Chasser le doute qui crée la faille.

Je me balançais d’avant en arrière.

J’accompagnais chaque seconde dans mon corps.

Être présente pour le Cercle.

Dans ce balancement j’ai senti que cette lourdeur pouvait être transmutée.

J’ai pris le hochet.

Mon corps s’est une nouvelle fois engagé.

Il chassait

Quoi ?

Je n’en sais rien mais ça m’a fait du bien.

Je me suis levée. J’ai accompagné Niuk.

Le hochet s’est emballé, au diapason avec tous les tambours cette fois ci. La cape chassait la fumée, je respirais et mon corps reprenait son espace.

Il y a eu une apothéose.

Une communion dans le Cercle.

Une unité.

Puis le son s’est adouci et s’est arrêté. J’avais traversé, barbouillée et nauséeuse.

J’ai trouvé la foi, en moi même et en mon corps pour que la lumière puisse passer.


À nouveau la forêt m’a apaisée, elle m’a montré à quel point les arbres formaient la structure, tous reliés les uns les autres. Reliés à la Terre. Puis venait se bâtir une cathédrale de lumière dont les lignes du plafond se perdent dans le ciel.

Et nous étions, nous humains, les réceptacles, au centre de ce dispositif.


Post week-end :

Voilà plusieurs jours que je suis rentrée.

J’ai - comme de par hasard - signé pour m’engager sur la Voie de Marie et de son mystère à partir de septembre.

Cette proposition m’a été faite le lendemain du stage !


Alors merci la Vie, merci à toi Anne d’avoir ouvert cet espace, d’avoir magnifiquement célébré l’équinoxe, merci à vous, très chers humains sœurs et frères d’aventures et merci à nos guides !


Je t’embrasse Anne,

À bientôt

Magalie

*

*

Mon voyage dans la forêt des Carnutes


Respirer la forêt des Carnutes à l’équinoxe du printemps, marcher sur les pas de nos ancêtres dans cette forêt mythique m’a plongée dans un espace temps où le temps n’a pas de prise.

Nous ouvrons notre premier cercle en posant nos intentions pour le week-end. Je pose les miennes ; libérer la charge de mes ancêtres qui m’empêche de m’expanser, de m’incarner pleinement et librement mais aussi plonger dans la mémoire ancestrale de la forêt.

D’emblée, je me connecte à la forêt de Brocéliande et à l’église de Tréhorenteuc où la mosaïque d’un magnifique cerf blanc symbolise la quête spirituelle qu’on retrouve sous la forme de Cérnunnos chez les Celtes, du Christ chez les Chrétiens et d’Arthur ou de Merlin dans la légende Arthurienne. Je trouve que cette petite église dédiée à la quête du Graal représente bien cette quête intérieure de mon propre Graal. Par ailleurs, le cerf est mon animal totem de guérison qui m’apparaît blanc, bleu ou brun selon ses envies.

Le lendemain, nous célébrons l’équinoxe du printemps autour d’un feu pour honorer le feu du soleil. Pendant le cercle, un vol d’oies sauvages migratrices passe dans le ciel. Je ré-énonce mes intentions pour l’année qui (re)commence. Au moment où je termine de parler, trois faucons planent au-dessus de nos têtes et s’en vont. Je suis heureuse de cette synchronicité car le faucon est considéré, comme la plupart des rapaces, comme un messager de l’invisible et dans la culture égyptienne, Horus, le Dieu faucon, symbolise la puissance solaire. Merci chers faucons de nous avoir « bénis » avant de franchir les portes de la forêt des Carnutes !

Après la cérémonie, nous contemplons le soleil qui monte doucement à l’horizon. Il inonde le ciel de sa lumière et répand ses rayons lumineux sur la terre, sur les arbres, sur nos corps, dans nos cœurs. La lumière est là partout où elle est ! A nous de la recevoir dans la coupe de nos mains, de notre cœur, de notre crâne, de notre bassin pour l’incorporer et guérir pour l’irradier à notre tour !

Nous sommes prêts pour notre première immersion dans la forêt qui me fait penser à une cathédrale gothique. Les troncs élancés des chênes laissent passer la lumière d’autant plus que leurs feuilles gorgées de sève ne sont pas encore là. Le sol est jonché de feuilles de chênes mortes grandes comme ma main, seuls quelques bourgeons fougueux s’offrent à la lumière, des branches et des troncs d’arbres cassés m’obligent à progresser comme dans un labyrinthe pour mieux me perdre. Se perdre est parfois la meilleure manière de se retrouver dit-on !

La porte d’accès à l’invisible s’avère être pour moi le soleil. Un druide gargantuesque, avec des cornes et un bâton fourchu m’apparaît. Il me dit être l’Esprit de la forêt des Carnutes : « J’enseigne la permanence de l’impermanence et l’abolition du temps et de l’espace. Tout est point fixe et immobile ; le monde minéral est fixe et immobile, le monde végétal est fixe et immobile… Tout est voué à la fixité et à l’immobilité à l’image de la mort fixe et immobile...

Tu as la puissance du feu et de l’eau en toi. Rappelle-toi que c’est le feu qui purifie l’eau ! Il n’y a pas de combat entre eux même si l’eau a la capacité d’éteindre le feu, laisse juste le feu purifier l’eau pour qu’elle devienne aussi limpide que l’eau de la source divine ! »

«...Tu portes le poids d’un lourd secret...» Lourdes ! Je pense à l’eau de Lourdes que j’ai amenée avec moi pour la verser dans la cruche collective où les eaux des uns et des autres se sont mêlées. L’eau de Lourdes, là où Simon a été conçu sur les cimes des Hautes-Pyrénées ? Quel est ce secret si lourd ? Je veux nous libérer, je veux me libérer et renaitre à moi-même par l’Eau et le Feu !

Le soir, nous effectuons un voyage en connexion avec l’amanite tue-mouches. L’autel est rempli de minuscules amanites tue-mouches en porcelaine. La présence de ces champignons rigolos et mignons amène une joie festive instantanée. Je me connecte très vite aux esprits de la forêt et vois des petits gnomes qui dansent autour d’une belle amanite rouge aux pois blancs aussi grande que sont petits les gnomes. Ceux-ci sont de très bonne humeur, facétieux, joueurs et joyeux.

Sans transition, nous nous retrouvons 13 autour d’une table à l’image de la Cène représentée par Léonard de Vinci. Une très vieille femme sans visage, à moitié sorcière, touille dans un grand chaudron noir une espèce de soupe fumante dans laquelle flotte quelques morceaux d’amanite. Elle nous invite l’un après l’autre à ingérer sa tambouille comme si elle nous présentait une hostie. Je goûte ce mélange mystérieux avec une plante enthéogène que je ne connais pas. Je trouve sa consistance gélatineuse sans goût particulier mais plutôt doux.

Mon corps devient une enveloppe vide et immobile que je laisse sans état d’âme. Je voyage dans les sphères galactiques jusqu’à la constellation d’Orion. Je vois mon corps se décomposer, je sens les fourmis, les mouches et autres grouiller sur mon corps. Je prends conscience qu’il faut que je revienne avant qu’il ne reste plus rien de ma chair. Mon corps astral, mon âme s’emboîtent parfaitement dans mon corps physique qui reprend sa forme initiale. Je reviens régénérée par mon voyage intergalactique et consciente que mon corps est le lieu de toute transmutation pour s’élever toujours plus haut dans les sphères célestes.

Ce qui me paraît essentiel au retour de ce voyage avec l’amanite, c’est le mot « communion » entre les individus pour faire clan et sceller la force du groupe. C’est aussi l’antidote de la peur d’avoir peur comme si c’était la potion magique qui rend pratiquement invincibles ceux qui l’absorbent. Par ailleurs, l’amanite me parle aussi de territoire, c’est-à-dire que les individus qui la partagent lors de rituels particuliers renforcent l’unité au sein de leur

communauté ainsi que leur lien très fort à la terre d’où ils viennent.

Enfin, nous versons les treize eaux sacrées venues de territoires et tribus différents dans le canal d’Orléans pour qu’elles rejoignent le grand Océan. Je suis émue de faire ce geste du verseur d’eau à l’ère du Verseau. Cette ère qui nous invite à plus de fraternité, plus de solidarité et plus de coopération entre les humains mais aussi entre tous les régnes. Alors, que ces eaux purifiées portent leur message de paix, de fraternité et d’humanité à toutes les eaux de la terre, à tous les peuples qui s’abreuvent à ces eaux ! Je souhaite et j’espère que ce rituel porteur de la force des petits colibris puisse changer le monde...


Merci à notre belle communauté des Carnutes pour ces voyages et ces messages reçus et partagés. AWEN !

Marie-Claire

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Bonsoir à tous et toutes !


Un petit dessin de mes principales sensations « carnutiques » avec quelques lacunes comme la plaque d'immatriculation de notre cuisinière en chef 😂et la douceur des transats ou du feu de cheminée, mais la plupart des symboles y sont.

C'était chouette de me replonger cet aprèm dans cet univers... J'ai pensé très fort à vous toutes (s) et à tous les arbres de cette aventure avec beaucoup d'amour...

Je vous embrasse fort depuis mon cerisier sous sa neige de pétales de fleurs... 😘

Niuk



Niuk

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Participants : Laurent S. - Judith V. - Alexandra M. - Maria-Fernanda O.S. - Marie-Claire P. - Magalie B. - Véronique A. - Anne C. - Emmanuelle K. - Maryse L.B. - Sandrine N. - Sandrine P. - Anne A.

A distance, Christelle R.


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