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Les Bigerres

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    Anne
  • il y a 2 heures
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Ă  28'34 Les Bigerriones sont dits Gaulois.



Identification : les Bigerres sont-ils des Gaulois ?


Paul Marie Duval, auteur de "Les peuples de l'Aquitaine d'aprùs la liste de Pline." (In : Travaux sur la Gaule (1946-1986), École Française de Rome, 1989. pp. 721-737. (Publications de l'École française de Rome, 116))


"[...] Les six peuples qui suivent les Conuenae sont, comme eux, bien situĂ©s gĂ©ographiquement, au pied des PyrĂ©nĂ©es, plus exactement dans les plaines et sur les plateaux sous-pyrĂ©nĂ©ens (plateau de Ger, plaine de Tarbes, plateaux de Pont-Long et Chalosse, dĂ©but de la plaine des Landes), y compris la partie des vallĂ©es pyrĂ©nĂ©ennes qui traversent ces derniers. Les Begerri (n°8 [sur la carte ci-contre]) (var. Begerbi, Bebergi, Bergebi) sont Ă©videmment les Bigerriones de CĂ©sar (De Bello Gallico III, 27) et leur territoire est le Bigorre, dont le chef-lieu doit ĂȘtre cherchĂ© prĂšs de Vic-de-Bigorre Ă  Saint-LĂ©zer, d'aprĂšs une Ă©tude rĂ©cente de Ferdinand Lot, qui corrige le texte aberrant de la Notitia : ciuitas Turba ubi castrum Bigorra, en : ciuitas Bigorra ubi castrum Tarba.

[...]

A l'Ă©poque de CĂ©sar, ceux des douze peuples de la Notitia dont l'existence est dĂ©jĂ  attestĂ©e sont : Tarbelli (Aquenses de la Not.), Tarusates (Aturenses de la N.), Auscii, Bigerriones, Boiates (Vocates de CĂ©sar), Elusates - nommĂ©s par CĂ©sar ; les Conuenae et les Consoranni, qui, faisant partie de la Narbonnaise Ă  ce moment, ne pouvaient ĂȘtre nommĂ©s par CĂ©sar ; les Lactorates, que CĂ©sar n'a pas citĂ©s, sans doute parce qu'ils Ă©taient depuis longtemps alliĂ©s de Rome (1). Cela fait, prĂ©cisĂ©ment, neuf peuples, tous importants par leur territoire, tous destinĂ©s Ă  survivre et Ă  se dĂ©velopper sous l'Empire, comme l'attestent l'archĂ©ologie et, notamment, l'Ă©pigraphie (2). D'autre part, si l'on compte tous les peuples connus Ă  l'Ă©poque de CĂ©sar, on arrive Ă  une petite vingtaine environ, et il est probable que CĂ©sar n'a pas connu la poussiĂšre de peuples montagnards que nous voyons figurer dans la liste de Pline.


Notes : 1) D'aprÚs la conjecture trÚs vraisemblable de Jullian, Hist. Gaule, III, p. 28, n. 5. - Voici les peuples cités par César (B. G., III, 20 et 27) : Sotiates, Tarbelli, Bigerriones, Ptianii, Vocates, Tarusates, Flustates (Elusates Ciacc), Gates, Ausci, Garumni (Garunni), Sibuzates (Sibulates), Cocosates, paucae ultimae nationes.

2) [...] Pour l'époque romaine, à l'aide de Jullian, de F. Lot {supra, p. 721, n. 1 et 3) et du C. /. L., XIII, pour le matériel épigraphique qui permet de juger de l'importance respective conservée ou prise par les différents peuples sous l'Empire : prÚs de 400 inscriptions pour les Conuenae, environ 80 Auscii, 40 Lactorates, 24 Consoranni, 23 Elusates, 16 Bigerriones, 11 Aturenses (Tarusates), 9 Tarbelli : soit huit peuples importants avant le Bas-Empire. Les Boiates sont moins bien représentés."

Stephan Fischtl, auteur de Les Peuples gaulois - IIIe - Ier s. av. J.-C. (Éditions Errance, 2004) mentionne dans l'annexe II de son ouvrage intitulĂ©e "La survivance des noms de peuple dans les noms de commune" les Bigerri comme un peuple d'Aquitaine dont le nom apparait dans la rĂ©gion de la Bigorre.

Doit-on en déduire que cet auteur considÚre ce peuple comme gaulois ?


Dans Le Monde celtique (2000) Christian Goudineau étudie la répartition des peuples celtes en Europe, avec un focus sur les Gaulois du sud-ouest. Les Bigerri sont mentionnés comme un peuple celtique pyrénéen. [à vérifier].


L'article de Gabriel Llobet pour l'EncyclopĂ©die Universalis commence par cette phrase : "BIGORRE COMTÉ DE : Ancienne province de dialecte gascon qui a formĂ© la majeure partie du dĂ©partement des Hautes-PyrĂ©nĂ©es (chef-lieu : Tarbes). PeuplĂ© par les Gaulois Bigerriones, il s'Ă©tendait Ă  la fois dans la montagne et sur le piĂ©mont."

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Dans son mĂ©moire de master intitulĂ© Les identitĂ©s ethniques en Novempopulanie, Wasconie et Aquitaine dans l’AntiquitĂ© tardive et au haut Moyen Ăąge (IIIe-IXe siĂšcle). (UniversitĂ© de Pau et des pays de l'Adour, Histoire. 2016)  Mathieu Pelat tente d'Ă©claircir la question ethnique des peuples aquitains :


"[...] La question trĂšs complexe de la langue aquitanique : Il convient tout d’abord de souligner qu’une langue n’est plus considĂ©rĂ©e aujourd’hui comme un Ă©lĂ©ment d’identitĂ© ethnique certain, et propre Ă  un peuple, pour la pĂ©riode qui nous concerne, mĂȘme par les soutiens actuels de la thĂ©orie de l’ethnogenĂšse. Durant l’AntiquitĂ© et le haut Moyen Age, le bilinguisme – ou plutĂŽt le trilinguisme aquitain, gaulois et latin dans le cas qui nous occupe – Ă©tait frĂ©quent. Nous avons dĂ©jĂ  vu que le chef des Sotiates, Adiatuanos, portait pourtant un nom gaulois, trait qu’il partageait avec certains ethnonymes aquitains (1).

L’existence d’une langue aquitanique reste mal attestĂ©e sous l’Empire puisque nous ne pouvons nous appuyer que sur la documentation Ă©pigraphique contemporaine, laquelle prĂ©sente des anthroponymes et des thĂ©onymes en grande partie spĂ©cifiques61, et proches du vocabulaire basque altomĂ©diĂ©val et moderne. Certains noms propres sont d’ailleurs passĂ©s en basque tout comme la pratique dite de palatisation expressive, consistant Ă  remplacer le S initial d’un nom par un X pour montrer un attachement particulier.

 [...] Nous croyons pourtant qu’il est possible de conclure, avec J. Gorrochategui Churruca, que l’on parlait dans l’AntiquitĂ© une langue Ă©troitement liĂ©e avec le basque mĂ©diĂ©val dans une zone comprise entre la Garonne et l’Ebre64. Si l’aire de rĂ©partition des documents Ă©pigraphiques – concentrĂ©s principalement dans la zone orientale de l’Aquitaine – ne correspond pas Ă  la zone des pays basques français et espagnol, il faut tenir compte, d’une part, de la rĂ©traction de la zone linguistique euskarienne depuis le XVIe siĂšcle, et, d’autre part, de la plus ou moins grande permĂ©abilitĂ© des populations aux pratiques Ă©pigraphiques romaines. Nous retrouvons le gradient est/ouest dĂ©jĂ  mis en Ă©vidence pour l’ñge du Fer. Paradoxalement, c’est la zone orientale, la plus romanisĂ©e, Ă  proximitĂ© de l’axe garonnais, qui nous livre l’essentiel des noms aquitains alors que, dans l’ouest, oĂč les inscriptions sont moins nombreuses, seuls des anthroponymes latins sont documentĂ©s. J. Gorrochategui Churruca l’explique par une romanisation limitĂ©e Ă  une petite Ă©lite urbaine, en Aquitaine occidentale, historiquement moins permĂ©able aux influences Ă©trangĂšres (3).

[...]

Par ailleurs, la possibilitĂ© que d’autres peuples d’Aquitaine cĂ©sarienne aient pu garder une identitĂ© gauloise – qu’elle ait Ă©tĂ© ou non revendiquĂ©e par eux – ne nous paraĂźt pas exclue. En effet, Strabon, comme d’autres ethnographes, a parfois tendance Ă  simplifier la situation, comme nous l’avons vu avec la frontiĂšre entre Gaulois et Aquitains, fixĂ©e Ă  la Garonne. Par ailleurs, l’importance des contacts linguistiques et anthroponymiques gallo-aquitains attestĂ©s parmi les Neuf Peuples, y compris au IIIe siĂšcle, comme le prouvent les feuilles votives d’Hagenbach, a dĂ» avoir des consĂ©quences, quoique difficilement Ă©valuables, en matiĂšre d’identitĂ©. Si l’anthroponymie prĂ©sente des formes hybrides, il est possible que certaines identitĂ©s aient Ă©tĂ© gallo-aquitaines (4). Si l’on se fie au gradient est/ouest dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©, certaines citĂ©s d’Aquitaine orientale, Ă  proximitĂ© de l’axe garonnais, pourraient avoir connu une telle situation. Les civitates d’Aquitaine occidentale, comme les Tarbelles, citĂ© probable de Verus, plus conservatrices selon les analyses de J. Gorrochategui Churruca, auraient pu considĂ©rer leurs consƓurs orientales comme gauloises. Il est cependant difficile d’étayer cette hypothĂšse. Nous ne nous risquerons pas Ă  chercher Ă  identifier un ou des peuples prĂ©cis. [...] Quelle que soit l’hypothĂšse retenue, l’inscription d’Hasparren ne nous semble pas ĂȘtre une marque d’ « identitĂ© rĂ©gionale », Ă  visĂ©e sĂ©paratiste, qui aurait progressivement abouti Ă  la rĂ©forme de DioclĂ©tien. Au contraire, elle prouverait la complexitĂ© d’une identitĂ© aquitaine plus inclusive que gĂ©nĂ©ralement supposĂ©e : les « Aquitains » ne se confondraient certes pas avec les Gaulois mais seraient prĂȘts Ă  s’associer avec eux.


Notes : 1)  « Sur plus de 30 noms de peuples de l’Aquitaine, citĂ©s par les sources anciennes, depuis CĂ©sar jusqu’aux itinĂ©raires, parmi lesquelles on distingue la liste de Pline, il y en a une quinzaine qui prĂ©sentent ce suffixe » (Gorrochategui Churruca 2013, p. 28).

2) Il faut nĂ©anmoins relativiser quelque peu leur originalitĂ© puisqu’on trouve des « formations hybrides » (gallo-aquitaine, latino-aquitaine et ibĂ©ro-aquitaine). Voir Gorrochategui Churruca 1984, p. 358. L’analyse linguistique des termes en est parfois rendue trĂšs difficile. En effet, si l’on suit H. Iglesias, le basque, l’aquitain et l’ibĂšre – mais aussi le berbĂšre, le copte et certaines langues caucasiennes – auraient la mĂȘme origine (Iglesias 2000, p. 7-27). Sans contester ces travaux, d’autres auteurs privilĂ©gient les contacts aux filiations (Sablayrolles 2009, p. 25-39.

3) Gorrochategui Churruca 1995, p. 209 et 2013, p. 22. Les citĂ©s des Tarbelli, des Aturenses, des Iluronenses et des Bigerri auraient Ă©tĂ© les moins romanisĂ©es. On pourrait certes reprocher Ă  cette thĂšse sĂ©duisante une argumentation a silentio (l’absence d’anthroponymes aquitains pourrait Ă  l’inverse ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme le signe d’un triomphe de la romanisation, attestĂ© par l’écrasante domination des noms latins). Par ailleurs, l’auteur reconnaĂźt que ces citĂ©s ne sont pas restĂ©es impĂ©nĂ©trables aux influences extĂ©rieures comme le prouve, par exemple, une inscription de GuĂ©thary (AE 1994, 1211) qui mentionne un affranchi de citoyen au surnom celtique et deux autres Ă  l’onomastique entiĂšrement latine (1995, p. 212). Il reste que les toponymes en -ac, liĂ©s Ă  un domaine gallo-romain, se limitent surtout Ă  l’Aquitaine orientale. L’auteur s’oppose Ă  la thĂšse classique d’A. OihĂ©nart et de J.- F. BladĂ© selon laquelle toute l’Aquitaine aurait Ă©tĂ© romanisĂ©e uniformĂ©ment sous l’Empire et uniquement euskarisĂ©e dans sa partie occidentale durant l’AntiquitĂ© tardive, en particulier au moment des supposĂ©es « invasions vasconnes » (note 217, p. 52).

4) Certes, comme le notent J.-P. Bost et G. Fabre, « les Aquitains [Neuf Peuples] n’étaient pas des Celtes ». Pourtant, il est peut-ĂȘtre excessif de soutenir que « ceux qui l’étaient s’étaient tĂŽt fondus dans le milieu indigĂšne » (Bost, Fabre 1988, note 84, p. 176). Comme nous l’avons vu, les ethnonymes de bien des peuples aquitains sont d’origine gauloise (note 60, p. 18). X. Delamarre identifie comme noms celtes les Boiates (Delamarre 2003, p. 355), Elusates (Delamarre 2003, p. 376 et Delamarre 2007, p. 95), les Lactorates (Delamarre 2007, p. 114) et les Vasates (Delamarre 2003 p. 290). Cependant, seul ce dernier peuple pourrait ĂȘtre candidat Ă  une intĂ©gration tardive selon Bost, Fabre 2015, p. 15. Toutefois, un nom de peuple ne suffit pas Ă  crĂ©er une identitĂ© gauloise mĂȘme si ces derniers sont tous au contact de la Garonne et de l’Aquitaine « celtique » et voisins les uns des autres, ce qui aurait pu faciliter leur intĂ©gration (mais pas nĂ©cessairement au mĂȘme moment). En effet, il est tout Ă  fait envisageable que des peuples d’étymologie apparemment non celtique aient pu avoir une identitĂ© « gauloise », invisible pour nous, et, inversement, qu’un nom d’étymologie celtique ait pu ĂȘtre adoptĂ© par des peuples qui ne se revendiquaient pas comme « gaulois »."

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Étymologie :


Jean-François Le Nail, Daniel Schaad et Christian Servelle, auteurs de "La citĂ© de Tarbes et le castrum Bigorra-Saint-LĂ©zer." (In : Aquitania : une revue inter-rĂ©gionale d'archĂ©ologie, tome 14, 1996. La Civilisation urbaine de l'AntiquitĂ© tardive dans le Sud-Ouest de la Gaule. Actes du IIIe Colloque Aquitania des XVIe JournĂ©es d’ArchĂ©ologie MĂ©rovingienne. Toulouse 23-24 juin 1995. pp. 73- 104) expliquent l'origine du nom des Biguerres :


"L'origine du mot Bigorre remonte Ă  la plus haute AntiquitĂ©. Il dĂ©rive de l'ethnique Begerri que Pline mentionne pour dĂ©signer une tribu d'Aquitains situĂ©e au pied des PyrĂ©nĂ©es. CĂ©sar (BG, III, 27) les nomme Bigerionnes. Cette graphie, pour le moins surprenante, ne correspond Ă  aucune des terminaisons en -enses, -ae, -i, -ates qui furent habituellement utilisĂ©es pour dĂ©signer les peuples de la partie mĂ©ridionale de l'Aquitaine. J.-P. Bost nous a suggĂ©rĂ© que cette forme pouvait ĂȘtre le rĂ©sultat de la juxtaposition des mots Bigeri et onnes par le transcripteur. Si cette hypothĂšse sĂ©duisante se vĂ©rifiait, Onnes pourrait alors ĂȘtre rapprochĂ© des Onesi(i), une des autres tribus d’Aquitains mentionnĂ©e par Pline et que l'on situe dans la rĂ©gion de BagnĂšres-de-Luchon (Aquae Onesiorum)."




Histoire :


Selon la thĂšse de doctorat de Mathieu Pelat, intitulĂ©e De la Novempopulanie Ă  la Wasconie entre AntiquitĂ© Tardive et haut Moyen-Age. (ArchĂ©ologie et PrĂ©histoire. UniversitĂ© de Pau et des Pays de l’Adour, 2024) :


"[...] Ausone lui-mĂȘme ne se dĂ©finit pas explicitement comme Novempopulanien mais comme citoyen de deux citĂ©s, dont il Ă©tait curiale, Ă  l’exemple de son pĂšre, Bazas et Bordeaux. De mĂȘme, Axius Paulus, ami d’Ausone est dĂ©crit par ce dernier comme patriae Bigerritanae (1)

[...]

Nous n’avons pas une telle concordance de sources concernant les autres frappes, telles les deux piĂšces du monĂ©taire Taurecus, issues de Saint-LĂ©zer, et dont le responsable, malgrĂ© une onomastique assez favorable, n’était pas nĂ©cessairement bigourdan bien que cela reste possible (801).

[...]

L’archĂ©ologie n’atteste le maintien, au VIe siĂšcle, que d’assez rares sites artisanaux importants. On peut mentionner, chez les Boiates, Ă  La Teste, la poursuite de la production de poix. Dans les PyrĂ©nĂ©es, l’exploitation du marbre continue chez les Bigerri (pour des usages locaux).


Notes : 1) Ausone, Ep., XI, l. 37. Ces mĂȘmes Bigerri, ou plutĂŽt seulement le plus pauvres d’entre eux, sont dĂ©crits de maniĂšre pĂ©jorative dans un poĂšme de Paulin de Nole, sans forcĂ©ment que cela ait une vraie valeur documentaire. Paulin de Nole, Carmen, 10, v. 246 : dignaque pellitis habitas deserta Bigerris (« et des dĂ©serts dignes des Bigourdans vĂȘtus de peaux »). Voir l’édition Amherdt 2004 (Ă©d.), p. 154-155. Le poĂšme de Paulin est une rĂ©ponse Ă  la lettre 21 d’Ausone lui reprochant son renoncement au monde qui ferait de lui une sorte de barbare, un Vascon, selon le topos nĂ©gatif attachĂ© Ă  la montagne dans l’AntiquitĂ©. Il semble que Paulin soit aussi dans ce topos quand il rĂ©pond Ă  Ausone que ce n’est pas parce qu’il a un ou des domaines de luxe chez les Bigerri (laeta locis et mira colens habitacula tectis, « que tu habites de petits pied-Ă -terre agrĂ©ables par leurs localisations et remarquables par leurs architectures ») qu’il est devenu l’un d’eux. Peut-ĂȘtre y a-t-il surtout une opposition sociale : les Bigerri pelliti ne concernant que ceux qui habitent les nigrantes(ne) casas et texta mapalia culmo (« les cabanes noircissantes et les huttes couvertes d’un toit de chaume »).

[...] 129.  Chez les Bigerri, les carriĂšres du massif du BĂ©out, prĂšs de Lourdes, exploitĂ©es entre le Ve et le VIIe siĂšcle, ont livrĂ© une production de sarcophages plus frustes, « non dĂ©corĂ©s, avec couvercles en bĂątiĂšres » qui Ă©taient utilisĂ©s Ă  l’échelle de la civitas (Bouet 2015, p. 151-152). Certes, avec la disparition de la pratique des autels votifs, une source de revenus avait dĂ» disparaĂźtre, en particulier pour Saint-BĂ©at, qui les exportait au moins en Novempopulanie.

[...] 801.  La frappe de cette monnaie a probablement eu lieu Ă  Saint-LĂ©zer puisqu’elle porte le toponyme Begorra (Schaad, Le Nail, Servelle 1996, p. 99, fig. 21 et p. 100, n. 69). Il faut aussi probablement inclure dans le lot une monnaie jadis attribuĂ©e Ă  un atelier bĂąlois et dont le type est trĂšs similaire Ă  celui du tremissis de Saint-LĂ©zer. Seul le lieu d’émission, Basiliano, apparaĂźt. D. Schaad a proposĂ© plusieurs hypothĂšses de localisation autour de Saint-LĂ©zer, dans les Hautes-PyrĂ©nĂ©es (Bazillac), les PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques (Bassillon) ou le Gers (Bazian) : Schaad, Le Nail, Servelle 1996, p. 100, n. 69. Taurecus, clairement identifiĂ© comme mon(etarius), n’était pas nĂ©cessairement d’origine locale comme le croit E. Peyrouzet. Certes, l’anthroponyme rappelle Taurus et ses variantes, attestĂ©s sur des inscriptions du Haut-Empire en Novempopulanie (Fabre 2018, p. 170, notamment chez les Bigerri, les Auscii et les ConvĂšnes) mais le nom est plus prĂ©sent en territoire « celte » qu’en Aquitaine mĂ©ridionale (Delamarre 2003, p. 290-291). Contra Peyrouzet 1972, p. 92.

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