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  • Anne

Le Ratel





Étymologie :


Étymol. et Hist. 1787 (A. Sparrman, Voyage au Cap de Bonne Espérance, trad. par M. Le Tourneur, t. 2, pp. 196-197). Dér. de rat* ; suff. -el*.


Étymol. et Hist. A. 1640 Zorrina cité comme mot esp. (J. de Laet, L'Hist. du Nouveau Monde ou Description des Indes occidentales [trad. d'un texte lat. qui lui-même est une adapt. d'un texte néerl.], p. 330 ds Arv., p. 514), attest. isolée; 1925 zorino (Psyché, nov., p. 49 ds Quem. DDL t. 16). B. 1719 Zorrilla désigne un petit félin (Voyage du tour du Monde, trad. de l'ital. de Gemelli Careri, par M. L. N., t. 6, p. 213 ds Arv., p. 515) ; 1765 Zorille désigne une espèce de mouffette (Buffon, Hist. nat., t. 13, p. 289). Empr. aux mots hispano-amér.zorrino, -a et zorrillo « mouffette », tous deux dér. de zorra « renard » (v. Cor. et FEW t. 14, p. 668b).


Lire également les définitions des noms ratel et zorille afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Mellivora capensis ; Blaireau à miel ; Zorille du cap.

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Zoologie :


Dans son Atlas de zoologie poétique (Éditions Arthaud-Flammarion, 2018) Emmanuelle Pouydebat expose les caractéristiques du Ratel (Mellivora capensis), qu'elle considère comme une "terreur qui n'a peur de rien".


Le ratel, ou Zorille du cap ou encore Blaireau à miel, est un petit carnivore solitaire. Outre le miel dont il raffole, il se nourrit de reptiles, de termites, de scorpions, de vers de terre qu'il déterre avec ses griffes de 4 centimètres mais aussi de grandes proies comme les porcs-épics, les lièvres, les gnous et même les antilopes. Cet animal est une terreur qui n'a peur d'aucun animal, même les plus dangereux, comme les lions, les chacals, les hyènes, les guépards ou les buffles. Le ratel est une légende de la savane par sa résistance et son agressivité.

Les serpents mortels comme les vipères heurtantes (Bitis arietans) ou les cobras du Cap (Naja nivea) constituent pour lui des mets de choix ! Comment est-ce possible ? Après une morsure, le ratel plonge dans le coma pendant plusieurs heures, le temps qu'il lui faut pour métaboliser le venin, finir de consommer le serpent et retourner chasser ! Le ratel apprend avec sa mère à chasser et à s'immuniser des venins de serpents et de scorpions, en étant soumis très jeune à leurs morsures. Ensuite, le ratel a recours à de nombreuses stratégies de défense. La meilleure ? L'attaque ! Il se confronte à l'ennemi, quoi qu'il arrive. En parfait intimidateur, il résiste et tente de le désorienter en effectuant une sorte de danse composée d'un pas en arrière et deux en avant. Il produit également une odeur nauséabonde. S'il est capturé, il ne se rend jamais sans résistance et tente de mordre en premier au niveau du scrotum pour provoquer une hémorragie. Par ailleurs, sa peau est si dure que même les lions ont du mal à enfoncer leurs crocs.

En captivité, il est le roi de l'évasion ! Il est connu en Afrique du Sud pour empiler pierres, râteaux, pneus et autres objets pour passer par-dessus les clôtures ou encore creuser des tunnels ou crocheter des serrures ! Le cauchemar des animaliers !


Petit mais... trapu, ingénieux, courageux (ou inconscient), d'une résistance à toute épreuve, le ratel inspire même les champions de rugby !

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