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Le Raisinier




Autres noms : Lannea acida ; Lannéa acide ;

Lannea barteri ;

Lannea microcarpa ;





Botanique :


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Usages traditionnels :


J. W. Kuhlman et al. dans Les arbres fruitiers sahéliens dans l'économie rurale ; Cas du Burkina Faso et du Mali. (No. 2010-075. LEI, Université Wageningen UR, 2010) nous apprennent que :


Lannea microcarpa, qui appartient à la même famille que l'anacardier et le manguier, pousse surtout dans la zone soudanienne. Ses fruits sont utilisés en cuisine et ils permettent de fabriquer une boisson alcoolisée. L'écorce est utilisée pour faire des cordes et l'arbre produit également un colorant utilisé dans l'artisanat. (Sacande, 2007).

 

Selon Arnaud Gangbigba, auteur de Caractérisation morphologique et productivité fruitière du raisinier africain (Lannea microcarpa Engl. & K. Krause) en fonction des formes d’utilisation des terres au Nord-Ouest du Bénin. (EPAC/UAC, 2014) :


Lannea microcarpa est une des espèces à usages multiples très appréciée par les populations locales. Son écorce est utilisée pour teindre les tissus de coton en rouge-brun. Il s’agit d’une des principales plantes employées dans la production des tissus appelés “basilan fini” (qui signifie médicament appliqué sur étoffe), largement associée à la notion de guérison, puisque la décoction de la plante est à la fois médicinale et teint en couleur. Les vêtements réalisés à partir de tissus unis ocre-rouge ou comportant des motifs noirs sur fond ocre-rouge obtenus grâce à cette teinture sont portés essentiellement par les hommes, à l’origine lors des circonstances où le sang était versé comme la chasse et la guerre. La teinture rouge à un pouvoir symbolique de protection, dissimule les taches de sang et guérirait les blessures. Elle est également utilisée par les deux sexes (hommes et femmes) pour les vêtements rituels revêtus lors des étapes cruciales de la vie telles que la circoncision et l’excision, l’accouchement et la mort. Au Mali, les femmes bambaras emploient l’écorce du Lannea microcarpa pour décorer les textiles appelés “surusuru” et “basiya”. Ces textiles appartiennent au groupe des “bogolan”. Les pagnes teints à l’écorce de L. microcarpa sont portés par les femmes lors de l’excision, de l’accouchement, de la ménopause et enfin comme linceul. Chez les Akans et les Ashantis du Ghana, la teinture issue de l’écorce est utilisée traditionnellement pour les vêtements de deuil bien qu’elle puisse être remplacée actuellement par des colorants rouges synthétiques.

Les jeunes feuilles sont consommées comme légume par les populations et de fourrage pour le bétail. Les fruits sont consommés frais ou séchés et la pulpe sert à préparer une boisson fermentée. Le bois est blanc, léger, facile à travailler mais se détériore rapidement ; il est utilisé au Sénégal pour fabriquer des manches de houes et dans toute l’Afrique de l’Ouest comme combustible et charbon de bois. On fait des cordages avec l’écorce qui est très fibreuse. L’écorce donne une gomme comestible soluble dans l’eau. Au Ghana, les feuilles servent de pansement pour les blessures. Au Sénégal, la cendre du bois est appliquée sur les abcès pour les faire mûrir. Au Nigeria, les feuilles, l’écorce, les racines et les fruits sont utilisés pour soigner les aphtes, les rhumatismes, les maux de gorge, la dysenterie, et servent de cathartiques ainsi que de pansements sur les furoncles (Protabase, www.prota.org). L’infusion des feuilles est utilisée comme bain aux nouvelles accouchées pour les remonter et aux nouveau-nés pour les protéger et fortifier chez les Tamberma de Nadoba dans la Kéran au Togo. (Kpemissi, 2007).

Au Nord- Ouest du Bénin, Lannea microcarpa est connu sous le nom de Sabké en Biali, Shamilè en Peulh et Tchissab’golugon en Gourmantché. Les parties aériennes de cette espèce sont utilisées séchées et pulvérisées par ces communautés en friction sur des scarifications intercostales pour soulager la douleur et on les administre par voie interne contre la colique. En cas d’œdème, on boit une décoction de feuilles que l’on peut aussi ajouter au bain.

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Etienne Houédoté Degboe, Sèdami Adjahossou, Hervé Akodogbo et al. auteurs de Caractérisation morphologique et production fruitière du raisinier africain (Lannea microcarpa Engl. & K. Krause-Anacardiaceae) des affleurements rocheux et des champs au Nord-Ouest du Bénin. (EPAC/UAC, 2019) recenses les différents usages tradtionnels d'un des différents Raisiniers :


Lannea microcarpa est un arbre à usages multiples très appréciée par les populations locales. Il est principalement utilisée dans la médicine traditionnelle et l’alimentation des hommes et des animaux (Taïta, 2003 ; Sacandé, 2007 ; Neya et al., 2008 ; Sop et al., 2011 ; Haarmeyer et al., 2013).


Usages avérés en pharmacopée traditionnelle : L’écorce de Lannea microcarpa est utilisée en cas de fièvre, d’aménorrhée, de stérilité, d’anorexie, de gingivite et de lèpre. L’écorce, les rameaux et feuilles sont utilisés pour soigner la colique néphrétique. Les graines sont utilisées pour guérir la toux (Marquet et Jansen, 2005 ; Bazongo et al., 2014). En boisson et en bain, le décocté du mélange d’écorces et de feuilles de L. microcarpa soigne le paludisme. Le décocté chaud de l’écorce de tronc de L. microcarpa placé en cataplasme sur le pied malade soigne l’éléphantiasis (Semere et al., 2008). Les racines, la feuille, les écorces et les fruits sont utilisés dans le traitement de certains troubles tels que rhumatismes, plaie, maux de gorge, rachitisme, scorbut, ampoules buccales, dysenterie, conjonctivite, stomatite, éruption cutanée et ulcère (Marquet et Jansen, 2005 ; Bazongo et al., 2014). Au Bénin, les parties aériennes sont séchées et pulvérisées en friction sur des scarifications intercostales pour soulager la douleur et administrées par voie interne contre la colique. En cas d’œdème, une décoction de feuilles est bue et peut-être aussi ajouté au bain. La partie végétale utilisée est bouillie en infusion ou trempée dans l’eau bouillie en infusion et bue pour traiter l’anémie, la diarrhée, la toux, les ulcères, les maux d’estomac et les hémorragies suite aux accouchements (Goudegnon et al., 2017). L’infusion des feuilles est utilisée comme bain aux nouvelles accouchées pour les remonter et aux nouveau-nés pour les protéger et fortifier chez les Tamberma de Nadoba dans la Kéran au Togo. L’écorce fraîche battue sert de couveuse aux enfants prématurés jusqu’à leur croissance normale. L’enfant est emballé dans l’écorce battue et on ne le sort que pour le bain et certains soins (Kpemissi, 2007).


Usages alimentaires : Le fruit est la partie préférée de l’arbre, et la plus souvent consommée (Goudegnon et al., 2017). Ils sont consommés frais ou séchés (Marquet et Jansen, 2005 ; Sereme et al., 2008; Haarmeyer et al., 2013). Les boissons fermentées ou non alcoolisées et les jus frais sont produits à partir de fruits (Haarmeyer et al., 2013). Au Burkina Faso, la pulpe de fruit est transformée en vin, ce qui accroît la valeur de l’espèce (Belem et al., 2008). La poudre de feuille préparée peut être utilisée dans les aliments et les produits nutraceutiques (Sansone et al., 2014). De l’amende des graines est extraite de l’huile comestible utilisée pour l’alimentation humaine et animale (Bazongo et al., 2014). L'utilisation traditionnelle de l'huile de L. microcarpa dans l'alimentation, la médecine et la cosmétique a été rapportée chez les habitants de Kénédougou au Burkina Faso (Tiétiambou et al., 2016). Mais l'usage courant était en médecine traditionnelle, même ce peuple a affirmé ne pas maîtriser la technique d'extraction de l'huile. Les rameaux et les feuilles servent à la consommation du bétail comme fourrage (Arbonnier, 2000, Goudegnon et al., 2017).


Autres usages de L. microcarpa : Le bois s'utilise en construction et en menuiserie (Arbonnier, 2000), comme cure-dent et bois de feu (Goudegnon et al., 2017). Il est utilisé pour fabriquer des manches de houes. L’écorce très fibreuse, sert à la fabrication de cordage. L’écorce de Lannea microcarpa est utilisée pour teindre les tissus de coton en rouge-brun. L'analyse photochimique de l'extrait d'écorce a révélé la présence d'anthocyanines qui pourraient être utilisées pour la production de colorant textile (Mabika et al., 2013). Au Mali, les pagnes teints à l’écorce de L. microcarpa sont portés par les femmes lors de l’excision, de l’accouchement, de la ménopause et enfin comme linceul. Chez les Akans et les Ashantis du Ghana, la teinture issue de l’écorce est utilisée traditionnellement pour les vêtements de deuil bien qu’elle puisse être remplacée actuellement par des colorants rouges synthétiques (Protabase, www.prota.org).

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Symbolisme :


Roland Portères, auteur d'un article intitulé "Le caractère magique originel des haies vives et de leurs constituants (Europe et Afrique occidentale)." (In : Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, vol. 12, n°4-5, Avril-mai 1965. pp. 133-152) rappelle le caractère magique du raisinier :


Lannea acida A. Rich.

C'est un arbre de grandeur moyenne très fréquemment employé dans les haies sous forme de gros piquets ou poteaux qui reprennent très facilement végétation.

Selon M. Constancia (Rev. Col. 1906, p. 68), l'écorce est connue au Soudan occidental comme possédant des propriétés merveilleuses pour lutter contre la stérilité des femmes.

Valemtim Fernandez est l'auteur d'une Description de la Côte Occidentale d'Afrique (1506-1507) dont une deuxième partie publiée à Bissau (Guinée Portugaise) traite de la Côte allant du Fleuve Sénégal au Cap de Monte, annotée par Th. Monod, A. Teixera da Motta et R. Mauny. Quelques plantes relatées n'ont pu être déterminées sur le moment, et, à la demande de R. Mauny (Notes africaines, 1958, n° 77, p. 25) nous avons tenté quelques déterminations (idem, 1958, n° 79, pp. 81-83) et rapporté à Lannea acida, le passage suivant qui intéresse l'ethnie Temne de Sierra Leone :

« A la naissance d'un enfant, ils coupent une branche d'un arbre appelé malep dont la vigueur est telle que, si l'on en coupe un rameau et le jette à terre, il commence à pousser à l'aide de son humidité et de celle de la terre. Ils mettent alors le rameau en terre, lui confient l'enfant auquel on donne alors un nom à ce moment-là. Le huitième jour on lui fait la circoncision et ils disent que l'enfant grandira comme le rameau. L'arbre devient alors le dieu de l'enfant pour toujours. Si l'un de ces arbres sèche et ne croît pas, on appelle les sorciers qui jettent les sorts, pour voir pourquoi l'arbre est mort. Ils inventent bien des raisons à ce sujet. Ils prétendent qu'un parent, père ou frère de l'enfant est mort. Ils mettent des boutures jusqu'à ce que l'une pousse. »

II est aussi fait état dans la Description par Valentin Fernandez d'une idole commune que l'on rencontre dans chaque « village de Serra-Lyoa » et appelée Cru (i= Kuru) . Ce Cru est un arbre très vieux qu'ils appellent manipeyro, « il est grand et branchu, et d'un bois très mou et épineux, les feuilles sont comme celles de l'olivier et le fruit ressemble à la prune blanche» (cf. p. 83, loc. cit. fr.). Les annotateurs précités ont pensé qu'il devait s'agir du Spondias Monbin L. ou Prunier des Antilles en comparant diverses appellations données par d'autres auteurs anciens (cf. p. 172, note 176, op. cit.). Toutefois, la « Description » de V. Fernandez, écrite en 1506-1507, se rapporte à l'an 1500 et il est douteux que cette plante antillaise fût à ce point représentée par « un arbre très vieux » et adoptée comme asile ou représentation d'un esprit dont la notoriété remonte certainement à des temps plus anciens. Aussi, avions-nous rapporté provisoirement ce manipeyro au Lannea acida bien que le fruit de cet arbre soit d'un rouge-vineux à noir, mais ne prenant cette teinte qu'à l'approche de la maturation (R. P. in Notes africaines, n° 79 (1958), p. 81-83). La question est loin encore d'avoir trouvé une solution, mais il s'agit bien cependant d'une Anacardiacée.

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