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  • Anne

Le Liquidambar




Étymologie :

  • LIQUIDAMBAR, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1602 (A. Colin, Hist. des Drogues, p. 519 [trad. d'un texte lat. adapté de l'esp.] ds Arv., p. 301). Empr., par l'intermédiaire du lat. sc., à l'esp. liquidambar (dep. 1542, Cabeza de Vaca ds Fried.) signifiant propr. « ambre* liquide* ».

  • STORAX, subst. masc.

Étymol. et Hist. I. 1. Déb. xiiie s. storace « sorte de résine odoriférante produite par le styrax officinal » encensne storace (Gautier de Coinci, Vie Ste Christine, éd. A. C. Ott, 482) ; xiiie s. storax calamit (Simples médecines, éd. P. Dorveaux, n°267) ; xiiie s. [ms.] storax (Bible, B.N. 901, f°42b ds Gdf. Compl.), dans la lexicol. à partir de 1542 (C. Gesner, Catalogue plantarum latine graece germanice et gallice, p. 123) ; 2. 1538 styrace « id. » pilules de styrace (J. Canappe, Le Guidon en françois, f°92 ds Sigurs, p. 409) ; 1604 styrax (Le Loyer, Spectres, VIII, 1 ds Hug.), dans la lexicol. avec renvoi à storax dès Cotgr. 1611. II. 1636 styrax « arbrisseau d'où l'on tire cette résine » (Monet). I empr., pour la forme storax, au b. lat. storax, issu du lat. d'époque impériale styrax « arbre qui distille une résine odorante; baume que l'on tire de cet arbre » (gr. σ τ υ ́ ρ α ξ « id. »), prob. par la prononc. ū, puis ọ de l'upsilon, phénomène dont l'orig. est sans doute Marseille étant données les formes venues de Provence ; la forme styrax par attraction de II ; II empr., par les botanistes, au lat. d'époque impériale styrax, supra.


Lire également la définition des noms Liquidambar et Storax afin d'amorcer la réflexion symbolique.

Selon Jean Paquereau, auteur de Au jardin des plantes de la Bible: botanique, symboles et usages (Forêt privée française, 2016) :


Le mot liquidambar vient du mot arabe « anbar » : ambre, et du mot latin « liquidus » : liquide. Cet arbre exsude en effet de son écorce une résine odorante : le storax.

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Botanique :






Usages traditionnels :


Julien Antih dans un article intitulé "Flore médicinale d’Amérique latine dans la médecine européenne : étude d’une sélection de plantes décrites entre le XVIème et le XVIIIème siècle." (Sciences pharmaceutiques, 2014. ffhal01733362f) rappelle comment les Européens ont découvert le liquidambar :


Nous pouvons cependant citer ici le « liquidambar » qui fut sans doute la résine qui obtint la plus grande diffusion auprès des européens. Originellement, le liquidambar était connu des Occidentaux comme étant le produit d’un arbre originaire d’Asie Mineure : le Liquidambar orientalis Mill. de la famille des hamamélidacées. L’utilisation de cette résine en Europe avait été démocratisée par la médecine arabo-persane à la fin du moyen-âge.

En 1498, Christophe Colomb mentionna pour la première fois l’existence d’un arbre produisant une ambre liquide dans les Caraïbes ; puis Cabeza de Vaca en 1542 affirma avoir vu des Liquidambars en Amérique du Nord ; mais c’est finalement Lopez de Gomara en 1552, lors d’une expédition au Mexique, qui fut le premier à affirmer clairement l’existence d’une nouvelle espèce de Liquidambar : le Copalme d’Amérique (Liquidambar styraciflua L.).

Dans son œuvre, il est également le seul à donner une description de cette autre hamamélidacée ainsi que son nom en langue nahuatl :

« L’Ocozotl est un grand et bel arbre, des feuilles comme le lierre ; dont la liqueur, que vous appelez liquidambar, soigne les blessures et mélangée avec des poudres de sa propre écorce, possède un parfum et une odeur douce. »

La découverte et l’identification du Copalme d’Amérique par les conquistadores provoqua l’importation de sa résine qui finit par remplacer totalement l’ambre liquide orientale sur les marchés européens.

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Symbolisme :


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Lin (Linum usitatissimum) a les caractéristiques suivantes :


Les Liquidambars sont de beaux arbres dont le feuillage se pare à l'automne de teintes chaudes, chatoyantes. Le tronc et les feuilles contiennent une huile résineuse odorante, voisine du benjoin. Le nom, qui signifie « ambre liquide », rappelle ce caractère. Il en existe plusieurs espèces dont les deux plus connues sont :

le Liquidambar d’Orient (Liquidambar orientalis), d'Asie Mineure, qui fournit le baume styrax liquide, et le Liquidambar à feuilles d'érable (Liquidambar styraciflua) de l'Amérique du Nord qui produit le baume copalme ou ambre liquide.

La variété américaine a été introduite au XVIIe siècle en Europe où elle s'est acclimatée


Genre : Masculin

Planète : Soleil

Élément : Feu

Pouvoirs : Purification ; Prospérité matérielle.


Utilisation magique : Toutes celles du benjoin dont le suc balsamique des Liquidambars constitue un excellent substitut. Pour la composition de certains parfums à brûler spécialisés, le baume styrax liquide est même préféré en benjoin amygdaloïde.

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Selon Nicolas Fiévé, auteur de "La topographie légendaire de l’ermitage de Katsura. Renaissance aristocratique et paysagère dans le Japon du XVIIe siècle." (In : Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 157e année, N. 4, 2013, pp. 1741-1771) :


En chinois ancien, feng 楓 est le liquidambar, l’arbre dont on tire la gomme du même nom, remarquable pour les formes tortueuses de son tronc lorsqu’il est vieux et par son feuillage écarlate à l’automne, dont l’éclat rougeoyant est à l’origine de la confusion avec le katsura. Or, selon d’anciennes conceptions chinoises, « le liquidambar devenu vieux se transforme en immortel » (laofeng hua wei yuren 老楓化為羽人) et le terme lingfeng 霊楓 désigne un vieux liquidambar qui a l’apparence d’un vieillard, des images de longévité associées elles-aussi au katsura et sur lesquelles on reviendra à la fin de cet article.

Jean Paquereau, auteur de Au jardin des plantes de la Bible: botanique, symboles et usages (Forêt privée française, 2016) explore le symbolisme biblique du Liquidambar :


Le Storax dans la Bible :

Son nom hébreu est « tsori » ou « tzori ».

Référence biblique : « Puis, ils s'assirent pour manger. Levant les yeux, ils virent une caravane d'Isamélites qui arrivaient du Galaad et dont les chameaux transportaient de la gomme adragante, de la résine et du ladanum pour les importer en Égypte. »

Genèse 37, 25 TOB

Dans le texte en référence, le mot « résine » traduit le terme hébreu « tsori ». Dans le texte qui suit, cette résine (toujours traduit de l'hébreu « tsori ») est évoquée sous le terme de « Baume de Galaad ».

« N'y a-t-il pas de baume en Galaad, pas de médecin là-bas ? Pourquoi ne voit-on pas poindre la convalescence de mon peuple ? »

Jérémie 8, 22 TOB

Dans la Bible, nous trouvons ce produit traduit soit par « résine », soit par « baume ». Rien de surprenant puisque cette substance est obtenue par incision de l'écorce d'un arbre (le storax). Cet arbre était très présent dans la région de Galaad (région montagneuse à l'est du Jourdain) et sa résine était utilisée comme baume. Cette région de la Palestine était réputée pour son baume tiré de cette plante qui a maintenant disparu.

Comme on le voit dans le texte de Jérémie, ce baume était utilisé en médecine. Il servait pour la guérison des plaies. Le terme hébreu « sori » signifie, lui, « suintement, faire craquer, d'où s'écouler » et peut aussi être attribué au liquidambar ; c'est une supposition donnée, entre autres, par Zohary.

Le terme hébreu « nataf » signifie « goutte, larme » et désignait une substance résineuse servant à la préparation de l'encens où plusieurs produits intervenaient. Toutefois, [...] il y a plusieurs hypothèses pour désigner ce baume de Galaad.


Légende et traditions :

Il existe souvent une confusion sur ce qu'est le « styrax » et le « storax ». Certains appliquent le nom de cette résine au Liquidambar orientalis d'autres au Styrax officinalis. Le baume de Galaad est aussi parfois attribué au « Balsamodendron opobalsamum » ou Commiphora gileadensis L.

[...]

Le Liquidambar est un fossile vivant. Le plus ancien spécimen a été retrouvé dans les couches Éocène du Groenland lorsque le climat y était subtropical. Il est âgé de 55 millions d'années.

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