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Le Hareng




Étymologie :


  • HARENG, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. xiie s. « poisson de mer vivant en bancs souvent immenses » (Glossaire de Tours, 33 ds T.-L.) ; 2. 1878 « gendarme » (Larchey, Dict. hist. arg.). De l'a.b.frq. *hâring, au sens 1, cf. le m. néerl. harinc « hareng », m.b. all. hârinc, a.h. all. harinc. Aringus est attesté en b. lat. (TLL s.v.; v. Hermes t. 8, 1874, pp. 224-227).


Lire également la définition du nom hareng afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Zoologie :


Dans Les Génies des mers, Quand les animaux marins défient les sciences (Éditions Flammarion, Paris, 2023) Bill François attire notre attention sur les merveilles révélées par l'ichtyologie :


En escadrille : Le banc est aussi un excellent moyen d'économiser de l'énergie. A la façon des cyclistes d'un peloton ou des avions d'une escadrille, les poissons profitent du sillage de leurs congénères pour se laisser porter. En nageant, tout poisson crée derrière lui un appel d'eau qui aspire ceux qui le suivent. Mais il laisse également, à chaque coup de queue, un petit tourbillon d'eau, appelé vortex, qui peut tourner sur lui-même pendant quelques minutes. Les individus qui le suivent utiliseront ces vortex pour s'aider à battre de la queue sans se fatiguer. Si vous placez un poisson mort dans le sillage d'un poisson vivant, son corps inanimé se mettra même à avancer spontanément, sous l'effet de ces vortex qui le font onduler.... c'est dire à quel point un poisson qui en suit un autre nage quasiment dans aucun effort !

En revanche, pour les individus qui sont en tête, l'effort est important. Comment les poissons s'organisent-ils pour se partager le travail ? Ee général, la réponse est.... qu'ils n'en font rien Ceux qui sont à l'avant y demeurent, ceux qui suivent restent derrière. Cette organisation est bénéfique à chacun, car un poisson en tête peine davantage, mais a aussi accès à la nourriture en premier, tandis qu'un poisson suiveur a certes plus de mal à se sustenter, mais il se fatigue d'autant moins. Dans les très grands bancs de harengs, qui regroupent plusieurs millions d'individus, les poissons situés au milieu ou à l'arrière ont même accès à moins d'oxygène, tant ceux de devant ont presque tout consommé. Il est donc juste qu'ils se reposent...

En regardant les bancs de poissons, on songe souvent aux volées d'étourneaux, poétiquement appelées murmurations, qui peuplent le ciel en automne. Il est vrai que ces nuages d'oiseaux ont une allure très semblable à celle de leurs homologues marins. Mais leur organisation est tout autre. Si les poissons restent chacun à sa place, les étourneaux, eux, se relaient en permanence pour voler en tête ou en queue de peloton. Ils se partagent donc l'effort. Ce sont deux visions presque « politiques » de la vie en groupe, radicalement opposées, mais qui toutes deux offrent de beaux spectacles dans la nature.

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Croyances populaires :


Adolphe de Chesnel, auteur d'un Dictionnaire des superstitions, erreurs, préjugés, et traditions populaires... (J.-P. Migne Éditeur, 1856) propose la notice suivante :


HARENG. Dans plusieurs contrées, et même dans quelques localités de la France, on a la coutume, lorsqu'on mange des harengs, de jeter la laite au plancher : si elle s'y attache, c'est qu'on aura un habit neuf à Pâques ; dans le cas contraire, on n'aura rien. C'est aussi, à ce qu'on croit, un excellent moyen pour savoir si on réussira dans une affaire.

 

Selon Paul Sébillot, auteur de Le Folklore des pêcheurs (1901) :


En Basse-Bretagne, si les vents soufflent de l’ouest pendant l'Evangile de la messe des Rameaux, la prochaine pêche des harengs sera mauvaise. [...]

On dit en Haute-Bretagne que [...] lorsque les maquereaux sont abondants à peu de distance du rivage, il y aura peu de harengs. [...]

Les pêcheurs du Sussex nomment roi des harengs un gros hareng couleur de sang qui conduit comme un pilote la foule de ces poissons. Si par hasard on le prend dans les filets, on le rejette à la mer, car on aurait mauvaise chance et la foule des harengs se perdrait faute de pilote. [...]

Dans les mers du Nord, et semble-t-il en Islande, on dit en proverbe : "Malheur à celui qui a pris le roi des harengs !" Les marins qui le prennent vivant ont soin de le rejeter à la mer ; mais, d’après un autre

dicton " Hareng - hors de l’eau, hareng - mort ! " aussi le coupable est chassé de la barque et pour la vie peut-être forcé de renoncer à la pêche du hareng. La barque, théâtre de son forfait, passe pour être certaine de faire

naufrage.

 

Si l'on en croit le site https://calendrier-agenda.fr/ :


"Le hareng vous donnera un aperçu de votre futur, dit une vieille tradition, si vous en mangez un, salé, avec les arêtes, en trois bouchées. Ensuite, vous devez aller vous coucher directement, sans adresser la parole à quiconque et surtout sans rien boire. Durant la nuit, vous rêverez de votre avenir.

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Symbolisme :


Selon le site Destination Côte d'Opale :


La fête du Hareng-Roi est organisée à Étaples-sur-mer chaque année au mois de novembre. Autrefois, une bonne saison de pêche au hareng pouvait sauver toute une année de revenus pour les marins. Ce symbole de richesse justifie donc les festivités qui perdurent de nos jours, bien que leur origine n’ait rien de religieuse.

 

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


En mangeant le soir un hareng conservé dans du sel depuis trois mois, sans dire un mot et rien boire avant son coucher, une jeune fille peut rêver de son futur mari. En Wallonie, la jeune fille avale entièrement un hareng cru et non nettoyé, tandis qu'en Angleterre, le hareng salé est mangé en trois bouchées, arêtes comprises. En Alsace, l'opération est réalisée de préférence le soir de la Saint-André.

Ce poisson peut servir à d'autres consultations. Si la laitance du hareng envoyée au plafond y reste attachée, cela promet un succès dans les affaires ou un nouvel habit à Pâques. Paul Sébillot raconte qu'à Paris, vers 1885, « des chiffonniers qui déjeunaient sur le pouce dans un cabaret de la rue Chopin n'oubliaient pas, quand leur poisson de mer favori était tout rais, de jeter en l'air certaine petite membrane, luisante comme de l'argent, qu'ils appelaient l'âme du hareng. Si le boyau restait collé au plafond, cela portait bonheur à l'homme ou à la femme qui l'avait lancé. »

Les pêcheurs qui prennent le premier hareng de la saison considèrent que la pêche sera bonne s'il s'agit d'une femelle, un mâle étant de mauvais augure pour les futures prises.

Selon une recette du XVIIe siècle, un hareng blanc ouvert, posé la tête en bas sur l'épine dorsale d'un malade, le guérissait de la fièvre, et un hareng salé réduit en pâte dans un mortier servait de cataplasme à appliquer sur une morsure. Contre les entorses et les foulures, il faut placer autour du poignet ou de la cheville un hareng coupé en deux, jusqu'à guérison complète (dans la Somme et la Mayenne). En Belgique, on croit qu'uriner sur ce poisson fait passer la jaunisse tandis qu'aux États-Unis, manger sa cervelle procure la beauté.

Un hareng accroché au plafond le vendredi saint chassera les mouches tout l'été.

Ces poissons seraient-ils animés d'une conscience politique ? C'est ce que laissait supposer, en 1774, la Gazette de France, rapportant que les Suédois dans leur ensemble se satisfaisaient du « despotisme éclairé » de Gustave III, roi qui avait correspondu avec les philosophes français ; les harengs eux-mêmes semblaient de la fête, ajoutait le journal, jamais ils n'avaient été si nombreux sur les bords de la Baltique ! En Normandie, es pêcheurs soutenaient qu'ils « avaient déserté leurs côtes après la chute de Napoléon ».

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Symbolisme alimentaire :


Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :


Le Hareng est formel : quand il dit "non", c'est non. Il ne traîne pas, il ne remet jamais au lendemain, et il n'y va pas par quatre chemins. Ses paroles sonnent radicales, inébranlablement décidées. Il n'y a pas à y revenir. On ne peut le faire changer d'avis. Ce qu'il a dit est irréversible?. Pas une goutte d'hésitation qui puisse s'infiltrer en lui. Dès qu'il a fermé la pote, rien ne passe plus. Ce qui est fait est fait, c'est fini pour de bon. Il ne jette plus un regard en arrière, ne reconsidère plus les choses. Une fois qu'il s'est prononcé, sa décision demeure irrévocable.

Le Hareng est impitoyable avec les apparences. Il ne tolère pas que l'on se joue de lui (ou de sa queue). Sans mot dire, sans explication, il coupe court à toute discussion quand il en ressent la nécessité. Il ne permet pas qu'on joue avec ses pieds ; il ne laisse pas les gens traînailler des heures durant dans son bureau quand il sent que dix minutes suffisent déjà pour écouter quelqu'un.

A suivre






Mythologie :


Selon Marie-Claire Bataille-Benguigui, auteure d'un article intitulé "Des techniques de pêche rituelle aux Îles Tonga (Polynésie occidentale)" (in Anthropozoologica, 1989, troisième numéro spécial)


Les textes traditionnels nous indiquent que le Roi Salomon parlait avec les mammifères, les oiseaux, les poissons et les reptiles par l'intermédiaire d'un anneau magique. Les pêcheurs des iles Tonga parlent eux aussi aux poissons, mais sans artifices, · parce qu'ils entretiennent avec certaines espèces ichtyologiques des relations socialisées qui se manifestent par un langage métaphorique et l'observation de rituels et d'interdits qui relèvent plus de la sphère du religieux que de celle de la magie. C'est ainsi que dans certains endroits précis de l'archipel, liés au mythe d'origine de l'espèce, les techniques de capture de celle-ci sont associées à des pratiques de l'imaginaire transmises par la tradition orale.

[...]

Cinq espèces ichtyologiques sont la source de mythes qui donnent lieu à des techniques de pêche rituelles et qui codifient les gestes techniques et les comportements avant, pendant et après la pêche. Il s'agit du requin en général au nord-est de l'île principale de Tongatapu, du requin-marteau en particulier dans les eaux de la lagune de cette même île, du rouget barbet devant la plage du village de Niutoua (Tongatapu), du hareng devant celle de l'île d'Atata, de la bonite à l'île d'Ha'ano dans l'archipel de Ha'apai et du poisson-lait dans le lac de l'île du Nomuka également située à Ha'apai. Les mythes d'origine de ces espèces (BATAILLE-BENGUIGUI, 1986) indiquent que les trois premières sont des cadeaux des dieux de Pulotu, espace surnaturel où résidaient les dieux et les âmes de certains morts dans la religion traditionnelle. Cette provenance confère à ces espèces une aura divine. Les deux autres viennent des îles Samo'a et cette origine étrangère les personnalise et les fait jouir du respect réservé aux personnes de rang élevé.

D'une manière générale, ces espèces, migratrices pour la plupart (sauf le poisson-lait puisqu'il vit dans les eaux saumâtres d'un lac) reviennent annuellement dans les lieux cités et sont reçues comme des hôtes de qualité auxquels on "sacrifie" du kava, la boisson rituelle faite à partir d'une racine de poivrier, de l'huile de coco ou des guirlandes de fleurs. Le matapule, porte-parole du chef du village et leader de la pêche, s'adresse aux poissons à voix haute avec les termes d'adresse réservés au Roi ou à ses proches afin de les honorer et de les séduire, il les engage à rester et à se laisser prendre facilement. L'année où l'espèce ne se présente pas .à la saison habituelle, il peut même pratiquer une confession publique en s'excusant auprès des poissons des fautes que la communauté villageoise a pu commettre pendant l'année, acte syncrétique qui fusionne paganisme et morale chrétienne.

[...]

La répartition des prises se fait selon l'ordre hiérarchique suivant : le chef du village, les représentants des églises, le matapule et enfin les familles des pêcheurs qui ont participé. Dans le cas du requin et du hareng, les parts s'appellent des inasi, nom donné jadis aux cérémonies bi-annuelles des prémices. Au cours de ces cérémonies, le Roi était considéré comme le représentant sur terre du dieu Hikuleo, il était le symbole d'agent fertilisant de la terre, de pourvoyeur de nourriture et la personnalisation du "mana" qui favorisait les récoltes (SIIKALA, 1982). Il recevait des monceaux de nourriture qui devenait sacrée et qui était ensuite redistribuée. Il reste des traces de cette cérémonie traditionnelle dans le "salon de l'agriculture" contemporain instauré par le Roi actuel en 1967 où celui-ci visite les villages des îles principales et reçoit les offrandes dues à son origine divine, alors que sont exposées les plus belles productions agricoles (BATAILLE, 1975).

Le poisson capturé au cours de ces pêches rituelles est totalement interdit de vente et ne doit être distribué dans un premier temps qu'à l'intérieur du village, alors que ces mêmes espèces, capturées dans d'autres eaux de l'archipel, peuvent l'être avec n'importe quelle technique et peuvent être commercialisées.

Toute transgression individuelle ou collective de ces interdits conduit à l'échec de la pêche : les poissons évitent les filets, s'enfuient et risquent de ne pas revenir les années suivantes. C'est ainsi que les harengs et les bonites ne reviennent plus à Atata depuis 1973 et à Ha'ano depuis 1970 car les premiers ont été vendus et les seconds ont été capturés avec des harpons et des couteaux pour en pêcher plus et les gens se sont eux-mêmes privés de cette nourriture miraculeuse qui s'offrait à eux une fois l'an.

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Littérature :


Le Hareng saur

À Guy.

Il était un grand mur blanc ? nu, nu, nu, Contre le mur une échelle ? haute, haute, haute, Et, par terre, un hareng saur ? sec, sec, sec.


Il vient, tenant dans ses mains ? sales, sales, sales, Un marteau lourd, un grand clou ? pointu, pointu, pointu, Un peloton de ficelle ? gros, gros, gros.


Alors il monte à l’échelle ? haute, haute, haute, Et plante le clou pointu ? toc, toc, toc, Tout en haut du grand mur nu ? nu, nu, nu.


Il laisse aller le marteau ? qui tombe, qui tombe, qui tombe, Attache au clou la ficelle ? longue, longue, longue, Et, au bout, le hareng saur ? sec, sec, sec.


Il redescend de l’échelle ? haute, haute, haute, L’emporte avec le marteau ? lourd, lourd, lourd, Et puis, il s’en va ailleurs ? loin, loin, loin.


Et, depuis, le hareng saur ? sec, sec, sec, Au bout de cette ficelle ? longue, longue, longue, Très lentement se balance ? toujours, toujours, toujours.


J’ai composé cette histoire ? simple, simple, simple, Pour mettre en fureur les gens ? graves, graves, graves, Et amuser les enfants ? petits, petits, petits.


Charles Cros, "le Hareng saur" in Le coffret de santal, 1873.

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X. Le hareng saur


Ta robe, ô hareng, c’est la palette des soleils couchants, la patine du vieux cuivre, le ton d’or bruni des cuirs de Cordoue, les teintes de santal et de safran des feuillages d’automne !

Ta tête, ô hareng, flamboie comme un casque d’or, et l’on dirait de tes yeux des clous noirs plantés dans des cercles de cuivre !

Toutes les nuances tristes et mornes, toutes les nuances rayonnantes et gaies amortissent et illuminent tour à tour ta robe d’écailles.

A côté des bitumes, des terres de Judée et de Cassel, des ombres brûlées et des verts de Scheele, des bruns Van Dyck et des bronzes florentins, des teintes de rouille et de feuille morte, resplendissent, de tout leur éclat, les ors verdis, les ambres jaunes, les orpins, les ocres de rhu, les chromes, les oranges de mars !

Ô miroitant et terne enfumé, quand je contemple ta cotte de mailles, je pense aux tableaux de Rembrandt, je revois ses têtes superbes, ses chairs ensoleillées, ses scintillements de bijoux sur le velours noir ; je revois ses jets de lumière dans la nuit, ses traînées de poudre d’or dans l’ombre, ses éclosions de soleils sous les noirs arceaux !


Joris Karl Huysmans, "Le Hareng saur " in Le Drageoir à épices (1874).

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Une petite saynète à déguster :


Hareng saur
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Arts visuels :


Dans le Bulletin annuel n°4 (1980-1981) du Musée des beaux-arts du Canada, Gert Schiff propose une analyse d'un des tableaux de James Ensor, analyse intitulée "James Ensor: Squelettes à l'atelier" dans laquelle il fait du symbolisme du hareng une clef de compréhension de l'œuvre du peintre :


[...] Il est évident que ces spectres se sont exténués dans une bataille féroce d'où la créature en rouge et sa compagne sont sortis victorieux. Ils sont couverts de sang, tout comme le couteau taché de sang près de la compagne qui porte de profondes blessures au front. De leurs yeux exorbités, les crânes vaincus lancent des regards imprégnés de méchanceté. La pomme de discorde était, bien sûr, les harengs.


Quiconque connaît bien le symbolisme intime d'Ensor en saisit d'emblée la signification. À partir de l'homophonie entre « hareng-saur » et « art Ensor », le peintre, badin, fait du hareng le symbole intime de son art. Dans une œuvre exécutée en 1892 et intitulée La Vierge consolatrice, un hareng se trouve sur le plancher parmi les pinceaux du peintre qui rend hommage à une apparition de la Vierge dont il vient de peindre l'icône. Dans Les cuisiniers dangereux (1896), satire de ses critiques, l'artiste peint entre autres Octave Maus, fondateur du groupe artistique.

« Les XX » dont le jury n'a cessé de refuser les œuvres du peintre. Le personnage porte une assiette dans laquelle la tête du hareng a été remplacée par celle d'Ensor. La peinture intitulée Squelettes se disputant un hareng-saur (1891) a un rapport direct avec Squelettes à l'atelier puisqu'on y voit deux squelettes, en fait deux critiques, se disputer l'art d'Ensor et le déchirer littéralement, chacun voulant être responsable de sa mort.

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