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  • Anne

La Sardine


Étymologie :

  • SARDINE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1380 sardine (Roques t. 2, 10826) ; 1952 (Queneau, loc. cit.) ; 2. 1817 « galons de caporal, brigadier, sous-officier » (Merle et Brazier, Préville et Taconnet, p. 19 ds Quem. DDL t. 19) ; 3. 1878 « doigts de la main » (Rigaud, loc. cit.). Empr. au lat. sardina « sardine », dér. de sarda « sardine, poisson abondant sur les côtes de Sardaigne ».


Lire également la définition du nom sardine afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


La sardine a son propre musée : Le Musée imaginaire de la Sardine.

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Traditions et coutumes :


Selon le site http://www.tossainfo.eu/fr/sardine-tossa.html, il y a une tradition étonnante à Tossa de Mar :


L'enterrement de la sardine

D'enterrer la sardine le Mercredi des Cendres est une tradition qui est répandue non seulement en Catalogne, mais dans l'ensemble du territoire espagnol. Le jour de Cendres le carnaval, qui est symbolisé par une sardine, sera enterré ou plutôt mis en feu. Le rite originel qui menait vers l'enterrement de la sardine d'aujourd'hui remonte encore dans le temps avant l'ère chrétienne et fait partiellement partie de la mythologie. Déjà à cet époque, cet événement ne marquait pas seulement la fin du carnaval et le début du carême mais symbolisait surtout le réveil du printemps et donc la renaissance de la vie. La fête originelle tournait, comme de nombreux autres rites, surtout autour du feu et, seulement plus tard avec l'apparition des chrétiens, on commençait à enterrer de la viande (et cela non seulement symboliquement). L'enterrement de la sardine, par contre, remonte seulement jusqu'au 19ème siècle et était fêté pour la première fois à Madrid bien que le "enterrement de la sardine" soit aussi un symbole pour la mort de Franco en 1977. L'enterrement de la sardine "de Franco" et aussi la peinture de Goya sont dans nos jours probablement plus connue que l'origine de la fête réelle. Au 19ème siècle les étudiants de Madrid s'unissaient devant la Farmacia de San Antón et portaient à la tête d'un défilé une sardine qui symbolisait l'abstinence prochaine et le début du carême. Avec cet événement les étudiants voulaient fêter une dernière fois le carnaval. Ce jour lointain, personne ne pensait que ce défilé se répandrait sur l'Espagne entière et devenait un jour une tradition.


Mais pourquoi enterrer une sardine ? A l'origine on a enterré de la viande qui représentait le péché et symbolisait les débauches dans le carnaval. Si on parle aujourd'hui de la sardine, il s'agit probablement seulement d'une fausse transmission du mot au cours des siècles, car la viande venait de cerdo, qui, dans de nombreux endroits, était appelé "cerdina" (prononcé serdina) et de cerdina devenait, finalement sardina. L'enterrement de la sardine est célébré partout en Espagne. Cette tradition est devenue, par exemple à Murcia, une fête tellement importante que de milliers de visiteurs y participent et l'enterrement est aujourd'hui un événement culturel dominant de la ville. A Tossa de Mar, cette tradition est fêtée dans un cercle plus étroit et l'événement attire avant tout les participants du carnaval et surtout les enfants de Tossa. Dans Tossa de Mar, une sardine surdimensionnée est transporté à travers les rues de Tossa. Ce dernier défilé du carnaval commence au Casa de Cultura ou les enfants, déguisés en squelette, attendent leur tâche, à porter la sardine. Ce dernier défilé mène la sardine jusqu'au Passeg de Mossèn Cinto Verdaguer où, finalement, elle sera, au cours d'une fête, publiquement brûlé. Pour terminer le carnaval les participants du défilé sont invités au chocolat chaud, le Xocolatada, pour que le carême puisse commencer en douceur.

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Littérature :


La Sardine


Une sardine de Royan Nageait dans l’eau de la Gironde. Le ciel est grand, la terre est ronde, J’irai me baigner à Royan, Avec la sardine, Avec la Gironde, Vive la marine ! Et salut au monde !


Robert Desnos, "La Sardine" in Chantefables et Chantefleurs, 1952.

" Combien sont-ils donc avançant en zigzaguant les marchands de sardine ? "


Ryokan (1758 - 1931)

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Sardines à l'huile

Sardines à l'huile fine sans têtes et sans arêtes

(Réclames des sardiniers, passim.)

Dans leur cercueil de fer-blanc plein d’huile au puant relent marinent décapités ces petits corps argentés pareils aux guillotinés

là-bas au champ des navets ! Elles ont vu les mers, les côtes grises de Thulé, sous les brumes argentées la Mer du Nord enchantée... Maintenant dans le fer-blanc et l’huile au puant relent de toxiques restaurants les servent à leurs clients ! Mais loin derrière la nue leur pauvre âmette ingénue dit sa muette chanson au Paradis-des-poissons, une mer fraîche et lunaire pâle comme un poitrinaire, la Mer de Sérénité aux longs reflets argentés où durant l’éternité, sans plus craindre jamais les cormorans et les filets, après leur mort nageront tous les bons petits poissons !... Sans voix, sans mains, sans genoux* sardines, priez pour nous !...


*Tout ce qu'il faut pour prier. (Note de l'Auteur)


Georges Fourest, "Sardines à l'huile" in La Négresse blonde, 1909.

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Dans son roman L"Inspecteur Ali et la C.I.A. (Éditions Denoël, 1997), Driss Chraïbi utilise la sardine comme marqueur culturel qui permettra à son héros d'endormir la méfiance du suspect :


"Une barcasse déchargeait à même le quai une cargaison de sardines bleu argent, toutes frétillantes encore, yeux rouges. Réunies en coupe, des mains les ramassaient, les litaient dans des cageots tapissés de goémon et de varech. Les plus grosses étaient le lot d'Omar, le gargotier en plein air : des planches posées sur des tréteaux, deux banc raboteux, braises incandescentes de charbon de bois dans le brasero. A l'aide de son canif tous usages, il vidait les sardines, leur coupait la tête, les saupoudrait de poivre blanc et de curcuma, en garnissait l'intérieur de feuilles de sauge.

- Je t'en grille combien ? demanda-t-il.

- Comme pour toi, répondit Ali.

Il était dans son élément, le foie gorgé d'émotions. [...]

L'inspecteur écrasa son mégot. Du pouce, il fendit le pain rond en deux dans le sens de l'épaisseur. Il en garnit l'intérieur d'une douzaine de sardines. Il dit "Bismillah !" et il se mit à manger, bouche ouverte. A la troisième ou quatrième bouchée, il leva les yeux sur Daishes. Daishes était comme posé sur son banc et il semblait rêver.

- Servez-vous, compagnon, lui dit l'inspecteur Ali. Faites comme chez vous.

- Non, merci. Je n'ai pas faim.

- Pas faim ? Qu'ouïs-je là ? C'est bon, le pain d'orge. L'orge est la nourriture des chevaux et regardez comme ils sont forts. Ils gagnent même des courses hippiques, ce que ne ferait jamais un enquêteur comme vous ou moi en dépit de notre intelligence. Vous voulez un peu de thé à la menthe ? Ça ne se refuse pas dans ce pays.

- Je veux bien.

Ali souleva la théière, remplit les verres de très haut afin d'aérer le breuvage. Aucune goutte de thé ne tomba sur la table. Puis il reprit son jeu de mâchoires avec la plus grande délectation. Cela dura une trentaine de secondes, peut-être bien. Ensuite de quoi, il vida d'un trait son verre pour faire descendre la nourriture. Il dit : "Merci, Seigneur des mondes !" Il se frotta le ventre du plat de la main.

- Les sardines sont énergétiques. Vous devriez essayer, ça ne se mange pas qu'en boîte, savez-vous ? Quand on les met en conserve, elles deviennent aussi spongieuses qu'une serpillière, la couleur en plus. Elles prennent le goût des émulsifiants, des conservateurs et autre gomme Xanthane, beurk de beurk ! Prenez des sardines fraîches, videz-les, nettoyez-les, mettez-les dans le haut d'un couscoussier pour qu'elles cuisent à la vapeur. Pendant ce temps, pilez dans un mortier en cuivre de l'ail rose, quelques grains de poivre gris, de la coriandre, du persil plat et deux ou trois cheveux de safran. Pas le safran en poudre, c'est nul. Mélangez cette pâte avec la chair des sardines, pétrissez. Formez des boulettes de a grosseur d'un œuf de pigeon. Roulez-les dans de la farine de blé dur. Il ne vous restera plus qu'à les mettre au four à température moyenne. Dix à quinze minutes, pas plus. C'est succulent, croustillant et juteux à la fois. C'est cette recette qui m'a donné comme qui dirait un sens divinatoire.

- Oui ? demanda David Daishes poliment. IL buvait son thé à l'aide d'une petite cuiller.

- Xactement, répondit Ali avec un large sourire."

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