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Le Bruant

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 17 mai 2023
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 mai




Étymologie :


  • BRUANT, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1370-71 bruyan (J. Le Fèvre, trad. La Vieille, éd. H. Cocheris, vers 753) ; 1553 bruant (P. Belon dans R. Philol. fr., t. 43, 1931, p. 182) ; 1564 bréant (J. Thierry, Dict. fr.-lat., Paris). Part. prés. substantivé de bruire* au sens de « faire du bruit ». L'hyp. d'une réfection de bréant d'apr. bruire* (Dauzat 1968) se heurte au fait que bréant est postérieur et prob. une forme dial. de bruant.


Lire également la définition du nom bruant afin d'amorcer la réflexion symbolique.

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Ornithologie :


Selon Baptiste Bataille, Thierri Walot et Alain Le Roi, auteurs de "Les oiseaux des plaines de cultures." (In : Collection AgriNature, 2008, vol. 3, pp. 74-81) :


"Le bruant proyer

Comment le reconnaître ? Le bruant proyer est un oiseau assez terne, gris brun avec de nombreuses stries brun foncé rappelant une alouette pour sa couleur. Il a par ailleurs l’allure d’un gros moineau. Cet oiseau n’a pas de caractères distinctifs particuliers, si ce n’est son bec particulièrement « costaud » pour un oiseau de cette taille.

On peut toutefois le repérer via son chant particulier qu’il répète très souvent. Il s’agit d’un « bruit » comparable à celui que ferait une petite bille en métal qui rebondirait de plus en plus vite sur une surface métallique. Il chante posté sur les perchoirs à sa disposition dans le paysage agricole (poteaux, plantes hautes, fi ls électriques, arbustes, tas de fumier).

En vol, le bruant proyer ressemble à une sorte de bourdon géant et peu gracile. En période de reproduction, le rythme de battement d’ailes est très rapide et il laisse généralement ses pattes ballantes sous le corps. Tout cela lui donne un aspect « lourdaud » peu apte au vol, alors que pendant le reste de l’année, il vole de manière aussi élégante que les autres bruants et passereaux en général.


La triade des bruants ! Le bruant proyer n’est pas le seul bruant à fréquenter les zones de culture : deux de ses cousins y sévissent aussi. L’hiver venu, le bruant des roseaux s’y retrouve fréquemment pour rechercher quelques graines à picorer. L’été, ce bruant est inféodé aux milieux humides, comme son nom l’indique.

Le bruant jaune, lui, se contente souvent d’un buisson isolé, perdu au milieu de nulle part pour y faire son nid et se joint volontiers aux deux autres bruants une fois l’hiver venu.


Les quatre saisons du proyer : La mauvaise saison venue, ces oiseaux, qui ne migrent pas, se regroupent à quelques kilomètres des lieux de reproduction, sur des sites d’hivernage riches en graines et à proximité immédiate d’une haie et de perchoirs plus élevés où il passe la nuit. Ces regroupements peuvent compter plusieurs dizaines, voire centaines d’individus. Les bruants proyers se mélangent alors à des oiseaux d’autres espèces comme les bruants jaunes.

Vers la fin du mois de mars, les mâles regagnent leurs sites de reproduction et commencent à chanter. Ils chanteront principalement pour la délimitation de leur territoire tout en attendant une femelle qui regagne un peu plus tard les lieux de nidification. La femelle séduite et le couple formé, ils s’accouplent et la femelle cherche un renfoncement dans le sol d’une prairie, d’un champ (généralement d’escourgeon - orge d’hiver) ou en bordure de champ. Elle y installe un nid de brins et de feuilles d’herbes, de racines et de poils. Elle y pondra quatre à cinq œufs qu’elle couvera seule durant douze à quatorze jours. Les œufs sont reconnaissables : de couleur rougeâtre avec d’assez grandes taches sombres et des traits foncés, fi ns comme des cheveux.

Les quatre premiers jours suivant l’éclosion, la femelle nourrit seule ses petits, puis le mâle commence à lui venir en aide. Les jeunes s’éparpillent hors du nid à l’âge de neuf à douze jours, alors qu’ils ne savent pas encore voler. Les parents continuent à apporter la nourriture aux petits cachés dans la végétation environnante. Certains couples nichent une seconde fois. La saison de nidifi cation dure souvent jusqu’au mois de juin. Ils quitteront leurs sites de reproduction à la mi-automne et se regrouperont dans des zones adéquates pour l’hivernage.

Comme la perdrix, le bruant proyer est un granivore qui devient insectivore au moment de la reproduction pour répondre à des besoins alimentaires que la végétation seule ne peut combler. Les jeunes consomment ainsi plus de 90 % d’insectes durant le premier mois de leur vie : scarabées, chenilles et dans une moindre mesure araignées, pucerons, fourmis et petites limaces. Après la reproduction, la proportion de végétaux passe à plus de 90 % dans leur menu (graines et plantes diverses). En hiver, ces oiseaux sont de grands consommateurs de graines de bonne taille (de celle d’un grain de blé à celle d’un grain de maïs). Cette ressource alimentaire est cruciale durant la mauvaise période de l’année et plus particulièrement en fi n d’hiver (février-mars).

Le manque de nourriture hivernale semble être la principale cause de la diminution du bruant proyer. Pour lui, il est vital de trouver de quoi passer l’hiver et surtout de commencer la saison de reproduction le ventre plein. C’est un chanteur hors normes et il dépense en effet énormément d’énergie sous cette forme pour la défense de son territoire.


P comme « proyer » mais aussi comme « polygame ». Le bruant proyer manifeste un penchant pour la polygamie lorsque la densité en femelles le permet. Le mâle s’accouple régulièrement avec deux ou trois femelles, exceptionnellement jusqu’à sept ! On comprend mieux dès lors pourquoi le mâle ne s’occupe pas directement de ses jeunes… il a trop de travail ailleurs.


Où le trouver ? Cet oiseau choisit de préférence les plateaux et les plaines. Il fréquente les zones agricoles, en particulier les pâtures et les champs de céréales ainsi que les reliefs herbeux, le plus fréquemment dans des zones dépourvues d’arbres de grande hauteur. Une particularité du bruant proyer est qu’il change d’habitat en fonction de la saison. En période de reproduction, il fuit tout arbre ou arbuste de plus de 5 m de haut environ mais continue à apprécier la présence d’arbustes isolés car il les utilisera comme postes de chant. Au contraire, en hiver, il affectionne tout particulièrement les haies non loin desquelles se trouvent des rangées de peupliers ou d’autres grands arbres. Le milieu dans lequel il évolue est un paysage constitué d’une proportion de prairies pâturées pas trop intensivement et de cultures variées. Bien qu’il choisisse plutôt l’escourgeon, il ne dédaigne pas les autres céréales et les bordures enherbées pour y faire son nid."

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Symbolique :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


"Bruant jaune : Les Anglo-saxons sont convaincus du caractère maléfique de ce petit passereau qui jadis fut persécuté et tué systématiquement. Ses œufs portent d'étranges marques qui auraient été faites par le diable dont il boit une goutte de sang chaque 1er mai au matin. Certains expliquent la sinistre réputation de l'oiseau par le fait que son chant, traduit en Écosse par « pille mon nid et que le diable t'emporte ! » ressemble à celui d'une voix humaine. on dit également que des serpents naissent dans son nid et que le « serviteur du diable », comme il est surnommé au pays de Galles les avertit de tout danger.

Aux Antilles, le bruant jaune n'est pas non plus de bon augure : s'il approche d'une maison, c'est signe de maladie ou d'ennuis.

Selon une croyance belge qui tient à la couleur de l'oiseau, il prend la jaunisse de celui qui le regarde fixement et en meurt alors que le malade guérit."

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Sophie-Anne Leterrier, autrice d'un article intitulé "Le Chant des oiseaux: un modèle et un défi pour les compositeurs." (in : L'Entre-deux n°3 = Les oiseaux, de l’animal au symbole, juin 2018) montre l'importance du chant du bruant pour les musiciens :


"Le XVIIIe siècle enseigne les oiseaux : sifflets, automates, boîtes à musique, instruments de musique mécaniques sont spécialement conçus pour imiter leur chant, notamment dans les Vosges et en Suisse (serinettes). À la fin du siècle, la symphonie pastorale constitue un genre nouveau, illustré notamment par Johann Stamitz (1717-1757), jusqu’à l’apothéose du genre avec Beethoven (Sixième Symphonie 1807-1808). Elle est une occasion privilégiée d’évoquer la nature et ses représentants ailés, encore une fois dans la droite ligne de la poésie (la pastorale). La Cinquième Symphonie elle-même s’ouvre par un motif oiseau (provenant directement du chant du bruant jaune, oiseau commun dans les parcs de Vienne, dont le compositeur a conservé le rythme, une cellule brève incisive, avec trois notes répétées suivies d’une chute) mais sans aucune valeur référentielle en l’occurrence (1). [...]

Les sonorités de la voix humaine (et même des instruments de musique) et de celle des oiseaux sont très différentes. Généralement, les oiseaux chantent à un diapason plus élevé que celui auquel nous parlons. La voix parlée humaine utilise des fréquences allant de 80 à 400 hertz alors que les bruants chantent entre 2200 et 7000 hertz, et les troglodytes entre 2500 et 10.000 hertz.


Notes : 1) Cf. Antoine OUELLETTE, Le Chant des oyseaulx, Comment la musique des oiseaux devient musique humaine, essai biomusicologique, Montréal (Québec), Triptyque, 2006, p. 189-190 : « Le compositeur lui-même n’a confié l’origine réelle du thème qu’à quelques amis et n’a jamais souhaité qu’on entende là un motif oiseau » et n’y a puisé que des traits abstraits."

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Selon Chat GPT (incapable de citer ses sources) :


"Le bruant jaune (Emberiza citrinella) est un oiseau appartenant à la famille des bruants. En tant qu'espèce, le bruant jaune possède une signification symbolique relativement limitée par rapport à certains autres animaux ou symboles plus connus. Cependant, certains éléments peuvent être associés au bruant jaune :


  1. Chant et musique : Le bruant jaune est connu pour son chant mélodieux et distinctif, qui est souvent associé à la nature et à la musique. Son chant est souvent décrit comme une trille joyeuse. Ainsi, le bruant jaune peut symboliser la beauté de la musique et de l'expression artistique.

  2. Énergie solaire : La couleur jaune vif du bruant jaune peut évoquer le soleil et l'énergie solaire. Le jaune est souvent associé à la vitalité, à la chaleur et à l'optimisme. Par conséquent, le bruant jaune peut être considéré comme un symbole de joie, de vitalité et de bonheur.

  3. Migration et liberté : Le bruant jaune est un oiseau migrateur qui se déplace sur de longues distances chaque année. Sa capacité à voyager sur de vastes territoires peut symboliser la liberté, l'exploration et l'aventure. Il peut être considéré comme un rappel de l'importance de suivre ses aspirations, d'explorer de nouveaux horizons et de ne pas craindre le changement."

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