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  • Anne

La Sittelle




Étymologie :

  • SITTELLE, SITTÈLE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1778 (Buffon, Oiseaux, t. 5, p. 460). Dér. du lat. zool. sitta « oiseau » 1770 (Linné Syst. nat. t. 1, p. 177), gr. σ ι ́ τ τ η « sorte de pie ou de pivert »; suff. -elle*.


Lire également la définition du nom sittelle afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Croyances populaires :


Georges-Louis Leclerc de Buffon, rapporte dans son Histoire Naturelle, (vol. 5, Paris, 1778) les éléments suivants :


[...] Aristote dit qu'elle a l'habitude de casser les œufs de l'aigle, et il est possible en effet qu'à force de grimper elle se soit élevée quelquefois jusqu'à l'aire de ce roi des oiseaux ; il est possible qu'elle ait percé et mangé ses œufs, qui sont moins durs que les noisettes ; mais on ajoute trop légèrement que c'est une des causes de la guerre que font les aigles aux sittelles comme si un oiseau de proie avait besoin d'un motif de vengeance pour être l'ennemi des oiseaux plus faibles et les dévorer.

[...] « Les paysans ont observé, dit Belon, que le mâle bat sa femelle quand il la trouve qu'elle s'est départie de lui, dont ils ont fait un proverbe pour un qui se conduit sagement en ménage, qu'il ressemble au torche-pot » mais quoi qu'il en soit de la sagesse des maris, je ne crois point que, dans ce cas particulier, celui-ci ait la moindre intention de battre sa femme; je croirais bien plutôt que cette femelle, qui se fait désirer si long-temps avant la ponte, est la première à se retirer après l'éducation de la famille, et que lorsque le mâle la rencontre après une absence un peu longue, il l'accueille par des caresses d'autant plus vives, même un peu brusques, et que des gens qui n'y regardent pas de si près, auront prises pour de mauvais traitements ».

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Symbolisme :


Selon Ted Andrews, auteur de Le Langage secret des animaux, Pouvoirs magiques et spirituels des créatures des plus petites aux plus grandes (Édition originale, 1993 ; traduction française, Éditions Dervy, 2017), la Sittelle a les caractéristiques suivantes :


Points clés : Fondements de la foi et de la plus haute sagesse.

Cycle de puissance : Toute l'année.


Ce petit oiseau fait partie de la grande masse de ceux qui pourraient paraître insignifiants, mais qui, dès lors qu'on les étudie, présentent des caractéristiques absolument uniques. Il exprime la nécessité de garder les pieds sur terre et d'appliquer les énergies spirituelles que vous invoquez dans votre vie quotidienne.

Cela se traduit notamment par le fait qu'il plonge d'un arbre la tête la première. Ce trait reflète le besoin de faire descendre la sagesse de l'arbre de vie et de l'appliquer dans le monde de la Nature. Dans le monde spirituel, tous les problèmes ne se dissolvent pas dans une lumière aveuglante. Le vrai chemin vers l'accomplissement consiste à apprendre à manifester le spirituel dans le physique. C'est ce que nous enseigne la sittelle.

Un certain nombre de médiums et de guérisseurs que j'ai rencontrés pourraient utiliser la sittelle comme totem. Ils se perdent tellement dans les mondes spirituels et "éthériques" qu'ils éprouvent des difficultés dans le monde réel. Ils sont déphasés et souvent en mauvaise santé. Ils ignorent le physique pour se concentrer sur le spirituel. Ce qu'ils oublient, c'est que nous sommes bien - fondamentalement - physiques, et que nous devons accorder au physique autant de soin te d'attention qu'au spirituel.

En apprenant à nous affranchir de nos idées préconçues sur les univers physiques et spirituels, nous commençons à entrevoir le monde sous une perspective différente. Pour tous ceux qui ont la sittelle comme totem, il sera bénéfique de méditer sur le Pendu, l'arcane XII du Tarot. Le personnage est représenté tête en bas. La sittelle vous apprend à avoir foi en vos aptitudes et à faire confiance à la connaissance que vous avez acquise sur l'application des rythmes et des vibrations spirituelles dans le monde physique.

Cela est amplifié par le fait que la sittelle est la compagne de voyage du pic. Alors que de nouveaux rythmes retentissent (le pic), la sittelle œuvre à les faire descendre des mondes éthériques et à les ancrer dans le monde physique. Celui qui a la sittelle comme totem devrait aussi étudier le pic et vice-versa.

Le poitrail de la sittelle est blanc. Le blanc au cœur est le blanc de la foi et de la vérité. La sittelle peut vous montrer où se trouve la vérité et comment agir sur elle efficacement et en confiance - avec foi? La sittelle nous apprend à ne pas avoir une foi aveugle. Elle nous explique que la vérité révélée par quelqu'un n'est pas nécessairement la vérité. Elle nous enseigne aussi que celui qui pointe le doigt vers le soleil n'est pas le soleil lui-même. La sittelle nous apprend à utiliser une force et une action justes en ayant foi en nous-mêmes.

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Dans un article de Pierre Vespérini centré sur la figure de Thalès et intitulé "De Thalès à Anaxagore: les Ioniens à l’école des dieux" (patu dans Kernos. Revue internationale et pluridisciplinaire de religion grecque antique, 2017, n°30, pP. 37-65), on apprend au détour d'une phrase que la sittelle était considérée comme un oiseau qui présageait quelque chose de positif :


Un papyrus retrouvé au siècle dernier nous a conservé le passage du poème de Callimaque où le fils de Bathyclès porte la coupe à Thalès. Où le trouve-t-il ? Dans le temple d’Apollon à Didymes. Et qu’est-il en train de faire ? Il trace des figures géométriques sur le sable :


L’homme-d’avant-la-lune (1) le découvrit grâce à la sittelle de bon augure : le vieil homme était dans "le sanctuaire" du Didyméen. Il raclait la terre avec un bâton et dessinait la forme que trouva le Phrygien Euphorbe (2), celui qui, le premier parmi les hommes, dessina des triangles, scalènes ou non, construisit un cercle et enseigna à s’abstenir des êtres qui respirent.


Notes :

1) : Sur cette façon de désigner les Arcadiens, cf. BORGEAUD (1979), p. 19.

2) : C’est-à-dire Pythagore. Euphorbe, héros troyen, était l’une des incarnations antérieures que lui attribuait la tradition. Cf. MACRIS (2018), p. 813–814.

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Contes et légendes :


Poiline


Péniblement, Poiline traversait l’allée asphaltée qui menait au jardin de madame Lafleur. Ouf! Quelle chaleur! Elle se demandait bien pourquoi le Créateur avait commis l’erreur de recouvrir de fourrure, au beau milieu de l’été, d’innocentes petites chenilles comme elle. Cependant, curieuse et têtue, elle refusait obstinément d’aller se réfugier à l’intérieur d’un cocon comme l’avaient fait ses cousines afin de se transformer en magnifiques papillons et pouvoir s’envoler vers des pays plus chauds. Non! Elle ne voulait rien manquer de ce qui se passait dans la nature. L’automne venu, elle s’entêta à rester dehors.

— Je ne veux pas m’endormir pour l’hiver! Moi, je veux voir la nuit de Noël. Il paraît que dans la forêt, tout devient féerique. Bizebize, l’abeille, et Roucoucou, la sittelle, me l’ont raconté. Selon elles, les sapins s’habillent de pompons blancs et les branches des arbres se parent de cristaux scintillants comme des diamants. Si on écoute bien avec son cœur, on peut entendre les anges chanter des cantiques de Noël, accompagnés par le vent qui joue des airs de violoncelle. Elles racontent même que, cette nuit-là, une étoile plus brillante que les autres illumine le paysage. Pas question de manquer ça ! Après tout, avec mon manteau de fourrure jaune et blanc, je suis assez chaudement vêtue pour résister au froid, c’est certain !

Hélas ! Poiline ignorait que l’hiver s’amuse à mordre cruellement les chenilles imprudentes. Une fois la saison froide venue, elle se mit à frissonner sans arrêt et à grelotter de tous ses poils. Comme elle regrettait sa témérité ! Ah ! elle aurait dû écouter ses cousines et s’installer bien au chaud dans un cocon. Au lieu de cela, elle souffrait, abandonnée à elle-même sous la branche d’un arbre et sauvagement attaquée par le froid. Tout ça pour voir Noël qui tardait à venir ! Elle n’en pouvait plus.

Un bon matin particulièrement glacial, elle sentit qu’elle allait bientôt mourir. Agrippée de toutes ses dernières forces à l’écorce d’un grand érable, elle pleurait à fendre l’âme.

— Au secours, quelqu’un ! Au secours !

Mais une chenille n’a pas de voix, et personne ne l’entendit. Alors la pauvre Poiline perdit conscience. Les poils de sa fourrure se raidirent comme des aiguilles et son corps devint rigide comme un glaçon.

Ce jour-là, la sittelle Roucoucou, passant dans les parages, se mit à picorer l’écorce d’un arbre avec son bec, à la recherche de graines et d’insectes gelés. Son regard fut soudain attiré par une étrange tache jaune et brune qui pendouillait sur le bout d’une branche.

— Tiens ! on dirait un bonbon. Miam ! Miam ! Mais… mais, ma foi du ciel, c’est Poiline ! Oh! mon Dieu ! Que lui est-il arrivé ? Dire que j’ai failli la manger… Vite ! Il faut faire quelque chose ! Peut-être est-elle encore vivante ? Ianc ! Ianc !

Les cris de Roucoucou retentirent dans toute la forêt. En entendant cet appel de détresse, la chorale entière des sittelles à poitrine blanche en train de répéter ses chants de Noël, ce matin-là, s’élança dans les airs. À peine quelques minutes plus tard, une trentaine de sittelles se retrouvèrent perchées sur les bras du vieil érable, tout ému de recevoir autant de visiteurs à la fois. On tint alors un grand conseil.

— Si on transportait la chenille sous la charpente du pont de bois enjambant le ruisseau? proposa une sittelle au capuchon couleur d’acier.

— Elle se trouverait à l’abri des rôdeurs, renchérit un beau mâle à cou noir.

— Bonne idée ! approuva Roucoucou. Allons voir sur place pour nous assurer qu’aucun écureuil ou raton laveur ne puisse atteindre notre pauvre amie Poiline.

Voilà qu’une volée de sittelles se mit à tourbillonner autour du petit pont, en piaillant à qui mieux mieux.

— Chut! taisez-vous ! fit soudain un autre oiseau, j’entends du bruit sous le pont. On dirait un étrange grésillement…

En peu de temps, les oiseaux découvrirent un nid d’abeilles à l’intérieur d’un cocon suspendu sous le pont. Et ça bougeait là-dedans !

— Eh ! les abeilles, vous ne dormez pas ?

Bizebize, la reine de la ruche, se montra sur le pas de la porte. Elle sautillait, tournoyait, ne tenait pas en place. Jamais Roucoucou ne l’avait vue aussi enjouée.

— Ianc ! Ianc ! Que se passe-t-il donc chez vous, les mouches à miel ?

— C’est Noël demain, mon amie ! Ne savais-tu pas que le 24 décembre, les abeilles se réveillent toujours ? Ce jour-là, le bon Dieu donne la permission spéciale aux animaux qui hibernent de sortir de leur sommeil afin de célébrer avec les anges. La marmotte dans son tunnel, l’écureuil dans son tronc d’arbre, l’ours dans sa tanière, tous se lèvent miraculeusement pour fêter, à minuit, la naissance du petit Jésus.

— Ah! bon…

— Nous, les abeilles, sommes en train de préparer notre nectar spécial, selon la recette de nos ancêtres. Tu comprends bien que madame l’Ourse a hâte d’y goûter ! Serais-tu venue pour m’apporter tes bons vœux du temps des Fêtes, ma chère Roucoucou ?

— Ianc ! Ianc ! Je… hum… c’est-à-dire… Pour être franche, non ! En fait, nous cherchons un endroit pour cacher la pauvre chenille Poiline. Nous la voulons en sécurité et à l’abri des prédateurs et des tempêtes pour le reste de l’hiver. Imagine-toi que je viens de la trouver gelée et inanimée sous une branche de l’érable. Que vais-je en faire ? Aurais-tu une idée ?

— Bien sûr ! Emmène-la ici, dans notre nid. On trouvera bien un coin où l’installer. Après tout, les abeilles et les chenilles ont toujours fait bon ménage. Et puis, on ne va pas abandonner notre amie la veille de Noël, tout de même !

On se mit immédiatement à l’œuvre. Roucoucou s’empara délicatement de la pauvre chenille toute raide et toujours inanimée, et on la transporta jusqu’au pont. Avec mille précautions, les abeilles tentèrent de l’introduire à travers le minuscule orifice de leur nid. On se bousculait, chahutait, culbutait, tirait, poussait. Finalement, on réussit à la faire basculer à l’intérieur.

— Ianc ! Ianc ! Bravo ! lancèrent les sittelles en chœur. Merci et joyeux Noël à vous, les amies !

— Zzzzzzz ! saluèrent les abeilles dans un gigantesque bourdonnement.

Ravis d’avoir sauvé Poiline, les oiseaux repartirent à grands coups d’ailes vers leur sapin afin d’achever les derniers préparatifs de Noël. Poiline, quant à elle, bien au chaud dans le nid d’abeilles, se mit à dégeler. Son poil sécha et redevint soyeux en quelques minutes.

— Où suis-je ? Que m’arrive-t-il ? Et quel est cet étrange bourdonnement autour de moi ?

— Salut ! C’est moi, ton amie Bizebize. Sois la bienvenue chez nous ! Mes sœurs et moi, nous t’offrons l’hospitalité pour tout l’hiver. C’est notre cadeau de Noël.

Noël ! Le mot magique acheva de ramener Poiline à tous ses esprits. On lui fit boire un grand bol du fameux nectar au miel de Noël et elle commença rapidement à prendre du mieux. Elle se sentit au centre de la fête et, même sans voix, elle mêla sa joie aux cris joyeux et aux chants de Noël qui remplirent la ruche durant toute la nuit. Par l’orifice du cocon, Poiline put apercevoir l’étoile mystérieuse au milieu du firmament et le merveilleux manteau de neige recouvrant la forêt. Une fois la fête terminée, les abeilles et leur amie la chenille, épuisées de plaisir et ivres de nectar, replongèrent dans un sommeil profond jusqu’au printemps, serrées bien au chaud les unes contre les autres. Cette année-là, quand avril se pointa à l’orée du bois, un miracle se produisit secrètement sous les poutres du vieux pont : un magnifique papillon jaune et brun sortit de la ruche. Il se mit à batifoler çà et là, sautillant de fleur en fleur, battant l’air de ses grandes ailes et tournoyant en dessinant des arabesques folles.

Un jour, il rencontra une sittelle bavarde qui vint lui piquer une jasette.

— Bonjour, papillon ! Comme tu es joli ! Je m’appelle Roucoucou. Et toi?

— Moi, je suis Poiline. Ne me reconnais-tu pas, ma chère Roucoucou ? Je te cherchais partout pour te remercier. Regarde ce que je suis devenue. Je te dois la vie, tu sais !

Pour la première fois de l’histoire, on vit une sittelle et un papillon se donner des baisers dans l’air vif et bleu. Décidément, l’été qui venait serait heureux.

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Littérature :


La Sittelle


On entend des « Coin-Coin » dans la rugueuse plaine ; 

Les sittelles sont là, chantant leur turlutaine.

Voyez-les, toutes deux, qui montent pas à pas

Puis, faisant demi-tour, descendent tête en bas !

Elles vont, canardant, sans se presser, sans gêne ;

Piquant, à chaque arrêt, de leur bec en alène,

De minuscules œufs qu'on ne voit même pas

Au tronc moussu de l'arbre ou sur les rameaux bas.


En détruisant ainsi l'insecte avant naissance,

Elles brûlent l'ivraie alors qu'elle est semence ; 

Enrayent le fléau, devant qu'il ne soit grand.

Le dos de ces oiseaux est gris bleu de pénombre ;

Les dessous blancs, lavés de brun ; la tête est sombre.

Ils demeurent chez nous les douze mois durant. 

Gédéon Boucher, "La Sittelle" in Gazouillis, Les Éditions du Richelieu, 1940, p. 53. 

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Spectacle vivant :


Chorégraphie de Violaine Garros intitulée "Sittelle, Chorégraphie végétale et musique live, Pour 4 aériennes et une musicienne"