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La Réglisse

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 25 juin 2020
  • 31 min de lecture



Étymologie :


Étymol. et Hist. Ca 1180 licorece (Vie St Gilles, 854 ds T.-L.) ; ca 1200 ricolice (Aye d'Avignon, 72, ibid.) ; fin xiie s. ricolisse (Moniage Guillaume, II, éd. W. Cloetta, 3397) ; 1260 regulisse (Étienne Boileau, Métiers, 32 ds T.-L.) ; ca 1393 reglisse (Ménagier, éd. G. E. Brereton et J. M. Ferrier, p. 263, l. 29) ; 1835 condamnation de l'empl. masc. (Omnibus lang., Platt, Dict. lang. vicieux, p. 358 ; Pomier, Loc. vicieuses Haute-Loire, p. 189) ; 1850 réglisse d'Amérique (Dorvault, L'Officine, p. 486 ds Quem. DDL t. 21). Empr. au lat. de basse époque liquiritia, altér., sous l'infl. de liquor (v. liqueur), de glycyrrhiza empr. du gr. γ λ υ κ υ ́ ρ ρ ι ζ α « racine douce, réglisse ». L'a. fr. ricolece, altér. de licorece par métathèse, étant devenu reglisse sans doute sous l'infl. de règle* à cause de la commercialisation de la réglisse en longs bâtons. FEW t. 4, p. 174b et 175a.


Lire également la définition du nom réglisse afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Glycyrrhiza glabra L. - Bois doux - Bois sucré - Racine bonne - Racine douce - Régalisse -

Selon Delphine Cael auteure d'une Contribution à l'étude de la réglisse (Glycyrrhiza glabra L.) : ses utilisations thérapeutiques et alimentaires (2009 ; Thèse de doctorat, UHP-Université Henri Poincaré) :


"L’étymologie de son nom botanique nous renseigne sur ses propriétés. En grec, glykyrrhidza ou glycyrrhiza se décompose en glycys- et –rhidza qui signifient respectivement « doux, sucré » et « racine ». Le nom du genre, glabra, dérive du latin glaber qui signifie «glabre» et se rapporte à la gousse imberbe. La lettre L. est un hommage à Linné, nom du botaniste suédois ayant décrit cette espèce. Elle a été nommée ainsi en raison de la saveur sucrée de son bois (COUPLAN, 2000 - FERRARI, 1984 - GARNIER, 1961).

Le mot réglisse est apparu à la suite d’évolution linguistique. A l’origine du mot réglisse, on trouve les noms latins Radix dulcis et liquiritia qui est lui-même une adaptation populaire du nom grec liquor."

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Botanique :


Marjorie Cheze, Marc Deveaux et Gilbert Pépin, auteurs de "Identification et dosage de toxiques végétaux par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse tandem (LC-MS/MS). Revue de la littérature et expérience du laboratoire Toxlab" (In : Annales de Toxicologie Analytique, vol. XVII, n° 1, 2005 : pp. 43-55) montrent la toxicité de la réglisse consommée à forte dose ou de manière récurrente :


"Un exemple de plante toxique à haute dose : la Réglisse


La réglisse commune, Glycyrrhiza glabra (Fabaceae), apour principaux constituants actifs des saponosides, et majoritairement, la glycyrrhizine et son dérivé déglucuronoconjugué, l'acide glycyrrhétique (24). Les différentes variétés de réglisse proviennent de plantes sauvages (Espagne) et de cultures qui sont souvent semi-sauvages en Irak, Syrie et Afghanistan. La France importe des racines de Turquie, d'Iran, de Chine ou du Pakistan et des extraits de Chine et des Etats-Unis. Ce sont les racines et les stolons de la plante qui sont utilisés.


Utilisation : La réglisse est utilisée pour son pouvoir sucrant (50fois supérieur à celui du saccharose) autant que pour ses propriétés médicinales. Elle aurait des vertus antiinflammatoires, antispasmodiques, antiulcéreuses, anti-fongiques et hépatoprotectrices (24-26). En pratique, elle sert par voie orale, au traitement symptomatique des gastralgies, comme aromatisant dans les mélangespour infusion et dans les tisanes à visée laxative, bonbons, chewing-gums, sodas, pastis sans alcool. Il existe également des rouleaux de réglisse et des bâtons àsucer (stolons).


Toxicité : Sa toxicité semblé être surtout chronique (usage régulier pendant plus de six semaines). Son usage est contre-indiqué en cas d'hypertension car sa consommation abusive entraîne des risques d'hypertension irréversible et des troubles cardiaques accompagnés des symptômes d'intoxication minéralocorticoïde : céphalées, rétention d'eau et de sodium, hypokaliémie et parfois même arrêt cardiaque. Ce phénomène a pour origine l'inhibition de l'enzyme responsable de la dégradation du Cortisol par l'acide glycyrrhétique. La consommation de 2 à 4 rouleaux de réglisse par jour, pendant 4 à 6 semaines, peut être toxique et l' AFSSAPS recommande de ne pas dépasser la dose de 3 mg/kg/jour de glycyrrhizine. Les cas d'intoxications chroniques sont le plus souvent observés lors de consommation excessive de bonbons rafraîchissants pour l'haleine, après arrêt du tabac entre autres, et plus particulièrement lors de consommation d'apéritifsanisés sans alcool. Plusieurs décès ont été rapportés.


Propriétés physico-chimiques : Outre de l'amidon et des sucres, la racine de réglisse renferme des saponosides, essentiellement de la glycyrrhizine (C40H62OI6, PM : 798), représentant 3 à 5 % de la drogue sèche. Cette molécule libère par hydrolyse, deux molécules d'acide D-glucuronique et une molécule d'acide glycyrrhétique (C30H46O4, PM : 470) représentée figure 1. Celui-ci est extrait en milieu acide par le dichlorométhane et détectable par LCMS/MS en mode positif ou négatif.

[...]

Cas n°l : données obtenues chez un consommateur de réglisse : Les quelques cas d'intoxication publiés à ce jour et mettant en cause l'acide glycyrrhétique (réglisse, pastis sans alcool...) ne font part d'aucune concentration dans les milieux biologiques. Afin d'évaluer notre technique nous avons réalisé l'expérience chez un consommateur occasionnel de 35 ans ayant ingéré 5 rouleaux de réglisse d'environ 9,5 grammes répartis sur 8 heures. Des prélèvements sanguins (sur tube sec) et urinaires ont été réalisés 15 heures après la dernière ingestion. L'analyse toxicologique par la méthode décrite ci-dessus a montré la présence d'acide glycyrrhétique aprèshydrolyse : sang périphérique = 13,7 ng/mL et urine=75 ng/mL


Cas n°2 : intoxication mortelle : Un homme de 56 ans était retrouvé mort dans ses toilettes, le corps penché en avant. Un bâton de réglisse était découvert au sol. L'autopsie du corps en bon état de conservation, concluait à une mort cardiaque dans un contexte d'insuffisance cardiaque et de coronarite évoluée, pour laquelle une participation toxique n'était pas exclue. L'analyse toxicologique a montré la présence d'acide glycyrrhétique après hydrolyse dans l'ensemble des prélèvements d'autopsie : sang cardiaque = 7,6 ng/mL (fig. 2) ; humeur vitrée = 5,1 ng/mL ; urine = 18,2 ng/mL et contenu gastrique = 83,3 ng/mL. Aucune autre substance médicamenteuse ou stupéfiante n'était retrouvée. Il n'y avait pas d'al¬ cool dans le sang.

Ces concentrations apparaissent modérées comparées à celles retrouvées dans le cas n°l, cependant la chronicité de la consommation de bâtons de réglisse journalière, établie par l'enquête, permet de. suspecter fortement une contribution toxique de la réglisse dans le processus de décès cardiaque. Ce cas est à notre connaissance le premier cas de décès lié à une intoxication chronique, pour lequel les concentrations dans les prélèvements d'autopsie ont été obtenues."

Drs Mathieu Pasquier et Fabrice Dami, Pr Bertrand Yersinnous mettent en garde contre les effets nocifs de certains fruits et légumes dans un article intitulé "Fruits et légumes : peuvent-ils être dangereux ?" (paru dans la Revue Médicale Suisse, 2013 ; 9 : 1483-7) :


"Glycyrrhizine : Le goût suave de la réglisse


La réglisse – Glycyrrhiza glabra du grec glykos (doux) et rhiza (racine) – est une plante consommée de nos jours sous forme de pâte à friandise, de sirop, ou de bâton de réglisse, comme agent sucrant ou odorant, ou en phytothérapie. Son principal principe actif est la glycyrrhizine, qui inhibe la 11b-hydroxystéroïde déshydrogénase de type 2 (11b-HSD2), laquelle convertit normalement au niveau rénal le cortisol en cortisone, localement inactive. Le cortisol induit alors un pseudo-hyperaldostéronisme en activant des récepteurs minéralocorticoïdes au niveau rénal.

Consommée en excès, la réglisse peut donc induire une rétention hydrosodée, une hypertension, une hypokaliémie, une alcalose métabolique, le tout dans un contexte d’activités plasmatiques de la rénine basse, et d’un hypoaldostéronisme. En cas d’hypokaliémie, une paralysie peut être retrouvée. La présence d’une thrombocytopénie a également été décrite. De nombreux cas d’intoxication sont publiés dans la littérature médicale et la présence d’une hypertension inexpliquée, d’œdèmes périphériques et d’une hypokaliémie doit faire rechercher une consommation excessive de réglisse, que ce soit sous forme alimentaire ou en automédication.

Le traitement est symptomatique, essentiellement basé sur la correction d’une éventuelle hypokaliémie et la prise en charge de l’hypertension. L’inhibition de la 11b-HSD2 étant réversible, l’effet minéralocorticoïde cesse en principe quelques jours après l’arrêt de la consommation de réglisse et une évolution favorable est la règle."

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Vertus médicinales :


Delphine Cael auteure d'une Contribution à l'étude de la réglisse (Glycyrrhiza glabra L.) : ses utilisations thérapeutiques et alimentaires (2009 ; Thèse de doctorat, UHP-Université Henri Poincaré) retrace l'histoire de l'utilisation médicinale de la réglisse :


"Les plantes de la famille des Faboïdées, comme la réglisse, ont été les premières à être cultivées. Les plus anciennes traces de ces cultures remonteraient à plus de 10 000 ans avant Jésus-Christ (BRENCKMANN, 1997).

G. glabra L. est utilisé dans la pharmacie depuis des milliers d’années.

La réglisse était déjà connue des médecins chinois et tibétains en 2 800 avant Jésus-Christ et était considérée comme une drogue de référence. On lui accordait la capacité de rajeunir ceux qui en consommaient de grandes quantités et pendant une longue période. Elle était utilisée pour apaiser la soif, diminuer la fièvre et la douleur, la toux et les détresses respiratoires. La réglisse était également considérée comme un remède classique contre les maux d’estomac. La Chine a été une grande consommatrice de réglisse pendant des siècles et un certain nombre de préparations à base de réglisse sont encore vendues dans les pharmacies chinoises (CHOPRA, 1958).

Les premières traces de l’utilisation de la réglisse nous proviennent de la chambre funéraire du pharaon égyptien Toutankhamon (1 350 avant J.-C.). On y a retrouvé une description de l'importance curative de la racine de réglisse. L'effet adoucissant des préparations à base de réglisse en cas d'infections de la gorge et des bronches a été mis en évidence depuis plus de 2000 ans (B : www.avogel.ca/fr/encyclopedie-plantes/index.php).

Les médecins arabes la prescrivaient pour calmer la toux et pour atténuer les désagréments des laxatifs (BRUNETON, 1987).

On sait que les propriétés de la réglisse étaient déjà connues dans l’Antiquité, comme en attestent les citations de Théophraste, de Pline l’ancien (1er siècle de notre ère) et de Dioscoride. Les écrivains romains du Ier siècle de notre ère, notamment Celse et Scribonius Largus, mentionnent la réglisse sous le nom de Radix dulcis.

D’ailleurs, Celse décrit, dans son ouvrage De re medica, 250 drogues dont la réglisse (GIRE, 1985).

Au IIIème siècle avant Jésus-Christ, en discutant le goût de différentes racines, Théophraste insistait sur une racine douce ; celle-ci croissait aux alentours de la mer d’Azof et était bonne pour calmer les crampes causées par les ulcères, lutter contre l’asthme et toutes les maladies de la poitrine et pour se préserver de la soif. Il faisait certainement allusion à la réglisse (GIRRE, 1985). On trouve également dans les écrits de Théophraste que les Scythes l’utilisaient six siècles auparavant dans le désert, avec du fromage pour lutter contre la soif (CHOPRA, 1958).

Au Ier siècle, Pline l’ancien pense que la réglisse provient de la Cilicie (sud-est de la Turquie actuelle).

A cette même époque, Dioscoride lui prête des vertus cicatrisantes. Nous savons également que Dioscoride connaissait déjà le suc épaissi de réglisse. Dioscoride, médecin grec des armées de Néron, après avoir voyagé en Egypte, en Afrique, en Espagne et en Italie, inventorie plus de 520 espèces de plantes dans un célèbre traité en cinq volumes, De Materia Medica, connu à l’époque dans le monde romain et arabe, et qui fit autorité en Europe jusqu’au Moyen Age. 54 de ces espèces figurent sur la liste des plantes médicinales essentielles publiée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1978 (GIRRE, 1985).

Au XIIème siècle, Sainte-Hildegarde l’employait notamment pour éclaircir la voix.

Mélangée à du chiendent, elle entrait dans la composition de la boisson dite « hospitalière » qui se trouvait jadis sur les tables de chevet de tous les hôpitaux (BEZANGER-BEAUQUESNE, 1990 - PERROT, 1944 – SCHAUENBERG, 2005).

La culture de la réglisse en Europe ne remonte pas à une époque très éloignée ; la réglisse n’est pas énumérée, par exemple, parmi les 88 plantes médicinales que Charlemagne recommande de cultiver, en 812, dans un capitulaire, le Capitulare de Villis et curtis imperialibus certainement à cause du climat français trop froid (GIRRE, 1985).

Si la réglisse n’est pas énumérée parmi les herbes des jardins des couvents européens au IXème siècle, c’est seulement au XIIIème siècle que cette culture est notée en Italie, près de Bologne (GIRRE, 1985).

Au XIVème siècle, parmi les nombreux apothicaires installés en Avignon, d’origine italienne pour la plupart, se trouve l’apothicaire du pape (apothecarius papae). On a pu retrouver dans ses comptes de dépenses et de recettes, la liste des plantes médicinales utilisées à l’époque. En 1331, lors de la venue du roi de France (Philippe VI) à la cour pontificale, l’apothicaire livre au roi de la réglisse, de la coriandre et des dragées (DELAVEAU, 1982).

Une « chanson politique », écrite en 1436, mentionne le suc de réglisse comme un produit d’Espagne, mais la plante ne semble pas encore cultivée en Espagne en 1513, d’après Herrera (GIRRE, 1985).

Sa culture est en revanche bien introduite dans le nord de l’Angleterre et en Allemagne, aux environs de Bamberg, à la fin du XVIème siècle. Dès 1560, on fabriquait, en effet, l’extrait de réglisse à partir de G. glabra variété typica dans cette localité allemande (CHOPRA, 1958 - GIRRE, 1985).

Selon des inventaires réalisés par certains apothicaires, merciers, droguistes, épiciers ou embaumeurs de l’époque, les racines de réglisse étaient commercialisées en France au XVème siècle.

Dès le XVIIème siècle, la poudre de réglisse composée était utilisée comme un excellent laxatif.

Napoléon Bonaparte était probablement un grand consommateur de réglisse. Lui, qui a souffert de l’estomac toute sa vie, consommait constamment des bouts de cette racine, ce qui, à la longue, lui noircit les dents (DELAVEAU, 1982). Ses effets anti-inflammatoires et antitussifs bien connus, Molière les citait déjà pour redonner la voix aux valets de comédie (GUIGNARD, 2001)."

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Mickaël Welfringer, auteur d'une thèse intitulée La Thériaque : analyse d'un contrepoison de l'Antiquité et héritage dans la pharmacie d'officine d'aujourd'hui (Université de Lorraine, 2017) mentionne l'usage de la réglisse dans la Thériaque :


"La réglisse ou Glycyrrhiza glabra L. appartient à la famille des Fabacées. Le terme réglisse désigne à la fois la plante et la racine qui est un rhizome, qui est la partie la plus utilisée. Elle entre dans la composition des confiseries, du pastis. Cette plante herbacée pousse en milieu chaud et humide, comme le pourtour méditerranéen en Moyen-Orient ou en Afrique du nord.

Dans la Thériaque, la réglisse se trouve sous forme de suc qui est plus simplement un extrait préparé à partir de jeunes rhizomes de la plante. Il faut d’abord les concasser et les écraser dans un mortier pour augmenter la surface en contact avec l’eau qui sera le solvant. Après plusieurs extractions on récupère les extraits qu’on chauffe pour éliminer par vapeur le reste de solvant.

Le suc de réglisse ainsi préparé joue un rôle d’édulcorant, d’adoucissant et d’expectorant. De plus, il est responsable de l’aspect noirâtre final de la Thériaque. (Bernhard, 1893) (Charas, 1685)."



Usages traditionnels :


Serge Schall, auteur de Histoires extraordinaires de plantes et d'hommes (Éditions La Source Vive, 2016) consacre un article à la Réglisse :


"Coco boer : Chacun a mordillé dans des bâtons de réglisse en se fichant d'agaçantes fibres entre les dents. Les bâtons sont en fait des tronçons de racines de la plante, qui pousse sur tout le pourtour méditerranéen et au Moyen-Orient. Plante médicinale antique, nous la connaissons surtout pour ses débouchés en confiserie. Les réglisses sous toutes leurs formes viennent de ce jus de racines, lentement réduit à feu doux jusqu'à donner un goudron cristallisé.

A la fin du XVIIIe siècle, on en fait une boisson rafraîchissante, le coco, une simple macération de bâtons de réglisse dans de l'eau citronnée. Un des métiers de rues les plus populaires était le vendeur de coco et sa clochette, assorti de son cri « Coco, coco frais, qui veut du coco ? ». plus tard c'est le jus de réglisse qui sera utilisé pour sa fabrication.

En 1902, un pharmacien ardéchois de Pouzine, Jules Courtier, a l'idée de substituer le jus de réglisse par de la poudre de réglisse, qu'il aromatise avec de l'anis. Dans le même temps, aux antipodes, se déroule la seconde guerre des Boers où des soldats français sont engagés aux côtés des Afrikaners. les gazettes décrivent la terrible chaleur qui règne dans le Transvaal. Notre bon pharmacien met alors au point sa boisson sous sa forme en poudre, pratique pour emporter partout avec soi et jusqu'au front des combats. Pour honorer les combattants il lui donne le nom de Coco boer, une appellation restée inchangée jusqu'à aujourd'hui : on a tous pointé le bout de la langue dans les petites boîtes en fer colorées contenant 5g de la fameuse poudre."

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Dans La Vie érotique de mon potager (Éditions Terre Vivante, 2019), Xavier Mathias nous donne quelques précisions sur son usage personnel de la Réglisse :


"La réglisse : le bâ-ton, le bâ-ton !

Je pense, en regardant toujours mi-attendri mi-amusé les petites gousses évoquant de mini-haricots secs qui contiennent les graines de mon plant de réglisse (aucun doute c'est bien une légumineuse !), que la punition serait vue bien différemment, si « donner le bâton » devait consister à offrir un bâton de réglisse. En porter sur soi a en effet longtemps eu la réputation de faire tomber à vos pieds; comme une mouche, toute personne du sexe opposé, tout en déchaînant chez elle un irrépressible désir sexuel ! Rien que ça.

Calmons-nous et ne prenons pas nos désirs pour des réalités !Un des grands pouvoirs de la réglisse consiste aussi et surtout à adoucir potions et breuvages, confirmant ainsi l'étymologie de son nom botanique qu'elle doit à l'association du grec glykis, qui signifie « doux » ou « sucré », et de riza : « racine ». On retrouve d'ailleurs cette légumineuse dans une préparation aphrodisiaque célèbre, en belle compagnie : anis, fenouil et coriandre ! Quel était son rôle exactement ? rendre sa saveur plus douce encore, c'est certain, pour le reste... A moins qu'il ne faille encore voir là une résurgence de la Théorie des signatures, un incommensurable besoin qu'aurait l'homme de mettre toutes les chances de son côté pour toujours plus de rigidité ?

Je me réjouis, quoi qu'il en soit, de pouvoir, à la fin de l'automne, arracher mon plant intégralement pour prélever au sécateur quelques racines : quelle différence avec celles que nous pouvons trouver dans le commerce ! La réglisse est tellement plus parfumée et plus subtile quand elle est fraîche, encore toute humide de cette terre dans laquelle elle a poussé. Pour la suite, je me contente de replanter ensuite la malheureuse souche victime de ma gourmandise. Bonne fille, elle accepte toujours, avec gentillesse, de redémarrer au printemps dans mon sol lourd et humide qu'elle n'est pourtant pas réputée apprécier."

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Symbolisme :


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), la Réglisse (Glycyrrhiza glabra) a les caractéristiques suivantes :


"Genre : Féminin

Planète : Vénus

Élément : Eau

Pouvoirs : Désir sexuel - Amour - Fidélité.


Utilisation magique : Si vous souhaitez être passionné, mâchez un bâton de Réglisse (la racine et non le candi). C'est également un bon moyen pour cesser de fumer. Le Réglisse s'ajoute aux sachets destinés à l'amour et au désir sexuel. Le porter sur soi attire l'amour et il est utile dans les vœux de fidélité. Le bois de Réglisse fait de bonnes baguettes magiques."

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


"Avoir sur soi du réglisse attire l'amour et augmente le désir sexuel.

Cependant, selon une superstition mauricienne, la présence d'une graine de réglisse dans la maison sépare définitivement un couple.

Son bois passe, lui, pour faire de bonnes baguettes magiques."

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Symbolisme alimentaire :


Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :


"Des énergies perpétuellement en mouvement, vivant et tournoyant de bas en haut et de gauche à droite : la Réglisse représente la dynamique intérieure. La dynamique physique et spirituelle de l'être qui est assis et reste enclos en lui-même en tant que plénitude. Un échange équilibré entre la tête et les pieds, entre le bas et le haut, entre toutes les parties du corps. Rien n'est immobile : tout est continuellement en mouvement. Elle est bien quelque peu philosophique, cette Réglisse, et nous pouvons même parfois la comparer à un méditant oriental dans une posture assise stricte et structurée, mais alors un Oriental qui sentirait intérieurement un mouvement dynamique circuler en permanence à travers tout son être. La Réglisse habite en elle-même, sait bien se protéger et vit au sein d'une structure où le mouvement peut exister de manière fluide et rapide. Elle est semblable à une ruche pleine d'abeilles bourdonnantes. Aussi est-il important qu'un processus de croissance puisse s'y dérouler, faute de quoi un excès d'énergies créatives impatientes s'accumulerait en lui.

Le sablier laisse le sable s'écouler lentement, sans fin. Le temps passe et le rythme, le mouvement suivent le temps. Une absence d'arrêt, malgré le fait qu'on ne doive pas être littéralement en mouvement pour la cause. A la manière du sang et des liquides qui parcourent le corps.


La circulation de forces dans cette structure est vigoureuse et épaisse. LA capacité d'avancer avec mobilité est accueillie dans des structures solides.

En une dynamique intérieure ininterrompue, l'énergie vitale du contenu coule à l'intérieur de structures rectilignes. Si la Réglisse venait à suspendre ce courant interne, le froid le frapperait. Mais une chaleur inonde la peau aussi longtemps que le jeu dynamique des atomes se poursuit à l'intérieur. Ceci est comparable aux révolutions incessantes d'une machine à laver qui nettoie, lave rince, laisse passer, évacue, sans relâche.

Enclose en elle-même mais en sachant bien ce qu'elle est occupé à faire, preenant sa tâche à coeur et allant de l'avant sasns jamais se retourner. Elle compte sur elle-même comme le "l" et sait qu'elle ne doit pas bâtir sur des structures extérieures à elle-même. Pleine de persévérance et impossible à briser, telle est la Réglisse.

Peut-être l'être humain qui a envie de réglisse souffre-t-il parfois de ses intestins, peut-être se contracte-t-il quelque peu, se gonfle-t-il d'air, dee pensées contrôlantes et anxieuses. Un contenu intestinal rebondi eest bon et sain lorsqu'il se fonde sur le rire intérieur et la richesse illimitée dee son propre être. Quelquefois, l'être humain ne veut point laisser progresser, laisser circuler, et il garde les choses figées en lui. La cause en est qu'il a trop peu bâti sur les fondations de son propre Contenu et de sa Structure Centrale ; qu'il s'est rempli de toutes sortes de choses trop longtemps dans son système intestinal lorsqu'il méconnaît la joie de sa propre existence, lorsqu'il reste sur place... au lieu d'aller de l'avant, lorsqu'il se rend insuffisamment compte du fait que la dynamique interne réside EN lui et demande à pouvoir vivre, rincer, transmettre, avancer.


L'être humain qui aime la sphère psychique de la Réglisse a besoin de se décharger, en premier lieu de toutes les angoisses, de tout ce qui le retient de poursuivre son chemin "sans crainte". Il ne devra pas se cramponner anxieusement à aucune "possession" ni à aucune personne à l'extérieur de lui. Il se gardera de retenir l'enfant en lui, mais fera bien de mettre au monde ses créations et de les laisser partir, il devra se purifier, ne s'emplir que de lui-même dans une dynamique intérieure. Il devra se permettre de poursuivre sans s'attarder craintivement aux événements, à l'existence.


Lorsqu'il se trouve constipé dans ses pensées, ses sentiments, ses actes ou son avidité, celui qui a envie de Réglisse se voit donner la chance de parvenir à une compréhension au niveau de certains aspects rédempteurs : la reconnaissance de soi quant à sa réelle valeur, quand à son Contenu et sa force d'âme, quant à la possibilité qu'il a de se faire progresser dans son existence avec une extrême mobilité. Il n'a pas à "s'attarder" aux choses en dehors de lui-même, à les retenir, au contraire : il peut, à partir de la puissance unie qu'il constitue, laisser son contenu d'énergie vitale dans son entièreté tourner et virer, tournoyer et circuler... Tous les déchets superflus s'évacuent maintenant. La Réglisse exhorte l'être humain à rester intimement et fermement DANS son propre je, mais en même temps à laisser ce contenu du je, ces trésors et cette richesse de talents, couler de façon luxuriante et généreuse, sans discontinuer. Va de l'avant, ne t'arrête pas, épure, produis sans cesse de nouvelles choses. Ceci signifie une progression intrépide le long des canaux de son être qui ne s'obstruent jamais, pour peu qu'il ne s'attarde pas, en proie au doute ou à l'angoisse, à des futilités, à des facteurs secondaires, à ce qui est purement matériel, à ce que l'avenir pourrait tout de même amener de funeste, "Que va-t-il se passer maintenant ?", etc. Autant de questions angoissées qui n'ont pas lieu d'être lorsque l'être humain sait que TOUT rendra une tournure favorable pourvu qu'il aille de l'avant sans discontinuer et qu'il ait confiance, qu'il fasse ce qu'il sent devoir faire, en écoutant cette voix puissante et tranquille de sa source essentielle intérieure.


Les Bonbons à la Réglisse (doux)


Le caractère du Réglisse doux en soi présente une adaptabilité souple, comme un engin de levage ou une grue qui, grâce à ses charnières bien huilées, peut tout effectuer avec aisance et fluidité. Il peut élever dans les airs jusqu’au ciel, ou laisser descendre vers la terre. En lui tendant quelque chose, il soulève l’être humain ou le laisse glisser vers le bas, selon ce que demande le service vis-à-vis de la vie.

Tantôt le voilà qui fait glisser, donne, prête force, offre, tend, soulève, puis qui lâche prise, laisse redescendre, laisse s’enfoncer… Des mouvements ascendants, de don, de stimulation, de poussée et de propulsion alternent avec les mouvements inverses de lâcher prise, de déposer. Attendre, prendre un temps de repos, et puis avancer de plus belle, mobiliser ses forces là où il le faut, en se tournant, en pivotant, en s’orientant, comme le cou d’un être humain peut pivoter avec souplesse et puissance, comme les articulations, mains et poignets, bras et jambes, peuvent aussi se tourner ensemble avec fluidité dans la direction qui est requise pour accomplir une tâche. Pas de résistance, au contraire, un coup de pouce secourable vers le haut... de sorte que tout puisse se dérouler facilement et sans encombres.

Le Bonbon doux à la Réglisse se place en fonction de et effectue ce qui doit être effectué. Avec professionnalisme et prudence, avec compétence. Lui qui sait quand se retenir, quand il doit aller à gauche ou à droite, prêter une main secourable ici ou là afin que tout se déroule efficacement.

Un point charnière : là où l’on peut tourner. Sans peine, sans résistance, la machine pivote suivant l’endroit où sa présence est requise. La capacité, en quelque sorte, de fonctionner comme une machine bien huilée, de se tourner et de pivoter avec la plus grande aisance. Avec serviabilité et patience, avec une conscience de son devoir et un sens des responsabilités.

Quelquefois, guère souvent, le Bonbon à la Réglisse irait ‘trop haut’ dans les airs, en flottant, en perdant le contact avec la terre, à force de penser et de rêver et de vouloir aller trop loin ; l’on dépasse alors une sorte de seuil de sécurité, un vertige surgit à cette altitude au sommet de la grue, et l’être humain ressent, grâce à cette angoisse : “Aïe, Je suis allé trop loin, je dois redescendre vers la terre...”, alors l’angoisse disparaît car le signal a été compris, tu te trouvais trop haut, seul et loin, ayant outrepassé tes frontières, redescends maintenant tranquillement et en toute sécurité sur tes deux pieds, sur le sol terrestre, dans la chaleur et la douceur de ton propre corps. s’ensuit un sentiment intérieur de calme, de sécurité, de certitude, de chaleur terrestre de bonheur et de contentement. Une joie de pouvoir participer au mouvement giratoire de la vie, de pouvoir collaborer au grand projet qui se nomme ‘vie’. Ne tends pas ton cou trop haut, à une trop grande distance de ton corps, mais reste pré- sent auprès de toi-même avec sollicitude, en ton foyer terrestre. Dans un sentiment d’équilibre et de sécurité qui fait du bien, avec un sens du devoir et une aisance relationnelle : ainsi le veut le Bonbon doux à la Réglisse.


Qui a envie de Pastilles de Réglisse ? Celui qui porte cette capacité en lui, potentiellement, mais qui a parfois besoin de laisser tourner ses articulations-charnières avec plus de sou- plesse, sans résistance. Celui qui aspire à résoudre en lui-même toute raideur, toute révolte, toute rigidité et résistance obstinées. La nuque jusqu'ici peut-être un peu raidie, qui dit ‘non’, orgueilleusement, voudrait maintenant s’incliner en souplesse dans un esprit de service à la vie, de sorte que tout puisse se dérouler aisément, avec plus de fluidité. Ce n’est pas un entêtement obstiné et orgueilleux qui lui est demandé ici mais bien de dire oui avec souplesse à la vie et à tout ce que la vie en lui demande d’accomplir. Un tel être humain porte en lui cette capacité mais ferait bien de se focaliser sur la vie elle-même et non sur les choses, le travail à l’extérieur de lui. Il fera bien de s’unifier davantage, de dire oui, dans un esprit positif, au travail, à la tâche qu’il accomplit, à la vie elle-même. Pas de refus, pas de nuque raidie, un abandon total au mouvement souple de son propre corps, de son propre être.

Tourner avec ce vent qui se nomme vent de la vie : ceci signifie aller au-devant des tâches qu’il sent devoir effectuer, sans déjà se crisper et se raidir à l’avance à la pensée que quelqu'un d’autre pourrait lui demander quel- que chose ou lui confier une mission.

Laisse cette nuque se détendre en toute tranquillité et, avec la plus grande souplesse, laisse tes articulations s’ouvrir dans cette intention d'accomplir le travail et les tâches de la vie avec gratitude.

La flexibilité est de mise ici. Non point placer orgueilleusement le petit je ‘au-dessus’ du travail et au-dessus de tout, non point s’obstiner dans ses propres petites exigences, mais bien naviguer en souplesse avec le courant des choses, suivre la voie de moindre résistance. Ainsi, les articulations ainsi se lubrifient d’elles-mêmes, ainsi toute rigidité disparaît et l’expérience de la vie devient merveilleuse : c’est glisser en souplesse à travers l’espace de la vie, monter et descendre dans les airs, jusqu’au sol, aller à droite et à gauche, selon les besoins de son vrai moi.

Non pas avec colère ‘parce que tu dois de nouveau faire ceci ou cela’, mais entrer dans un esprit de gratitude de sorte que le travail devient plus léger et plus détendu.

Le Bonbon à la Réglisse dit : “ Plus de critique négative, peut-être le doigt pointé vers autrui avec colère ou acrimonie, ni d’irritation face à une situation de vie, plus de refus vis-à-vis de quelque chose dont tu devrais te rendre compte que : ‘C’est ce qu’il est bon que je fasse MAINTENANT, demain quelque chose d’autre surviendra bien sur mon chemin. Je demeure dans ma propre sagesse et ma propre autorité. Je ne regarde que moi-même, et ainsi la douleur, la colère, les durcissements et acidifications s’écoulent hors de mon corps.’ Et tout se met à tourner comme des rouages bien huilés, dans le corps comme dans la relation avec l’environnement, le travail, la machine que l’on actionne, et ainsi de suite. Avec souplesse, aisance et flexibilité... ?” C’est là ce que le Bonbon à la Réglisse veut faire entendre à l’être humain.

***

La personne qui a besoin de cet aliment croit encore, à vrai dire, aux ‘temps difficiles’. C’est la personne qui pense devoir persévérer à tout prix et se battre pour gagner. Elle avance vite, âprement, parfois impatiemment. C’est la personne susceptible de se fâcher, de devenir hargneuse ou amère intérieurement à propos de tout ce qui n’est pas comme elle le voudrait. Elle veut toujours devancer le mal. Elle a trop tendance à tout voir dans les tons noir-amer. Le Réglisse Doux lui-même lui demande de s’arrêter, de se calmer, de prendre conscience. Et non de courir fiévreusement plus loin ou avec une convoitise frustrée vis-à-vis de ce qui ne peut être, ou de ce que l’autre lui a fait, ou de ce qu’elle doit absolument réussir à obtenir. Le Bonbon à la Réglisse souhaite expulser toutes ces pensées, cet excès d’air dans le corps, dans cette façon d’être humain. Elle veut éteindre le feu de la convoi- tise, de la poursuite effrénée et quelquefois amère, mais de telle manière que le petit feu intérieur, lui, continue de brûler.

Elle veut laisser s’échapper le trop-plein de vapeur.


L’Être Humain qui a envie de Bonbons doux à la Réglisse fera bien de ne pas s’emplir la tête de pensées et d’émotions écumantes, de tracas rougeoyants.


Le Bonbon à la Réglisse demande à éteindre un feu dont les flammes jaillissent trop haut, elle demande de la ‘mesure’, tout en voulant qu’on ‘continue à avancer’ dans la vie. Mais surtout de rompre avec les instincts acharnés, la focalisation sur quelque chose qui en fin de compte n'a rien à voir avec l’essentiel.

Ne t’écarte pas de ton Essence. Ne t’excite pas de la sorte intérieurement, parviens à une vision claire dans une perspective aux lignes claires.

Cesse de te démener ainsi, laisse les choses se produire au moment juste. Du calme ! Mets d’abord de l’ordre dans les choses essentielles et examine-les. Ne te précipite pas. Ne t’attends pas d’emblée au pire, à des événements funestes et pénibles.

“ Arrête ! ”, dit le Bonbon à la Réglisse. “À ce stade-ci, retiens-toi : prends un moment pour bien observer, méditer les choses et ne te fais pas de mauvais sang.”

Parle, concerte-toi avec les intéressés au besoin, mais en tout cas ne t’emplis pas la tête d’affaires qui te surexcitent, et surtout pas de ces choses qui sont pour toi matière à irritation ou amertume, de ces choses que tu voies plus noires qu’elles ne le sont.


Se trouve-t-1l là-dessous une sorte d’amertume ou d' ‘exigence’ générale envers la Vie ? En ce cas, il te faudra résoudre ce sentiment de base, de sorte que tu en arrives à ressentir et à savoir que tout ce qui surviendra, sera, était, que tout cela est, était, pour le mieux.

Ne te mets pas en colère, ne t’agite pas, ne ravale pas, mais exprime-toi, parle, réfléchis, . et n°’ ‘exige’ pas, n’attends pas d’autrui. Ne te sens pas lésé, ne te sens pas victime. Ne te mets pas en colère.

Parviens à une prise de conscience et à un contentement global quant à ton ‘être’. Tu règles maintenant les choses avec sagesse et bon sens, à partir d’une perspective plus élevée.

***

Le Bonbon doux à la Réglisse en soi représente une bonhomie, une souplesse, une sorte de bienveillance. En outre, il est conscient de sa valeur et se comporte dignement et résolu- ment, tout en conservant la ‘distance’ nécessaire avec l’autre. L’on voit plutôt ce Bonbon à la Réglisse sourire, il se comporte avec beaucoup de patience vis-à-vis des autres et se montre plein de compréhension. Il attend son heure, n’extorquera jamais rien à quiconque, lâche prise, une connaît ses limites. En même temps, il nous fait l’effet du lion loyal qui veut être bon et faire le bien pour les autres aussi. Tel girafe qui regarde avec gentillesse vers le bas, là où, à hauteur de ses genoux, se trouvent les gens à qui elle peut sourire, qu’elle peut peut-être protéger. Il ne s’estime certes pas au-dessous de cela ; il regarde d’en haut, mais non pour la cause ‘de haut’ au sens figuré, même s’il s’en faut de peu que cette limite soit franchie.

Il se promène avec une aisance gracieuse à travers champs immenses ; il a tout le temps du monde et jouit tranquillement, calmement, du soleil au-dessus de sa tête. Il s’abandonne en souriant à la bonté de la Nature, de la Terre, de la Vie. Avec lenteur, il déambule plus loin ; il ne se fait de souci pour rien, se sent pleine d’assurance, aime aussi à s’occuper des autres, se sent tout sauf inférieur, mais ne se place pas non plus vraiment au-dessus des autres. Seulement. : il sait que la vie lui permet d’ ‘être’ tel qu’il est, qu’il peut faire rayonner sa bonté vers les autres, qu’il peut savourer la nature même, tant physique qu’intérieure, de son être. Il ne connaît pas l’angoisse, ni le temps, ni la tristesse. Il aime le MAINTENANT éternel et sans limites.

Il suit avec aisance les mouvements ondulants de la vie, des forces d’impulsion vitale en lui- même, dans ses pattes (dans la mesure où nous comparons encore le Bonbon à la Réglisse à la gentille girafe). Il émane de lui un éternel bonheur, et il ne cherche pas à précipiter le déploiement de ses possibilités ; il ne force rien chez lui-même, ni par conséquent chez les autres. Néanmoins, nous percevons chez lui quelque chose de résolu : le choix résolu du bien, de ce qu’il se trouve de plus élevé en lui. Il va continuellement de l’avant.... dans une seule direction, sans hésitation, sans temps d’arrêt dans son évolution. Il est d’agréable compagnie : il repose et amplifie le bonheur, incite à ‘lâcher prise’ et à vivre la joie, à partir d’un plan élevé de sa propre Nature. Aussi longtemps que la Girafe ne se met pas à flotter dans des nuages trop en altitude, tout est bien. Dans le cas le plus positif, le Bonbon à la Ré- glisse évoque un merveilleux séjour au para- dis, dans l’Arche, où aucun aspect du mal ne peut jamais s’infiltrer. Une haute éthique le caractérise en propre, et par suite un ‘savoir’ que cela est Bien, la voie sur laquelle elle chemine. Les Bonbons à la Réglisse se sentent en quelque sorte soulevés dans un paradis in- temporel où n’existe aucune misère, seule- ment le bonheur d’Être.


L’être humain qui raffole des Bonbons à la Réglisse fera peut-être bien de se référer à la symbolique de la sciatique.” Il maintient ses énergies à un niveau et sur un terrain trop bas. Il tend un peu trop ses forces et n’ose pas entièrement accéder à son état d’Être le plus élevé et le plus détendu. Il apprendra à choisir la ‘route principale’ dans son existence, sans plus stagner à un niveau incertain et anxieux. Il apprendra à se fier à sa Base de sorte que les vertèbres inférieures et les trajets des nerfs soient irrigués dans le calme et l’harmonie à partir de sa plus profonde source vitale. L’être humain qui a très faim de cet aliment a besoin de se détendre, de revenir calmement en lui-même, en son être réel... là où existent la Force, l’Assurance... et par suite aussi des sentiments intérieurs de certitude, de confiance et de tranquillité. Il fera donc bien de se soulever, exactement comme le caractère du Bonbon à la Réglisse le décrit, jusqu’à ce niveau où il n’y a plus de soucis, de fardeaux, d’angoisses irrationnelles, aucun auto-abaissement. Il se gardera aussi de rester englué dans les sphères psychiques de ce qui est purement matériel, ou de |' ‘attachement’, se cramponnant anxieusement à des choses qui n’ont rien à voir avec son véritable niveau vital. Il pourra donc se relier à son niveau le plus élevé et avancer, sans plus céder au Doute, sur le chemin essentiel. Il pourra Résolument Opter pour la voie royale de la vie: son Je attend de lui qu’il s’érige / s’établisse sans hésiter selon son niveau réel, là où il peut être lui-même en toute magnificence, pureté et noblesse. Sublime dans sa noblesse. Là où 1l se retrouve lui-même à tel point dans le calme et la confiance qu’il irradie vis-à-vis des autres aussi une sorte de droiture résolue, de calme, de confiance, une énergie dorée de don. Il fait alors ce que lui demande le Bonbon à la Réglisse.

***

Au fond, cet aliment représente un peu ‘tout ou rien’ : l’être humain a fait connaissance avec le mal et le bien et va devoir faire un Choix... au plus profond de lui-même. Nous pourrions décrire le caractère de le Bon- bon à la Réglisse comme suit : ‘Où en es-tu maintenant ? Que vas-tu faire ? As-tu fait ton choix ?’ Ceci incite l’être humain à parvenir à des pensées concrètes, et par suite à des décisions logiques et aux actions qui en découlent. Cela l’aiguillonne à se mettre debout et à annoncer la couleur: ‘Où en sommes-nous ? Qu’as-tu l’intention de faire dans ta vie ? Quelle décision vas-tu mettre à exécution maintenant ?’ Peu importe : mais AGIS maintenant, décide, choisis et ne reste pas enlisé dans des nuages d’indécision ! Le Bonbon à la Réglisse veut créer la clarté, il ne veut plus tourner autour du pot, il veut avoir une conscience claire et précise des choses afin de sa- voir que faire, par où commencer et comment aller de l’avant.

C’est un aliment qui offre du savon là où il y a lieu de nettoyer, qui est prêt à tout du mo- ment que l’homme ne reste pas là à osciller, irrésolu, entre deux décisions, ou entre le pas- sé et le présent, du moment qu’il ne reste pas assis entre deux chaises, ou que, en proie à l’hésitation, il ne continue pas à manger à deux râteliers, ne sachant quelle décision prendre. (C’est alors par peur qu’il ‘garde’ ou ‘retient’ peut-être les choses : un désir d’ ‘avoir’ qui empêche la croissance de son être). Le Bonbon à la Réglisse exhorte l’être humain à faire avec assurance le choix le plus Elevé et le plus Beau, et à agir en conséquence.


L’être humain qui a envie de Pastilles de Réglisse sucrées se répugne quelquefois à lui- même parce qu’il refuse de chercher la solution en lui entièrement, parce qu’au lieu de ce- la il est en train de guetter intensément dans toutes les directions à l’extérieur de lui... tandis qu’en fin de compte il offre une sorte de résistance intérieure à une progression réelle à partir de son Noyau Vital. Il soulève peut-être toutes sortes d’objections, ne sait plus vraiment comment s’en sortir parce qu’il doute de ses propres possibilités, de la Puissance réelle qui est la sienne, de sa propre capacité à être lui-même dans la joie. Doute-t-il de son contenu, de sa capacité... doute-t-il que tout cela ait vraiment un sens ? Que cela ait un sens pour lui de ‘faire’ quelque chose, d'accomplir quelque chose ? Ressent-il trop peu la joie d’être lui-même ? C’est qu’il sous- estime tout simplement la valeur et la puis- sance de sa capacité intérieure, de son JE. II laisserait bien tomber les bras à l’avance : “Oh, laisse donc... Cela n’en vaut pas la peine. De toute façon, ça ne marchera pas.” Ceci revient en quelque sorte à dénigrer sa propre Puissance intérieure, à se rabaisser, à ne-pas-vraiment-croire en son propre JE. Il n’est pas suffisamment relié à sa force originelle intérieure, à son essence divine.

Quiconque a très faim de cet aliment se contracte peut-être un peu, quelquefois, sous l’effet de douleurs musculaires ; il se fait mal à lui-même... en se donnant trop peu d’amour. Sa main lui fait mal lorsqu'il refuse d’accepter la vie en lui-même, lorsqu'il refuse de s’estimer lui-même selon l’Amour, de se vivre à sa juste Valeur, dans la gratitude. (Dans un cas extrême, ceci constitue une forme d’auto- destruction).

Cet être humain fera bien de trouver en lui- même le cran de s’apprécier à sa juste Valeur — sans plus mesurer celle-ci à ses performances ou en fonction des valeurs liées aux apparences. Il fera bien de redresser vaillamment le dos, les épaules légères et fortes maintenant, à partir de sa dignité intérieure et d’une conscience de sa propre valeur. Il regarde la vie d’un regard ouvert à présent, plein d’un cou- rage issu de ce savoir qu’il est digne et fort, qu’il est digne d’être en tant que je. Et qu'aucune autre motivation n’est requise pour vivre. Il commence maintenant à avoir foi en lui-même ; le soleil se lève et il se lève en même temps que lui. Il ne reste pas en arrière ; il ne regarde plus ‘comment les autres font’ mais agit entièrement à partir de l’intérieur. Il se fie à son Sentiment, à son Intuition, à sa Puissance, à son Savoir, et ne craint nullement de faire ‘fausse’ route. D’ailleurs, à partir de cette Foi, de cette Confiance et de l’ Amour qu’il se donne à présent, de cette valeur qu’il se reconnaît maintenant à lui-même... tout se déroulera bien et harmonieusement, sans heurts.

Par ceci, le cercle vicieux est brisé : un bien en appelle un autre ; son manque de foi et son auto-inhibition, son attitude vacillante ‘entre deux chaises’. tout ceci est maintenant résolu. Il prend des décisions pour lui-même et à partir de lui-même, ouvertement et clairement, résolument et sans tergiverser. Il ne doute plus, mais agit. IL a compris le message du Bonbon à la Réglisse. La tranquillité et le calme intérieur, une douceur aimante à l’égard de son propre JE... vont main dans la main avec une attitude résolue, une confiance, une progression Exempte de Doute et une assurance. À partir de ce qui est le plus élevé en son cœur, à partir de la conviction qu’il choisit le Bien et qu’il est un être humain intrinsèquement bon, autonome, puissant et auto-détérminé. Où ira-t-il maintenant? OUI! Dans cette direction ! Intimement relié à sa source de puissance intérieure, il le sait et le ressent à présent. Il vit en tant que JE, plein d’assurance, du sein de son altitude intérieure habitée par la dignité, dans l’amour pour lui-même, dans l’amour pour les autres. Il n’y a plus aucune indécision qui tienne, aucun sentiment de vacillation ou d’hésitation. L’être humain sait ce pour quoi il a opté et, laissant le passé derrière lui, lâchant prise, il va de l’avant calmement, toujours plus loin dans la direction que, avec assurance, il sent devoir suivre sur la voie de la Noble Vie, sous le signe de la Bonté.


La Réglisse forte (bonbons salés à la réglisse)


La magnificence terrestre. Flottant tranquillement dans un petit bateau sur l’eau de la mer, sous un soleil tranquille et une brise légère. Qu'il est merveilleux de séjourner ici, dans ces ambiances détendues, chaleureusement terrestres, de la Réglisse Forte. Les ailes des moulins tournent tranquillement ; l’eau clapote paisiblement, comme si le temps n'existait pas ici. La Réglisse Forte ‘lâche prise” vis-à-vis de tout... elle laisse toutes choses ‘être’ comme elles se présentent et sait jouir pleinement du moment PRÉSENT. C’est presque le dolce farniente, n’était sa vive compréhension qu’il est tout aussi merveilleux de lâcher prise totalement et de savourer activement les éléments naturels qui sont présents, les délices terrestres. Le bonheur qui caresse les sens. Une détente absolue, s’autoriser la paresse, un peu ‘se laisser bercer” par le vent, par la mer, par le cours de la vie. L’on ne saisit pas, l’on ne dirige pas soi-même ; c’est le vent de la vie lui-même qui dirige à présent. Et l’on sait que, avec la Réglisse Forte, on est, en sécurité, que tout est tranquille, que ceci est pour l’éternité.

Quiconque a envie de Réglisse Forte a besoin de cette ambiance psychique. Peut-être l’élément féminin en lui est-il tourné vers le haut dans des sphères spirituelles trop glacées, d’un blanc bleuté, et peut-être a-t-il alors, dans sa blancheur, perdu la notion de sa propre plénitude terrestre rouge. Il est trop éthéré, sa présence dans les régions terrestres est spirituellement trop émaciée ; ses espoirs, ses convoitises et ses prières sont orientés vers le grand Esprit en dehors de lui-même, tandis que sur ce temps-là il ne vit pas vraiment immergé dans la splendeur terrestre.

Une force chaleureusement terrestre est requise ici : 1l s’agit de chercher la détente dans la magnifique expérience terrestre d’être soi- même et de vivre, sans s’envoler au-dessus d’elle dans de hautes sphères éthérées.

L’être humain veut peut-être à tout prix acquérir ceci ou obtenir que cela se fasse... mais il n’y réussit pas : la vie l’en empêche... pour lui faire prendre conscience de ceci: il te faut d’abord entrer dans la pleine dimension terrestre de ton propre être, alors seulement tu pourras aller de l’avant, donner, partager avec les autres…

L’acuité des traits de son visage est parfois très marquée. Il a concentré tout son espoir ardent, quelquefois avide, sur le Suprême / l’Absolu, et il en oublie de savourer la Vie véritable dans ce qu’elle a de pleinement terrestre. Et pourtant, c’est bien cela qu’il veut. Cet être humain apprendra à rechercher la détente dans la magnificence terrestre... à ‘être’ avec lui-même et les éléments de la nature, rien de plus, sans pour cela vouloir s’échapper dans des sphères de pensée trop spiritualisées. À être plus doux, gentil, rond et bon vis-à-vis de lui-même, de sorte que le sang chaleureux clapote joyeusement à travers son corps. Point d'illusions des sens neptuniennes, mais bien une présence chaleureusement terrestre dans le ‘maintenant’.

Quiconque a très envie de Réglisse forte a besoin d’un Lâcher-Prise total, d’une sorte de détente, de pouvoir déléguer à d’autres quelquefois.... Il a besoin d’être intensément présent en lui-même, parfois de pouvoir résolument dire ‘non’ à certaines choses à l’extérieur de lui et de se mettre délicieusement au repos dans un hamac du paradis terrestre.

Lorsque, au contraire, l’être humain continue à presser le pas âprement et peut-être avec colère, peut-être parce que cela ne va pas suffisamment vite à son gré, ou parce que les choses ne répondent pas à ses exigences, alors la Réglisse Forte le prend par le collet : “ Arrête cette poursuite effrénée, ces exigences. ? C’est un ‘INTERDIT : défense de poursuivre dans cette voie. “ Es-tu encore allé au-delà de toi- même ? As-tu encore travaillé trop dur, peut- être rageusement, pour atteindre quelque chose ? Cesse donc de te tourmenter comme cela. ne te fais plus de souci, lâche prise, arrête ! ”, dit la Réglisse Forte, “ Savoure la beauté de la Nature terrestre, de l’essence même de la vie, ici et maintenant. ” Ceci demande quelquefois que l’on rompe avec un schéma de vie, une situation de vie, mais alors sans ressentiment. Que l’on tempère son fanatisme ; que l’on avance d’une manière détendue, sans fuir, sans s’acharner avec un instinct de convoitise, mais en se laissant porter par le Vent de la Vie... en toute flexibilité."

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