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  • Anne

La Roquette




Étymologie :

  • ROQUETTE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1505 roquete (Desdier Christol, Platine en francoys, fo 32 rob ds Mél. Séguy (J.), p. 80). Empr. à l'ital. rochetta (xvie s. ds Hope), var. anc. de ruchétta, dimin. de ruca, lequel est issu du lat. eruca « chenille, roquette [plante] ».


Lire également la définition du nom roquette afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Eruca sativa ; Eruce ; Riquette ; Rouquette ; Rucola (Suisse) ;

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Botanique :


Samira Seklab et Asma Rekab, dans un mémoire intitulé "L’Effet reprotoxique de la chimiothérapie et le rôle protecteur de la roquette (Eruca Sativa)." (2020) présente ainsi la Roquette :


Eruca Sativa est connue sous le nom de Jarjeer ( جرجير )dans le monde arabe, la roquette en français. Rocket en anglais (Houssien, 2013).

C'est un genre de la famille Brassicaceae (Créciféreae). Fort probablement originaire du bassin méditerranéen ; du Maroc et du Portugal à l'ouest jusqu'au Liban et la Turquie à l'est ; où le scientifique Pignon a indiqué en 1896 qu’il existe trois espèces de roquette dans la région méditerranéenne, y compris l’Eruca sativa. C’est une plante utilisée pour la consommation humaine et animale, Cultivé en Asie centrale comme l'Inde et le Pakistan pendant des siècles (2019 ،بوزيان ) ainsi l'Égypte et l'Italie . Elle pousse sur tous les types de sols riches en matière organique, dans les zones du climat doux pendant toute l'année sauf les périodes très chaudes ou froides, Le printemps est le meilleur moment pour la planter et la récolter après 20 à 30 jours de germination (Jaafar et Jaafar, 2018, Maseer Kmoosh, 2016).

L’Eruca sativa est ajoutée à différents plats de cuisine ; les jeunes feuille tendres utilisées souvent en salade ou comme jus. Ses feuilles sèches peuvent êtres utilisées comme des épices. En plus cette plante est réputée par ses huiles extraites de graines à des fins cosmétiques et médicinales ،الدوخجي و، التامر، المحمد) )2011).

[...]

La roquette est une plante herbacée annuelle, de couleur verte foncée d'une hauteur d'environ 80 à 100 cm, composée de racine rugueux et fusiforme avec un petit nombre des racines secondaires (Gajra & Sharma, 2014) La partie végétative représentée par une tige dressée et ramifiée courte au début de sa croissance pour s'allanger au stade de la floraison. Les feuilles vertes sont épaisses , pennatilobées, dégagent une odeur piquante et sulfurée due à la libération de Thiocyanates et d’isothiocyanates العزيز عبد) )2004 ،ابراهيم). Les fleurs sont blanches ou jaunes avec des veines violettes, quant aux fruits, sont courtes siliques de forme cylindrique prolongés par un bec (Jaafar et Jaafar, 2018, Maseer Kmoosh, 2016).

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Bienfaits thérapeutiques :


Des études ont prouvé qu'elle joue un rôle dans le traitement de nombreux types de cancer, comme le cancer du sein, le cancer de la prostate, et cela grâce à son efficacité anti-oxydante puissante par présence de nombreux éléments bioactifs tels que les glucosinolates , les Flavonoïdes et les vitamines C , E..

La roquette se caractérise également par une grande efficacité dans la réduction de l'effet génotoxique et reprotoxique, Elle agit par réduction les distorsions chromosomiques et les déformations des spermatozoides. (Khalaf et al., 2004).




Usages traditionnels :


Dans La Vie érotique de mon potager (Éditions Terre Vivante, 2019), Xavier Mathias nous donne quelques précisions sur les usages traditionnels de la Roquette :


Quelle chance ! Nous pouvons cultiver deux types de roquette au potager, appartenant à deux espèces botaniquement distinctes, mais à la saveur relevée, voire piquante, suffisamment proche pour qu'on leur attribue un nom vernaculaire identique. Nous avons donc la roquette cultivée, une annuelle à fleurs blanc crème veinées de pourpre (Eruca sativa) et la roquette sauvage (Diplotaxis erucoides), vivace aux feuilles nettement découpées et plus étroites que la précédente, aux fleurs d'un beau jaune lumineux.

Voilà une plante chaude s'il en est ! Tellement chaude d'ailleurs que notre roquette cultivée, autrefois appelée « eruce », se voit interdite à la culture dans les couvents et monastères ! Effectivement, il ne faudrait surtout pas risquer d'échauffer ces messieurs dames qui n'ont donc pas droit à cette délicieuse annuelle. Les mauvaises langues prétendront que l'on peut faire confiance à leur science de la botanique et des simples pour être bien assurés qu'ils connaissaient et cultivaient probablement une succédané tout aussi efficace et émoustillant.

Néanmoins, je plains ces malheureux, moi qui ai déjà bien du mal à m'en priver en été Il faut effectivement reconnaître la grande faiblesse de la roquette te de bien des crucifères d'ailleurs : les effets de la chaleur ne réussissent pas à ces plantes au tempérament pourtant bouillonnant Devenant souvent dures, passant du piquant à l'amer, leurs feuilles semblent se rétrécir sous les effets des rayons du soleil.

La Roquette est donc une plante à cultiver aux saisons intermédiaires : au printemps, pour se mettre à l'unisson de la nature qui nous environne ou en automne, pour se vivifier avant les premiers froids.

Merci à elle, donc, d'être prête à être récoltée ce matin. Si la saison le permet, je pourrai refaire deux coupes avant qu'elle ne monte en graines.

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Symbolisme :


Philippe François Nazaire Fabre d'Églantine, auteur du Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française (p. 25) nous apprend que :


Dans le calendrier républicain, la « roquette » était le nom attribué au 24ème jour du mois de germinal, généralement chaque 13 avril du calendrier grégorien.

 

Selon , Édouard Le Héricher, auteur d'un Essai sur la flore populaire de Normandie et d'Angleterre. (E. Tostain, 1857) :

L'Eruca se dit Roquette, de son amour des rochers.

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Mythologie :


Nicole Guilleux, autrice d'un article intitulé "Vieux pots et bonne soupe : l'emploi de tolúpè en LXX 4 Règnes 4. 39. (In : Ktèma : civilisations de l'Orient, de la Grèce et de Rome antiques, N°34, 2009. pp. 73-87) mentionne la roquette :


Le « projet culinaire » : baššēl nāzîd/ Ἕψε ἝψεΜα et lelaqqēt ’ōrōt/ συλλέξαΙ ΑρΙω


Avant d’en venir à l’examen du verset 39, il peut être intéressant d’analyser la manière dont est présenté le projet qu’Élisée met en place pour répondre à l’attente de ses disciples. Le prophète donne l’ordre à son serviteur de préparer la grande marmite (šepōt hassîr haggedōlâ) ou de la placer sur le feu (ἐπίστησον τὸν λέβητα τὸν μέγαν) et d’y faire cuire quelque chose pour nourrir les fils des prophètes. C’est ce que dit de manière assez vague le texte massorétique, avec le syntagme verbal baššēl nāzîd, où la racine B-Š-L, ici au piel, signifie « cuire », sans que le mode de cuisson soit déterminable autrement que par le contexte. Mais on peut supposer que la préparation du récipient consiste à y mettre de l’eau à chauffer, ce qui prend nécessairement un certain temps, pendant lequel on envoie quelqu’un au-dehors, dans la nature sauvage, pour qu’il rapporte des végétaux comestibles. Si le plat mentionné ici, nāzîd, reste non spécifié, on a des exemples de mets variés (manne et gâteaux, notamment) comme compléments d’objet direct du verbe. La racine B-Š-L prend alors le sens contextuel de « cuire au four » ou de « faire bouillir ». Cependant, on comprend aisément qu’Élisée vise la préparation d’un bouillon, qui, étant donné la conjoncture critique, risque fort d’être clair. Quant au grec, il est plus précis, puisque avec ἕψε ἕψεμα (« fais cuire un bouillon»), il précise le mode de cuisson, usant d’une figure étymologique, qu’on ne trouve pas dans le texte massorétique, mais que l’hébreu connaît par ailleurs, en particulier avec la racine Z-W-D (ainsi en Genèse 25. 29, à propos du plat de lentilles cédé par Jacob à Esaü).

La deuxième scène du récit montre le disciple sorti dans les champs à la recherche d’une plante qu’on puisse ajouter à l’eau mise à chauffer dans la marmite. Il est possible que les premiers destinataires du récit, voire du texte biblique, aient été en mesure d’identifier le végétal désigné par l’hapax féminin pluriel ’ōrōt, qui est associé au piel de la racine L-Q-T « ramasser », « cueillir ». Certains traducteurs ou commentateurs suggèrent qu’il s’agirait de roquette (Eruca sativa), mais on pourrait également avoir affaire à un terme générique, à comprendre comme «herbes » ou « verdure », puisque l’expérience ordinaire des hommes de l’Antiquité leur permettait de saisir d’emblée que, lorsque la famine régnait dans une région, on en était réduit à s’en remettre aux hasards de la cueillette, dans la nature sauvage, de plantes en général peu nourrissantes. Quant aux Septante, le choix qu’ils font de simplement transcrire ’ōrōt peut avoir en principe plusieurs raisons : respect du caractère technique de certains termes, refus de traduire ce qui était mieux dit en hébreu, en l’absence de correspondant exact en grec (bien que, peut-être, dans le cas présent, λάχανα ait pu convenir), conservation d’une forme jugée « ornementale » ou encore simple ignorance. On se contentera de noter la différence de vocalisation entre le mot hébreu et la translittération grecque (écart déjà évoqué plus haut) et de remarquer avec Emmanuel Tov et, à sa suite, Laurence Houdu que la translittération, pratique particulièrement fréquente dans le livre II des Rois, constitue une trace probable de la révision καί γε. On peut estimer qu’ici, elle a dû être préférée à une traduction conjecturale. D’ailleurs, privilégier la translittération, laquelle est usuelle pour les noms propres, les termes de botanique, les unités de mesure, le lexique de la nourriture et celui de la religion, ne constituait pas obligatoirement un obstacle majeur à la maîtrise du sens. C’est que, pour un lecteur grec, l’emprunt αριωθ, à défaut de renvoyer à une plante précise, se définissait d’abord par sa fonction culinaire, celle d’un aliment typique d’une période de disette, destiné à parfumer le bouillon et à lui donner une consistance minimale.

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