La Moutarde
- Anne

- 29 déc. 2017
- 17 min de lecture
Étymologie :
MOUTARDE, subst. fém.
Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1223 « condiment préparé avec des graines de moutarde pilées, additionnées d'aromates et délayées avec du moût » (Gautier de Coinci, éd. V. F. Koenig, I Mir. 11, 1081) ; b) 1269-78 bot. (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 14426 : un grain de moustarde) ; 2. 1640 la moustarde me monte au nez (Oudin Ital.-Fr., s.v. mostarda) ; 3. a) 1658 sauce moutarde « galantine » (d'apr. FEW t. 6, 3, p. 272b) ; b) 1935 sauce moutarde (Ac.) ; 4. 1916 en appos. « couleur de moutarde » (d'apr. Esn. Poilu, 297) ; 5. 1931 gaz moutarde « ypérite » (Lar. 20e). Dér. de moût*, ce condiment étant d'abord fabriqué avec du moût.
Étymol. et Hist. Ca 1256 (Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, éd. Landouzy et Pépin, 77, 25). D'un lat. pop. *sinapatum, dér. de sinape, sinapi, sinapis « sénevé, moutarde (plante) et sa graine », gr. σ ι ́ν α π ι « sénevé ».
Autres noms : Brassica nigra - Grênette - Navuce rouge - Ravenelle - Sangre - Sénevé à feuilles de rave - Sénevé noir - Sèrbé - Sinfe noire -
Sinapis alba - Blanque mostaude - Bûre - Graine de beurre - Heurleu - Jotte blanche - Moutarde à feuille d'ache - Moutarde anglaise - Moutarde blanche - Moutardin - Orille - Ravenelle blanche - Sénevé blanc - Verzou -
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Botanique :


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Vertus médicinales :
Henri Ferdinand Van Heurck et Victor Guibert, auteurs d'une Flore médicale belge. (Fonteyn, 1864) nous apprennent les propriétés thérapeutiques de la Moutarde blanche :
"Usages Médicaux - Les semences de la moutarde blanche sont plus grosses que celles de la moutarde noire ; elles sont d'un blanc jaunâtre et contiennent de la Sinapisine. Ces semences ont une grande analogie de propriétés thérapeutiques avec celles de moutarde noire. Leur principal emploi en thérapeutique date du milieu du siècle dernier ; à cette époque, les semences de moutarde blanche, entières, non écrasées, à la dose d'une cuillerée à bouche, furent préconisées à Edimbourg comme un excellent laxatif, entretenant la liberté du ventre sans causer d'irritation sur le parcours du tube intestinal et se retrouvant entières dans les selles. Depuis lors cet usage s'est généralisé (Cullen , Macartan, J. Taylor, Turner-Cooke, etc.). De nos jours on la donne concassée à la dose de 15 à 50 grammes comme purgatif (Trousseau et Pidoux) , dans la constipation qui accompagne la chlorose (Cazin), dans la gastro-entérite, dans l'hépatite et dans beaucoup d'autres affections. Les feuilles de cette plante se mangent aussi en salade, et les graines réduites en farine servent à composer un gargarisme astringent usité dans les angines tonsillaires.
Les semences de la moutarde sauvage, Sinapis Arvensis, L. possèdent les propriétés chimiques et thérapeutiques de la moutarde blanche, mais à un degré plus faible. Quant aux propriétés des semences de la moutarde noire, Brassica Nigra, L., elles sont trop connues pour que nous croyons utile de les décrire."
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Symbolisme :
La parabole biblique du grain de moutarde : « Le royaume de Dieu est semblable à un grain de moutarde qu’un homme a pris et semé dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences ; mais quand elle a poussé, elle est plus grande que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel, viennent habiter dans ses branches. »
(Mathieu 13 : 31 et 32)
Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :
"Moutarde - Vous êtes cause de mes larmes.
Cette plante, dont toutes les espèces croissent dans les champs, est trop connue pour être décrite . On connaît l'action de la farine tirée de ses graines, soit comme condiment dans la cuisine, soit comme sinapisme dans la médecine. "
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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Mouron des oiseaux (Stellaria media) a les caractéristiques suivantes :
"La Moutarde noire (Brassica nigra) est celle dont les graines, mises à macérer avec du vinaigre et divers aromates, servent à confectionner le condiment de table.
Les autres Moutardes font partie du genre Sinapis.
La Moutarde blanche (Sinapis alba) fournit la farine de Moutarde, employée pendant plusieurs siècles pour confectionner des cataplasmes, ou dans la préparation des bains de pieds sinapisés.
Genre : Masculin
Planète : Mars
Élément : Feu
Divinité : Asclépios-Esculape
Pouvoirs : : Fécondité - Voyage astral - Protection.
Utilisation magique : Les fakirs employaient la graine de Moutarde pour les voyages hors du corps ; on remarquera cependant que la tradition hindoue, dans son ensemble, condamne l'utilisation d'adjuvants, quels qu'ils soient. Seuls les esprits grossiers ont besoin de s'aider artificiellement à briser les liens de la matière ; un vrai yogi « décolle » très rapidement, par les seules techniques de respiration (prana).
Au Moyen-Orient, les graines de la Moutarde blanche entrent dans des sachets protecteurs que l'on porte généralement sur son cœur ; en Afghanistan, ils sont en tissu rouge.
Dans la région de Roccastrada, en Toscane, les paysans répandaient des graines de Moutarde sauvage sur le pas de leur porte pour protéger le foyer. Dans beaucoup de communes d’Italie du Nord, on brûlait de la Moutarde dans les étables contre les maladies du bétail.
La Moutarde favorise la fécondité ; les femmes qui veulent être enceintes devraient consommer beaucoup de ce condiment, l'idéal étant de le confectionner soi-même à la maison, selon de vieilles recettes familiales. Rappelons ici, une fois de plus, que les plantes et les herbes qui ont subi les préparations industrielles modernes n'ont plus, en magie, aucune valeur."
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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :
"Si, selon Pline, toutes les moutardes sont "très salutaires pour l'organisme", on distinguera la moutarde blanche de la moutarde noire : la première, employée depuis fort longtemps dans la pharmacopée populaire (sa farine sert à confectionner des cataplasmes et des bains de pied), est, selon Pythagore, excellente pour la mémoire et rend gai. La seconde, à la base du condiment de table, est "le sénevé de l’Évangile" : ses graines sont comparées au Royaume de Dieu. Mais, comme la farine de moutarde noire provoque le larmoiement, "certains auteurs de l'Antiquité présentaient la moutarde comme une plante cruelle qui engendre pleurs et tristesse".
En Inde, où le sénevé ou moutarde sauvage symbolise la génération en raison de l'abondance de graines sur un même pied et de sa facilité à proliférer, l'un de ses noms savants est "asûri" ou "àsuri" (la diablesse, la sorcière), parce que ses graines permettent de découvrir les sorcières. Les fakirs utilisaient les graines de moutarde pour "les voyages hors de corps". En Inde toujours, la moutarde servait à un envoûtement, qui se faisait en réduisant la plante en farine avec laquelle on confectionnait "une figurine de la personne qu'on voulait vaincre ou détruire. Alors, après avoir marmotté certains charmes pour rendre le rite plus efficace, l'enchanteur décapitait l'image, la frottait de beurre fondu ou de lait caillé ou de quelque chose de semblable et la brûlait dans une marmite sacrée".
En France, le sénevé entre dans la composition des remèdes destinés à délivrer une personne ensorcelée (Montagne Noire). Aux États-Unis, mettre des graines de moutarde autour de son lit protège de la sorcellerie.
En Toscane, on répand des graines de moutarde sauvage sur le seuil des maisons pour protège le foyer et, dans le nord de l'Italie, les fumigations de moutarde remédient aux maladies du bétail.
Des graines de moutarde, utilisées par les voyants "pour leurs vertus talismaniques", aident également, lorsqu'elles sont enfilées sur une épingle, à prendre des décisions importantes.
Au Moyen Orient, "les graines de moutarde entrent dans des sachets protecteurs, que l'on porte généralement sur son cœur".
La moutarde, la meilleure étant celle que l'on fabrique soi-même favorise la conception : une femme qui veut être mère doit en consommer beaucoup.
Aux environs de Valence, on dit qu'une jeune femme qui touche de la moutarde sauvage va se quereller avec sa belle-mère."
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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi la Moutarde (Brassica) : "Il existe de nombreuses variétés de cette plante annuelle qui pousse à l'état sauvage un peu partout en Amérique du Nord. Les fleurs sen sont toujours jaunes et c'est pour ses graines que l'on cultive cette plante.
"Propriétés médicinales : Une de ses utilités est d'activer la circulation sanguine. C'est, en fait, un irritant qui encourage la montée du sang vers la surface, ce qui est recommandé dans les cas de rhumatismes, de sciatique et de névralgie. On peut aussi en consommer en infusion, en très petite quantité, pour stimuler l'appétit et la production des sucs gastriques. La moutarde blanche, une des variétés, est habituellement celle dont on se sert pour les cataplasmes dans les cas de bronchites et de pleurésies ; on recommande alors de mélanger les graines pulvérisées avec des blancs d’œufs afin de diminuer l'irritation causée par les graines elles-mêmes. On peut aussi ingurgiter quelques graines entières comme purgatif.
Genre : Masculin.
Déités : Isis.
Propriétés magiques : Fertilité - Protection - Connaissance des secrets de la magie.
Applications :
SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS
Les strege (sorcières) italiennes plaçaient des graines de moutarde sur le pas de leur porte afin de protéger leur demeure des esprits négatifs.
RITUEL POUR CONNAÎTRE LES SECRETS MAGIQUES
Ce dont vous avez besoin :
une chandelle noire
une chandelle blanche
de l'encens de myrrhe
des graines de moutarde
un sac de soie blanche
Rituel : Allumez les deux chandelles et placez l'encens entre elles, avant de le faire brûler. Placez ensuite les graines de moutarde dans le petit sac en disant :
J'en appelle aux esprits des connaissances secrètes
Je demande le privilège de connaître le savoir caché
Et je promets de ne rien divulguer
Sur mon honneur je jure de ne jamais dévoiler
Ce que mes songes m'apprendront au courant des nuits secrètes.
Placez ce sac sous votre oreiller et, dans vos rêves, vous seront dévoilés les secrets de la magie."
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Symbolisme alimentaire :
Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :
"La Moutarde te place devant un choix radical : soit tu peux le faire, soit tu ne le peux pas ! Soit tu vie selon la conviction que tu n'es pas capable de quelque chose, soit tu vis selon la conviction que tu en es capable. Et tu t'étires dans tous les sens possibles et imaginables pour te "déployer", t'élargir, t'allonger (au sens figuré : prolonger la vie), pour t'élever.
La Moutarde même est brûlante et saisissante ; mélangeant plusieurs saveurs en un seul arôme, elle fait en sorte que personne ne se rappelle sa composition exacte. La Moutarde donne notamment le conseil suivant : "va cueillir les divers ingrédients au fin fond de toi-même et mélange-les de main de maître, de façon que tu puisses fonctionner en tant qu'être humain unique et propulser ta vie dans une direction haute en couleur. La Moutarde rappelle que chaque être humain est différent, que chacun doit suivre sa propre nature et qu’il n’a pas à écouter d’autre maître que son JE.
La Moutarde souligne que la Vue claire importe dans la vie et que cette Vue claire, la Compréhension, le Savoir, peut te parvenir par éclairs subits, comme si le cerveau fonction- nait par ‘pics’ aigus. En effet, la Moutarde aime les pics, les impulsions qui fusent dans une gerbe d’étincelles, les traits de génie traduisant une intelligence supérieure et une inspiration originale. L’être humain capable réaliser des pointes vers le haut accompagnées d’éclairs de compréhension subits sur un nouveau plan, qui lui permettent de dépasser tout ce qui précède : c’est là ce qui caractérise la puissante symbolique de la Moutarde.
La sphère de la Moutarde abhorre l’uniformité : elle cherche à monter toujours plus haut. Elle fait reculer les frontières ; avec une sorte de secousse, elle jaillit comme une fusée pour atteindre un étage supérieur de son potentiel, de ses capacités.
La Moutarde symbolise l’être humain qui, lorsqu'il y croit et qu’il s’y ouvre, peut brusquement connaître une croissance (ou une inspiration, une performance...) par laquelle il se surpasse à un niveau encore jamais atteint. Elle représente l’être humain dont, lorsqu'il y croit, le cerveau fait un bond en avant ou vers un niveau plus élevé. Même s’il s’agit surtout, ici, du sens figuré, le caractère de la Moutarde stimule également la croissance, le déploie- ment et l'irrigation du tissu cérébral physique.
La Moutarde figure ceci, que “l’incroyable devient vrai” : l’être humain, l’humanité avance quelquefois par bonds. De nouvelles parties, de nouvelles possibilités, de nouveaux éléments se font jour, tant sur le plan physique que sur le plan psychique. : l’homme recèle bien plus en son sein qu’il ne le soupçonne. En s’ouvrant aux changements, aux processus de croissance, aux mutations quasi métamorphiques qui s’accomplissent dans son corps, il sera émerveillé des changements qui peuvent s'y produire.
La Moutarde dit : “Va toujours de l’avant ! Ne crois jamais que tu es au bout de ton évolution, de tes capacités. Pas plus que la forme physique existante n’est un fait acquis figé et déterminé une fois pour toutes, qui n’autorise plus aucun changement !”
La Moutarde dit au contraire que les énergies vitales, si elles sont guidées par la foi, révèleront de nouvelles voies et qu’elles ne manqueront pas de surgir quelque part. pour faire avancer d’un nouveau pas l’homme et l’humanité. L'homme progresse quelquefois par “pics”, par “bonds” subits, vers un degré supérieur de son développement. Il s’agit aussi, dans ce contexte, d’instants de lucidité, d’illumination et de compréhension qui viennent à l’improviste ; il est question d’une élévation subite, d’une expansion inattendue, d’une percée foudroyante dans quelque domaine matériel ou spirituel, par laquelle une sorte de ‘restriction’ s’évanouit soudain. Il s’agit d’une brusque croissance ou extension ou naissance de certains éléments corporels. Il s’agit de mutations imprévues et surtout d’un soudain accroissement de la capacité cérébrale, d’une croissance et d’un développement positifs des tissus cérébraux.
Tout cela, bien qu’apparemment merveilleux et miraculeux, est le fait de l’être humain qui croit en lui-même, qui croit que la vie le fera AVANCER et même AMÉLIORER, à condition qu’il ne se sous-estime pas, qu’il vise plus loin, qu’il soit conscient de n’avoir JAMAIS atteint le plafond de son ÊTRE, de son savoir-faire, de son épanouissement... et qu’il s’ouvre, plein d’espérance joyeuse, à ces ‘poussées de croissance’. Il ne doit jamais vivre dans la conviction qu’il est au bout de ses possibilités, de sa croissance, qu’il ne peut aller plus loin , car c’est un mensonge, dit la Moutarde.
La Moutarde l’embellissement, représente l’ouverture l’élévation, soudaine de champs énergétiques dans lesquels quelque chose de nouveau —au sein de la matière — puisse jaillir. On dirait que quelque chose surgit soudainement du ‘néant’ mais en fait il s’agit d’une percée, dans la matière, de forces de propulsion sous-jacentes qui depuis un certain temps déjà étaient prêtes à se faire jour. La conviction chez l’être humain ainsi que son intention de croissance et de progrès feront en sorte que de nouveaux domaines, de nouveaux terrains matériels et spirituels s’ouvriront devant lui. De nouvelles vues se révéleront à lui parce qu’il s’y ouvre, parce qu’il a foi en ses capacités.
La Moutarde symbolise une force qui magnifie, une influence dans le sens du Supérieur (en soi-même en premier lieu) ; elle représente l’audace et la persévérance, la percée et l’exploration de nouveaux mondes. La sphère de la Moutarde stimule l’être humain dans son aspiration à aller plus loin, plus haut. Ambi- tieux dans sa qualité même d’être humain, 1l est perpétuellement en quête de perspectives de nouvelles ou, du moins, il s’ouvre à une nou- velle phase de croissance. La sphère psychi- que la Moutarde soutient l’être humain dans sa foi, dans son souci d’amélioration, dans sa démarche de valorisation... : cet être humain n’abandonne jamais, il vise toujours plus loin., il vise l’éternel.
Celui qui aime la Moutarde a besoin d’une perspective élargie, de grands espaces, du Sentiment que “la vie n’est jamais terminée ; je ne suis jamais au bout de moi-même ; Je peux toujours aller plus loin...” Il cherche à déployer l’infini en lui, sans frontières. Il est animé par le désir de grimper toujours plus haut. L’amateur de Moutarde aspire à contempler le supérieur, le sublime... : il veillera à toujours garder les pieds sur terre et à ne pas s’orienter vers l’avenir ‘dans la convoitise’ ! Il pourra d’abord jouir avec gratitude de cela qui est Maintenant, pour ensuite s’ouvrir à la croissance. C’est seulement à partir d’une concentration ardente, chaleureuse et puis- sante dans le présent, avec un JE solidement ancré dans la terre, que plante et être humain se mettent à ‘bourgeonner’.
De son côté, la Moutarde dit : “Tends vers un niveau supérieur à l’INTÉRIEUR de TON Etre. Ne tends pas vers les autres cimes des arbres, ne tends pas vers les nuages, contente- toi de t’ouvrir à ta propre élévation. L’homme qui s’encastre dans des structures immobiles, dans le rationnel ou dans un pur intellectualisme sans s’ouvrir intuitivement et avec sa- gesse aux possibilités d’expansion du contenu de son Être, sans être réceptif aux processus de croissance et aux renouvellements de son cerveau, de son corps entier. ne grandira pas. Du fait de cette auto-restriction, la vie dans cet homme s’éteindra peu à peu.
Celui qui vit à son niveau inférieur, celui qui reste au sol, celui qui se limite, celui qui se rapetisse et se recroqueville, celui qui se sous- estime et qui se laisse imperceptiblement glisser vers le vieillissement et vers la mort, celui- là a intérêt à recevoir, dans la sphère psychique de la Moutarde, l’effet de choc qui pro- pulse, qui stimule, qui élargit, qui redresse. Car la Moutarde secoue l’être humain de façon à le faire sortir de ses scénarios figés, elle le soulève à l’improviste, elle rallonge et irrigue ses canaux... de sorte que l’on observe à brève échéance une forte et intense poussée énergétique susceptible de provoquer l’espace d’un instant une sensation de chaud-et-froid. Cela ressemble à un électrochoc : l’être hu- main sursaute et prend conscience des énergies ‘vitales’ dans ses veines.
La Moutarde anime les choses, elle qui active fortement la circulation de l’énergie vi- tale. ‘ L’être humain est incité à passer à l’action ”, à aller de l’avant, à ne pas se bercer pour s’endormir, à ne pas stagner dans de vieux schémas conservateurs et statiques. Il est aiguillonné à poursuivre sa route et à entreprendre.
Celui qui a grand besoin de Moutarde dé- sire un élargissement de ses tissus, autrement dit : il aspire à un sentiment d’ ‘ouverture’ et de liberté quasi infinies dans son auto- développement, à plus de possibilités, plus d’espace et d’oxygène, à l’élévation et au changement... Il s’offrira tout l’espace et tout l'oxygène nécessaires à son bien-être ; il se concentrera avec une foi sans faille sur la croissance de son être, sur les choses à venir... Il s’emplit largement les poumons et prend conscience des grandioses capacités liées à son contenu. Il prend conscience de son Être sublime.
La respiration profonde et la généreuse conscience de sa divinité... Il se sent ‘grandir’ et en ceci il se donne toutes les chances. Son tissu cérébral fleurit et se développe... Il est prêt à accueillir les ramifications, les élargissements, les changements subits et inattendus en faveur .. de son âme et de son corps. La sphère psychique de la Moutarde pénètre jus- que dans les moindres veinules, jusque dans les coins et recoins les plus reculés et demande toujours à continuer. Elle s’étend à “ce qui va suivre”, à l’inconnu, à ce qui reste à venir. C’est la sphère stimulante et enthousiaste chez l’être humain.
La Moutarde demande que cet être humain rompe tous les liens, qu’il mette fin à toute situation oppressante, afin de se libérer entièrement. Elle veut qu’il introduise le nouveau dans son existence et qu’il brise toutes les anciennes structures aux endroits où elles gênent sa croissance ; qu’il ne se coince pas dans des modes de pensée étriqués, dans un rationalisme étroit ou dans un pur matérialisme qui étouffe toute intuition et toute imagination ; qu’il ne se considère pas comme une créature indigne et dérisoire... empêchant ainsi sa propre croissance.
Celui qu’attire le goût de la Moutarde veut aller plus loin, plus haut ; il veut se présenter au nouveau pour faire sa connaissance ; il as- pire à amplifier sa Foi en lui-même et ses facultés afin de pouvoir opérer au moment opportun les changements internes requis pour connaître une existence infiniment heureuse sur terre. La sphère psychique de la Moutarde chez l’individu est en mesure de faire progresser l’être humain et l’humanité à pas de géant dans leur évolution ! Pour peu que l’homme ne s’aplatisse ni ne s’enferme dans un étroit schéma de pensée cloisonné dans lequel il n’y ait plus de place pour le renouveau, l’élévation, l’élargissement, l’expansion et la percée."
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Mythes et légendes :
D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),
SENEVE. — L’un des noms sanscrits du sénevé (Sinapis racemosa, Roxb.) est asurî ou âsurî, « la diablesse, la sorcière ». Par les grains de moutarde (ainsi que par les grains de sésame et de riz), et les branches du çâla, on découvre les sorcières. On allume des lampes pendant la nuit ; on remplit d’eau différentes coupes, et on y verse, goutte par goutte, l’huile des semences de moutarde (cf. Olivier), en prononçant le nom de chaque femme qui est dans le village ; si pendant cette cérémonie, lorsqu’on prononce le nom de telle ou telle autre femme, on remarque dans l’eau l’ombre d’une femme, ce sera un indice certain que telle femme est une sorcière. (Cf. The Hindoos, London, 1835, II, 24.) Comme le sésame, par la facilité avec laquelle il se multiplie, le grain de moutarde est devenu, dans l’Inde, symbole de génération. Lorsque, dans la Rose de Bakawali, roman mythologique hindoustani, le roi de Ceylan détruit le temple dans lequel la nymphe Bakawali, par la malédiction d’Indra, est enfermée, condamnée à être de marbre, pendant douze ans, au-dessous de son ombilic, « un agriculteur laboure l’emplacement du temple de Bakawali, et y sème de la graine de moutarde. Taj-ulmuluk allait s’y promener de temps en temps, pour se distraire de ses ennuis par la vue de cette moutarde, qui ne tarda pas à pousser. Lorsqu’elle fut en fleur, le prince alla deux fois par jour voir ses progrès, et il récita ce quatrain : « O fleurs, expliquez-moi comment votre couleur peut produire sur moi l’odeur de l’amour. Vous sortez de la terre, c’est pour cela que je vous demande si vous n’avez pas quelque nouvelle à me donner de mon jardin. » La moutarde mûrit, le jardinier la récolta, la mit au pressoir, la fit bouillir, et en tira l’huile. Conformément à l’usage des agriculteurs, il en goûta d’abord, lui et sa femme, et Dieu permit que celle-ci, qui était stérile, devint aussitôt enceinte. Neuf mois après, elle mit au monde une fille (Bakawali), belle comme une fée. » La graine de moutarde, ainsi que la graine de sésame, étant infiniment petite, peut devenir infinie ; c’est pourquoi l’Évangile même s’en sert comme d’un terme de comparaison. C’est cette comparaison évangélique qui a motivé le récit qui suit, dans le Milione, de Marco : « Imperô che del 1225, stando in Baldach detto Califa, non pensava mai altro ogni giorno, se non con che modo e forma potesse far convertire alla sua legge gli Christiani habitanti nel suo paese, o vero non volendo, di farli morire. Et dimandando sopra di ciô il consiglio de’ Savii, fu trovato un punto della sorittura dell’ Evangelio che dice cosî : Se alcuno Cristiano havesse tanta fede quanto è un grano di senapa, porgendo i suoi preghi alla Divina Maestà, faria muovere i monti dal suo luogo ; del qual punto rallegrandosi, non credendo per alcun modo questo essere mai possibile, mandô a chiamare tutti i Cristiani Nestorini e Iacopiti che habitavano in Baldach, ch’erano in gran quantità, e disse loro : È vero tutto quello che ‘I testo del vostro Evangelio dice ? » A cui risposero : è vero. Disse loro il Califa : ecco che, s’egli è vero, qui si proverà la vostra fede. Certamente, se tra voi tutti non è almanco uno, il qual sia fedele verso il suo signore in cosi poco di fede, quanto è un grano di senapa, allora vi riputarô iniqui, reprobi e infidelissimi. Per il che vi assegno dieci giorni, fra le quali o che voi, per virtù del vostro Dio, farete muovere i monti qui astanti, o vero torrete la legge di Macometto, nostro Propheta e sarete salvi, o vero non volendo, farovvi tutti crudelmente morire. » La suite de la légende semble se rattacher au mythe du cyclope Polyphème, qui secoue l’Etna ; un bottier monocule, qui a la foi, accomplit le miracle de mettre en mouvement une montagne.
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Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :
La cueillette ou le simple, attouchement des plantes attire aussi des. conséquences fâcheuses. Aux environs de Valence, la jeune fille qui manie la moutarde sauvage se battra avec sa belle-mère.
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Arts visuels :
Dans Les plantes font leur cinéma - de La petite boutique des horreurs à Avatar (Éditions Dunod, 2023) Katia Astafieff étudie la fascination qu'exercent les fleurs dans le 7ème art :
Un autre film culte indien est Dilwale Dulhania Le Jayenge (Aditya Chopra, 1995), une comédie romantique dont le titre pourrait être traduit par L'Amant emmènera la mariée. Il contient encore tous les ingrédients nécessaires à la réussite d'un film bollywoodien. L'une des plus célèbres scènes est tournée cette fois dans un champ de moutarde jaune vif, que l'on retrouve aussi sur l'affiche du film. Le champ de moutarde a une signification bien particulière au Punjab car il est associé à un festival appelé « Basant » qi célèbre le printemps. On fête aussi la maturation des champs agricoles de fleurs jaunes et de moutarde qui donnent à cet événement la couleur jaune. Les vêtements portés, et même les sucreries, prennent ces teintes. Le festival est dédié à la déesse Saraswarti, déesse du savoir, des arts, de la musique, et qui évoque aussi le désir et l'amour. Les champs de moutarde du film font donc naturellement référence au sentiment amoureux.... et l'amour nous monte au nez ! D'ailleurs, cette explosion de jaune n'est pas sans rappeler la scène des bouquets de roses jaunes dans Le Temps de l'innocence.
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